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  • En responsabilité dans le domaine des Ressources Humaines (spécificité Public) depuis maintenant pratiquement 26 ans
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13 août 2026 4 13 /08 /août /2026 05:44

Veille juridique, statutaire, managériale et institutionnelle — Fonction publique territoriale par www.naudrh.com

La veille du DRH territorial

Édition du jeudi 13 août 2026 — Report des congés annuels non pris : la nouvelle obligation d'information de l'agent en vigueur ce jour

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1. Textes législatifs et réglementaires

Le décret n° 2026-768 du 11 août 2026 : l'information de l'agent conditionne le report des congés

Sources : Légifrance (décret n° 2026-768 du 11 août 2026 relatif à l'information du fonctionnaire sur les modalités de report de jours de congé annuel non pris, JORF n° 0187 du 12 août 2026, texte n° 27) — nouvelle obligation d'information sur le report des congés annuels

Synthèse opérationnelle. L'actualité réglementaire de ce jour est marquée par l'entrée en vigueur d'un texte important en matière de congés annuels : le décret n° 2026-768 du 11 août 2026, publié au Journal officiel du 12 août 2026 et entré en vigueur le lendemain, soit aujourd'hui. Ce décret fixe le principe et les modalités du droit à l'information de l'agent bénéficiaire d'une période de report de congé annuel non pris, du fait d'un congé pour raison de santé, d'un congé lié aux responsabilités parentales ou familiales, ou de raisons tirées de l'intérêt du service. Applicable aux trois versants de la fonction publique et aux magistrats, il modifie, pour la fonction publique territoriale, le décret n° 85-1250 du 26 novembre 1985 relatif aux congés annuels des fonctionnaires territoriaux. Son apport essentiel tient à la formalisation d'une obligation à la charge de l'employeur : informer individuellement l'agent de ses droits à report, dans un délai déterminé et par un moyen conférant une date certaine à cette information. Le point capital est que la période de report des congés ne commence à courir qu'à compter de cette information : tant que l'employeur n'a pas informé l'agent, dans les conditions prévues, du nombre de jours reportés et de la date limite pour les prendre, la période de report ne débute pas. L'information de l'agent devient ainsi une condition déterminante du régime de report, et son absence a des conséquences directes sur les droits de l'agent et sur les obligations de la collectivité. Ce texte transpose l'article 7 de la directive européenne du 4 novembre 2003 sur l'aménagement du temps de travail et tire les conséquences de la jurisprudence récente, comme il sera vu. Pour les collectivités, l'intégration immédiate de cette nouvelle obligation d'information est impérative, sous peine de voir les droits à report des agents ne pas s'éteindre, faute d'information régulière.

Point d'alerte DRH. Le décret n° 2026-768 du 11 août 2026 (JO du 12 août, en vigueur le 13 août) impose à l'employeur d'informer individuellement l'agent, par tout moyen conférant une date certaine, du nombre de jours de congé annuel reportés et de la date limite pour les prendre. Point capital : la période de report ne débute qu'à compter de cette information. Sans information régulière, les droits à report ne s'éteignent pas. Pour la FPT, le texte modifie le décret n° 85-1250 du 26 novembre 1985. À intégrer sans délai.

Impact RH : Rouge Urgence : Rouge

Ce que le DRH doit faire lundi matin : intégrer sans délai la nouvelle obligation d'information issue du décret n° 2026-768 : mettre en place une procédure d'information individuelle des agents bénéficiant d'un report de congés (nombre de jours reportés, date limite), par un moyen conférant une date certaine, en ayant conscience que la période de report ne court qu'à compter de cette information.

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Le détail du mécanisme : délais, date certaine et dérogation pour les congés longs

Sources : Légifrance (décret n° 2026-768 du 11 août 2026, modifiant notamment l'article 5-1 du décret n° 85-1250 du 26 novembre 1985) — modalités de l'obligation d'information

Synthèse opérationnelle. Le mécanisme d'information institué par le décret obéit à des modalités précises, qu'il convient de bien comprendre pour mettre en place une procédure conforme. Le principe est le suivant : dans le mois qui suit la date de reprise de ses fonctions, ou, en cas d'impossibilité de prendre son congé pour des raisons tirées de l'intérêt du service, avant le 31 janvier de l'année suivant celle au titre de laquelle le congé est dû, l'agent est informé, par tout moyen conférant une date certaine, de deux éléments : le nombre de jours de congé annuel reportés, et la date jusqu'à laquelle ces jours peuvent être pris. La période de report ne débute qu'à la date à laquelle l'agent reçoit ces informations. L'exigence d'un moyen conférant une date certaine est essentielle : elle implique que l'employeur doit pouvoir établir avec certitude la date à laquelle l'information a été délivrée, ce qui suppose un support permettant de dater l'information de manière incontestable. Une dérogation importante concerne les congés longs : pour les jours de congé acquis pendant un congé pour raison de santé ou un congé lié aux responsabilités parentales ou familiales, la période de report débute au plus tard à la fin de l'année au titre de laquelle le congé est dû si, à cette date, l'agent bénéficie de ce congé depuis au moins un an. Dans ce cas, lors de la reprise des fonctions, la période de report, si elle n'a pas expiré, est suspendue jusqu'à ce que l'agent ait reçu les informations requises. Ce mécanisme de suspension garantit que l'agent revenant d'un congé long dispose effectivement de son droit à report à compter de son information. Le décret prévoit enfin que l'agent est informé du nombre de jours de congé non utilisés ou reportés donnant lieu à indemnisation. Pour les collectivités, la mise en place d'une procédure conforme à ces modalités précises — délais, date certaine, gestion de la dérogation pour les congés longs — est la condition d'une application régulière du nouveau dispositif.

Point d'alerte DRH. L'information doit intervenir dans le mois suivant la reprise des fonctions (ou avant le 31 janvier suivant pour l'intérêt du service), par un moyen conférant une date certaine, et porter sur le nombre de jours reportés et la date limite. La période de report ne court qu'à compter de cette réception. Dérogation pour les congés longs (santé ou parentalité depuis au moins un an) : la période de report est suspendue à la reprise jusqu'à l'information de l'agent. À traduire dans une procédure interne rigoureuse.

Impact RH : Rouge Urgence : Orange

Ce que le DRH doit faire lundi matin : définir une procédure interne conforme : identifier les agents concernés par un report, préparer une information écrite datée de manière certaine (nombre de jours, date limite, jours indemnisables), respecter le délai d'un mois après la reprise, et gérer le cas particulier des congés longs avec suspension de la période de report jusqu'à l'information.

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2. Jurisprudence statutaire

Un décret qui tire les conséquences de l'annulation prononcée par le Conseil d'État le 16 juin 2026

Sources : Conseil d'État, 16 juin 2026, n° 506127 (JO du 19 juin 2026) ; décret n° 2025-564 du 21 juin 2025 — origine jurisprudentielle du décret du 11 août 2026

Synthèse opérationnelle. Le décret du 11 août 2026 ne surgit pas de nulle part : il tire les conséquences directes d'une décision du Conseil d'État de juin dernier, dont il constitue la réponse réglementaire, ce qui éclaire son sens et sa portée. Par une décision n° 506127 du 16 juin 2026, publiée au Journal officiel du 19 juin 2026, le Conseil d'État avait annulé l'article 4 du décret n° 2025-564 du 21 juin 2025 relatif aux régimes dérogatoires de report et d'indemnisation des droits à congé annuel, en tant qu'il introduisait les articles 5-1 et 5-2 au sein du décret du 26 novembre 1985 applicable aux fonctionnaires territoriaux. Le motif de cette annulation était précis : ces dispositions ne subordonnaient pas l'extinction des droits aux congés annuels non pris, ou du droit à leur indemnisation en fin de relation de travail, dans la limite de la période minimale de quatre semaines garantie par la directive européenne, à l'information de l'agent par son employeur sur ses droits à report. Autrement dit, le Conseil d'État a jugé que le droit à report ne pouvait s'éteindre sans que l'agent ait été préalablement informé de ses droits, conformément à une exigence dégagée par la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne. Le décret du 11 août 2026 vient précisément combler cette lacune, en instituant l'obligation d'information dont l'absence avait justifié l'annulation. Il rétablit ainsi la sécurité juridique du dispositif de report, en le mettant en conformité avec les exigences européennes et jurisprudentielles. Cette genèse illustre le dialogue entre le juge et le pouvoir réglementaire : le juge annule un dispositif lacunaire, le pouvoir réglementaire corrige la lacune. Pour les collectivités, comprendre cette origine jurisprudentielle éclaire l'importance de la nouvelle obligation : elle n'est pas une formalité, mais la condition, exigée par le juge, de l'extinction régulière des droits à report, et son respect est déterminant pour la sécurité juridique de la gestion des congés.

Point d'alerte DRH. Le décret du 11 août 2026 répond à la décision du Conseil d'État n° 506127 du 16 juin 2026, qui avait annulé les dispositions antérieures faute de subordonner l'extinction des droits à congés à l'information préalable de l'agent, conformément au droit de l'Union. La nouvelle obligation n'est donc pas une formalité mais la condition, exigée par le juge, de l'extinction régulière des droits à report. Son respect est déterminant pour la sécurité juridique de la gestion des congés.

Impact RH : Orange Urgence : Vert

Ce que le DRH doit faire lundi matin : mesurer que l'obligation d'information conditionne l'extinction régulière des droits à report, comme l'a exigé le Conseil d'État le 16 juin 2026, et faire de son respect une priorité de sécurisation juridique, l'absence d'information empêchant les droits à report de s'éteindre.

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3. Rémunération, carrière et temps de travail

Le régime de report des congés annuels : rappel des règles et de leur caractère dérogatoire

Sources : décret n° 85-1250 du 26 novembre 1985, décret n° 2025-564 du 21 juin 2025 — régime du report des congés annuels dans la FPT

Synthèse opérationnelle. Pour bien saisir la portée de la nouvelle obligation d'information, il est utile de rappeler le régime du report des congés annuels dans la fonction publique territoriale et son caractère dérogatoire. En principe, dans la fonction publique territoriale, les congés annuels doivent être pris au cours de l'année civile, et les congés non pris au 31 décembre ne peuvent être reportés sur l'année suivante que sur autorisation exceptionnelle de l'autorité territoriale : c'est la règle de droit commun, posée par le décret du 26 novembre 1985. Les agents n'ont donc, en principe, ni droit au report automatique de leurs congés, ni droit à une indemnisation des congés non pris. Par exception à ce principe, un régime dérogatoire de report s'applique lorsque l'agent n'a pas pu prendre ses congés en raison d'un congé pour raison de santé ou d'un congé lié aux responsabilités parentales ou familiales. Dans ce cas, issu de la jurisprudence européenne et désormais organisé par les textes, les congés annuels peuvent être reportés, sans que s'applique nécessairement la limite habituelle, la période de report étant en principe fixée à quinze mois à compter de la date de reprise. Ce régime dérogatoire, précisé par le décret du 21 juin 2025 puis complété par celui du 11 août 2026, vise à garantir aux agents empêchés de prendre leurs congés pour ces motifs le bénéfice effectif de leur droit au congé annuel, droit protégé par le droit de l'Union européenne. La nouvelle obligation d'information s'inscrit dans ce régime dérogatoire : elle en conditionne désormais le fonctionnement, puisque la période de report ne court qu'à compter de l'information de l'agent. Pour les collectivités, maîtriser l'articulation entre le principe de droit commun, restrictif, et le régime dérogatoire applicable aux congés non pris pour raison de santé ou de parentalité, ainsi que la place qu'y occupe désormais l'obligation d'information, est essentiel à une gestion correcte des congés annuels et de leur report.

Point d'alerte DRH. En droit commun, les congés non pris au 31 décembre ne sont reportables que sur autorisation exceptionnelle, sans droit à indemnisation. Un régime dérogatoire, issu du droit de l'Union, permet le report (période en principe de quinze mois à compter de la reprise) lorsque les congés n'ont pu être pris du fait d'un congé de santé ou de parentalité. La nouvelle obligation d'information conditionne désormais ce régime dérogatoire, la période de report ne courant qu'à compter de l'information.

Impact RH : Orange Urgence : Vert

Ce que le DRH doit faire lundi matin : maîtriser l'articulation entre le principe de droit commun (report seulement sur autorisation exceptionnelle, pas d'indemnisation) et le régime dérogatoire applicable aux congés non pris pour raison de santé ou de parentalité (report de quinze mois), en y intégrant la nouvelle obligation d'information qui en conditionne le fonctionnement.

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4. Santé au travail, protection sociale et absentéisme

Congés de santé et parentalité : les situations au cœur du dispositif de report

Sources : décret n° 85-1250 du 26 novembre 1985 modifié, décret n° 2026-768 du 11 août 2026 — report des congés acquis pendant un congé de santé ou de parentalité

Synthèse opérationnelle. Le dispositif de report des congés annuels concerne au premier chef les agents en congé pour raison de santé ou en congé lié à la parentalité, situations qui appellent une vigilance particulière des gestionnaires. Lorsqu'un agent est placé en congé de maladie, en congé de longue maladie, en congé de longue durée, ou encore en congé lié à la maternité, à la parentalité ou aux responsabilités familiales, il continue d'acquérir des droits à congé annuel, mais se trouve, du fait même de ce congé, dans l'impossibilité de les prendre. C'est pour ces situations que le régime dérogatoire de report a été conçu, afin que ces agents ne perdent pas le bénéfice de congés annuels qu'ils n'ont pu prendre pour des motifs indépendants de leur volonté. Le décret du 11 août 2026 accorde une attention spécifique aux congés longs, à travers la dérogation évoquée précédemment : lorsque l'agent bénéficie depuis au moins un an d'un congé de santé ou de parentalité, la période de report de ses congés annuels débute au plus tard à la fin de l'année, mais est suspendue à sa reprise jusqu'à ce qu'il soit informé de ses droits. Ce mécanisme garantit que l'agent revenant d'une longue absence pour maladie ou parentalité retrouve effectivement ses droits à report, à compter de son information. Cette attention aux situations de santé et de parentalité traduit le souci de protéger le droit au congé annuel des agents les plus exposés au risque de le perdre. Pour les collectivités, porter une attention particulière aux droits à congé annuel des agents en congé de santé ou de parentalité, notamment de longue durée, veiller à les informer de leurs droits à report à leur reprise, et gérer correctement le mécanisme de suspension de la période de report sont des exigences de protection des droits de ces agents, désormais inscrites dans les textes et sanctionnées par le juge.

Point d'alerte DRH. Les agents en congé de santé (maladie, longue maladie, longue durée) ou de parentalité continuent d'acquérir des congés annuels sans pouvoir les prendre : c'est le cœur du dispositif de report. Pour les congés longs (au moins un an), la période de report est suspendue à la reprise jusqu'à l'information de l'agent. Veiller à informer ces agents de leurs droits à report à leur reprise et gérer le mécanisme de suspension protègent les droits des agents les plus exposés au risque de les perdre.

Impact RH : Orange Urgence : Vert

Ce que le DRH doit faire lundi matin : porter une attention particulière aux droits à congé annuel des agents en congé de santé ou de parentalité, notamment de longue durée, les informer de leurs droits à report à leur reprise conformément au décret du 11 août 2026, et gérer correctement le mécanisme de suspension de la période de report pour les congés longs.

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5. Discipline, déontologie et responsabilité

La charge de la preuve de l'information pèse désormais sur l'employeur

Sources : décret n° 2026-768 du 11 août 2026, jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne — charge de la preuve de l'information de l'agent

Synthèse opérationnelle. L'exigence d'une information par un moyen conférant une date certaine emporte une conséquence majeure en matière de preuve : c'est désormais à l'employeur qu'il revient de démontrer qu'il a informé l'agent, ce qui appelle une rigueur particulière dans la gestion. En imposant que l'information soit délivrée par un moyen conférant une date certaine, le décret fait peser sur l'employeur la charge de pouvoir prouver, le cas échéant, qu'il a bien informé l'agent de ses droits à report, à une date déterminée. Cette exigence probatoire n'est pas neutre : elle signifie qu'en cas de litige sur les droits à report d'un agent, l'employeur qui ne pourrait pas établir avoir délivré l'information requise se trouverait en difficulté, l'absence de preuve de l'information empêchant l'extinction des droits à report de l'agent. La jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, dont ce dispositif s'inspire, fait clairement peser sur l'employeur la charge de prouver qu'il a mis l'agent en mesure de prendre ses congés et l'a informé de ses droits ; à défaut, les droits ne s'éteignent pas. Cette logique probatoire impose aux collectivités de conserver la trace des informations délivrées aux agents, de manière à pouvoir en justifier. Le choix du support de l'information — nécessairement un moyen conférant une date certaine — et sa conservation deviennent ainsi des enjeux de sécurisation juridique. Une information délivrée oralement, ou par un moyen ne permettant pas d'en établir la date, ne satisferait pas à l'exigence et exposerait la collectivité. Pour les collectivités, mettre en place un dispositif d'information dont la délivrance et la date puissent être prouvées, conserver soigneusement la trace de ces informations, et faire de cette traçabilité une exigence de gestion sont des conditions de la sécurité juridique du dispositif de report, dans un contexte où la charge de la preuve pèse sur l'employeur.

Point d'alerte DRH. L'exigence d'un moyen conférant une date certaine fait peser sur l'employeur la charge de prouver qu'il a informé l'agent de ses droits à report. En cas de litige, l'employeur qui ne pourrait établir avoir délivré l'information ne pourrait se prévaloir de l'extinction des droits à report. Une information orale ou non datable ne suffit pas. Conserver la trace des informations délivrées devient un enjeu majeur de sécurisation juridique.

Impact RH : Rouge Urgence : Orange

Ce que le DRH doit faire lundi matin : mettre en place un dispositif d'information dont la délivrance et la date puissent être prouvées (support écrit conférant une date certaine), conserver soigneusement la trace de chaque information délivrée aux agents, et faire de cette traçabilité une exigence de gestion, la charge de la preuve pesant désormais sur l'employeur.

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6. Dialogue social et instances

Une clarification attendue, saluée pour la sécurité juridique qu'elle apporte

Sources : avis du Conseil commun de la fonction publique des 11 février 2025 et 16 janvier 2026, avis du Conseil national d'évaluation des normes — élaboration concertée du décret

Synthèse opérationnelle. Le décret du 11 août 2026 est le fruit d'un processus d'élaboration ayant associé les instances consultatives, et répond à une attente de clarification et de sécurité juridique largement partagée. Le texte a été soumis, avant son adoption, à l'avis du Conseil commun de la fonction publique, instance de dialogue social commune aux trois versants, qui l'a examiné lors de ses séances des 11 février 2025 et 16 janvier 2026, ainsi qu'à l'avis du Conseil national d'évaluation des normes, compétent pour apprécier l'impact des normes sur les collectivités territoriales. Ce processus consultatif témoigne de l'attention portée à un sujet qui concerne directement les droits des agents et les obligations des employeurs. Sur le fond, le décret répond à une attente de clarification : la situation antérieure, marquée par l'annulation partielle du dispositif de 2025 par le Conseil d'État, avait créé une incertitude juridique que les gestionnaires et les organisations syndicales souhaitaient voir levée. En organisant précisément l'obligation d'information et ses modalités, le décret apporte cette clarification et restaure la sécurité juridique du dispositif de report. Cette sécurisation bénéficie à la fois aux agents, dont les droits sont mieux garantis, et aux employeurs, qui disposent désormais d'un cadre clair pour l'extinction régulière des droits à report. Le sujet des congés annuels et de leur report, par son incidence sur les droits des agents, est légitimement un sujet d'attention pour les représentants du personnel, qui peuvent veiller à la bonne application de la nouvelle obligation d'information. Pour les collectivités, appréhender ce décret comme une clarification bienvenue, communiquer sur sa mise en œuvre, et associer le dialogue social au suivi de son application sont des moyens de tirer parti de la sécurité juridique qu'il apporte, dans un esprit de transparence sur les droits des agents.

Point d'alerte DRH. Le décret a été soumis au Conseil commun de la fonction publique (séances des 11 février 2025 et 16 janvier 2026) et au Conseil national d'évaluation des normes. Il répond à une attente de clarification après l'annulation partielle du dispositif de 2025 par le Conseil d'État, et restaure la sécurité juridique du régime de report, au bénéfice des agents comme des employeurs. Associer le dialogue social au suivi de son application s'inscrit dans un esprit de transparence sur les droits des agents.

Impact RH : Vert Urgence : Vert

Ce que le DRH doit faire lundi matin : appréhender le décret du 11 août 2026 comme une clarification bienvenue restaurant la sécurité juridique du régime de report, communiquer sur sa mise en œuvre auprès des agents, et associer le dialogue social au suivi de son application, dans un esprit de transparence sur les droits des agents.

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7. Recrutement, attractivité et compétences

La qualité de la gestion des congés, un élément de la relation de confiance avec les agents

Sources : analyses sur la qualité de vie au travail (2026), décret n° 2026-768 du 11 août 2026 — la gestion des congés comme élément de la relation employeur-agent

Synthèse opérationnelle. Au-delà de sa dimension juridique, la gestion rigoureuse et transparente des droits à congé participe de la qualité de la relation entre l'employeur et ses agents, dimension qui mérite d'être soulignée dans une perspective d'attractivité et de fidélisation. Les congés annuels constituent un droit important pour les agents, essentiel à leur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, ainsi qu'à leur santé et à leur bien-être. La manière dont l'employeur gère ce droit, en particulier dans les situations sensibles de report après un congé de santé ou de parentalité, n'est pas neutre pour la relation de confiance avec les agents. Une gestion rigoureuse et transparente, informant clairement les agents de leurs droits, témoigne du respect de l'employeur pour ces droits et pour la situation des agents. À l'inverse, une gestion négligente, qui laisserait les agents dans l'incertitude sur leurs droits à report ou leur ferait perdre des congés faute d'information, serait vécue comme un manque de considération et nuirait à la relation de confiance. La nouvelle obligation d'information, en imposant une communication claire sur les droits à report, va dans le sens d'une gestion plus transparente et plus respectueuse des droits des agents. Bien mise en œuvre, elle peut être l'occasion de renforcer la relation de confiance, en montrant aux agents que leur employeur veille à leurs droits et les en informe clairement. Cette dimension rejoint les enjeux plus larges de qualité de vie au travail et d'attractivité : un employeur attentif aux droits de ses agents, transparent dans sa gestion, et soucieux de leur équilibre de vie est un employeur plus attractif. Pour les collectivités, appréhender la mise en œuvre de la nouvelle obligation d'information non seulement comme une contrainte juridique, mais aussi comme une opportunité de renforcer la relation de confiance avec les agents par une gestion transparente et respectueuse de leurs droits, est une manière de tirer parti de ce dispositif au bénéfice de la qualité de la relation employeur-agent et de l'attractivité de la collectivité.

Point d'alerte DRH. La gestion des congés, droit essentiel à l'équilibre de vie et à la santé des agents, participe de la relation de confiance avec eux. Une gestion transparente, informant clairement des droits à report, témoigne du respect de l'employeur ; une gestion négligente nuit à la confiance. La nouvelle obligation d'information peut être l'occasion de renforcer cette relation et de contribuer à l'attractivité, en montrant un employeur attentif aux droits de ses agents.

Impact RH : Vert Urgence : Vert

Ce que le DRH doit faire lundi matin : appréhender la mise en œuvre de la nouvelle obligation d'information non seulement comme une contrainte juridique mais comme une opportunité de renforcer la relation de confiance avec les agents, par une gestion des congés transparente et respectueuse de leurs droits, au bénéfice de la qualité de vie au travail et de l'attractivité.

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8. Management public et organisation des services

Outiller la gestion des congés reportés : procédures, modèles et systèmes d'information

Sources : analyses professionnelles (2026), décret n° 2026-768 du 11 août 2026 — outillage de la gestion des congés reportés

Synthèse opérationnelle. La mise en œuvre effective de la nouvelle obligation d'information suppose d'outiller la gestion des congés reportés, par des procédures, des modèles et une adaptation des systèmes d'information, enjeu opérationnel concret pour les services de ressources humaines. La nouvelle obligation, pour être respectée de manière fiable et systématique, ne peut reposer sur une gestion improvisée au cas par cas : elle appelle la mise en place d'un dispositif structuré. Plusieurs éléments méritent d'être outillés. Une procédure claire, d'abord, définissant qui, dans les services, est chargé d'identifier les agents concernés par un report, de délivrer l'information dans les délais, et d'en conserver la trace. Des modèles de courrier ou de notification, ensuite, conformes aux exigences du décret, permettant de délivrer une information complète — nombre de jours reportés, date limite, jours indemnisables — par un moyen conférant une date certaine. Une adaptation des systèmes d'information de gestion des ressources humaines, également, pour identifier les situations de report, générer les informations requises, tracer leur délivrance, et suivre les périodes de report et leurs échéances. Un suivi rigoureux, enfin, des échéances de report et des jours à prendre, afin d'éviter tant la perte de droits par les agents que les difficultés de gestion. Cet outillage représente un investissement, mais il est la condition d'une application fiable et sécurisée de la nouvelle obligation, qui protège tant les droits des agents que la collectivité. Pour les collectivités, investir dans l'outillage de la gestion des congés reportés — procédures, modèles, systèmes d'information, suivi des échéances —, plutôt que de gérer la nouvelle obligation de manière artisanale, est la condition d'une mise en œuvre fiable, systématique et sécurisée, à la hauteur des enjeux juridiques du dispositif.

Point d'alerte DRH. La nouvelle obligation appelle un dispositif structuré, non une gestion au cas par cas : une procédure claire (qui identifie les agents concernés, délivre l'information, en conserve la trace), des modèles de notification conformes (date certaine), une adaptation des systèmes d'information de gestion des ressources humaines, et un suivi rigoureux des échéances de report. Cet outillage est la condition d'une application fiable et sécurisée, protégeant les droits des agents comme la collectivité.

Impact RH : Orange Urgence : Vert

Ce que le DRH doit faire lundi matin : outiller la gestion des congés reportés : définir une procédure claire (identification, information, traçabilité), élaborer des modèles de notification conformes aux exigences de date certaine, adapter les systèmes d'information, et mettre en place un suivi rigoureux des échéances de report, pour une application fiable et sécurisée.

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9. Finances locales avec impact RH

L'indemnisation des congés non pris : un enjeu financier à ne pas négliger

Sources : décret n° 2025-564 du 21 juin 2025, arrêté du 21 juin 2025, décret n° 2026-768 du 11 août 2026 — indemnisation des congés annuels non pris

Synthèse opérationnelle. Le dispositif de report des congés comporte un volet d'indemnisation en fin de relation de travail, qui représente un enjeu financier pour les collectivités et dont la nouvelle obligation d'information renforce la portée. Lorsqu'un agent quitte définitivement la fonction publique sans avoir pu prendre ses congés annuels reportés, il a droit, dans les conditions et limites prévues, à une indemnité compensatrice de congés non pris. Cette indemnisation, dérogatoire au principe selon lequel les congés non pris sont en principe perdus, s'applique aux congés dont le report était justifié, notamment ceux non pris pour raison de santé ou de parentalité, dans la limite de la période minimale garantie par le droit de l'Union. Les modalités d'assiette et de calcul de cette indemnité ont été précisées par un arrêté du 21 juin 2025. Le décret du 11 août 2026 ajoute que l'agent est informé du nombre de jours de congé non utilisés ou reportés donnant lieu à indemnisation. Cette indemnisation représente une dépense pour la collectivité, qui doit être anticipée, en particulier lors des départs d'agents ayant accumulé des droits à report du fait de congés de santé ou de parentalité prolongés. Par ailleurs, la nouvelle obligation d'information a une incidence financière indirecte : en conditionnant l'extinction des droits à report à l'information de l'agent, elle implique qu'un défaut d'information peut conduire à maintenir des droits à report, et donc des droits à indemnisation, que la collectivité aurait pu croire éteints. Une gestion négligente de l'information pourrait ainsi générer des charges d'indemnisation non anticipées. Pour les directions générales et financières, anticiper la charge d'indemnisation des congés non pris, en particulier lors des départs d'agents concernés, et mesurer que le respect de l'obligation d'information conditionne l'extinction des droits et donc la maîtrise de cette charge, sont des éléments d'une gestion financière avisée du dispositif de report.

Point d'alerte DRH. Un agent quittant la fonction publique sans avoir pu prendre ses congés reportés a droit à une indemnité compensatrice (assiette et calcul précisés par l'arrêté du 21 juin 2025), qui représente une dépense à anticiper, notamment lors des départs d'agents ayant accumulé des droits après des congés longs. Incidence indirecte : un défaut d'information, en empêchant l'extinction des droits, peut générer des charges d'indemnisation non anticipées. Le respect de l'information conditionne la maîtrise de cette charge.

Impact RH : Vert Urgence : Vert

Ce que le DRH doit faire lundi matin : anticiper la charge d'indemnisation des congés non pris, en particulier lors des départs d'agents ayant accumulé des droits à report, et mesurer que le respect de l'obligation d'information conditionne l'extinction des droits et donc la maîtrise de cette charge financière, un défaut d'information pouvant générer des charges non anticipées.

Lire la source

10. Rapports publics, études et signaux faibles

L'influence du droit de l'Union européenne, moteur silencieux de l'évolution du droit social de la fonction publique

Sources : directive 2003/88/CE, jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, décret n° 2026-768 du 11 août 2026 — l'influence du droit européen sur le droit de la fonction publique

Synthèse opérationnelle. Le décret du 11 août 2026, en transposant une exigence issue du droit de l'Union européenne, illustre un phénomène de fond qu'il est éclairant de mettre en perspective : l'influence croissante et souvent silencieuse du droit européen sur l'évolution du droit social de la fonction publique. À première vue, le droit de la fonction publique, expression de la souveraineté nationale et de traditions administratives propres, pourrait sembler à l'abri de l'influence du droit de l'Union européenne. La réalité est tout autre : de nombreux pans du droit social applicable aux agents publics sont désormais façonnés par le droit européen, en particulier par les directives relatives au temps de travail, à l'égalité, à la protection des travailleurs, et par la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne qui les interprète. Le dispositif de report des congés annuels en offre une illustration exemplaire. C'est la directive de 2003 sur l'aménagement du temps de travail, et surtout son interprétation par la Cour de justice, qui ont imposé le droit au report des congés non pris pour raison de santé, l'exigence d'information de l'agent, et les règles d'indemnisation, alors même que le droit national, dans sa conception traditionnelle, était plus restrictif. Le décret du 11 août 2026 n'est, à cet égard, que la traduction en droit interne d'exigences européennes, imposées par la jurisprudence européenne et relayées par le juge national. Le signal de fond à suivre est cette influence structurante du droit de l'Union sur le droit social de la fonction publique, qui opère souvent de manière discrète mais profonde. Cette influence a plusieurs implications. Elle conduit à une convergence progressive du droit social applicable aux agents publics et aux salariés, le droit européen s'appliquant aux uns et aux autres et gommant certaines spécificités du droit de la fonction publique. Elle impose au droit national des évolutions parfois éloignées de ses traditions, comme en matière de report et d'indemnisation des congés. Elle fait de la jurisprudence européenne une source majeure du droit applicable, que les gestionnaires doivent intégrer. Et elle appelle une veille attentive non seulement sur le droit national, mais aussi sur le droit et la jurisprudence de l'Union, dont les évolutions se répercutent sur le droit de la fonction publique. Pour les collectivités, comprendre cette influence du droit européen, en suivre les évolutions, et anticiper leurs répercussions sur le droit applicable aux agents sont des éléments d'une veille juridique complète et lucide. Le droit de la fonction publique territoriale ne se conçoit plus indépendamment du cadre européen, dont l'influence, illustrée par le dispositif de report des congés, est appelée à demeurer un moteur puissant de son évolution. Cette dimension européenne, souvent méconnue, est l'une des clés de compréhension des transformations du droit social de la fonction publique, et invite les gestionnaires à élargir leur regard au-delà du seul droit national.

Point d'alerte DRH. Le décret du 11 août 2026, en transposant la directive de 2003 sur le temps de travail et la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union, illustre l'influence croissante et souvent silencieuse du droit européen sur le droit social de la fonction publique. Cette influence conduit à une convergence entre agents publics et salariés, impose des évolutions parfois éloignées des traditions nationales, et fait de la jurisprudence européenne une source majeure. Elle appelle une veille élargie au droit et à la jurisprudence de l'Union.

Impact RH : Vert Urgence : Vert

Ce que le DRH doit faire lundi matin : comprendre l'influence structurante du droit de l'Union européenne sur le droit social de la fonction publique, qu'illustre le dispositif de report des congés, en suivre les évolutions, et élargir la veille juridique au droit et à la jurisprudence de l'Union, dont les évolutions se répercutent sur le droit applicable aux agents.

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Bilan du jour

Nombre total d'informations traitées

11 informations analysées et retenues sur les 10 rubriques de veille, consacrées au décret n° 2026-768 du 11 août 2026 sur l'information de l'agent en matière de report des congés annuels, entré en vigueur ce jour, à partir de sources officielles (Légifrance, décret analysé, décision du Conseil d'État du 16 juin 2026) et des analyses spécialisées.

Les 5 informations les plus importantes du jour
  • Décret n° 2026-768 du 11 août 2026, en vigueur ce jour : l'employeur doit informer l'agent de ses droits à report de congés, par un moyen conférant une date certaine.
  • La période de report ne débute qu'à compter de l'information : sans information régulière, les droits à report ne s'éteignent pas.
  • Une réponse à l'annulation prononcée par le Conseil d'État le 16 juin 2026 : le décret comble la lacune sanctionnée par le juge.
  • La charge de la preuve pèse sur l'employeur : conserver la trace datée des informations délivrées devient déterminant.
  • Un enjeu financier : un défaut d'information peut maintenir des droits à report et à indemnisation que la collectivité croyait éteints.
Alertes rouges à traiter en priorité
  • Report des congés (décret n° 2026-768) : mettre en place sans délai une procédure d'information individuelle des agents, par un moyen conférant une date certaine.
  • Élections professionnelles du 10 décembre : préparer les listes électorales et, pour les petites collectivités, s'articuler avec le centre de gestion.
  • Avancement de grade catégorie B : intégrer la suppression du ratio entre les deux voies dans les tableaux 2026.
  • Nouvelle bonification indiciaire : apprécier le droit au regard des fonctions réelles et fiabiliser l'attribution.
  • Congés de santé (décret n° 2026-705) : plafonnement des arrêts au 1er septembre ; index égalité au 30 septembre.
Actions recommandées dans les 7 jours
  • Mettre en place une procédure d'information des agents sur leurs droits à report, par un moyen conférant une date certaine.
  • Élaborer des modèles de notification conformes et adapter les systèmes d'information.
  • Organiser la traçabilité des informations délivrées, la charge de la preuve pesant sur l'employeur.
  • Porter une attention particulière aux agents revenant d'un congé de santé ou de parentalité de longue durée.
  • Anticiper la charge d'indemnisation des congés non pris lors des départs.
  • Poursuivre la mise en œuvre des chantiers de la rentrée (avancement, bonification indiciaire, élections).
Signal faible RH à surveiller

L'influence du droit de l'Union européenne, moteur silencieux de l'évolution du droit social de la fonction publique. Le décret du 11 août 2026, dispositif technique en apparence circonscrit à la question du report des congés annuels, mérite d'être replacé dans une perspective qui en révèle la portée plus large : il illustre l'influence croissante, structurante et souvent silencieuse du droit de l'Union européenne sur l'évolution du droit social de la fonction publique française. Une idée reçue voudrait que le droit de la fonction publique, expression par excellence de la souveraineté nationale, de l'organisation propre de l'État et des collectivités, et de traditions administratives séculaires, demeure à l'écart de l'influence du droit européen. Cette idée est démentie par la réalité : de larges pans du droit social applicable aux agents publics sont aujourd'hui façonnés, directement ou indirectement, par le droit de l'Union européenne. Les directives relatives à l'aménagement du temps de travail, à l'égalité de traitement, à la protection des travailleurs, à l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et bien d'autres, s'appliquent aux agents publics comme aux salariés du privé, et la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne qui les interprète s'impose au droit national. Le dispositif de report des congés annuels offre une illustration particulièrement claire de cette influence. Le droit français de la fonction publique, dans sa conception traditionnelle, était relativement restrictif en matière de report des congés annuels non pris : le principe était que les congés devaient être pris dans l'année, et que ceux non pris étaient en principe perdus, sauf autorisation exceptionnelle. C'est le droit de l'Union européenne, à travers la directive de 2003 sur le temps de travail et surtout son interprétation audacieuse par la Cour de justice, qui a imposé une conception plus protectrice : le droit au report des congés non pris pour raison de santé, la limitation des possibilités d'extinction de ce droit, l'exigence que l'agent soit informé de ses droits pour que ceux-ci puissent s'éteindre, et le droit à une indemnisation des congés non pris en fin de relation de travail. Ces exigences, étrangères à la tradition française, se sont imposées au droit national sous l'effet du droit européen. Le décret du 11 août 2026 n'est, à cet égard, que le dernier maillon d'une chaîne : la Cour de justice pose une exigence, le juge national l'applique et annule le droit interne non conforme, le pouvoir réglementaire met le droit national en conformité. La boucle, engagée par le droit européen, se referme par le décret national. Le signal de fond à suivre est cette influence structurante du droit de l'Union, qui opère souvent de manière discrète mais façonne en profondeur le droit social de la fonction publique. Plusieurs implications méritent d'être soulignées. La première est une convergence progressive entre le droit social des agents publics et celui des salariés du secteur privé. Le droit européen, s'appliquant indifféremment aux uns et aux autres, tend à gommer certaines des spécificités traditionnelles du droit de la fonction publique, rapprochant la condition des agents publics de celle des salariés sur de nombreux points. Cette convergence, que l'on a déjà évoquée à propos d'autres dispositifs, trouve dans l'influence du droit européen l'un de ses moteurs. La deuxième implication est que le droit national se voit imposer des évolutions parfois éloignées de ses traditions et de ses équilibres, ce qui peut susciter des difficultés d'adaptation et des tensions entre la logique européenne et la logique nationale. La troisième est que la jurisprudence de la Cour de justice devient une source majeure du droit applicable aux agents publics, que les gestionnaires ne peuvent ignorer, alors même qu'elle émane d'une juridiction supranationale et s'exprime dans un cadre parfois éloigné des préoccupations quotidiennes de la gestion territoriale. La quatrième, enfin, est que la veille juridique en matière de fonction publique ne peut plus se limiter au droit national : elle doit intégrer le droit de l'Union et sa jurisprudence, dont les évolutions se répercutent, avec un décalage parfois important, sur le droit interne. Pour les collectivités et leurs gestionnaires, cette influence du droit européen appelle une prise de conscience et une adaptation. Il s'agit de comprendre que le droit de la fonction publique territoriale ne se conçoit plus indépendamment du cadre européen, d'intégrer cette dimension dans la veille et l'analyse juridiques, et d'anticiper, autant que possible, les évolutions qu'imposera le droit européen. Le dispositif de report des congés, dont l'origine européenne est manifeste, illustre l'intérêt d'un regard élargi au droit de l'Union : bien souvent, les évolutions du droit national trouvent leur source, plusieurs années auparavant, dans une directive ou une jurisprudence européenne dont l'observation attentive aurait permis de les anticiper. L'influence du droit de l'Union européenne, moteur silencieux mais puissant de l'évolution du droit social de la fonction publique, est ainsi l'une des clés de compréhension des transformations en cours, et invite les gestionnaires territoriaux à élargir leur horizon au-delà du seul droit national, vers un cadre européen dont l'empreinte sur le quotidien de la gestion des ressources humaines ne cesse de s'approfondir.

Tableau de synthèse final

Rubrique Information Date Impact Urgence Action immédiate
Textes Décret n° 2026-768 : l'information conditionne le report des congés 11 août 2026 Rouge Rouge Mettre en place la procédure d'information
Textes Le détail du mécanisme : délais, date certaine, dérogation congés longs 11 août 2026 Rouge Orange Définir une procédure conforme
Jurisprudence Un décret tirant les conséquences de la décision du 16 juin 2026 16 juin 2026 Orange Vert Mesurer l'exigence posée par le juge
Rémunération Le régime de report et son caractère dérogatoire constant Orange Vert Maîtriser droit commun et dérogation
Santé Congés de santé et parentalité au cœur du report 2026 Orange Vert Informer les agents à leur reprise
Discipline La charge de la preuve de l'information pèse sur l'employeur 2026 Rouge Orange Organiser la traçabilité
Dialogue social Une clarification attendue pour la sécurité juridique 2026 Vert Vert Communiquer sur la mise en œuvre
Recrutement La gestion des congés, élément de la relation de confiance 2026 Vert Vert Faire de l'information une opportunité
Management Outiller la gestion des congés reportés 2026 Orange Vert Procédures, modèles, systèmes d'information
Finances L'indemnisation des congés non pris, un enjeu financier 2026 Vert Vert Anticiper la charge d'indemnisation
Rapports L'influence du droit de l'Union européenne sur le droit social 2026 Vert Vert Élargir la veille au droit de l'Union
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