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Pascal Naud Créateur
Pascal NAUD
En responsabilité dans le domaine des Ressources Humaines (spécificité Public) depuis maintenant pratiquement 26 ans
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Dans cette vidéo, www.naudrh.com revient de façon claire, pédagogique et opérationnelle sur les points essentiels à maîtriser dans le cadre de la pérennisation du dispositif de la rupture conventionnelle pour les fonctionnaires.
👉 Le cadre juridique exact de la rupture conventionnelle dans la fonction publique
👉 Les agents concernés (fonctionnaires / contractuels en CDI)
👉 Les conditions de validité de la procédure
👉 Le rôle et les marges de manœuvre de l’employeur public
👉 Les erreurs fréquentes qui fragilisent les décisions
👉 Les conséquences financières et statutaires pour l’agent
Objectif : sécuriser vos pratiques RH, éviter les décisions contestables et accompagner correctement les agents dans ce dispositif sensible.
Que vous soyez DRH, gestionnaire RH, encadrant ou agent public, cette vidéo vous apporte une vision fiable, actualisée et directement exploitable.
Le Conseil constitutionnel a été saisi sur ce texte. Il faut donc attendre sa décision, puis la promulgation du texte par le Président de la République pour mise en œuvre. LE 19 FEVRIER 2026, LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL A VALIDE LE PROJET DE LOI DE FINANCES 2026, CE DERNIER A ETE PROMULGUE AU JOURNAL OFFICIEL DU 20 FEVRIER 2026. EN CONSEQUENCE, LE DISPOSITIF DE LA RUPTURE CONVENTIONNELLE POUR LES FONCTIONNAIRES EST DE NOUVEAU APPLICABLE. Des textes d’application sont également annoncés. Ils viendront préciser les modalités procédurales, notamment en matière de calcul de l’indemnité et de délais. Leur publication permettra d’harmoniser les pratiques et de sécuriser davantage les décisions prises par les exécutifs locaux.
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La Cour des comptes vient de publier un rapport très attendu sur la rémunération à la performance des agents de l’État (2014-2024). Le constat est clair : dix ans après la création du RIFSEEP, la logique de performance reste inachevée, marginale… et parfois ambiguë.
📌 Ce qu’il faut retenir :
➡️ Un cadre indemnitaire toujours complexe Malgré l’objectif de simplification porté par le RIFSEEP en 2014, l’État compte encore 943 primes différentes en 2024. La généralisation du dispositif a été abandonnée en 2020. Résultat : une architecture indemnitaire peu lisible et des pratiques très hétérogènes selon les ministères.
➡️ Une part variable en recul Alors que le montant global des primes est passé de 11,1 Md€ en 2014 à 16 Md€ en 2023 (+44 %), les primes réellement liées à la performance ont diminué (de 618 M€ à 560 M€). En 2024, elles représentent seulement 3,4 % des indemnités… et 0,67 % de la masse salariale des agents civils de l’État
➡️ Des écarts ministériels marqués Au ministère de l’Intérieur : une politique active et une forte diffusion. Aux Finances : une part très faible (1,3 % des primes). À l’Éducation nationale : un modèle particulier, les enseignants étant largement hors régime indemnitaire classique.
➡️ Une modulation réelle… mais limitée L’entretien annuel est généralisé, mais la différenciation effective reste souvent faible, notamment pour les catégories B et C. Les enveloppes budgétaires contraignent fortement la capacité de modulation.
➡️ Un enjeu managérial et budgétaire majeur La Cour recommande de relancer le RIFSEEP dès 2026, de rendre l’adhésion obligatoire pour les agents évalués annuellement et de mieux informer chaque agent sur sa position relative dans la distribution des primes.
🎯 Enjeux stratégiques : -Clarifier ce qu’on entend par “performance” (engagement ? résultats ? expertise ?). -Éviter la confusion entre compensation de sujétions et véritable reconnaissance des résultats. -Trouver un équilibre entre incitation individuelle, cohésion collective et soutenabilité budgétaire. -La rémunération à la performance est aujourd’hui une norme dans les pays de l’OCDE. En France, elle demeure symbolique, concentrée sur l’encadrement supérieur, et parfois neutralisée par des logiques d’acquis.
💬 Avis www.naudrh.com Ce rapport confirme une réalité que nous observons aussi dans la territoriale : la performance est davantage un affichage qu’un levier structurant. Sans clarification des objectifs, sans enveloppe dédiée et sans courage managérial, la part variable restera marginale. Pourtant, bien conçue – notamment avec une dimension collective – elle pourrait devenir un outil puissant de mobilisation.
Rapport Cour des comptes sur la rémunération à la performance des agents de l’État (2014-2024)
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État des lieux juridique et perspectives pour les employeurs publics locaux
La protection sociale complémentaire (PSC) s’impose désormais comme un pilier structurant de la politique des ressources humaines dans la fonction publique territoriale. Depuis l’ordonnance n° 2021-175 du 17 février 2021 relative à la protection sociale complémentaire dans la fonction publique, la participation financière des employeurs publics à la couverture santé et prévoyance de leurs agents n’est plus une simple faculté mais une obligation.
Cinq ans après ce texte fondateur, la réforme est entrée dans une phase pleinement opérationnelle pour les collectivités territoriales. À titre indicatif, pour une collectivité de 500 agents, la participation minimale en santé et en prévoyance peut représenter plusieurs centaines de milliers d’euros par an, selon le niveau de garanties retenu et le taux d’adhésion effectif. Les directions des ressources humaines doivent donc à la fois sécuriser les dispositifs déjà mis en place et anticiper les évolutions majeures prévues à l’horizon 2029. Un point d’étape s’impose.
I. Un cadre juridique rénové : vers un alignement progressif avec le secteur privé
L’ordonnance du 17 février 2021 a marqué un tournant en organisant un rapprochement assumé entre le régime applicable aux agents publics et celui des salariés du secteur privé. L’objectif est double : renforcer la protection sociale des agents et instaurer une participation financière obligatoire de l’employeur public.
La PSC recouvre deux dimensions complémentaires.
Le volet santé concerne la prise en charge des frais liés aux consultations médicales, aux médicaments, à l’hospitalisation ainsi qu’aux dépenses d’optique, de dentaire et d’audiologie. Il s’agit d’assurer aux agents une couverture complémentaire de qualité, respectant les critères des contrats responsables et solidaires.
Le volet prévoyance vise, quant à lui, à protéger l’agent et ses ayants droit contre les conséquences financières d’une incapacité de travail, d’une invalidité ou d’un décès. Il constitue un levier essentiel de sécurisation des parcours professionnels, notamment en cas de maladie longue ou grave.
Le dispositif repose sur deux principes structurants. D’une part, la mise en place de régimes collectifs répondant à un socle minimal de garanties. D’autre part, la participation obligatoire de l’employeur au financement des cotisations, selon des planchers définis réglementairement.
La déclinaison concrète de ces principes diffère toutefois selon les versants de la fonction publique.
II. Des calendriers différenciés selon les versants de la fonction publique
Si la réforme repose sur des principes communs, sa mise en œuvre a suivi des rythmes distincts selon les versants.
Dans la fonction publique de l’État, des accords conclus en 2022 et 2023 ont permis le déploiement rapide de contrats collectifs, avec une adhésion obligatoire en santé et une participation employeur fixée à 50 %. La prévoyance y demeure majoritairement facultative, mais structurée autour de contrats collectifs progressivement généralisés. L’État constitue ainsi un modèle de référence en matière d’uniformisation des garanties et de solidarité intergénérationnelle.
Dans la fonction publique hospitalière, des négociations spécifiques sont en cours afin d’adapter le dispositif aux contraintes propres aux établissements de santé.
Ces éléments constituent des points de comparaison utiles, mais c’est bien dans la fonction publique territoriale que les enjeux opérationnels sont aujourd’hui les plus déterminants.
III. La fonction publique territoriale : obligations en vigueur, modalités de mise en œuvre et échéances majeures
C’est dans la fonction publique territoriale que les enjeux sont aujourd’hui les plus opérationnels pour les responsables des ressources humaines.
Depuis le 1er janvier 2025, les employeurs territoriaux sont tenus de participer financièrement à la cotisation de leurs agents en matière de prévoyance. Depuis le 1er janvier 2026, cette obligation s’applique également au volet santé. Les collectivités doivent avoir adopté une délibération fixant les modalités de cette participation et veiller à la conformité des contrats retenus aux exigences réglementaires.
Une étape supplémentaire a été franchie avec l’accord collectif national du 11 juillet 2023, transposé par la loi n° 2025-1251 du 22 décembre 2025 relative à la protection sociale complémentaire des agents publics territoriaux. Ce texte prévoit la mise en place obligatoire, à compter du 1er janvier 2029, de contrats collectifs en matière de prévoyance dans l’ensemble des collectivités territoriales.
Ces futurs contrats devront respecter un socle minimal de garanties, susceptible d’être amélioré par accord collectif local, et s’accompagner d’une participation employeur d’au moins 50 % de la cotisation. Il s’agit d’une évolution majeure par rapport aux dispositifs antérieurs, souvent fondés sur des conventions de participation facultatives.
En matière de santé, l’adhésion à un contrat collectif demeure, à ce stade, facultative pour les agents territoriaux. L’employeur est tenu de participer financièrement, mais aucun mécanisme d’adhésion obligatoire généralisée n’a été instauré comme dans la fonction publique de l’État.
IV. Des enjeux stratégiques pour les directions des ressources humaines territoriales
La protection sociale complémentaire soulève aujourd’hui trois enjeux structurants pour les employeurs territoriaux : l’attractivité des collectivités, la soutenabilité budgétaire des dispositifs et la qualité du dialogue social qui accompagne leur mise en œuvre.
La PSC ne se limite plus à un exercice de conformité juridique. Elle s’inscrit désormais au cœur de la stratégie d’attractivité des collectivités territoriales.
Dans un contexte de tensions sur certains métiers et de concurrence accrue entre employeurs publics et privés, la qualité de la couverture santé et prévoyance constitue un argument social différenciant. Elle participe également à la sécurisation des parcours professionnels et à la prévention des situations de fragilité financière liées aux arrêts de longue durée.
L’échéance de 2029 impose d’anticiper les impacts budgétaires, d’organiser le dialogue social et de préparer les procédures de mise en concurrence des opérateurs. Les centres de gestion jouent un rôle déterminant dans l’accompagnement des collectivités, notamment par la mutualisation des conventions de participation et l’expertise technique qu’ils apportent.
L’équilibre entre soutenabilité financière pour la collectivité et niveau de protection offert aux agents constituera l’un des points d’attention majeurs des prochaines années. La PSC devra également être articulée avec les politiques de prévention des risques professionnels et de gestion des absences pour raison de santé.
IV. Des enjeux stratégiques pour les directions des ressources humaines territoriales
La protection sociale complémentaire soulève aujourd’hui trois enjeux structurants pour les employeurs territoriaux : l’attractivité des collectivités, la soutenabilité budgétaire des dispositifs et la qualité du dialogue social qui accompagne leur mise en œuvre.
La PSC ne se limite plus à un exercice de conformité juridique. Elle s’inscrit désormais au cœur de la stratégie d’attractivité des collectivités territoriales.
Dans un contexte de tensions sur certains métiers et de concurrence accrue entre employeurs publics et privés, la qualité de la couverture santé et prévoyance constitue un argument social différenciant. Elle participe également à la sécurisation des parcours professionnels et à la prévention des situations de fragilité financière liées aux arrêts de longue durée.
L’échéance de 2029 impose d’anticiper les impacts budgétaires, d’organiser le dialogue social et de préparer les procédures de mise en concurrence des opérateurs. Les centres de gestion jouent un rôle déterminant dans l’accompagnement des collectivités, notamment par la mutualisation des conventions de participation et l’expertise technique qu’ils apportent.
L’équilibre entre soutenabilité financière pour la collectivité et niveau de protection offert aux agents constituera l’un des points d’attention majeurs des prochaines années. La PSC devra également être articulée avec les politiques de prévention des risques professionnels et de gestion des absences pour raison de santé.
Conclusion : une réforme sociale structurante à piloter dans la durée
À moyen terme, un élargissement de l’adhésion obligatoire en santé ou un renforcement du socle minimal de garanties ne peuvent être exclus, ce qui invite dès à présent les employeurs territoriaux à inscrire leur stratégie de PSC dans une logique d’anticipation et de veille active.
La protection sociale complémentaire dans la fonction publique territoriale est désormais entrée dans une phase de consolidation. Les obligations de participation financière sont effectives en prévoyance depuis 2025 et en santé depuis 2026. L’échéance du 1er janvier 2029, avec la généralisation obligatoire des contrats collectifs en prévoyance, constitue le prochain jalon structurant.
Pour les responsables des ressources humaines territoriaux, la PSC ne peut plus être appréhendée comme un dispositif technique isolé. Elle se situe à l’intersection du dialogue social, de la stratégie budgétaire et de la politique d’attractivité des collectivités. Sa réussite dépendra de la capacité des employeurs à anticiper les évolutions, à sécuriser juridiquement leurs choix et à expliquer clairement ces transformations aux élus comme aux agents.
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Les arrêts de travail ne constituent plus un simple indicateur statistique de gestion administrative. Ils sont devenus un révélateur de la santé globale des organisations publiques territoriales. Leur évolution impacte directement la continuité du service public, l’équilibre budgétaire, la charge des équipes en poste et la qualité du climat social.
Dans un contexte marqué par le report de l’âge de départ à la retraite, la tension persistante sur les recrutements et la dégradation de la santé mentale au travail, une interrogation stratégique se pose : la fonction publique territoriale doit‑elle s’attendre à une augmentation durable des arrêts de travail dans les prochaines années ?
Les enseignements de l’étudeconduite par l’Observatoire de l’imprévoyance (MNT – Groupe VYV, étude Audirep, décembre 2025) apportent un éclairage structurant sur cette question.
I. Des facteurs structurels qui orientent vers une hausse probable
Le vieillissement des effectifs et l’allongement des carrières
Ce mouvement démographique n’est pas neutre financièrement : il interroge directement la soutenabilité budgétaire des collectivités, tant en matière de masse salariale que de coûts indirects liés aux remplacements, aux désorganisations de service et aux arrêts prolongés, préoccupations désormais centrales pour les DGS et les élus.
Le report de l’âge légal de départ à la retraite entraîne mécaniquement un maintien plus long en activité d’agents exerçant parfois dans des métiers à forte pénibilité physique ou émotionnelle. Selon l’étude précitée, 80 % des responsables RH estiment que ce report contribuera à la hausse des arrêts de travail. Dans le même temps, 58 % identifient l’usure professionnelle, le stress, la pénibilité physique et les horaires décalés comme première cause d’arrêt, tandis que 53 % évoquent la charge de travail.
Dans les services techniques, les métiers de la voirie, de la petite enfance, du médico‑social ou encore de l’entretien, l’allongement des carrières sans adaptation structurelle des postes accroît le risque de troubles musculosquelettiques, d’épuisement physique et d’inaptitudes partielles. L’enjeu dépasse donc la seule donnée démographique. Il interroge la capacité des collectivités à adapter l’organisation du travail à des trajectoires professionnelles plus longues.
La montée en puissance des fragilités psychiques
L’étude met en évidence une place croissante des risques psychosociaux dans les dynamiques d’absentéisme. Près de la moitié des responsables RH citent la fatigue psychique d’origine professionnelle et le burn‑out parmi les principales causes d’arrêt, et 45 % évoquent la perte de sens et le désengagement. Du côté des cadres, la perception est encore plus marquée : 71 % mentionnent la fatigue psychique et 66 % la perte de sens.
Parallèlement, 70 % des cadres se déclarent surchargés et 60 % stressés, tandis que 40 % estiment que l’exercice de leur fonction devient de plus en plus difficile. Les tensions budgétaires, l’intensification des exigences réglementaires, la pression des usagers et les difficultés de recrutement identifiées par 64 % des cadres contribuent à un climat organisationnel fragilisé.
La santé mentale s’impose ainsi comme un déterminant central des absences, qu’il s’agisse d’arrêts courts et répétés ou d’arrêts longs. Elle transforme progressivement la nature même de l’absentéisme territorial.
Un pilotage encore trop hétérogène
Le niveau de maturité des collectivités en matière de suivi des arrêts demeure contrasté. Si 46 % des responsables RH considèrent le sujet comme une forte préoccupation, toutes ne disposent pas d’outils d’analyse consolidés, ce qui limite la capacité d’anticipation stratégique . À titre d’exemple, un tableau de bord pertinent pourrait intégrer le taux d’absentéisme par filière et par tranche d’âge, la durée moyenne des arrêts, le taux de rechute à six mois et le coût estimatif des remplacements, afin d’objectiver les décisions budgétaires et organisationnelles.
Un autre enseignement majeur concerne le niveau de maturité des collectivités en matière de suivi des arrêts. Si 46 % des responsables RH considèrent le sujet comme une forte préoccupation, toutes ne disposent pas d’outils d’analyse consolidés. L’étude souligne une hétérogénéité importante dans la mesure et le suivi des arrêts de travail.
Sans données croisées intégrant l’âge, les métiers, la durée des arrêts et leur récurrence, la capacité d’anticipation reste limitée. Le risque est alors de gérer les conséquences plutôt que d’agir sur les causes structurelles.
II. Une évolution non fatale : les marges d’action des DRH territoriaux
Faire de la prévention un axe stratégique durable
La quasi‑totalité des établissements interrogés ont engagé des actions de prévention, notamment en matière de sécurité, d’aménagement du temps de travail ou de prévention des troubles musculosquelettiques et des risques psychosociaux. Soixante pour cent des responsables RH estiment que ces démarches ont un effet bénéfique sur les arrêts de travail.
Toutefois, l’évaluation de leur efficacité demeure encore insuffisamment systématisée. La prévention ne peut plus être envisagée comme une dépense ponctuelle. Elle doit s’inscrire dans une logique intégrée articulant gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, adaptation ergonomique des postes, accompagnement des parcours de fin de carrière et anticipation de l’usure professionnelle.
La soutenabilité du travail devient ainsi un indicateur stratégique au même titre que la masse salariale ou l’attractivité des métiers.
Repenser l’organisation et soutenir le management intermédiaire
Le management intermédiaire constitue aujourd’hui un levier stratégique central dans la maîtrise de l’absentéisme territorial. Sa capacité à réguler la charge, à maintenir le lien avec les équipes et à prévenir les situations de fragilité conditionne directement la soutenabilité des organisations publiques.
Les évolutions organisationnelles constituent un levier important. Le télétravail est perçu comme efficace par 64 % des responsables RH pour réduire les arrêts, même si seuls 30 % des cadres en mesurent l’impact direct. La flexibilité et l’autonomie peuvent produire des effets positifs, à condition que la charge réelle de travail et les priorités soient clarifiées.
La qualité du management apparaît déterminante. Or 54 % des cadres déclarent ne pas se sentir suffisamment armés pour accompagner un agent en arrêt. Un encadrement fragilisé peut devenir à la fois victime des tensions organisationnelles et facteur aggravant de l’absentéisme.
Investir dans la formation managériale, soutenir les cadres dans la gestion des situations complexes et renforcer la cohérence des décisions RH constituent donc des axes majeurs pour limiter la progression des absences.
Sécuriser les arrêts longs et les reprises
L’étude révèle que 93 % des agents en arrêt long estiment essentiel de maintenir un lien avec leur environnement professionnel. La qualité de l’accompagnement pendant l’arrêt et lors de la reprise conditionne fortement la réussite du retour et la prévention des rechutes.
Les dispositifs existants, tels que les visites de reprise, les temps partiels thérapeutiques ou l’adaptation des postes, doivent être pleinement mobilisés et coordonnés. Une reprise mal préparée peut entraîner une nouvelle absence, voire une inaptitude définitive, avec des conséquences humaines et financières importantes.
Conclusion : vers une transformation stratégique des DRH à l’horizon 2030 et la construction d’une collectivité soutenable
Au regard des évolutions démographiques, de l’intensification du travail et de la fragilisation psychique observée, une augmentation des arrêts de travail dans la fonction publique territoriale apparaît plausible à moyen terme. Le report de l’âge de départ à la retraite et la montée des risques psychosociaux constituent des facteurs structurels puissants.
Néanmoins, cette évolution n’est pas inéluctable. Elle dépendra largement de la capacité des collectivités à piloter finement leurs données d’absentéisme, à intégrer la prévention dans leur stratégie globale, à adapter les organisations au vieillissement des effectifs et à soutenir durablement le management intermédiaire.
Les arrêts de travail ne doivent plus être appréhendés comme une simple variable budgétaire. Ils sont le symptôme d’un équilibre organisationnel à repenser. Pour les DRH territoriaux, l’enjeu des prochaines années sera moins de gérer l’absence que de concevoir des organisations capables de concilier performance du service public et santé durable des agents.
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Une étude récente de l’Observatoire de l’imprévoyance met en lumière une réalité préoccupante dans la fonction publique territoriale : les arrêts de travail s’installent durablement comme un enjeu stratégique RH, organisationnel et financier.
1️⃣ Des arrêts de travail devenus un enjeu majeur
21 % des RH jugent le niveau des arrêts élevé, et 46 % y voient une forte source de préoccupation.
Pourtant, seulement 20 % ont mis en place un outil de mesure dédié.
92 % des cadres déclarent compenser eux-mêmes la charge des agents absents.
Les causes identifiées sont claires :
- Usure, stress, pénibilité physique
- Charge de travail
- Fatigue psychique et burn-out
- Perte de sens et manque de reconnaissance
Les conséquences sont lourdes : désorganisation des équipes (75 %), épuisement des agents (74 %), baisse de qualité de service (31 %), coûts supplémentaires (78 %), voire transfert d’activités vers le privé (23 %).
👉 Les arrêts ne sont plus seulement un indicateur de santé individuelle, mais un révélateur de tensions structurelles.
2️⃣ Quatre leviers prioritaires pour les collectivités
✔️ Pérenniser la prévention
Plus de 9 établissements sur 10 ont engagé des actions (sécurité, aménagement du temps de travail, prévention des TMS).
Mais seulement 11 % mesurent réellement l’efficacité des dispositifs.
✔️ Repenser l’organisation du travail
Télétravail et flexibilité sont perçus comme efficaces par les RH (64 %), mais les cadres restent plus réservés.
✔️ Former et soutenir les managers
Si 3/4 des cadres se disent motivés, 40 % trouvent la fonction de plus en plus difficile et 54 % ne se sentent pas armés pour accompagner un agent en arrêt.
✔️ Renforcer l’accompagnement des arrêts longs
93 % des agents en arrêt long jugent essentiel de garder un lien avec leur environnement professionnel.
Pourtant, 41 % estiment ne pas avoir été suffisamment accompagnés à la reprise.
🎯 Ce que cela signifie pour les DRH territoriaux
Nous sommes face à un triple défi :
-Pilotage : mesurer, objectiver, anticiper
-Prévention : agir en amont plutôt que compenser
-Management : soutenir les cadres devenus à la fois acteurs et victimes des arrêts
Les arrêts de travail ne relèvent plus uniquement de la gestion statutaire. Ils interrogent notre modèle d’organisation, notre culture managériale et notre capacité à préserver le sens du service public.
💬 Avis www.naudrh.com Cette étude confirme que les arrêts de travail sont le symptôme d’un déséquilibre organisationnel profond dans la FPT. Tant que la prévention restera déclarative et que les managers ne seront pas véritablement outillés, la dynamique ne s’inversera pas. Le sujet doit devenir stratégique au plus haut niveau des exécutifs locaux.
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Le 10 février 2026, devant le nouveau conseil d’administration de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), la ministre de la Santé et des Familles, Stéphanie Rist, a confirmé un point déterminant pour les employeurs publics : le nouveau congé de naissance entrera en vigueur au 1er juillet 2026 et sera également accessible aux enfants nés au cours du premier semestre 2026.
Cette précision met fin à une incertitude importante. Depuis l’annonce de la réforme, les directions des ressources humaines de la fonction publique territoriale s’interrogeaient sur le sort des naissances intervenues entre le 1er janvier et le 30 juin 2026. La position ministérielle sécurise désormais le périmètre d’application du dispositif et permet d’anticiper plus sereinement son déploiement.
Une entrée en vigueur au 1er juillet 2026 avec effet rétroactif encadré
Le nouveau congé de naissance a vocation à remplacer progressivement le congé parental d’éducation dans sa configuration actuelle. Alors que le congé parental repose aujourd’hui sur une suspension ou une réduction d’activité souvent longue et faiblement indemnisée, le futur congé de naissance s’inscrit dans une logique plus courte, mieux sécurisée financièrement et recentrée sur les premiers mois de l’enfant. La réforme traduit ainsi un changement d’approche : passer d’un dispositif de retrait durable du marché du travail à un congé ciblé, mieux indemnisé et pensé comme un levier d’attractivité et d’égalité professionnelle. L’objectif poursuivi par le Gouvernement est de renforcer le temps consacré à l’accueil du jeune enfant tout en rendant le dispositif plus attractif et plus lisible pour les familles.
La confirmation selon laquelle les enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 ouvriront droit au congé de naissance à compter du 1er juillet 2026 constitue un élément majeur de sécurisation juridique. Les familles concernées ne seront donc pas pénalisées par le calendrier réglementaire et pourront bénéficier du nouveau droit dès son entrée en vigueur.
Les décrets d’application nécessaires à la mise en œuvre effective de la réforme doivent être publiés au plus tard fin mai 2026. Ce calendrier resserré impose aux collectivités territoriales une capacité d’adaptation rapide, tant sur le plan réglementaire qu’opérationnel. Les services RH devront actualiser leurs notes internes, sécuriser les modèles d’arrêtés et adapter leurs outils de gestion afin d’intégrer ce nouveau congé dans les circuits administratifs.
Une période transitoire articulée avec le congé parental
Dans l’attente de l’entrée en vigueur du nouveau dispositif, les familles dont l’enfant naît au premier semestre 2026 pourront recourir au congé parental selon les règles actuellement applicables. Cette solution transitoire garantit la continuité des droits entre la naissance de l’enfant et l’ouverture du congé de naissance.
Concrètement, un agent pourra bénéficier d’un congé parental au cours du premier semestre 2026, puis solliciter le congé de naissance à compter du 1er juillet. À titre d’illustration, un attaché territorial dont l’enfant naît en mars 2026 pourra demander un congé parental dès la naissance, puis, à partir du 1er juillet 2026, basculer vers le nouveau congé de naissance selon les modalités prévues par les décrets d’application. Ce cas pratique permet de mesurer l’importance, pour les services RH, d’anticiper les enchaînements de décisions et leurs effets sur la situation administrative de l’agent. à compter du 1er juillet. Cette succession de positions administratives exige une attention particulière de la part des employeurs territoriaux. Il conviendra de veiller à la cohérence des décisions individuelles, au suivi des droits à avancement et à retraite, ainsi qu’à l’articulation avec les règles de protection sociale.
La ministre a par ailleurs précisé qu’à titre exceptionnel, les familles pourront cumuler le congé de naissance avec l’aide financière versée pour l’emploi d’une assistante maternelle lorsque celle-ci aura été engagée avant l’entrée en vigueur du dispositif. Cette dérogation vise à éviter toute insécurité financière et à ne pas fragiliser des organisations familiales déjà mises en place.
Des enjeux juridiques, organisationnels et stratégiques pour les collectivités
Pour les directions des ressources humaines territoriales, l’enjeu ne se limite pas à une adaptation technique : il s’agit d’un véritable test de pilotage RH et d’anticipation organisationnelle. Sur le plan juridique, elle impose une sécurisation rigoureuse des actes administratifs et une lecture attentive des décrets à paraître afin d’éviter tout contentieux lié à l’ouverture ou au refus du droit.
Sur le plan organisationnel, l’ouverture du congé au 1er juillet 2026 pour les naissances du premier semestre pourrait entraîner une concentration des demandes à cette date. Les collectivités devront anticiper les impacts en matière de continuité du service public, de remplacements et de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, notamment dans les secteurs déjà confrontés à des tensions de recrutement.
Sur le plan stratégique enfin, la réforme s’inscrit dans une dynamique plus large de soutien à la parentalité et d’amélioration de l’attractivité de la fonction publique. La capacité des employeurs territoriaux à accompagner ces évolutions, à informer clairement les agents et à sécuriser les parcours constituera un facteur différenciant en matière de marque employeur public.
Conclusion : anticiper, informer, sécuriser
La confirmation ministérielle du 10 février 2026 apporte une clarification essentielle : le nouveau congé de naissance sera accessible au 1er juillet 2026, y compris pour les enfants nés au premier semestre. Cette décision garantit l’équité entre les familles tout en ouvrant une phase transitoire exigeante pour les employeurs territoriaux.
Dans ce contexte, la réussite de la réforme dépendra de la capacité des collectivités à maintenir une veille juridique active jusqu’à la publication des décrets, à assurer une communication interne claire auprès des agents concernés et à anticiper avec rigueur les impacts organisationnels : une veille juridique active jusqu’à la publication des décrets, une communication interne claire auprès des agents concernés et une anticipation organisationnelle rigoureuse. Plus qu’une simple évolution réglementaire, le congé de naissance 2026 constitue un test de maturité pour les politiques RH territoriales en matière de parentalité et de continuité du service public.
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À l’approche des scrutins des 15 et 22 mars 2026, une note de service du 29 janvier 2026 (NOR : MENH2603589N) publiée au Bulletin officiel vient préciser le cadre applicable aux agents publics candidats à une fonction publique élective.
Voici l’essentiel à retenir 👇
✅ Éligibilité : des règles variables selon le scrutin
Pour les élections législatives, sénatoriales, départementales et régionales, certaines fonctions d’autorité territoriale (recteurs, Dasen, IEN de circonscription notamment) peuvent entraîner une inéligibilité dans le ressort d’exercice récent.
En revanche, pour les élections municipales, aucune inéligibilité spécifique ne vise les emplois relevant de l’éducation nationale : un agent peut se présenter dans une commune située dans son ressort d’exercice.
🕒 Facilités de service : jusqu’à 20 jours pour faire campagne
L’agent candidat peut bénéficier d’autorisations d’absence dans la limite de 20 jours, quelle que soit l’élection concernée.
Ces absences :
- peuvent être imputées sur les congés annuels,
- peuvent être non rémunérées si elles ne sont pas couvertes,
- sont assimilées à du temps de travail effectif pour les droits à congés et à ancienneté,
- ne peuvent être refusées sous prétexte d’intérêt du service (CE, 30 janvier 2019).
- Un point de vigilance important pour les DRH en période pré-électorale.
⚖️ Liberté d’opinion… mais pas liberté absolue
L’agent public conserve sa liberté d’opinion et bénéficie d’une protection contre toute discrimination liée à sa candidature ou à ses opinions politiques (CGFP, Code du travail, principes constitutionnels).
Mais cette liberté doit se concilier avec :
- l’obligation de réserve,
- l’obligation de neutralité,
- le secret professionnel et la discrétion professionnelle,
- l’interdiction d’utiliser les moyens de l’administration à des fins électorales (art. L.52-8 Code électoral).
Tout manquement peut engager la responsabilité disciplinaire, voire pénale.
🗳️ Période de réserve : une tradition républicaine à ne pas négliger
Du 22 février au 22 mars 2026 s’ouvre la période dite de “réserve”.
Même si elle ne repose pas sur un texte statutaire formel, elle impose une stricte neutralité dans l’exercice des fonctions, notamment pour les chefs de service, Dasen, recteurs et personnels de direction.
L’objectif est clair : préserver l’impartialité du service public et éviter toute instrumentalisation institutionnelle pendant la campagne.
🎯 Pourquoi c’est stratégique pour les DRH ?
Parce que les candidatures d’agents publics ne sont plus marginales.
Parce que les risques contentieux existent (refus d’absence, communication maladroite, utilisation de moyens publics).
Et parce que l’équilibre entre liberté politique et neutralité du service est un sujet RH sensible.
💬 Avis www.naudrh.com :
Ce texte rappelle utilement que la candidature d’un agent public n’est ni un problème, ni un privilège, mais une situation juridique encadrée. Pour les DRH, l’enjeu n’est pas politique : il est organisationnel et sécuritaire. Anticiper ces cas, c’est éviter les crispations et les contentieux en pleine période électorale.
Dispositions applicables aux agents publics candidats à une fonction publique élective _ Ministère de l'Éducation nationale
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Leprojet de loi de finances pour 2026 (PLF 2026)a étéadopté par l’Assemblée nationale, selon la procédure prévue à l’article 49, alinéa 3, de la Constitution. Pour autant, le texten’est pas encore entré en vigueur. LeConseil constitutionnel a été saisiet devra se prononcer sur la conformité de plusieurs dispositions. Ce n’est qu’à l’issue de cette décision, puis aprèsla promulgation par le Président de la République, que l’ensemble des mesures deviendront juridiquement opposables.
Pour les responsables des ressources humaines de la fonction publique territoriale, cette période intermédiaire est déterminante. Elle permet d’identifier les évolutions à venir, d’en mesurer les impacts potentiels et de préparer les ajustements nécessaires, tout en rappelant qu’aucune mise en œuvre opérationnelle ne peut intervenir avant la publication de la loi.
Parmi l’ensemble des dispositions du PLF 2026,trois mesures concernent directement les agents publicset appellent une attention particulière des employeurs territoriaux : le maintien d’un prélèvement plafonné sur les recettes du CNFPT, la pérennisation de la rupture conventionnelle dans la fonction publique et l’extension du congé de maternité pathologique.
Article 135 – Maintien d’un prélèvement plafonné sur les recettes du CNFPT
Impacts opérationnels possibles pour les collectivités territoriales
Au-delà de son affichage budgétaire, cette mesure est susceptible d’avoir desconséquences concrètes sur la gestion RH locale. Une réduction durable des ressources du CNFPT pourrait se traduire par unediminution ou une reprogrammation de certaines actions de formation, un allongement des délais d’accès aux formations prioritaires et une sélectivité accrue des dispositifs financés. Les collectivités pourraient être conduites à procéder à desarbitrages locaux, en renforçant leurs plans de formation internes ou en recourant davantage à desprestataires de formation externes, avec un impact financier direct sur leurs budgets. Pour les DRH territoriaux, l’enjeu consistera à anticiper ces évolutions, à hiérarchiser les besoins en compétences et à sécuriser la continuité des parcours de professionnalisation des agents.
L’article 135 du PLF 2026 confirme lemaintien d’un prélèvement sur les recettes du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), par le biais d’un plafonnement de la cotisation obligatoire versée par les collectivités territoriales.
La cotisation est plafonnée à396 980 060 euros. Or, le produit attendu de cette cotisation pour l’année 2026 est estimé àenviron 413 018 054 euros. La différence, soitprès de 16 millions d’euros, serait reversée au budget de l’État.
Cette donnée doit être analysée à la lumière des exercices précédents. En intégrant le budget consacré à la formation des sapeurs-pompiers,la cotisation acquittée par les collectivités en 2025 atteignait environ 440 millions d’euros. Rapportée à ce niveau, la ponction opérée par le plafonnement représenteraitprès de 40 millions d’euros.
Pour les responsables RH territoriaux, l’enjeu est loin d’être neutre. Le CNFPT joue un rôle central dans laformation initiale et continue des agents, l’accompagnement des parcours professionnels et la professionnalisation des métiers territoriaux. Toute contraction de ses ressources, même indirecte, est susceptible d’entraîner unetension accrue sur l’offre de formation, une priorisation plus stricte des actions financées et, à terme, un report de charge sur les employeurs territoriaux.
Dans un contexte marqué par des transformations profondes des métiers, un vieillissement des effectifs et des difficultés de recrutement persistantes, cette mesure budgétaire interroge la cohérence globale entre les ambitions affichées en matière de développement des compétences et les moyens effectivement alloués pour les atteindre.
Article 173 – Pérennisation de la rupture conventionnelle dans la fonction publique
L’article 173 constitue une évolution structurante enpérennisant la rupture conventionnelledans les trois versants de la fonction publique et en l’inscrivant durablement dans lecode général de la fonction publique (CGFP).
Jusqu’à présent, la rupture conventionnelle relevait d’un dispositif expérimental issu de la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique. Le PLF 2026 met fin à cette logique transitoire et fait de ce mode de cessation des fonctions unoutil de droit commun, aux côtés des autres cas de sortie définitive de la fonction publique.
La rupture conventionnelle repose sur unaccord commun entre l’administration et l’agent, formalisé par une convention qui fixe notamment le montant de l’indemnité spécifique. Cette indemnité demeure strictement encadrée par des planchers et des plafonds, déterminés par décret, en fonction de l’ancienneté de l’agent et de la rémunération perçue.
Cadre juridique et garanties applicables
Le législateur encadre précisément les conditions de recours à la rupture conventionnelle afin d’en sécuriser l’usage et d’en prévenir les détournements.
Le dispositif ne s’applique pas auxfonctionnaires stagiaires, aux agents ayant atteint l’âge d’ouverture du droit à pension à taux plein, ni aux fonctionnaires détachés en qualité d’agent contractuel. Ces exclusions traduisent la volonté de réserver la rupture conventionnelle aux situations de mobilité ou de reconversion professionnelle effectives.
Sur le plan procédural, l’agent bénéficie de garanties renforcées. Il peut se faire assister, tout au long de la procédure, par unconseiller désigné par une organisation syndicalede son choix, afin de sécuriser son consentement et de rééquilibrer la relation avec l’employeur public.
Le texte instaure également unmécanisme de remboursement de l’indemnité spécifiqueen cas de retour dans la fonction publique. Lorsqu’un agent ayant conclu une rupture conventionnelle est recruté, dans un délai de six ans, par un employeur relevant du même versant, il est tenu de rembourser les sommes perçues dans les deux ans suivant son recrutement. Cette règle vise à limiter les effets d’aubaine et à préserver la cohérence financière du dispositif.
Enfin, l’article 173 consacre explicitement la possibilité, pour lesagents contractuels recrutés en CDI, de bénéficier d’une rupture conventionnelle. Cette clarification est particulièrement importante pour les collectivités territoriales, dans un contexte de recours croissant à l’emploi contractuel.
Pour les employeurs territoriaux, la pérennisation de la rupture conventionnelle constitue à la fois unoutil de gestion des parcours professionnelset unlevier de régulation des effectifs. Elle suppose toutefois l’élaboration d’une doctrine RH claire, un encadrement juridique rigoureux et une articulation maîtrisée avec les autres modes de cessation des fonctions.
Article 174 – Extension du congé de maternité pathologique et impacts managériaux
L’article 174 du PLF 2026 procède à uneextension explicite du congé de maternité pathologiqueau bénéfice des agentes publiques.
Le code général de la fonction publique est modifié afin de prévoir que, lorsqu’un état pathologique résultant de la grossesse est attesté par un certificat médical, le congé de maternité estaugmenté de la durée de cet état pathologique, dans la limite detrois semaines avant la date présumée de l’accouchementet dequatre semaines après la naissance.
Cette évolution rapproche le régime applicable aux agentes publiques de celui en vigueur dans le secteur privé. Elle s’inscrit dans une logique d’égalité professionnelle, deprotection de la santé des agenteset de sécurisation juridique des pratiques. Elle permet également de lever des incertitudes fréquemment rencontrées sur le terrain quant au décompte et à l’articulation de ces périodes de congé.
Le texte précise que ces dispositions sont applicables aux agents des administrations parisiennes et fixe uneentrée en vigueur au 1er mars 2026. Les services RH devront donc anticiper l’adaptation de leurs procédures de gestion des congés, de leurs outils de suivi des absences et de l’information des agentes concernées. Cette évolution implique également une attention accrue portée auxenjeux managériaux et organisationnels, notamment en matière de continuité du service public, d’anticipation des remplacements temporaires et de dialogue avec les encadrants de proximité, afin de concilier protection de la santé des agentes et exigences de fonctionnement des services.
Enjeux, points de vigilance et perspectives pour les DRH territoriaux
Pris dans leur ensemble, les choix opérés par le PLF 2026 traduisent une orientation contrastée en matière de ressources humaines publiques. D’un côté, le texte consolide certains droits individuels des agents, notamment par la pérennisation de la rupture conventionnelle et l’extension du congé de maternité pathologique. De l’autre, il opère des arbitrages budgétaires susceptibles d’affecter indirectement la politique de formation et de développement des compétences, via le plafonnement des ressources du CNFPT.
Dans l’attente de la décision du Conseil constitutionnel et de la promulgation de la loi, les responsables RH territoriaux ont tout intérêt àmener des analyses d’impact, à sécuriser leurs doctrines internes et à préparer les ajustements nécessaires, sans engager prématurément de mesures opérationnelles.
Cette séquence législative illustre, une fois encore, la place centrale de la fonction RH territoriale, située au croisement du droit, de la stratégie budgétaire et de l’accompagnement humain des agents, dans un contexte de contraintes financières accrues et d’attentes sociales particulièrement fortes. Elle invite également les DRH à unevigilance accrue dans les mois à venir, tant sur lestextes d’application attendusque sur lesévolutions jurisprudentielles susceptibles de préciser l’interprétation de ces nouvelles dispositions, confirmant ainsi leur rôle stratégique d’anticipation, de sécurisation et de conseil au sein des collectivités territoriales.
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La dernière publication de l’Insee révèle une évolution structurante de l’emploi public. Derrière une hausse globale modérée des effectifs, les dynamiques statutaires, démographiques et catégorielles redessinent en profondeur le visage de la fonction publique.
Au 31 décembre 2024, la fonction publique emploie 5,9 millions d’agents, soit +0,6 % en un an, une progression plus faible qu’en 2023 (+1,1 %). La hausse concerne les trois versants, mais à des rythmes différenciés : +0,8 % pour l’État, +0,3 % pour la territoriale et +0,5 % pour l’hospitalière .
La réalité la plus marquante tient à la structure des emplois. Le nombre de fonctionnaires est quasi stable (-0,1 %), tandis que les contractuels poursuivent leur progression (+2,6 % après +4,9 % en 2023) . Désormais, près d’un agent public sur quatre est contractuel (24 %), et plus d’un sur quatre dans la fonction publique territoriale .
Autre tournant majeur : pour la première fois, les effectifs de catégorie A (38 %) dépassent ceux de catégorie C (37 %) . Cette montée en qualification s’accompagne d’un recul des emplois d’exécution et d’une transformation des métiers publics.
La féminisation se poursuit : les femmes représentent 64 % des agents publics en 2024, contre 59 % vingt ans plus tôt. Elles constituent 84 % des agents à temps partiel, confirmant des enjeux persistants en matière d’égalité professionnelle.
Enfin, le vieillissement s’accentue. Près de quatre agents sur dix ont 50 ans ou plus, une évolution renforcée par la réforme des retraites entrée en vigueur en 2023. Les entrées diminuent tandis que les sorties augmentent, réduisant le solde positif des effectifs .
🔎 Ce que cela signifie pour les DRH publics Nous assistons à une mutation structurelle : contractualisation accrue, montée en expertise, vieillissement des équipes, tensions potentielles sur l’attractivité et la transmission des compétences. La gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), la fidélisation et la sécurisation des parcours deviennent stratégiques, notamment dans la FPT où la part de contractuels progresse fortement.
💬 Aviswww.naudrh.Com Ces chiffres traduisent une transformation silencieuse mais décisive. Si la contractualisation peut apporter souplesse et réactivité, elle impose aussi une vigilance accrue sur la sécurisation juridique, la fidélisation et la cohérence managériale. Pour les DRH territoriaux, l’enjeu n’est plus de gérer l’effectif, mais d’orchestrer un équilibre durable entre statut, compétences et attractivité.
Le recrutement de contractuels soutient de nouveau la hausse de l’emploi dans la fonction publique - Février 2026
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La Fonction Publique Territoriale entre dans une période charnière qui va profondément transformer le quotidien des employeurs publics et des services RH.
👉 Dans cette vidéo,www.naudrh.compartage une lecture claire et opérationnelle des enjeux RH 2026-2027 : – ce qui va réellement changer pour les collectivités, – les risques à anticiper pour sécuriser vos pratiques, – les leviers d’action concrets pour ne pas subir les réformes à venir.
L’objectif n’est pas d’alarmer, mais de donner des repères, de la méthode et une vision stratégique à celles et ceux qui pilotent les ressources humaines au quotidien.
💬 Aviswww.naudrh.com 2026 sera moins une année de réforme spectaculaire qu’une année de vérité RH. Ceux qui auront anticipé s’en sortiront renforcés ; les autres subiront. Cette vidéo va clairement dans le bon sens : aider à reprendre la main.
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La suspension de la réforme des retraites jusqu’au 1er janvier 2028 n’est pas neutre. Elle modifie, parfois subtilement mais réellement, les règles de départ pour plusieurs générations. Le tableau publié par Les Échos permet d’y voir clair.
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👉 L’idée clé : le calendrier de relèvement de l’âge légal et du nombre de trimestres est ralenti, avec des effets différenciés selon l’année de naissance.
Ce qu’il faut retenir 👇
-Pour les générations 1961 à 1963, aucun changement : âge légal et durée d’assurance restent identiques.
-À partir de la génération 1964, la suspension permet des gains concrets : .un âge légal de départ abaissé de 3 à 6 mois selon les cas, .un nombre de trimestres requis réduit (jusqu’à –2 trimestres).
-Les générations 1965 à 1968 bénéficient d’un lissage de la montée en charge de la réforme de 2023, sans retour complet à l’ancien système.
-Pour les personnes nées à partir de 1969, le cap des 64 ans et 172 trimestres demeure inchangé.
🎯 En pratique RH : Cette suspension introduit une complexité supplémentaire dans l’accompagnement des agents, la projection des départs à la retraite et la sécurisation des simulations individuelles. Une lecture fine par génération devient indispensable pour éviter les erreurs d’information… et les tensions sociales.
💬 Aviswww.naudrh.com Cette suspension ressemble davantage à un temps politique qu’à une véritable clarification du système. Pour les employeurs publics, elle accroît l’incertitude et renforce un besoin crucial : disposer d’une information fiable, actualisée et pédagogiquement maîtrisée pour sécuriser les décisions RH.
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Dans le cadre des débats parlementaires relatifs au projet de loi de finances pour 2026, une mesure particulièrement sensible pour les employeurs et les agents publics avait été envisagée : le passage du jour de carence en cas d’arrêt maladie de un à trois jours non rémunérés dans la fonction publique. Cette disposition, inscrite dans la version initiale du budget, poursuivait un double objectif affiché d’alignement avec le secteur privé et de maîtrise de la dépense publique. Elle devait permettre, selon les estimations conjointes de l’Inspection générale des finances et de l’Inspection générale des affaires sociales, de dégager près de 900 millions d’euros d’économies sur une année.
Toutefois, lors de l’adoption définitive du budget 2026, le mardi 27 janvier 2026, les députés ont finalement supprimé cette mesure. Ce retrait marque un infléchissement notable de la trajectoire initialement portée par le gouvernement et intervient dans un contexte où le régime de rémunération des congés maladie avait déjà été significativement durci quelques mois auparavant.
Un cadre réglementaire déjà moins favorable depuis le 1er mars 2025
Cette évolution constitue le socle réglementaire à partir duquel la proposition d’un passage à trois jours de carence a été perçue par de nombreux acteurs comme excessive, voire déséquilibrée, au regard des efforts déjà demandés aux agents publics.
Depuis le 1er mars 2025, les règles applicables aux congés de maladie ordinaire dans la fonction publique ont en effet évolué de manière substantielle. Les agents publics ne sont plus rémunérés à hauteur de 100 % de leur traitement pendant les trois premiers mois d’arrêt, mais à hauteur de 90 %. Cette réforme, relativement peu visible dans le débat public, a pourtant des conséquences financières immédiates pour les agents, en particulier pour ceux dont les niveaux de rémunération sont les plus modestes.
Dans ce contexte, la perspective d’un allongement du délai de carence à trois jours non rémunérés a été largement perçue comme une double pénalisation. Elle aurait conduit à une perte de rémunération dès le début de l’arrêt maladie, cumulée à une indemnisation dégradée sur les mois suivants. Pour les directions des ressources humaines territoriales, cette superposition de dispositifs soulevait de réelles interrogations en matière de soutenabilité sociale, d’équité de traitement et de gestion des situations individuelles.
Des objectifs budgétaires et comportementaux discutables
Plusieurs travaux et rapports antérieurs ont déjà mis en évidence les limites des dispositifs de carence comme outil de lutte contre l’absentéisme. Les analyses conduites tant dans le secteur public que dans le secteur privé soulignent que ces mécanismes produisent avant tout des effets financiers immédiats, sans impact durable démontré sur la fréquence globale des arrêts maladie, et avec des risques accrus de reports d’arrêts ou de dégradation de l’état de santé des agents concernés.
La mesure envisagée reposait avant tout sur un objectif financier clairement assumé. Les travaux des inspections générales faisaient reposer l’essentiel des économies attendues sur une diminution mécanique de la dépense publique, sans démontrer de lien direct avec une amélioration durable de l’état de santé des agents ou avec une réduction structurelle de l’absentéisme.
Par ailleurs, l’allongement du délai de carence était présenté comme un outil de responsabilisation des agents et de lutte contre les arrêts de courte durée. Cet argument, régulièrement mobilisé dans le débat public, repose sur l’idée selon laquelle la perte de rémunération exercerait un effet dissuasif. Cette approche strictement incitative par la contrainte financière demeure toutefois largement discutée dans les milieux RH et médicaux, notamment en raison de ses effets potentiellement contre-productifs sur la prévention et la santé au travail.
Un alignement avec le secteur privé largement illusoire
Présenté comme un simple alignement avec le droit commun du secteur privé, le passage à trois jours de carence reposait en réalité sur une comparaison trompeuse. S’il est exact que le délai de carence légal est fixé à trois jours dans le secteur privé, cette affirmation occulte le fait que la grande majorité des salariés bénéficient d’une couverture conventionnelle ou d’accords d’entreprise neutralisant tout ou partie de cette perte de rémunération dès les premiers jours d’arrêt maladie.
En pratique, près de 70 % des salariés du secteur privé bénéficient de dispositifs conventionnels ou d’accords d’entreprise qui compensent totalement ou partiellement la perte de rémunération dès les premiers jours d’arrêt maladie. Dans de nombreux cas, cette prise en charge intervient dès le premier jour d’absence, rendant le délai de carence théorique largement inopérant.
À l’inverse, dans la fonction publique territoriale, aucune compensation automatique du jour de carence n’existe. Les employeurs publics sont juridiquement contraints dans leur capacité à compléter la rémunération et disposent de marges de négociation collective beaucoup plus limitées. L’alignement invoqué aurait donc conduit, en réalité, à un déséquilibre social supplémentaire au détriment des agents publics.
Des effets sociaux inégalitaires et des risques pour la santé au travail
Les analyses et études disponibles montrent que les dispositifs de jours de carence produisent des effets très différenciés selon les profils d’agents. Les impacts sont particulièrement marqués pour les agents de catégorie C, pour les agents les plus jeunes et pour ceux exerçant des métiers pénibles ou exposés, notamment dans les secteurs de l’aide à domicile, de la propreté, de la voirie ou du champ social et médico-social.
Pour ces agents, la perte de plusieurs jours de salaire représente un coût proportionnellement bien plus élevé que pour les cadres. Elle peut conduire à retarder une consultation médicale, à reprendre le travail en étant malade ou à aggraver, à moyen terme, des situations de santé fragiles. D’un point de vue strictement RH et de prévention des risques professionnels, ces effets apparaissent clairement contre-productifs.
Les conséquences opérationnelles pour les collectivités territoriales
Pour les collectivités territoriales et leurs directions des ressources humaines, le passage à trois jours de carence aurait généré des difficultés opérationnelles importantes. Il aurait accentué les tensions dans le dialogue social, dans un contexte déjà sensible marqué par les enjeux de qualité de vie au travail, d’attractivité des métiers publics et de fidélisation des agents. Il aurait également complexifié la gestion des situations individuelles, notamment pour les agents précaires ou confrontés à des problématiques médicales lourdes, tout en faisant peser un risque réel de dégradation du climat social et de sentiment d’injustice.
La suppression de la mesure permet d’éviter un choc social supplémentaire, mais elle ne met pas un terme au débat récurrent sur la maîtrise de l’absentéisme et de son coût pour les finances publiques.
Repenser les leviers RH au-delà d’une logique punitive
L’abandon du passage à trois jours de carence invite à repenser les politiques RH territoriales autrement que par la seule contrainte financière. Les marges de manœuvre existent et reposent sur des leviers structurels plus durables, tels que le renforcement de la prévention des risques professionnels, l’amélioration des conditions de travail, le développement d’un management de proximité fondé sur l’écoute et la reconnaissance, ainsi que l’accompagnement individualisé des situations d’absentéisme récurrent.
Ces approches, moins immédiatement budgétaires, produisent en revanche des effets durables sur la santé des agents, sur la continuité du service public et sur la qualité du climat social au sein des collectivités.
Conclusion
La suppression du passage de un à trois jours de carence dans le budget 2026 constitue un signal politique fort face à une mesure largement perçue comme socialement injuste et juridiquement fragile. Dans un contexte où les agents publics supportent déjà une baisse de leur indemnisation maladie depuis mars 2025, cette décision apparaît comme un choix d’apaisement et de cohérence sociale.
Pour autant, la question de l’absentéisme et de son coût demeure pleinement posée. Elle appelle des réponses RH globales et équilibrées, fondées sur la prévention, le dialogue social et la qualité du management, plutôt que sur des mécanismes punitifs dont les effets inégalitaires risquent, à terme, de fragiliser davantage les collectifs de travail et le service public local.
À l’horizon 2026-2027, les attentes des employeurs territoriaux comme des agents se tournent désormais vers des réformes RH plus structurelles, articulant soutenabilité financière, attractivité de la fonction publique et amélioration concrète des conditions de travail. Le dialogue social territorial, appelé à se renouveler dans un contexte de fortes tensions sur les ressources humaines, devrait jouer un rôle central dans la construction de solutions durables, adaptées aux réalités des collectivités et aux enjeux de santé au travail.
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L'année 2025 se caractérise par plusieurs évolutions réglementaires relatives au financement de l'apprentissage dont les mesures liées à l'abaissement du seuil d'exonération des cotisations dont bénéficient les apprentis, à la participation obligatoire des employeurs à la prise en charge des contrats d'apprentissage visant une certification de niveaux 6 et 7, et l'aide aux employeurs d'apprentis. La politique de l'apprentissage est une des priorités du gouvernement depuis la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel en raison de ses effets positifs sur l'insertion professionnelle des jeunes et le développement des compétences. Toutefois, avec l'essor de l'apprentissage et l'augmentation exponentielle du nombre de contrats d'apprentissage depuis 2018, le poids financier de cette politique sur les finances publiques s'est particulièrement accru ces dernières années rendant le système insoutenable financièrement. C'est pourquoi plusieurs séries de mesures sont entrées en vigueur depuis le début de l'année 2025. Certaines de ces mesures ont pu avoir un impact sur la rémunération des apprentis et sur les dispositifs incitatifs en faveur des employeurs. La baisse des salaires nets des apprentis fait suite à la mesure votée par la représentation nationale dans le cadre des travaux relatifs à la Loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2025.
En effet, en application de l'article 23 de la LFSS pour 2025, le seuil d'exonération des cotisations salariales est passé de 79 % à 50 % du SMIC pour tous les contrats d'apprentissage conclus depuis le 1er mars 2025. La situation des apprentis est particulière, car ils acquièrent des droits sociaux en matière de retraite et d'assurance chômage malgré les dispositifs d'exonération dont ils bénéficient. C'est la raison pour laquelle il a été décidé, dans le cadre des discussions parlementaires, d'augmenter leurs contributions sociales salariales tout en préservant les apprentis aux rémunérations les moins élevées. La participation obligatoire des employeurs a été mise en oeuvre le 1er juillet 2025 à la suite de l'adoption, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2025, d'un amendement parlementaire. Ainsi, l'article 192 de la loi de finances pour 2025 prévoit une participation financière obligatoire des employeurs à la prise en charge des contrats d'apprentissage lorsque le diplôme ou titre à finalité professionnelle visé équivaut au moins au niveau 6 du cadre national des certifications professionnelles.
Le décret n° 2025-585 du 27 juin 2025 relatif à la prise en charge des actions de formation par apprentissage met ainsi en oeuvre la mesure votée par la représentation nationale. Enfin, le décret n° 2025-174 du 22 février 2025 module le montant de l'aide unique aux employeurs d'apprentis en fonction de la taille de l'entreprise, afin de garantir la pérennité du dispositif. Les entreprises de moins de 250 salariés bénéficient d'une aide de 5 000 euros, tandis que celles de 250 salariés et plus perçoivent une aide de 2 000 euros. Par ailleurs, lorsque l'apprenti est en situation de handicap, le montant de l'aide est majoré à 6 000 euros, quelle que soit la taille de l'entreprise. Ces montants restent significatifs et visent à maintenir un soutien renforcé aux structures de moins de 250 salariés qui accueillent aujourd'hui près de 80 % des apprentis.
L'ensemble de ces mesures a pour objectif de rendre le système de financement de l'apprentissage plus soutenable pour le budget de l'État. Pour autant, le Gouvernement reste pleinement engagé en faveur de cette politique publique essentielle pour le pays et entend continuer à soutenir les acteurs de l'apprentissage.
Daniel Gremillet Question écrite Mme la ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargée du travail et de l'emploi M. le ministre du travail et...
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Réintroduit dans la fonction publique à compter du 1er janvier 2018, le jour de carence consiste en la suppression de la rémunération du premier jour d’un congé de maladie ordinaire. Présentée comme un levier de responsabilisation des agents et de maîtrise de l’absentéisme, cette mesure continue de susciter de vifs débats, en particulier dans la fonction publique territoriale. Derrière un dispositif juridiquement uniforme se dessinent en réalité des effets très différenciés selon les profils d’agents. La question centrale est donc la suivante : le jour de carence présente-t-il un caractère inégalitaire au sein des agents publics territoriaux et, si tel est le cas, quelles interrogations majeures soulève-t-il à moyen et long terme pour les employeurs publics locaux ?
Un dispositif juridiquement uniforme mais socialement différencié
En théorie, le jour de carence repose sur un principe d’égalité de traitement entre les agents publics. En pratique, cette égalité juridique formelle se heurte toutefois à une inégalité réelle de situation, les effets de la mesure variant fortement selon les ressources économiques et les conditions de travail des agents.
Le jour de carence s’applique indistinctement à l’ensemble des agents publics territoriaux, quels que soient leur statut, leur cadre d’emplois ou leur niveau de rémunération. En apparence neutre, cette uniformité masque toutefois des effets sociaux profondément asymétriques. La perte d’une journée de traitement n’a pas la même portée selon que l’agent dispose d’un revenu élevé et d’une capacité d’épargne suffisante ou, à l’inverse, d’une rémunération modeste et fortement contrainte.
Les travaux statistiques fondés sur les données administratives de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales et les analyses convergentes de la DARES mettent en évidence une baisse significative des congés pour maladie ordinaire à la suite de la réintroduction du jour de carence. Cette baisse n’est cependant pas homogène. Elle est nettement plus marquée chez les agents les plus jeunes, les moins qualifiés et les moins rémunérés, qui correspondent très majoritairement aux agents de catégorie C de la fonction publique territoriale.
Les agents de catégorie C : une exposition accrue à la contrainte financière
Pour un agent de catégorie C occupant un emploi à temps complet sur des fonctions d’exécution, la suppression d’une journée de rémunération peut se traduire concrètement par des arbitrages immédiats dans la vie quotidienne : retarder certaines dépenses contraintes, réduire des achats essentiels ou puiser ponctuellement dans une épargne souvent limitée. Cette réalité donne à la perte du premier jour de salaire une portée bien plus tangible que pour des agents disposant de marges financières plus importantes.
Pour les agents de catégorie C, la perte d’une journée de rémunération représente un coût relatif particulièrement élevé. À un niveau de traitement souvent proche du salaire minimum, une journée non rémunérée peut suffire à déséquilibrer un budget déjà fragile. Cet impact financier immédiat renforce fortement l’effet dissuasif du jour de carence sur la prise d’arrêts maladie de courte durée, y compris lorsque l’état de santé de l’agent le justifierait objectivement.
Cette situation conduit certains agents à différer, voire à renoncer, à un arrêt maladie de courte durée. Le jour de carence agit alors moins comme un outil de lutte contre l’absentéisme dit opportuniste que comme un mécanisme de contrainte économique pesant de manière disproportionnée sur les agents les plus fragiles sur le plan socio-professionnel.
Une inégalité indirecte face à la santé au travail
Le caractère inégalitaire du jour de carence ne repose pas sur une discrimination juridique explicite, mais sur une inégalité indirecte dans ses effets. En pratique, les agents les moins rémunérés supportent une charge proportionnellement bien plus importante que les agents appartenant aux catégories A ou B. Cette inégalité de fait interroge directement le principe d’égalité réelle d’accès à la protection de la santé au travail.
En décourageant la prise d’arrêts maladie de courte durée, le jour de carence favorise le phénomène de présentéisme, c’est-à-dire le fait de venir travailler en étant malade. Or, le présentéisme est désormais identifié comme un facteur de dégradation de la santé à moyen terme, d’aggravation de certaines pathologies et de risques accrus pour la qualité du service public, notamment dans les métiers territoriaux impliquant un contact direct avec les usagers.
Des effets différés à moyen et long terme pour les collectivités territoriales
À moyen et long terme, le caractère inégalitaire du jour de carence soulève plusieurs interrogations majeures pour les responsables des ressources humaines territoriales. Il existe tout d’abord un risque de report des arrêts maladie de courte durée vers des arrêts plus longs et plus coûteux pour la collectivité, lorsque la pathologie initiale s’aggrave faute de repos et de soins appropriés. À cela s’ajoute l’impact potentiel sur les parcours professionnels, en particulier pour les agents de catégorie C, plus exposés aux contraintes physiques et à la pénibilité du travail, et qui subissent également plus fortement la pression financière induite par le jour de carence. Cette combinaison est susceptible d’accentuer les inégalités de santé, l’usure professionnelle, les restrictions d’aptitude et, à terme, les départs anticipés.
La question de la prévention des risques professionnels constitue, quant à elle, un enjeu stratégique distinct. Le jour de carence interroge en effet la cohérence globale des politiques de prévention mises en œuvre par les collectivités territoriales. D’un côté, les employeurs sont incités à développer des démarches de prévention, de qualité de vie et de conditions de travail ainsi que de maintien dans l’emploi. De l’autre, le jour de carence peut envoyer un signal dissuasif quant à la reconnaissance et à la légitimité de la maladie ordinaire, en particulier pour les agents les plus modestes.
À moyen et long terme, le caractère inégalitaire du jour de carence soulève plusieurs interrogations majeures pour les responsables des ressources humaines territoriales. La première concerne le risque de reports d’arrêts courts vers des arrêts plus longs et plus coûteux pour la collectivité, lorsque la pathologie initiale s’aggrave faute de repos et de soins appropriés.
La seconde interrogation porte sur l’impact du dispositif sur les inégalités de parcours professionnels. Les agents de catégorie C, plus exposés aux contraintes physiques et à la pénibilité des conditions de travail, sont également ceux qui subissent le plus fortement la pression financière induite par le jour de carence. Cette combinaison peut accentuer les inégalités de santé et, à terme, peser sur l’usure professionnelle, les restrictions d’aptitude et les départs anticipés.
Enfin, la mesure interroge la cohérence globale des politiques de prévention des risques professionnels mises en œuvre par les collectivités territoriales. D’un côté, les employeurs sont incités à développer des démarches de prévention, de qualité de vie et de conditions de travail et de maintien dans l’emploi. De l’autre, le jour de carence peut envoyer un signal dissuasif quant à la légitimité de la maladie ordinaire, en particulier pour les agents les plus modestes.
Les leviers d’action des ressources humaines territoriales
Face à ces constats, les marges de manœuvre des employeurs territoriaux demeurent juridiquement limitées, le jour de carence relevant d’une règle nationale. Toutefois, les directions des ressources humaines disposent de leviers indirects. Le renforcement des politiques de prévention ciblées, l’amélioration des conditions de travail des agents de catégorie C et la mise en place de dispositifs de protection sociale complémentaire plus protecteurs peuvent contribuer à atténuer les effets inégalitaires du dispositif.
La qualité du dialogue social constitue également un enjeu central. La perception du jour de carence par les agents, et en particulier par leurs représentants, influe directement sur le climat social et le sentiment d’équité au sein des services. Une approche transparente, explicative et pédagogique demeure indispensable pour éviter que la mesure ne soit vécue comme une sanction déguisée ou une remise en cause de la légitimité de l’arrêt maladie.
Conclusion
Le jour de carence dans la fonction publique territoriale ne peut être analysé uniquement à l’aune de son efficacité globale sur la réduction des arrêts maladie. Les données disponibles montrent clairement que ses effets sont socialement différenciés et qu’il pèse plus lourdement sur les agents les plus jeunes, les moins qualifiés et les moins rémunérés, en particulier ceux relevant de la catégorie C. Ce caractère inégalitaire, bien que juridiquement indirect, soulève des interrogations importantes quant aux effets à moyen et long terme de la mesure, tant en matière de santé au travail que de gestion des ressources humaines et de qualité du service public.
Pour les responsables des ressources humaines territoriales, l’enjeu n’est donc pas seulement de constater ces effets, mais d’intégrer pleinement cette dimension dans une réflexion globale sur la prévention, l’équité interne et la soutenabilité des politiques de gestion de l’absentéisme.
Au-delà de la gestion locale, mon analyse invite plus largement à une réflexion nationale sur l’évaluation du jour de carence au regard de ses effets différenciés. La question d’une éventuelle réévaluation du dispositif, de ses modalités d’application ou de ses compensations indirectes pourrait ainsi s’inscrire dans une approche renouvelée, conciliant maîtrise des absences, protection de la santé des agents et exigence d’équité au sein de la fonction publique territoriale.
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Le 21 janvier 2026, la première séance plénière du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) a donné le ton de l’année à venir pour la fonction publique territoriale… et il est loin d’être anodin.
👉 Un message clair, unanime et politique a été adressé au Gouvernement.
⚠️ Ce qu’il faut retenir de cette plénière
🔹 Un vœu adopté à l’unanimité Le CSFPT, présidé par Philippe Laurent, s’est opposé fermement à l’amendement gouvernemental introduit dans le PLF 2026 visant à plafonner la cotisation de 0,9 % versée au Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT).
➡️ En jeu : près de 35 millions d’euros, soit 8 % du budget prévisionnel 2026, directement retranchés à la formation des agents territoriaux.
🔹 Une atteinte directe à la formation et au paritarisme Le CSFPT rappelle que cette cotisation est exclusivement dédiée à la formation professionnelle, à un moment où les besoins explosent : transitions écologique et numérique, attractivité des métiers, cohésion sociale et territoriale. Déposé sans concertation, cet amendement est perçu comme une atteinte au principe de libre administration des collectivités et au paritarisme.
🔹 Réformes réglementaires : des signaux contrastés ✔️ Avis favorable à l’allongement à 6 ans du détachement sur les emplois fonctionnels de direction, en cohérence avec la durée du mandat des élus (entrée en vigueur au 1er juillet 2026). ❌ Avis défavorable unanime à l’expérimentation des journées de travail de 12h en EHPAD, malgré des garanties ajoutées : le texte devra être revu en février.
🔹 Concours et données sociales au cœur des travaux Les échanges se poursuivent sur : -la modernisation des concours territoriaux (ATSEM, police municipale, filières sportives, patrimoine…), -l’analyse nationale du RSU 2023, outil stratégique pour le pilotage RH territorial.
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Le 13 janvier 2026, le ministre de la Fonction publique, David Amiel, a dévoilé les principaux chantiers qu’il entend engager en 2026. Parmi eux, la question des carrières et des rémunérations des agents publics occupe une place centrale. L’annonce de l’ouverture prochaine d’une concertation nationale sur ce sujet majeur était particulièrement attendue par les employeurs publics et, au premier chef, par les responsables des ressources humaines de la fonction publique territoriale.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions sur l’attractivité de la fonction publique, des difficultés persistantes de recrutement et de fidélisation, ainsi qu’un sentiment largement partagé de décrochage entre l’évolution des rémunérations publiques et celles observées dans le secteur privé.
Un diagnostic largement partagé : l’érosion des carrières publiques
Dans de nombreuses collectivités territoriales, ce constat se traduit très concrètement par des situations désormais fréquentes : des postes administratifs ou techniques ouverts pendant plusieurs mois faute de candidats, des agents recrutés en début de carrière qui quittent la collectivité après quelques années pour rejoindre le secteur privé, ou encore des agents expérimentés qui constatent une progression salariale très limitée malgré l’élargissement de leurs responsabilités. Ces réalités du terrain illustrent de manière tangible l’impact de l’érosion des carrières sur l’attractivité et la fidélisation des agents publics.
Depuis plusieurs années, les grilles indiciaires ont subi une compression progressive. Les revalorisations successives du point d’indice, bien qu’indispensables pour préserver le pouvoir d’achat, n’ont pas permis de restaurer de véritables perspectives de carrière, notamment en début et en milieu de parcours professionnel. Cette situation est particulièrement sensible dans la fonction publique territoriale, où les employeurs sont confrontés à une concurrence accrue du secteur privé et à une mobilité croissante des agents.
Concrètement, cette érosion des carrières se traduit par des recrutements plus complexes sur certains métiers, un allongement des durées passées dans les mêmes échelons et une démotivation progressive liée à des déroulements de carrière perçus comme peu lisibles ou insuffisamment valorisants.
« Redonner de l’amplitude aux grilles indiciaires » : un objectif affiché
Concrètement, cette notion d’« amplitude » renvoie à plusieurs dimensions des parcours professionnels. Elle concerne d’abord les débuts de carrière, avec l’enjeu de rendre les premiers échelons plus attractifs afin de faciliter le recrutement des nouveaux agents. Elle interroge ensuite le milieu de carrière, souvent marqué par des progressions lentes et peu visibles, où l’absence de perspectives peut générer démotivation et mobilité subie. Enfin, elle touche la fin de carrière, avec la question de la reconnaissance de l’expérience acquise et de la valorisation des responsabilités exercées au fil des années.
Lors de son intervention devant le conseil commun de la fonction publique, le ministre a reconnu ce diagnostic et souligné la nécessité de « redonner de l’amplitude aux grilles indiciaires ». Derrière cette formule, se dessine l’ambition de repenser l’architecture des carrières afin de recréer des écarts significatifs entre les échelons, les grades et les catégories hiérarchiques.
L’enjeu dépasse de simples ajustements techniques. Il s’agit de redonner du sens aux parcours professionnels, de renforcer l’attractivité des débuts de carrière et de mieux reconnaître l’expérience et les compétences acquises au fil du temps, tout en préservant les équilibres statutaires propres à la fonction publique.
Une concertation annoncée, mais inscrite dans un calendrier long
David Amiel a précisé que la concertation sur les carrières et les rémunérations serait engagée en 2026, en associant les organisations syndicales représentatives et les employeurs publics des trois versants de la fonction publique. Cette démarche se veut globale et structurante, à rebours de mesures ponctuelles ou fragmentées.
Toutefois, le ministre a clairement exclu toute mise en œuvre avant l’élection présidentielle de 2027. Ce calendrier écarte de facto toute réforme opérationnelle à court terme et inscrit la réflexion dans un temps long, ce qui suscite à la fois des attentes fortes et une certaine prudence chez les acteurs du dialogue social.
Pour les responsables RH territoriaux, cette temporalité implique de poursuivre, dans l’intervalle, la gestion des tensions sur l’attractivité avec les leviers existants : politiques indemnitaires, stratégies de recrutement ciblées, actions en faveur de la qualité de vie et des conditions de travail, ou encore valorisation des parcours professionnels internes.
Le cadre institutionnel : le conseil commun de la fonction publique
Les annonces ministérielles ont été formulées lors d’une séance du conseil commun de la fonction publique, instance centrale du dialogue social réunissant l’État, les employeurs territoriaux et hospitaliers, ainsi que les organisations syndicales. Cette séance était notamment consacrée à l’examen de plusieurs projets de textes, dont le projet de loi de sécurisation du droit de la fonction publique.
Le choix de ce cadre institutionnel n’est pas anodin. Il traduit la volonté du gouvernement d’inscrire la réflexion sur les carrières et les rémunérations dans une approche transversale des trois versants de la fonction publique, tout en réaffirmant le rôle structurant du dialogue social dans la préparation des réformes à venir.
Les réactions des partenaires sociaux : attentes fortes et réserves exprimées
Si partenaires sociaux et employeurs partagent le constat d’un affaiblissement des carrières publiques et la nécessité d’une réforme structurelle, leurs positions divergent toutefois sur le rythme, les priorités et surtout les conditions financières de mise en œuvre des évolutions annoncées.
Les premières réactions des organisations syndicales font apparaître un mélange d’intérêt, de prudence et de scepticisme. Si plusieurs syndicats saluent le retour du sujet des carrières et des rémunérations au cœur de l’agenda gouvernemental, beaucoup regrettent l’absence de mesures immédiates et concrètes. L’annonce d’une concertation sans perspective de mise en œuvre rapide alimente la crainte d’un nouveau cycle de discussions sans effets tangibles pour les agents.
Du côté des employeurs territoriaux, les réactions sont plus nuancées. Les associations d’élus et de dirigeants territoriaux reconnaissent la nécessité de redonner de la lisibilité et de l’attractivité aux carrières publiques. Elles alertent toutefois sur les contraintes budgétaires très fortes qui pèsent sur les collectivités locales. La question du financement d’une réforme des grilles indiciaires demeure centrale, dans un contexte de maîtrise des dépenses publiques et de tensions persistantes sur les finances locales.
Enjeux et perspectives spécifiques pour la fonction publique territoriale
Pour la fonction publique territoriale, les enjeux liés à cette future concertation sont particulièrement élevés. Les collectivités sont en première ligne face à la diversité des métiers, à la concurrence accrue du secteur privé et à l’évolution des attentes des agents en matière de reconnaissance et de parcours professionnels.
Une réforme ambitieuse des carrières et des rémunérations pourrait constituer un levier structurant pour sécuriser les recrutements, renforcer la fidélisation et redonner de la cohérence aux trajectoires professionnelles. Encore faudra-t-il que cette réforme tienne compte de la réalité des employeurs locaux, de leur autonomie de gestion et de leurs capacités financières.
Conclusion - Entre espoir de réforme, vigilance opérationnelle et rôle stratégique des DRH territoriaux
Les annonces de David Amiel marquent une reconnaissance politique claire des difficultés structurelles que traverse la fonction publique en matière de carrières et de rémunérations. La perspective de redonner de l’amplitude aux grilles indiciaires constitue un signal important pour les agents comme pour les employeurs publics.
Pour autant, l’absence de mise en œuvre avant 2027 invite à la prudence. Pour les responsables des ressources humaines de la fonction publique territoriale, l’enjeu est désormais triple : répondre, au quotidien, aux difficultés d’attractivité et de fidélisation ; anticiper les impacts organisationnels et budgétaires des évolutions possibles ; et se positionner comme des acteurs stratégiques de la future concertation nationale. Par leur expertise statutaire, leur connaissance fine des réalités de terrain et leur rôle d’interface entre élus, agents et partenaires sociaux, les DRH territoriaux seront appelés à contribuer activement à la construction de carrières publiques plus lisibles, plus attractives et plus soutenables à long terme.
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👉 Peut-on encore parler d’attractivité de la fonction publique sans parler salaires ?
Les organisations syndicales viennent d’alerter le Gouvernement sur une réalité que les employeurs publics constatent chaque jour : 📉 la rémunération des agents publics se dégrade, malgré leur engagement constant au service de l’intérêt général.
❌ Pas de revalorisation du point d’indice dans le PLF 2026 ❌ Des grilles indiciaires qui n’évoluent plus ❌ Des agents de catégories C et B dont le traitement passe sous le SMIC ❌ Une perte de pouvoir d’achat durable et des mesures vécues comme punitives
👉 Le message est clair : sans reconnaissance salariale, il n’y aura ni attractivité, ni fidélisation, ni renouvellement des compétences dans la fonction publique.
Pour les responsables RH et les élus locaux, cette situation pose une question centrale : comment continuer à faire tenir le service public avec des carrières durablement dévalorisées ?
Le débat sur les rémunérations n’est plus idéologique, il est désormais opérationnel et stratégique.
💬 Aviswww.naudrh.com Ce courrier syndical met le doigt sur un angle mort majeur des politiques publiques actuelles : on exige toujours plus de professionnalisme, d’adaptabilité et de responsabilité des agents, tout en envoyant des signaux financiers négatifs. À moyen terme, c’est la continuité et la qualité même du service public qui sont en jeu.
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Voici les enseignements clés que tout DRH territorial doit avoir en tête.
📊 Une FPT massivement féminisée… mais inégalement structurée
Les femmes représentent 61 % des effectifs permanents.
Ce taux grimpe à 89 % dans les CCAS et reste élevé dans les départements (65 %).
Mais cette féminisation cache des déséquilibres structurels :
-Les femmes sont moins souvent titulaires (78 % contre 83 % des hommes).
-Elles sont surreprésentées parmi les contractuels et les emplois non permanents.
-90 % des agents à temps partiel sont des femmes.
-18 % des femmes occupent un poste à temps non complet (contre 5 % des hommes).
👉 La précarité statutaire et le temps de travail restent des marqueurs puissants d’inégalités.
🏛️ Des catégories supérieures plus féminisées… mais un plafond de verre persistant
Les femmes sont majoritaires en catégories A (70 %) et B (63 %).
La progression est nette depuis 2017.
Pourtant :
-Elles n’occupent que 45 % des emplois fonctionnels.
-Dans les départements, seules 10 % des DGS sont des femmes alors qu’elles représentent 65 % des effectifs.
-Le poste de DGST reste très masculin (24 % de femmes).
👉 La féminisation des effectifs ne garantit pas l’accès aux postes stratégiques.
💶 Rémunération : un écart persistant de 6,7 %
Malgré un calcul en équivalent temps plein rémunéré (ETPR), les femmes perçoivent en moyenne 6,7 % de moins que les hommes.
Les écarts sont particulièrement marqués :
-En catégorie A (notamment en filière médico-sociale et administrative).
-Sur la part indemnitaire (18 % pour les femmes contre 21 % pour les hommes).
-Sur les heures supplémentaires, très majoritairement perçues par des hommes.
👉 L’inégalité ne tient pas uniquement au temps partiel : elle est aussi liée à la structuration des carrières et aux régimes indemnitaires.
📈 Des signaux encourageants
-Promotions internes globalement équilibrées.
-Taux d’accès à la formation similaires.
-52 % des jurys de concours présidés par des femmes.
-Parmi les 10 plus hautes rémunérations, les femmes sont moins nombreuses mais mieux rémunérées en moyenne.
🎯 Ce que cela implique pour les DRH territoriaux
L’Index égalité professionnelle, désormais obligatoire pour les collectivités concernées, n’est pas un simple indicateur : c’est un levier stratégique.
L’enjeu n’est plus seulement statistique.
Il est managérial, budgétaire et organisationnel :
-Réinterroger les parcours vers les emplois fonctionnels.
-Objectiver les écarts indemnitaires.
-Sécuriser les politiques de temps de travail.
-Anticiper l’impact du vieillissement des effectifs féminins.
L’égalité professionnelle dans la FPT progresse, mais elle reste fragile et structurellement marquée par des logiques historiques.
Avis www.naudrh.com :
Cette étude confirme ce que l’on observe sur le terrain depuis plusieurs années. La FPT est féminisée, mais pas encore pleinement égalitaire. Le vrai défi des prochaines années sera d’agir sur les mécanismes fins (régime indemnitaire, accès aux postes stratégiques, organisation du temps de travail) plutôt que de se satisfaire des moyennes globales.
Étude nationale sur l’égalité professionnelle dans la Fonction Publique Territoriale au 31 décembre 2023 (Observatoire emploi-RH, janvier 2026)
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Cette infographie analyse les conséquences de la réintroduction du jour de carence en 2018 sur les absences pour maladie des agents de la fonction publique territoriale. Les auteurs démontrent que cette mesure a provoqué une baisse significative des arrêts courts, entraînant une réduction de 11 % de la fréquence des congés et des économies budgétaires annuelles estimées à 86 millions d'euros. Toutefois, les données révèlent un impact profondément inégalitaire, touchant prioritairement les agents les plus jeunes, les moins qualifiés et les plus modestes. Bien que l'efficacité comptable immédiate soit avérée, le rapport souligne que ces résultats ne tiennent pas compte des effets indirects sur la santé à long terme ou de la dégradation potentielle des conditions de travail. En conclusion, l'étude invite à une réflexion sur la protection sociale des agents face aux futures réformes de l'indemnisation maladie.
Quels effets du jour de carence sur les absences maladie des agents publics territoriaux en 2018-2019 ?
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Dès le début de l’année 2026, une grande majorité de travailleurs français, qu’ils soient salariés du secteur privé ou agents publics, constateront une diminution sensible de leur salaire net mensuel, sans changement de leur quotité de travail ni évolution de leur situation professionnelle. Cette baisse ne résulte pas d’une décision unique clairement identifiable, mais de la combinaison de plusieurs mécanismes automatiques qui produisent un effet cumulatif. L’augmentation du coût des complémentaires santé, la remontée du taux de prélèvement à la source et la hausse continue des tarifs des transports publics constituent ainsi une triple pression directe sur le revenu disponible.
Pour les employeurs territoriaux et les directions des ressources humaines, cette évolution représente un enjeu majeur. Elle affecte non seulement le pouvoir d’achat réel des agents, mais aussi le climat social, l’attractivité des métiers publics et la crédibilité des politiques de rémunération.
La hausse durable du coût des complémentaires santé
Cette hausse n’affecte toutefois pas les agents de manière uniforme : les agents titulaires, souvent couverts par des contrats collectifs plus stabilisés, peuvent voir leur reste à charge évoluer différemment des agents contractuels, lesquels supportent plus directement les variations tarifaires et les choix de couverture individuelle.
Les organismes de complémentaire santé ont d’ores et déjà annoncé pour 2026 des revalorisations tarifaires significatives. Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement structurel alimenté par l’augmentation des dépenses de soins, le vieillissement de la population, le développement de techniques médicales de plus en plus coûteuses et le transfert progressif de charges de l’assurance maladie obligatoire vers les complémentaires.
Dans la fonction publique territoriale, la généralisation et la montée en charge de la protection sociale complémentaire renforcent la visibilité de ces hausses. Même lorsque l’employeur participe financièrement, la part restant à la charge de l’agent augmente mécaniquement. Cette évolution se traduit très concrètement par une diminution du salaire net figurant sur la fiche de paie, sans revalorisation parallèle du traitement brut. Pour de nombreux agents, il s’agit d’une perte immédiate de revenu disponible, ressentie comme subie et difficilement compressible.
La remontée automatique du prélèvement à la source
Le prélèvement à la source est un mécanisme évolutif, ajusté automatiquement en fonction des revenus et de la situation fiscale déclarés l’année précédente. Une partie importante des contribuables avait toutefois bénéficié en 2024 et 2025 de dispositifs temporaires, tels que des crédits ou réductions d’impôt, des taux individualisés plus favorables ou encore des effets de lissage liés à des variations de revenus. À compter de 2026, ces mécanismes correcteurs s’atténuent ou disparaissent, entraînant une remontée du taux de prélèvement appliqué chaque mois.
Pour les agents et les salariés, cette évolution est souvent difficile à anticiper et à comprendre. Elle ne correspond pas nécessairement à une hausse de la pression fiscale globale, mais à un ajustement automatique du taux à la situation réelle du foyer fiscal. Le résultat est pourtant immédiat et très concret : à rémunération brute inchangée, le montant net perçu diminue, renforçant le sentiment d’une érosion continue et silencieuse du pouvoir d’achat.
L’alourdissement progressif des frais de transport
Parallèlement, les tarifs des transports publics poursuivent leur augmentation dans de nombreux territoires. La hausse des coûts de l’énergie, les investissements nécessaires à la modernisation des réseaux et les contraintes financières pesant sur les autorités organisatrices expliquent largement cette tendance.
Même si l’employeur prend en charge une part du coût des abonnements de transport, le reste à charge supporté par les agents progresse. À cette dépense s’ajoutent fréquemment des frais annexes liés aux déplacements domicile-travail ou aux contraintes professionnelles, en particulier dans les zones insuffisamment desservies par les transports collectifs. Ces charges supplémentaires, difficilement évitables, réduisent encore le revenu réellement disponible.
Un effet cumulatif lourd de conséquences sur le pouvoir d’achat
Ce choc financier intervient de surcroît de manière concentrée en début d’année, période traditionnellement marquée par d’autres dépenses contraintes importantes, telles que le logement, l’énergie ou certaines charges récurrentes réévaluées au 1er janvier.
Pris isolément, chacun de ces facteurs pourrait apparaître supportable. Toutefois, leur cumul dès les premiers mois de l’année 2026 produit un effet particulièrement perceptible sur le budget des ménages. La baisse du salaire net conjuguée à l’augmentation des dépenses contraintes entraîne une diminution tangible du niveau de vie, sans qu’aucune compensation salariale automatique ne vienne l’atténuer.
Dans la fonction publique territoriale, cette situation est d’autant plus sensible que les marges de manœuvre salariales demeurent limitées. Le gel ou la faible revalorisation du point d’indice, les contraintes pesant sur les régimes indemnitaires et l’intensification du travail réel accentuent le décalage entre l’engagement professionnel des agents et leur reconnaissance financière.
Un défi majeur pour les ressources humaines territoriales
Pour les directions des ressources humaines, cette triple baisse du salaire net constitue un risque social qu’il convient d’anticiper avec lucidité. Elle est susceptible d’alimenter un mécontentement latent, de fragiliser le dialogue social et de compliquer davantage encore les politiques de recrutement et de fidélisation. Elle interroge aussi la capacité des collectivités à maintenir l’attractivité et la soutenabilité des emplois publics dans un contexte économique contraint.
Conclusion
La baisse du pouvoir d’achat observée dès le début de l’année 2026 ne procède pas d’une mesure spectaculaire, mais d’un enchaînement de mécanismes automatiques qui affectent directement le salaire net des travailleurs français. En l’absence de mesures de compensation salariale ou d’accompagnement social, cette évolution risque de s’inscrire durablement et de peser sur l’équilibre social au sein des collectivités territoriales.
Dans ce contexte, les directions des ressources humaines ont un rôle central à jouer. Une communication interne pédagogique permettant d’expliquer les mécanismes à l’œuvre, un accompagnement social ciblé des agents les plus exposés et une réflexion renouvelée sur les leviers indemnitaires, l’action sociale ou l’organisation du travail peuvent contribuer à atténuer le ressenti de perte de pouvoir d’achat. Pour les employeurs publics, cette situation constitue ainsi non seulement un signal d’alerte, mais aussi un levier d’action pour réaffirmer la place stratégique de la politique RH au service de la cohésion sociale et de l’attractivité des collectivités territoriales.
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🔹 Sécuriser et simplifier le droit RH Le Gouvernement engage un projet de loi et deux décrets pour sécuriser juridiquement la gestion des agents et alléger les procédures. Cela passe notamment par la pérennisation de la titularisation des apprentis en situation de handicap, la mise en conformité du report de congés avec le droit européen, et une simplification des règles de gestion locales pour faciliter les reclassements pour inaptitude.
🔹 Améliorer concrètement la vie quotidienne des agents Le logement des agents publics de première ligne devient un sujet prioritaire, avec l’installation d’un groupe de travail dédié dès le 28 janvier. Autre signal fort : la relance d’un projet de loi pour mieux protéger les agents face aux incivilités, aux violences et aux risques de corruption, dans un contexte de tension croissante au contact du public. À cela s’ajoute l’ouverture de négociations sur une complémentaire santé pour les agents hospitaliers, afin de réduire leur reste à charge à l’horizon 2027.
🔹 Garantir la continuité du service public Le Ministre souhaite harmoniser les autorisations spéciales d’absence pour motifs familiaux et parentaux et mieux structurer le recours au temps partiel thérapeutique, reconnu comme un levier essentiel de maintien dans l’emploi et de retour au travail.
🔹 Redonner des perspectives de carrière et de rémunération Dès mars 2026, un cycle de discussions mensuelles s’ouvrira sur la rénovation des carrières et des rémunérations. Objectif : sortir du tassement des grilles salariales, construire un modèle plus lisible et préparer les échéances de 2027. À court terme, des améliorations des taux de promotion en catégories C et B sont déjà annoncées.
💬 Aviswww.naudrh.com Ces annonces vont clairement dans le bon sens, en particulier sur la simplification RH et la protection des agents face aux incivilités. La réussite dépendra toutefois d’un point essentiel : la capacité à transformer ces intentions en mesures rapidement opérationnelles sur le terrain, notamment dans les collectivités territoriales où l’attente est très forte.
Conseil commun de la fonction publique Des mesures attendues pour améliorer la vie quotidienne des agents, le fonctionnement du service public et préparer l’avenir - 13 janvier 2026
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La Cour des comptes vient de publier un rapport très attendu sur l’utilisation de l’intelligence artificielle par France Travail. Un document dense, stratégique, qui mérite clairement l’attention des décideurs publics, des DRH et des acteurs de l’emploi.
🔍 Ce qu’il faut retenir, en synthèse:
👉 Un déploiement réel mais très ciblé de l’IA Depuis 2017, France Travail a développé plusieurs dizaines de cas d’usage d’IA, principalement au service de l’accompagnement des demandeurs d’emploi et du travail des conseillers. Deux programmes structurants ont marqué cette trajectoire : Intelligence emploi puis Data IA. L’IA est désormais bien installée dans l’outillage interne.
👉 Des gains d’efficience réels… Mais encore fragiles Les outils d’IA ont permis de réduire certaines tâches répétitives et de dégager du temps pour les agents, avec des gains financiers globalement supérieurs aux coûts engagés. Toutefois, ces gains reposent sur des hypothèses favorables et restent insuffisamment pilotés, faute d’une comptabilité consolidée et d’indicateurs partagés.
👉 Une gouvernance encore trop faible jusqu’en 2025 Le conseil d’administration a été peu associé aux choix structurants en matière d’IA. La stratégie manque de lisibilité, d’objectifs précis et de calendrier clair. La Cour appelle à un pilotage stratégique renforcé et plus transparent.
👉 Un angle mort majeur : le cadre juridique et éthique C’est l’un des points les plus sensibles du rapport. Analyses d’impact RGPD quasi absentes, préparation tardive au règlement européen sur l’IA, suivi éthique incomplet : la promesse d’une “IA de confiance” reste largement inachevée. La Cour formule des recommandations fortes et opérationnelles pour sécuriser les usages.
👉 Des usages encore trop limités Certaines missions clés – comme l’indemnisation ou la lutte contre la fraude – restent peu couvertes par l’IA, alors même qu’elles concentrent une part importante des sollicitations des usagers.
🎯 Enjeu central pour l’action publique L’IA n’est plus un sujet d’innovation marginal : elle devient un outil structurant de transformation des services publics, à condition d’être maîtrisée, encadrée et débattue collectivement.
💬 Aviswww.naudrh.com Ce rapport montre que l’IA peut améliorer l’efficience et la qualité du service public, mais qu’elle ne peut en aucun cas être pilotée comme un simple projet technique. Sans gouvernance forte, sans dialogue social structuré et sans garanties juridiques et éthiques solides, l’IA fragilise plus qu’elle ne modernise.
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L’intelligence artificielle n’est plus un sujet prospectif pour les collectivités territoriales. Une étude conduite par des élèves de l’INET met en lumière, de manière très concrète, l’ampleur des transformations à venir sur les métiers territoriaux.
👉 Les enseignements clés à retenir La cartographie réalisée montre que près de 45 % des postes exercés dans une collectivité type sont concernés, à des degrés divers, par les capacités de l’IA générative. Pour environ un quart des métiers, au moins 25 % des tâches peuvent déjà être réalisées, totalement ou partiellement, par une IA. Les métiers administratifs et de bureau apparaissent comme les plus exposés, en particulier les fonctions d’accueil, de gestion administrative, financière ou RH, majoritairement occupées par des agents de catégorie C.
👉 Une transformation plus qu’une disparition Contrairement aux craintes parfois exprimées, l’étude confirme que l’IA ne signe pas la fin des métiers territoriaux. Elle transforme avant tout le contenu du travail. Les tâches répétitives ou standardisées peuvent être automatisées, libérant du temps pour l’analyse, la relation à l’usager, l’expertise et la décision. Les filières techniques, sociales et médico-sociales restent, quant à elles, beaucoup moins exposées.
👉 Un enjeu stratégique RH et managérial L’outil de cartographie vise deux objectifs essentiels : sensibiliser élus et directions générales à l’ampleur des changements à venir, et aider les employeurs publics à cibler les actions d’accompagnement. Formation, évolution des compétences, dialogue social et cadre d’usage de l’IA deviennent des leviers incontournables pour conduire une transition maîtrisée et socialement acceptable.
🔎 Message clé pour les décideurs publics L’IA n’est ni un gadget, ni une menace abstraite. C’est un sujet RH à part entière, qui interroge l’organisation du travail, les parcours professionnels et l’attractivité des métiers territoriaux.
💬 Aviswww.naudrh.com Cette étude est particulièrement précieuse car elle replace l’IA dans une logique de gestion prévisionnelle et de responsabilité managériale. Les collectivités qui s’empareront tôt de ces outils de diagnostic auront une longueur d’avance pour sécuriser leurs pratiques RH, anticiper les tensions sociales et redonner du sens au travail des agents plutôt que de subir la transformation.
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Elle modifie le régime de prescription et d’indemnisation des arrêts de travail, afin notamment de limiter, d’une part, la durée de l’interruption du travail qui peut être prescrite et, d’autre part, celle du versement des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail résultant d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle (article 81).
- Ainsi, le plafond applicable à la durée de prescription des interruptions de travail ne peut être inférieur à un mois pour une première prescription et à deux mois pour une prolongation. Le nombre de prolongations susceptibles d’être prescrites pour un même arrêt de travail n’est pas limité, et les professionnels peuvent déroger à ce plafond lorsqu’ils justifient, sur la prescription, de la nécessité d’une durée plus longue au regard de la situation du patient et en considération, lorsqu’elles existent, des recommandations établies par la Haute Autorité de santé.
- En cas d’arrêt de travail résultant d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, une indemnité journalière est payée par la caisse primaire à l’assuré affilié au régime général d’assurance maladie pendant toute la période d’incapacité de travail qui précède soit la guérison complète, soit la consolidation de la blessure ou le décès ainsi que dans le cas de rechute ou d’aggravation (article L. 433-1 du code de la sécurité sociale). Une indemnité journalière est également versée dans les mêmes conditions aux non-salariés agricoles (article L. 752-5 du code rural et de la pêche maritime). Ces indemnités sont servies pendant une période d’une durée maximale, fixée par décret.
Il est à noter que les dispositions envisagées lors des débats parlementaires afin d’étendre le congé pathologique (amendement en ce sens, commentaire) n’ont finalement pas été adoptées : les articles L631-3 du CGFP et L1225-21 du code du travail n’ont pas été modifiés sur ce point. Saisi sur cette loi, le Conseil constitutionnel a rendu sa décision le 30 décembre 2025 (n°2025-899). Certains articles ont été déclarés contraires à la Constitution.
ℹ️ Retraite / Cumul emploi
La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 a été publiée le 31 décembre 2025.
Concernant les retraites : le calendrier de la réforme des retraites de 2023 est suspendu (article 105). L'âge légal de départ est ralenti pour les générations 1961-1968 et les carrières longues. Ces mesures s'appliquent aux pensions prenant effet à partir de septembre 2026 (article L161-17-2 du code de la sécurité sociale).
Elle refond les conditions du cumul emploi-retraite pour les personnes partant à la retraite à partir du 1er janvier 2027 (article 102). Le régime sera moins favorable aux personnes concernées : avant l’âge d’ouverture des droits à la retraite, l’ensemble des revenus de la reprise d’une activité sera écrêté et entre l’âge d’ouverture des droits et l’âge d’annulation de la décote (67 ans), le cumul sera autorisé dans la limite d’un plafond.
Les femmes employées dans la fonction publique et mères d'au moins un enfant de disposer, pour le calcul de leur pension, d'un trimestre de bonification en durée de services (article 104).
Elle créée un congé supplémentaire de naissance (article 99) : il est prévu par les articles articles L1225-46-2 à L1225-46-7 du code du travail. Ce congé est également applicable aux fonctionnaires (article L631-3 du code général de la fonction publique qui renvoie à l’article L1225-46-2 du code du travail).
Il sera accessible à partir du 1er juillet 2026 à chaque parent d'un enfant né ou adopté à compter du 1 er janvier 2026 ainsi que pour les enfants nés avant cette date dont la naissance était censée intervenir à compter de cette date.
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PROJET DE LOI portant diverses mesures urgentes de sécurisation du droit de la fonction publique
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Cette infographie analyse l’ambition gouvernementale de transformer l'année 2026 en une période charnière pour la modernisation de la fonction publique, particulièrement au niveau territorial.
Face à une perte d'attractivité et à une stagnation prolongée des salaires, les autorités envisagent une réforme systémique visant à harmoniser les rémunérations et les perspectives de progression professionnelle. Ce projet prévoit notamment une refonte des grilles indiciaires afin de mieux valoriser l'expérience des agents et de répondre à la concurrence croissante du secteur privé.
Toutefois, il y est souligné que la réussite de ce chantier dépendra de négociations sociales constructives et d'un équilibre délicat avec les contraintes budgétaires des collectivités. L'objectif final demeure la restauration du sens des carrières publiques à travers une meilleure lisibilité des parcours et une reconnaissance accrue des compétences.
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En France, plus de130 000 AESHaccompagnent aujourd’hui des élèves en situation de handicap, un effectif qui a fortement augmenté au cours de la dernière décennie sous l’effet de la montée en charge des politiques d’inclusion scolaire. Cette évolution quantitative, corrélée à une hausse continue des notifications d’accompagnement par les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), met en lumière un besoin durable et structurel d’accompagnement humain au sein de l’école.
L’inclusion scolaire s’est imposée, au fil des réformes, comme un principe structurant de l’action publique éducative. Elle traduit une ambition forte : permettre à chaque élève, quelles que soient ses difficultés ou son handicap, de trouver sa place au sein de l’école de la République. Pourtant, derrière cette volonté largement partagée, une contradiction persiste et fragilise le système dans son ensemble.
LesAccompagnants des Élèves en Situation de Handicap (AESH)sont aujourd’hui indispensables à la scolarisation de milliers d’enfants. Leur rôle est reconnu par tous, mais leur statut reste l’un des plus précaires de la sphère publique. L’examen, par le Sénat, lemercredi 7 janvier 2026, d’une proposition de loi visant à offrir un statut de fonctionnaire aux AESH avait remis au centre du débat une question désormais incontournable :peut-on durablement porter une politique d’inclusion ambitieuse sans offrir aux AESH un véritable statut de fonctionnaire ?Le rejet de ce texte par la Haute Assemblée constitue à cet égard un signal politique particulièrement préoccupant pour un métier précarisé, pourtant en quête insistante de reconnaissance.
1. Les AESH : un maillon essentiel du service public de l’éducation
Au quotidien, les AESH jouent un rôle déterminant dans le parcours scolaire des élèves en situation de handicap. Ils sécurisent les apprentissages, favorisent l’autonomie et facilitent l’intégration au sein du groupe classe, constituant souvent un repère humain stable pour l’élève et un interlocuteur clé pour les familles.
Malgré cette responsabilité majeure, le cadre d’emploi des AESH demeure marqué par uneprécarité structurelle. Recrutés majoritairement sous contrats de droit public à durée déterminée, fréquemment à temps incomplet, ils perçoivent des rémunérations modestes et disposent de perspectives d’évolution professionnelle très limitées. Cette situation crée un décalage profond entre l’importance des missions confiées et la reconnaissance institutionnelle accordée.
Du point de vue des ressources humaines, cette fragilité statutaire se traduit par unturn-over important, des difficultés récurrentes de recrutement et une perte régulière de compétences pourtant précieuses. Cette situation contribue directement à des ruptures d’accompagnement, alors même que près de49 000 élèves en situation de handicap sont aujourd’hui scolarisés sans AESH, faute de personnels disponibles. À terme, cette instabilité affecte directement la qualité de l’accompagnement proposé aux élèves et fragilise l’effectivité du droit à l’éducation inclusive.
2. La proposition de loi de janvier 2026 : un tournant politique attendu
Examinée au Sénat le 7 janvier 2026, cette proposition de loi poursuivait plusieurs objectifs clairement identifiés : améliorer les conditions d’emploi des AESH, renforcer leur reconnaissance professionnelle et ouvrir la perspective d’une sécurisation statutaire durable, notamment par une intégration progressive dans la fonction publique. Son rejet par le Sénat n’efface ni la réalité des besoins ni l’urgence sociale portée par ces professionnels. Elle envisage également des leviers concrets tels que la stabilisation des contrats, l’amélioration des rémunérations et le renforcement de la formation.
L’examen par le Sénat, le 7 janvier 2026, d’une proposition de loi visant à renforcer la reconnaissance du métier d’AESH constitue un signal politique fort. Le texte met en évidence les limites du modèle actuel et ouvre clairement la voie à unereconnaissance statutaire renforcée, incluant la question de l’accès à la fonction publique.
Ce débat dépasse largement le seul champ éducatif. Il interroge la capacité de l’État et, plus largement, des employeurs publics à sécuriser des métiers de première ligne, au cœur des politiques publiques d’égalité, de solidarité et de cohésion sociale. La situation des AESH illustre de manière emblématique les tensions entre ambition sociale affichée et réalité des conditions d’emploi.
Pour les responsables RH de la fonction publique territoriale, cette réflexion fait écho à des problématiques bien connues : attractivité des métiers, fidélisation des agents, reconnaissance des compétences, professionnalisation des fonctions d’accompagnement et sécurisation des parcours professionnels. Autant d’enjeux qui traversent aujourd’hui l’ensemble des politiques de ressources humaines publiques.
3. Le statut de fonctionnaire : un levier structurant d’attractivité et de professionnalisation
L’expérience récente d’autres métiers publics ayant bénéficié d’une revalorisation statutaire – notamment dans les champs du médico-social ou de la petite enfance – montre que la sécurisation des parcours et la reconnaissance institutionnelle constituent des leviers efficaces pour améliorer l’attractivité, stabiliser les effectifs et renforcer la qualité du service rendu.
Accorder aux AESH unstatut de fonctionnairene relèverait pas d’un simple ajustement juridique. Il s’agirait d’un véritablechangement de paradigme en matière de gestion des ressources humaines. Un tel statut permettrait de sécuriser les parcours professionnels, d’offrir une rémunération plus lisible et évolutive, et d’inscrire ces agents dans une logique de carrière à part entière.
La reconnaissance statutaire favoriserait également l’investissement dans la formation initiale et continue, condition indispensable à la qualité de l’accompagnement des élèves en situation de handicap. Elle renforcerait le sentiment d’appartenance au service public et contribuerait à l’engagement durable des professionnels, aujourd’hui trop souvent fragilisé par l’incertitude contractuelle.
Pour les collectivités territoriales, fortement impliquées dans les politiques locales d’inclusion, cette évolution pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de coopération avec l’Éducation nationale. Elle permettrait notamment de mieux articuler les politiques éducatives, sociales et du handicap, dans une logique territoriale cohérente et sécurisée.
4. Un impératif de cohérence des politiques publiques
L’inclusion scolaire ne peut durablement reposer sur des personnels maintenus dans la précarité. À l’heure où les employeurs publics sont appelés à renforcer l’attractivité de leurs métiers, à sécuriser les parcours professionnels et à valoriser les compétences, le maintien des AESH dans un statut instable apparaît de plus en plus difficilement justifiable.
Doter les AESH d’un statut de fonctionnaire, c’est affirmer que l’accompagnement du handicap à l’école relève pleinement ducœur des missions du service public. C’est également adresser un message clair aux familles, aux élèves et aux professionnels : l’inclusion scolaire n’est pas un dispositif périphérique ou transitoire, mais une politique publique structurante, appelée à s’inscrire dans la durée.
Conclusion: un choix structurant pour l’avenir de l’inclusion scolaire et des politiques RH publiques
La proposition de loi examinée puis rejetée par le Sénat en janvier 2026 aurait pu ouvrir une fenêtre d’opportunité majeure. Pour les responsables des ressources humaines de la fonction publique territoriale, le débat sur le statut des AESH dépasse le seul cadre éducatif. Il interroge la capacité collective des employeurs publics à aligner ambitions sociales, qualité du service rendu et reconnaissance des agents.
À moyen terme,l’accès des AESH à un statut de fonctionnaire apparaît non seulement souhaitable, mais nécessaire, afin de rendre ce métier attractif, de stabiliser les parcours professionnels et de garantir une inclusion scolaire à la hauteur des engagements de la puissance publique. Cette perspective suppose toutefois des étapes clairement identifiées : la poursuite du débat parlementaire dans le cadre du calendrier législatif à venir, la traduction réglementaire des orientations retenues et l’implication active des employeurs publics dans l’anticipation des impacts organisationnels, budgétaires et RH.
Le 7 janvier, le Sénat a rejeté la proposition de loi du groupe socialiste visant à intégrer les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) dans la fonction publique. Les opposa...
La chambre haute a bloqué une proposition de loi offrant un statut de fonctionnaire aux AESH, pourtant en première ligne dans l'école inclusive. Une déception pour ces personnels précaires, so...
École inclusive : la proposition de loi pour intégrer les AESH dans la fonction publique rejetée au Sénat
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Adoptée en mai 2023, ladirective européenne 2023/970constitue une avancée majeure dans la construction d’une égalité réelle de rémunération entre les femmes et les hommes. Elle fixe un cap clair aux États membres : rendre pleinement effectif le principe « à travail égal ou de valeur égale, salaire égal », en dépassant les déclarations de principe pour imposer des obligations concrètes de transparence et de correction des écarts.
En France, sa transposition est particulièrement attendue dans la fonction publique territoriale. Malgré un cadre statutaire historiquement protecteur, les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes demeurent une réalité, souvent liée aux régimes indemnitaires, aux parcours professionnels différenciés ou à la structuration même des filières. La première réunion de travail consacrée à cette transposition, programmée le 15 janvier 2026, ouvre un cycle de débats structurant pour les employeurs publics et, en première ligne, pour les responsables des ressources humaines.
1. Une directive qui dépasse le principe pour imposer des obligations effectives
Ladirective européenne 2023/970repose sur trois axes structurants indissociables : une transparence accrue des rémunérations, un droit renforcé d’accès à l’information pour les agents et la mise en place de mécanismes correcteurs obligatoires en cas d’écarts injustifiés. Elle ne se contente pas de réaffirmer un droit déjà reconnu par le droit européen et le droit national. Elle s’attaque aux mécanismes structurels qui produisent et entretiennent les inégalités de rémunération, en considérant que l’opacité salariale constitue l’un des principaux freins à l’égalité réelle.
Le texte introduit ainsi une logique de transparence renforcée à toutes les étapes de la relation professionnelle. Les employeurs sont tenus de fournir des informations claires et accessibles sur les niveaux de rémunération, tant lors du recrutement que tout au long de la carrière. Cette exigence implique une capacité accrue à expliciter les règles de fixation des rémunérations et à justifier les différences de traitement, notamment lorsqu’elles reposent sur des éléments indemnitaires ou sur des choix de gestion des carrières.
La directive renforce parallèlement les droits des agents en matière d’accès à l’information. Elle prévoit la possibilité, pour les travailleurs, d’obtenir des données sur les niveaux de rémunération moyens, ventilés par sexe, pour des emplois identiques ou de valeur égale. Cette évolution marque un changement profond de culture pour les employeurs publics, traditionnellement peu exposés à des obligations de transparence individuelle en matière salariale.
2. Des enjeux spécifiques et sensibles pour la fonction publique territoriale
Dans de nombreuses collectivités, ces écarts se matérialisent par exemple lorsqu’un poste occupé majoritairement par des femmes, relevant d’une filière administrative ou sociale, bénéficie d’un régime indemnitaire sensiblement inférieur à celui d’un poste technique ou opérationnel de niveau de responsabilité comparable. À compétences, contraintes et charge de travail équivalentes, ces différences historiques de valorisation deviennent particulièrement sensibles au regard de la notion de « valeur égale » introduite par la directive.
Dans la fonction publique territoriale, le principe d’égalité de rémunération est inscrit de longue date dans le statut général des fonctionnaires. Pour autant, la réalité des pratiques met en lumière des écarts persistants, souvent moins visibles que dans le secteur privé mais tout aussi structurants. Les régimes indemnitaires, la progression de carrière, l’accès aux postes à responsabilité ou encore la concentration des femmes dans certaines filières moins valorisées contribuent à ces différences.
La notion de « travail de valeur égale » constitue un enjeu central de la transposition. Les collectivités territoriales devront être en mesure de démontrer que des fonctions différentes, mais comparables en termes de compétences, de responsabilités, de contraintes et de conditions d’exercice, bénéficient d’un traitement équivalent. Cela suppose de disposer de référentiels métiers solides, partagés et régulièrement actualisés, ainsi que d’outils d’analyse fine des emplois et des fonctions.
La directive introduit également une logique de correction obligatoire. Lorsque des écarts de rémunération injustifiés sont constatés, les employeurs devront mettre en œuvre des mesures correctrices dans des délais encadrés. Pour les responsables RH territoriaux, cette exigence implique d’anticiper les impacts budgétaires, de sécuriser juridiquement les décisions prises et de conduire un dialogue social approfondi et structuré avec les représentants du personnel.
3. La réunion du 15 janvier 2026 : le lancement d’une phase préparatoire décisive pour les employeurs territoriaux
La réunion programmée le 15 janvier 2026 marque le lancement opérationnel des travaux de transposition de la directive. Elle intervient dans un contexte de fortes attentes des partenaires sociaux et de vigilance accrue des institutions européennes quant au respect des délais et de l’esprit du texte. Pour les employeurs territoriaux, ce rendez-vous constitue un signal clair : la phase de préparation entre désormais dans une séquence active et concrète.
Les débats porteront notamment sur l’articulation entre les exigences européennes et les spécificités du modèle statutaire français. La question de l’adaptation des obligations de transparence aux contraintes de la fonction publique, tout en garantissant un haut niveau de protection des agents, sera centrale. Les orientations retenues conditionneront directement les futures obligations opérationnelles des collectivités et leurs marges de manœuvre en matière de gestion des rémunérations.
Cette première réunion devra également permettre de préciser le calendrier de mise en œuvre et les modalités d’accompagnement des employeurs publics. La réussite de la transposition dépendra en grande partie de la capacité à outiller les collectivités, en particulier les plus petites, afin qu’elles puissent répondre à des exigences nouvelles sans fragiliser leur équilibre organisationnel, budgétaire et social.
Conclusion
La transposition de ladirective européenne 2023/970ouvre une nouvelle étape dans la lutte contre les inégalités de rémunération entre les femmes et les hommes. Pour la fonction publique territoriale, elle représente à la fois un défi exigeant et une opportunité structurante. Un défi, car elle impose une transparence accrue, une objectivation rigoureuse des emplois et une capacité renforcée à corriger les écarts constatés. Une opportunité, car elle peut devenir un levier de modernisation des politiques de ressources humaines et de renforcement de la confiance des agents dans l’équité des règles applicables.
La réunion du 15 janvier 2026 s’annonce ainsi comme un moment clé. À partir de cette date, les responsables RH territoriaux devront engager une réflexion stratégique et opérationnelle approfondie. La conduite de diagnostics internes sur les écarts de rémunération, la préparation d’un dialogue social structuré et anticipé, ainsi que la montée en compétence des équipes RH sur les outils d’analyse et de transparence salariale constitueront des étapes déterminantes. Anticiper, diagnostiquer et dialoguer seront les maîtres mots pour transformer cette obligation européenne en un véritable progrès social au sein des collectivités territoriales.
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Vieillissement démographique, tensions de recrutement, attractivité, intelligence artificielle, exigences accrues des usagers… La DGAFP fixe un cap clair avec son projet stratégique “DGAFP 2030 – partenaire des services publics” : penser et piloter la politique RH publique dans la durée, avec méthode et ambition
👉 L’essentiel à retenir La DGAFP affirme un double rôle renforcé : pilote des politiques RH de l’ensemble de la fonction publique et DRH de l’État, au service de 5,8 millions d’agents publics. L’objectif est clair : garantir la cohérence du cadre statutaire tout en accompagnant les transformations indispensables des services publics.
🔎 5 axes structurants pour les années à venir
Le projet s’articule autour de cinq priorités fortes. D’abord, inscrire la politique RH dans le temps long, grâce à des projections démographiques et de compétences à l’horizon 2035-2050. Ensuite, consolider la DRH de l’État par une gouvernance RH plus stratégique, un pilotage par la donnée et une planification des emplois et des compétences.
Troisième pilier : rendre le droit de la fonction publique plus simple, plus lisible et plus accessible, en associant davantage les employeurs et les praticiens RH à la production normative.
Quatrième axe : promouvoir une fonction publique exemplaire, plus attractive, plus inclusive et mieux connue des citoyens, avec une attention particulière portée aux conditions de travail, au management et à l’égalité professionnelle.
Enfin, la politique RH devient un levier central des transformations, notamment via la formation, l’accompagnement managérial et un déploiement raisonné de l’intelligence artificielle.
🎯 Un message clé pour les responsables RH Ce projet n’est pas un texte d’intention. C’est une véritable feuille de route opérationnelle, avec des échéances précises dès 2026, qui aura des impacts très concrets sur les pratiques RH, le dialogue social, la gestion des compétences et la sécurisation juridique des employeurs publics.
Le projet DGAFP 2030 est à la fois lucide et ambitieux. Il reconnaît enfin que la politique RH n’est pas un simple outil de gestion, mais un levier stratégique de résilience et de performance publique. Le défi sera désormais de traduire cette vision nationale en pratiques concrètes et sécurisées pour chaque employeur public, en particulier dans les territoires.
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En 2025, le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale a été au cœur des grands équilibres RH de la FPT.
📊 Quelques repères marquants : – 8 séances plénières et 66 réunions de formations spécialisées – 61 textes réglementaires examinés – 56 amendements déposés – Des travaux structurants sur le RSU, la santé, la prévoyance, les concours, les statuts et Mayotte
Ce bilan confirme une réalité bien connue des responsables RH territoriaux : ➡️ les normes évoluent vite, ➡️ les attentes sociales sont fortes, ➡️ la sécurisation juridique devient stratégique.
Le CSFPT joue pleinement son rôle de vigie, d’espace de dialogue et de construction collective, mais la traduction opérationnelle de ses travaux suppose une lecture experte et actualisée des textes applicables.
🎯 Pour les employeurs publics, 2026 s’annonce déjà comme une année de mise en cohérence, d’anticipation et de pilotage RH fin.
💬 Aviswww.naudrh.com Ce bilan 2025 est particulièrement révélateur d’un dialogue social territorial qui reste vivant et exigeant, mais sous tension. Il montre surtout que, pour les responsables RH, l’enjeu n’est plus seulement de connaître les textes, mais de les interpréter, les articuler et les sécuriser dans la durée. Plus que jamais, l’expertise RH devient un facteur clé de gouvernance publique.
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Cette infographie vous présente le calendrier social de la fonction publique pour la première moitié de l'année 2026, marquant une reprise intensive du dialogue avec les syndicats après une période d'instabilité.
Les discussions s'ouvriront sur un projet de loi de sécurisation juridique et se poursuivront par une conférence d'envergure sur le travail et les retraites. Plusieurs chantiers prioritaires sont identifiés, notamment l'égalité professionnelle entre les sexes, la mise en œuvre de la transparence salariale européenne et la préparation des élections professionnelles de fin d'année.
Le Gouvernement prévoit également de traiter des enjeux de santé au travail, de la protection sociale complémentaire et de l'intégration de l'intelligence artificielle. Cet agenda exhaustif vise à stabiliser le cadre réglementaire et social des agents publics malgré un contexte budgétaire et politique particulièrement complexe.
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Un nouveau projet de loi pour la fonction publique se prépare, et il pourrait bien changer la donne pour de nombreux agents. Loin d'être un simple texte technique, il vise avant tout à « sécuriser plusieurs dispositions du droit de la fonction publique » et à limiter les risques de contentieux pour l'administration. Cette initiative, en grande partie une réponse à des décisions de justice, contient des évolutions surprenantes qui touchent directement aux droits des agents de l'État. Décryptage des trois mesures les plus marquantes qui illustrent cette consolidation juridique.
1. Plus juste et plus simple : la voie vers le CDI enfin sécurisée pour les contractuels
Jusqu'à présent, le parcours d'un agent contractuel vers un Contrat à Durée Indéterminée (CDI) était semé d'embûches. La règle impose de cumuler six ans de service pour y prétendre, mais le calcul excluait certains types de contrats à durée déterminée (CDD), notamment ceux signés pour assurer une vacance temporaire de poste. Cette situation, jugée contraire au principe d'égalité par le Conseil constitutionnel, créait une précarité injuste.
Le nouveau projet de loi vient corriger cette anomalie. Il prévoit désormais d'inclure toutes ces périodes de travail dans le calcul des six années requises. Attention toutefois, une condition de taille demeure : cette période de six ans doit avoir été effectuée en totalité au sein du « même département ministériel, de la même autorité publique ou du même établissement public ». Cette mesure représente néanmoins une avancée majeure pour la sécurité de l'emploi et met fin à une injustice juridique qui pénalisait particulièrement les agents qui assuraient la continuité du service public en acceptant des contrats précaires de remplacement.
2. Une petite révolution : le « droit de se taire » fait son entrée dans la fonction publique
C'est sans doute l'une des mesures les plus inattendues du projet : l'instauration d'un « droit de se taire » pour les fonctionnaires faisant l'objet d'une procédure disciplinaire. Concrètement, l'administration aura désormais l'obligation d'informer l'agent qu'il a le droit de garder le silence tout au long de la procédure.
Le gouvernement souhaite également instaurer dans la loi un "droit de se taire" pour les fonctionnaires dans le cadre de procédure disciplinaire dont ils feraient l'objet.
Ce changement n'est pas une initiative spontanée, mais une mise en conformité. Comme pour la réforme des CDI, le gouvernement agit « afin de conformer la législation aux demandes des juges constitutionnels ». Il s'agit donc moins d'une révolution volontaire que d'un alignement juridique nécessaire. Cela reste néanmoins une avancée considérable qui importe dans le droit de la fonction publique des principes fondamentaux du droit pénal, renforçant significativement les droits de la défense des agents publics.
3. Au-delà de la loi : un engagement renforcé pour l'inclusion des personnes en situation de handicap
Le projet de loi ne s'arrête pas aux questions de statut et de discipline. Il porte également une ambition sociale forte en pérennisant un dispositif clé pour l'inclusion. Jusqu'à présent, une expérimentation permettait la titularisation (le passage au statut de fonctionnaire) des apprentis en situation de handicap. Cette expérimentation étant arrivée à son terme, le gouvernement a décidé de la transformer en une mesure permanente.
L'objectif affiché est de « renforcer l'inclusion » au sein de la fonction publique. En inscrivant ce dispositif dans la loi, l'État montre une volonté claire d'agir concrètement pour devenir un employeur plus inclusif et exemplaire, offrant des perspectives de carrière durables à tous ses talents.
Une modernisation discrète mais profonde
Sécurisation de l'accès au CDI, instauration d'un droit au silence, pérennisation de l'inclusion des apprentis handicapés : ces trois mesures révèlent une volonté de moderniser la fonction publique en la rendant plus juste et son cadre légal plus robuste.
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Pourquoi une veille juridique et statutaire RH FPT 24/7 devient-elle indispensable ?
Janvier n’est jamais un mois neutre pour les responsables des ressources humaines territoriales. Il marque un redémarrage stratégique, celui où s’ouvrent de nouveaux cycles budgétaires, managériaux et statutaires. Dès les premiers jours de l’année, les décisions prises engagent durablement la collectivité, juridiquement comme humainement.
Or, la fin de l’année 2025 et le tout début de 2026 ont été particulièrement denses sur le plan normatif. Décrets, lois financières, circulaires d’application, jurisprudences structurantes : une nouvelle année statutaire s’est ouverte, parfois sans mode d’emploi clair. Pour les DRH territoriaux, l’enjeu est immédiat : comprendre, hiérarchiser, interpréter et sécuriser les pratiques professionnelles RH, avant même que les premières situations individuelles ne surviennent.
Les premières semaines de l’année concentrent des décisions à forts impacts : application de nouvelles règles statutaires, relecture des pratiques internes, préparation des dialogues sociaux, réponses aux agents sur des dispositifs encore flous, anticipation des contrôles et du contentieux. Sans une information fiable, à jour et contextualisée, le risque est réel de construire des pratiques fragiles, voire juridiquement contestables.
La difficulté ne tient pas seulement à l’accès à l’information, mais à sa compréhension opérationnelle. Les textes publiés au Journal officiel en fin d’année arrivent souvent sans pédagogie immédiate. Ils nécessitent un décryptage RH, adapté aux réalités de la fonction publique territoriale, loin des analyses génériques ou théoriques.
Une veille pensée pour les DRH territoriaux, pas pour les juristes hors-sol
La veille RH FPT 24/7 n’est pas une simple compilation de textes. Elle repose sur une logique de sécurisation des pratiques professionnelles RH. Chaque information est sélectionnée, analysée et replacée dans son contexte statutaire, avec une attention constante portée aux conséquences concrètes pour les services RH des collectivités.
L’objectif est clair : permettre aux DRH, DGA, responsables carrières-paie ou dialogue social de prendre des décisions éclairées, homogènes et juridiquement robustes, dès le mois de janvier et tout au long de l’année. Cette approche évite les interprétations divergentes, les bricolages locaux et les ajustements tardifs souvent coûteux en temps et en crédibilité.
Harmoniser, sécuriser, gagner du temps
S’abonner à la veille RH FPT 24/7, c’est faire le choix de l’anticipation plutôt que de la réaction. C’est disposer, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, d’une lecture experte des évolutions statutaires, sans avoir à multiplier les sources, ni à passer des heures à décrypter des textes parfois complexes.
C’est aussi un levier managérial fort. En janvier, lorsque les équipes RH sont sollicitées de toutes parts, pouvoir s’appuyer sur une veille structurée permet de rassurer les encadrants, d’apporter des réponses cohérentes aux agents et de crédibiliser la fonction RH auprès de la direction générale et des élus.
Janvier 2026 : le bon moment pour s’abonner
Commencer l’année avec une veille à jour, c’est partir sur de bonnes bases. C’est éviter de devoir corriger, en cours d’année, des pratiques construites sur des règles déjà obsolètes. C’est enfin s’inscrire dans une logique professionnelle exigeante, où la sécurité juridique devient un pilier de la qualité du service public.
Laveille RH FPT 24/7 proposée par naudrh.coms’adresse à celles et ceux qui considèrent que la fonction RH territoriale mérite mieux que l’improvisation et l’urgence permanente.
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Un report de calendrier qui brouille la lisibilité du droit
Pensé comme un outil de soutien à la parentalité et d’amélioration de l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, le congé supplémentaire de naissance, créé par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, devait initialement entrer en vigueur au 1er janvier 2026. L’annonce officielle d’un report de sa date d’application au 1er juillet 2026, pour des raisons présentées comme techniques par le Gouvernement, a profondément modifié la perception de ce nouveau droit.
Ce décalage place dans une situation d’incertitude de nombreux couples dont l’enfant doit naître au début de l’année 2026, voire durant le premier semestre. Ces futurs parents savent qu’un nouveau dispositif existe et qu’il a été conçu pour améliorer l’articulation entre vie familiale et vie professionnelle, mais ils découvrent qu’ils n’y auront pas accès au moment même où ils en auraient eu besoin. Cette situation alimente une frustration réelle, des inquiétudes légitimes et des interrogations nombreuses, qui s’expriment déjà très concrètement auprès des services de ressources humaines des collectivités territoriales.
Une réforme annoncée puis différée : les raisons d’un malaise
L’entrée en vigueur initialement annoncée au 1er janvier 2026 avait été largement relayée et intégrée dans les projets familiaux de nombreux agents publics. Les futurs parents avaient anticipé l’enchaînement des congés existants et la place que ce nouveau congé de naissance viendrait occuper après le congé de maternité, de paternité ou d’adoption.
Le report au 1er juillet 2026 est dès lors vécu comme une rupture de confiance. D’un point de vue strictement juridique, le droit n’était pourtant pas encore ouvert. Dans l’esprit des agents, la réforme était acquise et faisait désormais partie de l’équilibre personnel et professionnel envisagé. Le changement de calendrier remet en cause ces anticipations et crée un sentiment d’instabilité normative.
À cela s’ajoute un sentiment d’injustice temporelle. Deux enfants nés à quelques semaines d’intervalle en 2026 ne bénéficieront pas des mêmes conditions d’accès au congé de naissance. Une naissance intervenue en février ou en mars 2026 ne permettra pas de bénéficier du congé au moment de l’arrivée de l’enfant, alors qu’une naissance à compter de juillet 2026 ouvrira immédiatement le droit. Cette différence de traitement, juridiquement fondée sur la date d’entrée en vigueur du texte, est néanmoins ressentie comme socialement injuste par de nombreuses familles.
Des conséquences très concrètes pour les familles concernées
Pour les parents dont l’enfant naît au premier semestre 2026, l’absence de congé de naissance immédiatement mobilisable impose des arbitrages rapides. Les services de ressources humaines se retrouvent en situation d’accompagnement renforcé afin d’aider les agents à identifier des solutions compatibles avec le cadre statutaire et les nécessités de service.
Beaucoup chercheront à prolonger le congé de maternité ou de paternité par la prise de congés annuels, lorsque leur situation le permet. D’autres n’auront d’autre choix que de recourir au congé parental, avec les conséquences financières bien connues que cela implique. Dans certains services, des aménagements du temps de travail ou des périodes de télétravail pourront être envisagés, mais ces solutions resteront conditionnées aux marges de manœuvre locales.
Enfin, nombre de couples devront organiser plus tôt que prévu une solution de garde pour leur enfant. Ces décisions ne sont jamais neutres, ni sur le plan financier ni sur le plan professionnel, et elles pèsent encore majoritairement sur les femmes, ravivant les enjeux d’égalité professionnelle au sein de la fonction publique territoriale.
Ce que change réellement le report au 1er juillet 2026
Il convient de rappeler que le congé de naissance n’est ni supprimé ni remis en cause dans son principe. Il est simplement décalé dans le temps. Le dispositif demeure un congé supplémentaire, distinct du congé parental, ouvert aux deux parents et applicable aussi bien dans la fonction publique que dans le secteur privé. Les modalités d’indemnisation prévues par les textes restent inchangées.
La difficulté principale réside dans les modalités d’entrée en vigueur du dispositif. Le législateur n’a pas retenu le principe d’une rétroactivité du droit. Le congé de naissance ne pourra être pris qu’à compter du 1er juillet 2026, date officielle d’entrée en vigueur du dispositif.
Pour les enfants nés ou adoptés entre le 1er janvier et le 31 mai 2026, un mécanisme transitoire a néanmoins été annoncé par le Gouvernement. Il prévoit un délai exceptionnel, prolongé jusqu’à la fin de l’année 2026, pour prendre le congé de naissance, alors que le délai de droit commun est plus court.
Ce dispositif transitoire ne permet toutefois pas de corriger les difficultés rencontrées au premier semestre 2026. Les parents concernés ne pourront pas bénéficier du congé de naissance au moment de la naissance de leur enfant et devront, dans l’intervalle, recourir à d’autres solutions. L’ouverture différée du droit n’efface donc ni les contraintes financières ni les impacts professionnels subis dans les premiers mois suivant la naissance.
Quand les parents pourront-ils effectivement bénéficier du congé de naissance ?
À compter du 1er juillet 2026, la situation sera juridiquement stabilisée. Pour tout enfant né à partir de cette date, le droit au congé de naissance sera immédiatement ouvert, dans les conditions prévues par les textes.
Pour les enfants nés entre le 1er janvier et le 31 mai 2026, le droit pourra être exercé à compter de l’entrée en vigueur du dispositif, avec un délai exceptionnel permettant la prise du congé jusqu’au 31 décembre 2026. Cette possibilité, si elle évite une exclusion totale du dispositif, ne répond toutefois pas aux besoins immédiats des familles au moment de la naissance.
Le droit reste juridiquement attaché à la date d’entrée en vigueur du dispositif et non à la seule naissance de l’enfant. Les parents ne peuvent donc pas bénéficier du congé avant juillet 2026, même si la naissance est intervenue plusieurs mois auparavant.
Une situation encore peu lisible pour les parents d’enfants nés début 2026
L’analyse demeure sans ambiguïté. La succession d’annonces politiques, la communication progressive des pouvoirs publics et la modification tardive du calendrier ont créé une véritable zone grise. De nombreux parents espèrent encore des ajustements ou une mesure de rattrapage plus favorable, alors qu’aucun texte ne prévoit, à ce stade, une ouverture anticipée ou rétroactive du droit.
Dans ce contexte, les services de ressources humaines des collectivités territoriales se retrouvent en première ligne. Ils doivent expliquer une règle juridiquement stricte tout en faisant face à l’incompréhension et à la déception, parfaitement légitimes, des agents concernés.
Une communication utile pour les employeurs, insuffisante pour les familles
Du point de vue des employeurs publics territoriaux, la communication progressive annoncée par le Gouvernement présente une utilité réelle. Elle permet d’anticiper les impacts en matière de gestion des absences, d’adapter les outils de paie et de gestion administrative, d’informer les encadrants et de sécuriser juridiquement la mise en œuvre du dispositif à compter de l’été 2026.
Cette communication ne règle toutefois pas la difficulté principale, à savoir l’absence de réponse immédiate pour les parents dont l’enfant naît avant juillet 2026. Elle sécurise l’organisation des employeurs publics, mais elle ne répond pas pleinement à la frustration et au sentiment d’injustice ressentis par les familles concernées.
Regard conclusif d’un expert statutaire senior
Le report du congé de naissance au 1er juillet 2026 illustre une tension récurrente entre la nécessité de sécuriser techniquement un dispositif et l’attente sociale forte des agents publics. Cette tension préfigure sans doute les débats à venir autour des futures réformes de la parentalité dans la fonction publique.
Pour les responsables des ressources humaines de la fonction publique territoriale, l’enjeu est désormais de concilier une application rigoureuse du droit avec un accompagnement humain exigeant. Il s’agit d’expliquer clairement les règles applicables, sans créer de faux espoirs, tout en orientant les agents vers les solutions existantes et en sécurisant leurs parcours professionnels.
Ce report ne remet pas en cause l’intérêt du congé de naissance. Il en fragilise toutefois l’acceptabilité sociale au moment même de son lancement. À ce titre, il constitue un point de vigilance majeur pour l’été 2026 et pour les années suivantes.
Que pensez-vous du report de la date d'application du dispositif du congé de naissance ?
Une fois le vote validé, il n'est plus modifiable.
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Le décret n°2025-1430 modifie les règles des élections professionnelles et la composition des instances (CST, CAP). Sélectionnez un thème pour voir les impacts concrets.
Note : Ces dispositions s'appliquent pour le prochain renouvellement général en décembre 2026, sauf la composition (immédiat).
Abonnez-vous à notre veille statutaire et juridique analytique RH FPT (cliquez sur l'image). Cet article a pour objectif de porter à votre connaissance une analyse synthétique et opérationnelle...
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Cet article a pour objectif de porter à votre connaissance une analyse synthétique et opérationnelle du décret n° 2025-1430 du 30 décembre 2025. Ce nouveau texte réglementaire poursuit une finalité claire, énoncée dans son objet officiel : « simplifier et d’harmoniser certaines règles relatives à l’organisation des élections professionnelles et à la composition des instances de dialogue social dans la fonction publique ». S’adressant directement aux responsables des ressources humaines ainsi qu’aux représentants des organisations syndicales des trois versants de la fonction publique, le décret modifie de manière substantielle plusieurs aspects clés du cadre démocratique interne. Pour tous les acteurs impliqués, maîtriser ces nouvelles dispositions n'est pas un simple exercice de conformité ; c'est un impératif stratégique pour sécuriser leurs droits et garantir la légitimité du dialogue social pour le prochain cycle électoral. Cette analyse abordera successivement le calendrier d'application, les modifications des procédures électorales, les nouvelles règles de composition des instances, et enfin une synthèse des impacts pratiques.
1. Contexte général et calendrier d'application
La maîtrise du calendrier de mise en œuvre du décret est une étape stratégique pour garantir la conformité des futures opérations et la sécurité juridique des instances. Le texte prévoit une entrée en vigueur différenciée pour ses deux chapitres principaux, ce qui impose une attention particulière dans la planification des actions à mener par les administrations et les organisations syndicales.
Le calendrier d'application se décline comme suit :
• Dispositions relatives aux élections professionnelles (Chapitre Ier) : l'ensemble des mesures électorales, détaillées dans les articles 1 à 35, ne sont pas d'application immédiate. Elles s'appliqueront « en vue du prochain renouvellement général des instances de dialogue social » (Article 47). Cela implique un audit immédiat des protocoles électoraux existants, la mise à jour des logiciels de planification et le développement de nouveaux supports de formation destinés tant aux agents administratifs en charge des élections qu'aux représentants syndicaux.
• Dispositions relatives à la composition des instances (Chapitre II) : les ajustements concernant la composition et le fonctionnement des instances, précisés dans les articles 36 à 44, entrent en vigueur « le lendemain du jour de sa publication ». Leur application est donc immédiate et concerne toutes les situations qui pourraient survenir, comme une réorganisation ministérielle ou une vacance de siège au sein d'une instance.
La suite de cet article détaille la nature de ces changements, en commençant par l'analyse des nouvelles procédures électorales.
2. Harmonisation des procédures électorales (impact du chapitre Ier)
Le Chapitre Ier du décret constitue le cœur de la réforme en matière électorale. Prises dans leur ensemble, ces réformes représentent un effort concerté pour réduire les contentieux juridiques et sécuriser le processus électoral. En standardisant les délais, en renforçant la présence syndicale et en augmentant la transparence, le décret vise à rendre les résultats moins contestables. Ces changements, qui unifient les règles entre Comités Sociaux, CAP et CCP, affectent directement le déroulement des scrutins, depuis la phase préparatoire jusqu'à la proclamation des résultats.
2.1. Standardisation et allongement des délais clés
L'une des évolutions les plus structurantes du décret est l'harmonisation de plusieurs délais procéduraux autour d'une nouvelle norme de huit jours. Cet allongement vise à donner plus de temps aux parties prenantes pour examiner les listes et formuler d'éventuelles contestations, renforçant ainsi la robustesse du processus.
2.2. Renforcement des droits des organisations syndicales
Le décret introduit une prérogative nouvelle pour les organisations syndicales, leur permettant de mieux sécuriser leur représentation et leur surveillance des opérations de vote. Il est désormais possible de désigner des suppléants pour des fonctions clés, évitant ainsi toute rupture de présence en cas d'empêchement du titulaire.
• Délégué suppléant : chaque organisation syndicale peut maintenant désigner un délégué suppléant pour le contrôle des opérations électorales (Art. 9, 22, 33).
• Assesseur suppléant : de même, la désignation d'un assesseur suppléant au sein du bureau de vote est désormais autorisée pour chaque organisation candidate (Art. 11, 23).
2.3. Amélioration de la transparence du dépouillement et des résultats
Afin de garantir une transparence accrue et une lecture plus fine des résultats électoraux, le décret mandate désormais deux nouvelles inclusions dans les procès-verbaux. Cette obligation est appliquée de manière systématique à toutes les instances par le biais des modifications apportées aux articles 13, 14, 15, 24, 25, 26, 30 et 34.
Les deux nouvelles mentions obligatoires sont :
• Le nombre de votes blancs.
• La répartition des sièges entre les listes ou candidatures.
2.4. Autres modifications procédurales notables
D'autres ajustements viennent compléter la réforme électorale :
• Décision sur la recevabilité des candidatures : l'administration a désormais l'obligation de notifier sa décision sur la recevabilité des candidatures « au plus tard le jour suivant la date limite de dépôt des candidatures » (Art. 5), offrant une meilleure visibilité aux organisations syndicales.
• Inéligibilité aux comités sociaux territoriaux : les agents titulaires d’un emploi fonctionnel de direction deviennent inéligibles au sein des comités sociaux territoriaux de leur collectivité ou établissement d'affectation (Art. 3).
• Simplification des textes : le décret supprime les mentions "postérieur et", "postérieure à cette clôture et" ou "postérieure à celle-ci et" dans plusieurs articles (Art. 2, 17, 18, 28, 31), levant ainsi toute ambiguïté sur le point de départ d'un délai, qui commence désormais sans équivoque le jour suivant l'événement déclencheur.
Ces évolutions des procédures électorales seront complétées par les nouvelles règles de composition des instances, qui sont, elles, d'application immédiate.
3. Nouvelles règles relatives à la composition des instances (impact du Chapitre II)
Le Chapitre II du décret introduit une série d'ajustements pragmatiques visant à garantir la continuité et la légitimité du dialogue social. Ces mesures, d'application immédiate, apportent des solutions concrètes en cas de réorganisation administrative ou de carence de candidatures pour siéger dans les instances.
3.1. Gestion des évolutions de périmètre ministériel
L'article 36 du décret clarifie la procédure à suivre en cas de modification du périmètre d'un ou plusieurs ministères, une situation qui pouvait jusqu'alors créer une incertitude juridique.
• Règle par défaut : en cas de changement de périmètre, le principe est de procéder à de nouvelles élections pour les comités sociaux d'administration concernés, afin de garantir une représentativité alignée sur la nouvelle structure.
• Exception : le décret introduit une souplesse importante. Un arrêté ministériel peut décider de maintenir les comités existants jusqu'au prochain renouvellement général. Cette dérogation est conditionnée au fait que « l'intérêt du service le justifie » et que l'évolution du périmètre ne modifie pas « de manière significative la représentativité » des instances. Cette exception offre une flexibilité opérationnelle cruciale pour l'administration, mais exige également une vigilance accrue de la part des syndicats, qui doivent être prêts à contester toute décision de maintien qui leur semblerait nuire de manière significative à la représentativité.
3.2. Instauration du tirage au sort comme mécanisme de désignation
Pour répondre aux difficultés rencontrées dans certaines instances peinant à trouver des candidats ou des volontaires, le décret instaure une procédure harmonisée de tirage au sort. Ce mécanisme de dernier recours permet d'assurer la complétude des instances et la continuité de leur fonctionnement.
Le tirage au sort est désormais prévu dans les cas suivants :
• Désignation de représentants de l'administration au sein de certains Comités Sociaux, en l'absence de volontaires (Art. 38).
• Désignation de représentants du personnel en cas de vacance de siège au sein de certains Comités Sociaux, si les mécanismes de remplacement habituels sont épuisés (Art. 39, 40).
• Désignation de représentants du personnel au sein des Commissions Administratives Paritaires (CAP) en cas de carence de candidats sur les listes électorales (Art. 42, 43, 44).
Cette introduction systématique d'un mécanisme de dernier recours constitue une évolution pragmatique significative, conçue pour prévenir la paralysie des organes de dialogue social due à un manque de candidats – un problème récurrent dans certains secteurs.
Ces ajustements apportent des réponses opérationnelles à des situations complexes. La section finale traduit l'ensemble de ces évolutions réglementaires en implications concrètes pour les acteurs du dialogue social.
4. Synthèse des impacts et points de vigilance
Cette dernière section de l'article a pour but de traduire les dispositions techniques du décret en une feuille de route opérationnelle pour les directions des ressources humaines et les organisations syndicales. Anticiper ces changements est la clé pour garantir une application correcte des nouvelles règles et préparer sereinement les prochaines échéances.
4.1. Pour les directions des ressources humaines
• Auditer et refondre immédiatement les calendriers électoraux pour y intégrer les nouveaux délais de 8 jours, en identifiant les points de friction potentiels avec les processus internes existants.
• Sécuriser juridiquement les procès-verbaux en révisant les modèles pour y inclure obligatoirement les mentions relatives aux votes blancs et à la répartition des sièges, sous peine d'irrégularité.
• Opérationnaliser les procédures de tirage au sort en les intégrant dans les guides de gestion des instances pour disposer d'un cadre d'action clair et incontestable en cas de carence.
• Piloter stratégiquement les réorganisations administratives en évaluant de manière proactive leur impact sur la représentativité des comités sociaux afin d'arbitrer entre le maintien des instances et l'organisation de nouvelles élections.
4.2. Pour les organisations syndicales
• Systématiser la désignation de délégués et assesseurs suppléants afin de garantir une présence et une surveillance continues des opérations électorales, renforçant ainsi la régularité du scrutin.
• Exploiter stratégiquement l'allongement des délais pour professionnaliser la vérification des listes électorales et des candidatures, et pour mieux étayer la construction de potentiels recours juridiques.
• Contrôler rigoureusement la complétude des procès-verbaux de résultats, en s'assurant que les mentions obligatoires sur les votes blancs et la répartition des sièges y figurent, car elles constituent des éléments d'analyse essentiels du scrutin.
Conclusion
En définitive, le décret n° 2025-1430 du 30 décembre 2025 poursuit un double objectif de rationalisation et de clarification des règles du jeu démocratique au sein de la fonction publique. En harmonisant les délais, en renforçant la transparence et en apportant des solutions pragmatiques aux situations de blocage, il vise à consolider la légitimité des instances de dialogue social. Il appartient désormais à l'ensemble des acteurs, administrations comme organisations syndicales, de s'approprier pleinement ces nouvelles dispositions pour garantir la pleine réussite du prochain cycle électoral et la vitalité du dialogue social.
NAUDRH.COM LE DÉCRYPTAGE RH Décret n° 2025-1430 du 30 décembre 2025 Quelles sont les nouveautés pour vos instances ? Le décret n°2025-1430 modifie les règles des élections professionnelles...
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Les chiffres sont là. Avec une note moyenne de 85/100, l’Index Égalité professionnelle 2025 pourrait laisser penser que l’égalité femmes-hommes est désormais solidement installée dans la FPT.
👉 La lecture fine des données raconte une autre histoire.
🔎 15 % des employeurs territoriaux affichent un score inférieur à 75, et près d’un sur deux reste sous la barre des 85 points. Derrière la moyenne se cachent des écarts marqués entre structures, territoires et pratiques RH.
Les difficultés persistent surtout sur les écarts de rémunération et les logiques de promotion, révélant que l’égalité professionnelle ne se décrète pas : elle se pilote, se négocie et s’incarne dans les décisions RH du quotidien.
📌 Plus que jamais, l’Index doit être considéré comme un outil d’aide à la décision, et non comme une formalité réglementaire. Il éclaire les angles morts des politiques RH et interroge la cohérence entre discours, règles et pratiques.
👉 En 2025, l’enjeu n’est plus de publier un score, mais de transformer les résultats en leviers d’action concrets.
💬 Aviswww.naudrh.com Ces résultats confirment une tendance que les DRH territoriaux connaissent bien : l’égalité professionnelle progresse sur le plan normatif, mais butte encore sur les mécanismes de carrière et de reconnaissance. Tant que l’Index ne sera pas pleinement intégré au pilotage RH stratégique et au dialogue social, il restera un thermomètre… sans véritable traitement de la cause.
RÉSULTATS 2025 DES INDEX ÉGALITÉ PROFESSIONNELLE DES STRUCTURES DU VERSANT TERRITORIAL DE LA FONCTION PUBLIQUE
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La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026) constitue une étape structurante dans un contexte marqué par de fortes contraintes budgétaires, le vieillissement démographique et la poursuite continue des réformes des retraites. Elle s’inscrit dans une trajectoire pluriannuelle de transformation des politiques publiques en matière de parentalité et de retraite, y compris pour la fonction publique territoriale (FPT). Plusieurs articles – en particulier les articles 99, 102, 104 et 105 – modifient de manière significative les droits des agents et les pratiques de gestion des ressources humaines.
Le présent article propose une lecture explicative, cohérente et opérationnelle de ces évolutions à destination des responsables RH territoriaux, en mettant l’accent sur leurs conséquences concrètes pour les employeurs publics, notamment ceux affiliés à la CNRACL.
1. Congé supplémentaire de naissance : un nouveau droit après les congés existants
Article 99 – Création d’un congé de naissance post-maternité, paternité ou adoption
L’article 99 de la LFSS 2026 institue un congé supplémentaire de naissance, ouvert après l’épuisement des congés de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou d’adoption. Ce nouveau droit s’inscrit dans une logique de renforcement de la présence parentale durant les premiers mois suivant l’arrivée de l’enfant.
Le législateur encadre ce congé autour de principes destinés à en préciser la portée et à en sécuriser l’articulation avec les dispositifs existants. Le congé supplémentaire de naissance est distinct du congé parental d’éducation et ne s’y substitue pas. Il est ouvert aux agents des trois versants de la fonction publique, dont la fonction publique territoriale, et peut être mobilisé par chacun des parents, sous réserve des conditions qui seront précisées par les textes d’application.
Les modalités relatives à la durée du congé, à son indemnisation et à ses conditions de prise devront être définies par décret. Cette attente impose d’ores et déjà une vigilance particulière des services RH.
Pour les collectivités territoriales, la création de ce congé implique une adaptation des procédures de gestion des absences, une anticipation accrue des besoins de remplacement, notamment dans les services à effectifs contraints, ainsi qu’une mise à jour des outils et supports RH destinés à l’information des agents. Ce dispositif constitue un levier d’attractivité et de fidélisation, mais suppose une organisation rigoureuse afin de garantir la continuité du service public. À ce stade, le Gouvernement a annoncé un report de la date d’application effective à juillet 2026, dans l’attente de la publication des textes nécessaires.
2. Réforme du cumul emploi-retraite : un cadre désormais plus contraint
Article 102 – Refonte complète du régime du cumul pension / activité
L’article 102 procède à une refonte en profondeur du régime du cumul emploi-retraite, mettant fin à un dispositif historiquement très permissif. L’objectif affiché est de réduire les effets d’aubaine et de renforcer la soutenabilité financière du système de retraite.
Par rapport au régime antérieur, qui permettait dans de nombreux cas un cumul largement libéralisé entre pension et revenus d’activité, la LFSS 2026 introduit un changement de logique significatif, fondé sur un encadrement renforcé et une responsabilisation accrue des assurés comme des employeurs. Le cumul intégral devient strictement encadré, des plafonds de revenus sont introduits ou renforcés et, en cas de dépassement, une réduction temporaire de la pension peut être appliquée. Le dispositif vise ainsi à encourager la poursuite ou la prolongation de l’activité avant la liquidation des droits, plutôt qu’un retour rapide à l’emploi après le départ à la retraite.
Pour les employeurs territoriaux, cette réforme implique une sécurisation juridique renforcée des recrutements de retraités, qu’il s’agisse de missions ponctuelles, de contrats courts ou de vacations. Elle impose également un contrôle accru des situations individuelles de cumul et une information claire et anticipée des agents sur les conséquences d’une reprise d’activité après liquidation de la pension. Si les marges de manœuvre RH s’en trouvent réduites, le cadre juridique gagne en lisibilité et en sécurité.
3. Carrières longues et bonification pour enfants : une harmonisation attendue
Article 104 – Bonification d’un trimestre par enfant et alignement sur le régime général
L’article 104 crée une bonification d’un trimestre d’assurance par enfant au bénéfice des femmes fonctionnaires recrutées après un accouchement. Cette mesure s’inscrit dans une logique de correction des inégalités de carrière liées à la maternité et participe plus largement à l’objectif de réduction des écarts de pension entre les femmes et les hommes.
La LFSS 2026 prévoit également une harmonisation des règles relatives aux carrières longues entre la fonction publique et le régime général. Cette convergence porte notamment sur les critères de durée d’assurance et sur les âges de départ anticipé. Elle s’applique explicitement aux agents territoriaux affiliés à la CNRACL.
Ces dispositions entreront en vigueur pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
Pour les services RH, ces évolutions impliquent un réexamen attentif de certaines situations individuelles, en particulier celles des agentes concernées, une fiabilisation accrue des reconstitutions de carrière et une vigilance renforcée sur les droits ouverts au titre des enfants dans les simulations de départ à la retraite.
4. Départs à la retraite : un nouveau calendrier d’âges légaux
Article 105 – Relèvement progressif des âges et des durées d’assurance
L’article 105 fixe un nouveau calendrier de relèvement progressif des âges légaux de départ à la retraite ainsi que des durées d’assurance requises pour un départ à taux plein. Cette évolution s’inscrit dans la continuité des réformes précédentes, tout en ajustant leur rythme et leurs paliers.
Pour les collectivités territoriales, ces évolutions appellent une adaptation des outils de gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs et des compétences, une réflexion approfondie sur le maintien dans l’emploi des seniors et un renforcement du dialogue social autour des fins de carrière et des conditions de travail.
Conclusion: les enseignements clés pour les responsables RH territoriaux
À court terme, la publication des décrets d’application et les premières mises en œuvre opérationnelles en 2026 et 2027 appelleront une vigilance particulière des services RH, tant sur la sécurisation juridique des décisions que sur l’accompagnement individuel des agents.
La LFSS 2026 introduit des réformes structurelles qui transforment durablement la gestion des ressources humaines dans la fonction publique territoriale. Elle renforce la politique de parentalité par la création d’un nouveau congé, encadre plus strictement le cumul emploi-retraite, corrige certaines inégalités de carrière liées à la maternité et poursuit l’évolution des âges et conditions de départ à la retraite.
Ces changements imposent aux services RH une montée en compétence juridique, une anticipation accrue et une communication pédagogique auprès des agents afin de sécuriser les pratiques et d’accompagner les parcours professionnels.
Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026
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