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17 avril 2025 4 17 /04 /avril /2025 09:10

 

 

 

Une déclaration qui relance le débat

Le 16 avril 2025, la ministre du Travail a affirmé que les salariés français s'arrêtaient plus longtemps que leurs homologues allemands, alors même que l'Allemagne ne pratique aucun jour de carence et que les employeurs y assurent l'intégralité du salaire pendant les premiers jours d'arrêt maladie. Cette affirmation a suscité de vives réactions dans les sphères syndicales, médiatiques et politiques, notamment au sein de la fonction publique, où les jours de carence sont déjà source de tensions. Mais qu'en est-il vraiment ?

 

La comparaison France-Allemagne : un mirage statistique ?

Des études récentes, notamment celles de l'OCDE (Rapport Santé 2023) et de la Commission européenne, confirment que la durée moyenne des arrêts maladie est plus longue en France : environ 15 jours contre 10 jours en Allemagne en 2023. Toutefois, ces chiffres ne doivent pas être analysés hors contexte. Les systèmes de santé, les modalités de déclaration, la pression professionnelle, la culture du travail et même la médecine du travail y diffèrent radicalement.

En Allemagne, bien que l'absence de carence puisse surprendre, elle s'accompagne d'un contrôle médical rigoureux, d'un fort engagement des employeurs dans la prévention, et d'une responsabilisation collective à travers des accords sociaux solides. En France, les jours de carence ont été introduits comme outil de responsabilisation individuelle et de maîtrise budgétaire, mais leur efficacité reste débattue parmi les experts du dialogue social. Par exemple, plusieurs rapports de la Cour des comptes et du Conseil économique, social et environnemental ont montré que les jours de carence n'ont qu'un impact limité sur la réduction des arrêts courts, et aucun sur les arrêts longs.

 

Une augmentation liée à la dégradation du travail

Les causes profondes de l'augmentation des arrêts maladie en France ne se trouvent pas dans les réglementations mais dans l'état du monde du travail. Selon le rapport 2024 du Ministère de la Santé publique, les arrêts de travail ont connu une hausse de 9,6 % en deux ans, une progression qui atteint 15 % dans la fonction publique territoriale et hospitalière.

Parmi les facteurs dominants, on observe une dégradation notable des conditions de travail : surcharge, tensions hiérarchiques, manque de reconnaissance, isolement, et sentiment de perte de sens. Ces facteurs psychosociaux sont aujourd'hui les principaux moteurs de l'absentéisme.

 

La nécessité d'une réponse politique ambitieuse

Face à ces constats, les comparaisons internationales deviennent peu pertinentes si elles ne s'accompagnent pas d'une lecture fine des réalités sociales. Il ne s'agit pas d'accuser les salariés français de profiter du système, mais de reconnaître que le travail, tel qu'il est organisé aujourd'hui dans de nombreux secteurs, peut nuire gravement à la santé.

La réponse ne peut être uniquement punitive ou budgétaire. Elle doit passer par un investissement dans la prévention, la qualité de vie au travail et le dialogue social. C'est ce qu'a rappelé la circulaire de la DGAFP du 25 mars 2025, appelant les employeurs publics à renforcer leurs actions en matière de bientraitance managériale, d'écoute et de reconnaissance. Cette circulaire souligne notamment la nécessité d'agir sur l'organisation du travail, la charge mentale et l'amélioration des pratiques managériales pour prévenir les risques psychosociaux.

 

Le vrai problème, un travail malade ?

Oui, les arrêts maladie sont plus longs en France. Mais cette donnée brute est le reflet d'une souffrance plus profonde, que ni les jours de carence ni les contrôles ne suffiront à résoudre. Une politique moderne, efficace et humaine devra viser non pas à sanctionner l'arrêt, mais à soigner le mal à sa source : le travail lui-même.

Avis www.naudrh.com : plutôt que d'utiliser les comparaisons internationales comme levier de rigueur budgétaire, il serait temps de les considérer comme un appel à refonder notre approche du travail. Le véritable enjeu n'est pas de réduire les arrêts, mais de rendre le travail vivable et durable pour tous. C'est à cette condition que nous sortirons d'une spirale où le travail abîme plus qu'il n'émancipe.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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16 avril 2025 3 16 /04 /avril /2025 21:47

 

La fonction publique française, c’est 5,7 millions d’agents engagés au service de l’intérêt général !

Découvrez les chiffres marquants de 2022 :


-1 emploi sur 5 relève du secteur public
-63 % de femmes parmi les agents
-3 versants : État, Territoriale, Hospitalière
-22 % de contractuels, une part en hausse de 5 points en 10 ans
-Répartition hiérarchique équilibrée : 39 % catégorie A, 22 % B, 39 % C
-Salaire net moyen : 2 527 € (avec des écarts selon les versants)



👉 Ces données illustrent la diversité, la féminisation et l’évolution des statuts dans la fonction publique.

 

 

 

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16 avril 2025 3 16 /04 /avril /2025 14:28

 

 

 

 

Dans un contexte de vieillissement accéléré des effectifs de la fonction publique territoriale, les départs en retraite massifs représentent un défi stratégique pour les collectivités locales. Cette situation entraîne une perte de compétences clés, souvent tacites et non formalisées, qui fragilise la continuité du service public. Elle freine également la montée en compétence des nouvelles générations d'agents.


Il devient dès lors impératif de mettre en œuvre un plan opérationnel de maintien des compétences et de transfert des savoir-faire. Les directions des ressources humaines ont ici un rôle central à jouer pour assurer la pérennité de l'action publique.

 

 

I. Pourquoi agir ? Les enjeux du maintien et du transfert des compétences

 

Un contexte démographique pressant


-Près de 50 % des agents atteindront l'âge de la retraite d'ici 2030, selon une estimation du CNFPT d'ici 2030 dans certaines collectivités.
- Risque de perte de savoir-faire empiriques difficilement remplaçables par la formation seule.

 

Des impacts sur l'organisation et la qualité du service


-Rupture dans les chaînes de compétence et ralentissement de l'efficacité des services.
-Risques de désorganisation et de dégradation de la qualité du service rendu.

 

Un enjeu de responsabilité pour l'employeur public


-Assurer la continuité du service public est une obligation.
-Le maintien des compétences s'inscrit dans une démarche de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC).

 


II. Les étapes clés d'un plan opérationnel efficace

 

Identifier les compétences critiques


-Réaliser une cartographie des compétences métiers.
-Repérer les postes stratégiques et les savoir-faire rares.
-Conduire des entretiens de recueil d'expérience avec les agents en fin de carrière.

 

Formaliser et capitaliser les savoir-faire


-Produire des fiches de capitalisation et des mémoires de pratique.
-Créer des guides métiers ou des procédures internes illustrées.
-Encourager la transmission orale complétée par des supports accessibles, tels que des fiches pratiques numériques, des guides papier, ou encore des bases de données internes consultables par les agents.

 

Mettre en place un tutorat structurant


-Identifier et former des tuteurs internes.
-Organiser des temps de transmission (binômats, tutorat inversé).
-Intégrer ces missions de transmission dans la feuille de route des fins de carrière.

 

Mobiliser les outils RH existants


-Inscrire le transfert de compétence dans le plan de formation.
-Valoriser les tuteurs dans les entretiens professionnels.
-Activer les dispositifs du CPF pour accompagner les deux parties (le transmetteur et le récepteur).

 

Mesurer, ajuster, valoriser
-Suivre la mise en œuvre avec des indicateurs (nombre de binômages, taux de satisfaction, documentation produite).
-Capitaliser sur les retours d'expérience pour améliorer le dispositif.
-Valoriser les acteurs de la transmission, notamment par une reconnaissance institutionnelle.

 


III. Une thématique encore trop peu structurée dans les collectivités ?


Malgré l'existence d'expérimentations prometteuses dans certaines grandes collectivités, le transfert des compétences reste souvent perçu comme un sujet accessoire. Plusieurs freins persistent : culture orale forte, temps manquant, absence de pilotage RH. Pourtant, des exemples inspirants existent, à l'image du Conseil départemental de l'Isère qui a mis en place un dispositif structuré de tutorat intergénérationnel dans les métiers techniques, avec des résultats probants en matière d'intégration des nouveaux agents et de valorisation des savoir-faire des anciens. Pourtant, cette démarche peut renforcer l'attractivité de la fonction publique territoriale, améliorer la qualité de vie au travail et favoriser la solidarité intergénérationnelle.

 

La transmission des savoir-faire ne peut plus être laissée au hasard. Dans un contexte de renouvellement massif des effectifs, structurer un plan de maintien des compétences est une démarche stratégique pour garantir la continuité du service public et la performance des organisations territoriales. Chaque DRH est appelé à faire de ce sujet un axe fort de sa politique RH, en mobilisant les dispositifs existants comme les financements de formation du CNFPT, ou en expérimentant des outils innovants tels que des plateformes internes de partage d'expérience et des réseaux de tuteurs.


Avis www.naudrh.com : le maintien des compétences est encore trop souvent abordé de façon réactive. Il est temps de changer de paradigme et d'en faire un levier central des politiques RH. Car investir dans la transmission, c'est investir dans l'avenir du service public local.

 

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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14 avril 2025 1 14 /04 /avril /2025 16:25

 

 

 

 

Une révolution silencieuse au cœur des services publics

L'intelligence artificielle générative (IAG) s'impose comme une révolution discrète mais profonde dans la sphère publique. Pour les directeurs des ressources humaines (DRH) des collectivités territoriales, elle ouvre un champ de possibles aussi prometteur que complexe. Il ne s'agit plus seulement d'anticiper, mais de comprendre, structurer, et accompagner une transformation durable des pratiques de gestion des ressources humaines (GRH).

Dans ce contexte, les DRH sont appelés à jouer un rôle central de pilotage, entre innovation, pragmatisme et valeurs de service public. Cet article propose un tour d'horizon des outils disponibles, une méthodologie de déploiement adaptée au contexte territorial, et une analyse critique des enjeux de terrain.

Panorama des outils d'IA générative appliqués à la GRH

L'intérêt des outils d'IAG pour les DRH réside dans leur capacité à réduire la charge administrative, améliorer la qualité des documents produits et faciliter l'accès à l'information. Les plus matures s'appuient sur des modèles de langage (LLM), capables de générer des textes, résumer des documents, automatiser des courriels, rédiger des comptes rendus ou encore analyser des compétences à partir de CV. Parmi les solutions utilisables par les DRH :

- ChatGPT, Claude, Mistral : assistants conversationnels pour répondre aux questions RH, rédiger des documents ou former les agents.

- Jasper, Writer, Notion AI : outils de rédaction assistée pour les notes de service, comptes rendus, offres d'emploi.

- Textio, HireVue : outils d'analyse des biais dans les annonces de recrutement ou entretiens vidéo automatisés.

 

Des solutions plus spécialisées permettent l'automatisation de processus internes :

- Synthèse de réunions et classement documentaire automatisé.

- Génération de fiches de poste à partir de modèles.

- Outils de correspondance compétences/postes ("matching").

 

Une méthodologie de déploiement adaptée aux collectivités territoriales

Le déploiement de l'IAG dans une direction RH ne se résume pas à une acquisition technologique. Il repose sur un triptyque indispensable : acculturation, gouvernance et expérimentation.

- Acculturation : sensibiliser les agents et les managers aux potentialités de l'IA via des ateliers, des démonstrations, ou des formations ciblées. L'accès à ces outils doit être perçu comme un levier de développement professionnel.

- Gouvernance : définir un cadre éthique clair, adossé aux valeurs du service public. Le rôle des DPO, des comités éthiques et des DSI est central pour encadrer les usages et garantir la conformité au RGPD.

-Expérimentation : identifier des cas d'usages concrets, à faible risque mais à fort impact (rédaction automatique, pré-analyse de candidatures, FAQ RH interne) pour démontrer la valeur ajoutée.

 

Une feuille de route efficace s'articule en trois phases : diagnostic, pilote, puis généralisation progressive accompagnée d'évaluations régulières.

Confronter les promesses de l'IAG aux réalités du terrain

Malgré l'engouement pour ces technologies, plusieurs résistances et limites apparaissent sur le terrain :

- Complexité des réglementations RH : l'IAG ne peut remplacer la maîtrise des statuts, carrières et régimes indemnitaires très encadrés dans la fonction publique territoriale.

- Hétérogénéité des compétences numériques : le déploiement nécessite un accompagnement individualisé pour garantir l'inclusion de tous les agents.

- Souveraineté numérique : les collectivités doivent veiller au stockage local des données, à l'hébergement souverain, et à la sécurité des informations sensibles.

- Crainte de déshumanisation : la posture managériale doit évoluer afin d'intégrer ces outils sans compromettre le lien humain, essentiel à l'action publique.

 

Ces limites, loin d'être des freins insurmontables, doivent être vues comme des balises pour construire une IA publique éthique et utile.

Pour une appropriation progressive et partagée de l'innovation

L'IAG ne remplace pas le travail RH : elle en augmente la portée et l'efficacité. Dans les collectivités les plus avancées, elle libère du temps administratif au profit de la fonction conseil, de l'écoute active, et de l'accompagnement des parcours professionnels.

Le partage d'expériences entre DRH devient alors un axe structurant : groupes de travail inter-collectivités, retours d'expériences et benchmarks permettent de co-construire une intelligence collective publique. Certaines collectivités pilotes, comme la métropole de Lyon ou le département de la Gironde, ont ainsi engagé des démarches concertées d'acculturation et de test d'outils IA dans les services RH.

 

Entre culture de l'innovation et déontologie publique

L'intelligence artificielle générative représente une opportunité majeure pour les directions RH des collectivités, à condition de s'inscrire dans une stratégie volontaire, réfléchie et partagée. Plus qu'un effet de mode, elle interroge le sens du travail RH à l'ère numérique. Le DRH devient un chef d'orchestre de l'innovation publique, garant de l'humain dans la modernisation des services.

Pour demain, il conviendra aussi de penser les compétences nouvelles que ces outils exigent : maîtrise des données, posture critique, gestion des risques technologiques. Une veille active et une formation continue seront les clefs d'une transformation durable.

Avis www.naudrh.com : cet enjeu n'est pas seulement technologique, il est fondamentalement culturel. L'IAG peut réenchanter le métier RH en allégeant la charge mentale et en redonnant du temps pour l'humain. Mais elle exige de sortir d'une logique d'« outil miracle » pour entrer dans une dynamique d'apprentissage collectif. C'est à cette condition qu'elle pourra constituer une véritable révolution utile dans la fonction publique territoriale.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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14 avril 2025 1 14 /04 /avril /2025 03:10

 

 

 

 

Contexte : un  sénateur s’inquiète de la baisse de la prise en charge des contrats d'apprentissage sans prise en compte de la qualité des formations, ce qui pourrait nuire aux étudiants défavorisés et aux établissements vertueux comme les EESPIG.

 

Proposition : intégrer des critères de qualité pour conditionner les aides à l’apprentissage, afin de soutenir les formations à forte valeur ajoutée.

 

Réponse ministérielle :

-Affirmation d’un changement culturel : l’apprentissage est désormais ouvert à tous les niveaux (de l’infrabac au master).

-Réduction progressive des aides (6 000 à 5 000 € pour les PME) dans un cadre de rationalisation.

-Nécessité d’adapter les offres aux besoins de l’économie et aux métiers d’avenir, avec implication des branches professionnelles.

-Volonté d'améliorer l’information des jeunes via Parcoursup et InserJeunes.

-Mise en place d’un meilleur contrôle qualité des formations, en lien avec l’Éducation nationale et l’Enseignement supérieur.

 

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11 avril 2025 5 11 /04 /avril /2025 06:59

 

 

 

Les élections professionnelles de 2026 dans la fonction publique territoriale s'annoncent sous de nouvelles modalités, avec un décret révisé visant à sécuriser les scrutins et à intégrer le vote électronique (VE) de manière plus systématique, tout en tenant compte des spécificités du versant territorial.

 

📌 Points clés à retenir :

 

1.Vote électronique : maintien de sa faculté, mais avec des exigences accrues pour garantir la sécurité et l’intégrité du processus.

 

2.Accompagnement des agents : la prise en compte des besoins spécifiques, notamment pour les personnes en situation de handicap, reste une priorité.

 

3.Calendrier ajusté : les élections municipales de mars 2026 influenceront l’organisation des élections professionnelles, avec un calendrier plus flexible.

 

4.Outils pratiques : mise à disposition de CCTP-type et d’une FAQ pour faciliter la préparation des employeurs.

 

💡 Préparez-vous dès maintenant : des groupes de travail se réuniront dès 2025 pour garantir une bonne organisation et des échanges fluides entre les acteurs du secteur. Des bonnes pratiques et des retours d’expérience enrichiront ce processus.

Powerpoint élections professionnelles 2026

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7 avril 2025 1 07 /04 /avril /2025 20:30

 

 

 

 

L'absentéisme dans la Fonction publique, notamment territoriale, suscite de nombreuses critiques et génère une méfiance souvent infondée à l'égard des agents publics. Il est souvent présenté comme le symptôme d’un prétendu laxisme, alimentant un discours réducteur et dévalorisant. Pourtant, une lecture rigoureuse des chiffres et une analyse qualitative des causes démontrent une réalité bien plus complexe. Cet article propose de déconstruire les principales idées reçues, en s'appuyant sur des données factuelles et une compréhension approfondie des enjeux de gestion et de dialogue social.

1. Idée reçue n°1 : "Les agents publics sont plus souvent absents que les salariés du privé" Les taux d'absentéisme peuvent effectivement paraître plus élevés dans certaines branches de la Fonction publique, notamment hospitalière ou territoriale. Cette différence s'explique essentiellement par la nature des métiers exercés, très souvent pénibles physiquement ou psychologiquement : soins, accompagnement de publics fragiles, propreté urbaine, interventions d'urgence, etc. Ces professions sont naturellement plus exposées aux risques professionnels et aux troubles musculosquelettiques ou psychosociaux. Comparer de façon brute les taux d'absentéisme entre secteurs sans considérer la spécificité des postes constitue donc une erreur d'analyse.

2. Idée reçue n°2 : "Les agents abusent des arrêts maladie" L'idée selon laquelle les agents publics abusent de leur statut pour se mettre en arrêt maladie repose sur un préjugé et non sur des faits. Les arrêts sont prescrits par des médecins selon des critères médicaux précis. Par ailleurs, des dispositifs de contrôle existent dans la Fonction publique, tout comme dans le secteur privé. Les cas de fraudes avérées sont marginaux et ne sauraient être généralisés. En outre, les études menées, notamment par l’INSEE ou la DGAFP, sur les effets du jour de carence montrent que sa présence ou son absence n'influence pas significativement le nombre total d'arrêts, contredisant les discours alarmistes.

3. Idée reçue n°3 : "Il est difficile de gérer l'absentéisme dans la Fonction publique" Les employeurs publics ne sont pas démunis face à l'absentéisme. De nombreux outils existent pour en analyser les causes et y apporter des réponses ciblées : par exemple, certains employeurs mettent en place des entretiens de retour au travail personnalisés et des diagnostics organisationnels approfondis. D'autres s'appuient sur des plans de prévention des risques psychosociaux, des enquêtes de climat social ou les comités sociaux territoriaux. Au lieu de stigmatiser les absences, il s'agit d'en comprendre les ressorts, d'évaluer l'impact des conditions de travail, du management ou de la charge mentale, et de mettre en œuvre des politiques RH préventives et participatives. De nombreuses collectivités locales démontrent qu'une gestion proactive et bienveillante permet de réduire significativement le taux d'absentéisme.

4. Un climat de "fonctionnaire bashing" nuisible au dialogue social Les idées reçues sur l'absentéisme s'insèrent dans un climat plus large de défiance et de stigmatisation envers les agents publics. Le "fonctionnaire bashing", relayé par certains discours politiques ou médiatiques, altère le lien entre les usagers et leurs services publics. Il a aussi des conséquences internes : perte de sens, démotivation, dégradation du climat social. Par exemple, dans certaines collectivités, cette stigmatisation a conduit à une hausse des départs anticipés ou à un désengagement croissant dans les équipes. Le dialogue social s'en trouve affaibli, alors même qu'il constitue un levier essentiel pour la co-construction de politiques RH efficaces.

5. Changer de regard : reconnaître et soutenir l'engagement des agents publics Lutter contre l'absentéisme passe avant tout par une reconnaissance sincère du rôle des agents publics, souvent en première ligne face aux difficultés sociales, sanitaires ou environnementales. Il s'agit de promouvoir une culture de la prévention, de l'écoute et de l'amélioration continue des conditions de travail. Le dialogue social, s'il est réellement investi, devient un vecteur de transformation positive. Il permet d'agir sur les causes profondes de l'absentéisme, tout en renforçant le sentiment d'appartenance et la qualité de vie au travail.

L'absentéisme dans la Fonction publique ne saurait être analysé à travers des lunettes simplistes ou accusatoires. Il est le résultat de facteurs multiples, liés aux conditions d'exercice, aux environnements professionnels et aux dynamiques managériales. Déconstruire les idées reçues est une condition essentielle pour dépasser les postures, restaurer la confiance, et réhabiliter une image juste et nuancée du service public. C'est aussi un acte de responsabilité pour tous ceux qui souhaitent bâtir une Fonction publique plus efficace, plus humaine, et pleinement engagée au service de l'intérêt général. Il s’agit là d’un engagement collectif pour redonner sens, efficacité et dignité à l’action publique.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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6 avril 2025 7 06 /04 /avril /2025 20:10

 

 

 

 

Les syndicats jouent un rôle central dans la fonction publique, où ils sont les représentants privilégiés des agents publics dans les négociations salariales. Leur influence est déterminante pour la définition des conditions de travail et de rémunération des fonctionnaires. En France, ces organisations sont des acteurs clés dans la défense des intérêts des salariés de l'État, des collectivités territoriales et des établissements publics. Leur poids dans la négociation des salaires est d'autant plus important que ces discussions façonnent directement la vie professionnelle des agents et, de manière plus large, le bon fonctionnement des services publics.

Le rôle primordial des syndicats dans les négociations salariales

Les syndicats de la fonction publique sont les interlocuteurs incontournables des employeurs publics, qu'il s'agisse de l'État, des collectivités territoriales ou des établissements publics. Leur mission est double : d'une part, défendre les droits des fonctionnaires face aux pouvoirs publics, et d'autre part, participer activement aux négociations portant sur leurs salaires et conditions de travail.

Les négociations salariales dans la fonction publique se déroulent généralement dans le cadre de cycles de discussions annuelles ou pluriannuelles. Ces négociations peuvent aborder divers sujets, tels que la revalorisation des salaires, les primes, les avantages en nature, ou encore les dispositifs de rémunération spécifiques. Les syndicats sont particulièrement vigilants sur l'évolution des grilles salariales et cherchent à obtenir une revalorisation qui permette de compenser l'inflation et d'assurer des salaires dignes pour les fonctionnaires.

Par ailleurs, les syndicats sont également les porteurs des revendications des agents publics sur des questions de fond. Il ne s'agit pas uniquement d'augmentations salariales, mais aussi de la mise en place de systèmes plus équitables et plus transparents pour rémunérer les agents publics. Ces discussions prennent en compte les spécificités des différents corps de métiers et les conditions de travail parfois difficiles des agents.

Les syndicats : division ou stratégie commune ?

Le 3 avril 2025, plusieurs syndicats de la fonction publique ont organisé un mouvement de grève national pour protester contre le manque de réelles avancées sur les questions salariales et revendiquer des améliorations substantielles. Toutefois, ce mouvement n’a pas rencontré l’unanimité parmi toutes les organisations syndicales. En effet, plusieurs syndicats ont choisi de ne pas participer ou de se concentrer sur des actions plus modérées, privilégiant le dialogue direct avec le gouvernement. Cette division au sein du mouvement syndical soulève la question des divergences de stratégie entre les syndicats.

Certains syndicats, particulièrement les plus représentatifs, ont choisi de privilégier la pression par la grève afin de faire entendre leurs revendications, tandis que d’autres, plus centrés sur la négociation, préfèrent des actions plus ciblées pour aboutir à des compromis avec l’exécutif. Cette situation reflète la complexité du dialogue social dans la fonction publique, où les tensions entre l’efficacité de l’action revendicative et la nécessité de préserver la stabilité du service public créent des débats internes.

Les revendications des syndicats pour 2025 : un programme ambitieux

Les revendications des syndicats de la fonction publique pour l’année 2025 sont ambitieuses et visent à répondre aux préoccupations des fonctionnaires face à un environnement économique difficile. Parmi les principales revendications, on trouve :

1. L’augmentation du Smic à 1600 euros nets : cette demande, portée par plusieurs syndicats, vise à garantir un revenu décent pour les agents publics au salaire le plus bas. Elle est particulièrement importante dans un contexte où l’inflation a fortement impacté le pouvoir d’achat des fonctionnaires, notamment ceux occupant des postes essentiels mais insuffisamment rémunérés.

2. La revalorisation des salaires en fonction des coûts de la vie : de nombreuses organisations syndicales réclament une réévaluation régulière des salaires, indexée sur l’évolution du coût de la vie, afin d'éviter que les fonctionnaires ne subissent une perte de pouvoir d’achat. Cette demande est d’autant plus légitime dans un contexte d’inflation galopante et de hausse continue des prix dans des secteurs essentiels tels que l’alimentation, le logement ou l’énergie.

3. L’évaluation des performances et la reconnaissance des efforts : une autre revendication phare est celle d’une meilleure reconnaissance des performances des agents publics. Cela inclut une évaluation plus transparente et juste des efforts fournis, ainsi qu'une valorisation de l’engagement des agents, notamment ceux exerçant des fonctions de terrain, en première ligne des services publics. Cette demande se traduit souvent par des revendications en matière de primes, de bonifications ou d’autres formes de reconnaissance financière.

 

L'impact des réformes sur les revendications salariales

Les réformes récentes et à venir, notamment la réforme des retraites et celles relatives à la gestion des carrières des fonctionnaires, ont un impact direct sur les revendications salariales. De nombreuses réformes modifient la structure des carrières et de la rémunération des fonctionnaires, ce qui augmente le sentiment d'injustice ou de déséquilibre parmi les agents publics. Les syndicats, en réponse, revendiquent des compensations salariales pour pallier ces réformes et maintenir un équilibre dans les revenus des agents publics.

En outre, certaines réformes, telles que la réduction des effectifs dans la fonction publique ou la privatisation de certains services, augmentent la pression sur les fonctionnaires restant en poste, ce qui renforce l’exigence de revalorisation salariale pour récompenser la surcharge de travail et le stress accru.

La demande de transparence dans les négociations salariales

L’une des attentes les plus fortes des fonctionnaires aujourd’hui est une transparence accrue dans les négociations salariales. De nombreux agents publics estiment que les discussions sur leurs rémunérations manquent de clarté et que les critères décisionnels restent souvent opaques. Les fonctionnaires souhaitent connaître les bases des négociations, les critères de revalorisation et les résultats des discussions en temps réel. Cette demande de transparence est d'autant plus importante dans un contexte où les réformes de la fonction publique semblent multiples et complexes.

Les syndicats, en tant qu’interlocuteurs privilégiés des autorités publiques, ont un rôle à jouer dans cette dynamique de transparence. Une meilleure communication et une plus grande clarté dans le processus décisionnel renforceront la confiance des fonctionnaires et des citoyens dans les décisions prises par l'État. Une transparence totale permettrait de limiter les suspicions et de donner plus de légitimité aux résultats des négociations.

Comparaison internationale et perspectives

À l’échelle internationale, de nombreux pays européens ont mis en place des systèmes de réévaluation régulière des salaires dans la fonction publique, souvent liés à des indices économiques ou à des critères de performance mesurables. Par exemple, au Royaume-Uni et en Allemagne, des mécanismes d’indexation des salaires sur l’inflation sont régulièrement appliqués pour éviter une érosion du pouvoir d'achat des fonctionnaires. Ces pratiques pourraient inspirer des réformes de la fonction publique en France, en particulier en ce qui concerne l'indexation des salaires sur l’évolution du coût de la vie.

 

Un dialogue social à renforcer

Les syndicats jouent un rôle fondamental dans la négociation des salaires dans la fonction publique, en défendant les intérêts des agents publics et en veillant à la reconnaissance de leurs droits. Les revendications actuelles, centrées sur l’augmentation du Smic, la revalorisation salariale en fonction du coût de la vie et la reconnaissance des efforts, témoignent des préoccupations croissantes des fonctionnaires face à des salaires stagnants et une inflation élevée.

Cependant, pour que le dialogue social soit réellement constructif et efficace, il est indispensable de renforcer la transparence des négociations salariales. Une meilleure communication entre syndicats, fonctionnaires et autorités publiques permettrait de répondre aux attentes des agents tout en préservant la stabilité du service public.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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5 avril 2025 6 05 /04 /avril /2025 16:17

 

 

 

 

 

Face à l'essor fulgurant de l'intelligence artificielle générative (IAG), les collectivités territoriales ne peuvent rester spectatrices. Outils de traitement automatique du langage, générateurs d'images, assistants conversationnels, analyse prédictive…Ces technologies s'immiscent progressivement dans les pratiques professionnelles, parfois sans cadre clair. Par exemple, certains services ont déjà expérimenté l'usage d'outils IA pour produire des comptes rendus ou générer des visuels de communication. Dès lors, faut-il établir une charte d'utilisation de l'IA à destination des agents territoriaux ? La tendance actuelle plaide clairement en faveur d’un "oui", à la fois pour des raisons opérationnelles et de prudence.


1. Sécuriser les données : un impératif de conformité

L'un des premiers enjeux de l'utilisation de l'IA concerne la gestion des données. Les outils d'IA générative reposent souvent sur des modèles entraînés avec de grandes quantités de données, parfois traitées sur des serveurs situés hors de l'Union européenne. Dans le cadre d'une collectivité, l'utilisation d'informations sensibles (données RH, projets internes, dossiers administratifs) avec ces outils présente un risque important en matière de confidentialité et de conformité au RGPD.

Une charte permet de fixer un cadre strict :

-Ne jamais introduire de données personnelles ou confidentielles dans des outils non sécurisés ;

-Privilégier les solutions hébergées en Europe ou sur serveurs internes ;

Sensibiliser les agents aux risques de fuite ou de mauvaise manipulation des contenus.

 

 

2. Encadrer les usages pour prévenir les dérives

Sans encadrement, les usages de l'IA peuvent déborder les finalités attendues. Un agent peut être tenté d'utiliser un assistant conversationnel pour répondre à des administrés ou rédiger un document officiel sans vérification humaine. Ce type de pratique pose la question de la responsabilité : qui est responsable du contenu produit ? L'humain reste-t-il dans la boucle ? Les risques concrets incluent la diffusion d'informations erronées, biaisées ou inappropriées.

La charte vient rappeler les rôles et les limites :

- L'IA est un outil d'assistance, non de substitution ;

-Toute production doit être validée par un agent ;

-Les usages doivent être conformes aux missions de service public et à la déontologie professionnelle.

 


3. Respecter les droits d'auteur et la propriété intellectuelle

Un autre enjeu majeur concerne les droits d'auteur. Les IA génératives peuvent produire du contenu textuel, graphique ou audiovisuel en quelques secondes. Mais qui détient les droits ? Peut-on réutiliser librement un texte ou une image produits par une IA ? En l'absence de cadre juridique clair à l'échelle européenne, la prudence s'impose.

Une charte permet de rappeler les principes fondamentaux :

-Les contenus IA doivent être considérés comme des outils d'ébauche, non comme des produits finis ;

-La vérification du respect des droits tiers est indispensable ;

Toute publication externe de contenu IA (communication, rapport, site web) doit être validée juridiquement.

 


4. Acculturer les agents aux enjeux techniques et éthiques

Une charte d'utilisation ne prend tout son sens que si elle s'accompagne d'une véritable politique de formation. Les agents doivent comprendre le fonctionnement des IA, leurs limites, leurs biais potentiels, mais aussi leur utilité.

Il s'agit de favoriser un usage éclairé et responsable, et non d'imposer un carcan rigide. La charte peut ainsi constituer le socle d'une stratégie d'acculturation numérique et d'éthique de l'innovation dans les collectivités.


5. S'appuyer sur la charte comme outil de gouvernance partagée

L'élaboration d'une charte constitue un levier de dialogue entre les directions, les agents, les représentants syndicaux et les DPO. Elle permet d'identifier les cas d'usage pertinents, de partager les bonnes pratiques, et de co-construire une approche adaptée aux réalités de terrain.

La charte pourra également évoluer vers un règlement interne ou s'insérer dans une politique de cybersécurité plus large.


Ancrer l'IA dans une logique de service public responsable

Face aux opportunités, mais aussi aux risques de l'IA générative, les collectivités ont tout intérêt à se doter d'une charte d'utilisation. Celle-ci n'est pas un frein à l'innovation, mais un cadre de responsabilisation, de sécurisation et d'appropriation. Dans un contexte où les usages précèdent souvent les règles, il est préférable d'encadrer que d'interdire, d'accompagner que de subir.

À terme, une telle charte pourrait également inspirer d'autres niveaux de l'administration publique, voire contribuer à une régulation nationale des usages de l'IA.

 

Avis www.naudrh.com : une charte bien conçue est indispensable pour ancrer l'usage de l'IA générative dans une logique de service public responsable. Elle doit être rédigée de manière participative, adaptée aux missions de la collectivité, et évolutive dans le temps. En somme, elle incarne une posture proactive face à une technologie qui ne fera que gagner en influence dans les années à venir.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

Contact naudrhexpertise@gmail.com

 

👉 Pour aller plus loin sur ce thème: Comment rédiger une charte d’utilisation de l’IA générative en entreprise ?

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4 avril 2025 5 04 /04 /avril /2025 09:00

 

 

 

 

Le vieillissement de la population salariée constitue un enjeu majeur pour les employeurs publics locaux. Pour faire face à ce phénomène  qui n'est pas inéducable, il devient impératif pour eux d'adopter une stratégie RH à la fois proactive et opérationnelle. L'objectif est double : anticiper les effets du vieillissement pour préserver la continuité et la qualité du service public, tout en mettant en place des leviers permettant de rajeunir progressivement la pyramide des âges.

 

 

1. Réaliser un diagnostic RH approfondi

Avant toute action, un diagnostic RH rigoureux est nécessaire afin d'objectiver la situation :

-Cartographie des âges par filière, métier et direction ;

-Projection à moyen terme des départs à la retraite ;

-Identification des compétences sensibles et des postes critiques ;

-Analyse de l'usure professionnelle : absentéisme, restrictions d'aptitude, inaptitudes.

Ce diagnostic alimente les documents stratégiques (plan de prévention des emplois, GPEEC, rapport social unique) et permet un pilotage adapté des ressources humaines.

 

 

2. Aménager la fin de carrière pour les agents seniors

Le maintien en emploi des agents âgés nécessite des mesures concrètes et personnalisées :

-Aménagement des postes et des horaires de travail (flexibilité, télétravail, allégement de certaines missions) ;

-Mobilité interne vers des fonctions moins exposées ou plus valorisantes ;

-Dispositifs de tutorat et de transmission des savoirs (formation de tuteurs, binômes) ;

-Accès renforcé à la formation continue pour accompagner les évolutions professionnelles ;

-Entretiens de seconde partie de carrière pour anticiper les besoins et préparer la sortie progressive de l'activité.

 

3. Attirer une nouvelle génération d'agents publics

Rajeunir la population salariée passe par une politique d'attractivité volontariste, en levant plusieurs freins persistants : une image parfois vieillissante de la fonction publique, des processus de recrutement jugés trop longs et peu lisibles, un manque de visibilité des parcours professionnels possibles, ainsi qu'une faible présence sur les canaux de communication utilisés par les jeunes générations. :

-Partenariats renforcés avec les établissements d'enseignement et les centres de formation ;

-Promotion active de l'apprentissage, des stages et de l'alternance ;

-Dispositifs d'intégration ciblant les jeunes (emplois aidés, volontariat, concours spécifiques) ;

-Modernisation de la marque employeur territoriale par des campagnes de communication ciblées et attractives ;

-Simplification et réactivité dans les processus de recrutement pour ne pas perdre les profils dynamiques et compétents.

 

4. Organiser la gestion intergénérationnelle des compétences

Favoriser une culture du partage et de la transmission est essentiel pour garantir une continuité des compétences :

-Constitution de binômes intergénérationnels pour faciliter la transmission ;

-Formalisation et capitalisation des savoirs métiers (livrets de compétences, recueils de bonnes pratiques) ;

-Valorisation des expériences et encouragement à l'innovation managériale au service de l'efficacité collective.

 

5. Intégrer les enjeux d'âge dans les politiques de QVCT

Les politiques de qualité de vie et des conditions de travail doivent être sensibles aux différents stades de carrière :

-Prévention des risques psycho-sociaux et de la pénibilité ;

-Programmes de santé et de bien-être au travail (activité physique, hygiène de vie, équilibre pro/perso) ;

-Accès adapté à la formation tout au long de la vie professionnelle ;

-Développement d'une culture de l'écoute et de l'accompagnement managérial.

 

6. Mettre en place un pilotage dynamique et évaluatif

La stratégie RH doit reposer sur une gouvernance adaptative :

-Indicateurs de suivi réguliers (taux de renouvellement, pyramide des âges, mobilité, satisfaction) ;

-Tableaux de bord partagés avec les directions et les instances ;

-Revues stratégiques annuelles pour ajuster les actions au contexte et aux résultats obtenus.

 

 

 

Avis WWW. NAUDRH.COM  : le vieillissement de la population active n'est pas une fatalité, mais un révélateur de l'urgence d'une mue profonde des politiques RH. Les employeurs publics locaux, en particulier, ont tout à gagner à transformer ce défi en opportunité. C'est l'occasion pour eux d'engager une modernisation à la fois sociale et managériale, fondée sur la transmission, l'innovation et la reconnaissance des talents à chaque âge de la vie professionnelle. Dans cette dynamique, les ressources humaines doivent pleinement jouer leur rôle stratégique : elles sont le levier principal de transformation et d'adaptation des collectivités aux enjeux démographiques de demain. 

 

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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4 avril 2025 5 04 /04 /avril /2025 06:59

 

 

 

 

Transmis le 25 mars 2025 par Laurent Marcangeli, dix jours après la réunion multilatérale du 18 mars, le document-cadre de l'agenda social 2025 trace les grandes orientations du dialogue social dans la fonction publique pour l'année à venir. Bien que synthétique et peu précis quant aux moyens concrets et au calendrier, ce texte présente l’intérêt d’introduire deux thématiques inédites appelées à structurer durablement les échanges : les enjeux démographiques et la situation des personnels contractuels. Ces deux sujets revêtent une importance particulière dans le contexte actuel, marqué d’une part par le vieillissement accéléré des effectifs et les tensions sur le recrutement, et d’autre part par le recours croissant aux agents non titulaires. Ces axes apparaissent ainsi fondamentaux pour penser l’évolution de la fonction publique à l’horizon 2050.

 


Anticiper le vieillissement : une réponse attendue aux enjeux démographiques

 

Le document souligne la nécessité de mieux intégrer les dynamiques démographiques qui affectent l’ensemble des trois versants de la fonction publique (d’État, territoriale et hospitalière). Vieillissement des effectifs, vagues de départs à la retraite dans les années à venir, difficultés de recrutement dans certains métiers ou territoires : autant de signaux faibles devenus préoccupations majeures.

L'inscription de cette problématique à l'agenda social témoigne de la volonté du ministère d’adopter une approche prospective dans la gestion des ressources humaines publiques. Cela implique de repenser les politiques de formation, de mobilité, d’amélioration des conditions de travail et de valorisation des compétences, par exemple en renforçant les dispositifs de seconde partie de carrière pour les agents seniors, ou en généralisant les plans de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) adaptés aux besoins territoriaux. pour faire face au double défi de l’attractivité des métiers et du maintien en emploi des agents expérimentés.

 


Les personnels contractuels : vers une politique plus inclusive et équitable

 

La reconnaissance explicite des personnels contractuels au sein de l’agenda social 2025 reflète une évolution structurelle de l’emploi public : près d’un agent sur cinq est aujourd’hui contractuel. Cette réalité, souvent liée aux tensions sur les recrutements et aux besoins de flexibilité exprimés par les employeurs publics, soulève plusieurs enjeux majeurs :

-améliorer les conditions d’emploi et de travail de ces agents ;

-lutter contre la précarité, notamment les contrats courts et leur renouvellement abusif ;

-clarifier les perspectives de carrière, les droits à la formation, les passerelles de titularisation ;

-favoriser une convergence équitable avec le statut des agents titulaires, dans une logique de justice sociale.

Le dialogue social devra ainsi tracer la voie d’une politique de gestion des contractuels plus transparente, plus cohérente, mais sans altérer l’équilibre du statut général de la fonction publique. Le défi est de taille : il s’agit à la fois de sécuriser les parcours individuels — en offrant par exemple des perspectives de contractualisation durable, un meilleur accès à la formation continue, ou des passerelles vers la titularisation — et de renforcer la cohésion collective au sein des équipes.

 


Une ambition posée, une mise en œuvre encore incertaine

 

L’ajout de ces deux nouvelles thématiques constitue une avancée dans la prise en compte des réalités humaines et organisationnelles de la fonction publique. Il traduit une volonté d’adaptation face aux mutations structurelles à l’œuvre. Toutefois, la portée de cet agenda dépendra fortement de la capacité du gouvernement à traduire ces orientations en actes concrets, en lançant par exemple des expérimentations territoriales, en publiant un calendrier de négociations thématiques ou en engageant des enveloppes budgétaires ciblées dès la loi de finances 2026.

Un dialogue social sincère, structuré autour d’objectifs clairs, adossé à un calendrier crédible et soutenu par des ressources suffisantes, sera indispensable pour faire de ces ambitions une réalité.

 

Avis www.naudrh.com : l’introduction de ces deux thèmes dans l’agenda social est salutaire, car elle met en lumière des enjeux jusqu’ici traités de manière périphérique. C’est une opportunité de repenser l’avenir de la fonction publique dans une logique de soutenabilité et d’équité. Mais cette opportunité ne portera ses fruits que si elle s’inscrit dans un dialogue social exigeant, fondé sur des engagements concrets. Les intentions sont louables, mais il faudra juger sur pièces.

 

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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31 mars 2025 1 31 /03 /mars /2025 10:41

 

 

 

Nouveau document de l’agenda social 2025 transmis par Laurent Marcangeli
  • Date : Transmis le 25 mars 2025, 10 jours après la réunion multilatérale du 18 mars.

  • Format : Document synthétique, sans calendrier détaillé.

  • Objectif : Organiser des échanges de fond avec les syndicats tout au long de 2025, tout en projetant les évolutions de la fonction publique à l’horizon 2050.

  • Périmètre : Tous les agents publics, y compris contractuels, dans les trois versants.

🆕 Deux nouveaux thèmes intégrés
  1. Les enjeux démographiques de la fonction publique.

  2. Les personnels contractuels.

 

📝 Liste complète des 10 thématiques à l’ordre du jour
  • Rémunération et politique salariale

  • Enjeux démographiques (nouveau)

  • Qualité de vie et conditions de travail

  • Logement des agents

  • Protection sociale complémentaire (PSC)

  • Santé au travail (dont santé mentale)

  • Dialogue social

  • Égalité professionnelle

  • Handicap

  • Personnels contractuels (nouveau)

 

🟢 4 thématiques prioritaires à court terme (avril à mi-juillet)
  • Rémunération : pistes d’amélioration à identifier, mais dans un contexte budgétaire contraint.

  • PSC + Invalidité : relance du chantier sur l’invalidité, précision attendue sur le calendrier.

  • Égalité professionnelle : relance des négociations, actualisation de l’accord de 2018.

  • Santé mentale : diagnostic et pistes en réflexion.

 

📅 Méthode de travail
  • 2 groupes de travail par mois entre le 1er avril et mi-juillet 2025.

  • Soit 6 à 8 groupes de travail en tout pour cette période.

 

Avis www.naudrh.com: cette nouvelle version de l'agenda social 2025 reste très général, voire vague, notamment sur les moyens concrets alloués et le calendrier. La mention du "contexte budgétaire" concernant la rémunération laisse craindre un manque de marges réelles de négociation. Toutefois, la relance de sujets comme l’égalité professionnelle et la santé mentale est une bonne nouvelle, surtout dans un contexte de forte tension sur l’attractivité des métiers publics. Mais tout dépendra de la capacité du ministère à passer de la parole aux actes.

 

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29 mars 2025 6 29 /03 /mars /2025 16:14

 

 

La vidéo ci-dessous met en lumière les types d'informations partagées via nos services par abonnement (veille juridique 24/24 - 7J/7 par email, ligne de conseil expert).

 

 

 

 

Elle aborde brièvement plusieurs sujets clés en s'appuyant sur des exemples récents de jurisprudence et des guides pratiques:

✅ Heures supplémentaires : le paiement des heures supplémentaires nécessite la preuve d'une autorisation préalable de la hiérarchie.

✅ Responsabilité de l'employeur pour conditions de travail excessives : met en avant l'obligation légale fondamentale des employeurs publics en matière de sécurité et de prévention pour protéger la santé des agents et prévenir l'épuisement professionnel (burnout).

✅ Discrimination & harcèlement / Enquêtes internes : présente un guide pratique basé sur un rapport du Défenseur des Droits pour mener des enquêtes internes sur des cas de discrimination ou de harcèlement.

✅ Gérer un agent confronté à des problèmes d'hygiène : propose un guide pratique étape par étape pour les encadrants confrontés à des employés dont le manque d'hygiène indispose les collègues et perturbe l'environnement de travail.

✅ Révocation pour vol (carburant) : mentionne une décision confirmant la révocation d'un agent public pour des vols répétés de carburant.

✅ Entretien professionnel : l'entretien professionnel peut être conduit par le supérieur hiérarchique direct à la date de l'entretien, même s'il a été nommé récemment et n'était pas en poste pendant la période d'évaluation concernée.

La vidéo conclut en soulignant que les exemples évoqués représentent le type d'informations détaillées, pratiques et juridiquement fondées que
Naudrh.com fournit pour soutenir les professionnels RH dans leur travail quotidien.

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29 mars 2025 6 29 /03 /mars /2025 09:40

 

 

 

 

À compter du 1er avril 2025, une réforme majeure modifie en profondeur les règles d'indemnisation des demandeurs d'emploi seniors. Ce changement, qui découle directement de la réforme des retraites 2023, touche principalement les demandeurs âgés de 53 à 56 ans, en réduisant de manière significative la durée pendant laquelle ils pourront percevoir leurs allocations. En revanche, les seniors de 57 ans et plus bénéficieront d'une protection, conservant les règles actuelles. Ce tournant marque une nouvelle étape dans l’ajustement des aides aux seniors en chômage, dont la réinsertion sur le marché du travail se révèle souvent complexe.

 

Objectifs de la réforme : durcir les conditions d'indemnisation des seniors

La réforme des retraites 2023, qui relève l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans, modifie également les conditions d’indemnisation des demandeurs d'emploi âgés de 53 ans et plus. Ce public devient ainsi un enjeu majeur de la politique de l'emploi, avec un objectif clair : inciter ces seniors à revenir plus rapidement sur le marché du travail tout en réduisant les dépenses publiques liées à l’indemnisation du chômage.

Les 53-54 ans et les 55-56 ans sont les groupes les plus affectés par cette réforme. À partir du 1er avril 2025, la durée maximale d'indemnisation de ces catégories d’âge sera réduite, tandis que les seniors de 57 ans et plus resteront protégés par les règles en vigueur.

 

Modifications apportées par la Réforme

1. Réduction de la durée d'indemnisation pour les 53-54 ans :

2. Réduction de la durée d'indemnisation pour les 55-56 ans :

3. Exemption pour les 57 ans et plus :

 

Conséquences pour les seniors : une réduction des aides pour plus de 35 000 Personnes

Cette réforme touche un nombre important de demandeurs d'emploi seniors. Environ 35 000 seniors se retrouveront ainsi confrontés à une réduction de leur période d'indemnisation, ce qui pourrait entraîner des difficultés financières importantes. Cette réduction de la durée des allocations pourrait également avoir des effets néfastes sur leur réinsertion professionnelle, notamment pour ceux des 53-56 ans qui font face à des obstacles supplémentaires, tels que des stéréotypes d’âge ou un marché du travail moins accessible.

Ces mesures risquent d’accroître la pression sur les demandeurs d’emploi seniors, les incitant à accepter plus rapidement un emploi, souvent à des conditions moins favorables, ou à se retrouver sans ressources avant d'atteindre l’âge de la retraite. Si l’objectif est de réduire la durée d’indemnisation, les conséquences sociales et économiques de ces décisions pourraient, elles, se révéler contre-productives.

 

Trois paliers d'indemnisation selon l'âge

Avant cette réforme, deux paliers de durée d’indemnisation existaient pour les seniors : 22,5 mois et 27 mois. Avec la réforme, trois catégories distinctes apparaissent, introduisant une différenciation plus marquée selon l’âge. Cela rend le système moins uniforme et plus complexe pour les demandeurs d’emploi.

53-54 ans : la durée d'indemnisation passe de 22,5 mois à 18 mois.

55-56 ans : la durée d'indemnisation passe de 27 mois à 22,5 mois.

57 ans et plus : aucune modification, la durée reste à 27 mois.

Cette différenciation plus fine peut apparaître comme une tentative de mieux cibler l’aide en fonction des besoins et de la capacité à retrouver un emploi. Toutefois, elle pourrait aussi créer une confusion ou un sentiment d’injustice parmi les seniors, particulièrement ceux qui se situent juste en dessous du seuil des 57 ans.

 

Un impact social et économique profond

Le durcissement des conditions d’indemnisation des seniors pourrait avoir plusieurs conséquences sur leur réinsertion professionnelle. D’un côté, cette réforme pourrait inciter certains seniors à accepter des emplois précaires afin de ne pas perdre leurs allocations. D’un autre côté, cela pourrait aggraver la situation pour ceux qui, à cause de leur âge, font face à des discriminations sur le marché du travail et ont du mal à retrouver un emploi stable.

En réduisant la période d’indemnisation, cette réforme pourrait aussi entraîner une pression accrue sur les seniors pour qu’ils retrouvent rapidement un travail, mais sans forcément les aider à surmonter les obstacles spécifiques auxquels ils font face. Un tel ajustement pourrait provoquer une précarisation accrue des seniors les plus vulnérables, qui risquent de se retrouver sans soutien avant d’atteindre la retraite.

Cette réforme réduit les aides pour une large part des seniors demandeurs d’emploi, ce qui pourrait avoir des effets dévastateurs sur leur situation financière et leur réinsertion professionnelle. La mesure introduit une nouvelle hiérarchie selon l’âge des bénéficiaires, mais elle reste insuffisamment différenciée pour répondre aux besoins spécifiques de chaque catégorie d’âge.


Avis www.naudrh.com: cette réforme semble être une réponse à des considérations économiques, mais elle pourrait causer une précarité supplémentaire pour une population déjà vulnérable. Les 53-56 ans, en particulier, risquent de souffrir de cette réduction de leurs droits, dans un contexte où leur retour à l’emploi est souvent compliqué. En contrepartie, le maintien des conditions pour les 57 ans et plus pourrait être perçu comme une tentative de protection, mais cette approche reste incomplète et pourrait ne pas répondre à la réalité des seniors en recherche d’emploi.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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27 mars 2025 4 27 /03 /mars /2025 03:04

 

 

 

 

Le ministre de la fonction publique souligne la nécessité d'ouvrir des négociations pour améliorer les salaires, en particulier pour les agents publics mal rémunérés. Il insiste sur l'importance d'un dialogue social constructif pour aborder les questions salariales dans la fonction publique.

Il indique qu’une réflexion approfondie est nécessaire pour évaluer les salaires actuels et déterminer des augmentations justifiées, en tenant compte des responsabilités et des défis rencontrés par les agents publics. Il propose de se concentrer sur les agents qui gagnent près du SMIC, afin d'éviter une paupérisation et de garantir un niveau de vie décent.

Laurent Marcangeli estime qu'il est essentiel d'augmenter les salaires des agents qui gagnent autour de 1500-1700 € par mois, afin d'éviter une paupérisation des fonctionnaires. Il mentionne qu'un agenda social est déjà en cours, ce qui implique des discussions régulières sur les salaires. Les négociations devraient se concentrer sur l'augmentation des salaires des agents publics les moins bien payés, afin d'améliorer leur situation financière. Il reconnaît que des arbitrages économiques peuvent limiter la capacité à augmenter les salaires, mais il appelle à une réflexion à moyen et long terme sur la rémunération

L'idée est de développer une stratégie durable pour la rémunération, qui pourrait inclure des ajustements réguliers basés sur l'inflation et les besoins économiques, afin de maintenir le pouvoir d'achat des agents publics

Les discussions autour de l'augmentation des salaires incluront probablement des ajustements du point d'indice, qui est un élément clé dans la détermination des rémunérations dans la fonction publique.

Le Ministre propose une approche à moyen et long terme pour garantir que les augmentations salariales soient durables et adaptées aux réalités économiques, tout en tenant compte des contraintes budgétaires

Ces mesures visent à attirer et à retenir des talents dans la fonction publique, tout en reconnaissant les défis économiques actuels. Elles visent à garantir que les fonctionnaires soient rémunérés équitablement pour leur travail, tout en attirant de nouveaux talents dans le secteur public.

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25 mars 2025 2 25 /03 /mars /2025 08:00

 

 

 

 

Depuis cinq ans, les agents de la fonction publique sont confrontés à une série de mesures gouvernementales qui ont, directement ou indirectement, affecté leur pouvoir d'achat et contribué à la perte d'attractivité de leurs métiers. Dans un contexte de tensions accrues sur le recrutement et de transformation des besoins des services publics, ces évolutions suscitent l'inquiétude des collectivités locales comme des représentants du personnel.


1. Le gel prolongé du point d'indice et des revalorisations tardives

Le point d'indice, base de calcul de la rémunération des fonctionnaires, est resté gelé pendant de nombreuses années. Entre 2010 et 2022, seule une revalorisation en 2016 est intervenue, avant une hausse de 3,5 % en juillet 2022, suivie d'une nouvelle augmentation de 1,5 % en juillet 2023, puis de l'attribution de 5 points d'indice à tous les agents au 1er janvier 2024. Or, l'ensemble de ces revalorisations cumulées reste très inférieur à l'inflation sur la même période, estimée à près de 15 %. La perte de pouvoir d'achat est donc bien réelle, en particulier pour les agents des catégories C et B, les plus nombreux dans les effectifs territoriaux.


2. Journée de carence et réforme des congés maladie ordinaires

Rétablie en 2018, la journée de carence – absence de rémunération pour le premier jour d'un congé maladie ordinaire – est largement perçue comme une mesure punitive. En 2023, le gouvernement avait envisagé de porter cette carence à trois jours, pour harmoniser le régime public avec le secteur privé. Cette proposition a été abandonnée sous la pression des syndicats et des employeurs publics. Toutefois, depuis le 1er mars 2025, une nouvelle mesure est entrée en vigueur : les congés de maladie ordinaires seront désormais rémunérés à hauteur de 90 % du traitement indiciaire brut pendant les trois premiers mois d'arrêt, après application du jour de carence. Cette évolution, qui touche directement le revenu en cas de maladie, constitue une nouvelle entaille dans les garanties statutaires, et renforce le sentiment d'insécurité financière chez les agents.


3. Réaffirmation des 1 607 heures et absence de compensation

La loi de transformation de la fonction publique de 2019 a imposé l'application stricte des 1 607 heures annuelles dans toutes les collectivités, supprimant les régimes dérogatoires pourtant négociés localement. Cette uniformisation, imposée sans revalorisation salariale ou reconnaissance du temps de travail supplémentaire, a nourri un fort sentiment d'injustice. Par ailleurs, la défiscalisation des heures supplémentaires n’a bénéficié qu’à une minorité d’agents, notamment dans les filières techniques et de sécurité, sans effet massif sur le pouvoir d'achat global.


4. Réformes des retraites et hausse des prélèvements sociaux

Les réformes successives des retraites ont relevé l'âge légal de départ et allongé la durée de cotisation requise. Parallèlement, les agents publics ont vu augmenter leurs prélèvements sociaux, ce qui réduit mécaniquement leur revenu disponible. Ce double effet accentue le découragement, notamment chez les jeunes générations, qui voient la fonction publique comme peu attractive et contraignante.


5. Une politique indemnitaire inégale et la fin de la GIPA

Les politiques indemnitaires, déjà très disparates d'une collectivité à l'autre, peinent à compenser la stagnation du traitement indiciaire. En 2023, la prime exceptionnelle de pouvoir d'achat a été versée de manière ciblée (plafonnée à 800 euros), sans effet pérenne. Pire encore, le gouvernement a choisi de ne pas reconduire la Garantie individuelle du pouvoir d'achat (GIPA) en 2024 et 2025. Ce mécanisme, pourtant essentiel pour les agents dont la rémunération n’évolue plus, constituait une forme de bouclier social aujourd’hui démantelé.


6. Une crise d’attractivité persistante

La combinaison de ces mesures a entraîné une baisse notable de l’attractivité des carrières territoriales. Les concours manquent de candidats, les postes peinent à être pourvus, et les collectivités doivent recourir à des contractuels, souvent moins bien formés et plus coûteux à long terme. Cette dynamique fragilise la qualité du service public local et alourdit la charge de travail des agents en poste, déjà en souffrance.


Pour une revalorisation urgente et ambitieuse du service public local

Face à ces constats, les partenaires sociaux appellent à une revalorisation significative du point d'indice, à une refonte équitable de la politique indemnitaire, et à une reconnaissance réelle de l'engagement des agents publics. Sans une réponse structurelle, le risque est grand de voir la fonction publique territoriale entrer dans une spirale de désaffection, au détriment de la cohésion sociale et de la qualité des services aux citoyens.

Avis www.naudrh.com : le décalage entre les discours valorisant le service public et les actes budgétaires est devenu intenable. Redonner du souffle à la fonction publique nécessite une volonté politique forte, des mesures concrètes et un véritable changement de regard sur celles et ceux qui servent l’intérêt général au quotidien.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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23 mars 2025 7 23 /03 /mars /2025 11:44

 

 

 

 

📊 Selon le dernier rapport de l’Insee (mars 2025), le revenu salarial annuel moyen reste plus élevé dans la fonction publique (+9,3 %) que dans le privé. Mais à temps de travail équivalent, le salaire net est désormais inférieur de 3,7 % dans le public.

💡 Pourquoi cet écart ? Davantage de continuité d’emploi dans le public, moins d’interruptions et une répartition des postes qui favorise certaines catégories (employés, ouvriers).

🧓 Les agents publics sont aussi plus âgés, plus diplômés… mais gagnent moins que leurs homologues du privé à profil équivalent. Depuis 2013, le privé a rattrapé puis dépassé le public en matière de salaire net.

📉 Le privé reste plus inégalitaire : écarts plus forts entre cadres et employés, entre temps partiel et temps plein, entre hommes et femmes.

🌍 En Outre-mer, les agents publics bénéficient d’un revenu largement supérieur (+63,8 %).

🎓 Le rendement des diplômes reste plus fort dans le privé.

➡️ Ce rapport interroge notre modèle de rémunération publique. Faut-il repenser les carrières et les incitations dans la fonction publique ?

 

Fonction publique vs secteur privé : qui gagne quoi ?

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21 mars 2025 5 21 /03 /mars /2025 14:43

 

 

 

 

 

Le management public fut longtemps perçu comme une consécration sociale et professionnelle. Mais ce modèle semble aujourd’hui s’essouffler. Les réticences à exercer des fonctions managériales se multiplient, et ce constat interpelle les DRH et les responsables politiques sur la mutation des attentes des agents publics. Pourquoi le management est-il désacralisé ? Quelles nouvelles formes de réussite professionnelle s’imposent dans la fonction publique ?

Un poste de manager, mais à quel prix ?

Le management dans la fonction publique s’est historiquement construit autour d’une reconnaissance statutaire et hiérarchique. Or, les réalités du terrain rendent cette reconnaissance de plus en plus relative : surcharge de travail, responsabilités accrues sans moyens humains ou financiers adaptés, pression politique ou médiatique, complexité croissante des réglementations... Autant de facteurs qui alimentent la désaffection pour les postes d'encadrement.

Ajoutons à cela l'évolution des aspirations professionnelles : l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle devient une priorité, et le management est souvent perçu comme un sacrifice sur ce plan. La responsabilité n’est plus nécessairement synonyme de reconnaissance sociale. De plus, la fonction publique souffre d’une stagnation salariale relative, où les postes d’encadrement ne garantissent pas de progression rémunératoire proportionnelle aux efforts consentis.

Préférer le dossier au collectif : une évolution silencieuse

Un phénomène marquant est la préférence croissante des cadres pour des fonctions expertes sans encadrement. Le travail sur dossier, l’analyse, la stratégie de politique publique ou la gestion de projets ponctuels sont autant d'activités recherchées, car elles permettent d’exercer des responsabilités sans avoir à assumer les tensions inhérentes à l’encadrement direct. En clair, exercer des fonctions de niveau élevé sans être chef.

Cette tendance reflète une mutation profonde dans la représentation de la réussite : il ne s'agit plus de "diriger des équipes", mais de "piloter du sens". On pourrait citer, à titre d’exemple, les postes de chargés de mission transversaux, ou les experts juridiques dans les collectivités territoriales, souvent porteurs de stratégies sans lien hiérarchique.

Unbossing : vers un leadership sans domination

Le concept d'"unbossing", issu d'une étude britannique et popularisé par certaines entreprises innovantes, prône un leadership inspirant, fondé sur la confiance, l’autonomie et la co-responsabilité. Cette approche, encore très marginale dans la culture administrative française, résonne néanmoins avec les attentes d’une nouvelle génération de cadres publics en quête de transversalité, de sens et de relations moins hiérarchiques.

On ne veut plus "être le chef", mais être utile, être écouté, avoir de l’impact. Cela suppose une réinvention du rôle du manager public, centré sur l’animation, la mise en mouvement des collectifs, la facilitation, plutôt que la supervision hiérarchique.

Des carrières hors encadrement : la nouvelle donne

L’existence de carrières riches et reconnues en dehors de l’encadrement se développe lentement, mais sûrement. Les missions temporaires, les fonctions d’audit, de conseil, ou les expertises techniques et juridiques gagnent en visibilité et en attractivité.

Mais ce phénomène pose aussi la question de l'équilibre entre encadrants et non-encadrants, et celle d’une possible fracture sociale interne : ceux qui ont la "charge" humaine, relationnelle et juridique d’être manager, et ceux qui s’en affranchissent tout en conservant une réelle influence et une certaine tranquillité opérationnelle.

Vers un management désacralisé ?

Oui, le management est désacralisé dans la fonction publique. Ce n’est plus un graal, mais un choix, parfois contraint. Cette désacralisation n’est pas nécessairement négative : elle peut ouvrir la voie à des parcours plus diversifiés, à une remise en question des pratiques autoritaires, et à l’émergence de collectifs de travail plus horizontaux.

Mais elle suppose une transformation profonde de la gestion des ressources humaines : reconnaissance de la fonction managériale, accompagnement renforcé, capacité à redonner du désir de manager, et refonte des parcours professionnels pour valoriser toutes les formes de responsabilité. Il serait pertinent de renforcer les dispositifs de formation managériale, d’instaurer des temps de respiration pour les encadrants et de mieux reconnaître, y compris symboliquement, leur engagement quotidien.

Le désintérêt croissant pour les fonctions d’encadrement dans la fonction publique témoigne d’une mutation culturelle profonde. Il ne s’agit pas d’une crise de l’autorité, mais d’une redéfinition des modalités de l’exercice du pouvoir. Le manager de demain sera peut-être moins un chef qu’un facilitateur, un animateur de sens collectif. Encore faut-il que les institutions s’adaptent à cette révolution silencieuse, en valorisant toutes les formes de leadership, y compris celles qui ne passent pas par l’encadrement.

Pour l'association www.naudrh.com, cette évolution m'apparaît saine, à condition qu'elle soit accompagnée. Le management n'est plus une fin en soi, mais un moyen d'agir. C'est une belle opportunité pour redonner du sens au service public. Mais attention à ne pas créer une fonction publique à deux vitesses : ceux qui dirigent et s'usent, et ceux qui s'engagent autrement, mais sont mieux préservés.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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20 mars 2025 4 20 /03 /mars /2025 21:47

 

 

 

 

En application des articles L. 134-1 à L. 134-12 du code général de la fonction publique, les agents publics bénéficient, quel que soit le mode d'accès à leur fonction, d'une protection organisée par leur employeur lorsqu'ils font l'objet de condamnations civiles, de poursuites pénales, ou lorsqu'ils sont victimes d'attaques. Cette protection a fait l'objet d'un élargissement tant du point de vue de ses bénéficiaires que de son champ d'application notamment par la loi n° 2016-483 du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires qui a, par exemple, étendu cette protection aux agents placés en garde à vue. Toute autorité constituée est par ailleurs tenue de signaler tout crime ou délit dont elle a connaissance au procureur de la République en application de l'article 40 du code de procédure pénale. La substitution de la collectivité publique à l'agent public pour un dépôt de plainte a pour finalité de compenser la situation de faiblesse de certaines victimes directes qui ne peuvent ou n'osent agir, notamment par crainte de représailles. Cet accompagnement de la collectivité publique constitue un soutien actif de cette dernière. L'article L. 433-3-1 du code pénal, issu de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, prévoit ainsi le dépôt de plainte de l'administration en cas de délit de « séparatisme ». Cette disposition présentant un caractère restrictif, le Gouvernement étudie actuellement la possibilité de prévoir un cadre juridique plus large au dépôt de plainte de l'administration à la place de l'agent.

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18 mars 2025 2 18 /03 /mars /2025 11:59

 

 

 

 

Dans un contexte de tension budgétaire et de remise en question de l’efficacité publique, il est essentiel de mieux comprendre la structure des salaires dans la fonction publique.

➡️ Un traitement de base indexé sur l’indice majoré, des primes parfois opaques et très variables selon les corps, des évolutions lentes... La rémunération publique reste un sujet complexe, souvent mal compris.

🔍 Entre 2007 et 2022, la progression des salaires publics a été limitée (0,1 % à 0,4 % par an en euros constants), bien en deçà du secteur privé.

👩‍⚕️ Les ouvriers et employés sont globalement mieux rémunérés dans le public, mais les cadres y perdent jusqu’à 20 % par rapport au privé.

📉 La rémunération au mérite reste marginale malgré les dispositifs comme l’IFSE.

➡️ L’enjeu est double : préserver l’attractivité des carrières publiques tout en assurant équité et transparence.

 

 

Cliquez sur l'image pour télécharger le document.

 

Les salaires publics

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17 mars 2025 1 17 /03 /mars /2025 08:30

 

 

 

 

Le ministre de la Fonction publique, Laurent Marcangeli, a confirmé le 17 mars 2025 la décision du gouvernement de ne pas revaloriser le point d'indice des fonctionnaires. Cette annonce suscite une forte réaction dans l'ensemble du secteur public.

Par ailleurs, pour la deuxième année consécutive, les agents publics ne bénéficieront pas de la Garantie Individuelle du Pouvoir d'Achat (GIPA), ce qui accentue leurs préoccupations face à une inflation persistante, estimée à 4,3 % sur l'année écoulée selon les données les plus récentes de l'INSEE.

Cette annonce, bien que prévisible, était particulièrement attendue par les organisations syndicales et l'ensemble des fonctionnaires. Dans un contexte économique sensible, le gouvernement justifie sa décision par la nécessité de maintenir un équilibre budgétaire strict, en conformité avec les exigences du Pacte européen de stabilité. Ce Pacte impose aux États membres de l'Union européenne de maintenir leur déficit public sous la barre des 3 % du PIB et leur dette publique sous les 60 % du PIB.

Cependant, les syndicats critiquent vivement cette position, soulignant une perte croissante du pouvoir d'achat des agents publics, déjà fortement fragilisé par la hausse continue des prix.

Les principaux syndicats du secteur public, notamment la CGT, FO et la CFDT, ont vivement exprimé leur désaccord face à cette annonce, dénonçant « un manque d’écoute » et une « injustice sociale ». Sophie Binet, secrétaire général de la CGT, a ainsi déclaré : « Cette décision est une véritable provocation envers tous les agents qui font tourner le service public au quotidien malgré des conditions de travail difficiles. » Selon eux, l'absence de revalorisation du point d'indice conjuguée à la suppression de la GIPA est perçue comme un signal négatif adressé aux fonctionnaires, risquant de détériorer davantage un climat social déjà tendu.

Cette situation pourrait rendre le dialogue social particulièrement délicat dans les mois à venir. Les syndicats ont d'ores et déjà annoncé leur intention de mobiliser fortement leurs adhérents pour exiger une politique salariale plus juste et équitable. La réponse du gouvernement à ces revendications sera cruciale pour préserver la qualité du service public ainsi que l'engagement et la motivation des agents.

Il apparaît donc essentiel que les pouvoirs publics et les représentants syndicaux intensifient leurs échanges afin de trouver des solutions pérennes, conciliant impératifs budgétaires et préservation du pouvoir d'achat. Seul un dialogue constructif permettra d'éviter un conflit social généralisé, dont les conséquences pourraient durablement affecter la confiance et la mobilisation des agents publics.

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16 mars 2025 7 16 /03 /mars /2025 17:02

 

 

 

 

 

Le 16 mars 2025, au micro de France Inter, François Bayrou, le Premier ministre, a confirmé que l'âge légal de départ à la retraite ne serait pas abaissé à 62 ans. Ce message, clair et précis, survient dans un contexte de tensions sociales et économiques concernant la réforme des retraites, et particulièrement les répercussions de la réforme actuelle introduite sous le gouvernement d'Emmanuel Macron.

Un contexte international et national déterminant

François Bayrou justifie sa position par un « contexte international » complexe, où plusieurs pays, notamment européens, connaissent des ajustements similaires dans leurs systèmes de retraite face aux enjeux démographiques et économiques. Le vieillissement de la population et l'augmentation de l'espérance de vie sont des facteurs cruciaux qui poussent de nombreux gouvernements à réformer leurs systèmes de retraite pour les rendre plus soutenables à long terme.

En France, la réforme de 2023 a introduit un recul de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans, une mesure controversée qui a provoqué d'importantes mobilisations sociales. Bien que le gouvernement persiste à ne pas revenir sur cette décision, François Bayrou a affirmé qu'il n'y aurait pas de retour à l'âge de départ à 62 ans, soulignant que les enjeux économiques et démographiques imposent des réformes structurelles plutôt qu'une simple réversion vers l'ancien modèle.

Une réforme sans concertation syndicale : un regret exprimé

Une des critiques principales formulées par François Bayrou concerne la manière dont la réforme a été mise en place. Le Premier ministre a exprimé son regret quant à l'absence de concertation avec les organisations syndicales dans le processus de la réforme des retraites. Selon lui, le dialogue social aurait dû jouer un rôle central dans la définition de la réforme afin de garantir une meilleure acceptabilité des mesures. En effet, la non-prise en compte des organisations syndicales dans les discussions a été un facteur majeur d'opposition à la réforme et a accentué le climat de méfiance entre les syndicats et le gouvernement.

Bayrou plaide pour un renforcement du dialogue social dans les futures réformes, affirmant que les syndicats doivent être intégrés dans les discussions dès les premières étapes de la réflexion. Il estime que cela permettra d'apporter des solutions plus équilibrées, et d'assurer la stabilité du système de retraites.

Le système des retraites du privé : une priorité d'équilibre à 2030

Pour le système des retraites du secteur privé, François Bayrou reste ferme sur l'objectif de rétablir l'équilibre des finances publiques d'ici 2030. Selon lui, l'équilibre budgétaire doit être atteint à la fois pour assurer la pérennité du système et pour éviter une nouvelle mise sous pression du budget national. Ce rétablissement de l'équilibre se fera à travers des mesures d'ajustement, mais qui ne devraient pas nécessairement se traduire par un nouveau recul de l'âge de départ à la retraite.

Le Premier ministre a rappelé qu'il ne s'agissait pas uniquement de résoudre un problème d'âge, mais bien d'une réorganisation complète du système de retraites, impliquant notamment des réformes paramétriques. Toutefois, il reste prudent sur la nature exacte des réformes qui seront mises en place, indiquant que plusieurs pistes sont à l'étude.

L'avenir du système public : une réforme en réflexion

Quant au système public, François Bayrou a indiqué qu'aucun calendrier précis n'était établi pour la mise en œuvre des réformes. Cependant, l'objectif demeure d'améliorer l'équilibre des comptes. L'ambition est de parvenir à un système plus juste et plus équilibré, mais sans donner de détails quant aux moyens d'y parvenir ni à la temporalité des réformes. Il est probable que le gouvernement choisisse une approche graduelle, prenant en compte les spécificités du secteur public et les contraintes financières de l'État.

L'âge légal à 63 ans : une piste écartée, une solution paramétrique inappropriée

Lors de son entretien, François Bayrou a également été évoqué sur la possibilité d'un nouvel ajustement à 63 ans pour l'âge légal de départ à la retraite. Il a cependant souligné que cette solution paramétrique, consistant à fixer un âge uniforme pour l'ensemble des travailleurs, ne correspondait pas nécessairement à la réalité des besoins sociaux et économiques actuels. Le Premier ministre a sous-entendu qu'une solution plus nuancée pourrait être envisagée, avec des options plus diversifiées en fonction des profils des travailleurs et des contraintes sectorielles.

Il a également évoqué l'idée que des ajustements pourraient être faits, mais que ces changements ne devraient pas nécessairement concerner uniquement l'âge de départ. D'autres leviers sont envisagés pour réformer le système, comme la prise en compte de la pénibilité du travail ou la possibilité de travailler plus longtemps avec des conditions particulières, comme les carrières longues ou les métiers physiques.

Un avenir incertain mais réfléchi

La position de François Bayrou, qui semble entériner l'idée qu'il n'y aura pas de retour à un âge légal de départ à 62 ans, marque un tournant dans le débat sur la réforme des retraites. Si les syndicats restent fortement opposés à cette réforme, le Premier ministre affiche une volonté de trouver une solution équilibrée qui prendra en compte l'ensemble des acteurs sociaux. La question de l'âge légal de départ reste néanmoins un point de friction majeur, et il semble que les décisions qui seront prises dans les mois à venir auront un impact significatif sur l'avenir du système des retraites en France.

Avis www.naudrh.com :

L'annonce de François Bayrou reflète une volonté d'évoluer avec prudence dans un domaine extrêmement sensible. Bien que le rejet du retour à l'âge légal de 62 ans puisse sembler une forme de stabilisation, cela démontre également que le gouvernement cherche à éviter de nouvelles mobilisations sociales. Le défi majeur reste la recherche d'un équilibre entre le besoin de réformes profondes et la nécessité de maintenir un dialogue constructif avec les syndicats et les citoyens. Les réformes des retraites ont nécessité non seulement des ajustements techniques, mais également un engagement politique à long terme pour apaiser les tensions et rétablir la confiance dans le système.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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15 mars 2025 6 15 /03 /mars /2025 17:32

 

 

 

 

La loi de finances pour 2025 marque un tournant dans la gestion des congés de maladie ordinaire (CMO) des agents publics. Depuis le 1er mars 2025, la rémunération des fonctionnaires est réduite à 90 % du traitement durant les trois premiers mois d'arrêt, avant de passer en demi-traitement pour les neuf mois suivants. Cette mesure s’applique également aux agents contractuels de droit public à compter de la même date.

Une réforme de la rémunération des CMO qui ne règle pas toutes les disparités

Si cette évolution vise une plus grande convergence entre fonctionnaires et contractuels, elle ne résout pas l’ensemble des disparités qui persistent au sein de la fonction publique. En effet, les trois versants – État, territorial et hospitalier – disposent encore de régimes différenciés en matière de rémunération en cas d'arrêt maladie. Par exemple, un agent territorial en arrêt maladie voit sa rémunération réduite plus rapidement qu’un agent hospitalier, qui bénéficie d’un maintien de traitement plus long. Cette disparité peut entraîner un sentiment d’injustice, notamment dans les services où ces différentes catégories d’agents travaillent ensemble sous des statuts distincts. Elle peut également générer des frustrations chez les agents et complexifier la gestion administrative des collectivités. Cette hétérogénéité pose un problème d’équité et de lisibilité des dispositifs indemnitaires.

Les pistes d'une harmonisation nécessaire

Plusieurs leviers pourraient être actionnés pour réduire ces inégalités et améliorer la cohérence du système :

1. Une harmonisation complète des régimes de rémunération en cas de CMO : instaurer un cadre commun garantirait une égalité de traitement entre tous les agents publics, quel que soit leur versant ou leur statut, tout en facilitant la gestion des arrêts maladie pour les employeurs publics.

2. Le maintien du plein traitement pour les agents exposés à des conditions de travail spécifiques : certaines professions sont particulièrement éprouvantes physiquement et psychologiquement. Un maintien du plein traitement pour ces agents pourrait être une reconnaissance des contraintes de leur métier et de leur engagement au service du public.

3. Une meilleure articulation entre indemnités et droits à congé maladie : actuellement, les primes et indemnités perçues par les agents sont rarement prises en compte en cas d'arrêt maladie, ce qui entraîne des baisses de revenus. Une réforme visant à mieux intégrer ces éléments dans le calcul des indemnités permettrait de limiter les pertes financières injustes.

 

Vers une refonte globale pour une meilleure équité

Une solution envisageable serait la mise en place d’un régime unique de rémunération en cas d’arrêt maladie, intégrant un mécanisme progressif de maintien de salaire en fonction de l’ancienneté et du type de poste occupé. Par exemple, un agent avec moins de cinq ans d'ancienneté pourrait bénéficier d'un maintien à 90 % de son traitement pendant trois mois, tandis qu'un agent ayant plus de dix ans de service pourrait conserver son plein traitement pendant une période plus longue avant de passer à une indemnisation dégressive. De même, les métiers soumis à des contraintes physiques ou psychologiques particulières, comme les soignants ou les forces de sécurité, pourraient voir leur durée de maintien de salaire ajustée en fonction de leur exposition aux risques. Cela permettrait d’adapter le dispositif aux spécificités des différentes professions tout en garantissant une lisibilité accrue des droits des agents.

Par ailleurs, une concertation approfondie avec les représentants des agents et des employeurs publics serait indispensable pour garantir une réforme équitable et pragmatique. Si la nécessité de maîtriser les dépenses publiques justifie certaines restrictions, celles-ci doivent être perçues comme justes et proportionnées pour être acceptées par les agents. Pour garantir cette perception, des critères tels que la durée de l’arrêt, l’impact sur la continuité du service public et le niveau de pénibilité du poste occupé pourraient être pris en compte. De même, une évaluation régulière des effets de ces restrictions sur les agents permettrait d’ajuster les dispositifs en fonction des réalités du terrain.

 

La réforme de mars 2025 constitue une avancée vers une harmonisation des règles applicables entre fonctionnaires et contractuels. Cependant, elle ne suffit pas à résoudre les disparités persistantes entre les différents versants de la fonction publique. Une refonte plus globale, prenant en compte les spécificités des métiers et la nécessité d’un cadre budgétaire soutenable, permettrait d’apporter davantage de justice et de clarté dans la gestion des arrêts maladie. Pour financer une telle réforme, plusieurs pistes pourraient être explorées, comme la mutualisation des fonds dédiés aux arrêts maladie entre les différents versants de la fonction publique, la mise en place d’un fonds spécifique alimenté par une cotisation progressive des employeurs publics, ou encore l’optimisation des dispositifs de prévention des risques professionnels afin de réduire le nombre et la durée des arrêts. Ces solutions permettraient d’assurer une transition plus équitable et d’éviter un impact financier excessif sur les budgets publics. Une approche concertée et équilibrée garantirait un dispositif adapté aux réalités du terrain, tout en assurant une meilleure équité entre l’ensemble des agents publics.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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4 mars 2025 2 04 /03 /mars /2025 16:20

 

 

 

L'article 189 de la loi de finances pour 2025 introduit une modification significative du régime de rémunération des fonctionnaires en congé de maladie ordinaire (CMO). À compter du 1er mars 2025, les trois premiers mois de ce congé seront rémunérés à hauteur de 90 % du traitement de base, contre 100 % auparavant. Les neuf mois suivants resteront indemnisés à demi-traitement, sans changement. En revanche, cette réforme ne concerne ni les congés de longue maladie (CLM), ni les congés de longue durée (CLD), pour lesquels le plein traitement est maintenu selon les règles en vigueur. Cette évolution soulève la question de l'adaptation des délibérations des collectivités territoriales relatives au régime indemnitaire (RIFSEEP).

 

Le cadre juridique de la modification des délibérations RIFSEEP

Le principe de parité impose aux collectivités territoriales de ne pas octroyer à leurs agents un régime indemnitaire plus favorable que celui prévu pour les fonctionnaires de l'État. Ce principe a été rappelé par le Conseil d'État dans sa décision n° 462452 du 4 juillet 2024. Ainsi, en cas de modification du régime de rémunération des fonctionnaires de l'État en CMO, les collectivités doivent adapter leurs délibérations afin de respecter cette contrainte.

Deux cas de figure selon la rédaction de la délibération

L'obligation ou non de modification de la délibération relative au RIFSEEP repose sur la manière dont celle-ci a été formulée :

1.La délibération prévoit un maintien du régime indemnitaire à 100 % en cas de CMO

2.La délibération prévoit que le régime indemnitaire “suit le traitement” en cas de CMO

 

Conséquences pratiques pour les collectivités

Les collectivités doivent donc procéder à une analyse précise de leurs délibérations en vigueur pour déterminer si une modification est indispensable. Pour ce faire, il est recommandé de :

- Réexaminer les délibérations RIFSEEP actuellement applicables.

- Identifier la formulation précise du maintien du régime indemnitaire en cas de CMO.

- Adapter la délibération si celle-ci prévoyait un maintien à 100 %.

- Informer les agents et les partenaires sociaux des éventuelles modifications.

 

La réforme introduite par l'article 189 de la loi de finances pour 2025 oblige certaines collectivités à modifier leur délibération RIFSEEP si celle-ci prévoyait un maintien intégral du régime indemnitaire en cas de CMO. Toutefois, si la délibération se contente d'indiquer que les primes suivent le traitement, aucune modification n'est nécessaire. Il est donc essentiel pour les collectivités de vérifier la conformité de leur réglementation indemnitaire afin d'éviter tout risque juridique et respecter le principe de parité avec la fonction publique de l'État.

 

Par Pascal NAUD

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3 mars 2025 1 03 /03 /mars /2025 17:19

 

 

 

 

L'article 189 de la loi de finances pour 2025 introduit une modification significative dans la rémunération des fonctionnaires en congé de maladie ordinaire (CMO). Depuis le 1er mars 2025, le traitement versé aux agents durant les trois premiers mois de leur congé sera réduit à 90 % du traitement de base, contre 100 % auparavant (après application d'un jour de carence). Les neuf mois suivants du CMO restent soumis à la règle du demi-traitement.

Cette réforme vise à optimiser la gestion des arrêts maladie dans la fonction publique en maîtrisant les coûts budgétaires et en assurant une meilleure répartition des ressources humaines, tout en préservant les droits des agents. Il est important de noter que ces mesures ne concernent pas les congés de longue maladie (CLM) et les congés de longue durée (CLD), dont le plein traitement est maintenu selon les dispositions en vigueur.

 

Champ d'application et modalités pratiques

La réforme s'applique uniquement aux congés de maladie ordinaire qui débutent à partir du 1er mars 2025 ainsi qu'aux CMO renouvelés à compter de cette date. En revanche, les CMO en cours avant cette échéance conservent le bénéfice des anciennes règles jusqu'à leur échéance.

-CMO en cours au 1er mars 2025 : les fonctionnaires placés en CMO avant cette date continueront à percevoir leur traitement plein (100 %) durant les trois premiers mois de leur congé.

-CMO renouvelé à partir du 1er mars 2025 : tout renouvellement d'un CMO après le 1er mars 2025 constitue une nouvelle décision administrative, car il nécessite un nouvel examen médical et l’émission d’un certificat médical actualisé, soumis aux règles en vigueur à la date du renouvellement. Cela implique un nouvel examen médical et la délivrance d'un certificat médical sous l'empire des nouvelles dispositions, soumettant ainsi l'agent à la réduction du traitement à 90 % durant les trois premiers mois du congé renouvelé.

 

Conséquences pour les employeurs publics et les agents

Cette réforme implique une adaptation des pratiques pour les employeurs publics et les agents concernés. Afin de garantir une transition fluide, plusieurs mesures doivent être mises en place :

-Information et sensibilisation des agents : une communication claire sur l'impact de la réforme est essentielle afin que les fonctionnaires puissent anticiper les éventuelles conséquences financières d'un renouvellement de CMO. Cela peut se traduire par l'organisation de réunions d'information, l'envoi de circulaires explicatives ou la mise en place de supports accessibles via l'intranet des collectivités pour garantir une diffusion efficace des nouvelles règles.

-Clarification des procédures internes : il convient de distinguer avec précision les CMO en cours de ceux renouvelés à compter du 1er mars 2025.

-Adaptation des outils de gestion RH : les logiciels de gestion du temps et des absences doivent être mis à jour afin d'intégrer automatiquement cette modification dans le calcul de la rémunération.

 

Recommandations www.naudrh.com

L'application de l'article 189 de la loi de finances pour 2025 modifie les règles de rémunération des fonctionnaires en arrêt maladie ordinaire. Alors que les CMO en cours restent soumis aux anciennes règles, ceux renouvelés après le 1er mars 2025 verront leur rémunération réduite à 90 % durant les trois premiers mois du congé.

Pour limiter l'impact de cette réforme, une anticipation rigoureuse et une communication adaptée seront nécessaires. Les employeurs publics devront veiller à l’accompagnement des agents concernés en mettant en place des dispositifs adaptés, tels qu’une assistance administrative pour la gestion des démarches, un accompagnement social pour les agents en difficulté, ou encore un service d’information dédié afin de répondre aux interrogations et clarifier les impacts de la réforme.

 

Par Pascal NAUD

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Etude CIG actualisée 11/03

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1 mars 2025 6 01 /03 /mars /2025 10:56

 

 

 

Depuis le 1er mars 2025, une réforme majeure modifie les conditions d'indemnisation des arrêts maladie ordinaires des agents publics, qu'ils soient fonctionnaires ou contractuels. Désormais, leur rémunération est réduite à 90 % du traitement brut pendant les trois premiers mois d'arrêt, contre une prise en charge intégrale auparavant, après application d'un jour de carence. Cette mesure suscite de vives réactions et pose des questions sur ses implications à court et long terme pour la fonction publique.


Les motivations gouvernementales : économie budgétaire et harmonisation avec le privé

Le gouvernement justifie cette réforme par plusieurs objectifs :

-Réduction des dépenses publiques : les arrêts maladie dans la fonction publique représentent un coût significatif pour l'État et les collectivités. Cette réforme vise à diminuer ces charges.

-Alignement avec le secteur privé : contrairement aux agents publics, les salariés du privé ne perçoivent pas automatiquement l'intégralité de leur salaire en cas d'arrêt maladie. Le gouvernement souhaite uniformiser les règles entre ces deux statuts.

-Lutte contre l'absentéisme : en réduisant le niveau d'indemnisation, l'exécutif espère limiter les arrêts courts, bien que les syndicats contestent cette approche en insistant sur la légitimité de la majorité des arrêts maladie.

 

 

Une mesure qui concerne tous les agents publics

Cette réforme s'applique à l'ensemble des agents publics, qu'ils soient :

-Fonctionnaires titulaires,

-Stagiaires,

-Contractuels.

Toutefois, elle ne concerne pas les arrêts de longue maladie, de longue durée ou pour affections graves, qui bénéficient toujours d'une indemnisation intégrale.

 

Conséquences concrètes pour les agents en arrêt maladie

Avant la réforme, un fonctionnaire en arrêt maladie ordinaire percevait l'intégralité de son traitement dès le deuxième jour d'absence (après application du jour de carence). Désormais, il subit une baisse de rémunération de 10 % pendant les trois premiers mois d'arrêt, ce qui peut représenter plusieurs centaines d'euros de perte mensuelle.

Cette diminution de revenus pourrait contraindre certains agents à reprendre le travail prématurément, avec un risque accru de rechute et d'arrêts prolongés.


Quelles marges de manœuvre pour les collectivités territoriales ?

L'application de cette réforme soulève la question de la libre administration des collectivités locales. Peuvent-elles choisir de ne pas l'appliquer et de maintenir une rémunération intégrale ?

-Non, car le principe de parité entre les trois fonctions publiques impose aux employeurs territoriaux et hospitaliers d'appliquer les règles en vigueur dans la fonction publique d'État.

-Paradoxalement, si les collectivités ne peuvent pas offrir un traitement plus favorable, elles restent en droit d'adopter des règles plus contraignantes.

 

Les réactions syndicales et les contestations

Cette réforme est vivement critiquée par les syndicats, qui dénoncent une mesure pénalisante pour les agents publics, notamment ceux aux revenus les plus modestes. Plusieurs risques sont mis en avant :

-Précarisation des agents : une réduction de la rémunération fragilise particulièrement les contractuels et les agents de catégorie C.

-Allongement des arrêts maladie : certains agents pourraient retarder leur reprise du travail pour éviter une rechute, entraînant des périodes d'absence plus longues.

-Mobilisation sociale et grèves : plusieurs organisations syndicales annoncent des actions de protestation et demandent le retrait de cette mesure.

 

Un impact durable sur la fonction publique ?

1. Une attractivité en berne : cette réforme risque de rendre la fonction publique moins attractive, en particulier dans les métiers déjà en tension.

2. Un risque de pénurie dans certains secteurs : les domaines où l'absentéisme est élevé, comme l'éducation et la santé, pourraient être particulièrement touchés.

3. Un manque de politique globale sur la santé au travail : de nombreux experts estiment que cette réforme ne s'accompagne pas d'une stratégie de prévention des maladies professionnelles et d'amélioration des conditions de travail, pourtant essentielles pour réduire l'absentéisme.

 

Une réforme à double tranchant

Si le gouvernement espère faire des économies et réduire l'absentéisme, cette réforme pourrait avoir des effets contre-productifs. La diminution de l'indemnisation risque d'encourager des arrêts plus longs et de décourager les vocations dans la fonction publique. L'évolution de cette mesure dépendra largement des réactions des agents et des négociations avec les partenaires sociaux.

Avis www.naudrh.com

Si l'objectif de réduction des dépenses publiques est compréhensible, la méthode employée risque de produire des effets pervers. Plutôt que de sanctionner financièrement les agents malades, il aurait été plus pertinent d'investir dans la prévention des risques professionnels et l'amélioration des conditions de travail. Le risque d'une augmentation des arrêts longs et d'une baisse d'attractivité de la fonction publique semble sous-estimé. Une réforme plus équilibrée aurait sans doute permis d'atteindre les objectifs budgétaires sans fragiliser davantage les agents publics.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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1 mars 2025 6 01 /03 /mars /2025 09:33

 

 

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28 février 2025 5 28 /02 /février /2025 17:17

 

 

 

Les deux décrets relatifs à la réduction de 100 % à 90 % du taux d’indemnisation des congés maladie ordinaire pour les agents contractuels et certains fonctionnaires sont publiés au Journal officiel ce 28 février 2025. Cette mesure, entérinée pour les fonctionnaires des trois versants par la loi de finances pour 2025, entrera en vigueur samedi 1er mars. Ces deux textes avaient obtenu un vote défavorable des organisations syndicales ainsi que des employeurs territoriaux et hospitaliers, lors des conseils communs de la fonction publique des 11 février et 19 février derniers. 

 

Le décret n° 2025-197 du 27 février 2025 est relatif aux règles de rémunération de certains agents publics placés en congé de maladie ordinaire ou en congé de maladie. Il concerne les agents publics relevant des trois versants de la fonction publique. a pour objet d'établir à 90 % le taux de remplacement du traitement pour les périodes de congé de maladie ordinaire pour lesquelles le traitement était maintenu intégralement avant l'intervention de ce texte. Il procède à un toilettage des textes applicables aux fonctionnaires territoriaux et hospitaliers afin de mettre fin à la dichotomie « plein traitement/demi traitement ». Il reporte par ailleurs la date d'entrée en vigueur de la subrogation en matière de maladie, maternité, paternité, adoption et accidents du travail et maladies professionnelles pour les employeurs des agents contractuels de l'Etat au 1er janvier 2027, afin d'en optimiser la mise en œuvre dans les différents systèmes d'informations. Ce texte réglementaire s'applique aux congés de maladie attribués à compter de la date prévue à l'article 189 de la loi de finances pour 2025.

 

Le décret n° 2025-198 du 27 février 2025 est relatif à la rémunération maintenue en congé de maladie pour certains agents publics. Il s’applique aux agents publics relevant de différents statuts dans les trois versants de la fonction publique. Il a pour objet principal d'établir à 90 % le taux de remplacement du traitement ou d'autres éléments de rémunération pour les périodes de congé de maladie ordinaire pour lesquelles ce traitement ou ces autres éléments de rémunération étaient maintenus intégralement avant l'intervention de ce texte. Il rend également applicables, au bénéfice d'agents contractuels enseignants relevant des ministères chargés de l'éducation nationale et de l'agriculture, les articles 2 et 12 à 18 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat (congés pour raisons de santé). Le texte réglementaire s'applique aux congés de maladie attribués à compter de la date prévue à l'article 189 de la loi de finances pour 2025.

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23 février 2025 7 23 /02 /février /2025 08:51

 

 

 

 

 

À compter du 1er mars 2025, un changement majeur dans la gestion des congés de maladie ordinaire (CMO) des fonctionnaires territoriaux entrera en vigueur. Selon les nouvelles dispositions, la rémunération des agents publics en congé maladie ordinaire sera réduite à 90 % de leur traitement pendant les trois premiers mois d'absence. Cette mesure, qui touche à la fois le traitement indiciaire et les premiers attachés à celui-ci, soulève des inquiétudes quant à ses conséquences sur le pouvoir d'achat des agents publics. Pourtant, la question n'est pas seulement celle de la rémunération mais aussi de la liberté laissée aux collectivités territoriales dans leur gestion des ressources humaines. Une liberté qui doit, selon www.naudrh.com , être préservée.

 

Une réforme qui réduit les revenus des agents publics

La baisse de rémunération de 10 % pendant les trois premiers mois d'un arrêt maladie ne touche pas seulement le traitement de base des agents. Elle entraîne également une diminution des primes et indemnités qui sont calculées sur la base de ce traitement, comme la Nouvelle Bonification Indicielle (NBI), le régime indemnitaire, le complément de traitement indicatif (CTI) et le dispositif "transfert primes/points". Ces réductions se traduisent par une perte de pouvoir d'achat plus importante encore pour les agents concernés. Cela met en lumière l'impact direct sur la qualité de vie des fonctionnaires en cas d'arrêt maladie.

Bien que l'objectif affiché par le Gouvernement soit de « favoriser l'égalité entre le secteur public et privé », il convient de souligner que cette comparaison est incomplète. Dans le secteur privé, de nombreux accords de branche ou d'entreprise permettent d'assurer une rémunération à 100 % des salariés en arrêt maladie, et ce, pendant une période bien plus longue. Selon les syndicats, près de 70 % des salariés du privé bénéficient de telles garanties. Il est donc légitime de se demander pourquoi, dans le secteur public, une telle flexibilité ne serait pas permise aux employeurs territoriaux, alors même que la gestion des ressources humaines relève en grande partie du principe de libre administration des collectivités locales.

 

Le principe de libre administration des collectivités territoriales

Les collectivités territoriales, en vertu de la libre administration qui leur est garantie par la Constitution, doivent pouvoir disposer d'une autonomie suffisante pour gérer les conditions de travail et la rémunération de leurs agents. Dans cette perspective, les collectivités devraient avoir la liberté de décider, en fonction de leurs ressources et de leur politique interne, de maintenir une rémunération à 100 % pour leurs agents en cas de maladie.

Cela pourrait, par exemple, passer par des délibérations locales qui permettent aux collectivités de maintenir un niveau de rémunération à 100 %, dans le respect de leur budget et en fonction de leurs priorités sociales. Cette liberté de gestion est primordiale, car elle permet aux collectivités de prendre des décisions adaptées à leurs réalités locales, sans qu'un cadre national trop rigide ne vienne imposer une norme uniforme, parfois déconnectée des enjeux territoriaux.

 

La position des employeurs territoriaux

Philippe Laurent, président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT), a souligné à plusieurs reprises l'importance de la liberté de gestion pour les employeurs territoriaux. La question de la rémunération des agents publics en arrêt maladie doit être abordée de manière pragmatique et non idéologique. Dans une période où le secteur public fait face à des défis de taille, y compris la gestion des budgets et des ressources humaines, il serait contre-productif de réduire les marges de manœuvre des collectivités locales, surtout lorsque celles-ci souhaitent maintenir des conditions de travail attractives et compétitives.

Il est également important de rappeler que la réforme ne doit pas être perçue uniquement sous l'angle de la réduction budgétaire. Le respect du bien-être des agents publics, leur pouvoir d'achat et leur qualité de vie doivent rester des priorités. Une rémunération complète pendant un congé maladie n'est pas un luxe mais une nécessité pour garantir l'équité et la dignité des agents face à des situations de santé qui, souvent, échappent à leur contrôle.

 

Une gestion locale à encourager

La réduction de la rémunération des fonctionnaires en congé maladie ordinaire, si elle se poursuit, risque d'impacter négativement la motivation et l'engagement des agents publics, mais aussi d'entraîner des inégalités entre le secteur public et privé. Il est donc impératif que les collectivités territoriales conservent une marge de manœuvre en matière de rémunération des agents en arrêt maladie. Le principe de libre administration des collectivités doit être respecté, et elles doivent pouvoir choisir, selon leurs priorités budgétaires et sociales, de maintenir la rémunération des agents à 100 % un congé maladie, comme c'est le cas pour de nombreux secteurs privés.

L'égalité entre le public et le privé, prônée par le gouvernement, devrait donc également inclure la possibilité pour les collectivités d'offrir des conditions de rémunération qui permettent à leurs agents de maintenir une vie digne, même en cas de maladie. Les collectivités doivent être libres de gérer leurs ressources humaines selon des critères locaux et de proximité, en fonction des besoins de leurs agents et des moyens dont elles disposent. Cette flexibilité est une condition sine qua non pour garantir la qualité du service public et le bien-être des agents qui le servent.

 

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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22 février 2025 6 22 /02 /février /2025 15:34

 

 

 

 

 

Quelles sont les nouvelles règles concernant la rémunération des fonctionnaires en arrêt maladie à partir du 1er mars 2025 ?

À partir du 1er mars 2025, les fonctionnaires en congé de maladie ordinaire (CMO) percevront 90% de leur traitement indiciaire brut pendant les trois premiers mois de leur arrêt, au lieu de 100%. Après cette période, les règles restent inchangées, avec un demi-traitement versé pour les neuf mois suivants en cas d'arrêt prolongé. Le jour de carence reste également en vigueur, ce qui signifie qu'aucun salaire n'est versé pour le premier jour d'arrêt. Ces dispositions sont issues de l'article 189 de la loi de finances pour 2025.

 

Pourquoi cette modification de la rémunération en cas d'arrêt maladie ?

Le gouvernement justifie cette mesure par la nécessité de lutter contre l'absentéisme dans la fonction publique et de réaliser des économies budgétaires. L'objectif est d'inciter les agents à limiter les arrêts de courte durée. Les inspections générales des finances (IGF) et des affaires sociales (Igas) estiment que cette mesure permettra d'économiser 900 millions d'euros par an. Les dépenses liées aux indemnités journalières ont doublé depuis 2017, atteignant 17 milliards d'euros en 2024.

 

Quels sont les éléments de rémunération impactés par cette réduction à 90% ?

La réduction à 90% du traitement indiciaire pendant les trois premiers mois du CMO affecte également les primes et indemnités calculées sur la base du traitement, notamment la nouvelle bonification indiciaire (NBI), le régime indemnitaire, le complément de traitement indiciaire (CTI) et le dispositif "transfert primes/points". Le montant de certaines primes calculées en pourcentage du traitement est également impacté.

 

Quels sont les éléments de rémunération qui ne sont pas affectés par cette baisse ?

Le supplément familial de traitement (SFT) et l'indemnité de résidence (IR) continuent d'être versés intégralement pendant toute la durée du CMO, sans diminution.

 

Cette mesure s'applique-t-elle à tous les types de congés maladie ?

Non, cette réduction de rémunération à 90% ne concerne que les congés de maladie ordinaire (CMO) durant les trois premiers mois. Les congés de longue maladie (CLM) et de longue durée (CLD) conservent leurs régimes de rémunération actuels.

 

Qu'en est-il des agents contractuels ?

Une mesure similaire est prévue pour les agents contractuels. Pour la Fonction Publique Territoriale, un projet de modification du décret n° 88-145 du 15 février 1988 est en cours d'examen afin d'étendre cette réduction de rémunération aux contractuels.

 

Les collectivités territoriales ont-elles la possibilité de maintenir le remboursement à 100% des salaires en cas d'arrêt maladie ?

Les représentants des employeurs territoriaux au conseil commun de la fonction publique ont exprimé leur souhait que les collectivités territoriales aient la liberté de choisir de maintenir le remboursement à 100% des salaires de leurs agents en arrêt maladie. Cependant, l'interprétation actuelle de la loi de finances pour 2025 ne semble pas permettre cette option. Certaines collectivités pourraient malgré tout délibérer en ce sens, ce qui pourrait entraîner des contestations devant la justice.

 

Quelles sont les critiques formulées à l'égard de cette mesure ?

Les syndicats et certains élus locaux critiquent cette mesure, la considérant comme injuste et susceptible de pénaliser les agents les moins bien rémunérés, notamment ceux de catégorie C. Ils soulignent que 10% de rémunération en moins représente une somme importante pour ces agents et que les contrats de prévoyance ne couvrent pas cette perte financière. De plus, cette mesure pourrait alourdir la gestion administrative. La mesure est perçue par certains comme une manière de faire financer le déficit budgétaire par les agents malades.

 

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21 février 2025 5 21 /02 /février /2025 14:55

 

 

Une diminution de traitement aux conséquences multiples

À compter du 1er mars 2025, en application de l'article 189 de la loi de finances pour 2025, les fonctionnaires en congé de maladie ordinaire (CMO) percevront 90 % de leur traitement durant les trois premiers mois de leur arrêt. Le premier jour de l'arrêt de maladie ordinaire reste toutefois impacté par l'application d'un jour de carence, sans indemnisation. Passé ce délai, les neuf mois suivants du CMO restent soumis au demi-traitement sans modification. Les congés de longue maladie (CLM) et de longue durée (CLD) conservent également leurs régimes de rémunération actuels.

Cette réduction de traitement indiciaire entraîne une perte de pouvoir d'achat plus large, car elle impacte également les primes et indemnités calculées sur la base du traitement des agents concernés, notamment la nouvelle bonification indiciaire (NBI), le régime indemnitaire, le complément de traitement indiciaire (CTI) et le dispositif "transfert primes/points". Ces éléments étant proportionnels au traitement, leur diminution accentue la perte de revenus des agents en arrêt maladie.

 

Impact sur les accessoires du traitement

Certains éléments de rémunération ne sont pas affectés par cette baisse :

-Le supplément familial de traitement (SFT) : reste intégralement versé durant toute la durée du CMO, conformément au dernier alinéa de l'article L. 822-3 du Code général de la fonction publique (CGFP).

-L'indemnité de résidence (IR) : demeure perçue en totalité pendant toute la durée du CMO.

 

En revanche, d'autres composantes de la rémunération des agents subiront une diminution proportionnelle à la baisse du traitement indiciaire :

-La nouvelle bonification indiciaire (NBI) : elle sera réduite de 10 % durant les trois premiers mois du CMO, conformément à l'article 2 du décret n° 93-863 du 18 juin 1993.

-Le régime indemnitaire : les primes et indemnités soumises à maintien partiel en CMO seront diminuées dans la même proportion que le traitement (article 1er du décret n° 2010-997 du 26 août 2010).

-Le complément de traitement indiciaire (CTI) : subira une diminution identique à celle du traitement, conformément à l'article 15 du décret n° 2020-1152 du 19 septembre 2020.

-Le dispositif "transfert primes/points" : l’abattement sur les primes sera réduit à hauteur de la baisse du traitement indiciaire, selon l'article 148 de la loi n° 2015-1785 du 29 décembre 2015.

 

Une perte de pouvoir d'achat accrue pour les agents en arrêt maladie

La réduction de 10 % du traitement durant les trois premiers mois du CMO ne se limite pas à une simple baisse salariale : elle a un impact sur l'ensemble des composantes de la rémunération indexées sur le traitement.

Cette diminution s'ajoute à d'autres difficultés financières que peuvent rencontrer les agents en arrêt maladie, notamment la perte de primes en cas d’interruption prolongée d’activité et les frais médicaux non couverts par la mutuelle ou la sécurité sociale.

Si la mesure vise à encadrer la dépense publique, elle pourrait fragiliser certains agents confrontés à des problèmes de santé et accentuer les inégalités entre ceux disposant de ressources complémentaires et ceux dépendant uniquement de leur traitement. Par exemple, un agent percevant un salaire mensuel brut de 2 500 euros verrait son traitement réduit de 250 euros par mois pendant les trois premiers mois de son arrêt, impactant ainsi son budget mensuel, notamment pour le remboursement de prêts ou les dépenses essentielles. Cette réduction pourrait être d'autant plus pénalisante pour les agents dont les primes représentent une part importante de leur rémunération totale.

Avis www.naudrh.com

La réduction de la rémunération des fonctionnaires en congé de maladie ordinaire aura des répercussions importantes sur leur pouvoir d'achat, d’autant plus que ses effets se propageront aux primes et indemnités indexées sur le traitement.

Si certaines indemnités comme le SFT et l'IR ne sont pas concernées, d'autres, telles que la NBI, le régime indemnitaire et le CTI, seront directement impactées, ce qui risque d'aggraver la pression financière sur les agents en situation de fragilité.

Face à cette nouvelle réalité budgétaire, il sera essentiel d’évaluer les effets de la mesure sur les arrêts maladie dans la fonction publique et d’envisager des dispositifs de compensation pour les agents les plus touchés. Parmi les pistes envisageables, on pourrait explorer la mise en place d’un fonds de soutien spécifique pour les agents en situation de vulnérabilité financière, l’augmentation des garanties des complémentaires santé pour pallier la baisse de revenus, ou encore la modulation du régime indemnitaire afin d’atténuer les pertes de primes liées à l’arrêt maladie.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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20 février 2025 4 20 /02 /février /2025 20:02

 

 

Le décret n° 2025-161 précise les modalités d’application de l’article L. 3142-131 du code du travail, introduit par la loi n° 2024-344 du 15 avril 2024, visant à soutenir l'engagement bénévole et à simplifier la vie associative.

👉 Qui est concerné ?

Ce dispositif permet aux salariés de renoncer à leurs jours de repos non pris au profit d’organismes tels que :


-Fondations ou associations reconnues d’utilité publique


-Fondations universitaires, de partenariat ou d’entreprise


- Œuvres ou organismes d’intérêt général : philanthropiques, éducatifs, scientifiques, sociaux, humanitaires, sportifs, familiaux, culturels, ou en faveur de l'égalité femmes-hommes, de l’environnement, du patrimoine artistique ou de la diffusion des connaissances.



👉 Quelles sont les modalités ?


-Nombre de jours : le salarié peut renoncer à trois jours de repos par an maximum.


-Renonciation sans contrepartie : aucun paiement n’est dû au salarié pour cette renonciation.


-Accord de l’employeur : l’accord de l’employeur est requis pour que la renonciation soit valide.


-Conversion monétaire : les jours de repos donnés peuvent être convertis en unité monétaire pour les organismes bénéficiaires, selon des modalités précisées par décret.



Pourquoi cette mesure ?
Elle vise à encourager la solidarité et à soutenir les initiatives d’intérêt général, tout en simplifiant le cadre juridique de l’engagement bénévole.



👉 Le cadre de cette loi permet aux salariés de participer activement à des causes sociales et humanitaires, tout en respectant les besoins de l’entreprise.



🔗 Pour les employeurs, c'est une opportunité de soutenir le bénévolat au sein de leur organisation, tout en respectant la flexibilité du travail.



✅ Avis www.naudrh.com :
Cette mesure renforce le lien entre l’engagement individuel et l’intérêt collectif. Elle facilite également la participation à des actions bénéfiques tout en maintenant un cadre respectueux des droits des salariés et des exigences des employeurs. C’est une belle initiative qui pourrait faire émerger plus de solidarité au sein de notre société.

 

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18 février 2025 2 18 /02 /février /2025 22:45

 

 

 

 

L'absentéisme pour raisons de santé chez les fonctionnaires a enregistré une baisse significative en 2023. Cette tendance, confirmée par les données officielles publiées dans le rapport annuel 2024 sur l'état de la fonction publique, notamment une baisse de 5,2 % des arrêts maladie par rapport à l'année précédente, contraste avec les discours politiques qui ont dominé les débats parlementaires et les interventions gouvernementales sur la question des arrêts maladie dans la fonction publique.

 

Une baisse plus marquée dans la fonction publique que dans le privé

Les chiffres révèlent que, tant dans le secteur privé (-3,8 %) que dans la fonction publique (-5,2 %), les absences pour raisons de santé ont diminué en 2023. Cependant, la réduction est plus prononcée parmi les fonctionnaires. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette tendance :

-Une politique de prévention renforcée : la mise en place d'actions de prévention des risques psychosociaux et de dispositifs d'accompagnement des agents.

-Une stabilisation des conditions de travail post-Covid : la sortie progressive des effets de la crise sanitaire a réduit les facteurs de stress et d'épuisement professionnel.

-Une réglementation plus stricte sur les arrêts maladie : les récentes réformes ont rendu les contrôles plus systématiques, limitant certains abus.

Un décalage entre discours politique et réalité statistique

Tout au long de l'année 2023, le gouvernement et plusieurs parlementaires ont mis en avant une augmentation présumée des absences pour maladie dans la fonction publique, souvent en l'opposant à la situation du secteur privé. Or, les chiffres officiels du ministère de la Fonction publique contredisent ces affirmations et montrent au contraire une baisse plus forte dans la fonction publique que dans le privé.

Ce contraste entre discours et réalité s'explique par plusieurs facteurs, notamment une perception médiatique amplifiée et des discours politiques parfois déconnectés des tendances statistiques. Cette dissonance peut s'expliquer par plusieurs raisons :

-Une volonté politique de justifier des réformes restrictives en matière de protection sociale.

-Une vision biaisée basée sur des cas isolés plutôt que sur des données agrégées.

-Une communication gouvernementale insistant sur la responsabilisation des agents plutôt que sur les résultats des politiques de prévention.

Quelles implications pour la gestion des ressources humaines ?

La baisse de l'absentéisme dans la fonction publique est une opportunité pour renforcer les dispositifs de qualité de vie au travail, comme l'a démontré la mise en place de cellules de soutien psychologique et de programmes de réadaptation professionnelle dans certaines administrations, ayant permis de réduire significativement le taux de rechute des agents en arrêt longue durée. et dépasser une vision punitive de la gestion des absences. Pour les DRH des collectivités territoriales et des administrations, il s'agit de :

-Valoriser les politiques de prévention et en évaluer l'impact.

-Maintenir un équilibre entre contrôle et accompagnement des agents.

-Démonter les idées reçues en s'appuyant sur des données objectives.

 

La réalité des chiffres démontre que la fonction publique n'a pas connu une explosion des arrêts maladie en 2023, bien au contraire. La communication politique autour de l'absentéisme doit être recentrée sur une lecture plus rigoureuse des données et sur des mesures favorisant la santé et le bien-être des agents. Plutôt que de stigmatiser les fonctionnaires, il est temps de reconnaître les progrès réalisés et d’explorer de nouvelles pistes d’amélioration, telles que le développement d’un suivi individualisé du bien-être au travail et la mise en place d’indicateurs de performance sociale pour mesurer l’impact des actions préventives. en matière de prévention et de gestion des absences pour raisons de santé.

 

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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Rapport annuel 2024 sur l'état de la fonction publique

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17 février 2025 1 17 /02 /février /2025 22:52

 

 

L'article 189 de la loi de finances pour 2025 introduit une modification significative des conditions de rémunération du congé de maladie ordinaire (CMO) dans la fonction publique territoriale. Cette réforme ajuste l'article L. 822-3 du Code général de la fonction publique (CGFP) en instaurant une réduction du traitement versé aux fonctionnaires pendant les trois premiers mois de ce congé.

Un traitement réduit à 90 % pour les trois premiers mois du CMO

À compter du 1er mars 2025, le fonctionnaire en congé de maladie ordinaire percevra 90 % de son traitement durant les trois premiers mois de son arrêt, en remplacement de la rémunération intégrale auparavant en vigueur. Par exemple, pour un agent dont le traitement mensuel s’élève à 2 500 euros brut, cette réduction représente une diminution de 250 euros par mois sur cette période, soit un manque à gagner total de 750 euros.

Cette modification ne concerne que cette période initiale, car elle vise à limiter l'impact financier de l'absentéisme tout en maintenant un soutien partiel aux agents en arrêt de longue durée. Les neuf mois suivants du CMO restent inchangés et continuent d’être rémunérés à demi-traitement. Il convient également de rappeler que le jour de carence s’appliquera toujours le premier jour d'arrêt de maladie ordinaire, conformément aux dispositions en vigueur. Institué pour limiter les arrêts de courte durée, ce dispositif vise à responsabiliser les agents tout en contribuant à la maîtrise des dépenses publiques.

Aucune incidence sur les congés de longue maladie (CLM) et de longue durée (CLD)

Il est important de souligner que cette réforme n’affecte en rien la rémunération des congés de longue maladie (CLM) et de longue durée (CLD). Les fonctionnaires bénéficiant de ces congés continueront à percevoir leur traitement aux conditions actuelles, avec un maintien du plein traitement pour la durée initialement prévue par les textes réglementaires.

Application aux agents contractuels

Une disposition équivalente est envisagée pour les agents contractuels. Une modification du décret n° 88-145 du 15 février 1988 est en cours d’examen afin de transposer cette réduction de rémunération aux contractuels. Présenté au Conseil commun de la fonction publique (CCFP) le 11 février 2025, ce projet a reçu un avis défavorable des organisations syndicales et sera à nouveau examiné le 19 février 2025.

Mise en application immédiate sans nécessité de décret

L’entrée en vigueur de cette mesure ne dépend pas de la publication d’un décret d’application. Ainsi, tout congé de maladie ordinaire accordé à partir du 1er mars 2025 sera soumis à ces nouvelles modalités de rémunération, sans distinction de motif ou de durée prévue.

Cette réforme s’inscrit dans un objectif de maîtrise des finances publiques, tout en assurant un maintien de la protection des agents en arrêt maladie. Toutefois, elle représente une évolution notable du statut des fonctionnaires et suscite déjà des débats au sein des collectivités territoriales et des organisations syndicales.

 

Par Pascal NAUD

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🚨 POUR ALLER PLUS LOIN NOTE CIG

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14 février 2025 5 14 /02 /février /2025 20:50

 

 

 

Le projet de loi de finances (PLF) 2025 prévoit une réduction du taux d'indemnisation des congés maladie ordinaires pour certains fonctionnaires et agents contractuels, passant de 100 % à 90 %. Cette mesure, présentée par le gouvernement comme un alignement progressif sur le régime du secteur privé, a suscité une opposition unanime lors de la séance plénière du Conseil commun de la fonction publique (CCFP) du 11 février 2025. Les syndicats dénoncent une inégalité de traitement, estimant que les fonctionnaires ne bénéficient pas des mêmes compensations salariales et de protection sociale que les salariés du privé, rendant ainsi cet alignement injuste. de la séance plénière du Conseil commun de la fonction publique (CCFP) du 11 février 2025. Employeurs territoriaux et hospitaliers, tout comme l’ensemble des organisations syndicales, ont exprimé un avis défavorable.

 

Un consensus contre la réforme

 

La décision du gouvernement de réduire l’indemnisation des fonctionnaires en arrêt maladie ordinaire s’inscrit dans une logique d’économies budgétaires. L’Exécutif estime que cette mesure permettrait de générer des économies substantielles sur les finances publiques, tout en prétendant lutter contre l’absentéisme.

Cependant, les organisations syndicales dénoncent une régression sociale majeure, fragilisant les agents contractuels et les fonctionnaires concernés, notamment ceux des secteurs hospitaliers et des collectivités territoriales, déjà confrontés à une charge de travail importante.

De manière inhabituelle, les employeurs territoriaux et hospitaliers se sont également opposés au projet de décret, soulignant que cette mesure risquerait d'aggraver les tensions sur le recrutement et la fidélisation des agents publics, déjà mises à mal par des conditions de travail exigeantes et des rémunérations peu attractives. Ils redoutent une accentuation des difficultés d’attractivité des métiers publics, déjà sous tension, et un affaiblissement des services publics locaux et hospitaliers.

 

Un impact préoccupant sur les agents


La baisse du taux d’indemnisation entraînerait une perte de pouvoir d'achat pour les agents concernés. Dans un contexte d’inflation persistante, cette mesure pourrait fragiliser davantage certains agents, en particulier ceux percevant les plus bas salaires.

Les syndicats mettent également en garde contre le risque d’un report des soins par les agents malades, citant des études récentes de l'INSEE et de la DARES qui montrent que 30 % des agents hésitent à se mettre en arrêt pour éviter une perte de rémunération, ce qui peut entraîner une aggravation des pathologies et un allongement des congés maladie. À terme, cela pourrait aggraver leur état de santé et allonger les périodes d’arrêt, contredisant ainsi l’objectif affiché du gouvernement.

 

Une mobilisation syndicale en préparation


Face à cette mesure controversée, les syndicats annoncent déjà des actions de mobilisation pour défendre les droits des agents publics. Des grèves et manifestations sont déjà annoncées pour la fin du mois de février, avec des rassemblements prévus devant plusieurs préfectures et établissements hospitaliers, tandis que certains syndicats appellent à une concertation approfondie afin de trouver des solutions alternatives qui ne pénaliseraient pas la protection sociale des agents.

L’avenir de cette réforme dépendra des discussions parlementaires et des arbitrages gouvernementaux. Toutefois, face à une telle opposition, il est probable que cette mesure fasse l’objet d’intenses négociations avant toute mise en application.

En cherchant à réduire le coût des arrêts maladie dans la fonction publique, le gouvernement s'est heurté à un front commun inédit réunissant syndicats et employeurs publics. Loin d’être une simple mesure budgétaire, cette réforme suscite de vives inquiétudes quant à son impact sur les conditions de travail et l’attractivité des emplois publics. Il reste à voir si le gouvernement persistera dans cette voie ou s’il devra revoir sa copie sous la pression sociale. Des ajustements pourraient être envisagés, comme une compensation progressive pour les agents les plus vulnérables ou une application différenciée selon les catégories de personnel, afin de limiter l'impact sur les secteurs les plus exposés.

 

Par Pascal NAUD

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12 février 2025 3 12 /02 /février /2025 08:58

 

 

 

 

EXPOSÉ DES MOTIFS

 

Le 11 juillet 2023, l'Association des maires de France et des présidents d'intercommunalité (AMF), l'Association des Maires Ruraux de France (AMRF), l'Association des Petites Villes de France (APVF), Départements de France, la Fédération Nationale des Centres de Gestion (FNCDG), France urbaine, Intercommunalités de France et Villes de France concluaient, avec l'unanimité des organisations syndicales représentatives à l'échelle du versant territorial de la fonction publique - à savoir la Confédération française démocratique du travail Interco (CFDT Interco), la Confédération générale du travail (CGT), la Fédération autonome de la fonction publique territoriale (FA-FPT), Force Ouvrière (FO), la Fédération syndicale unitaire (FSU) et l'Union nationale des syndicats autonomes (UNSA) - un accord collectif national relatif à la protection sociale complémentaire des agents territoriaux.

Cet accord inédit - le premier à cette échelle dans l'histoire du dialogue social - marque à la fois, au-delà de sa teneur, une avancée extrêmement positive pour la négociation collective et la décentralisation.

En effet, il vient démontrer la capacité des employeurs territoriaux à se saisir, avec les organisations syndicales, des enjeux propres à la fonction publique territoriale et à affirmer le respect de ses spécificités.

Sur le fond, cet accord constitue un progrès social indéniable.

Depuis plusieurs années, l'usure professionnelle constitue une problématique importante dans la fonction publique territoriale, en raison des métiers qui y sont exercés. Les statistiques, issues de plusieurs sources dont le rapport annuel sur la fonction publique, témoignent d'une hausse très nette des arrêts de travail et des cas d'invalidité après 50 ans.

Autre particularité : la moyenne d'âge des agents dans la fonction publique territoriale est de 47 ans, contre 42 ans dans le secteur privé. Cela implique une prise en compte renforcée des risques liés à l'âge dans la gestion des ressources humaines, de surcroît face à l'allongement des carrières.

Le versant territorial présente aussi une forte spécificité tenant au nombre d'employeurs (38 000) qui le composent et à leur très grande diversité. Ceux-ci disposent d'une autonomie de gestion au nom de la libre administration des collectivités territoriales, qui a pour effet de leur conférer une liberté locale de négociation.

La réforme de la protection sociale complémentaire a vocation à répondre à un enjeu de progrès social mais aussi d'attractivité des métiers du service public alors que le secteur privé s'est doté de dispositifs collectifs de couverture ambitieux.

Aussi, les parties prenantes de l'accord ont entendu faire porter prioritairement l'effort sur la prévoyance, sans évidemment renoncer à une ambition commune sur la santé.

Face aux risques auxquels les agents territoriaux sont particulièrement exposés mais demeurent peu ou mal couverts, la mise en place d'un droit nouveau en matière de prévoyance répond à une urgence partagée.

En matière de prévoyance, l'accord permettra le versement de prestations complémentaires en cas de maladie ou d'invalidité, assurant au total une couverture minimale de 90 % de la rémunération globale nette de l'agent.

Cet accord représente deux avancées sociales majeures :

- Il vient renforcer la protection des agents contre les aléas de la vie (maladie et invalidité) et les risques de paupérisation qui peuvent en découler, du fait des pertes de revenus induites ;

- Il introduit un socle de nouveaux droits, commun à tous les employeurs, au bénéfice de tous les agents.

Dans le respect de la liberté locale de négociation, qui pourra venir améliorer par le dialogue social territorial les garanties posées par l'accord national, la réforme de la protection sociale complémentaire aboutit à une unité d'approche des enjeux de protection sociale des agents à l'échelle du versant territorial.

Cet accord introduit des mécanismes de solidarité qui n'existaient pas auparavant :

- entre les 1,9 million d'agents actifs, quels que soient leur statut (titulaire ou contractuel), leur âge et leur catégorie, en particulier grâce à la mise en place de contrats collectifs à adhésion obligatoire mais aussi du fait de l'encadrement de pratiques qui pouvaient jusqu'à présent conduire à des traitements différenciés ;

- entre les 38 000 employeurs du versant territorial, par une mutualisation opérée dans le cadre des portefeuilles des opérateurs, futurs titulaires des contrats collectifs à adhésion obligatoire.

Aussi, les parties prenantes se sont accordées sur une participation minimale de l'employeur de 50 % de la cotisation au titre des contrats de prévoyance à adhésion obligatoire à mettre en place, portant ainsi conjointement le principe d'une solidarité de prise en charge.

L'une des préoccupations majeures des signataires de l'accord a été de porter des solutions qui contribuent à une protection efficace au regard de l'investissement financier partagé entre agents et employeurs et qui conjuguent à la fois solidarité sociale, générationnelle et catégorielle (entre niveaux de catégories) entre le plus grand nombre et optimisation des contrats et de la dépense.

La mise en place de contrats collectifs à adhésion obligatoire contribuera à cette optimisation car elle garantit :

- une connaissance préalable et la stabilité du besoin à couvrir par les futurs opérateurs ;

- une solidarité intergénérationnelle, inter-catégorielle et sociale ;

- une mutualisation de la couverture des risques par l'employeur à l'échelle des bassins d'emploi et au sein des portefeuilles des futurs opérateurs titulaires des contrats ;

- une maîtrise partagée du pilotage de la sinistralité.

L'adhésion obligatoire aboutit à un rapport entre prestations et cotisations plus favorable pour les agents et les employeurs, comme cela a pu être constaté à l'occasion de la mise en place de tels contrats pour couvrir les salariés du secteur privé.

La recherche d'une logique « gagnant-gagnant » entre agents et employeurs a été essentielle pour les parties prenantes, tout au long des discussions. L'accord concilie protection des agents face aux risques de la vie, solidarité et soutenabilité de l'effort financier induit.

Du fait de l'effort que chacun consacrera, les employeurs comme les agents seront ensemble en co-responsabilité de la prévention des risques, en tant qu'acteurs conjoints du financement de la protection assurantielle ainsi apportée.

Cette logique trouvera également sa traduction dans le pilotage et le suivi paritaires, entre employeurs et organisations syndicales représentatives, des contrats et accords collectifs, tels qu'ils sont prévus par l'accord.

Pour désormais concrétiser les ambitions de cet accord, trois points fondamentaux qu'il comporte, dans le champ de la prévoyance, impliquent, en accord avec l'ensemble de ses signataires, la modification de dispositions législatives. Il s'agit :

- de la généralisation des contrats collectifs à adhésion obligatoire ;

- de la définition de la participation minimale de l'employeur non plus par application d'un pourcentage à un montant de référence, comme c'est le cas selon le droit en vigueur, mais par application d'une fraction à la cotisation ou prime individuelle prévue au contrat ;

- de la fixation de cette participation minimale à la moitié du montant de la cotisation ou prime individuelle.

En effet, selon les termes de l'ordonnance n° 2021-174 du 17 février 2021 relative à la négociation et aux accords collectifs dans la fonction publique, un accord collectif ne peut, à lui seul, modifier des dispositions de nature législative.

En conséquence, il revient ensuite au législateur de se saisir de leur transposition dans la loi.

Tel est l'objet de la présente proposition de loi qui vient ainsi tirer les conséquences des principaux points de l'accord collectif national du 11 juillet 2023 et intégrer à la loi les résultats du dialogue social et de la négociation collective, au profit de la protection sociale des 1,9 million d'agents publics territoriaux qui oeuvrent au service de l'intérêt général.

Les articles 1er et 2 procèdent, par transposition du point 1.1.2 de l'accord collectif national du 11 juillet 2023, à la généralisation des contrats collectifs à adhésion obligatoire s'agissant de la couverture des risques en matière de prévoyance dans la fonction publique territoriale.

L'article 2 dispose également qu'un accord collectif local peut prévoir l'adhésion obligatoire pour des niveaux de garanties supérieures à celles déterminées par les textes en vigueur mais aussi que l'accord collectif peut prévoir que le contrat conclu comporte des garanties optionnelles que l'agent peut souscrire librement, à titre individuel.

Il renvoie par ailleurs à un décret la détermination des cas de dispenses d'adhésion à un contrat collectif à adhésion obligatoire ; la détermination de ces cas incluant également la reconnaissance de facultés de dispenses pouvant résulter, le cas échéant, d'un accord collectif valide.

Par transposition du point 1.1.3 du même accord collectif national, l'article 3 introduit une nouvelle définition de la participation minimale de l'employeur à la prévoyance complémentaire, exprimée en fonction de la cotisation prévue au contrat collectif, et fixe cette participation financière à la moitié du montant de la cotisation ou prime individuelle ouvrant droit au bénéfice des garanties minimales, en lieu et place du taux minimal de 20 % d'un montant de référence qui aboutit, en l'état du droit en vigueur, à un montant de seulement 7 euros par mois par agent.

L'article 4 vise à clarifier une situation qui est source de contentieux en précisant que l'organisme assureur titulaire d'un contrat collectif de prévoyance ne peut refuser de prendre en charge les suites d'une pathologie contractée par un agent antérieurement à son adhésion au contrat.

L'article 5 opère, à titre transitoire, une clarification du régime applicable aux agents en arrêt de travail à la date de prise d'effet du contrat collectif à adhésion obligatoire, au moment de la première mise en place de l'adhésion obligatoire dans la collectivité : sans les priver de la possibilité, s'ils le souhaitent, de solliciter l'adhésion au contrat collectif conclu par leur employeur, il leur accorde une dérogation à l'obligation de souscription leur permettant, d'une part, de continuer à souscrire le contrat individuel de prévoyance dont ils sont titulaires le cas échéant, jusqu'au terme de la pathologie à l'origine de leur arrêt de travail et à leur reprise d'activité pour une durée consécutive minimale de 30 jours et, d'autre part, de bénéficier de la participation financière de leur employeur dans les mêmes conditions que les agents bénéficiaires du contrat collectif souscrit.

Cette dérogation ne pourra pas être de nature à remettre en cause le caractère obligatoire de l'adhésion au contrat passé par la collectivité et le régime social et fiscal correspondant.

Ce faisant, cette précision vient lever une source potentielle d'insécurité juridique à laquelle pourraient être confrontés les employeurs territoriaux, comme l'avaient été les employeurs privés à l'époque de la mise en place des premiers contrats d'entreprise à adhésion obligatoire.

L'article 6 fixe au plus tard au 1er janvier 2027 l'échéance de mise en conformité aux dispositions des articles 1er, 2 et 3, et au lendemain de la publication de la loi l'entrée en vigueur des dispositions des articles 4 et 5.

Au travers de ces échéances différenciées, il s'agit de laisser aux acteurs (employeurs et organisations syndicales) un délai réaliste de négociation des accords collectifs locaux et de mise en place des nouveaux contrats collectifs. Il s'agit également de permettre aux opérateurs économiques (assureurs et assistances à maîtrise d'ouvrage) de se structurer et de se préparer à répondre à la forte demande qui sera exprimée par les collectivités et d'éviter ainsi toute « embolie » du marché qui mettrait en difficulté les acteurs ou pourrait conduire à des effets « prix » indésirables du fait d'un défaut de concurrence ou d'une préparation insuffisante des appels d'offres.

L'article 7 traite des conséquences financières des dispositions de la présente proposition de loi pour les collectivités territoriales.

 

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10 février 2025 1 10 /02 /février /2025 22:40

 

 

 

 

Un bouleversement dans la gestion des arrêts maladie des fonctionnaires

Le Projet de loi de finances (PLF) 2025 introduit une modification significative dans la couverture des arrêts maladie ordinaires des fonctionnaires. Désormais, ces derniers subiront un jour de carence et verront leur rémunération amputée de 10 % pendant la durée de leur arrêt. Cette mesure, justifiée par la volonté de maîtriser les dépenses publiques et de réduire le coût des arrêts maladie pour l'État, soulève des préoccupations quant à son impact sur le pouvoir d’achat des agents et l’attractivité de la fonction publique territoriale.

 

Les employeurs territoriaux face à un défi de protection sociale

Les collectivités locales, déjà confrontées à des difficultés de recrutement et de fidélisation, doivent anticiper les effets de cette réforme. Par exemple, dans certains départements, le taux de vacance des postes peut atteindre 15 %, notamment dans les métiers de la petite enfance et des soins à domicile, rendant la gestion des ressources humaines encore plus complexe. La mise en place de garanties de prévoyance collectives pourrait constituer un levier efficace pour préserver l’engagement des agents et limiter les conséquences sociales de la mesure.

 

Les contrats collectifs de prévoyance : une solution inspirée du secteur privé

Dans le secteur privé, de nombreuses conventions collectives permettent aux salariés de bénéficier d’une compensation des jours de carence et d’une prise en charge partielle de leur rémunération en cas d’arrêt maladie. Cette approche repose sur des contrats de prévoyance souscrits par les employeurs et cofinancés avec les salariés. Par exemple, dans le secteur de la métallurgie, la convention collective prévoit une prise en charge de 90 % du salaire dès le premier jour d’arrêt maladie grâce à un contrat de prévoyance collectif négocié par les partenaires sociaux. La fonction publique territoriale pourrait s’inspirer de ces mécanismes pour garantir une protection sociale complémentaire aux agents.

 

Quels leviers pour les employeurs publics ?

Face à ces enjeux, les collectivités territoriales disposent de plusieurs options pour protéger leurs agents tout en restant attractives :

1) Négociation de contrats collectifs de prévoyance : en s’associant à des assureurs, les employeurs publics peuvent proposer des garanties spécifiques pour compenser la perte de 10 % de rémunération en cas d’arrêt maladie.

2) Participation au financement des garanties : une prise en charge partielle des cotisations par les collectivités locales permettrait d’encourager l’adhésion des agents tout en limitant leur reste à charge.

3) Intégration des garanties dans les avantages sociaux : une telle protection pourrait devenir un argument supplémentaire pour renforcer l’attractivité de la fonction publique territoriale.

4) Accompagnement et information des agents : une sensibilisation et un accompagnement adéquats faciliteraient l’adhésion à ces dispositifs et aideraient les agents à faire des choix éclairés en matière de prévoyance.

 

Quels risques en l’absence d’une couverture complémentaire ?

L'absence d'un dispositif de prévoyance adapté engagerait directement la responsabilité des employeurs publics et pourrait entraîner plusieurs conséquences négatives :

-Une augmentation de l’absentéisme de courte durée : les agents pourraient être tentés de prolonger leurs arrêts pour compenser leur perte de salaire.

-Des tensions sociales : cette réforme pourrait être perçue comme une remise en cause des acquis sociaux et générer des revendications.

-Un déficit d’attractivité pour la fonction publique territoriale : les métiers les plus exigeants et les moins bien rémunérés risquent d’être les plus touchés par cette évolution.

 

Un enjeu stratégique pour les collectivités

L’adoption de garanties de prévoyance apparaît comme une réponse pragmatique aux nouvelles contraintes imposées par le PLF 2025. En anticipant ces évolutions, les employeurs territoriaux pourraient préserver la motivation des agents et éviter une dégradation des conditions de travail. Une politique de prévoyance bien conçue permettrait non seulement de compenser les effets de la réforme, mais aussi de renforcer l’attractivité et la qualité de vie au sein des collectivités locales. Une première étape concrète pour les employeurs publics pourrait être l’organisation de réunions d’information et de concertation avec les agents et les partenaires sociaux afin d’identifier les besoins spécifiques et d’élaborer des solutions adaptées.

 

Par Pascal NAUD

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7 février 2025 5 07 /02 /février /2025 10:49

 

 

 

 

Depuis une quinzaine d'années, le nombre de départs à la retraite pour invalidité dans la fonction publique territoriale et hospitalière a connu une augmentation spectaculaire, conséquence directe des réformes successives du système de retraite et de l’évolution des conditions de travail. La réforme de 2010, qui a relevé l’âge légal de départ et modifié les conditions d’accès à une retraite à taux plein, a notamment joué un rôle déterminant en repoussant la sortie du marché du travail pour de nombreux agents dont l’état de santé s’est progressivement dégradé. dans la fonction publique territoriale et hospitalière a connu une augmentation spectaculaire. De 5 500 départs annuels au début des années 2010, on est passé à 8 300 en 2019, avant de se stabiliser à un niveau supérieur à 7 000 départs par an entre 2020 et 2023. Plusieurs facteurs structurels et réglementaires expliquent cette hausse inédite, qui témoigne d'un vieillissement général des agents mais aussi d'un contexte de travail de plus en plus contraignant.


Un vieillissement des agents qui amplifie la sinistralité

L'âge moyen des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers a augmenté de plusieurs années en une décennie. Entre 2010 et 2023, l'âge médian des agents encore en activité est passé de 43 à 46 ans pour les femmes et de 44 à plus de 48 ans pour les hommes. Or, la probabilité d'être mis à la retraite pour invalidité augmente avec l'âge : en 2020, elle était de 0,17 % chez les 45-51 ans, mais grimpait à 1,8 % pour les 62 ans et plus. Ce vieillissement de la population salariée contribue à la hausse du nombre de mises à la retraite pour invalidité.


L'impact des réformes des retraites et du relèvement de l'âge de départ

Les réformes des retraites successives ont joué un rôle clé dans cette augmentation des départs pour invalidité. La réforme de 2010 a relevé l'âge d'ouverture des droits (AOD) de 60 à 62 ans et instauré un allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein. Ces modifications ont forcé certains agents à prolonger leur carrière au-delà de leurs capacités physiques, augmentant le risque d'invalidité.

Les fonctionnaires n'ayant pas la possibilité d'opter pour un départ anticipé, notamment ceux en catégorie C et certains agents de la catégorie B, sont les plus touchés par cette situation. Ces agents occupent souvent des postes physiquement exigeants et disposent de perspectives de reclassement limitées. Faute de solutions alternatives, ils sont contraints de prolonger leur activité jusqu'à l'épuisement ou de demander une mise à la retraite pour invalidité lorsqu'ils ne peuvent plus exercer leurs fonctions. La difficulté d'accès aux dispositifs de cessation progressive d'activité aggrave encore cette problématique. (carrière longue, catégorie active, motifs familiaux) sont les plus touchés. En particulier, les femmes de catégorie C de la fonction publique territoriale ont vu leur taux de départ pour invalidité passer de 12,3 % à 15,2 % entre les générations 1951 et 1956.


Des conditions de travail de plus en plus difficiles

Outre l'allongement de la durée de carrière, les conditions de travail difficiles, comme celles rencontrées par les aides-soignants dans les hôpitaux ou les agents de propreté urbaine, participent à l'augmentation des invalidités. Par exemple, un aide-soignant de 58 ans témoigne : "Le manque de personnel nous oblige à enchaîner les gardes, et les charges physiques sont de plus en plus lourdes. À force, mon dos ne suit plus et j'ai dû demander ma mise en invalidité." Dans la fonction publique hospitalière, la proportion de départs en invalidité a diminué chez les femmes, mais reste élevée pour les hommes, notamment dans les emplois exposés à des contraintes physiques ou psychologiques importantes. dans certains secteurs (soins hospitaliers, entretien des voiries, services sociaux) participent à l'augmentation des invalidités. Dans la fonction publique hospitalière, la proportion de départs en invalidité a diminué chez les femmes, mais reste élevée pour les hommes, notamment dans les emplois exposés à des contraintes physiques ou psychologiques importantes.


Un avenir incertain avec la réforme des retraites de 2023

La réforme des retraites de 2023, qui repousse à terme l'âge de départ à 64 ans, s'inscrit dans un contexte où les tendances démographiques montrent un vieillissement de la population active. Comparativement à d'autres pays européens, comme l'Allemagne où l'âge légal de départ à la retraite est fixé à 67 ans, la France suit une trajectoire similaire mais avec des répercussions spécifiques sur la fonction publique territoriale et hospitalière. Ce changement soulève des interrogations sur la soutenabilité des carrières longues et l'impact sur la santé des agents les plus exposés. risque d'aggraver la situation. En allongeant encore la durée d'exposition au risque d'invalidité, elle pourrait provoquer une nouvelle augmentation du nombre de départs pour raison de santé. Ce phénomène sera à surveiller de près dans les années à venir, alors que les dispositifs de départ anticipé tendent à se restreindre.


Un enjeu social majeur

La hausse des départs à la retraite pour invalidité dans la fonction publique territoriale et hospitalière est le résultat de plusieurs facteurs combinés : vieillissement des agents, dégradation des conditions de travail et réformes successives des retraites. Si cette tendance se poursuit, elle posera des questions essentielles en termes de gestion des ressources humaines, de prévention des risques professionnels et de protection sociale pour les agents publics.

 

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Cette hausse alarmante des départs en invalidité est le symptôme d'une politique qui ne tient pas suffisamment compte de la réalité des conditions de travail des fonctionnaires. Allonger la durée d'activité sans améliorer la qualité de vie au travail est une stratégie risquée. Si rien n'est fait pour accompagner les agents et adapter leurs conditions d'exercice, on risque d'assister à une fragilisation croissante des fonctionnaires les plus exposés.

Afin de limiter ce phénomène, plusieurs pistes pourraient être explorées : renforcer les dispositifs de prévention des risques professionnels, développer des parcours de reconversion adaptés pour les agents en difficulté et assouplir les critères d'accès aux départs anticipés pour raisons de santé. Une meilleure reconnaissance des contraintes physiques et psychologiques de certains métiers permettrait également d'éviter que de nombreux agents n'atteignent un état d'épuisement irréversible. d'une politique qui ne tient pas suffisamment compte de la réalité des conditions de travail des fonctionnaires. Allonger la durée d'activité sans améliorer la qualité de vie au travail est une stratégie risquée. Si rien n'est fait pour accompagner les agents et adapter leurs conditions d'exercice, on risque d'assister à une fragilisation croissante des fonctionnaires les plus exposés.

 

Par Pascal NAUD

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🚨 Pour allez plus loin: numéro 43 de Questions Politiques Sociales

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