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28 mai 2025 3 28 /05 /mai /2025 06:56

 

👉 Savez-vous combien d'heures travaillent réellement les agents publics par rapport aux salariés du privé ? Selon le rapport sur l’état de la fonction publique 2024 (Insee, Dares, FIPECO), les écarts sont significatifs :

-Secteur privé : 1 698 heures annuelles, 25,5 jours de congés/RTT
-Secteur public (hors enseignants) : 1 634 heures/an, 33,3 jours de congés/RTT
-État (hors enseignants) : 1 684 heures/an, 37,1 jours de congés/RTT
-Collectivités locales : 1 599 heures/an, 30,4 jours de congés/RTT
-Hôpitaux : 1 622 heures/an, 27,2 jours de congés/RTT

ℹ️ Les agents de l’État hors enseignants effectuent le plus d’heures supplémentaires (72h/an), tandis que les enseignants bénéficient du plus grand nombre de jours de congés.

👉 Ces données sont essentielles pour objectiver le débat sur la durée du travail dans la fonction publique territoriale et hospitalière.

 

 

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28 mai 2025 3 28 /05 /mai /2025 06:43

 

Une étude comparative issue du rapport 2024 sur l’état de la fonction publique (source : INSEE, FIPECO) met en lumière les disparités salariales entre les différentes fonctions publiques et le secteur privé.

👉 Données clés (en euros nets mensuels en équivalent temps plein) :


Ensemble des agents :
État : 2 743 €
Collectivités locales : 2 145 €
Hôpitaux : 2 734 €
Secteur privé : 2 630 €


Cadres :
État : 3 343 € (3 584 € hors enseignants en 2019)
Collectivités locales : 3 566 €
Hôpitaux : 5 564 € (y compris médecins)
Secteur privé : 4 489 €


Professions intermédiaires :
Relativement homogènes (≈ 2 436 € à 2 769 €)

Ouvriers et employés :
Collectivités locales et privé en bas de l’échelle : 1 901 € et 1 913 €
État : 2 312 €
Hôpitaux : 2 129 €



📌 Ce qu’on peut en retenir :
👉 Le secteur hospitalier se distingue fortement pour les cadres, principalement en raison des rémunérations des médecins.
👉 Les collectivités locales affichent les salaires les plus bas, en particulier pour les ouvriers et employés.
👉 Le secteur privé reste compétitif, notamment pour les cadres, mais les écarts restent modérés pour les professions intermédiaires.

L'État civil propose une grille de rémunération relativement stable et cohérente entre les catégories.

 


💬 Et vous, que pensez-vous de ces écarts salariaux entre secteurs ?

Les fonctions publiques peuvent-elles encore rivaliser avec l’attractivité du privé, notamment pour les jeunes diplômés ou les cadres supérieurs ?

🗨 Avis
www.naudrh.com : ce tableau met en lumière un enjeu stratégique majeur pour l’attractivité de la fonction publique, notamment territoriale, qui reste en retrait sur la majorité des grilles de rémunération. Il est urgent de repenser les leviers de fidélisation et de valorisation des carrières publiques si l'on veut éviter une crise des vocations.

 

 

 

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27 mai 2025 2 27 /05 /mai /2025 15:22

 

 

 

 

 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment placé sous surveillance la souche NB.1.8.1 du SARS-CoV-2, dérivée de la famille des variants Omicron, détectée en France ainsi que dans plusieurs pays européens. Bien que les données soient encore préliminaires, cette situation interpelle les employeurs publics locaux, et tout particulièrement les directions des ressources humaines (DRH) territoriales, garantes de la continuité et de la qualité du service public.

Une vigilance requise, sans dramatisation

Les premières observations scientifiques indiquent que NB.1.8.1 est hautement transmissible, à l’image des précédents sous-variants d’Omicron. Toutefois, aucun signe ne laisse entrevoir une augmentation significative de la gravité des cas. L’OMS appelle ainsi à une surveillance attentive, sans considérer cette souche comme "préoccupante" à ce stade.

Cela dit, sa propagation rapide pourrait engendrer une flambée d’absentéisme, compromettant la continuité de services essentiels tels que la petite enfance, l’aide à domicile ou encore la collecte des déchets. Il convient donc d’anticiper par des dispositifs de prévention proportionnés et adaptés.

Recommandations concrètes pour les DRH territoriaux

Dans ce contexte, plusieurs actions stratégiques peuvent être mises en place sans attendre :

1. Renforcer la communication interne : rappeler les gestes barrières (port du masque en espaces clos partagés, lavage régulier des mains, aération des locaux), des pratiques simples mais toujours efficaces.

2. Actualiser les plans de continuité d’activité (PCA) : identifier les missions prioritaires, les agents-clés, et planifier d’éventuelles mobilités internes ou partenariats interservices pour pallier déficits soudains d’effectifs.

3. Favoriser la souplesse organisationnelle : envisager un retour temporaire au télétravail pour les fonctions compatibles, afin de réduire les risques de transmission tout en assurant la continuité du service.

4. Entretenir un dialogue social de qualité : associer les représentants du personnel à la définition des mesures d’adaptation contribue à leur légitimité et favorise l’adhésion des agents.

5. Renforcer les liens avec les acteurs sanitaires : maintenir une veille active auprès des agences régionales de santé (ARS) et des médecins de prévention permet de réagir rapidement à toute évolution du contexte sanitaire.

Il ne s’agit pas de réinstaurer une gestion de crise permanente, mais de conserver des réflexes de vigilance structurée. Les DRH territoriaux, forts de l’expérience acquise lors des dernières crises sanitaires, disposent des outils pour anticiper les perturbations sans céder à la surenchère.

 

Avis www.naudrh.com : la souche NB.1.8.1 ne constitue pas à ce jour une menace critique, mais elle rappelle utilement l’impératif d’une organisation agile et prévoyante. Pour les employeurs publics locaux, c’est l’occasion de vérifier la solidité de leurs dispositifs de continuité et de réaffirmer une posture préventive fondée sur l’anticipation, la transparence et la cohésion collective.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

Contact naudrhexpertise@gmail.com

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25 mai 2025 7 25 /05 /mai /2025 19:01

 

 

 

 

En cette année 2025, déclarée grande cause nationale pour la santé mentale, il devient impératif d'interroger la place accordée aux troubles psychiques dans le monde du travail, en particulier au sein de la fonction publique territoriale (FPT). Les risques psychosociaux (RPS) y sont-ils toujours tabous ? Et surtout, quelles réponses concrètes mettre en œuvre pour prévenir, identifier et accompagner ces situations ?

Une omerta tenace dans les collectivités

Malgré les campagnes de sensibilisation et les dispositifs réglementaires en vigueur (document unique, obligation de protection de la santé mentale), la reconnaissance des troubles psychiques au travail reste largement insuffisante dans les collectivités territoriales. Le mot "omerta" n'est pas exagéré : dans de nombreux services, le mal-être se vit dans le silence, les agents se taisent, les encadrants sont démunis et les DRH peinent à traiter des situations complexes et multifactorielles.

Cette invisibilisation s'explique par divers facteurs : la peur de la stigmatisation, le sentiment de culpabilité, l'absence de reconnaissance institutionnelle de certaines pathologies psychiques, ou encore la difficulté à établir un lien direct entre conditions de travail et souffrance mentale. Pourtant, les indicateurs sont alarmants : le rapport annuel sur l'état de la fonction publique atteste d'une hausse continue des arrêts longue durée pour troubles anxieux et dépressifs, notamment chez les encadrants intermédiaires et dans les services fortement exposés (social, médico-social, voirie, éducation).

Quand la dégradation du collectif rend malade

Il serait réducteur de renvoyer la responsabilité de ces troubles aux seules personnes concernées. C'est bien l'organisation du travail et la désagrégation des collectifs qui sont au cœur du problème. La perte de sens, la surcharge chronique, les réorganisations incessantes, la numérisation déshumanisante, la réduction de l'autonomie professionnelle, tout cela fragilise les agents et altère leur santé psychique.

Paradoxalement, ce sont les agents les plus engagés, les plus soucieux de bien faire leur travail, qui sont les plus exposés. Dans un contexte d'effectifs restreints, leur implication les pousse à compenser les défaillances systémiques, jusqu'à l'épuisement. Le surmenage devient alors une norme insidieuse, la souffrance une conséquence silencieuse, presque banalisée. L'isolement, la culpabilité et le sentiment d'impuissance complètent un tableau sombre, mais réel.

L'urgence d'une réponse organisationnelle et politique

Il est urgent de sortir d'une logique individuelle pour adopter une approche organisationnelle et systémique de la prévention des troubles psychiques. Voici des leviers concrets à activer par les employeurs publics :

1. Former les encadrants à l'identification des signaux faibles, à l'écoute active et au management bientraitant.

2. Renforcer les collectifs de travail, en instaurant des temps réguliers de discussion sur le travail réel : groupes de parole, régulations d'équipe, retours d'expérience.

3. Faire des RPS un enjeu central du dialogue social, en les inscrivant durablement à l'ordre du jour des CST et formations spécialisées.

4. Mettre à disposition des dispositifs d'écoute psychologique anonymes, gratuits, réactifs et facilement accessibles.

5. Adapter la charge de travail aux compétences disponibles et à la réalité des missions, en redonnant aux agents des marges de manœuvre et un pouvoir d'agir.

6. Capitaliser sur les bonnes pratiques, en diffusant largement les actions de prévention efficaces mises en place localement.

7. Impliquer la direction générale dans le pilotage d'une stratégie de bien-être au travail, visible, ambitieuse et partagée.

 

 

Sortir du déni pour construire une politique publique de la santé mentale

La fonction publique territoriale ne pourra plus longtemps ignorer les enjeux de santé mentale. Il est temps de briser le silence et de reconnaître que les organisations de travail jouent un rôle central dans la survenue - ou la prévention - des troubles psychiques. Au-delà des bonnes intentions, ce sont des actes concrets, une volonté politique affirmée et des transformations structurelles qui doivent être engagés.

Car à force d'exiger toujours plus avec toujours moins, on détruit ce que le service public a de plus précieux : l'engagement et la santé de ses agents. Remettre l'humain au cœur de l'action publique est un impératif de justice, d'efficacité et de démocratie.

Avis www.naudrh.com : trop longtemps niée ou banalisée, la souffrance psychique au travail exige une mobilisation collective, continue et sincère. Il appartient aux employeurs publics d'assumer leur responsabilité organisationnelle et d'engager sans attendre une transformation en profondeur des conditions de travail. C'est un enjeu de cohésion, de qualité du service public, mais surtout d'humanité.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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23 mai 2025 5 23 /05 /mai /2025 14:12

 

 

 

 

Le 21 mai 2025, un arrêté ministériel publié au Journal officiel a actualisé la liste des métiers et des zones géographiques connaissant des difficultés de recrutement au sein de la fonction publique territoriale (FPT). Ce texte, très attendu par les collectivités locales, met en lumière les tensions persistantes sur certains postes essentiels, tout en offrant un cadre d'action renforcé pour les employeurs publics.

Des fonctions essentielles délaissées par les candidats

Les métiers en tension identifiés par cet arrêté concernent plusieurs secteurs clés :

- Les professionnels de la petite enfance (auxiliaires de puériculture, éducateurs de jeunes enfants)

- Les agents techniques dans les domaines de la voirie, des réseaux, de l'eau et de l'assainissement

- Les personnels de restauration collective

- Les métiers du social et du médico-social (assistants sociaux, infirmiers, médecins territoriaux)

- Les secrétaires de mairie, notamment dans les petites communes rurales

Parallèlement, certaines zones apparaissent en rouge sur la carte de l'emploi public : les zones rurales isolées, les départements d'outre-mer, ainsi que des métropoles où le coût de la vie est un frein au recrutement (Lyon, Nice, Bordeaux).

Comprendre les causes de la pénurie

La pénurie de candidats s'explique par un faisceau de causes :

Une concurrence accrue du secteur privé, souvent plus rémunérateur

- Une image dégradée de certains métiers perçus comme pénibles et peu reconnus

- Des conditions de travail exigeantes et une responsabilité importante

- Le vieillissement des effectifs et les nombreux départs à la retraite non compensés

Ces tensions illustrent une crise de l'attractivité qui touche en priorité les fonctions essentielles à la cohésion sociale et à l'aménagement du territoire.

Les stratégies mises en œuvre par les collectivités

Face à ce constat, les employeurs publics locaux mettent en place diverses stratégies pour attirer et fidéliser les agents :

1. Valorisation rémunératoire : mise en place de bonifications indiciaires, de primes et d'indemnités renforcées dans les zones à fort coût de vie ou sur les postes jugés critiques.

2. Accès au logement : partenariats avec les bailleurs sociaux pour proposer des solutions de logement adaptées et accessibles.

3. Souplesse contractuelle : recours facilité aux contrats pour répondre aux besoins immédiats et intégrer des compétences rares, par exemple des psychologues, des ingénieurs ou des chefs de projet numérique.

4. Communication ciblée : campagnes sur les réseaux sociaux, présence sur les salons professionnels et mobilisation des plateformes de recrutement.

5. Investissement dans la formation : développement de parcours de reconversion et renforcement de la formation continue.

6. Amélioration des conditions de travail : horaires adaptés, flexibilité organisationnelle, meilleure conciliation entre vie professionnelle et personnelle.

 

 


Un chantier prioritaire pour la fonction publique locale

Le constat dressé par l'arrêté du 21 mai 2025 met en évidence des tensions structurelles auxquelles les collectivités ne peuvent répondre qu'en innovant dans leurs pratiques RH. Les métiers en tension, au cœur du service public de proximité, appellent à une reconnaissance politique et à des moyens renforcés. Leur attractivité conditionne la continuité de services essentiels pour les citoyens : fermeture de crèches, délais accrus dans le traitement des demandes sociales, sous-effectif dans les centres de soins territoriaux.

Avis www.naudrh.com : ce texte a le mérite d'officialiser une réalité que les DRH territoriaux constatent depuis des années. Toutefois, la simple reconnaissance ne saurait suffire : un plan national de revalorisation des métiers de la FPT est indispensable. Cela passe par des efforts coordonnés de l'État et des collectivités pour améliorer les salaires, rendre les concours plus attractifs et rétablir la fierté de servir l'intérêt général. Le sujet mérite aujourd'hui un vrai débat national.

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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23 mai 2025 5 23 /05 /mai /2025 09:07

 

 

 

 

Le terme "vieillotte" est un adjectif à connotation péjorative qui désigne ce qui paraît dépassé, démodé ou appartenant à une autre époque. Par exemple, une maison aux tapisseries fanées et au mobilier des années 50, restée figée dans le temps, pourra être qualifiée de "vieillotte". Il évoque un manque d'adaptation au présent, une certaine rigidité ou une inertie face au changement. Lorsqu'il est appliqué à une organisation, il interroge sa capacité à innover, à répondre aux évolutions sociétales et à proposer un cadre de travail en phase avec les attentes contemporaines. connotation péjorative qui désigne ce qui paraît dépassé, démodé ou appartenant à une autre époque. Il évoque un manque d'adaptation au présent, une certaine rigidité ou une inertie face au changement. Lorsqu'il est appliqué à une organisation, il interroge sa capacité à innover, à répondre aux évolutions sociétales et à proposer un cadre de travail en phase avec les attentes contemporaines.

La fonction publique territoriale : un équilibre entre tradition et renouveau

La fonction publique territoriale (FPT), qui emploie près de 1,9 million d’agents, constitue un socle essentiel du service public de proximité. Elle repose sur un cadre statutaire et des pratiques issues d’une longue tradition administrative, parfois perçue comme rigide.

Des éléments qui alimentent l’idée de vétusté

Plusieurs facteurs peuvent donner l’image d’une fonction publique "vieillotte". Selon une enquête de l'INSEE publiée en 2023, 47 % des jeunes diplômés perçoivent la fonction publique territoriale comme un environnement de travail peu innovant, notamment en raison de procédures administratives jugées trop lourdes. :

- Des modalités de recrutement perçues comme obsolètes, fondées principalement sur des concours longs et peu flexibles, des mobilités internes lentes et la prégnance de la gestion paritaire.

- Des régimes indemnitaires complexes et inégaux, créant un sentiment d’opacité et d’injustice entre les agents selon les collectivités.

- Une reconnaissance professionnelle encore centrée sur l’ancienneté, au détriment de la performance et des compétences.

 

Des dynamiques de modernisation bien réelles

Pourtant, cette image mérite d’être nuancée : de nombreuses initiatives locales prouvent que la FPT n’est pas figée :

-Des innovations RH émergent dans de nombreuses collectivités, avec le développement du télétravail, la mise en œuvre d’horaires aménagés, des démarches de qualité de vie au travail, ou encore des politiques ambitieuses d’égalité professionnelle.

-Une attention croissante portée à l’attractivité, avec l’élaboration de marques employeurs, la modernisation des outils de recrutement et la valorisation de parcours diversifiés.

-Un management public en mutation, porté par des cadres mieux formés, plus sensibilisés à la conduite du changement et à la gestion des talents.

 

Une attractivité en tension, mais des réponses qui émergent

Malgré ces avancées, la FPT fait face à une crise d’attractivité touchant des métiers stratégiques : policiers municipaux, aides à domicile, ingénieurs territoriaux, etc. La stagnation des rémunérations, des perspectives de carrière limitées et une image institutionnelle peu séduisante pèsent sur sa capacité à recruter.

Cependant, des leviers se mettent en place : assouplissement du recours au contrat pour plus de souplesse, développement de partenariats avec des établissements d’enseignement, investissement dans la communication RH, et déploiement de plateformes numériques de recrutement, comme la plateforme nationale "Choisir le service public" ou les initiatives locales telles que "emploi-territorial.fr", qui centralisent les offres et modernisent la relation candidat-employeur. : assouplissement du recours au contrat pour plus de souplesse, développement de partenariats avec des établissements d’enseignement, investissement dans la communication RH, et déploiement de plateformes numériques de recrutement.

Un système en transition plutôt qu’en déclin

Qualifier la fonction publique territoriale de "vieillotte" serait caricatural. Pour consolider sa transformation, il serait pertinent d'encourager la mutualisation des innovations RH entre collectivités, de développer une communication plus offensive sur les réussites locales, et de renforcer la formation des encadrants aux pratiques managériales contemporaines. Certes, elle demeure marquée par des logiques anciennes. Mais elle est également le théâtre d’initiatives modernes et audacieuses, souvent méconnues ou peu valorisées. Elle n’est pas figée : elle évolue.

Avis www.naudrh.com : le véritable défi de la FPT n’est pas seulement de se moderniser, mais de mieux faire connaître ses transformations, de les rendre plus lisibles et cohérentes. Il s’agit de construire une nouvelle narration, plus fidèle à sa diversité et à son engagement, afin de regagner l’intérêt des talents et la confiance des citoyens. C’est une mission exigeante, mais profondément stimulante.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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20 mai 2025 2 20 /05 /mai /2025 21:24

 

 

 

 

Dans la fonction publique, le recrutement constitue un enjeu stratégique majeur. Pourtant, les concours comme les recrutements par voie directe sont parfois la cible de critiques récurrentes de la part des observateurs, des agents eux-mêmes ou des élus. Deux reproches reviennent souvent : un certain laxisme dans les attendus et une opacité des processus. Ces critiques, si elles ne doivent pas être généralisées, méritent une analyse lucide et des réponses concrètes.

1. Des critiques nourries par des pratiques hétérogènes

La diversité des pratiques de recrutement dans les trois versants de la fonction publique (État, hospitalière, territoriale) rend l'analyse complexe. Toutefois, des tendances préoccupantes peuvent être identifiées:

-Des exigences perçues comme trop faibles : certains concours internes, ou même des recrutements externes, donnent parfois lieu à des sélections jugées indulgentes, notamment dans des secteurs en tension (petites communes, métiers en pénurie). À titre d’exemple, certains concours affichent des taux de réussite supérieurs à 80 %, ce qui interroge sur leur pouvoir sélectif.

-Des recrutements directs peu lisibles : le recours croissant aux contractuels suscite parfois des interrogations sur les critères de sélection, la transparence des jurys, voire des soupçons de cooptation ou de proximité politique.

 

2. Des causes structurelles et conjoncturelles

Les critiques s'appuient sur des réalités qu'il convient d'examiner sans complaisance :

-Un contexte de raréfaction des candidats : face aux difficultés à attirer des profils qualifiés, certaines collectivités abaissent leurs exigences pour pourvoir les postes vacants.

-Une perte de sens du concours : la généralisation des concours sur titre, la place prépondérante de l’entretien oral, et l’érosion de la culture administrative affaiblissent la portée méritocratique du dispositif.

-Des jurys inégalement préparés : la formation hétérogène des membres des jurys, notamment lorsqu’ils incluent des élus, contribue à des décisions perçues comme incohérentes ou biaisées.

 

3. Relever le niveau : les leviers d’une politique exigeante de recrutement

Pour les professionnels RH, restaurer la crédibilité des processus de sélection passe par des actions concrètes :

-Professionnaliser les jurys : prévoir des formations systématiques à destination des membres des jurys, incluant les principes statutaires, la lutte contre les discriminations et l’analyse rigoureuse des compétences.

-Renforcer la traçabilité et la justification des décisions : systématiser les grilles d’évaluation, les comptes rendus de jury et les avis motivés permet de garantir l’équité et de pouvoir répondre aux éventuelles contestations.

-Adopter des méthodes d’évaluation rigoureuses et objectivables : recourir à des cas pratiques, des mises en situation ou des tests techniques, y compris lors d'entretiens, renforce l’impartialité et la pertinence de la sélection.

-Rééquilibrer les épreuves : redonner toute leur place aux épreuves écrites, à la rédaction et aux savoirs fondamentaux (logique, expression, droit public) pour valoriser les capacités réelles plutôt que l’aisance orale seule. Les disparités actuelles entre concours, dont certains ne comportent plus aucune épreuve écrite, illustrent la nécessité de ce rééquilibrage.

-Assumer une culture de l’exigence : dans les messages transmis aux élus, aux directions comme aux candidats, affirmer que la fonction publique ne peut faire l’économie d’un haut niveau d’exigence, même en contexte de pénurie.

 

Excellence et transparence comme socles de la confiance

Dans un contexte de transformation rapide de l'action publique, la qualité des recrutements devient un levier stratégique. Les critiques de laxisme ou d’opacité doivent être prises au sérieux comme des signaux d’alerte pour refonder la confiance. Il appartient aux DRH et aux professionnels du recrutement, en lien étroit avec les élus, d’ancrer les processus dans une logique d’exigence, de transparence et de justice. C’est à ce prix que la fonction publique pourra continuer à incarner un modèle d’administration au service de l’intérêt général.

 

Avis www.naudrh.com : les concours et recrutements directs sont encore trop souvent vécus comme des formalités ou des compromis, alors qu’ils devraient être des actes fondateurs de la qualité du service public. L’excellence n’est pas un luxe mais une nécessité, surtout dans un contexte où la légitimité de l’action publique est scrutée et questionnée en permanence.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

Contact naudrhexpertise@gmail.com

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18 mai 2025 7 18 /05 /mai /2025 20:16

 

 

 

 

Le 13 mai 2025, Emmanuel Macron a réaffirmé, lors d'une interview télévisée sur TF1 et France 2 diffusée en prime time, son soutien à un renforcement significatif des attributions de la police municipale pour lutter plus efficacement contre la délinquance du quotidien. Cette déclaration, loin d'être anodine, intervient à la veille d'échéances politiques importantes, notamment les prochaines élections municipales. Elle fait écho aux attentes exprimées de longue date par l'Association des maires de France (AMF), qui plaide pour une reconnaissance pleine et entière des policiers municipaux comme maillon essentiel du triptyque de sécurité : police nationale, gendarmerie, police municipale.

Un rôle de plus en plus central dans la sécurité locale

Avec près de 25 000 agents en France, les policiers municipaux assurent une mission de sécurité quotidienne devenue incontournable. À titre d'exemple, plusieurs communes comme Nice, Nîmes ou Béziers ont vu une baisse significative des incivilités dans les quartiers dotés de brigades renforcées, selon une étude de l'INHESJ publiée en 2024. Leur présence sur le terrain permet souvent d'intervenir plus rapidement que les forces nationales, notamment lors de conflits de voisinage ou de troubles à l'ordre public. une mission de sécurité quotidienne devenue incontournable. Encadrés par le Code général des collectivités territoriales (CGCT) et le Code de la sécurité intérieure, ils disposent d’attributions spécifiques, notamment en matière de police de la circulation, de salubrité publique, de surveillance de la voie publique, ainsi que pour les interventions en flagrance délictuelle.

Cependant, ces compétences demeurent limitées en comparaison de celles exercées par les forces de sécurité nationales. De nombreux maires, en tant que premiers responsables de la sécurité sur leur territoire, se retrouvent dès lors souvent démunis pour répondre aux incivilités et aux infractions du quotidien.

Quelles pistes pour une extension des compétences ?

Parmi les propositions portées par l’AMF et désormais soutenues par le chef de l’État, dont certaines suscitent autant d’espoir que de controverses en matière d’équilibre des pouvoirs et de respect des libertés publiques, on retrouve :

- l'élargissement des champs d'intervention, notamment en matière de lutte contre les stupéfiants, les violences urbaines et les incivilités répétées ;

- l’extension du pouvoir de verbalisation administrative, avec la possibilité de dresser davantage de contraventions ;

- l’accès à des fichiers jusqu’ici réservés aux forces de l’ordre nationales, comme le fichier des personnes recherchées (FPR) ;

-la reconnaissance, pour certains agents, de compétences d'officier de police judiciaire (OPJ), sous réserve d’une formation approfondie et d’une habilitation spécifique.

Des réactions contrastées sur le terrain

Le Syndicat national des policiers municipaux (SNPM) accueille ces annonces avec un mélange d’attentes et de prudence. Il réclame une véritable reconnaissance statutaire, une revalorisation salariale, et surtout une clarification des missions pour éviter toute confusion entre les différents corps de sécurité.

Du côté des élus locaux, notamment dans les communes moyennes et périurbaines confrontées à une délinquance croissante, le soutien est massif. L’AMF insiste toutefois sur l’absolue nécessité d’un accompagnement financier et humain à la hauteur des nouvelles responsabilités envisagées.

Une réforme ambitieuse mais complexe

Sur le plan juridique, un tel élargissement suppose des modifications substantielles du Code de procédure pénale, du Code de la sécurité intérieure, ainsi que d'autres textes réglementaires. Il faudra également trouver une fenêtre dans un agenda parlementaire déjà saturé.

Le gouvernement devra composer entre les impératifs politiques, les contraintes budgétaires, les attentes des collectivités et les réticences éventuelles de certaines administrations centrales. La concertation s’annonce cruciale pour parvenir à un consensus équilibré. Cette phase de dialogue conditionnera la réussite de la réforme, qui, au-delà des ajustements techniques, interroge profondément l'organisation de la sécurité publique en France. les attentes des collectivités et les réticences éventuelles de certaines administrations centrales. La concertation s’annonce cruciale pour parvenir à un consensus équilibré.

Renforcer sans déséquilibrer

L'élargissement des compétences des policiers municipaux répond à une aspiration forte de la population pour plus de proximité, de réactivité et d’efficacité face à la petite délinquance. Pour être pleinement réussie, cette réforme devra s’inscrire dans une logique de coopération renforcée entre l’État et les collectivités, en veillant à une répartition claire et complémentaire des missions.

Avis www.naudrh.com

L’exemple de l’Allemagne, où les polices municipales (Ordnungsamt) disposent de compétences élargies dans certaines régions en matière de sécurité urbaine, montre qu’une telle évolution peut se traduire par une amélioration tangible du sentiment de sécurité, à condition que la coordination avec les forces nationales soit bien structurée.

Cette réforme, si elle est menée avec sérieux et méthode, peut représenter une avancée décisive pour la sécurité locale et pour la reconnaissance professionnelle des policiers municipaux. Elle doit cependant éviter deux écueils : créer une surcharge pour les collectivités sans leur donner les moyens d’y faire face, et brouiller la lisibilité des rôles entre forces locales et nationales. L’efficacité passe par la clarté, la coordination, et une ambition partagée.

 

Par Pascal NAUD

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17 mai 2025 6 17 /05 /mai /2025 22:20

 

 

 

 

Le 13 mai 2025, le Président Emmanuel Macron a ouvert une brèche préoccupante lors de son intervention télévisée, suggérant que la suppression du statut des fonctionnaires pour les versants hospitalier et territorial pourrait constituer une piste d’économies substantielles. Cette hypothèse, loin d'être anodine, mérite une analyse approfondie et une vigilance accrue, car ses implications dépassent largement le simple cadre budgétaire affiché, touchant également à des enjeux cruciaux tels que la justice sociale, l'efficacité des services publics et les choix politiques de redistribution des ressources.

Tout d’abord, il est essentiel de rappeler que le déficit public ne sera pas réglé par une remise en cause du statut des agents publics. Cette simplification abusive laisse penser à tort que le problème principal du déficit public proviendrait essentiellement du coût des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers, alors que d'autres facteurs, bien plus déterminants, demeurent sous-évalués ou ignorés.

Curieusement, le chef de l'État a spécifiquement ciblé les fonctions publiques territoriale et hospitalière, excluant, pour l'instant, la fonction publique d’État, rappelant ainsi des situations passées où des réformes initialement limitées ont fini par toucher l'ensemble des secteurs, comme cela a été le cas lors de la réforme des retraites de 2023 ou lors des réformes successives des contrats de travail dans la fonction publique européenne. Cependant, personne ne doit se sentir à l’abri d’une telle démarche. Une fois le processus engagé, rien ne garantira le maintien du statut pour les fonctionnaires de l'État. La logique ainsi impulsée pourrait aboutir à une généralisation à l’ensemble de la fonction publique.

Derrière cette apparente recherche d'économies, se cache un projet idéologique clair : libéraliser la fonction publique, objectif assumé par Emmanuel Macron dès le début de son mandat. Mais ce paradigme du profit, imposé à l'intérêt général, est-il réellement bénéfique ? Rien n’est moins sûr. L'intérêt général implique par nature la continuité, l'égalité d’accès, et la neutralité des services publics. L’introduction massive de contrats privés et la suppression du statut pourraient mettre à mal ces principes fondamentaux.

Par ailleurs, cette annonce intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par le non-remplacement de milliers de postes, la fermeture progressive de services publics en milieu rural et la suppression de nombreuses classes dans les établissements scolaires.

À cela s'ajoute la dégradation continue des infrastructures hospitalières, notamment des services d'urgence, situation indigne d’une puissance économique telle que la France. Le mécontentement social s’en trouve exacerbé, alimenté par le sentiment croissant d'abandon et de déclassement des territoires ainsi que des services publics essentiels à la vie quotidienne des citoyens.

Le statut des fonctionnaires n’est-il pas déjà suffisamment fragilisé par la multiplication des contrats à durée indéterminée et par les embauches massives sous contrat, dans toutes les catégories hiérarchiques ? La précarisation progressive des emplois publics, déjà en cours, n’a pas permis d'améliorer notablement l'efficacité ni de générer des économies substantielles. À l’inverse, elle a souvent entraîné une baisse de la qualité des services rendus à la population et une démotivation importante chez les agents.

Les salaires des agents publics progressent depuis longtemps beaucoup moins rapidement que ceux du secteur privé, avec un écart moyen estimé à près de 10 % selon l'INSEE en 2023. Cette situation entraîne une dévalorisation réelle des métiers pourtant essentiels à la société. Ainsi, prétendre que la suppression du statut représenterait une économie substantielle apparaît comme une tentative d’alimenter des croyances populaires infondées sur le coût prétendument excessif des fonctionnaires.

Quel est donc l'objectif réel derrière cette annonce ? S'agit-il d'accélérer la dégradation des services publics pour mieux préparer leur privatisation rampante, ou cherche-t-on plutôt à détourner l'attention du public des véritables causes du déficit public, comme l'évasion fiscale et les choix budgétaires contestables du gouvernement ?

Face aux enjeux majeurs que cette annonce soulève, il est impératif que les professionnels du dialogue social, les élus, et l'ensemble des agents publics restent vigilants et mobilisés. La suppression du statut des fonctionnaires est un faux remède à de vrais problèmes économiques et sociaux. Il est de notre devoir collectif de dénoncer cette instrumentalisation politique et d’œuvrer ensemble pour un service public fort, équitable et respectueux des principes républicains.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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11 mai 2025 7 11 /05 /mai /2025 09:54

 

 

 

 

Le 12 mai 2025, la Direction Générale de l'Administration et de la Fonction Publique (DGAFP) présentera au Conseil Supérieur de la Fonction Publique de l’État (CSFPE) un rapport stratégique crucial concernant l’action sociale de l’État. Ce document met en lumière les évolutions nécessaires pour améliorer et moderniser les dispositifs actuels, en réponse aux défis sociaux et organisationnels auxquels la fonction publique fait face aujourd'hui. Le rapport formule près de 20 "pistes d’évolution", dont six sont identifiées comme prioritaires pour rendre l’action sociale plus cohérente, lisible et efficace.

1. Clarifier l’action sociale et la QVCT : deux enjeux distincts, mais complémentaires

Une des propositions majeures du rapport est la clarification des relations entre l’action sociale et la qualité de vie au travail (QVCT). Si la QVCT vise à améliorer les conditions de travail, la santé mentale et physique des agents, l’action sociale répond quant à elle à des besoins plus personnels, comme le soutien familial, la mobilité ou encore les aides sociales. Le rapport insiste sur la nécessité de mieux distinguer ces deux domaines, afin de simplifier l’accès aux services pour les agents et de garantir une répartition plus juste des ressources. Cette distinction permettrait non seulement d'améliorer la lisibilité des dispositifs, mais aussi de mieux cibler les besoins des fonctionnaires, renforçant ainsi l’efficacité de chaque mesure.

2. Un cadre d’orientation stratégique pluriannuel pour une vision à long terme

Pour garantir la cohérence et la pérennité des actions sociales, le rapport propose de mettre en place un cadre stratégique pluriannuel. Cette approche permettrait de définir des priorités claires et d’assurer une gestion prévisionnelle des actions à mener. En outre, la mise en place d’un suivi et d’évaluations régulières permettrait d’ajuster les priorités en fonction des évolutions des besoins et des réalités économiques. Cette stratégie pluriannuelle offrirait ainsi une vision claire pour les administrations et garantirait une plus grande transparence et efficacité dans la mise en œuvre des réformes.

3. Mutualisation des prestations : une solution pour une gestion optimisée des ressources

Le rapport met également l'accent sur la nécessité de mutualiser les prestations d’action sociale. Cette mutualisation pourrait se traduire par la centralisation de certaines prestations, ou encore par la création de partenariats inter-administrations pour optimiser les coûts. Par exemple, une mutualisation des aides à la mobilité ou des dispositifs de soutien familial permettrait non seulement de réaliser des économies d’échelle, mais aussi d’harmoniser les prestations offertes à tous les agents publics. Cette mutualisation offrirait également une plus grande équité, en permettant à tous les fonctionnaires, quel que soit leur ministère ou leur statut, de bénéficier des mêmes services.

4. Refonte de la circulaire de 1998 : clarifier et moderniser l’accès aux droits sociaux

La circulaire de 1998, qui encadre l’action sociale dans la fonction publique, est jugée obsolète face aux évolutions sociales et administratives. Le rapport propose une refonte totale de ce texte afin de le rendre plus lisible, plus adapté aux nouvelles réalités et plus accessible aux agents. Cette réécriture viserait à simplifier les démarches administratives, à clarifier l’accès aux prestations sociales et à garantir une meilleure égalité de traitement entre les agents. Une version modernisée de cette circulaire pourrait également intégrer des outils numériques pour faciliter l’accès aux droits et améliorer la gestion des demandes.

5. Actualisation des droits sociaux : répondre aux enjeux contemporains

Le rapport souligne également la nécessité de réactualiser certains des droits sociaux existants, notamment ceux liés à la famille, à la santé, et à la mobilité professionnelle. En tenant compte des évolutions sociales récentes (nouvelles formes de parentalité, mobilité accrue des agents, etc.), il devient essentiel de réviser les droits afin de les rendre plus adaptés aux attentes des fonctionnaires. L’objectif est de garantir à chaque agent un accès simplifié à des prestations en phase avec les réalités actuelles, tout en offrant plus de flexibilité et d’équité.

Une réforme ambitieuse pour une fonction publique moderne et performante

En résumé, le rapport de la DGAFP propose une série de réformes ambitieuses destinées à moderniser l’action sociale de l’État, en la rendant plus cohérente, accessible et adaptée aux besoins des agents publics. Ces propositions s’inscrivent dans une démarche de rationalisation des ressources publiques tout en mettant l’accent sur le bien-être des fonctionnaires. La mise en œuvre effective de ces réformes nécessitera un accompagnement solide des différentes administrations, ainsi qu’une mobilisation forte des acteurs concernés. Le succès de cette réforme dépendra de la capacité à créer un consensus autour des priorités et à garantir que chaque agent puisse bénéficier pleinement des dispositifs réformés.


Avis www.naudrh.com : cette réforme représente une occasion cruciale de repenser les dispositifs d’action sociale au sein de l’État. La distinction claire entre l’action sociale et la QVCT, la mutualisation des prestations et la refonte de la circulaire sont des étapes indispensables pour simplifier l’accès aux services et rationaliser les coûts. Si les réformes proposées sont mises en œuvre avec sérieux, elles devraient non seulement améliorer la lisibilité et l’efficacité des dispositifs existants, mais aussi renforcer le bien-être des agents publics, ce qui est essentiel pour une fonction publique moderne et performante.

Par Pascal NAUD

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10 mai 2025 6 10 /05 /mai /2025 19:00

 

 

 

 

Le 7 mai 2025, lors de son audition par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, Patrick Martin, président du Medef, a relancé un débat récurrent : celui de l'absentéisme maladie, en particulier chez les jeunes. Selon lui, cette tendance serait le signe d'une "dérive", notamment parmi les jeunes générations. Bien qu'il reconnaisse l’existence de véritables enjeux de santé mentale dans cette population, il trouve "inexplicable" l'ampleur du phénomène en comparaison avec d’autres pays européens. Le président du Medef a ainsi plaidé pour une augmentation des jours de carence, particulièrement pour les "arrêts maladie de courte durée", qu'il considère comme souvent non liés à des pathologies graves.

Clarification du terme "dérive" :

Le terme "dérive", utilisé par Patrick Martin, pourrait être perçu comme une généralisation trop hâtive des comportements des jeunes travailleurs. En effet, cette expression peut stigmatiser une génération entière et ne rend pas compte de la diversité des situations et des causes sous-jacentes à l'absentéisme. Il est donc essentiel d'aborder la question de manière plus nuancée, en tenant compte des réalités spécifiques auxquelles cette population est confrontée.

Le coût de l’absentéisme dans la fonction publique

Les coûts associés à l'absentéisme dans la fonction publique représentent une part importante du budget public. En 2023, une étude conjointe de la Drees (Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques) et de la Cnam (Caisse nationale de l’assurance maladie) a estimé que l’indemnisation des contractuels dans la fonction publique s’élevait à 10,2 milliards d’euros. Ce chiffre met en lumière l'ampleur du phénomène, qu'il soit dû à des arrêts maladie de courte ou de longue durée. Bien que ce coût soit un sujet légitime de préoccupation, la réflexion sur les mécanismes de prise en charge de l'absentéisme et les causes sous-jacentes demeure essentielle pour une approche équilibrée et équitable.

Nuance dans la présentation des coûts :

Il est important de souligner que l'absentéisme ne doit pas être vu uniquement sous l'angle financier. Bien qu’il représente un fardeau économique considérable, il doit aussi être analysé à travers le prisme de la santé publique et du bien-être des travailleurs. Cette approche permettrait de mieux comprendre les causes profondes et de mettre en place des solutions plus adaptées et efficaces.

Les enjeux liés à l’absentéisme des jeunes

L'absentéisme chez les jeunes, notamment ceux de moins de 30 ans, est un phénomène préoccupant qui soulève de nombreuses questions. Une étude publiée le 29 mai 2025 par l’Institut Montaigne, intitulée Les jeunes et le travail : aspirations et désillusions des 16-30 ans, met en lumière plusieurs facteurs sous-jacents à cette tendance. Parmi ceux-ci, la précarité de l'emploi, la pression sociale et des conditions de travail souvent difficiles figurent en tête des causes. L’étude révèle également que plus de 40% des jeunes déclarent souffrir de troubles liés à leur santé mentale dans le cadre de leur activité professionnelle, ce qui entraîne des absences plus fréquentes, parfois de courte durée.

Ajout d’une dimension sociétale :

La pression exercée par la société sur les jeunes, notamment par les attentes professionnelles élevées et la précarité du marché du travail, peut exacerber les problèmes de santé mentale. Ces facteurs doivent être pris en compte lorsqu’on analyse les absences des jeunes travailleurs. L'absentéisme n’est donc pas uniquement une question de "dérive", mais le symptôme d’un mal-être plus profond qui mérite d’être compris et pris en charge de manière adaptée.

La position de Patrick Martin : raison ou tort ?

Les propos de Patrick Martin ont suscité un débat sur la manière de gérer l’absentéisme des jeunes. En prônant une réduction des indemnités pour les arrêts maladie de courte durée, il semble négliger l'impact considérable des troubles psychiques, en particulier chez les jeunes. Ceux-ci, souvent pris dans une spirale de précarité et de pression, sont plus vulnérables aux troubles psychiques liés au travail. Ces absences, loin d'être une "dérive", sont le reflet de difficultés réelles et profondes, qui nécessitent une réponse adaptée et non punitive.

Précision sur la comparaison avec d'autres pays :

Il convient de noter que la comparaison avec d'autres pays européens doit prendre en compte les différences de systèmes de santé, de culture du travail et de soutiens sociaux. Ce qui fonctionne dans un pays ne peut pas toujours être transposé directement à un autre, et une telle comparaison risque de masquer les spécificités de chaque contexte.

Relèvement de l'argument sur les solutions de prévention :

Une véritable solution à l'absentéisme des jeunes doit passer par une approche préventive et accompagnante. Plutôt que de recourir à des mesures répressives comme l'augmentation des jours de carence, il serait plus pertinent de mettre en place des dispositifs de prévention, des formations sur la gestion du stress et du bien-être au travail, ainsi qu'un accompagnement psychologique pour soutenir les jeunes travailleurs dans leur parcours professionnel.

En toute objectivité, raison ou tort ?

Les propos de Patrick Martin, bien qu’émanant d'une préoccupation légitime pour les coûts liés à l'absentéisme, semblent manquer de nuance. Réduire ce phénomène à une simple "dérive" et remettre en question les droits des jeunes travailleurs face à des pathologies souvent invisibles ou mal comprises revient à ignorer les véritables enjeux de santé mentale. L'absentéisme des jeunes ne peut pas être appréhendé uniquement sous l’angle économique ; il doit aussi être analysé sous le prisme de la santé publique et du bien-être au travail.

L'absentéisme, s'il représente un coût pour les entreprises et pour l’État, ne doit pas entraîner une réduction des droits. Au contraire, il serait plus efficace de mettre en place des solutions adaptées, telles que des dispositifs de prévention, des entretiens de suivi, et un accompagnement psychologique afin d’éviter que ces absences ne se prolongent et ne nuisent à la fois à la santé des travailleurs et à la productivité des entreprises.

Mention de l'importance d’un dialogue social constructif :

Le dialogue social entre employeurs, syndicats et pouvoirs publics est essentiel pour trouver des solutions efficaces. Un dialogue ouvert permettrait de mieux comprendre les causes profondes de l’absentéisme et d’élaborer des stratégies collectives pour y répondre. Cela contribuerait à une approche plus inclusive et équilibrée, bénéfique tant pour les jeunes travailleurs que pour les entreprises.

La question de l’absentéisme, en particulier chez les jeunes, est un défi complexe qui nécessite une approche équilibrée. Si les coûts financiers sont indéniables, la solution ne réside pas dans des sanctions supplémentaires, mais dans une meilleure prise en charge des problèmes de santé mentale et une amélioration des conditions de travail. Il est primordial d’adopter une approche plus compréhensive, qui privilégie le dialogue social et la prévention, plutôt que de réduire les droits des jeunes travailleurs.

Avis www.naudrh.com: à notre sens, Patrick Martin sous-estime les véritables difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes travailleurs. Au lieu de proposer une mesure punitive, il serait plus pertinent de mettre en place des politiques adaptées aux réalités sociales et économiques actuelles. Un soutien renforcé à la santé mentale, ainsi qu'une meilleure prise en compte des conditions de travail, seraient des pistes plus efficaces pour traiter l’absentéisme sans stigmatiser une génération déjà fragilisée.

 

Par Pascal NAUD

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9 mai 2025 5 09 /05 /mai /2025 10:33

 

 

 

 

 

 

Dans un monde où l’individualisme et la recherche constante de performance financière dominent, une nouvelle aspiration émerge : la quête de sens au travail. Loin d’être une simple tendance passagère, ce besoin croissant de donner un sens profond à son activité professionnelle trouve une réponse particulièrement adéquate dans la fonction publique, notamment dans les collectivités territoriales. À une époque où l'accomplissement personnel semble étroitement lié à l'engagement social, la fonction publique apparaît comme une voie privilégiée pour concilier aspirations professionnelles et contribution à l’intérêt général.

La quête de sens dans un monde de plus en plus individualiste

Dans une société où les valeurs d'efficacité et de rentabilité occupent une place prépondérante, de nombreux salariés ressentent le besoin de réconcilier leur travail avec des objectifs plus humains. Le travail n'est plus seulement un moyen de subsistance ou un levier pour l’ascension sociale, mais devient un vecteur d’accomplissement personnel et collectif. De plus en plus, les salariés cherchent à inscrire leur activité professionnelle dans un cadre qui dépasse la logique purement capitaliste, en s’engageant pour des causes porteuses de valeurs humaines, de solidarité et de justice sociale.

Une étude récente de l'Institut Montaigne révèle que 74 % des salariés français considèrent leur travail comme une opportunité de progresser. Ce phénomène traduit une volonté croissante de redonner un sens profond à son activité professionnelle. La fonction publique, par la diversité et la portée de ses missions, répond parfaitement à cette demande, en offrant aux agents l’opportunité de contribuer à des projets qui touchent directement la vie quotidienne des citoyens : éducation, santé, sécurité, environnement, aménagement du territoire, etc.

La fonction publique : un cadre propice à la quête de sens

L’un des principaux attraits de la fonction publique réside dans sa capacité à proposer des missions dont l’impact est immédiat et visible sur le terrain. Travailler au sein d’une collectivité territoriale, c’est œuvrer à l’amélioration des services publics locaux, à la gestion des infrastructures publiques et à l’organisation de l’espace de vie collectif. Ces missions, loin d’être abstraites, touchent directement les citoyens et ont une portée humaine et sociale indéniable.

Cette proximité avec les citoyens confère à la fonction publique un rôle fondamental dans la société. Le fonctionnaire devient un acteur de l’intérêt général, un garant de l’équité et de la justice sociale. Ce rôle de service public est perçu comme profondément porteur de sens, notamment pour les agents, qui voient leur travail comme une véritable contribution à la société. En outre, la fonction publique offre une stabilité d'emploi et des conditions de travail équilibrées, des éléments particulièrement attractifs pour ceux qui souhaitent échapper à la pression constante de la performance individuelle.

Quelles actions concrètes doivent être mises en œuvre pour une politique RH centrée sur la quête de sens ?

Pour concrétiser cette quête de sens dans les collectivités territoriales, il est nécessaire de mettre en place des actions RH spécifiques et pratiques. Ces actions peuvent être diversifiées, mais elles ont toutes un objectif commun : donner aux agents les moyens de s’épanouir dans leur travail tout en contribuant à l’intérêt général.

1. Clarification des missions et de leur impact direct : il est essentiel de constamment rappeler aux agents que leur travail a un impact concret sur la vie des citoyens. Pour cela, il est possible de mettre en place des sessions d’information, des formations dédiées, des visites de terrain ou des réunions participatives. Ces dispositifs permettent de renforcer la motivation des agents en leur donnant une vision claire et immédiate de l’utilité sociale de leur travail.

2. Valorisation des initiatives d’innovation sociale : les agents doivent être encouragés à participer à des projets novateurs ayant un impact social tangible. Par exemple, l'instauration de démarches numériques pour faciliter l'accès aux services publics ou des initiatives écologiques pour améliorer la gestion des espaces verts. Ces projets doivent être soutenus par un accompagnement managérial et une reconnaissance claire des efforts fournis.

3. Reconnaissance et valorisation de l’engagement : la reconnaissance du travail effectué est cruciale pour maintenir un haut niveau d’engagement. Cela passe par des primes de performance, des évolutions de carrière, mais aussi par des moments collectifs de célébration des réussites. Une reconnaissance régulière et visible renforce le sentiment de sens chez les agents et leur donne envie de continuer à s’investir.

4. Favoriser le développement personnel et la formation continue : les opportunités de formation sont des leviers importants pour alimenter la quête de sens des agents. En offrant des parcours de formation adaptés, les collectivités permettent à leurs agents de se perfectionner tout en répondant à un besoin de valorisation personnelle. Une gestion proactive des talents, avec des entretiens réguliers et des perspectives de carrière, nourrit l’engagement des fonctionnaires à long terme.

5. Promouvoir un leadership participatif et bienveillant : le rôle du manager est essentiel dans cette démarche. Un leadership fondé sur la bienveillance, l’écoute et l’implication des agents dans les décisions est primordial pour instaurer un environnement de travail où chacun se sent valorisé et acteur du projet collectif. Un tel management favorise l’autonomie et la créativité des agents, éléments clés pour renforcer le sens au travail.

 

La mise en œuvre : une approche personnalisée et évolutive

Pour qu’une politique RH centrée sur la quête de sens soit efficace, elle doit être personnalisée en fonction des spécificités de chaque service et des attentes des agents. Cela nécessite une écoute active et une consultation régulière des équipes. Des sondages, des groupes de discussion ou des ateliers participatifs peuvent être organisés pour recueillir les besoins et idées des agents, et adapter ainsi les politiques en place.

Il est également important de mettre en place des outils concrets pour mesurer l’impact de ces politiques. Par exemple, des plateformes de feedback en ligne, des bilans de sens au travail ou des sessions de coaching peuvent être proposés pour évaluer en continu l’engagement des agents et ajuster les stratégies en fonction des résultats.

Un équilibre entre performance et engagement social

La quête de sens au travail est une aspiration légitime qui se développe de manière croissante, notamment dans le secteur public. La fonction publique, par la nature même de ses missions, offre une réponse pertinente et concrète à cette recherche. En instaurant une politique RH dédiée à cette quête de sens, les collectivités territoriales peuvent non seulement améliorer l’épanouissement personnel de leurs agents, mais aussi renforcer l’impact positif de leurs actions sur la société. www.naurh.com pense que cette démarche doit être vue comme un investissement sur le long terme, non seulement pour le bien-être des agents, mais aussi pour la qualité des services publics et la cohésion sociale. C’est un levier puissant pour réconcilier performance collective et engagement humain.

 

Par Pascal NAUD

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9 mai 2025 5 09 /05 /mai /2025 09:58

 

 

 

 

 

La fonction publique, autrefois perçue comme un secteur figé et peu inspirant, semble aujourd’hui regagner une place de choix dans les aspirations professionnelles des jeunes. Pourquoi, dans un monde où l’entrepreneuriat et le secteur privé dominent, cette carrière longtemps perçue comme un "plan B" fait-elle soudainement rêver les jeunes générations ? L'enquête de l’Institut Montaigne, publiée le 29 avril 2025, en dévoile la réponse. Selon les résultats, la fonction publique arrive en deuxième position parmi les secteurs les plus prisés par les jeunes de 16 à 30 ans, juste après le luxe et devant des secteurs aussi stratégiques que la santé ou le secteur associatif. Si le luxe, associé à une recherche de statut et de prestige, garde une position dominante, des secteurs comme la fonction publique, porteurs de valeurs sociales et de mission d’intérêt général, semblent séduire de plus en plus.

Cet attrait pour la fonction publique, jugé "inattendu" par l’Institut Montaigne, notamment chez les 25-30 ans, mérite d'être exploré de manière approfondie. Mais quels sont les facteurs qui expliquent ce virage ? Plusieurs éléments convergent pour rendre cette évolution possible et durable.

Une fonction publique en mutation

La fonction publique n’a pas toujours eu une image séduisante aux yeux des jeunes générations. Longtemps perçue comme un domaine de stabilité mais aussi de rigidité, elle semblait peu en phase avec les aspirations modernes des jeunes professionnels. Cependant, une série de réformes administratives et de modernisations a complètement redéfini son fonctionnement. L'introduction du télétravail, la dématérialisation des démarches administratives, et une digitalisation accrue des services publics ont contribué à alléger les anciennes perceptions d’un secteur trop bureaucratique et figé.

En 2025, une jeune diplômée d’un Master en gestion publique témoigne : « Ce que j'apprécie dans la fonction publique, c’est qu'on peut vraiment apporter sa pierre à l’édifice, tout en ayant la possibilité d’évoluer dans un cadre qui offre une stabilité professionnelle. » Ce témoignage reflète bien la dynamique actuelle dans la fonction publique : une structure soucieuse de répondre aux défis du monde moderne, tout en conservant ses valeurs fondamentales de service à l’intérêt général.

La recherche de sens : un moteur fondamental

Une des raisons principales de cet attrait renouvelé pour la fonction publique est, sans aucun doute, la quête de sens au travail. Dans un monde de plus en plus individualiste et axé sur la performance financière, de nombreux jeunes cherchent à réconcilier leurs aspirations professionnelles avec un véritable engagement social. La fonction publique offre cette possibilité en mettant l’accent sur des missions qui impactent directement le quotidien des citoyens.

D’après les conclusions de l’enquête de l’Institut Montaigne, les jeunes actifs sont de plus en plus sensibles à des carrières où le travail sert une cause plus grande que la simple rentabilité économique. Un jeune de 27 ans, actuellement dans l’administration publique, explique : « c’est une satisfaction de savoir que ce qu’on fait contribue à améliorer les services pour les citoyens, à façonner un avenir plus juste. » La fonction publique, en offrant une multitude de missions d’intérêt général dans des domaines comme la santé, l’éducation ou l’environnement, répond à cette recherche de sens qui est devenue essentielle pour les jeunes générations.

Flexibilité et modernisation : des atouts concrets

Si la recherche de sens est primordiale, la flexibilité reste un facteur déterminant pour beaucoup de jeunes dans le choix de leur emploi. Là encore, la fonction publique a su répondre à cette demande en intégrant des outils modernes de gestion du travail. Le télétravail, en particulier, s’est imposé comme un levier d’attractivité. Selon un rapport interne de la fonction publique publié en 2024, près de 40% des jeunes recrutés dans les trois dernières années ont souligné que la possibilité de travailler à distance faisait partie des critères les plus importants dans leur choix de carrière. Un facteur qui, au-delà de la simple organisation du travail, traduit une volonté de moderniser les modes de management au sein des institutions publiques.

Les évolutions dans la gestion des ressources humaines au sein de la fonction publique, notamment via la mise en place de processus plus transparents de recrutement et de promotion, ont également contribué à cette attraction. Les jeunes actifs y voient une meilleure reconnaissance de leurs compétences et de leurs parcours, au contraire de certains secteurs privés où la hiérarchie peut parfois étouffer l’initiative individuelle.

Stabilité et sécurité de l'emploi : des atouts incontournables

Dans un contexte économique incertain, la stabilité de l’emploi dans la fonction publique est un facteur de plus en plus recherché. Alors que les jeunes actifs sont souvent confrontés à la précarité sur le marché du travail, la fonction publique leur garantit une sécurité d’emploi qu’ils n’obtiennent pas toujours dans d’autres secteurs. Cette sécurité, associée à la possibilité de faire une carrière longue avec des opportunités d’évolution, constitue un argument solide pour attirer les jeunes.

Les jeunes recrutés dans la fonction publique soulignent également la clarté des parcours de carrière. Contrairement au secteur privé où les promotions peuvent sembler floues et arbitraires, la fonction publique offre une grille claire de progression qui rassure les jeunes diplômés à la recherche d’une stabilité à long terme.

Une fonction publique à réinventer en continu

Cet attrait croissant pour la fonction publique est une excellente nouvelle, tant pour l’administration que pour la société dans son ensemble. Il témoigne d’une évolution des mentalités et des attentes des jeunes générations, qui aspirent désormais à des carrières plus engagées, flexibles et porteuses de sens. Pour maintenir cette dynamique, il est crucial que la fonction publique poursuive son processus de modernisation, qu’elle améliore encore ses conditions de travail, et qu’elle continue à valoriser les missions d’intérêt général tout en attirant les talents par des perspectives d’épanouissement professionnel.

En somme, la fonction publique doit continuer à se réinventer, tout en restant fidèle à ses valeurs fondamentales de service à la collectivité. Cette transition vers une fonction publique plus moderne, plus humaine et plus flexible semble aujourd’hui plus que jamais sur la bonne voie.

 

Par Pascal NAUD

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8 mai 2025 4 08 /05 /mai /2025 17:32

 

 

 

 

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7 mai 2025 3 07 /05 /mai /2025 22:02

 

 

Voici un graphique saisissant sur l’évolution de la valeur du point d’indice dans la fonction publique depuis 1990. La courbe bleue montre la valeur réelle du point d’indice, tandis que la courbe rouge indique ce qu’elle aurait été si elle avait suivi l’inflation.

 

 

 



👉 Le constat est sans appel : depuis plus de 30 ans, le point d’indice n’a pas suivi l’évolution des prix. L’écart n’a cessé de se creuser, notamment depuis 2010, traduisant une perte de pouvoir d’achat importante pour les agents publics.

💡 Ce graphique illustre l’enjeu crucial de la revalorisation salariale dans la fonction publique territoriale, un sujet au cœur des préoccupations RH et des négociations syndicales.

 

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3 mai 2025 6 03 /05 /mai /2025 08:25

 

 

 

 

 

📌 Crise sanitaire, quête de sens, équilibre vie pro/vie perso : les attentes des agents évoluent. Le management public doit suivre le mouvement.

📣 La DGAFP publie un guide opérationnel pour accompagner les encadrants dans la mise en œuvre des nouvelles formes d’organisation du travail :

💼 télétravail, semaine de 4 jours, flex office, espaces de discussion (EDT), outils de pilotage visuel (KANBAN, Eisenhower)...

✅ Ce que le guide nous apprend :
👉 Le rôle du manager est essentiel pour expérimenter, ajuster et faire vivre ces organisations.
👉 Les approches réussies combinent dialogue collectif, souplesse individuelle et pilotage rigoureux.
👉 Des exemples inspirants à découvrir : Métropole de Lyon, AP-HP, Ville de Paris…

📚 Accès au guide complet

🔍 Avis
www.naudrh.com: ce document est une véritable boîte à outils pour les managers publics. Il traduit bien les enjeux contemporains du travail hybride et l’importance de co-construire des organisations souples mais robustes. Les cas concrets sont précieux pour lever les freins et oser tester de nouvelles pratiques. Une lecture incontournable pour les DRH et cadres de proximité.


 

Boussole du manager - avril 2025

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3 mai 2025 6 03 /05 /mai /2025 08:08

 

 

 

 

 

Un contexte de transformation

Dans un monde du travail en mutation rapide, la Fonction Publique Territoriale fait face à un double défi : répondre aux nouvelles aspirations des agents tout en garantissant la continuité et la qualité du service public. Longtemps appréhendée sous un angle strictement réglementaire, l'organisation du temps de travail s'impose aujourd'hui comme un levier stratégique majeur, au cœur des politiques de ressources humaines. Elle contribue pleinement à l’attractivité des employeurs publics, à la fidélisation des talents et à l’efficacité collective.

Un récent baromètre de la Direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP) sur les attentes professionnelles dans le secteur public montre que plus de 70 % des agents considèrent l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle comme une priorité, juste derrière la reconnaissance du travail accompli et les perspectives d’évolution.

Des attentes plurielles : équilibre, sens et évolution

L’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle reste un critère déterminant pour de nombreux agents. Il influence fortement leur satisfaction, leur engagement et leur efficacité. Mais cette attente ne se suffit plus à elle seule. Les agents, qu’ils soient nouvellement recrutés ou en poste depuis plusieurs années, expriment également une volonté affirmée de bénéficier de perspectives d’évolution et de donner du sens à leur engagement professionnel. Ces dimensions immatérielles, désormais aussi importantes que les conditions de travail classiques, influencent directement l’engagement professionnel.

Une gestion du temps repensée par les RH territoriales

Face à ces évolutions, les directions des ressources humaines des collectivités sont invitées à adopter une approche globale et stratégique du temps de travail. Il ne s’agit plus seulement de se conformer à la réglementation, mais de créer un cadre de travail agile, souple et porteur de sens. Cette transformation implique de conjuguer performance organisationnelle et aspirations individuelles.

Quatre leviers pour une organisation du temps de travail plus attractive

1. Instaurer une gestion souple et personnalisée du temps : recours à la modulation annuelle, au télétravail, aux horaires variables ou encore aux compteurs de jours. Ces dispositifs favorisent une meilleure conciliation des temps de vie et renforcent la capacité d’adaptation des services. Certaines collectivités pionnières, comme la métropole de Lyon ou le département de la Gironde, expérimentent avec succès ces approches pour accroître la flexibilité tout en maintenant un haut niveau de service.

 

2. Articuler temps de travail et parcours professionnels : associer l’aménagement du temps à des dispositifs de formation, de mobilité ou de projets professionnels personnalisés permet de renforcer la motivation et de répondre à la quête de sens. L’organisation du temps devient ainsi un soutien actif aux trajectoires professionnelles.

 

3. Valoriser la marque employeur : en mettant en avant les pratiques innovantes, en donnant la parole aux agents (via des enquêtes internes, des ateliers collaboratifs ou des témoignages dans les supports de communication) et en communiquant sur les engagements RH, la collectivité améliore son attractivité auprès des talents externes et internes.

 

4. Intégrer la QVCT dans l’organisation du travail : une politique du temps de travail pensée en lien avec la santé, la prévention des risques psychosociaux et la reconnaissance contribue durablement au bien-être des agents et à leur fidélisation. La démarche QVCT permet d’inscrire cette logique dans un cadre structurant, reconnu et transversal.

 

Une vision intégrée au service de l’engagement

Adopter une approche systémique du temps de travail, en lien avec les parcours professionnels et le sens de l'action publique, permet de répondre aux enjeux contemporains du management public. Il s’agit de faire de l’organisation du temps un outil stratégique, capable de soutenir la performance tout en valorisant l’engagement des agents.

Penser le temps de travail comme un levier d’épanouissement professionnel et personnel, c’est poser les bases d’une fonction publique plus attractive, plus agile et plus résiliente. En intégrant pleinement les aspirations des agents, les employeurs publics renforcent leur capacité à recruter, à fidéliser et à mobiliser durablement leurs équipes.

Il est temps pour les collectivités d’intégrer ces principes dans leurs plans d’action RH, en assumant une gestion du temps de travail résolument moderne, souple et humaine.

Avis www.naudrh.com : notre article met en évidence l’importance de passer d’une gestion normative à une gestion humaine et stratégique du temps de travail. C’est en assumant cette évolution que la fonction publique pourra répondre aux défis de demain et rester un employeur de référence.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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3 mai 2025 6 03 /05 /mai /2025 07:53

 

 

 

 

Un accord historique entre l’État et les Départements

Le 29 avril 2025 marque un tournant décisif pour le secteur social et médico-social. À l’issue du comité des financeurs des politiques sociales — instance de concertation entre l’État, les départements et les autres acteurs du financement de l’action sociale —, un accord a été conclu entre les Départements de France et le gouvernement pour débloquer la prime Ségur en faveur des salariés des associations œuvrant dans ce champ. Cette avancée fait suite à plusieurs mois de négociations intenses.

Mettre fin à une inégalité de traitement persistante

Depuis l’instauration du Ségur de la santé en 2020, une partie importante des salariés du secteur associatif social et médico-social était restée à l’écart de la revalorisation salariale de 183 euros nets par mois. On estime qu’environ 150 000 professionnels étaient concernés à l’échelle nationale. Pourtant, ces professionnels sont en première ligne dans l’accompagnement des publics les plus vulnérables : enfants protégés, personnes en situation de handicap ou encore personnes âgées dépendantes. Cette inégalité de traitement, largement dénoncée, fragilisait l’attractivité des métiers et menaçait la pérennité de nombreuses structures.

Les engagements de l’accord du 29 avril 2025

L’accord prévoit que l’État financera la prime Ségur pour les salariés des associations majoritairement financées par les départements. Les secteurs concernés incluent notamment la protection de l’enfance, le soutien aux personnes handicapées et l’accompagnement des personnes âgées.

Concrètement, les départements avanceront les fonds nécessaires au versement de la prime, et l’État leur versera ensuite une compensation financière. Ce mécanisme d’avance, présenté comme temporaire dans un premier temps, pourrait faire l’objet d’un réexamen en fonction de l’évolution des discussions budgétaires. La mise en œuvre est prévue à compter de juin 2025.

Des modalités d’application à préciser

Malgré l’accueil favorable de l’accord, plusieurs éléments restent à préciser :

-l’identification des structures éligibles ;

-les modalités de collecte et de transmission des données sociales ;

-la stabilité du financement à moyen et long terme.

 

Une instruction conjointe des ministères concernés et de l’Association des Départements de France (ADF) est attendue en mai 2025 pour apporter les éclaircissements nécessaires.

Reconnaissance et espoir pour un secteur en tension

Cette décision est saluée comme une avancée majeure pour les professionnels du secteur associatif, dont l’engagement quotidien est désormais reconnu à sa juste valeur. "C’est une reconnaissance attendue depuis longtemps, qui redonne un véritable sens à notre engagement", témoigne Claire Dubois, éducatrice spécialisée dans un foyer de protection de l’enfance en Haute-Garonne. Cette revalorisation devrait également contribuer à freiner la crise de recrutement persistante, en redonnant de l’attractivité aux métiers du lien social.

Les départements, acteurs majeurs de l’action sociale, expriment leur satisfaction d’avoir été entendus par l’État sur un sujet aussi crucial. Reste à transformer cette annonce en réalité opérationnelle, avec une attention soutenue portée à l’équité, à l’efficacité et à la lisibilité du dispositif.

Avis www.naudrh.com : cet accord est un signal fort et bienvenu. Il démontre qu’un dialogue territorial soutenu et lucide peut aboutir à des avancées concrètes. Toutefois, pour que cette mesure soit durablement efficace, elle devra s’inscrire dans une trajectoire budgétaire stable, évitant les retards et imprécisions qui ont trop souvent freiné les précédentes initiatives.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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3 mai 2025 6 03 /05 /mai /2025 07:46

 

 

 

 

Faire évoluer le statut des contractuels dans la fonction publique territoriale

Face aux tensions croissantes sur l'emploi public local, les employeurs territoriaux doivent à la fois attirer de nouveaux talents et fidéliser leurs agents contractuels. Ces derniers, bien qu'ils puissent bénéficier de conditions salariales équivalentes voire supérieures aux agents titulaires (en catégorie A en particulier), se sentent parfois moins reconnus ou intégrés dans les dynamiques collectives, ce qui peut entraîner une perte de motivation de leur part ou un départ prématuré.

Pourtant, des réponses concrètes existent, à condition d'oser l'innovation en matière de politique RH. Le secteur privé offre à cet égard des exemples inspirants. Parmi eux, le "CDI Performance" se distingue : ce dispositif permet aux salariés en contrat à durée indéterminée de suivre une formation certifiante, compatible avec leur emploi du temps, tout en bénéficiant d'une revalorisation salariale à la clé. Une initiative qui redonne du sens au travail et qui mériterait d'être adaptée aux spécificités de la fonction publique territoriale. Certaines collectivités, comme la métropole de Lyon ou la région Bretagne, ont déjà amorcé des démarches similaires à travers des parcours qualifiants intégrés dans leurs plans de développement des compétences. Ces expérimentations pourraient servir de base à une généralisation encadrée du dispositif.

Un modèle transposable et sur-mesure pour les contractuels territoriaux

L'idée d'un "CDI Performance territorial" pourrait prendre la forme d'un dispositif innovant articulant formation qualifiante, accompagnement professionnel et perspectives d'évolution, sans rupture avec le poste occupé. Ce programme serait basé sur le volontariat, co-construit avec l'agent, et s'appuierait sur des catalogues de formations reconnues (type RNCP ou France Compétences), dispensées en distanciel ou en modalité hybride, pour s'adapter à la diversité des situations locales et des profils.

Ces parcours seraient déployés sur une durée modulable (de 6 à 18 mois), conciliant emploi et apprentissage, grâce à des plages de téléformation aménagées sur le temps de travail ou en dehors, selon les accords collectifs ou les nécessités de service. Par exemple, un agent contractuel occupant un poste d'assistant administratif pourrait suivre un parcours certifiant en gestion de projet territorial, avec deux demi-journées de formation par semaine en distanciel, complétées par un accompagnement tutoré. L'issue du parcours pourrait être matérialisée par une revalorisation salariale, un changement de fonctions ou l'accès à un niveau contractuel supérieur, consolidant ainsi la reconnaissance des compétences acquises.

Des bénéfices concrets pour les employeurs publics locaux

Mettre en œuvre un tel dispositif représente une opportunité stratégique pour les collectivités territoriales :

1. Valorisation et montée en compétences des agents : les contractuels développent leur expertise dans des domaines clés (numérique, gestion de projet, communication publique...), voient leurs efforts reconnus, et gagnent en motivation. Ce processus renforce à la fois l'efficacité des services et l'implication des agents, tout en réduisant l'absentéisme.

2. Fidélisation naturelle des talents : en offrant des perspectives concrètes d'évolution, on favorise la stabilité des équipes et on instaure un climat de confiance durable.

3. Renforcement de l'attractivité de l'emploi public local : dans un marché du travail concurrentiel, proposer des parcours professionnels enrichis devient un atout décisif pour attirer de nouveaux profils qualifiés.

4.Souplesse organisationnelle préservée : les formats de formation à distance ou hybrides permettent d'éviter les perturbations dans l'organisation des services tout en accompagnant l'évolution des agents.

 

Contractualiser autrement pour répondre aux enjeux de demain

Dans un monde où les attentes professionnelles évoluent rapidement, la fonction publique territoriale ne peut faire l'économie d'une réflexion approfondie sur les parcours de ses agents contractuels. Inspiré d'une logique de "contrat gagnant-gagnant", un dispositif de type "CDI Performance territorial" pourrait devenir un levier puissant de transformation RH, en alliant épanouissement professionnel des individus et performance collective des organisations.

Avis www.naudrh.com : il est désormais essentiel que les collectivités reconnaissent pleinement la place et les contributions des contractuels au sein du service public. Un dispositif comme celui-ci contribuerait à renforcer la cohésion interne et à redonner du sens à l'engagement professionnel. Il s'agit d'une piste prometteuse à envisager avec attention.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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1 mai 2025 4 01 /05 /mai /2025 14:27

 

 

 

 

Le 29 avril 2025, la Direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP) a réuni les organisations syndicales dans le cadre du nouvel agenda social. Cette rencontre inaugure un cycle inédit de discussions sur les rémunérations des agents publics. Elle intervient dans un climat tendu, où la question du pouvoir d'achat reste la priorité des agents, un an après la dernière réunion sur ce thème.

 

 

Un cadre budgétaire contraint, peu propice aux revalorisations générales

 

Dès l'ouverture des discussions, la DGAFP a précisé le contexte financier : une revalorisation générale de la valeur du point d'indice n'est pas envisageable à court terme. L'administration invoque le coût des mesures prises en 2022 et 2023, qui représentent selon elle un effort budgétaire significatif. Cette position, jugée rigide par les syndicats, exacerbe les tensions.

Face à ce constat, plusieurs organisations syndicales appellent à une mobilisation nationale le 13 mai 2025 pour contester les orientations budgétaires et l'absence de réponses concrètes aux revendications salariales.

 

 

Des attentes syndicales pressantes face à l'immobilisme de l'État

 

Les syndicats attendent des signaux clairs pour restaurer un dialogue social constructif. Ils demandent un cadrage politique fort, des engagements chiffrés et une réelle ouverture à la négociation sur la valeur du point d'indice. Ils souhaitent également que les réformes envisagées se traduisent concrètement dans les textes statutaires et réglementaires. Le contraste entre ces attentes et le discours budgétaire contraint du gouvernement illustre le fossé grandissant entre les agents et leur employeur public.

 

 

Deux chantiers prioritaires identifiés par l'administration

 

Malgré ces limites, la DGAFP propose d'engager deux chantiers interministériels structurants :

 

1. La refonte de la filière administrative : ce versant de la fonction publique souffre d'un déficit d'attractivité, illustré notamment par un taux croissant de vacances de postes et une faible mobilité entrante. Les grilles indiciaires sont jugées illisibles et peu motivantes. L'objectif est de revoir la lisibilité des carrières et les perspectives d'évolution.

 

2. La simplification des règles de classement : il s'agit ici d'assurer une meilleure reconnaissance de l'expérience professionnelle antérieure, notamment acquise hors fonction publique, lors du recrutement ou des mobilités. Ce levier pourrait améliorer l'attractivité, notamment dans les territoires en tension.

 

Ces chantiers feront l'objet de groupes de travail dès juin 2025. L'objectif affiché est de rendre les dispositifs plus simples, plus transparents et plus attractifs.

 

 

Des pistes de travail sans calendrier ni financement défini

 

Au cours de la réunion, la DGAFP a esquissé plusieurs pistes sans pour autant les traduire en engagements fermes :

 

- Une évolution des échelons de début et de fin de carrière pour atténuer le tassement des grilles ;

- Une meilleure reconnaissance des compétences et de l'expérience dans les processus de promotion ;

- Une harmonisation éventuelle des régimes indemnitaires entre ministères pour réduire les inégalités internes.

 

Cependant, aucune enveloppe budgétaire ni échéance précise n'ont été annoncées, ce qui laisse les agents dans l'incertitude et limite la portée immédiate de ces orientations.

 

 

Une réflexion nécessaire sur la reconnaissance du travail public

Pour les agents publics, la question de la rémunération ne se résume pas à une revendication financière : elle renvoie à une exigence de reconnaissance, d'équité et de cohérence entre les discours politiques et les réalités professionnelles. Le fossé entre les efforts quotidiens des agents et un pouvoir d'achat stagnant alimente un sentiment d'injustice croissant.

Le succès du dialogue social en 2025 dépendra donc de la volonté politique d'engager une réforme profonde, au-delà des simples ajustements techniques.

 

 

Avis www.naudrh.com : cette relance du dialogue social est indispensable, mais risque de rester vaine sans engagements concrets et une vision à long terme. Les chantiers annoncés sont pertinents, mais ils devront être portés par une réelle volonté de changement, avec des moyens alloués et un pilotage transparent. Le temps des diagnostics est passé, celui des décisions est attendu. Les agents publics attendent des actes, pas seulement des intentions.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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28 avril 2025 1 28 /04 /avril /2025 06:59

 

 

 

 

Le Premier ministre a adressé une circulaire pour appeler la fonction publique à maîtriser ses dépenses. Ils visent notamment les mesures catégorielles qui ont fait progresser à elles seules de 3,7 milliards d'euros la masse salariale de l'État.

La masse salariale des agents de la fonction publique a atteint 107 milliards d'euros en 2024, en hausse de 6,7% et la "maitrise" de ces dépenses, en particulier les mesures catégorielles, doit "impérativement être renforcée", selon une circulaire du Premier ministre adressée au gouvernement et diffusée jeudi.

Emplois, crédits, masse salariale: une circulaire de François Bayrou exhorte le gouvernement à la rigueur dans l'exécution du budget, et en particulier concernant les "dépenses catégorielles", des mesures décidées par les ministères et ciblées en faveur de certaines catégories d'agents publics dans la police, la justice, l'éducation par exemple.

 

Circulaire de François Bayrou pour appeler la fonction publique à maîtriser ses dépenses

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28 avril 2025 1 28 /04 /avril /2025 06:51

 

 

 

 

Une évolution du dialogue social

Le dialogue social autour de la question des retraites dans la fonction publique franchit une étape décisive, illustrant l'importance d'une concertation approfondie pour accompagner les mutations sociales. Lors de la deuxième réunion consacrée à la fonction publique, tenue le 23 avril 2025, la Direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP) a annoncé une mesure attendue : un projet de décret visant à fixer à 60 ans l'âge d'accès à la retraite progressive pour les agents de la fonction publique d’État, territoriale et hospitalière, à compter du 1er septembre 2025.

Rappel du contexte : la réforme de 2023

La réforme des retraites de 2023 avait déjà introduit une avancée notable en étendant à l'ensemble de la fonction publique (d’État, territoriale et hospitalière) le dispositif de retraite progressive, auparavant réservé aux salariés du secteur privé. Cette mesure permet aux agents de réduire leur temps de travail tout en percevant une partie de leur pension, offrant ainsi une transition plus douce vers la retraite complète. Par exemple, plusieurs administrations territoriales ont déjà mis en place des dispositifs internes facilitant cet aménagement du temps de travail.

Un nouveau cap fixé par le gouvernement Bayrou

Désormais, avec cette nouvelle initiative, la retraite progressive sera accessible aux agents publics à partir de 60 ans, contre 62 ans actuellement, sous réserve qu'ils remplissent certaines conditions de durée d’assurance et de temps de travail. En précisant clairement ses ambitions, le gouvernement poursuit plusieurs objectifs clés :

- Améliorer l’attractivité des carrières publiques ;

- Aménager les fins de carrière de façon plus flexible ;

- Favoriser le maintien dans l’emploi des agents vieillissants.

 

Un outil stratégique pour la gestion des ressources humaines

Sur le fond, la retraite progressive apparaît comme un levier important pour conjuguer souplesse et efficacité dans la gestion des ressources humaines publiques. Elle pourrait également contribuer à réduire les situations d’usure professionnelle, en réduisant notamment les risques psychosociaux, tout en répondant aux attentes des agents souhaitant mieux concilier leur vie professionnelle et personnelle en fin de carrière.

Les enjeux de la mise en œuvre

Il conviendra toutefois d'être vigilant quant aux modalités concrètes d'application de cette mesure. En effet, certaines difficultés pratiques pourraient surgir, comme l’articulation des réductions du temps de travail avec les besoins de service. Les partenaires sociaux auront un rôle crucial à jouer pour :

- Définir les critères de réduction du temps de travail ;

- Préciser le mode de calcul des pensions ;

- Encadrer l es conditions de retour à un temps plein si l'agent le souhaite.

 

Un signal politique fort

Cette extension de la retraite progressive à partir de 60 ans constitue un signal positif, illustrant une volonté politique d'adapter la fonction publique aux nouvelles réalités du travail et au vieillissement de la population active.

 

La mise en place de la retraite progressive à 60 ans dans la fonction publique marque une étape importante dans la modernisation du service public. Elle montre que l'administration sait évoluer avec son temps et reconnaître les besoins spécifiques des agents en fin de carrière. Pour autant, la réussite de ce dispositif reposera sur la capacité à le déployer de manière équitable et adaptée aux réalités de chaque secteur.


Avis www.naudrh.com : nous trouvons que cette mesure est une évolution très positive. Elle offre aux agents une fin de carrière plus apaisée et valorise leur expérience en les maintenant en activité dans des conditions adaptées à leur âge. Toutefois, la réussite de la réforme dépendra largement de sa mise en œuvre concrète et de la souplesse laissée aux agents et aux administrations.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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25 avril 2025 5 25 /04 /avril /2025 22:16

 

 

 

 

Près de 8 arrêts de travail sur 10 sont transmis de façon dématérialisée à l’Assurance Maladie par les prescripteurs (médecins ou sages-femmes essentiellement) à partir de leur ordinateur. Cette télétransmission permet non seulement des délais de prise en charge plus courts, mais aussi des conditions de sécurité renforcées.

Cependant, dans certaines situations, comme une consultation à domicile par exemple, le recours à un arrêt de travail électronique n’est pas possible, et un formulaire papier Cerfa en 3 volets doit être utilisé. Le patient doit envoyer les volets 1 et 2 sous 48 heures au service médical de sa caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). Le volet 3 est à remettre à l’employeur, si le patient est salarié, ou bien à conserver, s’il est travailleur indépendant. Si le patient est au chômage, le volet 3 doit être transmis à France Travail.

Il existe désormais un nouveau formulaire papier Cerfa sécurisé, avec 7 points d’authentification (une étiquette holographique, de l'encre magnétique, etc.). Les professionnels de santé sont encouragés à l'utiliser dès maintenant lorsqu'ils ne peuvent pas réaliser un arrêt dématérialisé. Mais dès le 1er juillet 2025, l'utilisation de ce formulaire sécurisé deviendra obligatoire pour tout envoi d'un avis d’arrêt de travail sous format papier. Tous les autres formats seront systématiquement rejetés. Les scans et les photocopies, notamment, ne pourront être acceptés et seront considérés comme des faux.

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23 avril 2025 3 23 /04 /avril /2025 23:17

 

 

 

 

Après une carrière souvent marquée par l'engagement, la loyauté et le service rendu aux collectivités, nombreux sont les fonctionnaires territoriaux qui découvrent, au moment du départ à la retraite, une pension bien inférieure à leurs attentes. Ce constat amer souligne les lacunes d’un système qui ne reconnaît pas toujours à sa juste valeur le dévouement de ces agents au service de l’intérêt général.


I. Des pensions insuffisantes : les causes d’un déséquilibre structurel

Plusieurs facteurs contribuent à expliquer le montant modeste des pensions dans la fonction publique territoriale.

Tout d’abord, le mode de calcul repose sur les six derniers mois de traitement indiciaire brut, excluant une grande partie des primes et indemnités qui peuvent représenter jusqu’à 30 % de la rémunération. Si le régime additionnel de la fonction publique (RAFP) permet de prendre en compte une part de ces primes, il est plafonné à 20 % du traitement indiciaire brut annuel, ce qui limite fortement son impact sur le montant final de la pension., excluant une grande partie des primes et indemnités qui peuvent représenter jusqu’à 30 % de la rémunération. Si le régime additionnel de la fonction publique (RAFP) permet de prendre en compte une part de ces primes, son plafond reste faible et sa portée limitée.

Ensuite, les déroulements de carrière s’avèrent souvent lents et inégaux selon les filières. Les agents stagnent parfois de longues années sur un même échelon, sans réelle valorisation salariale, notamment dans les filières administrative, sociale et médico-technique.

Enfin, les interruptions de carrière (temps partiels, congés parentaux, disponibilités non cotisées), souvent assumées par des femmes, pèsent lourdement sur les droits à pension. Ces périodes sont mal compensées, contribuant à des inégalités persistantes. Par exemple, une agente ayant pris un congé parental de trois ans sans cotisation subira une décote importante et une perte de trimestres validés, ce qui peut entraîner une diminution de plusieurs centaines d'euros sur sa pension mensuelle. (temps partiels, congés parentaux, disponibilités non cotisées), souvent assumées par des femmes, pèsent lourdement sur les droits à pension. Ces périodes sont mal compensées, contribuant à des inégalités persistantes.


II. Vers une réforme équitable : quelles pistes d’action ?

Pour répondre à ces défis, plusieurs leviers d'action méritent d'être explorés :

- Revaloriser la place des primes dans le calcul de la pension en réformant le RAFP ou en intégrant certaines primes dans le traitement de base.

- Dynamiser les carrières en facilitant les promotions, en harmonisant les rythmes d’avancement et en reconnaissant l’ancienneté réelle dans les mobilités internes.

- Compenser les interruptions de carrière, notamment pour les agents ayant eu des périodes de congé parental ou d’aide à un proche dépendant.

- Renforcer l’information et l’accompagnement des agents, à travers des simulateurs de retraite fiables, des entretiens individualisés dès 45 ans et une meilleure coordination entre les centres de gestion, les employeurs et la CNRACL.

 


III. Préparer sa retraite dès aujourd’hui : une nécessité encore trop ignorée

La préparation à la retraite doit devenir une priorité dès le milieu de carrière. Trop d’agents découvrent tardivement les lacunes de leur future pension. Les dispositifs de rachat de trimestres, de retraite progressive ou de cumul emploi-retraite sont méconnus et sous-utilisés.

Des campagnes de sensibilisation, des formations RH et des accompagnements individualisés peuvent permettre aux agents d’anticiper et d’optimiser leur fin de carrière. Par exemple, le département du Loiret a mis en place un parcours retraite personnalisé pour les agents de plus de 50 ans, avec des entretiens réguliers, des ateliers collectifs et un accès facilité aux outils de simulation, leur permettant de mieux maîtriser leurs droits et leurs choix en fin de carrière et des accompagnements individualisés peuvent permettre aux agents d’anticiper et d’optimiser leur fin de carrière. C’est aussi une manière de redonner du pouvoir d’agir aux agents sur leur trajectoire professionnelle.


Restaurer l’équité et la reconnaissance

Les pensions modestes des agents territoriaux ne sont pas une fatalité. Trois axes d’amélioration ressortent clairement : revaloriser la prise en compte des primes, dynamiser les parcours professionnels, et renforcer l’accompagnement des agents dans la préparation de leur retraite. En agissant simultanément sur ces leviers, les collectivités peuvent offrir une fin de carrière plus digne et conforme à l'engagement de leurs agents. Elles résultent d’un empilement de règles techniques et de choix budgétaires souvent peu lisibles. Une politique de gestion prévoyante, équitable et transparente, associée à une meilleure reconnaissance des parcours professionnels, permettrait de restaurer la confiance et la dignité des futurs retraités de la fonction publique territoriale.

Avis www.naudrh.com : il nous semble indispensable que les collectivités prennent à bras-le-corps la question de la retraite de leurs agents. Trop longtemps considérée comme une affaire individuelle, elle est en réalité le révélateur d'une politique RH cohérente ou non. Agir en amont, c'est non seulement mieux préparer les agents, mais aussi valoriser leur engagement au service du bien commun.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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23 avril 2025 3 23 /04 /avril /2025 22:19

 

 

 

 

Revaloriser les bas salaires : une priorité politique

Alors que la question du pouvoir d’achat demeure au centre des préoccupations des agents publics, le ministre de la Fonction publique, Laurent Marcangeli, a souligné l’importance d’une revalorisation ciblée des rémunérations. Environ 20 % des effectifs de la fonction publique d’État et territoriale perçoivent entre 1 500 € et 1 700 € nets par mois, soit en dessous du salaire médian national estimé à environ 1 900 € nets mensuels. Cette réalité souligne la difficulté croissante pour ces agents à faire face au coût de la vie. Ce constat interroge sur l’attractivité et la fidélisation dans des secteurs essentiels tels que la santé, l’éducation ou la sécurité.

Une rémunération en perte de vitesse face à l’inflation

Depuis 2015, les salaires dans la fonction publique n'ont progressé que de 0,2 % par an en moyenne, contre 0,7 % dans le secteur privé. Malgré les hausses ponctuelles du point d'indice (+3,5 % en 2022 et +1,5 % en 2023), le pouvoir d'achat des agents continue de s’éroder. Sur la même période, l’inflation a dépassé 5 % en 2022 et avoisiné 4 % en 2023, creusant davantage l’écart entre les revenus et le coût de la vie. En 2025, aucune nouvelle revalorisation du point n’est prévue, et la suppression de la Garantie Individuelle du Pouvoir d’Achat (GIPA) compromet un mécanisme essentiel de compensation de l’inflation.

Des mesures ponctuelles à l’efficacité limitée

Parmi les pistes envisagées : un ajustement périodique du socle indiciaire pour les plus bas salaires et une indexation plus régulière sur l’inflation. Toutefois, ces actions ponctuelles peinent à compenser une décennie de stagnation. La valeur du point d’indice demeure un levier central : une augmentation de 1 % représente un coût estimé à 2,5 milliards d’euros.

Inégalités salariales : un enjeu persistant

Les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes restent préoccupants : les femmes perçoivent en moyenne 11,8 % de moins. Ces écarts s’accentuent avec l’âge, atteignant 12,9 % chez les agents de 50 à 60 ans. Par ailleurs, les disparités liées à l’ancienneté sont notables : les agents de moins de 30 ans perçoivent en moyenne 1 762 € nets mensuels, contre 2 930 € pour ceux âgés de 60 ans et plus.

La pénalisation des arrêts maladie : une mesure controversée

Depuis le 1er mars 2025, une réduction de la rémunération de 100 % à 90 % est appliquée après le jour de carence, et ce pour les trois premiers mois d’un arrêt de maladie ordinaire. Cette mesure ne concerne pas les congés pour longue maladie ou de longue durée, mais vise les arrêts de courte et moyenne durée. Jugée injuste par de nombreux syndicats, elle risque de pénaliser particulièrement les agents les plus exposés aux conditions de travail éprouvantes, notamment dans les secteurs du soin, de l’éducation ou de la sécurité.

Quelles solutions pour une rémunération plus juste et plus attractive ?

Face à ces déséquilibres persistants et à l’urgence de redonner de l’attractivité à la fonction publique, plusieurs leviers d’action complémentaires méritent d’être envisagés :

- Renforcer les incitations financières dans les métiers en tension afin de pallier les difficultés de recrutement.

- Améliorer les conditions de travail pour réduire l’usure professionnelle et favoriser le bien-être au travail.

- Développer la formation continue, vecteur de progression et d’évolution de carrière.

- Réduire les inégalités salariales entre femmes et hommes, par des mesures ciblées et un suivi rigoureux.

 

Un dialogue social à intensifier

Les organisations syndicales réclament l’ouverture rapide d’un agenda social structuré autour de la question salariale. Elles plaident pour une revalorisation globale des grilles indiciaires, la réintroduction de la GIPA, et la reconnaissance de la pénibilité. La relance d’un dialogue social de qualité, dans la durée, est indispensable pour restaurer la confiance et l’engagement des agents.

Pour une fonction publique à la hauteur des enjeux

La politique salariale ne peut plus se réduire à des ajustements techniques. Faute d’un engagement clair et durable, la fonction publique risque de se heurter à une crise d’attractivité sans précédent, avec des répercussions directes sur la qualité et la continuité des services rendus aux citoyens. Elle doit s’inscrire dans une vision globale, équitable et ambitieuse du service public. Redonner du sens au travail des agents passe par une reconnaissance pleine de leur contribution, tant symbolique que financière. Il en va de la capacité de l’État à garantir un service public fort, attractif et juste.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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23 avril 2025 3 23 /04 /avril /2025 20:51

 

 

 

 

Faut-il alléger le fardeau fiscal de l'État au détriment des retraités ? C’est la question que soulève la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, qui propose de supprimer l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités. Une mesure qui, loin d'être anecdotique, pourrait bouleverser le quotidien de millions de Français.

L’origine de l’abattement fiscal

Créée en 1978 sous le gouvernement de Raymond Barre, l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions de retraite visait à compenser l'impossibilité pour les retraités de déduire leurs frais professionnels, contrairement aux actifs. À l’époque, il s’agissait de rétablir une forme d’équité entre actifs et retraités en tenant compte du fait que ces derniers ne pouvaient plus bénéficier de déductions fiscales liées à des frais professionnels.

Ce dispositif s’applique également aux pensions de réversion et d’invalidité, et son montant est plafonné chaque année en fonction du barème de l’impôt sur le revenu. Cependant, dans un contexte où la nature des revenus de retraite a évolué et où de plus en plus de retraités n’ont plus de frais professionnels, cet abattement semble aujourd’hui appartenir à un autre temps. Le gouvernement estime donc qu'il n'est plus justifié, et qu’il ne correspond plus aux réalités économiques actuelles.

Pourquoi envisager la suppression de cet abattement ?

La principale justification avancée par le gouvernement pour la suppression de cet abattement est l’argument budgétaire. Cette niche fiscale coûte chaque année environ 4,5 milliards d’euros à l'État. Dans une période où le pays cherche à réduire son déficit public et à maîtriser ses finances, cette mesure serait une solution pour alléger le fardeau budgétaire.

Le gouvernement souhaite ainsi moderniser la fiscalité, en insistant sur l'idée que ce ne doit pas être l’âge qui détermine la contribution fiscale d'un individu, mais plutôt ses revenus et ses moyens. Certains économistes estiment que cette mesure bénéficierait avant tout aux retraités les plus aisés, ce qui poserait un problème d'équité. D’autres soulignent que l’abattement ne profite plus aux retraités dans une logique de frais professionnels, mais devient une forme d'avantage injustifié pour une catégorie particulière de la population.

Les critiques : une mesure mal reçue par les retraités et les syndicats

L’annonce de la ministre a immédiatement suscité une levée de boucliers parmi les syndicats de retraités et les associations qui les défendent. Bernard Leclerc, président de l'UNSA-Retraités, a dénoncé une mesure qui, selon lui, aggraverait la situation financière des retraités les plus modestes. "Les retraités modestes, déjà durement affectés par la hausse des prix, ne devraient pas être les boucs émissaires de l'austérité budgétaire", a-t-il déclaré. Cette mesure, prévient-il, entraînerait une charge fiscale supplémentaire pour des millions de retraités qui, pour la plupart, vivent avec des ressources limitées.

De nombreux retraités expriment également leur mécontentement, estimant qu'ils sont à tort perçus comme une catégorie privilégiée. À leurs yeux, cette mesure représente une nouvelle attaque contre leur pouvoir d'achat déjà fragilisé. "Nous ne demandons pas des avantages fiscaux supplémentaires, mais simplement que l’on nous laisse vivre dignement", déclare un retraité de 67 ans, au revenu modeste.

Un précédent gouvernemental : pas une première remise en question

La question de la suppression de l’abattement fiscal des retraités n’est pas nouvelle. En 2017, Emmanuel Macron proposait déjà une révision des avantages fiscaux des retraités, une idée qui avait été rapidement rejetée face à la forte opposition sociale. La Cour des comptes, dans ses rapports successifs, a aussi suggéré de revoir certains avantages fiscaux pour les retraités, mais les gouvernements précédents ont choisi de ne pas avancer sur ce terrain sensible, de peur d'enflammer les relations sociales.

Aujourd’hui, le contexte économique et les contraintes budgétaires poussent le gouvernement à reconsidérer cette niche fiscale. La suppression de cet abattement pourrait ainsi faire partie d’un ensemble de mesures visant à réduire le déficit public, mais les risques politiques et sociaux sont considérables.

La possibilité d’une censure gouvernementale

La suppression de cet abattement fiscal pourrait-elle devenir un motif de censure du gouvernement ? Si cette mesure venait à être inscrite dans le projet de loi de finances 2026, elle serait probablement soumise à un débat parlementaire particulièrement animé. Les oppositions, qu’elles soient politiques ou sociales, chercheront à remettre en question une réforme qui touche de près le quotidien des retraités.

L’opposition syndicale et celle des associations de retraités risquent de mener des actions fortes pour protester contre cette mesure. De plus, la question de la justice fiscale pourrait être un point d’achoppement majeur lors du débat. Reste à savoir si cette proposition suscitera suffisamment de mécontentement pour entraîner une remise en question gouvernementale à travers une censure.

Les avantages d’une telle réforme

D’un point de vue économique, la suppression de cet abattement pourrait offrir des avantages significatifs pour les finances publiques. En réduisant une niche fiscale coûteuse, qui bénéficie principalement aux retraités aisés, l'État pourrait libérer des ressources pour d'autres investissements, notamment dans les politiques sociales et la réduction de la dette publique. De plus, certains estiment qu’une telle mesure permettrait d’améliorer l’équité fiscale en fonction des revenus réels des retraités.

Cependant, cette décision n'est pas sans risques. Si cette réforme est perçue comme un affaiblissement de la solidarité intergénérationnelle, elle pourrait nourrir un sentiment d’injustice fiscale, particulièrement pour les retraités les plus vulnérables.

La France est-elle prête à lever le tabou fiscal sur les retraités ?

La question de la fiscalité des retraités reste un sujet sensible en France. Supprimer cet abattement marquerait une rupture dans la manière dont le pays prend en charge ses retraités sur le plan fiscal. Le débat ne se limite pas à une simple question de finances publiques, mais touche aussi à la solidarité entre générations et à la place des retraités dans la société.

Le gouvernement est-il prêt à franchir ce pas et à lever ce tabou fiscal ? La réponse à cette question pourrait bien déterminer la façon dont la France aborde l’avenir de son système de retraite, mais aussi l’équité de son système fiscal en général.

Avis www.naudrh.com

La suppression de l’abattement fiscal de 10 % pour les retraités est une mesure audacieuse, mais qui soulève des questions importantes sur son équité et ses conséquences sociales. Si cette réforme permettrait de réaliser des économies substantielles pour les finances publiques, elle risquerait également d’aggraver les inégalités fiscales et de fragiliser davantage les retraités, notamment ceux aux revenus modestes. Il serait donc souhaitable que le gouvernement explore d’autres pistes de réformes fiscales, moins impactantes pour cette population vulnérable, afin de préserver l’équilibre entre redressement budgétaire et solidarité sociale.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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20 avril 2025 7 20 /04 /avril /2025 04:09

 

 

 

 

Le 13 mai 2025, une journée de mobilisation des syndicats de fonctionnaires pourrait marquer un tournant dans les rapports sociaux en France. Les agents publics, confrontés à une augmentation du coût de la vie, à la réduction des effectifs et à des réformes contestées, se mobilisent pour défendre leurs droits. Bien que le soutien à la grève soit large, la mobilisation ne bénéficie pas d’un soutien total au sein du monde syndical. Le mois de mai 2025 s’annonce ainsi particulièrement tendu sur le plan social, avec des conséquences potentiellement profondes pour l’avenir du dialogue social.

Les raisons de la mobilisation : un contexte de mécontentement généralisé

Les revendications qui poussent les syndicats à organiser cette journée de protestation sont multiples, mais deux d’entre elles ressortent particulièrement : la question des salaires et celle des conditions de travail.

1. La question des salaires et du pouvoir d'achat

L'augmentation des salaires des fonctionnaires est un sujet central dans les revendications actuelles. Bien que des mesures de revalorisation salariale aient été prises ces dernières années, les syndicats jugent ces ajustements insuffisants face à l’inflation et à la montée des prix, en particulier dans les secteurs les plus touchés par la crise économique. En conséquence, le pouvoir d'achat des fonctionnaires a diminué, et les agents publics constatent un écart croissant avec les salaires du secteur privé. Selon certains calculs, la perte de pouvoir d’achat serait en moyenne de 10 % pour certaines catégories d'agents depuis 2017, ce qui exacerbe un sentiment de mécontentement.

2. La réduction des effectifs et la charge de travail

La suppression de milliers de postes dans la fonction publique, notamment au niveau local, constitue également un motif de mécontentement majeur. Les syndicats dénoncent une politique d’austérité qui mène à une surcharge de travail pour les agents restant en poste, et soulignent que cette situation nuit à la qualité des services publics. L’absentéisme en hausse, les délais de traitement des dossiers qui s’allongent et la surcharge de travail continuent de peser lourdement sur les fonctionnaires. En réponse, les syndicats appellent à des recrutements massifs pour alléger les charges de travail et éviter la dégradation des services rendus aux citoyens.

3. La réforme des retraites : une inquiétude partagée

Même si la réforme des retraites ne touche pas directement les fonctionnaires dans sa forme actuelle, elle demeure un sujet sensible. Les syndicats redoutent des réformes futures qui pourraient compromettre leurs conditions de départ à la retraite. L'allongement de l'âge de départ et les nouvelles modalités de calcul des pensions alimentent une inquiétude partagée sur l’avenir des droits sociaux des fonctionnaires.

 

Un appel à la mobilisation avec une unité syndicale relative

L'appel à la grève du 13 mai 2025 bénéficie d’un soutien important parmi les syndicats de fonctionnaires, mais ne fait pas l’unanimité. Les organisations syndicales principales, telles que la CGT, la FSU et Solidaires, ont d'ores et déjà annoncé leur participation à cette journée de mobilisation. Ces syndicats, historiquement en première ligne dans la défense des droits des fonctionnaires, considèrent cette mobilisation comme une occasion de rappeler au gouvernement les défis urgents auxquels fait face la fonction publique.

Cependant, d’autres syndicats, comme la CFDT, se montrent plus réservés. Si ces organisations partagent certaines des préoccupations soulevées, elles privilégient généralement des actions de pression par le biais du dialogue et des négociations plutôt que la confrontation. Cette divergence de stratégies montre la diversité au sein du monde syndical. Par conséquent, bien que la mobilisation soit largement soutenue, elle ne bénéficie pas d’un soutien total au sein de l'ensemble des organisations syndicales.

 

Mai 2025 : un mois qui s'annonce agité socialement

Au-delà des fonctionnaires, d'autres secteurs prévoient également des grèves au cours du mois de mai 2025, contribuant à un climat social déjà tendu. Le mois s'annonce donc sous haute tension, avec des actions prévues dans l’éducation, la santé, et d’autres services publics, alimentées par des revendications similaires liées aux salaires, aux conditions de travail et aux réformes. Les syndicats de fonctionnaires, en particulier, estiment que la situation est devenue intenable et qu'une réponse immédiate est nécessaire. Cette mobilisation pourrait donc en entraîner d'autres dans les semaines à venir, transformant mai 2025 en un mois décisif pour le gouvernement.

Les manifestations et les grèves prévues ont pour objectif d’exercer une pression maximale sur l'exécutif, en espérant qu’il prenne des mesures concrètes pour améliorer les conditions de travail et de rémunération des fonctionnaires. Il s'agit d’une occasion pour les syndicats de rappeler que la fonction publique est au service de la collectivité et que la dignité de ses agents doit être respectée.

 

Un Mouvement social à suivre de près

En conclusion, bien que la mobilisation des syndicats de fonctionnaires le 13 mai 2025 ne soit pas totalement unanime, elle s’inscrit dans un contexte où les revendications sont fortes et les tensions sociales palpables. Les fonctionnaires, à travers leurs syndicats, expriment des préoccupations légitimes sur la dégradation de leurs conditions de travail, l’injustice salariale et l’avenir de leurs droits sociaux. Le gouvernement se trouve à un carrefour : soit il ouvre une véritable négociation pour apaiser le climat social, soit il risque d’aggraver la situation par son absence de réponse.

Cette mobilisation, si elle se transforme en un véritable mouvement de masse, pourrait être un moment décisif pour le dialogue social en France. Le gouvernement devra répondre avec des mesures concrètes, non seulement pour éviter l’escalade du conflit, mais aussi pour restaurer la confiance dans la fonction publique. Un dialogue ouvert et constructif reste plus que jamais indispensable pour garantir la pérennité de l’un des piliers du service public français.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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19 avril 2025 6 19 /04 /avril /2025 07:22

 

 

 

 

Commentaires www.naudrh.com de la vidéo ci-dessus

 

La question de l'ampleur de la fonction publique en France est un sujet récurrent de débat. Selon un sondage récent (cf. graphique ci-dessous), un Français sur deux estime qu'il y a trop de fonctionnaires. Cependant, cette vision doit être nuancée, car elle masque des problématiques structurelles plus profondes.

 

- Multiplication des organismes publics : Sophie de Menton, invitée dans l'émission d'E1 (cf. vidéo ci-dessous), explique que le problème ne réside pas dans le nombre de fonctionnaires, mais dans l'accumulation d'organismes publics créés pour appliquer des lois. Cela entraîne une administration excessive, qui augmente le nombre de fonctionnaires nécessaires pour gérer la complexité des règlements et des procédures.

 

- Dérive démocratique et suradministration : elle ajoute que ce phénomène de bureaucratie galopante est une véritable dérive, car la multiplication des procédures exige davantage de fonctionnaires pour les surveiller et les appliquer. Ce modèle a conduit à une vision où l'on cherche à opposer secteur privé et secteur public, sans aborder la vraie question de l'efficacité administrative.

 

-Fonction publique hospitalière : si certaines catégories comme la fonction publique hospitalière manquent cruellement de personnel, dans d'autres domaines, la question de l'efficacité des fonctionnaires est plus légitime. Par exemple, la fonction publique territoriale, au niveau local, pourrait être optimisée sans affecter la qualité des services.

 

-Comparaison avec l'Europe : en France, la masse salariale des fonctionnaires représente 12,3 % du PIB, un chiffre considérablement plus élevé que dans des pays comme l'Allemagne, où elle s'élève à 8 %. Cette comparaison met en lumière le coût important du secteur public français, mais elle invite également à une réflexion sur les priorités à long terme pour réformer la fonction publique sans perdre en qualité de service.

 

La France fait face à un dilemme : alors que certains secteurs publics, comme la santé, ont besoin d'une augmentation du personnel, d'autres secteurs souffrent d'une administration trop lourde et de la création d'organismes peu efficaces. La question de la réforme de la fonction publique doit donc être abordée avec discernement, en prenant en compte les spécificités de chaque secteur.

 

 

 

 

Commentaires www.naudrh.com sondage graphique 1

 

 

🚨 Les résultats d'un sondage récent réalisé en avril 2025 révèlent que 50% des Français estiment qu'il y a trop de fonctionnaires, tandis que 49% pensent le contraire. Ces résultats montrent une opinion partagée sur un sujet clé de l'actualité sociopolitique en France. 🌍


🔎 Comparé à un sondage similaire effectué en octobre 2021, les résultats montrent un léger recul de ceux qui estiment qu'il y a "trop de fonctionnaires", passant de 53% à 50%.

Cette question continue d’alimenter le débat sur l'efficacité de la fonction publique, la gestion des dépenses publiques et les réformes à envisager pour l'avenir. 🤔

 

 

 

 

Commentaires www.naudrh.com sondage graphique 2

 

📊 Sondage CSA : auprès de qui la volonté de suppression de postes de fonctionnaires trouve-t-elle le plus d'écho ?

Les résultats détaillés d'une étude récente de l'Institut CSA révèlent des tendances intéressantes sur les réponses à une question particulière, segmentées par sexe, âge et catégorie socioprofessionnelle.

 



👉 Voici les points clés :

-Hommes vs Femmes : les hommes (52%) sont légèrement plus enclins à répondre "Oui" par rapport aux femmes (48%).

-Tranche d'âge : la majorité des jeunes adultes (18-24 ans) répondent positivement (56%), tandis que les plus de 65 ans affichent un fort taux de réponse "Oui" (57%).

-Catégories socioprofessionnelles : les CSP+ montrent une tendance marquée pour le "Oui" (60%), alors que les Inactifs sont partagés avec 51% de réponses positives.

🔍 Que peut-on en déduire ? Ces résultats témoignent de l'impact de facteurs démographiques sur les décisions et opinions des répondants. La segmentation par sexe, âge et profession permet de mieux comprendre les variations dans les comportements et de cibler les stratégies en fonction des profils.

 

 

 

 

Commentaires www.naudrh.com sondage graphique 3

 

📊 Quels sont les groupes politiques les plus favorables à la suppression de postes de fonctionnaires ?

🗳️ Une analyse des résultats d'un sondage révèle des différences marquées selon les tendances politiques des Français. Le graphique détaillé ci-dessous montre les réponses des électeurs en fonction de leur proximité avec différents partis politiques, mettant en lumière les disparités d'opinion sur des questions clés.

 



🔵 Ensemble : la majorité des électeurs se prononcent "Oui" à la surpression de postes de fonctionnaires, mais une part importante reste contre, avec un équilibre serré entre les deux réponses.

🟥 Gauche : les résultats sont majoritairement négatifs, particulièrement pour la France Insoumise (74% contre). Cela suggère une position bien plus critique vis-à-vis des enjeux abordés dans l'enquête.

🟢 Majorité Présidentielle : avec 60% des électeurs répondant "Oui", ce groupe semble plus favorable, bien que des oppositions demeurent.

🔴 Droite : les résultats sont clairement en faveur de la réponse "Oui", particulièrement pour Les Républicains, où 74% des répondants adhèrent à la proposition.

⚫ Extrême Droite : le Rassemblement National enregistre également un soutien important (63% "Oui"), mais reste moins marqué que celui de la droite traditionnelle.

 

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17 avril 2025 4 17 /04 /avril /2025 09:10

 

 

 

Une déclaration qui relance le débat

Le 16 avril 2025, la ministre du Travail a affirmé que les salariés français s'arrêtaient plus longtemps que leurs homologues allemands, alors même que l'Allemagne ne pratique aucun jour de carence et que les employeurs y assurent l'intégralité du salaire pendant les premiers jours d'arrêt maladie. Cette affirmation a suscité de vives réactions dans les sphères syndicales, médiatiques et politiques, notamment au sein de la fonction publique, où les jours de carence sont déjà source de tensions. Mais qu'en est-il vraiment ?

 

La comparaison France-Allemagne : un mirage statistique ?

Des études récentes, notamment celles de l'OCDE (Rapport Santé 2023) et de la Commission européenne, confirment que la durée moyenne des arrêts maladie est plus longue en France : environ 15 jours contre 10 jours en Allemagne en 2023. Toutefois, ces chiffres ne doivent pas être analysés hors contexte. Les systèmes de santé, les modalités de déclaration, la pression professionnelle, la culture du travail et même la médecine du travail y diffèrent radicalement.

En Allemagne, bien que l'absence de carence puisse surprendre, elle s'accompagne d'un contrôle médical rigoureux, d'un fort engagement des employeurs dans la prévention, et d'une responsabilisation collective à travers des accords sociaux solides. En France, les jours de carence ont été introduits comme outil de responsabilisation individuelle et de maîtrise budgétaire, mais leur efficacité reste débattue parmi les experts du dialogue social. Par exemple, plusieurs rapports de la Cour des comptes et du Conseil économique, social et environnemental ont montré que les jours de carence n'ont qu'un impact limité sur la réduction des arrêts courts, et aucun sur les arrêts longs.

 

Une augmentation liée à la dégradation du travail

Les causes profondes de l'augmentation des arrêts maladie en France ne se trouvent pas dans les réglementations mais dans l'état du monde du travail. Selon le rapport 2024 du Ministère de la Santé publique, les arrêts de travail ont connu une hausse de 9,6 % en deux ans, une progression qui atteint 15 % dans la fonction publique territoriale et hospitalière.

Parmi les facteurs dominants, on observe une dégradation notable des conditions de travail : surcharge, tensions hiérarchiques, manque de reconnaissance, isolement, et sentiment de perte de sens. Ces facteurs psychosociaux sont aujourd'hui les principaux moteurs de l'absentéisme.

 

La nécessité d'une réponse politique ambitieuse

Face à ces constats, les comparaisons internationales deviennent peu pertinentes si elles ne s'accompagnent pas d'une lecture fine des réalités sociales. Il ne s'agit pas d'accuser les salariés français de profiter du système, mais de reconnaître que le travail, tel qu'il est organisé aujourd'hui dans de nombreux secteurs, peut nuire gravement à la santé.

La réponse ne peut être uniquement punitive ou budgétaire. Elle doit passer par un investissement dans la prévention, la qualité de vie au travail et le dialogue social. C'est ce qu'a rappelé la circulaire de la DGAFP du 25 mars 2025, appelant les employeurs publics à renforcer leurs actions en matière de bientraitance managériale, d'écoute et de reconnaissance. Cette circulaire souligne notamment la nécessité d'agir sur l'organisation du travail, la charge mentale et l'amélioration des pratiques managériales pour prévenir les risques psychosociaux.

 

Le vrai problème, un travail malade ?

Oui, les arrêts maladie sont plus longs en France. Mais cette donnée brute est le reflet d'une souffrance plus profonde, que ni les jours de carence ni les contrôles ne suffiront à résoudre. Une politique moderne, efficace et humaine devra viser non pas à sanctionner l'arrêt, mais à soigner le mal à sa source : le travail lui-même.

Avis www.naudrh.com : plutôt que d'utiliser les comparaisons internationales comme levier de rigueur budgétaire, il serait temps de les considérer comme un appel à refonder notre approche du travail. Le véritable enjeu n'est pas de réduire les arrêts, mais de rendre le travail vivable et durable pour tous. C'est à cette condition que nous sortirons d'une spirale où le travail abîme plus qu'il n'émancipe.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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16 avril 2025 3 16 /04 /avril /2025 21:47

 

La fonction publique française, c’est 5,7 millions d’agents engagés au service de l’intérêt général !

Découvrez les chiffres marquants de 2022 :


-1 emploi sur 5 relève du secteur public
-63 % de femmes parmi les agents
-3 versants : État, Territoriale, Hospitalière
-22 % de contractuels, une part en hausse de 5 points en 10 ans
-Répartition hiérarchique équilibrée : 39 % catégorie A, 22 % B, 39 % C
-Salaire net moyen : 2 527 € (avec des écarts selon les versants)



👉 Ces données illustrent la diversité, la féminisation et l’évolution des statuts dans la fonction publique.

 

 

 

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16 avril 2025 3 16 /04 /avril /2025 14:28

 

 

 

 

Dans un contexte de vieillissement accéléré des effectifs de la fonction publique territoriale, les départs en retraite massifs représentent un défi stratégique pour les collectivités locales. Cette situation entraîne une perte de compétences clés, souvent tacites et non formalisées, qui fragilise la continuité du service public. Elle freine également la montée en compétence des nouvelles générations d'agents.


Il devient dès lors impératif de mettre en œuvre un plan opérationnel de maintien des compétences et de transfert des savoir-faire. Les directions des ressources humaines ont ici un rôle central à jouer pour assurer la pérennité de l'action publique.

 

 

I. Pourquoi agir ? Les enjeux du maintien et du transfert des compétences

 

Un contexte démographique pressant


-Près de 50 % des agents atteindront l'âge de la retraite d'ici 2030, selon une estimation du CNFPT d'ici 2030 dans certaines collectivités.
- Risque de perte de savoir-faire empiriques difficilement remplaçables par la formation seule.

 

Des impacts sur l'organisation et la qualité du service


-Rupture dans les chaînes de compétence et ralentissement de l'efficacité des services.
-Risques de désorganisation et de dégradation de la qualité du service rendu.

 

Un enjeu de responsabilité pour l'employeur public


-Assurer la continuité du service public est une obligation.
-Le maintien des compétences s'inscrit dans une démarche de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC).

 


II. Les étapes clés d'un plan opérationnel efficace

 

Identifier les compétences critiques


-Réaliser une cartographie des compétences métiers.
-Repérer les postes stratégiques et les savoir-faire rares.
-Conduire des entretiens de recueil d'expérience avec les agents en fin de carrière.

 

Formaliser et capitaliser les savoir-faire


-Produire des fiches de capitalisation et des mémoires de pratique.
-Créer des guides métiers ou des procédures internes illustrées.
-Encourager la transmission orale complétée par des supports accessibles, tels que des fiches pratiques numériques, des guides papier, ou encore des bases de données internes consultables par les agents.

 

Mettre en place un tutorat structurant


-Identifier et former des tuteurs internes.
-Organiser des temps de transmission (binômats, tutorat inversé).
-Intégrer ces missions de transmission dans la feuille de route des fins de carrière.

 

Mobiliser les outils RH existants


-Inscrire le transfert de compétence dans le plan de formation.
-Valoriser les tuteurs dans les entretiens professionnels.
-Activer les dispositifs du CPF pour accompagner les deux parties (le transmetteur et le récepteur).

 

Mesurer, ajuster, valoriser
-Suivre la mise en œuvre avec des indicateurs (nombre de binômages, taux de satisfaction, documentation produite).
-Capitaliser sur les retours d'expérience pour améliorer le dispositif.
-Valoriser les acteurs de la transmission, notamment par une reconnaissance institutionnelle.

 


III. Une thématique encore trop peu structurée dans les collectivités ?


Malgré l'existence d'expérimentations prometteuses dans certaines grandes collectivités, le transfert des compétences reste souvent perçu comme un sujet accessoire. Plusieurs freins persistent : culture orale forte, temps manquant, absence de pilotage RH. Pourtant, des exemples inspirants existent, à l'image du Conseil départemental de l'Isère qui a mis en place un dispositif structuré de tutorat intergénérationnel dans les métiers techniques, avec des résultats probants en matière d'intégration des nouveaux agents et de valorisation des savoir-faire des anciens. Pourtant, cette démarche peut renforcer l'attractivité de la fonction publique territoriale, améliorer la qualité de vie au travail et favoriser la solidarité intergénérationnelle.

 

La transmission des savoir-faire ne peut plus être laissée au hasard. Dans un contexte de renouvellement massif des effectifs, structurer un plan de maintien des compétences est une démarche stratégique pour garantir la continuité du service public et la performance des organisations territoriales. Chaque DRH est appelé à faire de ce sujet un axe fort de sa politique RH, en mobilisant les dispositifs existants comme les financements de formation du CNFPT, ou en expérimentant des outils innovants tels que des plateformes internes de partage d'expérience et des réseaux de tuteurs.


Avis www.naudrh.com : le maintien des compétences est encore trop souvent abordé de façon réactive. Il est temps de changer de paradigme et d'en faire un levier central des politiques RH. Car investir dans la transmission, c'est investir dans l'avenir du service public local.

 

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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14 avril 2025 1 14 /04 /avril /2025 16:25

 

 

 

 

Une révolution silencieuse au cœur des services publics

L'intelligence artificielle générative (IAG) s'impose comme une révolution discrète mais profonde dans la sphère publique. Pour les directeurs des ressources humaines (DRH) des collectivités territoriales, elle ouvre un champ de possibles aussi prometteur que complexe. Il ne s'agit plus seulement d'anticiper, mais de comprendre, structurer, et accompagner une transformation durable des pratiques de gestion des ressources humaines (GRH).

Dans ce contexte, les DRH sont appelés à jouer un rôle central de pilotage, entre innovation, pragmatisme et valeurs de service public. Cet article propose un tour d'horizon des outils disponibles, une méthodologie de déploiement adaptée au contexte territorial, et une analyse critique des enjeux de terrain.

Panorama des outils d'IA générative appliqués à la GRH

L'intérêt des outils d'IAG pour les DRH réside dans leur capacité à réduire la charge administrative, améliorer la qualité des documents produits et faciliter l'accès à l'information. Les plus matures s'appuient sur des modèles de langage (LLM), capables de générer des textes, résumer des documents, automatiser des courriels, rédiger des comptes rendus ou encore analyser des compétences à partir de CV. Parmi les solutions utilisables par les DRH :

- ChatGPT, Claude, Mistral : assistants conversationnels pour répondre aux questions RH, rédiger des documents ou former les agents.

- Jasper, Writer, Notion AI : outils de rédaction assistée pour les notes de service, comptes rendus, offres d'emploi.

- Textio, HireVue : outils d'analyse des biais dans les annonces de recrutement ou entretiens vidéo automatisés.

 

Des solutions plus spécialisées permettent l'automatisation de processus internes :

- Synthèse de réunions et classement documentaire automatisé.

- Génération de fiches de poste à partir de modèles.

- Outils de correspondance compétences/postes ("matching").

 

Une méthodologie de déploiement adaptée aux collectivités territoriales

Le déploiement de l'IAG dans une direction RH ne se résume pas à une acquisition technologique. Il repose sur un triptyque indispensable : acculturation, gouvernance et expérimentation.

- Acculturation : sensibiliser les agents et les managers aux potentialités de l'IA via des ateliers, des démonstrations, ou des formations ciblées. L'accès à ces outils doit être perçu comme un levier de développement professionnel.

- Gouvernance : définir un cadre éthique clair, adossé aux valeurs du service public. Le rôle des DPO, des comités éthiques et des DSI est central pour encadrer les usages et garantir la conformité au RGPD.

-Expérimentation : identifier des cas d'usages concrets, à faible risque mais à fort impact (rédaction automatique, pré-analyse de candidatures, FAQ RH interne) pour démontrer la valeur ajoutée.

 

Une feuille de route efficace s'articule en trois phases : diagnostic, pilote, puis généralisation progressive accompagnée d'évaluations régulières.

Confronter les promesses de l'IAG aux réalités du terrain

Malgré l'engouement pour ces technologies, plusieurs résistances et limites apparaissent sur le terrain :

- Complexité des réglementations RH : l'IAG ne peut remplacer la maîtrise des statuts, carrières et régimes indemnitaires très encadrés dans la fonction publique territoriale.

- Hétérogénéité des compétences numériques : le déploiement nécessite un accompagnement individualisé pour garantir l'inclusion de tous les agents.

- Souveraineté numérique : les collectivités doivent veiller au stockage local des données, à l'hébergement souverain, et à la sécurité des informations sensibles.

- Crainte de déshumanisation : la posture managériale doit évoluer afin d'intégrer ces outils sans compromettre le lien humain, essentiel à l'action publique.

 

Ces limites, loin d'être des freins insurmontables, doivent être vues comme des balises pour construire une IA publique éthique et utile.

Pour une appropriation progressive et partagée de l'innovation

L'IAG ne remplace pas le travail RH : elle en augmente la portée et l'efficacité. Dans les collectivités les plus avancées, elle libère du temps administratif au profit de la fonction conseil, de l'écoute active, et de l'accompagnement des parcours professionnels.

Le partage d'expériences entre DRH devient alors un axe structurant : groupes de travail inter-collectivités, retours d'expériences et benchmarks permettent de co-construire une intelligence collective publique. Certaines collectivités pilotes, comme la métropole de Lyon ou le département de la Gironde, ont ainsi engagé des démarches concertées d'acculturation et de test d'outils IA dans les services RH.

 

Entre culture de l'innovation et déontologie publique

L'intelligence artificielle générative représente une opportunité majeure pour les directions RH des collectivités, à condition de s'inscrire dans une stratégie volontaire, réfléchie et partagée. Plus qu'un effet de mode, elle interroge le sens du travail RH à l'ère numérique. Le DRH devient un chef d'orchestre de l'innovation publique, garant de l'humain dans la modernisation des services.

Pour demain, il conviendra aussi de penser les compétences nouvelles que ces outils exigent : maîtrise des données, posture critique, gestion des risques technologiques. Une veille active et une formation continue seront les clefs d'une transformation durable.

Avis www.naudrh.com : cet enjeu n'est pas seulement technologique, il est fondamentalement culturel. L'IAG peut réenchanter le métier RH en allégeant la charge mentale et en redonnant du temps pour l'humain. Mais elle exige de sortir d'une logique d'« outil miracle » pour entrer dans une dynamique d'apprentissage collectif. C'est à cette condition qu'elle pourra constituer une véritable révolution utile dans la fonction publique territoriale.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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14 avril 2025 1 14 /04 /avril /2025 03:10

 

 

 

 

Contexte : un  sénateur s’inquiète de la baisse de la prise en charge des contrats d'apprentissage sans prise en compte de la qualité des formations, ce qui pourrait nuire aux étudiants défavorisés et aux établissements vertueux comme les EESPIG.

 

Proposition : intégrer des critères de qualité pour conditionner les aides à l’apprentissage, afin de soutenir les formations à forte valeur ajoutée.

 

Réponse ministérielle :

-Affirmation d’un changement culturel : l’apprentissage est désormais ouvert à tous les niveaux (de l’infrabac au master).

-Réduction progressive des aides (6 000 à 5 000 € pour les PME) dans un cadre de rationalisation.

-Nécessité d’adapter les offres aux besoins de l’économie et aux métiers d’avenir, avec implication des branches professionnelles.

-Volonté d'améliorer l’information des jeunes via Parcoursup et InserJeunes.

-Mise en place d’un meilleur contrôle qualité des formations, en lien avec l’Éducation nationale et l’Enseignement supérieur.

 

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11 avril 2025 5 11 /04 /avril /2025 06:59

 

 

 

Les élections professionnelles de 2026 dans la fonction publique territoriale s'annoncent sous de nouvelles modalités, avec un décret révisé visant à sécuriser les scrutins et à intégrer le vote électronique (VE) de manière plus systématique, tout en tenant compte des spécificités du versant territorial.

 

📌 Points clés à retenir :

 

1.Vote électronique : maintien de sa faculté, mais avec des exigences accrues pour garantir la sécurité et l’intégrité du processus.

 

2.Accompagnement des agents : la prise en compte des besoins spécifiques, notamment pour les personnes en situation de handicap, reste une priorité.

 

3.Calendrier ajusté : les élections municipales de mars 2026 influenceront l’organisation des élections professionnelles, avec un calendrier plus flexible.

 

4.Outils pratiques : mise à disposition de CCTP-type et d’une FAQ pour faciliter la préparation des employeurs.

 

💡 Préparez-vous dès maintenant : des groupes de travail se réuniront dès 2025 pour garantir une bonne organisation et des échanges fluides entre les acteurs du secteur. Des bonnes pratiques et des retours d’expérience enrichiront ce processus.

Powerpoint élections professionnelles 2026

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7 avril 2025 1 07 /04 /avril /2025 20:30

 

 

 

 

L'absentéisme dans la Fonction publique, notamment territoriale, suscite de nombreuses critiques et génère une méfiance souvent infondée à l'égard des agents publics. Il est souvent présenté comme le symptôme d’un prétendu laxisme, alimentant un discours réducteur et dévalorisant. Pourtant, une lecture rigoureuse des chiffres et une analyse qualitative des causes démontrent une réalité bien plus complexe. Cet article propose de déconstruire les principales idées reçues, en s'appuyant sur des données factuelles et une compréhension approfondie des enjeux de gestion et de dialogue social.

1. Idée reçue n°1 : "Les agents publics sont plus souvent absents que les salariés du privé" Les taux d'absentéisme peuvent effectivement paraître plus élevés dans certaines branches de la Fonction publique, notamment hospitalière ou territoriale. Cette différence s'explique essentiellement par la nature des métiers exercés, très souvent pénibles physiquement ou psychologiquement : soins, accompagnement de publics fragiles, propreté urbaine, interventions d'urgence, etc. Ces professions sont naturellement plus exposées aux risques professionnels et aux troubles musculosquelettiques ou psychosociaux. Comparer de façon brute les taux d'absentéisme entre secteurs sans considérer la spécificité des postes constitue donc une erreur d'analyse.

2. Idée reçue n°2 : "Les agents abusent des arrêts maladie" L'idée selon laquelle les agents publics abusent de leur statut pour se mettre en arrêt maladie repose sur un préjugé et non sur des faits. Les arrêts sont prescrits par des médecins selon des critères médicaux précis. Par ailleurs, des dispositifs de contrôle existent dans la Fonction publique, tout comme dans le secteur privé. Les cas de fraudes avérées sont marginaux et ne sauraient être généralisés. En outre, les études menées, notamment par l’INSEE ou la DGAFP, sur les effets du jour de carence montrent que sa présence ou son absence n'influence pas significativement le nombre total d'arrêts, contredisant les discours alarmistes.

3. Idée reçue n°3 : "Il est difficile de gérer l'absentéisme dans la Fonction publique" Les employeurs publics ne sont pas démunis face à l'absentéisme. De nombreux outils existent pour en analyser les causes et y apporter des réponses ciblées : par exemple, certains employeurs mettent en place des entretiens de retour au travail personnalisés et des diagnostics organisationnels approfondis. D'autres s'appuient sur des plans de prévention des risques psychosociaux, des enquêtes de climat social ou les comités sociaux territoriaux. Au lieu de stigmatiser les absences, il s'agit d'en comprendre les ressorts, d'évaluer l'impact des conditions de travail, du management ou de la charge mentale, et de mettre en œuvre des politiques RH préventives et participatives. De nombreuses collectivités locales démontrent qu'une gestion proactive et bienveillante permet de réduire significativement le taux d'absentéisme.

4. Un climat de "fonctionnaire bashing" nuisible au dialogue social Les idées reçues sur l'absentéisme s'insèrent dans un climat plus large de défiance et de stigmatisation envers les agents publics. Le "fonctionnaire bashing", relayé par certains discours politiques ou médiatiques, altère le lien entre les usagers et leurs services publics. Il a aussi des conséquences internes : perte de sens, démotivation, dégradation du climat social. Par exemple, dans certaines collectivités, cette stigmatisation a conduit à une hausse des départs anticipés ou à un désengagement croissant dans les équipes. Le dialogue social s'en trouve affaibli, alors même qu'il constitue un levier essentiel pour la co-construction de politiques RH efficaces.

5. Changer de regard : reconnaître et soutenir l'engagement des agents publics Lutter contre l'absentéisme passe avant tout par une reconnaissance sincère du rôle des agents publics, souvent en première ligne face aux difficultés sociales, sanitaires ou environnementales. Il s'agit de promouvoir une culture de la prévention, de l'écoute et de l'amélioration continue des conditions de travail. Le dialogue social, s'il est réellement investi, devient un vecteur de transformation positive. Il permet d'agir sur les causes profondes de l'absentéisme, tout en renforçant le sentiment d'appartenance et la qualité de vie au travail.

L'absentéisme dans la Fonction publique ne saurait être analysé à travers des lunettes simplistes ou accusatoires. Il est le résultat de facteurs multiples, liés aux conditions d'exercice, aux environnements professionnels et aux dynamiques managériales. Déconstruire les idées reçues est une condition essentielle pour dépasser les postures, restaurer la confiance, et réhabiliter une image juste et nuancée du service public. C'est aussi un acte de responsabilité pour tous ceux qui souhaitent bâtir une Fonction publique plus efficace, plus humaine, et pleinement engagée au service de l'intérêt général. Il s’agit là d’un engagement collectif pour redonner sens, efficacité et dignité à l’action publique.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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6 avril 2025 7 06 /04 /avril /2025 20:10

 

 

 

 

Les syndicats jouent un rôle central dans la fonction publique, où ils sont les représentants privilégiés des agents publics dans les négociations salariales. Leur influence est déterminante pour la définition des conditions de travail et de rémunération des fonctionnaires. En France, ces organisations sont des acteurs clés dans la défense des intérêts des salariés de l'État, des collectivités territoriales et des établissements publics. Leur poids dans la négociation des salaires est d'autant plus important que ces discussions façonnent directement la vie professionnelle des agents et, de manière plus large, le bon fonctionnement des services publics.

Le rôle primordial des syndicats dans les négociations salariales

Les syndicats de la fonction publique sont les interlocuteurs incontournables des employeurs publics, qu'il s'agisse de l'État, des collectivités territoriales ou des établissements publics. Leur mission est double : d'une part, défendre les droits des fonctionnaires face aux pouvoirs publics, et d'autre part, participer activement aux négociations portant sur leurs salaires et conditions de travail.

Les négociations salariales dans la fonction publique se déroulent généralement dans le cadre de cycles de discussions annuelles ou pluriannuelles. Ces négociations peuvent aborder divers sujets, tels que la revalorisation des salaires, les primes, les avantages en nature, ou encore les dispositifs de rémunération spécifiques. Les syndicats sont particulièrement vigilants sur l'évolution des grilles salariales et cherchent à obtenir une revalorisation qui permette de compenser l'inflation et d'assurer des salaires dignes pour les fonctionnaires.

Par ailleurs, les syndicats sont également les porteurs des revendications des agents publics sur des questions de fond. Il ne s'agit pas uniquement d'augmentations salariales, mais aussi de la mise en place de systèmes plus équitables et plus transparents pour rémunérer les agents publics. Ces discussions prennent en compte les spécificités des différents corps de métiers et les conditions de travail parfois difficiles des agents.

Les syndicats : division ou stratégie commune ?

Le 3 avril 2025, plusieurs syndicats de la fonction publique ont organisé un mouvement de grève national pour protester contre le manque de réelles avancées sur les questions salariales et revendiquer des améliorations substantielles. Toutefois, ce mouvement n’a pas rencontré l’unanimité parmi toutes les organisations syndicales. En effet, plusieurs syndicats ont choisi de ne pas participer ou de se concentrer sur des actions plus modérées, privilégiant le dialogue direct avec le gouvernement. Cette division au sein du mouvement syndical soulève la question des divergences de stratégie entre les syndicats.

Certains syndicats, particulièrement les plus représentatifs, ont choisi de privilégier la pression par la grève afin de faire entendre leurs revendications, tandis que d’autres, plus centrés sur la négociation, préfèrent des actions plus ciblées pour aboutir à des compromis avec l’exécutif. Cette situation reflète la complexité du dialogue social dans la fonction publique, où les tensions entre l’efficacité de l’action revendicative et la nécessité de préserver la stabilité du service public créent des débats internes.

Les revendications des syndicats pour 2025 : un programme ambitieux

Les revendications des syndicats de la fonction publique pour l’année 2025 sont ambitieuses et visent à répondre aux préoccupations des fonctionnaires face à un environnement économique difficile. Parmi les principales revendications, on trouve :

1. L’augmentation du Smic à 1600 euros nets : cette demande, portée par plusieurs syndicats, vise à garantir un revenu décent pour les agents publics au salaire le plus bas. Elle est particulièrement importante dans un contexte où l’inflation a fortement impacté le pouvoir d’achat des fonctionnaires, notamment ceux occupant des postes essentiels mais insuffisamment rémunérés.

2. La revalorisation des salaires en fonction des coûts de la vie : de nombreuses organisations syndicales réclament une réévaluation régulière des salaires, indexée sur l’évolution du coût de la vie, afin d'éviter que les fonctionnaires ne subissent une perte de pouvoir d’achat. Cette demande est d’autant plus légitime dans un contexte d’inflation galopante et de hausse continue des prix dans des secteurs essentiels tels que l’alimentation, le logement ou l’énergie.

3. L’évaluation des performances et la reconnaissance des efforts : une autre revendication phare est celle d’une meilleure reconnaissance des performances des agents publics. Cela inclut une évaluation plus transparente et juste des efforts fournis, ainsi qu'une valorisation de l’engagement des agents, notamment ceux exerçant des fonctions de terrain, en première ligne des services publics. Cette demande se traduit souvent par des revendications en matière de primes, de bonifications ou d’autres formes de reconnaissance financière.

 

L'impact des réformes sur les revendications salariales

Les réformes récentes et à venir, notamment la réforme des retraites et celles relatives à la gestion des carrières des fonctionnaires, ont un impact direct sur les revendications salariales. De nombreuses réformes modifient la structure des carrières et de la rémunération des fonctionnaires, ce qui augmente le sentiment d'injustice ou de déséquilibre parmi les agents publics. Les syndicats, en réponse, revendiquent des compensations salariales pour pallier ces réformes et maintenir un équilibre dans les revenus des agents publics.

En outre, certaines réformes, telles que la réduction des effectifs dans la fonction publique ou la privatisation de certains services, augmentent la pression sur les fonctionnaires restant en poste, ce qui renforce l’exigence de revalorisation salariale pour récompenser la surcharge de travail et le stress accru.

La demande de transparence dans les négociations salariales

L’une des attentes les plus fortes des fonctionnaires aujourd’hui est une transparence accrue dans les négociations salariales. De nombreux agents publics estiment que les discussions sur leurs rémunérations manquent de clarté et que les critères décisionnels restent souvent opaques. Les fonctionnaires souhaitent connaître les bases des négociations, les critères de revalorisation et les résultats des discussions en temps réel. Cette demande de transparence est d'autant plus importante dans un contexte où les réformes de la fonction publique semblent multiples et complexes.

Les syndicats, en tant qu’interlocuteurs privilégiés des autorités publiques, ont un rôle à jouer dans cette dynamique de transparence. Une meilleure communication et une plus grande clarté dans le processus décisionnel renforceront la confiance des fonctionnaires et des citoyens dans les décisions prises par l'État. Une transparence totale permettrait de limiter les suspicions et de donner plus de légitimité aux résultats des négociations.

Comparaison internationale et perspectives

À l’échelle internationale, de nombreux pays européens ont mis en place des systèmes de réévaluation régulière des salaires dans la fonction publique, souvent liés à des indices économiques ou à des critères de performance mesurables. Par exemple, au Royaume-Uni et en Allemagne, des mécanismes d’indexation des salaires sur l’inflation sont régulièrement appliqués pour éviter une érosion du pouvoir d'achat des fonctionnaires. Ces pratiques pourraient inspirer des réformes de la fonction publique en France, en particulier en ce qui concerne l'indexation des salaires sur l’évolution du coût de la vie.

 

Un dialogue social à renforcer

Les syndicats jouent un rôle fondamental dans la négociation des salaires dans la fonction publique, en défendant les intérêts des agents publics et en veillant à la reconnaissance de leurs droits. Les revendications actuelles, centrées sur l’augmentation du Smic, la revalorisation salariale en fonction du coût de la vie et la reconnaissance des efforts, témoignent des préoccupations croissantes des fonctionnaires face à des salaires stagnants et une inflation élevée.

Cependant, pour que le dialogue social soit réellement constructif et efficace, il est indispensable de renforcer la transparence des négociations salariales. Une meilleure communication entre syndicats, fonctionnaires et autorités publiques permettrait de répondre aux attentes des agents tout en préservant la stabilité du service public.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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5 avril 2025 6 05 /04 /avril /2025 16:17

 

 

 

 

 

Face à l'essor fulgurant de l'intelligence artificielle générative (IAG), les collectivités territoriales ne peuvent rester spectatrices. Outils de traitement automatique du langage, générateurs d'images, assistants conversationnels, analyse prédictive…Ces technologies s'immiscent progressivement dans les pratiques professionnelles, parfois sans cadre clair. Par exemple, certains services ont déjà expérimenté l'usage d'outils IA pour produire des comptes rendus ou générer des visuels de communication. Dès lors, faut-il établir une charte d'utilisation de l'IA à destination des agents territoriaux ? La tendance actuelle plaide clairement en faveur d’un "oui", à la fois pour des raisons opérationnelles et de prudence.


1. Sécuriser les données : un impératif de conformité

L'un des premiers enjeux de l'utilisation de l'IA concerne la gestion des données. Les outils d'IA générative reposent souvent sur des modèles entraînés avec de grandes quantités de données, parfois traitées sur des serveurs situés hors de l'Union européenne. Dans le cadre d'une collectivité, l'utilisation d'informations sensibles (données RH, projets internes, dossiers administratifs) avec ces outils présente un risque important en matière de confidentialité et de conformité au RGPD.

Une charte permet de fixer un cadre strict :

-Ne jamais introduire de données personnelles ou confidentielles dans des outils non sécurisés ;

-Privilégier les solutions hébergées en Europe ou sur serveurs internes ;

Sensibiliser les agents aux risques de fuite ou de mauvaise manipulation des contenus.

 

 

2. Encadrer les usages pour prévenir les dérives

Sans encadrement, les usages de l'IA peuvent déborder les finalités attendues. Un agent peut être tenté d'utiliser un assistant conversationnel pour répondre à des administrés ou rédiger un document officiel sans vérification humaine. Ce type de pratique pose la question de la responsabilité : qui est responsable du contenu produit ? L'humain reste-t-il dans la boucle ? Les risques concrets incluent la diffusion d'informations erronées, biaisées ou inappropriées.

La charte vient rappeler les rôles et les limites :

- L'IA est un outil d'assistance, non de substitution ;

-Toute production doit être validée par un agent ;

-Les usages doivent être conformes aux missions de service public et à la déontologie professionnelle.

 


3. Respecter les droits d'auteur et la propriété intellectuelle

Un autre enjeu majeur concerne les droits d'auteur. Les IA génératives peuvent produire du contenu textuel, graphique ou audiovisuel en quelques secondes. Mais qui détient les droits ? Peut-on réutiliser librement un texte ou une image produits par une IA ? En l'absence de cadre juridique clair à l'échelle européenne, la prudence s'impose.

Une charte permet de rappeler les principes fondamentaux :

-Les contenus IA doivent être considérés comme des outils d'ébauche, non comme des produits finis ;

-La vérification du respect des droits tiers est indispensable ;

Toute publication externe de contenu IA (communication, rapport, site web) doit être validée juridiquement.

 


4. Acculturer les agents aux enjeux techniques et éthiques

Une charte d'utilisation ne prend tout son sens que si elle s'accompagne d'une véritable politique de formation. Les agents doivent comprendre le fonctionnement des IA, leurs limites, leurs biais potentiels, mais aussi leur utilité.

Il s'agit de favoriser un usage éclairé et responsable, et non d'imposer un carcan rigide. La charte peut ainsi constituer le socle d'une stratégie d'acculturation numérique et d'éthique de l'innovation dans les collectivités.


5. S'appuyer sur la charte comme outil de gouvernance partagée

L'élaboration d'une charte constitue un levier de dialogue entre les directions, les agents, les représentants syndicaux et les DPO. Elle permet d'identifier les cas d'usage pertinents, de partager les bonnes pratiques, et de co-construire une approche adaptée aux réalités de terrain.

La charte pourra également évoluer vers un règlement interne ou s'insérer dans une politique de cybersécurité plus large.


Ancrer l'IA dans une logique de service public responsable

Face aux opportunités, mais aussi aux risques de l'IA générative, les collectivités ont tout intérêt à se doter d'une charte d'utilisation. Celle-ci n'est pas un frein à l'innovation, mais un cadre de responsabilisation, de sécurisation et d'appropriation. Dans un contexte où les usages précèdent souvent les règles, il est préférable d'encadrer que d'interdire, d'accompagner que de subir.

À terme, une telle charte pourrait également inspirer d'autres niveaux de l'administration publique, voire contribuer à une régulation nationale des usages de l'IA.

 

Avis www.naudrh.com : une charte bien conçue est indispensable pour ancrer l'usage de l'IA générative dans une logique de service public responsable. Elle doit être rédigée de manière participative, adaptée aux missions de la collectivité, et évolutive dans le temps. En somme, elle incarne une posture proactive face à une technologie qui ne fera que gagner en influence dans les années à venir.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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👉 Pour aller plus loin sur ce thème: Comment rédiger une charte d’utilisation de l’IA générative en entreprise ?

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4 avril 2025 5 04 /04 /avril /2025 09:00

 

 

 

 

Le vieillissement de la population salariée constitue un enjeu majeur pour les employeurs publics locaux. Pour faire face à ce phénomène  qui n'est pas inéducable, il devient impératif pour eux d'adopter une stratégie RH à la fois proactive et opérationnelle. L'objectif est double : anticiper les effets du vieillissement pour préserver la continuité et la qualité du service public, tout en mettant en place des leviers permettant de rajeunir progressivement la pyramide des âges.

 

 

1. Réaliser un diagnostic RH approfondi

Avant toute action, un diagnostic RH rigoureux est nécessaire afin d'objectiver la situation :

-Cartographie des âges par filière, métier et direction ;

-Projection à moyen terme des départs à la retraite ;

-Identification des compétences sensibles et des postes critiques ;

-Analyse de l'usure professionnelle : absentéisme, restrictions d'aptitude, inaptitudes.

Ce diagnostic alimente les documents stratégiques (plan de prévention des emplois, GPEEC, rapport social unique) et permet un pilotage adapté des ressources humaines.

 

 

2. Aménager la fin de carrière pour les agents seniors

Le maintien en emploi des agents âgés nécessite des mesures concrètes et personnalisées :

-Aménagement des postes et des horaires de travail (flexibilité, télétravail, allégement de certaines missions) ;

-Mobilité interne vers des fonctions moins exposées ou plus valorisantes ;

-Dispositifs de tutorat et de transmission des savoirs (formation de tuteurs, binômes) ;

-Accès renforcé à la formation continue pour accompagner les évolutions professionnelles ;

-Entretiens de seconde partie de carrière pour anticiper les besoins et préparer la sortie progressive de l'activité.

 

3. Attirer une nouvelle génération d'agents publics

Rajeunir la population salariée passe par une politique d'attractivité volontariste, en levant plusieurs freins persistants : une image parfois vieillissante de la fonction publique, des processus de recrutement jugés trop longs et peu lisibles, un manque de visibilité des parcours professionnels possibles, ainsi qu'une faible présence sur les canaux de communication utilisés par les jeunes générations. :

-Partenariats renforcés avec les établissements d'enseignement et les centres de formation ;

-Promotion active de l'apprentissage, des stages et de l'alternance ;

-Dispositifs d'intégration ciblant les jeunes (emplois aidés, volontariat, concours spécifiques) ;

-Modernisation de la marque employeur territoriale par des campagnes de communication ciblées et attractives ;

-Simplification et réactivité dans les processus de recrutement pour ne pas perdre les profils dynamiques et compétents.

 

4. Organiser la gestion intergénérationnelle des compétences

Favoriser une culture du partage et de la transmission est essentiel pour garantir une continuité des compétences :

-Constitution de binômes intergénérationnels pour faciliter la transmission ;

-Formalisation et capitalisation des savoirs métiers (livrets de compétences, recueils de bonnes pratiques) ;

-Valorisation des expériences et encouragement à l'innovation managériale au service de l'efficacité collective.

 

5. Intégrer les enjeux d'âge dans les politiques de QVCT

Les politiques de qualité de vie et des conditions de travail doivent être sensibles aux différents stades de carrière :

-Prévention des risques psycho-sociaux et de la pénibilité ;

-Programmes de santé et de bien-être au travail (activité physique, hygiène de vie, équilibre pro/perso) ;

-Accès adapté à la formation tout au long de la vie professionnelle ;

-Développement d'une culture de l'écoute et de l'accompagnement managérial.

 

6. Mettre en place un pilotage dynamique et évaluatif

La stratégie RH doit reposer sur une gouvernance adaptative :

-Indicateurs de suivi réguliers (taux de renouvellement, pyramide des âges, mobilité, satisfaction) ;

-Tableaux de bord partagés avec les directions et les instances ;

-Revues stratégiques annuelles pour ajuster les actions au contexte et aux résultats obtenus.

 

 

 

Avis WWW. NAUDRH.COM  : le vieillissement de la population active n'est pas une fatalité, mais un révélateur de l'urgence d'une mue profonde des politiques RH. Les employeurs publics locaux, en particulier, ont tout à gagner à transformer ce défi en opportunité. C'est l'occasion pour eux d'engager une modernisation à la fois sociale et managériale, fondée sur la transmission, l'innovation et la reconnaissance des talents à chaque âge de la vie professionnelle. Dans cette dynamique, les ressources humaines doivent pleinement jouer leur rôle stratégique : elles sont le levier principal de transformation et d'adaptation des collectivités aux enjeux démographiques de demain. 

 

 

Par Pascal NAUD

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4 avril 2025 5 04 /04 /avril /2025 06:59

 

 

 

 

Transmis le 25 mars 2025 par Laurent Marcangeli, dix jours après la réunion multilatérale du 18 mars, le document-cadre de l'agenda social 2025 trace les grandes orientations du dialogue social dans la fonction publique pour l'année à venir. Bien que synthétique et peu précis quant aux moyens concrets et au calendrier, ce texte présente l’intérêt d’introduire deux thématiques inédites appelées à structurer durablement les échanges : les enjeux démographiques et la situation des personnels contractuels. Ces deux sujets revêtent une importance particulière dans le contexte actuel, marqué d’une part par le vieillissement accéléré des effectifs et les tensions sur le recrutement, et d’autre part par le recours croissant aux agents non titulaires. Ces axes apparaissent ainsi fondamentaux pour penser l’évolution de la fonction publique à l’horizon 2050.

 


Anticiper le vieillissement : une réponse attendue aux enjeux démographiques

 

Le document souligne la nécessité de mieux intégrer les dynamiques démographiques qui affectent l’ensemble des trois versants de la fonction publique (d’État, territoriale et hospitalière). Vieillissement des effectifs, vagues de départs à la retraite dans les années à venir, difficultés de recrutement dans certains métiers ou territoires : autant de signaux faibles devenus préoccupations majeures.

L'inscription de cette problématique à l'agenda social témoigne de la volonté du ministère d’adopter une approche prospective dans la gestion des ressources humaines publiques. Cela implique de repenser les politiques de formation, de mobilité, d’amélioration des conditions de travail et de valorisation des compétences, par exemple en renforçant les dispositifs de seconde partie de carrière pour les agents seniors, ou en généralisant les plans de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) adaptés aux besoins territoriaux. pour faire face au double défi de l’attractivité des métiers et du maintien en emploi des agents expérimentés.

 


Les personnels contractuels : vers une politique plus inclusive et équitable

 

La reconnaissance explicite des personnels contractuels au sein de l’agenda social 2025 reflète une évolution structurelle de l’emploi public : près d’un agent sur cinq est aujourd’hui contractuel. Cette réalité, souvent liée aux tensions sur les recrutements et aux besoins de flexibilité exprimés par les employeurs publics, soulève plusieurs enjeux majeurs :

-améliorer les conditions d’emploi et de travail de ces agents ;

-lutter contre la précarité, notamment les contrats courts et leur renouvellement abusif ;

-clarifier les perspectives de carrière, les droits à la formation, les passerelles de titularisation ;

-favoriser une convergence équitable avec le statut des agents titulaires, dans une logique de justice sociale.

Le dialogue social devra ainsi tracer la voie d’une politique de gestion des contractuels plus transparente, plus cohérente, mais sans altérer l’équilibre du statut général de la fonction publique. Le défi est de taille : il s’agit à la fois de sécuriser les parcours individuels — en offrant par exemple des perspectives de contractualisation durable, un meilleur accès à la formation continue, ou des passerelles vers la titularisation — et de renforcer la cohésion collective au sein des équipes.

 


Une ambition posée, une mise en œuvre encore incertaine

 

L’ajout de ces deux nouvelles thématiques constitue une avancée dans la prise en compte des réalités humaines et organisationnelles de la fonction publique. Il traduit une volonté d’adaptation face aux mutations structurelles à l’œuvre. Toutefois, la portée de cet agenda dépendra fortement de la capacité du gouvernement à traduire ces orientations en actes concrets, en lançant par exemple des expérimentations territoriales, en publiant un calendrier de négociations thématiques ou en engageant des enveloppes budgétaires ciblées dès la loi de finances 2026.

Un dialogue social sincère, structuré autour d’objectifs clairs, adossé à un calendrier crédible et soutenu par des ressources suffisantes, sera indispensable pour faire de ces ambitions une réalité.

 

Avis www.naudrh.com : l’introduction de ces deux thèmes dans l’agenda social est salutaire, car elle met en lumière des enjeux jusqu’ici traités de manière périphérique. C’est une opportunité de repenser l’avenir de la fonction publique dans une logique de soutenabilité et d’équité. Mais cette opportunité ne portera ses fruits que si elle s’inscrit dans un dialogue social exigeant, fondé sur des engagements concrets. Les intentions sont louables, mais il faudra juger sur pièces.

 

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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31 mars 2025 1 31 /03 /mars /2025 10:41

 

 

 

Nouveau document de l’agenda social 2025 transmis par Laurent Marcangeli
  • Date : Transmis le 25 mars 2025, 10 jours après la réunion multilatérale du 18 mars.

  • Format : Document synthétique, sans calendrier détaillé.

  • Objectif : Organiser des échanges de fond avec les syndicats tout au long de 2025, tout en projetant les évolutions de la fonction publique à l’horizon 2050.

  • Périmètre : Tous les agents publics, y compris contractuels, dans les trois versants.

🆕 Deux nouveaux thèmes intégrés
  1. Les enjeux démographiques de la fonction publique.

  2. Les personnels contractuels.

 

📝 Liste complète des 10 thématiques à l’ordre du jour
  • Rémunération et politique salariale

  • Enjeux démographiques (nouveau)

  • Qualité de vie et conditions de travail

  • Logement des agents

  • Protection sociale complémentaire (PSC)

  • Santé au travail (dont santé mentale)

  • Dialogue social

  • Égalité professionnelle

  • Handicap

  • Personnels contractuels (nouveau)

 

🟢 4 thématiques prioritaires à court terme (avril à mi-juillet)
  • Rémunération : pistes d’amélioration à identifier, mais dans un contexte budgétaire contraint.

  • PSC + Invalidité : relance du chantier sur l’invalidité, précision attendue sur le calendrier.

  • Égalité professionnelle : relance des négociations, actualisation de l’accord de 2018.

  • Santé mentale : diagnostic et pistes en réflexion.

 

📅 Méthode de travail
  • 2 groupes de travail par mois entre le 1er avril et mi-juillet 2025.

  • Soit 6 à 8 groupes de travail en tout pour cette période.

 

Avis www.naudrh.com: cette nouvelle version de l'agenda social 2025 reste très général, voire vague, notamment sur les moyens concrets alloués et le calendrier. La mention du "contexte budgétaire" concernant la rémunération laisse craindre un manque de marges réelles de négociation. Toutefois, la relance de sujets comme l’égalité professionnelle et la santé mentale est une bonne nouvelle, surtout dans un contexte de forte tension sur l’attractivité des métiers publics. Mais tout dépendra de la capacité du ministère à passer de la parole aux actes.

 

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29 mars 2025 6 29 /03 /mars /2025 16:14

 

 

La vidéo ci-dessous met en lumière les types d'informations partagées via nos services par abonnement (veille juridique 24/24 - 7J/7 par email, ligne de conseil expert).

 

 

 

 

Elle aborde brièvement plusieurs sujets clés en s'appuyant sur des exemples récents de jurisprudence et des guides pratiques:

✅ Heures supplémentaires : le paiement des heures supplémentaires nécessite la preuve d'une autorisation préalable de la hiérarchie.

✅ Responsabilité de l'employeur pour conditions de travail excessives : met en avant l'obligation légale fondamentale des employeurs publics en matière de sécurité et de prévention pour protéger la santé des agents et prévenir l'épuisement professionnel (burnout).

✅ Discrimination & harcèlement / Enquêtes internes : présente un guide pratique basé sur un rapport du Défenseur des Droits pour mener des enquêtes internes sur des cas de discrimination ou de harcèlement.

✅ Gérer un agent confronté à des problèmes d'hygiène : propose un guide pratique étape par étape pour les encadrants confrontés à des employés dont le manque d'hygiène indispose les collègues et perturbe l'environnement de travail.

✅ Révocation pour vol (carburant) : mentionne une décision confirmant la révocation d'un agent public pour des vols répétés de carburant.

✅ Entretien professionnel : l'entretien professionnel peut être conduit par le supérieur hiérarchique direct à la date de l'entretien, même s'il a été nommé récemment et n'était pas en poste pendant la période d'évaluation concernée.

La vidéo conclut en soulignant que les exemples évoqués représentent le type d'informations détaillées, pratiques et juridiquement fondées que
Naudrh.com fournit pour soutenir les professionnels RH dans leur travail quotidien.

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29 mars 2025 6 29 /03 /mars /2025 09:40

 

 

 

 

À compter du 1er avril 2025, une réforme majeure modifie en profondeur les règles d'indemnisation des demandeurs d'emploi seniors. Ce changement, qui découle directement de la réforme des retraites 2023, touche principalement les demandeurs âgés de 53 à 56 ans, en réduisant de manière significative la durée pendant laquelle ils pourront percevoir leurs allocations. En revanche, les seniors de 57 ans et plus bénéficieront d'une protection, conservant les règles actuelles. Ce tournant marque une nouvelle étape dans l’ajustement des aides aux seniors en chômage, dont la réinsertion sur le marché du travail se révèle souvent complexe.

 

Objectifs de la réforme : durcir les conditions d'indemnisation des seniors

La réforme des retraites 2023, qui relève l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans, modifie également les conditions d’indemnisation des demandeurs d'emploi âgés de 53 ans et plus. Ce public devient ainsi un enjeu majeur de la politique de l'emploi, avec un objectif clair : inciter ces seniors à revenir plus rapidement sur le marché du travail tout en réduisant les dépenses publiques liées à l’indemnisation du chômage.

Les 53-54 ans et les 55-56 ans sont les groupes les plus affectés par cette réforme. À partir du 1er avril 2025, la durée maximale d'indemnisation de ces catégories d’âge sera réduite, tandis que les seniors de 57 ans et plus resteront protégés par les règles en vigueur.

 

Modifications apportées par la Réforme

1. Réduction de la durée d'indemnisation pour les 53-54 ans :

2. Réduction de la durée d'indemnisation pour les 55-56 ans :

3. Exemption pour les 57 ans et plus :

 

Conséquences pour les seniors : une réduction des aides pour plus de 35 000 Personnes

Cette réforme touche un nombre important de demandeurs d'emploi seniors. Environ 35 000 seniors se retrouveront ainsi confrontés à une réduction de leur période d'indemnisation, ce qui pourrait entraîner des difficultés financières importantes. Cette réduction de la durée des allocations pourrait également avoir des effets néfastes sur leur réinsertion professionnelle, notamment pour ceux des 53-56 ans qui font face à des obstacles supplémentaires, tels que des stéréotypes d’âge ou un marché du travail moins accessible.

Ces mesures risquent d’accroître la pression sur les demandeurs d’emploi seniors, les incitant à accepter plus rapidement un emploi, souvent à des conditions moins favorables, ou à se retrouver sans ressources avant d'atteindre l’âge de la retraite. Si l’objectif est de réduire la durée d’indemnisation, les conséquences sociales et économiques de ces décisions pourraient, elles, se révéler contre-productives.

 

Trois paliers d'indemnisation selon l'âge

Avant cette réforme, deux paliers de durée d’indemnisation existaient pour les seniors : 22,5 mois et 27 mois. Avec la réforme, trois catégories distinctes apparaissent, introduisant une différenciation plus marquée selon l’âge. Cela rend le système moins uniforme et plus complexe pour les demandeurs d’emploi.

53-54 ans : la durée d'indemnisation passe de 22,5 mois à 18 mois.

55-56 ans : la durée d'indemnisation passe de 27 mois à 22,5 mois.

57 ans et plus : aucune modification, la durée reste à 27 mois.

Cette différenciation plus fine peut apparaître comme une tentative de mieux cibler l’aide en fonction des besoins et de la capacité à retrouver un emploi. Toutefois, elle pourrait aussi créer une confusion ou un sentiment d’injustice parmi les seniors, particulièrement ceux qui se situent juste en dessous du seuil des 57 ans.

 

Un impact social et économique profond

Le durcissement des conditions d’indemnisation des seniors pourrait avoir plusieurs conséquences sur leur réinsertion professionnelle. D’un côté, cette réforme pourrait inciter certains seniors à accepter des emplois précaires afin de ne pas perdre leurs allocations. D’un autre côté, cela pourrait aggraver la situation pour ceux qui, à cause de leur âge, font face à des discriminations sur le marché du travail et ont du mal à retrouver un emploi stable.

En réduisant la période d’indemnisation, cette réforme pourrait aussi entraîner une pression accrue sur les seniors pour qu’ils retrouvent rapidement un travail, mais sans forcément les aider à surmonter les obstacles spécifiques auxquels ils font face. Un tel ajustement pourrait provoquer une précarisation accrue des seniors les plus vulnérables, qui risquent de se retrouver sans soutien avant d’atteindre la retraite.

Cette réforme réduit les aides pour une large part des seniors demandeurs d’emploi, ce qui pourrait avoir des effets dévastateurs sur leur situation financière et leur réinsertion professionnelle. La mesure introduit une nouvelle hiérarchie selon l’âge des bénéficiaires, mais elle reste insuffisamment différenciée pour répondre aux besoins spécifiques de chaque catégorie d’âge.


Avis www.naudrh.com: cette réforme semble être une réponse à des considérations économiques, mais elle pourrait causer une précarité supplémentaire pour une population déjà vulnérable. Les 53-56 ans, en particulier, risquent de souffrir de cette réduction de leurs droits, dans un contexte où leur retour à l’emploi est souvent compliqué. En contrepartie, le maintien des conditions pour les 57 ans et plus pourrait être perçu comme une tentative de protection, mais cette approche reste incomplète et pourrait ne pas répondre à la réalité des seniors en recherche d’emploi.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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27 mars 2025 4 27 /03 /mars /2025 03:04

 

 

 

 

Le ministre de la fonction publique souligne la nécessité d'ouvrir des négociations pour améliorer les salaires, en particulier pour les agents publics mal rémunérés. Il insiste sur l'importance d'un dialogue social constructif pour aborder les questions salariales dans la fonction publique.

Il indique qu’une réflexion approfondie est nécessaire pour évaluer les salaires actuels et déterminer des augmentations justifiées, en tenant compte des responsabilités et des défis rencontrés par les agents publics. Il propose de se concentrer sur les agents qui gagnent près du SMIC, afin d'éviter une paupérisation et de garantir un niveau de vie décent.

Laurent Marcangeli estime qu'il est essentiel d'augmenter les salaires des agents qui gagnent autour de 1500-1700 € par mois, afin d'éviter une paupérisation des fonctionnaires. Il mentionne qu'un agenda social est déjà en cours, ce qui implique des discussions régulières sur les salaires. Les négociations devraient se concentrer sur l'augmentation des salaires des agents publics les moins bien payés, afin d'améliorer leur situation financière. Il reconnaît que des arbitrages économiques peuvent limiter la capacité à augmenter les salaires, mais il appelle à une réflexion à moyen et long terme sur la rémunération

L'idée est de développer une stratégie durable pour la rémunération, qui pourrait inclure des ajustements réguliers basés sur l'inflation et les besoins économiques, afin de maintenir le pouvoir d'achat des agents publics

Les discussions autour de l'augmentation des salaires incluront probablement des ajustements du point d'indice, qui est un élément clé dans la détermination des rémunérations dans la fonction publique.

Le Ministre propose une approche à moyen et long terme pour garantir que les augmentations salariales soient durables et adaptées aux réalités économiques, tout en tenant compte des contraintes budgétaires

Ces mesures visent à attirer et à retenir des talents dans la fonction publique, tout en reconnaissant les défis économiques actuels. Elles visent à garantir que les fonctionnaires soient rémunérés équitablement pour leur travail, tout en attirant de nouveaux talents dans le secteur public.

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25 mars 2025 2 25 /03 /mars /2025 08:00

 

 

 

 

Depuis cinq ans, les agents de la fonction publique sont confrontés à une série de mesures gouvernementales qui ont, directement ou indirectement, affecté leur pouvoir d'achat et contribué à la perte d'attractivité de leurs métiers. Dans un contexte de tensions accrues sur le recrutement et de transformation des besoins des services publics, ces évolutions suscitent l'inquiétude des collectivités locales comme des représentants du personnel.


1. Le gel prolongé du point d'indice et des revalorisations tardives

Le point d'indice, base de calcul de la rémunération des fonctionnaires, est resté gelé pendant de nombreuses années. Entre 2010 et 2022, seule une revalorisation en 2016 est intervenue, avant une hausse de 3,5 % en juillet 2022, suivie d'une nouvelle augmentation de 1,5 % en juillet 2023, puis de l'attribution de 5 points d'indice à tous les agents au 1er janvier 2024. Or, l'ensemble de ces revalorisations cumulées reste très inférieur à l'inflation sur la même période, estimée à près de 15 %. La perte de pouvoir d'achat est donc bien réelle, en particulier pour les agents des catégories C et B, les plus nombreux dans les effectifs territoriaux.


2. Journée de carence et réforme des congés maladie ordinaires

Rétablie en 2018, la journée de carence – absence de rémunération pour le premier jour d'un congé maladie ordinaire – est largement perçue comme une mesure punitive. En 2023, le gouvernement avait envisagé de porter cette carence à trois jours, pour harmoniser le régime public avec le secteur privé. Cette proposition a été abandonnée sous la pression des syndicats et des employeurs publics. Toutefois, depuis le 1er mars 2025, une nouvelle mesure est entrée en vigueur : les congés de maladie ordinaires seront désormais rémunérés à hauteur de 90 % du traitement indiciaire brut pendant les trois premiers mois d'arrêt, après application du jour de carence. Cette évolution, qui touche directement le revenu en cas de maladie, constitue une nouvelle entaille dans les garanties statutaires, et renforce le sentiment d'insécurité financière chez les agents.


3. Réaffirmation des 1 607 heures et absence de compensation

La loi de transformation de la fonction publique de 2019 a imposé l'application stricte des 1 607 heures annuelles dans toutes les collectivités, supprimant les régimes dérogatoires pourtant négociés localement. Cette uniformisation, imposée sans revalorisation salariale ou reconnaissance du temps de travail supplémentaire, a nourri un fort sentiment d'injustice. Par ailleurs, la défiscalisation des heures supplémentaires n’a bénéficié qu’à une minorité d’agents, notamment dans les filières techniques et de sécurité, sans effet massif sur le pouvoir d'achat global.


4. Réformes des retraites et hausse des prélèvements sociaux

Les réformes successives des retraites ont relevé l'âge légal de départ et allongé la durée de cotisation requise. Parallèlement, les agents publics ont vu augmenter leurs prélèvements sociaux, ce qui réduit mécaniquement leur revenu disponible. Ce double effet accentue le découragement, notamment chez les jeunes générations, qui voient la fonction publique comme peu attractive et contraignante.


5. Une politique indemnitaire inégale et la fin de la GIPA

Les politiques indemnitaires, déjà très disparates d'une collectivité à l'autre, peinent à compenser la stagnation du traitement indiciaire. En 2023, la prime exceptionnelle de pouvoir d'achat a été versée de manière ciblée (plafonnée à 800 euros), sans effet pérenne. Pire encore, le gouvernement a choisi de ne pas reconduire la Garantie individuelle du pouvoir d'achat (GIPA) en 2024 et 2025. Ce mécanisme, pourtant essentiel pour les agents dont la rémunération n’évolue plus, constituait une forme de bouclier social aujourd’hui démantelé.


6. Une crise d’attractivité persistante

La combinaison de ces mesures a entraîné une baisse notable de l’attractivité des carrières territoriales. Les concours manquent de candidats, les postes peinent à être pourvus, et les collectivités doivent recourir à des contractuels, souvent moins bien formés et plus coûteux à long terme. Cette dynamique fragilise la qualité du service public local et alourdit la charge de travail des agents en poste, déjà en souffrance.


Pour une revalorisation urgente et ambitieuse du service public local

Face à ces constats, les partenaires sociaux appellent à une revalorisation significative du point d'indice, à une refonte équitable de la politique indemnitaire, et à une reconnaissance réelle de l'engagement des agents publics. Sans une réponse structurelle, le risque est grand de voir la fonction publique territoriale entrer dans une spirale de désaffection, au détriment de la cohésion sociale et de la qualité des services aux citoyens.

Avis www.naudrh.com : le décalage entre les discours valorisant le service public et les actes budgétaires est devenu intenable. Redonner du souffle à la fonction publique nécessite une volonté politique forte, des mesures concrètes et un véritable changement de regard sur celles et ceux qui servent l’intérêt général au quotidien.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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23 mars 2025 7 23 /03 /mars /2025 11:44

 

 

 

 

📊 Selon le dernier rapport de l’Insee (mars 2025), le revenu salarial annuel moyen reste plus élevé dans la fonction publique (+9,3 %) que dans le privé. Mais à temps de travail équivalent, le salaire net est désormais inférieur de 3,7 % dans le public.

💡 Pourquoi cet écart ? Davantage de continuité d’emploi dans le public, moins d’interruptions et une répartition des postes qui favorise certaines catégories (employés, ouvriers).

🧓 Les agents publics sont aussi plus âgés, plus diplômés… mais gagnent moins que leurs homologues du privé à profil équivalent. Depuis 2013, le privé a rattrapé puis dépassé le public en matière de salaire net.

📉 Le privé reste plus inégalitaire : écarts plus forts entre cadres et employés, entre temps partiel et temps plein, entre hommes et femmes.

🌍 En Outre-mer, les agents publics bénéficient d’un revenu largement supérieur (+63,8 %).

🎓 Le rendement des diplômes reste plus fort dans le privé.

➡️ Ce rapport interroge notre modèle de rémunération publique. Faut-il repenser les carrières et les incitations dans la fonction publique ?

 

Fonction publique vs secteur privé : qui gagne quoi ?

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21 mars 2025 5 21 /03 /mars /2025 14:43

 

 

 

 

 

Le management public fut longtemps perçu comme une consécration sociale et professionnelle. Mais ce modèle semble aujourd’hui s’essouffler. Les réticences à exercer des fonctions managériales se multiplient, et ce constat interpelle les DRH et les responsables politiques sur la mutation des attentes des agents publics. Pourquoi le management est-il désacralisé ? Quelles nouvelles formes de réussite professionnelle s’imposent dans la fonction publique ?

Un poste de manager, mais à quel prix ?

Le management dans la fonction publique s’est historiquement construit autour d’une reconnaissance statutaire et hiérarchique. Or, les réalités du terrain rendent cette reconnaissance de plus en plus relative : surcharge de travail, responsabilités accrues sans moyens humains ou financiers adaptés, pression politique ou médiatique, complexité croissante des réglementations... Autant de facteurs qui alimentent la désaffection pour les postes d'encadrement.

Ajoutons à cela l'évolution des aspirations professionnelles : l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle devient une priorité, et le management est souvent perçu comme un sacrifice sur ce plan. La responsabilité n’est plus nécessairement synonyme de reconnaissance sociale. De plus, la fonction publique souffre d’une stagnation salariale relative, où les postes d’encadrement ne garantissent pas de progression rémunératoire proportionnelle aux efforts consentis.

Préférer le dossier au collectif : une évolution silencieuse

Un phénomène marquant est la préférence croissante des cadres pour des fonctions expertes sans encadrement. Le travail sur dossier, l’analyse, la stratégie de politique publique ou la gestion de projets ponctuels sont autant d'activités recherchées, car elles permettent d’exercer des responsabilités sans avoir à assumer les tensions inhérentes à l’encadrement direct. En clair, exercer des fonctions de niveau élevé sans être chef.

Cette tendance reflète une mutation profonde dans la représentation de la réussite : il ne s'agit plus de "diriger des équipes", mais de "piloter du sens". On pourrait citer, à titre d’exemple, les postes de chargés de mission transversaux, ou les experts juridiques dans les collectivités territoriales, souvent porteurs de stratégies sans lien hiérarchique.

Unbossing : vers un leadership sans domination

Le concept d'"unbossing", issu d'une étude britannique et popularisé par certaines entreprises innovantes, prône un leadership inspirant, fondé sur la confiance, l’autonomie et la co-responsabilité. Cette approche, encore très marginale dans la culture administrative française, résonne néanmoins avec les attentes d’une nouvelle génération de cadres publics en quête de transversalité, de sens et de relations moins hiérarchiques.

On ne veut plus "être le chef", mais être utile, être écouté, avoir de l’impact. Cela suppose une réinvention du rôle du manager public, centré sur l’animation, la mise en mouvement des collectifs, la facilitation, plutôt que la supervision hiérarchique.

Des carrières hors encadrement : la nouvelle donne

L’existence de carrières riches et reconnues en dehors de l’encadrement se développe lentement, mais sûrement. Les missions temporaires, les fonctions d’audit, de conseil, ou les expertises techniques et juridiques gagnent en visibilité et en attractivité.

Mais ce phénomène pose aussi la question de l'équilibre entre encadrants et non-encadrants, et celle d’une possible fracture sociale interne : ceux qui ont la "charge" humaine, relationnelle et juridique d’être manager, et ceux qui s’en affranchissent tout en conservant une réelle influence et une certaine tranquillité opérationnelle.

Vers un management désacralisé ?

Oui, le management est désacralisé dans la fonction publique. Ce n’est plus un graal, mais un choix, parfois contraint. Cette désacralisation n’est pas nécessairement négative : elle peut ouvrir la voie à des parcours plus diversifiés, à une remise en question des pratiques autoritaires, et à l’émergence de collectifs de travail plus horizontaux.

Mais elle suppose une transformation profonde de la gestion des ressources humaines : reconnaissance de la fonction managériale, accompagnement renforcé, capacité à redonner du désir de manager, et refonte des parcours professionnels pour valoriser toutes les formes de responsabilité. Il serait pertinent de renforcer les dispositifs de formation managériale, d’instaurer des temps de respiration pour les encadrants et de mieux reconnaître, y compris symboliquement, leur engagement quotidien.

Le désintérêt croissant pour les fonctions d’encadrement dans la fonction publique témoigne d’une mutation culturelle profonde. Il ne s’agit pas d’une crise de l’autorité, mais d’une redéfinition des modalités de l’exercice du pouvoir. Le manager de demain sera peut-être moins un chef qu’un facilitateur, un animateur de sens collectif. Encore faut-il que les institutions s’adaptent à cette révolution silencieuse, en valorisant toutes les formes de leadership, y compris celles qui ne passent pas par l’encadrement.

Pour l'association www.naudrh.com, cette évolution m'apparaît saine, à condition qu'elle soit accompagnée. Le management n'est plus une fin en soi, mais un moyen d'agir. C'est une belle opportunité pour redonner du sens au service public. Mais attention à ne pas créer une fonction publique à deux vitesses : ceux qui dirigent et s'usent, et ceux qui s'engagent autrement, mais sont mieux préservés.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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20 mars 2025 4 20 /03 /mars /2025 21:47

 

 

 

 

En application des articles L. 134-1 à L. 134-12 du code général de la fonction publique, les agents publics bénéficient, quel que soit le mode d'accès à leur fonction, d'une protection organisée par leur employeur lorsqu'ils font l'objet de condamnations civiles, de poursuites pénales, ou lorsqu'ils sont victimes d'attaques. Cette protection a fait l'objet d'un élargissement tant du point de vue de ses bénéficiaires que de son champ d'application notamment par la loi n° 2016-483 du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires qui a, par exemple, étendu cette protection aux agents placés en garde à vue. Toute autorité constituée est par ailleurs tenue de signaler tout crime ou délit dont elle a connaissance au procureur de la République en application de l'article 40 du code de procédure pénale. La substitution de la collectivité publique à l'agent public pour un dépôt de plainte a pour finalité de compenser la situation de faiblesse de certaines victimes directes qui ne peuvent ou n'osent agir, notamment par crainte de représailles. Cet accompagnement de la collectivité publique constitue un soutien actif de cette dernière. L'article L. 433-3-1 du code pénal, issu de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, prévoit ainsi le dépôt de plainte de l'administration en cas de délit de « séparatisme ». Cette disposition présentant un caractère restrictif, le Gouvernement étudie actuellement la possibilité de prévoir un cadre juridique plus large au dépôt de plainte de l'administration à la place de l'agent.

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18 mars 2025 2 18 /03 /mars /2025 11:59

 

 

 

 

Dans un contexte de tension budgétaire et de remise en question de l’efficacité publique, il est essentiel de mieux comprendre la structure des salaires dans la fonction publique.

➡️ Un traitement de base indexé sur l’indice majoré, des primes parfois opaques et très variables selon les corps, des évolutions lentes... La rémunération publique reste un sujet complexe, souvent mal compris.

🔍 Entre 2007 et 2022, la progression des salaires publics a été limitée (0,1 % à 0,4 % par an en euros constants), bien en deçà du secteur privé.

👩‍⚕️ Les ouvriers et employés sont globalement mieux rémunérés dans le public, mais les cadres y perdent jusqu’à 20 % par rapport au privé.

📉 La rémunération au mérite reste marginale malgré les dispositifs comme l’IFSE.

➡️ L’enjeu est double : préserver l’attractivité des carrières publiques tout en assurant équité et transparence.

 

 

Cliquez sur l'image pour télécharger le document.

 

Les salaires publics

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17 mars 2025 1 17 /03 /mars /2025 08:30

 

 

 

 

Le ministre de la Fonction publique, Laurent Marcangeli, a confirmé le 17 mars 2025 la décision du gouvernement de ne pas revaloriser le point d'indice des fonctionnaires. Cette annonce suscite une forte réaction dans l'ensemble du secteur public.

Par ailleurs, pour la deuxième année consécutive, les agents publics ne bénéficieront pas de la Garantie Individuelle du Pouvoir d'Achat (GIPA), ce qui accentue leurs préoccupations face à une inflation persistante, estimée à 4,3 % sur l'année écoulée selon les données les plus récentes de l'INSEE.

Cette annonce, bien que prévisible, était particulièrement attendue par les organisations syndicales et l'ensemble des fonctionnaires. Dans un contexte économique sensible, le gouvernement justifie sa décision par la nécessité de maintenir un équilibre budgétaire strict, en conformité avec les exigences du Pacte européen de stabilité. Ce Pacte impose aux États membres de l'Union européenne de maintenir leur déficit public sous la barre des 3 % du PIB et leur dette publique sous les 60 % du PIB.

Cependant, les syndicats critiquent vivement cette position, soulignant une perte croissante du pouvoir d'achat des agents publics, déjà fortement fragilisé par la hausse continue des prix.

Les principaux syndicats du secteur public, notamment la CGT, FO et la CFDT, ont vivement exprimé leur désaccord face à cette annonce, dénonçant « un manque d’écoute » et une « injustice sociale ». Sophie Binet, secrétaire général de la CGT, a ainsi déclaré : « Cette décision est une véritable provocation envers tous les agents qui font tourner le service public au quotidien malgré des conditions de travail difficiles. » Selon eux, l'absence de revalorisation du point d'indice conjuguée à la suppression de la GIPA est perçue comme un signal négatif adressé aux fonctionnaires, risquant de détériorer davantage un climat social déjà tendu.

Cette situation pourrait rendre le dialogue social particulièrement délicat dans les mois à venir. Les syndicats ont d'ores et déjà annoncé leur intention de mobiliser fortement leurs adhérents pour exiger une politique salariale plus juste et équitable. La réponse du gouvernement à ces revendications sera cruciale pour préserver la qualité du service public ainsi que l'engagement et la motivation des agents.

Il apparaît donc essentiel que les pouvoirs publics et les représentants syndicaux intensifient leurs échanges afin de trouver des solutions pérennes, conciliant impératifs budgétaires et préservation du pouvoir d'achat. Seul un dialogue constructif permettra d'éviter un conflit social généralisé, dont les conséquences pourraient durablement affecter la confiance et la mobilisation des agents publics.

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16 mars 2025 7 16 /03 /mars /2025 17:02

 

 

 

 

 

Le 16 mars 2025, au micro de France Inter, François Bayrou, le Premier ministre, a confirmé que l'âge légal de départ à la retraite ne serait pas abaissé à 62 ans. Ce message, clair et précis, survient dans un contexte de tensions sociales et économiques concernant la réforme des retraites, et particulièrement les répercussions de la réforme actuelle introduite sous le gouvernement d'Emmanuel Macron.

Un contexte international et national déterminant

François Bayrou justifie sa position par un « contexte international » complexe, où plusieurs pays, notamment européens, connaissent des ajustements similaires dans leurs systèmes de retraite face aux enjeux démographiques et économiques. Le vieillissement de la population et l'augmentation de l'espérance de vie sont des facteurs cruciaux qui poussent de nombreux gouvernements à réformer leurs systèmes de retraite pour les rendre plus soutenables à long terme.

En France, la réforme de 2023 a introduit un recul de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans, une mesure controversée qui a provoqué d'importantes mobilisations sociales. Bien que le gouvernement persiste à ne pas revenir sur cette décision, François Bayrou a affirmé qu'il n'y aurait pas de retour à l'âge de départ à 62 ans, soulignant que les enjeux économiques et démographiques imposent des réformes structurelles plutôt qu'une simple réversion vers l'ancien modèle.

Une réforme sans concertation syndicale : un regret exprimé

Une des critiques principales formulées par François Bayrou concerne la manière dont la réforme a été mise en place. Le Premier ministre a exprimé son regret quant à l'absence de concertation avec les organisations syndicales dans le processus de la réforme des retraites. Selon lui, le dialogue social aurait dû jouer un rôle central dans la définition de la réforme afin de garantir une meilleure acceptabilité des mesures. En effet, la non-prise en compte des organisations syndicales dans les discussions a été un facteur majeur d'opposition à la réforme et a accentué le climat de méfiance entre les syndicats et le gouvernement.

Bayrou plaide pour un renforcement du dialogue social dans les futures réformes, affirmant que les syndicats doivent être intégrés dans les discussions dès les premières étapes de la réflexion. Il estime que cela permettra d'apporter des solutions plus équilibrées, et d'assurer la stabilité du système de retraites.

Le système des retraites du privé : une priorité d'équilibre à 2030

Pour le système des retraites du secteur privé, François Bayrou reste ferme sur l'objectif de rétablir l'équilibre des finances publiques d'ici 2030. Selon lui, l'équilibre budgétaire doit être atteint à la fois pour assurer la pérennité du système et pour éviter une nouvelle mise sous pression du budget national. Ce rétablissement de l'équilibre se fera à travers des mesures d'ajustement, mais qui ne devraient pas nécessairement se traduire par un nouveau recul de l'âge de départ à la retraite.

Le Premier ministre a rappelé qu'il ne s'agissait pas uniquement de résoudre un problème d'âge, mais bien d'une réorganisation complète du système de retraites, impliquant notamment des réformes paramétriques. Toutefois, il reste prudent sur la nature exacte des réformes qui seront mises en place, indiquant que plusieurs pistes sont à l'étude.

L'avenir du système public : une réforme en réflexion

Quant au système public, François Bayrou a indiqué qu'aucun calendrier précis n'était établi pour la mise en œuvre des réformes. Cependant, l'objectif demeure d'améliorer l'équilibre des comptes. L'ambition est de parvenir à un système plus juste et plus équilibré, mais sans donner de détails quant aux moyens d'y parvenir ni à la temporalité des réformes. Il est probable que le gouvernement choisisse une approche graduelle, prenant en compte les spécificités du secteur public et les contraintes financières de l'État.

L'âge légal à 63 ans : une piste écartée, une solution paramétrique inappropriée

Lors de son entretien, François Bayrou a également été évoqué sur la possibilité d'un nouvel ajustement à 63 ans pour l'âge légal de départ à la retraite. Il a cependant souligné que cette solution paramétrique, consistant à fixer un âge uniforme pour l'ensemble des travailleurs, ne correspondait pas nécessairement à la réalité des besoins sociaux et économiques actuels. Le Premier ministre a sous-entendu qu'une solution plus nuancée pourrait être envisagée, avec des options plus diversifiées en fonction des profils des travailleurs et des contraintes sectorielles.

Il a également évoqué l'idée que des ajustements pourraient être faits, mais que ces changements ne devraient pas nécessairement concerner uniquement l'âge de départ. D'autres leviers sont envisagés pour réformer le système, comme la prise en compte de la pénibilité du travail ou la possibilité de travailler plus longtemps avec des conditions particulières, comme les carrières longues ou les métiers physiques.

Un avenir incertain mais réfléchi

La position de François Bayrou, qui semble entériner l'idée qu'il n'y aura pas de retour à un âge légal de départ à 62 ans, marque un tournant dans le débat sur la réforme des retraites. Si les syndicats restent fortement opposés à cette réforme, le Premier ministre affiche une volonté de trouver une solution équilibrée qui prendra en compte l'ensemble des acteurs sociaux. La question de l'âge légal de départ reste néanmoins un point de friction majeur, et il semble que les décisions qui seront prises dans les mois à venir auront un impact significatif sur l'avenir du système des retraites en France.

Avis www.naudrh.com :

L'annonce de François Bayrou reflète une volonté d'évoluer avec prudence dans un domaine extrêmement sensible. Bien que le rejet du retour à l'âge légal de 62 ans puisse sembler une forme de stabilisation, cela démontre également que le gouvernement cherche à éviter de nouvelles mobilisations sociales. Le défi majeur reste la recherche d'un équilibre entre le besoin de réformes profondes et la nécessité de maintenir un dialogue constructif avec les syndicats et les citoyens. Les réformes des retraites ont nécessité non seulement des ajustements techniques, mais également un engagement politique à long terme pour apaiser les tensions et rétablir la confiance dans le système.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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