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  • En responsabilité dans le domaine des Ressources Humaines (spécificité Public) depuis maintenant pratiquement 26 ans
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25 avril 2026 6 25 /04 /avril /2026 08:34

 

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Un enjeu stratégique pour les employeurs publics territoriaux (avec un taux d’absentéisme pouvant atteindre en moyenne 8 à 10 % du temps de travail théorique dans certaines collectivités territoriales)

L’absentéisme en maladie ordinaire constitue aujourd’hui un enjeu stratégique majeur pour les employeurs publics territoriaux. Au-delà de son impact financier immédiat, il fragilise les collectifs de travail, désorganise les services et met sous tension les encadrants comme les équipes. Il interroge également, de manière plus structurelle, la qualité des organisations, des conditions de travail et des pratiques managériales.

Dans ce contexte, la réduction de l’absentéisme ne peut être abordée sous un angle uniquement administratif ou disciplinaire. Elle suppose une approche globale, articulant prévention, management et sécurisation juridique, et portée dans la durée par la direction des ressources humaines en lien étroit avec l’ensemble des acteurs de la collectivité.

Comprendre les déterminants de l’absentéisme pour agir de manière ciblée, en s’appuyant sur des situations concrètes (absences courtes répétées, services en tension, désorganisation chronique)

Toute politique efficace commence par une compréhension fine des causes. L’absentéisme en maladie ordinaire recouvre des réalités diverses qui ne peuvent être appréhendées de manière uniforme. Certaines absences trouvent leur origine dans des contraintes physiques liées aux conditions de travail, d’autres dans des facteurs organisationnels ou relationnels, d’autres encore dans des situations individuelles plus complexes.

La collectivité doit ainsi structurer un dispositif d’analyse fondé sur des données fiables et objectivées. L’exploitation des données issues du système d’information RH, enrichie par les retours du terrain et les échanges avec les encadrants, permet d’identifier des tendances, des services particulièrement exposés ou des formes d’absences récurrentes. Cette phase d’analyse constitue un préalable indispensable pour orienter l’action publique de manière pertinente et éviter des réponses globales souvent inefficaces.

Inscrire la prévention au cœur de la stratégie RH territoriale

À partir du diagnostic précédemment établi, la prévention doit être pensée comme la traduction opérationnelle des causes identifiées, afin d’agir directement sur les facteurs à l’origine des absences.

La prévention constitue le levier le plus efficace pour réduire durablement l’absentéisme. Elle implique de s’intéresser au travail réel des agents et aux conditions concrètes dans lesquelles ils exercent leurs missions. Une collectivité qui souhaite agir en profondeur doit interroger ses organisations de travail, la répartition des charges, la clarté des responsabilités et la qualité des collectifs.

Le document unique d’évaluation des risques professionnels doit être pleinement mobilisé comme un outil de pilotage stratégique. Il ne peut se limiter à une obligation réglementaire formelle. Il doit permettre de prioriser des actions concrètes, d’en assurer le suivi et d’en mesurer les effets dans le temps. Cette dynamique de prévention doit être portée au plus près du terrain, en articulation étroite avec les encadrants et les acteurs de la prévention.

Renforcer le rôle du management de proximité dans la prévention de l’absentéisme

La qualité du management constitue un déterminant majeur de l’absentéisme. Dans de nombreuses collectivités, les encadrants sont issus de filières techniques et n’ont pas toujours été préparés à la gestion des situations humaines complexes. Ils peuvent se retrouver en difficulté face à des tensions d’équipe, des situations de désengagement ou des absences répétées.

Il est donc essentiel d’accompagner les managers dans le développement de leurs compétences. Cela suppose de clarifier leurs responsabilités, de leur donner des outils pour réguler les situations de travail et de renforcer leur capacité à conduire des entretiens de retour après absence. Lorsqu’ils sont menés dans un cadre professionnel, structuré et bienveillant, ces entretiens constituent un levier puissant de réengagement et de prévention des rechutes.

Sécuriser juridiquement la gestion des arrêts maladie

La gestion de l’absentéisme implique également une rigueur juridique constante. L’employeur territorial dispose de leviers pour suivre les arrêts maladie, mais leur mobilisation doit s’inscrire dans le respect strict du cadre réglementaire et des droits des agents.

Le recours au contrôle médical, le suivi des absences répétées ou encore la mobilisation des instances médicales doivent être conduits avec méthode, traçabilité et proportionnalité. Il convient également d’être particulièrement vigilant dans la qualification des situations, notamment lorsqu’il existe un risque de requalification en accident de service ou en maladie professionnelle.

Une gestion juridiquement approximative peut non seulement exposer la collectivité à un risque contentieux, mais aussi altérer durablement la relation de confiance avec les agents.

Structurer une politique active de maintien et de retour à l’emploi

La réduction de l’absentéisme passe également par une gestion proactive des retours après arrêt maladie. Ces moments constituent des étapes sensibles qui nécessitent anticipation et accompagnement.

Une reprise non préparée expose à un risque élevé de rechute et d’absences prolongées. À l’inverse, une reprise sécurisée, construite en lien avec le médecin du travail et adaptée aux capacités de l’agent, favorise une réintégration durable et stabilisée.

La collectivité doit ainsi développer des pratiques d’aménagement de poste, d’adaptation des missions et, lorsque cela s’avère nécessaire, de reclassement professionnel. Cette approche contribue directement à limiter les situations de désinsertion professionnelle.

Installer une culture de la responsabilité partagée

La réduction de l’absentéisme ne peut reposer exclusivement sur la direction des ressources humaines. Elle suppose une mobilisation collective impliquant les encadrants, les agents et les partenaires sociaux.

Il s’agit de construire une culture de la responsabilité partagée, fondée sur la transparence des données, la compréhension des enjeux et la cohérence des messages portés par l’institution. Le dialogue social constitue un levier essentiel dans cette dynamique. Il permet de partager les constats, d’expliquer les orientations et de co-construire des réponses adaptées aux réalités du terrain.

Piloter la démarche dans la durée et mesurer les résultats

La réduction de l’absentéisme nécessite un pilotage structuré, inscrit dans la durée et fondé sur des indicateurs pertinents. La collectivité doit être en capacité de suivre l’évolution des absences, d’identifier les écarts et d’ajuster ses actions en conséquence.

Cette démarche gagne à être intégrée dans une politique globale de qualité de vie et des conditions de travail, afin d’en garantir la cohérence et la pérennité. Elle contribue ainsi à inscrire la réduction de l’absentéisme dans une logique plus large de performance durable du service public.

Conclusion : une approche systémique au service de la performance publique et de l’attractivité des employeurs territoriaux

Réduire l’absentéisme en maladie ordinaire dans la fonction publique territoriale constitue un enjeu complexe qui ne peut être traité par des mesures isolées. Il s’agit d’un travail de fond reposant sur une compréhension fine des causes, une action sur les organisations de travail, un renforcement du management et une sécurisation juridique des pratiques.

Les directions des ressources humaines disposent de leviers puissants pour agir, à condition de structurer une stratégie cohérente et de l’inscrire dans le temps. C’est à cette condition que les collectivités pourront concilier continuité du service public, qualité de vie au travail et maîtrise des coûts.

 

Par Pascal NAUD

Président, fondateur de www.naudrh.com

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11 avril 2026 6 11 /04 /avril /2026 09:38

 

 

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La communicabilité du procès-verbal du conseil médical constitue un point de vigilance majeur pour les services des ressources humaines territoriaux. Elle se situe à l’intersection de plusieurs exigences juridiques qu’il convient d’articuler avec précision : le droit d’accès de l’agent à son dossier administratif, le respect du secret médical et la protection du fonctionnement collégial des instances.

Au-delà de la seule question de principe, l’enjeu est opérationnel. Une mauvaise gestion de cette communicabilité peut fragiliser la décision administrative, nourrir un contentieux ou altérer la relation de confiance avec l’agent.

 

Un principe clair : le droit d’accès de l’agent à son dossier administratif

Tout agent public dispose d’un droit d’accès aux documents administratifs le concernant, conformément notamment aux articles L311-1 et suivants du Code des relations entre le public et l’administration. Ce droit, consacré notamment par le Code des relations entre le public et l’administration et conforté par une jurisprudence constante, participe du respect des droits de la défense et du principe de transparence de l’action administrative.

Dans ce cadre, le procès-verbal du conseil médical constitue un document administratif dès lors qu’il est détenu par la collectivité et qu’il se rattache à la situation individuelle de l’agent. Il est donc, en principe, communicable à l’intéressé.

Toutefois, ce principe ne saurait être interprété comme impliquant une communication automatique, intégrale et sans précaution. La nature même du document impose une approche nuancée.

 

Une communicabilité encadrée par des exigences juridiques spécifiques

Le procès-verbal du conseil médical présente une singularité : il mêle des éléments médicaux, des échanges internes à une instance collégiale et, parfois, des informations relatives à des tiers. Cette spécificité impose une analyse préalable avant toute communication.

Le premier niveau de vigilance concerne le secret médical, inhérent à l’examen par le conseil de situations individuelles sous un angle de santé. Le conseil médical examine des situations individuelles sous un angle médical, ce qui conduit nécessairement à la présence d’informations relatives à l’état de santé de l’agent. Si ces informations concernent directement l’intéressé, leur communication est en principe possible, mais elle doit être réalisée avec discernement. Dans certaines situations, notamment lorsque les données sont complexes ou susceptibles d’être mal interprétées, une transmission par l’intermédiaire d’un médecin peut s’avérer pertinente afin de garantir une compréhension adaptée.

Le second niveau de vigilance tient au secret des délibérations. Le conseil médical fonctionne sur un mode collégial qui suppose la liberté de parole de ses membres. Le procès-verbal peut ainsi retracer des échanges, des positions individuelles ou des discussions préparatoires qui ne sont pas destinés à être portés à la connaissance de l’agent. La communication de ces éléments en l’état serait susceptible de porter atteinte au bon fonctionnement de l’instance.

Enfin, la protection des tiers constitue un troisième niveau d’attention. Le document peut contenir des informations concernant d’autres agents, des professionnels de santé ou des intervenants extérieurs. Ces données ne peuvent être transmises sans précaution et doivent, le cas échéant, faire l’objet d’une anonymisation ou d’une suppression.

Dans ces conditions, la communicabilité du procès-verbal ne peut être envisagée sans une démarche préalable d’analyse et, lorsque cela s’avère nécessaire, d’adaptation du document.

 

Une distinction déterminante : l’avis du conseil médical et le procès-verbal

Dans la pratique des ressources humaines territoriales, il est essentiel, pour sécuriser la communication à l’agent, d’opérer une distinction nette entre l’avis rendu par le conseil médical et le procès-verbal de la séance.

L’avis constitue la position formalisée du conseil. Il s’agit d’un document synthétique, directement exploitable par l’administration pour fonder sa décision. Sa communicabilité ne soulève, en principe, aucune difficulté particulière.

Le procès-verbal, quant à lui, retrace le déroulement des échanges et peut contenir des éléments sensibles, tant sur le plan médical que sur celui des délibérations. Cette richesse d’information explique qu’il ne soit pas destiné à être communiqué de manière brute.

Dans la majorité des situations, la communication de l’avis permet d’informer utilement l’agent sans exposer la collectivité aux risques juridiques liés à une diffusion inadaptée du procès-verbal.

 

Une pratique RH sécurisée : analyse, adaptation et traçabilité

Face à une demande de communication du procès-verbal, comme celle d’un agent placé en congé de maladie ordinaire ou en congé de longue maladie souhaitant comprendre les échanges ayant conduit à l’avis rendu, la collectivité doit adopter une démarche structurée et juridiquement sécurisée. Cette démarche repose d’abord sur une analyse attentive du document afin d’identifier les éléments relevant du secret médical, du secret des délibérations ou de la protection des tiers. Elle suppose ensuite, le cas échéant, une adaptation du document, par des occultations ciblées ou des anonymisations.

La réponse apportée à l’agent doit être claire et motivée, notamment lorsque certaines mentions ne sont pas communiquées. Cette motivation contribue à sécuriser la position de la collectivité et à prévenir les contestations.

Il est également opportun d’intégrer cette problématique dans les procédures internes afin d’harmoniser les pratiques. L’existence d’une doctrine claire permet d’éviter des réponses hétérogènes et de renforcer la sécurité juridique globale.

 

Des risques juridiques à maîtriser

Une communication du procès-verbal sans précaution expose la collectivité à plusieurs risques. Elle peut conduire à une violation du secret médical, à une atteinte au principe de confidentialité des délibérations ou à des incompréhensions susceptibles d’alimenter un contentieux.

À l’inverse, un refus de communication insuffisamment motivé est également susceptible d’être contesté et de fragiliser la décision administrative.

La gestion de ces demandes implique donc de rechercher un équilibre entre transparence et protection, dans une logique de sécurisation des pratiques RH.

 

Conclusion

Le procès-verbal du conseil médical est, par principe, communicable à l’agent concerné. Toutefois, cette communicabilité n’implique ni une transmission en l’état, ni une communication intégrale et sans adaptation. La nature du document impose une analyse préalable et, dans la majorité des cas, des aménagements destinés à préserver le secret médical, le secret des délibérations et les droits des tiers.

Pour les responsables des ressources humaines territoriaux, l’enjeu est de mettre en œuvre une communication maîtrisée, à la fois respectueuse des droits de l’agent et juridiquement sécurisée.

Par Pascal NAUD

Président, fondateur de www.naudrh.com

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9 avril 2026 4 09 /04 /avril /2026 21:12

 

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Dans la fonction publique territoriale, la gestion des congés de maladie ordinaire (CMO) n’est jamais une simple formalité administrative.

C’est un exercice d’équilibre exigeant :
respecter strictement les droits des agents tout en protégeant les intérêts de la collectivité.

Et c’est précisément dans cet équilibre que se nichent… les erreurs les plus fréquentes.

Des erreurs parfois invisibles au quotidien, mais qui peuvent entraîner :
-des contentieux évitables,
-des décisions fragilisées,
-ou encore des tensions internes durables.



👉 La réalité de terrain est claire :
beaucoup de pratiques RH reposent encore sur des habitudes… et non sur une sécurisation juridique actualisée.



đŸ’„ C’est pour répondre à cet enjeu que nous avons conçu un document opérationnel :
“CMO : les 10 erreurs à éviter absolument pour sécuriser vos pratiques RH”

Un support clair, concret et directement exploitable, qui vous permet de :
anticiper les risques juridiques,
fiabiliser vos décisions,
et gagner en sérénité dans le traitement des situations sensibles.




đŸ“„ Ce document est dès maintenant accessible en téléchargement dans l' e-communauté des praticiens RH FPT NAUDRH.COM.
 


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9 avril 2026 4 09 /04 /avril /2026 18:33

 

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Le dernier dossier de presse gouvernemental d’avril 2026 est sans ambiguïté : la dynamique actuelle des arrêts de travail n’est plus soutenable, ni pour les finances publiques… ni pour les organisations.

 

Entre 2019 et 2024, le nombre d’arrêts indemnisés a atteint 9,1 millions, avec une progression marquée des arrêts maladie (+12 %) et surtout un allongement préoccupant de leur durée. Les arrêts longs explosent, tandis que les arrêts courts, bien que fréquents, désorganisent fortement les collectifs de travail.

 

Derrière ces chiffres, un constat majeur s’impose : l’absentéisme n’est pas seulement un sujet RH, c’est un enjeu systémique. Son coût est estimé à près de 100 milliards d’euros par an, avec des impacts directs sur la productivité, l’organisation du travail et l’engagement des agents.

 

Les causes sont multiples. Une partie s’explique par des facteurs structurels – vieillissement de la population active, hausse des salaires, évolution démographique. Mais près de 40 % de la hausse reste non expliquée, traduisant une augmentation du recours aux arrêts et de leur durée.

 

Autre signal faible devenu fort : la montée des troubles psychiques, notamment chez les jeunes, et la difficulté croissante à concilier vie professionnelle et personnelle. À cela s’ajoute une réalité plus sensible : l’existence de comportements abusifs, encore difficiles à quantifier mais désormais intégrés dans l’analyse publique.

 

Dans la fonction publique, la situation semble se stabiliser avec un taux d’absence autour de 5 % en 2024. Mais cette apparente amélioration reste fragile et dépendra largement des évolutions récentes du cadre d’indemnisation et des pratiques managériales.

 

Face à cela, la réponse publique s’organise autour de trois leviers : prévention, accompagnement et contrôle. L’Assurance maladie intensifie ses actions auprès des médecins, des entreprises et des assurés, avec des résultats mesurables mais encore insuffisants pour inverser la tendance.

 

La réalité est claire : la lutte contre l’absentéisme ne peut plus se limiter à des mesures correctives ou à des contrôles. Elle impose un changement de paradigme.

 

Elle suppose d’investir massivement dans la prévention, de repenser les organisations de travail, de renforcer le management de proximité et de redonner du sens au travail.

 

👉 Pour les DRH territoriaux, l’enjeu est encore plus stratégique : garantir la continuité du service public tout en maîtrisant les coûts et en préservant la santé des agents.

 

Ce dossier le confirme : l’absentéisme n’est pas un indicateur secondaire. C’est un révélateur puissant de la qualité du fonctionnement des organisations publiques.

 

💬 Avis www.naudrh.com

Ce document confirme une intuition forte de terrain : on ne réduira pas durablement l’absentéisme par le contrôle seul. Les collectivités qui réussiront seront celles qui traiteront le sujet comme un enjeu managérial global, en lien avec le sens du travail, la charge réelle et la qualité du collectif.

 

 

 

 

 

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3 avril 2026 5 03 /04 /avril /2026 20:44

 

 

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Une décision récente du Tribunal administratif de Paris vient rappeler une règle fondamentale… trop souvent méconnue en pratique RH.
👉 Lorsqu’un agent arrive au terme de son temps partiel thérapeutique, son retour à temps plein est un droit automatique — sauf demande explicite de sa part pour prolonger.

🔎 Les faits essentiels
Une agente de la police nationale, arrivée au terme de son temps partiel thérapeutique, n’avait formulé aucune demande de renouvellement.
Pourtant, son administration a décidé unilatéralement de prolonger cette situation… avant de la réintégrer à temps plein plusieurs semaines plus tard.

⚖ Ce que dit le juge
Le Tribunal administratif de Paris sanctionne clairement cette pratique :
✔ En l’absence de demande de renouvellement, l’administration ne peut pas maintenir l’agent à temps partiel
✔ Le retour à temps plein est un droit opposable et automatique (article L. 612-8 du code général de la fonction publique)
✔ Aucune formalité préalable (type demande écrite de reprise) ne peut être exigée si elle n’est pas prévue par les textes
âžĄïž Résultat : l’arrêté de prolongation du temps partiel est annulé

💡 Les enseignements RH à en tirer
Cette décision a une portée très opérationnelle pour les employeurs publics :
âžĄïž Le temps partiel thérapeutique est une mesure strictement encadrée et temporaire
âžĄïž Sa prolongation suppose une initiative claire de l’agent
âžĄïž L’administration ne peut pas « sécuriser » une situation en maintenant d’office un temps partiel
âžĄïž Toute pratique contraire expose à un risque contentieux immédiat

🎯 Ce qu’il faut retenir
Le droit est limpide :
👉 À l’issue d’un temps partiel thérapeutique, le principe est le retour à temps plein, sans condition.

Ce n’est pas une faculté laissée à l’administration.
C’est une obligation.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision vient corriger une dérive fréquente des employeurs publics qui, par prudence ou méconnaissance, prolongent des situations médicales sans base juridique. Elle impose une rigueur bienvenue : en RH publiques, la sécurité juridique passe d’abord par le respect strict des droits statutaires des agents.

Tribunal Administratif de Paris n° 2313273 jeudi 2 avril 2026

 

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31 mars 2026 2 31 /03 /mars /2026 19:49

 

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Une mesure simple aux effets systémiques

Le jour de carence dans la fonction publique territoriale s’est imposé comme un levier emblématique de maîtrise des dépenses publiques. En supprimant la rémunération du premier jour d’arrêt maladie, le dispositif poursuit un objectif clair : limiter l’absentéisme de courte durée et contenir la masse salariale.

Toutefois, derrière cette logique budgétaire apparemment rationnelle, une interrogation majeure émerge pour les responsables des ressources humaines : ce mécanisme génère-t-il réellement des économies durables ou produit-il, à moyen et long terme, des effets contre-productifs sur la santé des agents et la performance des organisations ?

L’enjeu dépasse largement la seule dimension financière. Il interroge la soutenabilité des politiques RH territoriales et la capacité des employeurs publics à concilier exigence budgétaire, qualité de vie au travail et continuité du service public.

 

I. Un instrument de régulation budgétaire aux effets immédiats mais partiellement maîtrisés
1. Un levier direct de réduction des dépenses

Le jour de carence repose sur une logique de responsabilisation individuelle visant à réduire les arrêts de courte durée, souvent perçus comme difficiles à objectiver. En introduisant une perte financière immédiate pour l’agent, le dispositif agit comme un mécanisme dissuasif.

À court terme, les effets budgétaires sont visibles : diminution mécanique du nombre d’arrêts courts, baisse apparente de l’absentéisme et réduction des coûts directs liés aux rémunérations.

2. Une efficacité nuancée par des effets de report

Cependant, l’analyse des données met en évidence une réalité plus nuancée. Si les arrêts de courte durée diminuent, une augmentation des arrêts plus longs est fréquemment observée.

Ce phénomène s’explique par un effet de report : certains agents retardent leur arrêt afin d’éviter la perte de rémunération, jusqu’à ce que leur état de santé nécessite une absence prolongée.

Dans une collectivité, par exemple, un agent d’accueil présentant des symptômes grippaux peut choisir de maintenir sa présence quelques jours pour éviter le jour de carence. Faute de repos, son état s’aggrave, entraînant finalement un arrêt de plusieurs semaines, avec un impact direct sur la continuité du service et l’organisation de l’équipe.

Ainsi, le gain budgétaire immédiat peut être en partie neutralisé par des coûts différés, liés notamment aux remplacements, à la désorganisation des services et à la complexification de la gestion RH.

Cependant, l’analyse des données met en évidence une réalité plus nuancée. Si les arrêts de courte durée diminuent, une augmentation des arrêts plus longs est fréquemment observée.

Ce phénomène s’explique par un effet de report : certains agents retardent leur arrêt afin d’éviter la perte de rémunération, jusqu’à ce que leur état de santé nécessite une absence prolongée.

Ainsi, le gain budgétaire immédiat peut être en partie neutralisé par des coûts différés, liés notamment aux remplacements, à la désorganisation des services et à la complexification de la gestion RH.

3. Un impact sur le climat social et l’attractivité

Le jour de carence est souvent perçu comme une mesure injuste, en particulier dans les métiers exposés à des contraintes physiques ou relationnelles fortes.

Il peut ainsi fragiliser la confiance entre les agents et leur employeur et, dans un contexte de tensions de recrutement et de fidélisation, contribuer à dégrader l’attractivité de la fonction publique territoriale.

 

II. Un risque sanitaire réel : le véritable risque n’est pas l’absentéisme, mais le présentéisme
1. Le présentéisme : un angle mort des politiques RH

Le principal effet pervers du jour de carence réside dans le développement du présentéisme, c’est-à-dire la présence au travail d’agents malades.

Par crainte de perdre une journée de salaire, certains agents choisissent de continuer à travailler malgré un état de santé altéré. Ce phénomène reste souvent invisible dans les indicateurs classiques, mais ses conséquences sont bien réelles.

Le présentéisme dégrade la qualité du travail, augmente le risque d’erreurs et peut compromettre la sécurité des usagers comme des équipes.

2. Une aggravation des situations de santé

Travailler malade n’est jamais neutre. Des pathologies bénignes peuvent évoluer vers des formes plus graves, nécessitant des arrêts plus longs et plus coûteux.

Ce mécanisme est particulièrement préoccupant dans les métiers à forte exposition, qu’elle soit physique, émotionnelle ou organisationnelle.

À moyen terme, le coût global pour la collectivité peut dépasser les économies initialement générées par le jour de carence.

3. Un enjeu de santé publique et de continuité du service

Dans des contextes sanitaires sensibles, le présentéisme favorise la propagation des maladies au sein des équipes et auprès du public.

Le jour de carence peut ainsi entrer en contradiction avec les politiques de prévention et de protection de la santé.

Pour les collectivités, cela se traduit par un risque accru de désorganisation des services et, dans certains cas, par une atteinte à la continuité du service public.

III. Quelle stratégie RH pour les collectivités ? Passer d’une logique budgétaire à une approche globale
1. Intégrer le jour de carence dans une politique globale de prévention

Le jour de carence ne doit pas être considéré isolément. Il doit s’inscrire dans une stratégie globale de gestion de l’absentéisme et de prévention des risques professionnels.

Cela suppose de renforcer les actions en matière de conditions de travail, de prévention des risques psychosociaux et d’accompagnement des situations individuelles fragiles.

2. Développer une analyse fine et contextualisée des données

Les DRH territoriaux doivent dépasser une lecture purement quantitative de l’absentéisme. Il est essentiel d’analyser les dynamiques sous-jacentes : évolution des arrêts longs, identification des services à risque, compréhension des causes profondes.

Cette approche permet d’éviter les réponses standardisées et de construire des politiques RH adaptées aux réalités locales.

3. Renforcer le rôle du management et du dialogue social

Le management de proximité joue un rôle central dans la prévention du présentéisme et la régulation des absences.

Les encadrants doivent être outillés pour détecter les signaux faibles, accompagner les agents et maintenir un climat de confiance.

Par ailleurs, le dialogue social constitue un levier essentiel pour partager les constats, expliciter les enjeux et coconstruire des réponses équilibrées.

 

Conclusion : un équilibre à repenser entre économie et santé

Action DRH : intégrer dès maintenant le suivi du présentéisme et les effets du jour de carence dans votre stratégie RH 2026, avec des indicateurs dédiés et des actions de prévention ciblées.

Le jour de carence apparaît comme un outil budgétaire efficace à court terme. Pourtant, ses effets réels sont plus ambivalents qu’il n’y paraît.

En favorisant le présentéisme et en contribuant potentiellement à l’aggravation des états de santé, il peut générer des coûts différés importants, tant sur le plan humain qu’organisationnel.

Pour les DRH territoriaux, l’enjeu n’est pas tant de remettre en cause le dispositif que de le replacer dans une stratégie RH globale, fondée sur la prévention, l’analyse fine des situations et le pilotage des risques.

La véritable question n’est donc pas seulement budgétaire. Elle est stratégique : combien coûte réellement une économie réalisée au détriment de la santé des agents ?

Dans un contexte de tension sur les effectifs et d’exigence accrue de qualité du service public, la santé des agents devient un déterminant majeur de la performance des organisations territoriales.

 

Par Pascal NAUD

Président, fondateur de www.naudrh.com

Contact naudrhexpertise@gmail.com

 

 

 

 

 

 

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27 mars 2026 5 27 /03 /mars /2026 10:51

 

 

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La décision est passée relativement inaperçue… et pourtant, elle impacte directement la gestion RH dans toutes les collectivités.

Le Conseil d'État vient de valider, dans sa décision du 26 mars 2026, la baisse de la rémunération des agents publics en congé de maladie ordinaire. Une décision lourde de conséquences opérationnelles.



👉 Voici ce qu’il faut retenir.

Une baisse de rémunération désormais juridiquement sécurisée
Le Conseil d’État confirme la légalité des décrets de 2025 qui alignent certaines catégories d’agents sur une règle simple :
âžĄïž 90 % du traitement pendant les trois premiers mois de congé maladie (contre 100 % auparavant).

Cette évolution s’inscrit dans le prolongement de la loi de finances 2025, et le juge administratif considère que les décrets contestés sont conformes au cadre légal et réglementaire.

Pas d’atteinte au principe d’égalité

Les syndicats invoquaient une rupture d’égalité avec les salariés du secteur privé.



Le Conseil d’État rejette clairement cet argument :
âžĄïž Les agents publics et les salariés privés ne sont pas dans une situation comparable, notamment en matière de droits sociaux.
âžĄïž Les décrets créent au contraire une cohérence entre différentes catégories d’agents publics.



Des arguments sanitaires et sociaux écartés
Les requérants évoquaient un risque :
👉 incitation à ne pas se mettre en arrêt maladie,
👉 aggravation de l’état de santé,
👉 impact sur les femmes enceintes.
Le Conseil d’État balaie ces arguments faute de démonstration concrète.

Ce que cela change concrètement pour les DRH territoriaux



Cette décision met fin à une incertitude juridique importante.

âžĄïž Les employeurs publics peuvent appliquer ces règles en toute sécurité.
âžĄïž Les politiques RH doivent intégrer durablement cette baisse de rémunération.
âžĄïž Le sujet du maintien de salaire (régime indemnitaire, prévoyance, PSC) devient encore plus stratégique.



💬 Avis www.naudrh.com
C’est une décision structurante qui sécurise juridiquement les employeurs, mais elle risque d’accentuer des tensions RH déjà fortes sur le terrain. Les collectivités qui s’en sortiront le mieux seront celles qui anticiperont les effets humains (motivation, santé, climat social) plutôt que de se limiter à une lecture purement budgétaire.

 

Décision Conseil d'Etat n°503771 du 26 mars 2026

 

 

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23 mars 2026 1 23 /03 /mars /2026 17:29

 

 

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Une question fréquente au cœur des pratiques RH territoriales

Dans de nombreuses collectivités, la gestion du jour de carence en cas d’arrêt débutant en cours de journée fait partie des situations les plus sources d’erreurs en paie et d’incompréhensions chez les agents.

Dans la gestion quotidienne des ressources humaines territoriales, la question de l’application de la journée de carence lorsque l’arrêt de maladie ordinaire débute en cours de journée suscite de nombreuses interrogations.

Comment appréhender la situation d’un agent présent le matin, puis placé en arrêt maladie à compter de l’après-midi ? Faut-il tenir compte du temps effectivement travaillé ? Une proratisation est-elle envisageable ?

Ces questions traduisent une préoccupation légitime de justice et de cohérence. Toutefois, le cadre juridique applicable repose sur des principes structurants qu’il convient de maîtriser pour garantir la sécurité des pratiques.

Une règle structurante : le principe du trentième indivisible

Ce principe trouve notamment son fondement dans les règles relatives au traitement mensuel des fonctionnaires issues du Code général de la fonction publique, qui consacrent une logique de rémunération forfaitaire mensuelle non fractionnable.

Dans la fonction publique, la rémunération repose sur un traitement mensuel calculé en trentièmes indivisibles. Ce principe, fondamental en matière de paie publique, signifie que la rémunération ne peut être fractionnée à l’échelle horaire.

La journée constitue ainsi l’unité de référence. Elle est juridiquement indivisible, tant du point de vue de la rémunération que de la position statutaire de l’agent. Dès lors, lorsqu’un agent est placé en congé de maladie ordinaire, ce placement s’apprécie à la journée et non en fonction du nombre d’heures effectivement travaillées.

L’incidence limitée de l’horaire mentionné sur le certificat médical

Cette précision est déterminante pour comprendre pourquoi, en matière de jour de carence, aucune distinction ne peut être opérée selon l’heure de début de l’arrêt.

Dans la pratique, les certificats médicaux peuvent préciser une heure de début d’arrêt. Cette indication relève exclusivement de l’appréciation médicale et ne produit pas d’effet sur le plan statutaire.

Elle permet en revanche de situer précisément le moment où l’état de santé justifie l’interruption de travail, d’assurer la continuité du suivi médical et de sécuriser la situation de l’agent en cas de contrôle ou de contestation. Elle peut également justifier une absence en cours de journée et expliquer une rupture de service.

Dès lors qu’un arrêt de travail est prescrit pour une journée donnée, l’agent est réputé être placé en congé de maladie pour l’intégralité de cette journée. La logique juridique ne repose pas sur le temps de présence réel mais sur la situation administrative de l’agent.

Les heures éventuellement accomplies avant le début de l’arrêt ne peuvent être ni assimilées à du temps de travail effectif ouvrant droit à rémunération distincte, ni faire l’objet d’une récupération.

L’application du jour de carence : une absence de proratisation

Le jour de carence, applicable en cas de congé de maladie ordinaire, correspond à la retenue d’un trentième de rémunération au titre du premier jour d’arrêt.

Lorsque l’arrêt débute en cours de journée, la règle demeure inchangée. Le premier jour d’arrêt est juridiquement considéré comme une journée complète de congé de maladie. En conséquence, le jour de carence s’applique intégralement.

La présence partielle de l’agent au cours de la journée, même avérée, est sans incidence sur le mécanisme de retenue. Aucune proratisation n’est juridiquement possible.

Une traduction opérationnelle claire pour les services RH

Sur le plan pratique, cette règle conduit à positionner l’agent en congé de maladie ordinaire pour la totalité de la journée concernée, indépendamment de l’horaire mentionné sur le certificat médical.

Le service paie applique une retenue d’un trentième au titre du jour de carence, sans procéder à un ajustement tenant compte d’une présence partielle.

À titre d’illustration, un agent présent de 8h00 à 12h00, puis placé en arrêt maladie à compter de 14h00, sera considéré comme étant en congé de maladie pour l’ensemble de la journée. Le jour de carence s’appliquera donc intégralement, sans prise en compte des heures effectuées le matin. Aucune rémunération complémentaire ni récupération ne pourra être accordée au titre de cette présence partielle.

Cette approche garantit la conformité aux règles statutaires, assure l’égalité de traitement entre les agents et sécurise les pratiques de gestion au sein de la collectivité.

Une traduction opérationnelle claire pour les services RH

Sur le plan pratique, cette règle conduit à positionner l’agent en congé de maladie ordinaire pour la totalité de la journée concernée, indépendamment de l’horaire mentionné sur le certificat médical.

Le service paie applique une retenue d’un trentième au titre du jour de carence, sans procéder à un ajustement tenant compte d’une présence partielle.

À titre d’illustration, un agent présent de 8h00 à 12h00, puis placé en arrêt maladie à compter de 14h00, sera considéré comme étant en congé de maladie pour l’ensemble de la journée. Le jour de carence s’appliquera donc intégralement, sans prise en compte des heures effectuées le matin. Aucune rémunération complémentaire ni récupération ne pourra être accordée au titre de cette présence partielle.

Cette approche garantit la conformité aux règles statutaires, assure l’égalité de traitement entre les agents et sécurise les pratiques de gestion au sein de la collectivité.

Les limites et risques d’une approche au prorata

Certaines collectivités peuvent être tentées d’adapter la règle en fonction du temps effectivement travaillé. Une telle pratique, bien qu’animée par un souci d’équité, se heurte aux principes fondamentaux de la rémunération publique.

La proratisation horaire méconnaît le principe du trentième indivisible et expose la collectivité à un risque juridique réel. Elle peut être analysée comme un avantage irrégulier en cas de contrôle, notamment par les juridictions financières, et générer des disparités de traitement entre agents.

Des fondements juridiques constants

Le raisonnement repose sur le principe du traitement mensuel des fonctionnaires, la règle du trentième indivisible et le régime du congé de maladie ordinaire. Les dispositions relatives au jour de carence s’inscrivent dans cette même logique.

La doctrine administrative ainsi que la jurisprudence confirment de manière constante l’impossibilité de fractionner la journée en matière de rémunération statutaire.

Conclusion : sécuriser sans complexifier

Au-delà de l’application stricte de la règle, le DRH territorial a un rôle central de garant d’une doctrine interne claire et harmonisée, condition indispensable pour sécuriser durablement les pratiques et prévenir les contentieux.

La gestion du jour de carence en cas d’arrêt débutant en cours de journée doit être appréhendée avec rigueur et cohérence. La mention d’un horaire sur le certificat médical n’a pas d’incidence sur la qualification statutaire de la journée.

Le principe du trentième indivisible conduit à considérer que la journée est entièrement non travaillée, justifiant l’application intégrale du jour de carence.

Pour les responsables RH territoriaux, l’enjeu réside dans la sécurisation juridique des pratiques, mais également dans la pédagogie auprès des agents, afin de rendre compréhensible une règle souvent perçue comme contre-intuitive.

Par Pascal NAUD

Président, fondateur de www.naudrh.com

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21 mars 2026 6 21 /03 /mars /2026 22:33

 

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Une situation fréquente aux enjeux juridiques sensibles — un sujet récurrent dans les sollicitations RH du quotidien

Dans la fonction publique territoriale, la gestion des arrêts maladie intervenant en cours de journée soulève régulièrement des interrogations opérationnelles. De nombreux services RH sont confrontés à la même situation : un agent exerce ses fonctions le matin, consulte un médecin dans la journée, puis transmet un arrêt de travail établi à la date du jour, sans précision d’horaire. Peut-il alors prétendre à la reconnaissance des heures effectuées ? L’employeur peut-il les comptabiliser au titre du temps de travail effectif ?

La réponse repose sur une articulation rigoureuse entre le droit statutaire, la notion de service fait et le régime juridique des congés de maladie.

Absence de précision horaire : une journée réputée entièrement non travaillée

Lorsqu’un certificat médical mentionne une date de début d’arrêt sans préciser d’horaire, l’arrêt produit ses effets sur l’ensemble de la journée civile.

Ce principe découle directement de la nature du congé de maladie, qui s’apprécie en jours calendaires et non en fraction horaire. Juridiquement, l’agent est donc placé en congé de maladie pour la totalité de la journée, y compris s’il a effectivement exercé ses fonctions durant une partie de celle-ci.

Dans cette hypothèse, les heures réalisées avant la consultation médicale ne peuvent être regardées comme du temps de travail effectif. Elles ne peuvent, par conséquent, ouvrir droit ni à récupération, ni à crédit d’heures, ni à valorisation spécifique.

Cette position repose sur une pratique administrative constante, cohérente avec la logique statutaire du congé de maladie fondée sur l’incapacité à exercer les fonctions. Le congé de maladie suspend l’obligation de service pour la journée entière et ne peut, sauf mention expresse, être fractionné à l’intérieur d’une même journée.

En pratique, l’absence de mention horaire conduit à neutraliser intégralement la journée au titre du congé de maladie.

Présence d’un horaire : reconnaissance du service fait

Lorsque le certificat médical précise explicitement un horaire de début d’arrêt, par exemple « à compter de 14h », l’arrêt de travail ne couvre que la période postérieure à cet horaire. Les heures accomplies avant le début de l’arrêt relèvent alors pleinement du service fait.

Elles doivent être reconnues comme du temps de travail effectif et intégrées dans le décompte du temps de travail de l’agent. Cette reconnaissance peut avoir des incidences sur les droits à récupération, le décompte des heures supplémentaires ou encore le respect des obligations de service.

Cette distinction permet de concilier la réalité du travail accompli avec la portée juridique de l’arrêt de travail, en apportant une réponse équilibrée et conforme au droit.

Une règle de gestion à formaliser et sécuriser

Exemple de règle interne à formaliser : « Tout arrêt de travail ne comportant pas de précision horaire est réputé couvrir l’intégralité de la journée, sans possibilité de valorisation des heures éventuellement effectuées le jour même. »

Au regard de ces éléments, les employeurs territoriaux doivent adopter une doctrine de gestion claire, homogène et juridiquement sécurisée.

Il convient de considérer systématiquement que tout arrêt de travail dépourvu de précision horaire couvre l’intégralité de la journée. Aucune valorisation des heures éventuellement effectuées le jour même ne doit être opérée.

Cette position garantit l’égalité de traitement entre les agents et limite les risques contentieux liés à des pratiques divergentes.

Informer les agents : un levier de prévention des incompréhensions

Au-delà de la règle juridique, un enjeu important réside dans la pédagogie.

Il est fortement recommandé d’informer les agents qu’en cas de consultation médicale en cours de journée, ils peuvent demander au praticien de préciser un horaire de début d’arrêt. Cette mention permet une prise en compte fidèle du temps réellement travaillé et évite les situations perçues comme injustes.

Cette information peut être intégrée dans les règlements du temps de travail, les notes de service ou les guides RH internes afin d’assurer une diffusion claire et homogène de la règle.

Points de vigilance pour les services RH

Plusieurs éléments doivent retenir l’attention des services des ressources humaines.

La cohérence des pratiques constitue un enjeu majeur. Toute dérogation ou traitement individualisé expose l’employeur à des contestations fondées sur une rupture d’égalité de traitement.

La traçabilité est également essentielle. Les certificats médicaux doivent être examinés avec rigueur afin de vérifier la présence ou l’absence d’une mention horaire.

Enfin, il convient de rappeler que la rémunération et le régime indemnitaire suivent le régime du congé de maladie. La journée est donc traitée comme telle, indépendamment du temps éventuellement travaillé.

Fondements juridiques

Le cadre juridique repose sur les dispositions du Code général de la fonction publique relatives aux congés de maladie, notamment les articles L. 822-1 et suivants.

La logique statutaire du congé de maladie, fondée sur l’impossibilité d’exercer les fonctions, conduit à une appréciation en jours calendaires et non en fraction de journée, sauf mention explicite contraire figurant sur le certificat médical.

Conclusion

La règle est sans ambiguïté : en l’absence de précision horaire sur un certificat médical, la journée est juridiquement considérée comme entièrement non travaillée, même si l’agent a exercé une partie de ses fonctions.

Seule la mention explicite d’un horaire de début d’arrêt permet de reconnaître les heures accomplies en amont comme du service fait.

Pour les employeurs territoriaux, l’enjeu est double : sécuriser les pratiques sur le plan juridique et accompagner les agents dans la compréhension de ces règles afin de prévenir les incompréhensions et tensions.

Au-delà de cette question ponctuelle, ce sujet s’inscrit dans une problématique plus large de pilotage du temps de travail et de sécurisation globale des pratiques RH. La formalisation de règles claires, leur diffusion auprès des agents et leur application homogène constituent des leviers essentiels pour fiabiliser la gestion des absences, renforcer la sécurité juridique des décisions et consolider la crédibilité de la fonction RH au sein des collectivités.

 

Par Pascal NAUD

Président, fondateur de www.naudrh.com

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8 mars 2026 7 08 /03 /mars /2026 21:08

 

Dans les collectivités territoriales, la reprise après un arrêt maladie prolongé est souvent un moment délicat. Pour l’agent, bien sûr. Mais aussi pour les services RH et les encadrants qui doivent concilier accompagnement humain, obligations juridiques et continuité du service public.

C’est précisément ce que www.naudrh.com explique dans cette vidéo : le retour après un arrêt long ne s’improvise pas. Il se prépare.

Trop souvent, la reprise se limite à une formalité administrative : une visite médicale, une reprise du poste, et le service repart comme avant. Pourtant, la réalité du terrain montre que ces retours mal préparés peuvent conduire à des rechutes, à une désorganisation des équipes ou à une perte durable de motivation pour l’agent.

Dans cette vidéo,
www.naudrh.com décrypte les enjeux RH de ces situations et explique pourquoi l’accompagnement du retour en poste doit devenir une véritable démarche structurée dans les collectivités. Cela suppose d’anticiper la reprise, de sécuriser le cadre juridique et surtout de construire un dialogue professionnel adapté avec l’agent concerné.


 

Pour aider concrètement les services RH territoriaux, www.naudrh.com a également conçu un nouveau guide opérationnel consacré à ce sujet essentiel : « L’accompagnement des agents après un arrêt maladie prolongé : guide opérationnel pour les RH territoriales »

Il propose une approche très pragmatique pour transformer un moment sensible en opportunité de sécurisation RH et de prévention de l’absentéisme.

Vous y trouverez notamment une méthode structurée pour organiser le retour après un arrêt long, depuis la préparation en amont jusqu’au suivi après la reprise. Le guide rappelle également les repères juridiques essentiels issus du Code général de la fonction publique, notamment en matière de visites de pré-reprise et de reprise. Il met enfin à disposition des outils concrets pour conduire les entretiens de ré-accueil, adapter le poste de travail et assurer un suivi efficace dans les semaines qui suivent le retour.

L’objectif est clair : donner aux RH territoriaux une méthode opérationnelle pour sécuriser ces situations souvent complexes et améliorer durablement la qualité de vie au travail.

📘
Le guide est disponible en téléchargement dans la communauté RH que www.naudrh.com vient de lancer

Dans cet espace, vous trouverez également d’autres ressources pratiques pour les DRH, DGS, responsables RH et gestionnaires territoriaux : décryptages d’actualité, outils pratiques, guides opérationnels et échanges entre praticiens.

Si vous êtes confronté à ces situations dans votre collectivité, ce guide vous apportera des repères immédiatement utiles.

đŸŽ„ Regardez la vidéo pour comprendre les enjeux…
📘 puis téléchargez le guide pour passer à l’action.

 

 

 

 

 

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4 mars 2026 3 04 /03 /mars /2026 23:31

 

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💡 Dans l' e-communauté des praticiens RH FPT NAUDRH.COM ,  vous pouvez télécharger un guide stratégique conçu par NAUDRH.COM pour accompagner les services de ressources humaines de la fonction publique territoriale sur ce sujet. Il détaille une méthode en cinq étapes clés pour sécuriser le retour des agents après un arrêt maladie prolongé. Le document souligne l'importance de maintenir le lien durant l'absence et de structurer un entretien de ré-accueil personnalisé.

 

 

 

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2 mars 2026 1 02 /03 /mars /2026 22:25

 

 

 

 

L’indisponibilité physique d’un agent territorial est l’un des sujets les plus sensibles en gestion des ressources humaines dans la fonction publique territoriale.

Congé de maladie ordinaire, congé de longue maladie, congé de longue durée, temps partiel thérapeutique, avis du conseil médical, reclassement, inaptitude…

Les enjeux sont à la fois juridiques, humains et organisationnels.

Dans cette vidéo,
www.naudrh.com vous propose une analyse claire et opérationnelle pour :
-Comprendre les différentes positions statutaires liées à la maladie
-Identifier les obligations de l’employeur public territorial
-Sécuriser vos décisions administratives
-Anticiper les risques contentieux
-Adopter une posture RH à la fois rigoureuse et humaine

La vidéo s’adresse aux DRH territoriaux, responsables RH, gestionnaires carrière-paie, DGS et élus employeurs confrontés à des situations d’absences longues ou complexes.

🎯 Objectif : vous aider à piloter ces dossiers sensibles avec méthode et sérénité.

💬 Avis
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Le sujet de l’indisponibilité physique est l’un des plus sensibles et stratégiques pour un DRH territorial. C’est souvent là que se joue la crédibilité juridique et humaine d’une direction RH. Une approche rigoureuse, pédagogique et anticipée fait toute la différence.

 

 

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1 mars 2026 7 01 /03 /mars /2026 12:21

 

 

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Un défi juridique et organisationnel majeur pour la fonction publique territoriale

La gestion des arrêts maladie de longue durée, dans un contexte où le taux d’absentéisme pour raison de santé dans la fonction publique territoriale dépasse régulièrement 8 % et où plus de la moitié des communes françaises comptent moins de 1 000 habitants, s’impose aujourd’hui comme l’un des sujets les plus sensibles pour les maires des petites communes et, par extension, pour les responsables des ressources humaines de la fonction publique territoriale. La question écrite n° 7730 publiée avec sa réponse ministérielle le 10 février 2026, met en lumière une réalité de terrain largement partagée : la complexité administrative et juridique des situations d’agents titulaires placés en arrêt prolongé.

Dans les collectivités de petite taille, souvent dépourvues de service RH structuré ou d’expertise juridique interne, la gestion d’un agent en arrêt de longue durée peut rapidement devenir un véritable casse-tête institutionnel. Lorsque les arrêts se succèdent pendant des mois, voire des années, sans reprise effective du service, l’autorité territoriale doit concilier plusieurs impératifs : garantir la protection statutaire de l’agent, respecter les avis des instances médicales et assurer la continuité du service public, notamment dans des secteurs sensibles comme la petite enfance.

Une réforme des instances médicales orientée vers la simplification

La réponse ministérielle rappelle que la réforme issue du décret n° 2022-350 du 11 mars 2022 relatif aux conseils médicaux dans la fonction publique territoriale poursuit un objectif clair : simplifier le fonctionnement des instances médicales et accélérer le traitement des demandes des agents, tout en maintenant un haut niveau de protection pour les situations les plus fragiles.

La création d’une instance médicale unique, le conseil médical, a permis de rationaliser des procédures auparavant réparties entre comité médical et commission de réforme. Sur le plan institutionnel, cette unification constitue une avancée notable. Elle clarifie les compétences, homogénéise les pratiques et sécurise le cadre procédural.

Toutefois, pour les petites communes, la difficulté ne réside pas uniquement dans l’architecture des textes mais dans leur mise en œuvre concrète, car la simplification normative ne supprime ni la technicité du droit applicable ni la nécessité d’un pilotage rigoureux des procédures, comme en témoigne par exemple la gestion d’un retard d’avis du conseil médical bloquant une reprise de fonctions ou la difficulté d’organiser un remplacement durable dans une équipe déjà réduite.

Le principe du caractère non contraignant des avis médicaux

Un point essentiel rappelé par la réponse ministérielle tient au caractère préparatoire des avis du conseil médical et du conseil médical supérieur. Conformément à la jurisprudence du Conseil d’État du 2 février 1998 (n° 135799), ces avis ne lient pas l’administration.

En théorie, l’autorité territoriale conserve donc son pouvoir de décision et peut adopter une position différente de celle préconisée par l’instance médicale. L’avis lui-même ne peut, en principe, faire l’objet d’un recours autonome devant le juge administratif.

En pratique, cette faculté doit être maniée avec prudence et suppose, lorsque l’autorité territoriale entend s’écarter d’un avis médical, une décision formellement motivée par arrêté, appuyée sur une traçabilité complète du dossier, une référence explicite aux éléments médicaux examinés ainsi qu’à l’intérêt du service, afin de sécuriser juridiquement la position de la collectivité. S’écarter d’un avis médical impose une motivation particulièrement solide et juridiquement étayée. Pour une petite commune dépourvue d’appui juridique, cette marge d’appréciation peut se transformer en facteur d’insécurité. Le risque contentieux, notamment indemnitaire, ne peut être ignoré.

Les hypothèses où l’avis s’impose à l’administration

La réponse ministérielle précise néanmoins que certaines situations confèrent un caractère contraignant à l’avis du conseil médical.

C’est notamment le cas lors de la reprise d’activité après douze mois de congé de maladie ordinaire en application de l’article 17 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987, lors de la reprise de fonctions après un congé de longue maladie ou de longue durée prévue à l’article 31 du même décret, ainsi que pour l’octroi d’un temps partiel thérapeutique sur le fondement des articles L. 823-1 et suivants du code général de la fonction publique.

Dans ces hypothèses, l’administration ne dispose plus de la même latitude décisionnelle. L’avis médical s’impose et peut être communiqué à l’agent qui en fait la demande. La distinction entre avis simple et avis conforme devient alors déterminante pour la stratégie de gestion des ressources humaines.

La contestation des avis : des délais clarifiés et encadrés

La réforme issue du décret n° 2022-353 du 11 mars 2022, modifiant notamment le décret n° 86-442 du 14 mars 1986, a simplifié la procédure de contestation des avis rendus en formation restreinte.

L’administration comme le fonctionnaire intéressé disposent désormais d’un délai de deux mois à compter de la notification pour saisir le conseil médical supérieur. En l’absence d’avis rendu par ce dernier dans un délai de quatre mois à compter de la réception d’un dossier complet, l’avis initial est réputé confirmé.

Ce mécanisme renforce la sécurité juridique en évitant les situations d’attente prolongée. Il impose cependant aux collectivités une vigilance accrue quant au respect des délais et à la constitution des dossiers. L’expiration d’un délai produit des effets juridiques automatiques qui peuvent engager la responsabilité de la collectivité.

Une fragilité structurelle des petites communes face à la complexité statutaire

Le problème structurel des petites communes face à la complexité statutaire

Au-delà de la technique juridique, la question écrite révèle un déséquilibre structurel entre la sophistication du droit de la fonction publique territoriale et les moyens administratifs des petites collectivités.

Dans de nombreuses communes rurales, le maire exerce les fonctions d’employeur territorial sans disposer d’un service RH dédié. La gestion d’un arrêt maladie prolongé suppose pourtant un suivi précis des droits à rémunération, une articulation fine avec le régime indemnitaire, une anticipation des remplacements, une analyse des perspectives de reclassement ou d’inaptitude, ainsi qu’une communication adaptée avec les usagers.

La moindre irrégularité procédurale peut entraîner l’annulation d’une décision ou la condamnation de la collectivité. Cette insécurité nourrit le sentiment d’isolement exprimé par de nombreux élus locaux.

Faire de la sécurisation juridique un levier de gouvernance RH

Pour les responsables des ressources humaines territoriales, la gestion des arrêts maladie de longue durée ne peut plus être envisagée comme une simple formalité administrative. Elle constitue un enjeu stratégique de gouvernance.

La sécurisation passe par une traçabilité rigoureuse des décisions, une motivation précise des arrêtés individuels, une veille juridique permanente et une collaboration étroite avec les centres de gestion. La réforme des conseils médicaux offre un cadre plus lisible qu’auparavant, mais elle requiert une appropriation technique réelle.

Dans un contexte d’absentéisme accru et de tension sur certains métiers, notamment dans la petite enfance et les services à la population, la gestion maîtrisée des arrêts maladie devient un facteur déterminant de continuité et de qualité du service public.

Vers un accompagnement renforcé des petites collectivités

La réponse ministérielle met en avant la volonté d’accélérer et de sécuriser le traitement des recours. Néanmoins, la question de l’accompagnement juridique et administratif des petites communes demeure centrale.

Le renforcement du rôle des centres de gestion, le développement d’outils d’appui mutualisés et la professionnalisation des pratiques RH constituent des leviers essentiels. La simplification des procédures ne produit d’effets durables que si elle s’accompagne d’une montée en compétence des acteurs territoriaux.

La gestion des arrêts maladie illustre la tension permanente entre la protection statutaire des agents et l’exigence de continuité du service public. Pour les responsables RH de la fonction publique territoriale, l’enjeu consiste à transformer cette contrainte en opportunité : celle de structurer les pratiques, d’anticiper les risques et de consolider la sécurité juridique des décisions.

Dans cette perspective, la réforme des conseils médicaux ne doit pas être perçue comme une simple évolution procédurale mais comme le point d’appui d’une stratégie plus large de mutualisation intercommunale des compétences, d’externalisation ponctuelle d’expertise statutaire et de professionnalisation du pilotage RH au sein des petites collectivités. Elle constitue un outil au service d’une gouvernance RH plus robuste, adaptée aux réalités des petites communes et respectueuse des équilibres fondamentaux du service public territorial.

 

Par Pascal NAUD

Président, fondateur de www.naudrh.com

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25 février 2026 3 25 /02 /février /2026 16:27

 

 

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Le dispositif de validation gratuite de trimestres permet de prendre en compte dans la durée de services des fonctionnaires certaines périodes n'emportant pas l'accomplissement de services effectifs. L'article L. 9 du code des pensions civiles et militaires de retraite (CPCMR) définit ce dispositif. Son dernier alinéa dispose en outre que : « en ce qui concerne les fonctionnaires civils, et hormis les positions prévues aux articles 34 et 45 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée, le temps passé dans une position ne comportant pas l'accomplissement de services effectifs n'est compté comme service effectif que dans la limite de cinq ans et sous réserve que les bénéficiaires subissent pendant ce temps, sur leur dernier traitement d'activité, les retenues prescrites par le présent code. […] ». L'article 34 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984, désormais abrogé et codifié au code général de la fonction publique, concernait différentes périodes de congés, notamment les périodes de congé maladie ordinaire, congé longue maladie et congé de longue durée. Aussi, les congés maladie échappent à la limite de cinq ans et sont pris en compte entièrement dans le calcul du droit à pension des fonctionnaires. En tout état de cause, les congés pour raisons de santé des fonctionnaires sont considérés comme des services effectifs, pris en compte au titre de l'article L. 5 du CPCMR. La modification, à l'article 99 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, du dernier alinéa de l'article L. 9 précité, vient confirmer l'entière prise en compte des périodes de congés maladie.

 

 

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Conformément aux articles 7 et 8 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, le conseil médical supérieur (CMS) est compétent pour traiter des avis du conseil médical en formation restreinte. Par ailleurs, la composition et les modalités de saisine du CMS sont fixées par renvoi aux articles 16 et 17 du décret n °86-442 du 14 mars 1986 modifié relatif à la désignation des médecins agrées, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires.

Ainsi, en application de l'article 17 du décret précité, modifié en mars 2022, l'avis du conseil médical rendu en formation restreinte peut être contesté devant le CMS par l'administration ou le fonctionnaire intéressé dans le délai de deux mois à compter de sa notification. En l'absence d'avis émis par le CMS dans le délai de quatre mois après la date à laquelle il dispose du dossier, l'avis du conseil médical en formation restreinte est réputé confirmé. L'administration rend une nouvelle décision au vu de l'avis du CMS ou, à défaut, à l'expiration du délai de quatre mois évoqué.

Avec la réforme des conseils médicaux dans la fonction publique territoriale, mise en œuvre par les décrets n° 2022-350 du 11 mars 2022 et n° 2024-349 du 16 avril 2024, le Gouvernement a ainsi entendu simplifier et rationaliser l'organisation et le fonctionnement de ces instances dans un contexte de pénurie de médecins, sur le modèle des évolutions déjà engagées dans la fonction publique de l'État. Cette réforme vise à recentrer la formation plénière sur les situations les plus complexes et à fort impact sur la carrière, et à confier à la formation restreinte le traitement d'un plus grand nombre de dossiers courants, afin de réduire les délais d'instruction et de sécuriser les parcours des agents.

La CMS est quant à elle notamment compétente pour traiter des recours contre les avis des formations restreintes. Conscient des difficultés créées par certains délais d'examen des recours contre les avis de la formation restreinte formulés par les agents devant le CMS et par les disparités d'appréciation entre départements qui peuvent exister, le Gouvernement suit avec attention les effets concrets de ce nouveau cadre, notamment l'augmentation du nombre de dossiers examinés par la formation restreinte, augmentant mécaniquement le nombre de dossiers pouvant être contestés devant le CMS. Ainsi, un bilan des délais de traitement et des volumes de recours devant le CMS sera réalisé, en lien avec les centres de gestion et les employeurs territoriaux, afin d'objectiver les éventuels points de blocage et les évolutions afférentes qui pourraient être envisagées.

 

 

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25 février 2026 3 25 /02 /février /2026 07:41

 

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Une évolution statutaire qui change la donne pour les DRH territoriaux

Depuis le 1er mars 2025, l’évolution des règles de rémunération du congé de maladie ordinaire (CMO) dans la fonction publique territoriale a profondément modifié les pratiques de gestion. Là où certaines collectivités avaient progressivement abandonné l’édition systématique d’un arrêté lors des premières périodes de congé, en raison du maintien intégral du traitement, l’application d’un taux de 90 % dès le premier jour d’absence a réintroduit un enjeu juridique et financier majeur.

La question n’est donc plus simplement organisationnelle. Elle concerne directement la sécurisation des décisions individuelles, la fiabilité de la chaîne paie, la prévention du risque contentieux et, plus largement, la responsabilité de l’autorité territoriale.

Une pratique de simplification avant 2025 : compréhensible mais juridiquement fragile

Lorsque le congé de maladie ordinaire était rémunéré à plein traitement sur les trois premiers mois, certaines directions des ressources humaines avaient fait le choix de ne plus formaliser systématiquement un arrêté de placement en CMO. L’arrêt médical transmis par l’agent était intégré dans les outils de gestion du temps et de la paie, et la situation ne produisait pas d’effet visible sur la rémunération.

Il convient toutefois de nuancer cette pratique. En présence d’un jour de carence, plusieurs collectivités avaient conservé l’édition d’un arrêté pour matérialiser l’application de cette retenue, compte tenu de son impact immédiat sur la rémunération, mais ne prenaient pas nécessairement d’arrêté pour la période restante à plein traitement durant les trois premiers mois. Cette approche traduisait une logique pragmatique : formaliser uniquement ce qui produisait un effet financier direct.

Cette simplification répondait à un souci d’efficacité administrative. En l’absence d’incidence financière durable au-delà du jour de carence, l’acte formel pouvait apparaître redondant.

Toutefois, sur le plan juridique, le congé de maladie ordinaire n’a jamais constitué une situation automatique au regard des principes généraux du droit administratif. Il s’analyse comme une décision individuelle créatrice de droits, qui doit reposer sur une base légale explicite et être formellement prononcée par l’autorité compétente. L’arrêt médical ouvre un droit, mais il ne vaut pas décision administrative. En l’absence d’arrêté, la base juridique du placement en congé demeurait donc imparfaitement formalisée.

Avant 2025, cette fragilité restait souvent théorique. Depuis la modification des règles de rémunération, elle devient pleinement concrète.

Depuis le 1er mars 2025 : un impact direct et mesurable sur la rémunération

L’application d’un taux de 90 % dès le premier jour d’absence modifie substantiellement la portée de la décision de placement en congé de maladie ordinaire. La situation de l’agent n’est plus neutre financièrement sur la totalité des trois premiers mois d'absence. Elle entraîne une minoration du traitement, objectivable et susceptible d’être contestée.

Or, en application du principe de légalité des actes administratifs, des exigences de sécurité juridique et des impératifs de traçabilité comptable, toute décision administrative ayant un impact sur la rémunération d’un agent public doit être formalisée par un acte explicite de l’autorité compétente. À défaut d’arrêté, la collectivité pourrait rencontrer des difficultés pour justifier juridiquement la réduction opérée. En cas de recours gracieux, de contentieux indemnitaire ou de contrôle d’une chambre régionale des comptes, l’absence d’acte écrit pourrait être analysée comme un défaut de base légale.

Dans ce contexte, la formalisation par arrêté ne constitue plus une option de confort administratif. Elle redevient une exigence de sécurité juridique et de traçabilité.

L’arrêté : un instrument de sécurisation statutaire et financière

L’établissement d’un arrêté de placement ou de maintien en congé de maladie ordinaire permet de clarifier précisément la position administrative de l’agent. Il délimite la période concernée, précise la quotité de traitement applicable et matérialise la décision prise par l’autorité territoriale.

Cet acte devient une pièce structurante du dossier individuel. Il garantit la cohérence entre la décision statutaire et le traitement versé en paie. Il sécurise également l’ordonnateur et les gestionnaires en attestant que la minoration de rémunération repose sur une décision régulière et formellement établie.

En outre, lorsqu’une décision affecte la rémunération, elle revêt le caractère d’une décision individuelle susceptible de recours. L’arrêté permet d’encadrer cette situation en assurant une notification claire et juridiquement opposable.

Notification et signature : clarifier les exigences juridiques

Il convient de distinguer la validité de l’acte et la preuve de sa notification.

La validité d’un arrêté est indépendante de la signature de l’agent. L’acte est exécutoire dès lors qu’il est signé par l’autorité territoriale compétente. La signature de l’agent ne constitue ni une condition de légalité ni une manifestation d’accord. Le congé de maladie ordinaire relève d’un droit statutaire encadré par les textes, et non d’un mécanisme contractuel.

En revanche, la notification est indispensable. La collectivité doit être en mesure de démontrer que l’agent a été informé de la décision et, le cas échéant, des voies et délais de recours. La signature manuscrite peut constituer un mode de preuve, mais elle n’est nullement obligatoire. Une notification dématérialisée avec traçabilité, un envoi via la messagerie professionnelle ou tout dispositif interne sécurisé peuvent répondre aux exigences juridiques, à condition que la preuve de transmission soit conservée.

À défaut de notification régulière mentionnant les voies et délais de recours, le délai de recours contentieux ne court pas. L’administration s’expose alors à une contestation tardive de la décision. Toutefois, conformément à la jurisprudence du Conseil d’État (notamment la décision « Czabaj »), l’exercice d’un recours reste encadré par un délai raisonnable, en principe d’un an à compter du moment où l’agent a eu connaissance de la décision. L’absence de notification ne signifie donc pas une absence totale de limite temporelle, mais elle fragilise fortement la sécurité juridique de l’acte.

Dans ces conditions, exiger systématiquement le retour signé de l’arrêté peut représenter une charge administrative importante sans véritable plus-value juridique, dès lors que la notification est traçable.

Un enjeu de gouvernance RH et de maîtrise des risques

Au-delà de l’aspect strictement réglementaire, la formalisation systématique par arrêté participe d’une gouvernance RH maîtrisée. Elle permet d’objectiver les décisions, d’assurer l’égalité de traitement entre agents et de disposer d’une traçabilité complète lorsque les absences se prolongent ou s’enchaînent.

Dans un contexte où les absences pour raison de santé constituent un enjeu budgétaire significatif pour les collectivités territoriales, la rigueur formelle contribue à la maîtrise globale des risques financiers et contentieux. Elle offre également une meilleure lisibilité pour l’agent, qui dispose d’un document clair explicitant sa situation statutaire et les conséquences sur sa rémunération.

Conclusion : un formalisme clair, proportionné et sécurisé

Depuis le 1er mars 2025, la rémunération à 90 % dès le premier jour de congé de maladie ordinaire modifie en profondeur les pratiques antérieures. Ce qui pouvait être perçu comme une simplification acceptable lorsque seule la journée de carence était formalisée ne l’est plus dès lors que la minoration du traitement est immédiate et continue.

Dans ce contexte, l’édition d’un arrêté de placement ou de maintien en CMO s’impose comme une mesure de sécurisation juridique, financière et organisationnelle. Il ne s’agit pas d’alourdir les procédures, mais d’assurer un formalisme maîtrisé, cohérent et traçable, en adéquation avec l’impact direct sur la rémunération.

Renoncer à l’arrêté exposerait la collectivité à un risque disproportionné au regard de l’effort administratif requis. Le retour à cette formalisation ne constitue donc pas un recul, mais une adaptation nécessaire à l’évolution du régime indemnitaire.

Au-delà de la conformité juridique, cette évolution peut être l’occasion d’aligner les pratiques internes, de sécuriser les modèles d’actes, de moderniser les circuits de dématérialisation et de mieux articuler gestion statutaire et procédure paie. Autrement dit, transformer une contrainte réglementaire en véritable levier de modernisation RH.

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24 février 2026 2 24 /02 /février /2026 07:45

 

👉 Fonctionnaires CNRACL à temps complet ou temps non complet dont le temps de travail est supérieur ou égal à 28 heures hebdomadaires (régime spécial)

 

Source infographie CDG74

 

 

👉 Fonctionnaires IRCANTEC à temps non complet dont le temps de travail est inférieur à 28 heures hebdomadaires (régime général)

 

Source infographie CDG74

 

👉 Agents contractuels de droit public

Source infographie CDG74

 

 

 

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Les arrêts de travail ne constituent plus un simple indicateur statistique de gestion administrative. Ils sont devenus un révélateur de la santé globale des organisations publiques territoriales. Leur évolution impacte directement la continuité du service public, l’équilibre budgétaire, la charge des équipes en poste et la qualité du climat social.

Dans un contexte marqué par le report de l’âge de départ à la retraite, la tension persistante sur les recrutements et la dégradation de la santé mentale au travail, une interrogation stratégique se pose : la fonction publique territoriale doit‑elle s’attendre à une augmentation durable des arrêts de travail dans les prochaines années ?

Les enseignements de l’étude conduite par l’Observatoire de l’imprévoyance (MNT – Groupe VYV, étude Audirep, décembre 2025) apportent un éclairage structurant sur cette question.

I. Des facteurs structurels qui orientent vers une hausse probable

 

Le vieillissement des effectifs et l’allongement des carrières

Ce mouvement démographique n’est pas neutre financièrement : il interroge directement la soutenabilité budgétaire des collectivités, tant en matière de masse salariale que de coûts indirects liés aux remplacements, aux désorganisations de service et aux arrêts prolongés, préoccupations désormais centrales pour les DGS et les élus.

Le report de l’âge légal de départ à la retraite entraîne mécaniquement un maintien plus long en activité d’agents exerçant parfois dans des métiers à forte pénibilité physique ou émotionnelle. Selon l’étude précitée, 80 % des responsables RH estiment que ce report contribuera à la hausse des arrêts de travail. Dans le même temps, 58 % identifient l’usure professionnelle, le stress, la pénibilité physique et les horaires décalés comme première cause d’arrêt, tandis que 53 % évoquent la charge de travail.

Dans les services techniques, les métiers de la voirie, de la petite enfance, du médico‑social ou encore de l’entretien, l’allongement des carrières sans adaptation structurelle des postes accroît le risque de troubles musculosquelettiques, d’épuisement physique et d’inaptitudes partielles. L’enjeu dépasse donc la seule donnée démographique. Il interroge la capacité des collectivités à adapter l’organisation du travail à des trajectoires professionnelles plus longues.

La montée en puissance des fragilités psychiques

L’étude met en évidence une place croissante des risques psychosociaux dans les dynamiques d’absentéisme. Près de la moitié des responsables RH citent la fatigue psychique d’origine professionnelle et le burn‑out parmi les principales causes d’arrêt, et 45 % évoquent la perte de sens et le désengagement. Du côté des cadres, la perception est encore plus marquée : 71 % mentionnent la fatigue psychique et 66 % la perte de sens.

Parallèlement, 70 % des cadres se déclarent surchargés et 60 % stressés, tandis que 40 % estiment que l’exercice de leur fonction devient de plus en plus difficile. Les tensions budgétaires, l’intensification des exigences réglementaires, la pression des usagers et les difficultés de recrutement identifiées par 64 % des cadres contribuent à un climat organisationnel fragilisé.

La santé mentale s’impose ainsi comme un déterminant central des absences, qu’il s’agisse d’arrêts courts et répétés ou d’arrêts longs. Elle transforme progressivement la nature même de l’absentéisme territorial.

Un pilotage encore trop hétérogène

Le niveau de maturité des collectivités en matière de suivi des arrêts demeure contrasté. Si 46 % des responsables RH considèrent le sujet comme une forte préoccupation, toutes ne disposent pas d’outils d’analyse consolidés, ce qui limite la capacité d’anticipation stratégique . À titre d’exemple, un tableau de bord pertinent pourrait intégrer le taux d’absentéisme par filière et par tranche d’âge, la durée moyenne des arrêts, le taux de rechute à six mois et le coût estimatif des remplacements, afin d’objectiver les décisions budgétaires et organisationnelles.

Un autre enseignement majeur concerne le niveau de maturité des collectivités en matière de suivi des arrêts. Si 46 % des responsables RH considèrent le sujet comme une forte préoccupation, toutes ne disposent pas d’outils d’analyse consolidés. L’étude souligne une hétérogénéité importante dans la mesure et le suivi des arrêts de travail.

Sans données croisées intégrant l’âge, les métiers, la durée des arrêts et leur récurrence, la capacité d’anticipation reste limitée. Le risque est alors de gérer les conséquences plutôt que d’agir sur les causes structurelles.

II. Une évolution non fatale : les marges d’action des DRH territoriaux

Faire de la prévention un axe stratégique durable

La quasi‑totalité des établissements interrogés ont engagé des actions de prévention, notamment en matière de sécurité, d’aménagement du temps de travail ou de prévention des troubles musculosquelettiques et des risques psychosociaux. Soixante pour cent des responsables RH estiment que ces démarches ont un effet bénéfique sur les arrêts de travail.

Toutefois, l’évaluation de leur efficacité demeure encore insuffisamment systématisée. La prévention ne peut plus être envisagée comme une dépense ponctuelle. Elle doit s’inscrire dans une logique intégrée articulant gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, adaptation ergonomique des postes, accompagnement des parcours de fin de carrière et anticipation de l’usure professionnelle.

La soutenabilité du travail devient ainsi un indicateur stratégique au même titre que la masse salariale ou l’attractivité des métiers.

Repenser l’organisation et soutenir le management intermédiaire

Le management intermédiaire constitue aujourd’hui un levier stratégique central dans la maîtrise de l’absentéisme territorial. Sa capacité à réguler la charge, à maintenir le lien avec les équipes et à prévenir les situations de fragilité conditionne directement la soutenabilité des organisations publiques.

Les évolutions organisationnelles constituent un levier important. Le télétravail est perçu comme efficace par 64 % des responsables RH pour réduire les arrêts, même si seuls 30 % des cadres en mesurent l’impact direct. La flexibilité et l’autonomie peuvent produire des effets positifs, à condition que la charge réelle de travail et les priorités soient clarifiées.

La qualité du management apparaît déterminante. Or 54 % des cadres déclarent ne pas se sentir suffisamment armés pour accompagner un agent en arrêt. Un encadrement fragilisé peut devenir à la fois victime des tensions organisationnelles et facteur aggravant de l’absentéisme.

Investir dans la formation managériale, soutenir les cadres dans la gestion des situations complexes et renforcer la cohérence des décisions RH constituent donc des axes majeurs pour limiter la progression des absences.

Sécuriser les arrêts longs et les reprises

L’étude révèle que 93 % des agents en arrêt long estiment essentiel de maintenir un lien avec leur environnement professionnel. La qualité de l’accompagnement pendant l’arrêt et lors de la reprise conditionne fortement la réussite du retour et la prévention des rechutes.

Les dispositifs existants, tels que les visites de reprise, les temps partiels thérapeutiques ou l’adaptation des postes, doivent être pleinement mobilisés et coordonnés. Une reprise mal préparée peut entraîner une nouvelle absence, voire une inaptitude définitive, avec des conséquences humaines et financières importantes.

Conclusion : vers une transformation stratégique des DRH à l’horizon 2030 et la construction d’une collectivité soutenable

Au regard des évolutions démographiques, de l’intensification du travail et de la fragilisation psychique observée, une augmentation des arrêts de travail dans la fonction publique territoriale apparaît plausible à moyen terme. Le report de l’âge de départ à la retraite et la montée des risques psychosociaux constituent des facteurs structurels puissants.

Néanmoins, cette évolution n’est pas inéluctable. Elle dépendra largement de la capacité des collectivités à piloter finement leurs données d’absentéisme, à intégrer la prévention dans leur stratégie globale, à adapter les organisations au vieillissement des effectifs et à soutenir durablement le management intermédiaire.

Les arrêts de travail ne doivent plus être appréhendés comme une simple variable budgétaire. Ils sont le symptôme d’un équilibre organisationnel à repenser. Pour les DRH territoriaux, l’enjeu des prochaines années sera moins de gérer l’absence que de concevoir des organisations capables de concilier performance du service public et santé durable des agents.

 

Par Pascal NAUD

Président, fondateur de www.naudrh.com

Contact naudrhexpertise@gmail.com

 

 

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14 février 2026 6 14 /02 /février /2026 22:18

 

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Une étude récente de l’Observatoire de l’imprévoyance met en lumière une réalité préoccupante dans la fonction publique territoriale : les arrêts de travail s’installent durablement comme un enjeu stratégique RH, organisationnel et financier.

 

1ïžâƒŁ Des arrêts de travail devenus un enjeu majeur


21 % des RH jugent le niveau des arrêts élevé, et 46 % y voient une forte source de préoccupation.
Pourtant, seulement 20 % ont mis en place un outil de mesure dédié.


92 % des cadres déclarent compenser eux-mêmes la charge des agents absents.


Les causes identifiées sont claires :
 - Usure, stress, pénibilité physique
 - Charge de travail
 - Fatigue psychique et burn-out
 - Perte de sens et manque de reconnaissance


Les conséquences sont lourdes : désorganisation des équipes (75 %), épuisement des agents (74 %), baisse de qualité de service (31 %), coûts supplémentaires (78 %), voire transfert d’activités vers le privé (23 %).


👉 Les arrêts ne sont plus seulement un indicateur de santé individuelle, mais un révélateur de tensions structurelles.

 

 

2ïžâƒŁ Quatre leviers prioritaires pour les collectivités


L’étude identifie 4 axes stratégiques :


✔ Pérenniser la prévention
Plus de 9 établissements sur 10 ont engagé des actions (sécurité, aménagement du temps de travail, prévention des TMS).
 Mais seulement 11 % mesurent réellement l’efficacité des dispositifs.


✔ Repenser l’organisation du travail
Télétravail et flexibilité sont perçus comme efficaces par les RH (64 %), mais les cadres restent plus réservés.


✔ Former et soutenir les managers
Si 3/4 des cadres se disent motivés, 40 % trouvent la fonction de plus en plus difficile et 54 % ne se sentent pas armés pour accompagner un agent en arrêt.


✔ Renforcer l’accompagnement des arrêts longs
93 % des agents en arrêt long jugent essentiel de garder un lien avec leur environnement professionnel.
 Pourtant, 41 % estiment ne pas avoir été suffisamment accompagnés à la reprise.

 

 

🎯 Ce que cela signifie pour les DRH territoriaux


Nous sommes face à un triple défi :
-Pilotage : mesurer, objectiver, anticiper
-Prévention : agir en amont plutôt que compenser
-Management : soutenir les cadres devenus à la fois acteurs et victimes des arrêts

Les arrêts de travail ne relèvent plus uniquement de la gestion statutaire. Ils interrogent notre modèle d’organisation, notre culture managériale et notre capacité à préserver le sens du service public.

 

 

💬 Avis www.naudrh.com
Cette étude confirme que les arrêts de travail sont le symptôme d’un déséquilibre organisationnel profond dans la FPT. Tant que la prévention restera déclarative et que les managers ne seront pas véritablement outillés, la dynamique ne s’inversera pas. Le sujet doit devenir stratégique au plus haut niveau des exécutifs locaux.


 

 

 

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13 février 2026 5 13 /02 /février /2026 15:15

 

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Une décision récente du Conseil d'État, rendue le 3 février 2026 (n°495187), vient rappeler une règle essentielle en matière de gestion statutaire des agents territoriaux.

Dans cette affaire, une adjointe technique territoriale, après avoir épuisé ses droits à congé de maladie ordinaire, avait été déclarée apte à reprendre ses fonctions, avec préconisation d’un temps partiel thérapeutique. Refusant de rejoindre le poste ultérieurement assigné, elle a été licenciée par la commune.

La cour administrative d’appel avait validé ce licenciement.
Le Conseil d’État censure.

La Haute juridiction précise que l’agente, placée en disponibilité d’office pour raison de santé « jusqu’à sa réintégration à temps partiel thérapeutique », ne pouvait être licenciée qu’après avoir refusé successivement trois propositions de postes.

Faute pour la commune d’avoir procédé à ces trois propositions, le licenciement est illégal.



🔎 Ce qu’il faut retenir pour les DRH territoriaux
Lorsqu’un fonctionnaire territorial :
-a épuisé ses droits à congé de maladie,
-est placé en disponibilité d’office pour raison de santé,
-et est déclaré apte à une reprise (y compris à temps partiel thérapeutique),
👉 le licenciement ne peut intervenir qu’après trois refus successifs de postes compatibles avec son état de santé.
Un seul refus ne suffit pas.



⚖ Enjeux pratiques
Cette décision rappelle l’importance :
-de formaliser chaque proposition de poste,
-de vérifier l’adéquation du poste avec les préconisations médicales,
-de sécuriser la procédure avant toute décision de licenciement.

La disponibilité d’office pour raison de santé n’est pas une étape transitoire anodine : elle ouvre un régime protecteur pour l’agent, que l’employeur doit strictement respecter.

Dans un contexte où les situations d’inaptitude et de reprise aménagée se multiplient, cette jurisprudence impose une vigilance accrue des services RH.



💬 Avis www.naudrh.com
Cet arrêt rappelle que la gestion des agents en difficulté de santé ne peut pas être traitée comme un simple enjeu organisationnel. La sécurisation juridique passe par la rigueur procédurale, et c’est précisément là que se joue la responsabilité stratégique des DRH territoriaux.

 

Conseil d'État n° 495187 lecture du 3 fĂ©vrier 2026

 

 

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11 février 2026 3 11 /02 /février /2026 23:07

 

 

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La Cour administrative d’appel de Nantes, dans un arrêt du 10 février 2026 (n°24NT02526), apporte une clarification déterminante sur l’indemnisation des congés annuels non pris en raison d’un congé de longue maladie



🔎 Les faits


Une fonctionnaire territoriale, détachée auprès de l’Office français de la biodiversité, n’a pas pu prendre ses congés annuels en 2022 et 2023 en raison d’un congé de longue maladie. À la fin de son détachement, elle sollicite une indemnité compensatrice correspondant aux jours non pris.

Le juge des référés lui accorde une provision partielle. Elle fait appel.

 



⚖ Ce que dit la Cour


La Cour confirme plusieurs principes essentiels :
-D’abord, le droit au congé annuel payé de quatre semaines minimum, garanti par la directive 2003/88/CE, ne peut s’éteindre du fait d’un congé maladie. Si l’agent est empêché de prendre ses congés pour raison de santé, il conserve ce droit.
-Ensuite, en cas de fin de relation de travail, les congés non pris doivent donner lieu à une indemnité financière, dans la limite des droits reportables.

 

La Cour retient une période de report de quinze mois, conformément à la jurisprudence européenne.
Point crucial : l’indemnité doit être calculée sur la base d’un plein traitement, même si l’agent était en demi-traitement pendant son congé de longue maladie. La réduction de rémunération liée au CLM est sans incidence sur la base de calcul de l’indemnité compensatrice.
En l’espèce, la Cour fixe la provision à 3 200 euros bruts pour 33 jours non pris.

 



🎯 Enjeux RH pour la fonction publique


Cette décision rappelle plusieurs impératifs pour les employeurs publics :


-La gestion des congés annuels en situation de maladie ne peut plus être traitée comme une simple question organisationnelle. Elle engage directement la responsabilité financière de la collectivité ou de l’établissement.


-Les services RH doivent sécuriser le suivi des droits à congés en cas d’arrêt long, anticiper les fins de détachement, de disponibilité ou de contrat, et intégrer la règle du report de quinze mois.
-Enfin, la base de calcul doit être juridiquement maîtrisée : le plein traitement constitue la référence, indépendamment du régime indemnitaire perçu durant la maladie.

 



💡 Pourquoi cette décision est stratégique ?


Elle s’inscrit dans la continuité de la jurisprudence européenne et confirme la primauté du droit de l’Union sur des dispositions réglementaires nationales incompatibles.


Pour les DRH territoriaux, cela signifie une vigilance accrue sur les droits acquis non consommés et sur le risque budgétaire latent lié aux congés non pris.


La gestion des congés en cas de longue maladie devient ainsi un sujet de sécurisation statutaire à part entière.

 

CAA de NANTES, 6Ăšme chambre, 10/02/2026, 24NT02526

 

 

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28 janvier 2026 3 28 /01 /janvier /2026 19:51

 

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Dans le cadre des débats parlementaires relatifs au projet de loi de finances pour 2026, une mesure particulièrement sensible pour les employeurs et les agents publics avait été envisagée : le passage du jour de carence en cas d’arrêt maladie de un à trois jours non rémunérés dans la fonction publique. Cette disposition, inscrite dans la version initiale du budget, poursuivait un double objectif affiché d’alignement avec le secteur privé et de maîtrise de la dépense publique. Elle devait permettre, selon les estimations conjointes de l’Inspection générale des finances et de l’Inspection générale des affaires sociales, de dégager près de 900 millions d’euros d’économies sur une année.

Toutefois, lors de l’adoption définitive du budget 2026, le mardi 27 janvier 2026, les députés ont finalement supprimé cette mesure. Ce retrait marque un infléchissement notable de la trajectoire initialement portée par le gouvernement et intervient dans un contexte où le régime de rémunération des congés maladie avait déjà été significativement durci quelques mois auparavant.

Un cadre réglementaire déjà moins favorable depuis le 1er mars 2025

Cette évolution constitue le socle réglementaire à partir duquel la proposition d’un passage à trois jours de carence a été perçue par de nombreux acteurs comme excessive, voire déséquilibrée, au regard des efforts déjà demandés aux agents publics.

Depuis le 1er mars 2025, les règles applicables aux congés de maladie ordinaire dans la fonction publique ont en effet évolué de manière substantielle. Les agents publics ne sont plus rémunérés à hauteur de 100 % de leur traitement pendant les trois premiers mois d’arrêt, mais à hauteur de 90 %. Cette réforme, relativement peu visible dans le débat public, a pourtant des conséquences financières immédiates pour les agents, en particulier pour ceux dont les niveaux de rémunération sont les plus modestes.

Dans ce contexte, la perspective d’un allongement du délai de carence à trois jours non rémunérés a été largement perçue comme une double pénalisation. Elle aurait conduit à une perte de rémunération dès le début de l’arrêt maladie, cumulée à une indemnisation dégradée sur les mois suivants. Pour les directions des ressources humaines territoriales, cette superposition de dispositifs soulevait de réelles interrogations en matière de soutenabilité sociale, d’équité de traitement et de gestion des situations individuelles.

Des objectifs budgétaires et comportementaux discutables

Plusieurs travaux et rapports antérieurs ont déjà mis en évidence les limites des dispositifs de carence comme outil de lutte contre l’absentéisme. Les analyses conduites tant dans le secteur public que dans le secteur privé soulignent que ces mécanismes produisent avant tout des effets financiers immédiats, sans impact durable démontré sur la fréquence globale des arrêts maladie, et avec des risques accrus de reports d’arrêts ou de dégradation de l’état de santé des agents concernés.

La mesure envisagée reposait avant tout sur un objectif financier clairement assumé. Les travaux des inspections générales faisaient reposer l’essentiel des économies attendues sur une diminution mécanique de la dépense publique, sans démontrer de lien direct avec une amélioration durable de l’état de santé des agents ou avec une réduction structurelle de l’absentéisme.

Par ailleurs, l’allongement du délai de carence était présenté comme un outil de responsabilisation des agents et de lutte contre les arrêts de courte durée. Cet argument, régulièrement mobilisé dans le débat public, repose sur l’idée selon laquelle la perte de rémunération exercerait un effet dissuasif. Cette approche strictement incitative par la contrainte financière demeure toutefois largement discutée dans les milieux RH et médicaux, notamment en raison de ses effets potentiellement contre-productifs sur la prévention et la santé au travail.

Un alignement avec le secteur privé largement illusoire

Présenté comme un simple alignement avec le droit commun du secteur privé, le passage à trois jours de carence reposait en réalité sur une comparaison trompeuse. S’il est exact que le délai de carence légal est fixé à trois jours dans le secteur privé, cette affirmation occulte le fait que la grande majorité des salariés bénéficient d’une couverture conventionnelle ou d’accords d’entreprise neutralisant tout ou partie de cette perte de rémunération dès les premiers jours d’arrêt maladie.

En pratique, près de 70 % des salariés du secteur privé bénéficient de dispositifs conventionnels ou d’accords d’entreprise qui compensent totalement ou partiellement la perte de rémunération dès les premiers jours d’arrêt maladie. Dans de nombreux cas, cette prise en charge intervient dès le premier jour d’absence, rendant le délai de carence théorique largement inopérant.

À l’inverse, dans la fonction publique territoriale, aucune compensation automatique du jour de carence n’existe. Les employeurs publics sont juridiquement contraints dans leur capacité à compléter la rémunération et disposent de marges de négociation collective beaucoup plus limitées. L’alignement invoqué aurait donc conduit, en réalité, à un déséquilibre social supplémentaire au détriment des agents publics.

Des effets sociaux inégalitaires et des risques pour la santé au travail

Les analyses et études disponibles montrent que les dispositifs de jours de carence produisent des effets très différenciés selon les profils d’agents. Les impacts sont particulièrement marqués pour les agents de catégorie C, pour les agents les plus jeunes et pour ceux exerçant des métiers pénibles ou exposés, notamment dans les secteurs de l’aide à domicile, de la propreté, de la voirie ou du champ social et médico-social.

Pour ces agents, la perte de plusieurs jours de salaire représente un coût proportionnellement bien plus élevé que pour les cadres. Elle peut conduire à retarder une consultation médicale, à reprendre le travail en étant malade ou à aggraver, à moyen terme, des situations de santé fragiles. D’un point de vue strictement RH et de prévention des risques professionnels, ces effets apparaissent clairement contre-productifs.

Les conséquences opérationnelles pour les collectivités territoriales

Pour les collectivités territoriales et leurs directions des ressources humaines, le passage à trois jours de carence aurait généré des difficultés opérationnelles importantes. Il aurait accentué les tensions dans le dialogue social, dans un contexte déjà sensible marqué par les enjeux de qualité de vie au travail, d’attractivité des métiers publics et de fidélisation des agents. Il aurait également complexifié la gestion des situations individuelles, notamment pour les agents précaires ou confrontés à des problématiques médicales lourdes, tout en faisant peser un risque réel de dégradation du climat social et de sentiment d’injustice.

La suppression de la mesure permet d’éviter un choc social supplémentaire, mais elle ne met pas un terme au débat récurrent sur la maîtrise de l’absentéisme et de son coût pour les finances publiques.

Repenser les leviers RH au-delà d’une logique punitive

L’abandon du passage à trois jours de carence invite à repenser les politiques RH territoriales autrement que par la seule contrainte financière. Les marges de manœuvre existent et reposent sur des leviers structurels plus durables, tels que le renforcement de la prévention des risques professionnels, l’amélioration des conditions de travail, le développement d’un management de proximité fondé sur l’écoute et la reconnaissance, ainsi que l’accompagnement individualisé des situations d’absentéisme récurrent.

Ces approches, moins immédiatement budgétaires, produisent en revanche des effets durables sur la santé des agents, sur la continuité du service public et sur la qualité du climat social au sein des collectivités.

Conclusion

La suppression du passage de un à trois jours de carence dans le budget 2026 constitue un signal politique fort face à une mesure largement perçue comme socialement injuste et juridiquement fragile. Dans un contexte où les agents publics supportent déjà une baisse de leur indemnisation maladie depuis mars 2025, cette décision apparaît comme un choix d’apaisement et de cohérence sociale.

Pour autant, la question de l’absentéisme et de son coût demeure pleinement posée. Elle appelle des réponses RH globales et équilibrées, fondées sur la prévention, le dialogue social et la qualité du management, plutôt que sur des mécanismes punitifs dont les effets inégalitaires risquent, à terme, de fragiliser davantage les collectifs de travail et le service public local.

À l’horizon 2026-2027, les attentes des employeurs territoriaux comme des agents se tournent désormais vers des réformes RH plus structurelles, articulant soutenabilité financière, attractivité de la fonction publique et amélioration concrète des conditions de travail. Le dialogue social territorial, appelé à se renouveler dans un contexte de fortes tensions sur les ressources humaines, devrait jouer un rôle central dans la construction de solutions durables, adaptées aux réalités des collectivités et aux enjeux de santé au travail.

 

Par Pascal NAUD

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Par principe, les activités réalisées par un salarié en dehors de son temps de travail relèvent de sa vie personnelle. Or, un motif tiré de la vie personnelle du salarié ne peut justifier, en principe, un licenciement disciplinaire, sauf s'il constitue un manquement de l'intéressé à une obligation découlant de son contrat de travail. Lors d'un arrêt de travail pour cause de maladie, les obligations réciproques de l'employeur et du salarié disparaissent à l'exception de l'obligation de loyauté, qui demeure. Ainsi, lorsqu'un salarié exerce une activité concurrente ou qui cause un préjudice à l'employeur, celui-ci est fondé à le sanctionner, y compris pendant un arrêt de travail pour maladie. En dehors de tout manquement à l'obligation de loyauté et en l'absence de préjudice causé à l'employeur, le trouble objectif dans le fonctionnement de l'entreprise résultant d'un fait tiré de la vie personnelle d'un salarié peut constituer une cause réelle et sérieuse de licenciement dans des conditions strictement encadrées par la jurisprudence. Notamment le trouble doit s'apprécier au niveau de l'entreprise et faire obstacle au maintien du salarié dans celle-ci. Il ne s'agit pas d'un licenciement disciplinaire. Le Gouvernement, conscient des possibles mésusages des arrêts de travail pour maladie a renforcé les mesures contre la fraude.

 

Ainsi la contre-visite médicale pouvant être diligentée par l'employeur a été facilitée, avec comme effet, s'il s'avère que le salarié est en état de travailler ou qu'il refuse sans motif légitime de se soumettre à la visite, la perte du complément employeur. En outre, la loi de financement de la sécurité sociale de 2025 a prévu à l'initiative du Gouvernement une mesure portée par l'article L. 114-9 du code de la sécurité sociale. Elle impose aux organismes de sécurité sociale, en cas de fraude avérée d'un assuré en vue du versement d'indemnités journalières, de transmettre à l'employeur les renseignements et les documents utiles et nécessaires à la seule fin de caractériser ladite fraude. Enfin, le Gouvernement est également favorable aux initiatives visant à modifier la loi afin de mettre fin aux pratiques de certains salariés qui travaillent pendant un arrêt pour maladie et mieux encadrer ces pratiques abusives.

 

 

 

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23 janvier 2026 5 23 /01 /janvier /2026 12:12

 

 

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Réintroduit dans la fonction publique à compter du 1er janvier 2018, le jour de carence consiste en la suppression de la rémunération du premier jour d’un congé de maladie ordinaire. Présentée comme un levier de responsabilisation des agents et de maîtrise de l’absentéisme, cette mesure continue de susciter de vifs débats, en particulier dans la fonction publique territoriale. Derrière un dispositif juridiquement uniforme se dessinent en réalité des effets très différenciés selon les profils d’agents. La question centrale est donc la suivante : le jour de carence présente-t-il un caractère inégalitaire au sein des agents publics territoriaux et, si tel est le cas, quelles interrogations majeures soulève-t-il à moyen et long terme pour les employeurs publics locaux ?

Un dispositif juridiquement uniforme mais socialement différencié

En théorie, le jour de carence repose sur un principe d’égalité de traitement entre les agents publics. En pratique, cette égalité juridique formelle se heurte toutefois à une inégalité réelle de situation, les effets de la mesure variant fortement selon les ressources économiques et les conditions de travail des agents.

Le jour de carence s’applique indistinctement à l’ensemble des agents publics territoriaux, quels que soient leur statut, leur cadre d’emplois ou leur niveau de rémunération. En apparence neutre, cette uniformité masque toutefois des effets sociaux profondément asymétriques. La perte d’une journée de traitement n’a pas la même portée selon que l’agent dispose d’un revenu élevé et d’une capacité d’épargne suffisante ou, à l’inverse, d’une rémunération modeste et fortement contrainte.

Les travaux statistiques fondés sur les données administratives de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales et les analyses convergentes de la DARES mettent en évidence une baisse significative des congés pour maladie ordinaire à la suite de la réintroduction du jour de carence. Cette baisse n’est cependant pas homogène. Elle est nettement plus marquée chez les agents les plus jeunes, les moins qualifiés et les moins rémunérés, qui correspondent très majoritairement aux agents de catégorie C de la fonction publique territoriale.

Les agents de catégorie C : une exposition accrue à la contrainte financière

Pour un agent de catégorie C occupant un emploi à temps complet sur des fonctions d’exécution, la suppression d’une journée de rémunération peut se traduire concrètement par des arbitrages immédiats dans la vie quotidienne : retarder certaines dépenses contraintes, réduire des achats essentiels ou puiser ponctuellement dans une épargne souvent limitée. Cette réalité donne à la perte du premier jour de salaire une portée bien plus tangible que pour des agents disposant de marges financières plus importantes.

Pour les agents de catégorie C, la perte d’une journée de rémunération représente un coût relatif particulièrement élevé. À un niveau de traitement souvent proche du salaire minimum, une journée non rémunérée peut suffire à déséquilibrer un budget déjà fragile. Cet impact financier immédiat renforce fortement l’effet dissuasif du jour de carence sur la prise d’arrêts maladie de courte durée, y compris lorsque l’état de santé de l’agent le justifierait objectivement.

Cette situation conduit certains agents à différer, voire à renoncer, à un arrêt maladie de courte durée. Le jour de carence agit alors moins comme un outil de lutte contre l’absentéisme dit opportuniste que comme un mécanisme de contrainte économique pesant de manière disproportionnée sur les agents les plus fragiles sur le plan socio-professionnel.

Une inégalité indirecte face à la santé au travail

Le caractère inégalitaire du jour de carence ne repose pas sur une discrimination juridique explicite, mais sur une inégalité indirecte dans ses effets. En pratique, les agents les moins rémunérés supportent une charge proportionnellement bien plus importante que les agents appartenant aux catégories A ou B. Cette inégalité de fait interroge directement le principe d’égalité réelle d’accès à la protection de la santé au travail.

En décourageant la prise d’arrêts maladie de courte durée, le jour de carence favorise le phénomène de présentéisme, c’est-à-dire le fait de venir travailler en étant malade. Or, le présentéisme est désormais identifié comme un facteur de dégradation de la santé à moyen terme, d’aggravation de certaines pathologies et de risques accrus pour la qualité du service public, notamment dans les métiers territoriaux impliquant un contact direct avec les usagers.

Des effets différés à moyen et long terme pour les collectivités territoriales

À moyen et long terme, le caractère inégalitaire du jour de carence soulève plusieurs interrogations majeures pour les responsables des ressources humaines territoriales. Il existe tout d’abord un risque de report des arrêts maladie de courte durée vers des arrêts plus longs et plus coûteux pour la collectivité, lorsque la pathologie initiale s’aggrave faute de repos et de soins appropriés. À cela s’ajoute l’impact potentiel sur les parcours professionnels, en particulier pour les agents de catégorie C, plus exposés aux contraintes physiques et à la pénibilité du travail, et qui subissent également plus fortement la pression financière induite par le jour de carence. Cette combinaison est susceptible d’accentuer les inégalités de santé, l’usure professionnelle, les restrictions d’aptitude et, à terme, les départs anticipés.

La question de la prévention des risques professionnels constitue, quant à elle, un enjeu stratégique distinct. Le jour de carence interroge en effet la cohérence globale des politiques de prévention mises en œuvre par les collectivités territoriales. D’un côté, les employeurs sont incités à développer des démarches de prévention, de qualité de vie et de conditions de travail ainsi que de maintien dans l’emploi. De l’autre, le jour de carence peut envoyer un signal dissuasif quant à la reconnaissance et à la légitimité de la maladie ordinaire, en particulier pour les agents les plus modestes.

À moyen et long terme, le caractère inégalitaire du jour de carence soulève plusieurs interrogations majeures pour les responsables des ressources humaines territoriales. La première concerne le risque de reports d’arrêts courts vers des arrêts plus longs et plus coûteux pour la collectivité, lorsque la pathologie initiale s’aggrave faute de repos et de soins appropriés.

La seconde interrogation porte sur l’impact du dispositif sur les inégalités de parcours professionnels. Les agents de catégorie C, plus exposés aux contraintes physiques et à la pénibilité des conditions de travail, sont également ceux qui subissent le plus fortement la pression financière induite par le jour de carence. Cette combinaison peut accentuer les inégalités de santé et, à terme, peser sur l’usure professionnelle, les restrictions d’aptitude et les départs anticipés.

Enfin, la mesure interroge la cohérence globale des politiques de prévention des risques professionnels mises en œuvre par les collectivités territoriales. D’un côté, les employeurs sont incités à développer des démarches de prévention, de qualité de vie et de conditions de travail et de maintien dans l’emploi. De l’autre, le jour de carence peut envoyer un signal dissuasif quant à la légitimité de la maladie ordinaire, en particulier pour les agents les plus modestes.

Les leviers d’action des ressources humaines territoriales

Face à ces constats, les marges de manœuvre des employeurs territoriaux demeurent juridiquement limitées, le jour de carence relevant d’une règle nationale. Toutefois, les directions des ressources humaines disposent de leviers indirects. Le renforcement des politiques de prévention ciblées, l’amélioration des conditions de travail des agents de catégorie C et la mise en place de dispositifs de protection sociale complémentaire plus protecteurs peuvent contribuer à atténuer les effets inégalitaires du dispositif.

La qualité du dialogue social constitue également un enjeu central. La perception du jour de carence par les agents, et en particulier par leurs représentants, influe directement sur le climat social et le sentiment d’équité au sein des services. Une approche transparente, explicative et pédagogique demeure indispensable pour éviter que la mesure ne soit vécue comme une sanction déguisée ou une remise en cause de la légitimité de l’arrêt maladie.

Conclusion

Le jour de carence dans la fonction publique territoriale ne peut être analysé uniquement à l’aune de son efficacité globale sur la réduction des arrêts maladie. Les données disponibles montrent clairement que ses effets sont socialement différenciés et qu’il pèse plus lourdement sur les agents les plus jeunes, les moins qualifiés et les moins rémunérés, en particulier ceux relevant de la catégorie C. Ce caractère inégalitaire, bien que juridiquement indirect, soulève des interrogations importantes quant aux effets à moyen et long terme de la mesure, tant en matière de santé au travail que de gestion des ressources humaines et de qualité du service public.

Pour les responsables des ressources humaines territoriales, l’enjeu n’est donc pas seulement de constater ces effets, mais d’intégrer pleinement cette dimension dans une réflexion globale sur la prévention, l’équité interne et la soutenabilité des politiques de gestion de l’absentéisme.

Au-delà de la gestion locale, mon analyse invite plus largement à une réflexion nationale sur l’évaluation du jour de carence au regard de ses effets différenciés. La question d’une éventuelle réévaluation du dispositif, de ses modalités d’application ou de ses compensations indirectes pourrait ainsi s’inscrire dans une approche renouvelée, conciliant maîtrise des absences, protection de la santé des agents et exigence d’équité au sein de la fonction publique territoriale.

 

Par Pascal NAUD

Président, fondateur de www.naudrh.com

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15 janvier 2026 4 15 /01 /janvier /2026 22:00

 

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Cette infographie analyse les conséquences de la réintroduction du jour de carence en 2018 sur les absences pour maladie des agents de la fonction publique territoriale. Les auteurs démontrent que cette mesure a provoqué une baisse significative des arrêts courts, entraînant une réduction de 11 % de la fréquence des congés et des économies budgétaires annuelles estimées à 86 millions d'euros. Toutefois, les données révèlent un impact profondément inégalitaire, touchant prioritairement les agents les plus jeunes, les moins qualifiés et les plus modestes. Bien que l'efficacité comptable immédiate soit avérée, le rapport souligne que ces résultats ne tiennent pas compte des effets indirects sur la santé à long terme ou de la dégradation potentielle des conditions de travail. En conclusion, l'étude invite à une réflexion sur la protection sociale des agents face aux futures réformes de l'indemnisation maladie.

 

Quels effets du jour de carence sur les absences maladie des agents publics territoriaux en 2018-2019 ?

 

 

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10 janvier 2026 6 10 /01 /janvier /2026 19:31

 

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💊 Régime de prescription et d’indemnisation des arrêts de travail

La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 a été publiée le 31 décembre 2025.

Elle modifie le régime de prescription et d’indemnisation des arrêts de travail, afin notamment de limiter, d’une part, la durée de l’interruption du travail qui peut être prescrite et, d’autre part, celle du versement des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail résultant d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle (article 81).

- Ainsi, le plafond applicable à la durée de prescription des interruptions de travail ne peut être inférieur à un mois pour une première prescription et à deux mois pour une prolongation. Le nombre de prolongations susceptibles d’être prescrites pour un même arrêt de travail n’est pas limité, et les professionnels peuvent déroger à ce plafond lorsqu’ils justifient, sur la prescription, de la nécessité d’une durée plus longue au regard de la situation du patient et en considération, lorsqu’elles existent, des recommandations établies par la Haute Autorité de santé.

- En cas d’arrêt de travail résultant d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, une indemnité journalière est payée par la caisse primaire à l’assuré affilié au régime général d’assurance maladie pendant toute la période d’incapacité de travail qui précède soit la guérison complète, soit la consolidation de la blessure ou le décès ainsi que dans le cas de rechute ou d’aggravation (article L. 433-1 du code de la sécurité sociale). Une indemnité journalière est également versée dans les mêmes conditions aux non-salariés agricoles (article L. 752-5 du code rural et de la pêche maritime). Ces indemnités sont servies pendant une période d’une durée maximale, fixée par décret.

Il est à noter que les dispositions envisagées lors des débats parlementaires afin d’étendre le congé pathologique (amendement en ce sens, commentaire) n’ont finalement pas été adoptées : les articles L631-3 du CGFP et L1225-21 du code du travail n’ont pas été modifiés sur ce point. Saisi sur cette loi, le Conseil constitutionnel a rendu sa décision le 30 décembre 2025 (n°2025-899). Certains articles ont été déclarés contraires à la Constitution.

 

 

â„č Retraite / Cumul emploi

La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 a été publiée le 31 décembre 2025.

Concernant les retraites : le calendrier de la réforme des retraites de 2023 est suspendu (article 105). L'âge légal de départ est ralenti pour les générations 1961-1968 et les carrières longues. Ces mesures s'appliquent aux pensions prenant effet à partir de septembre 2026 (article L161-17-2 du code de la sécurité sociale).

Elle refond les conditions du cumul emploi-retraite pour les personnes partant à la retraite à partir du 1er janvier 2027 (article 102). Le régime sera moins favorable aux personnes concernées : avant l’âge d’ouverture des droits à la retraite, l’ensemble des revenus de la reprise d’une activité sera écrêté et entre l’âge d’ouverture des droits et l’âge d’annulation de la décote (67 ans), le cumul sera autorisé dans la limite d’un plafond.

Les femmes employées dans la fonction publique et mères d'au moins un enfant de disposer, pour le calcul de leur pension, d'un trimestre de bonification en durée de services (article 104).

 

 

🧒 Congé supplémentaire de naissance

La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 a été publiée le 31 décembre 2025.

Elle créée un congé supplémentaire de naissance (article 99) : il est prévu par les articles articles L1225-46-2 à L1225-46-7 du code du travail. Ce congé est également applicable aux fonctionnaires (article L631-3 du code général de la fonction publique qui renvoie à l’article L1225-46-2 du code du travail).

Il sera accessible à partir du 1er juillet 2026 à chaque parent d'un enfant né ou adopté à compter du 1 er janvier 2026 ainsi que pour les enfants nés avant cette date dont la naissance était censée intervenir à compter de cette date.

 

 

 

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6 janvier 2026 2 06 /01 /janvier /2026 21:49

 

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17 décembre 2025 3 17 /12 /décembre /2025 15:19

 

 

 

 

Adopté en ultime lecture par l’Assemblée nationale faute d’accord avec le Sénat, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (PLFSS 2026) marque une étape importante dans l’encadrement des arrêts de travail. Dans un contexte de hausse continue des dépenses d’indemnités journalières et de tensions persistantes sur l’organisation des services publics, le législateur a choisi de mieux structurer la durée des prescriptions médicales plutôt que de recourir à des mesures financières jugées socialement sensibles.

Pour les responsables des ressources humaines de la fonction publique territoriale, ces évolutions appellent une lecture attentive : si les nouvelles règles ne remettent pas en cause les droits statutaires à congé de maladie, elles modifient le cadre de référence applicable aux prescriptions médicales et renforcent, indirectement, les enjeux de pilotage de l’absentéisme.

 

1. Un plafonnement inédit de la durée des arrêts de travail

1.1. Une durée maximale désormais clairement définie

Le PLFSS 2026 introduit une règle nationale de plafonnement de la durée des arrêts de travail prescrits par les médecins. Désormais, la durée d’un arrêt est limitée à un mois maximum pour une première prescription, puis à deux mois maximum pour chaque renouvellement. Cette mesure vise à mettre fin aux prescriptions longues accordées d’emblée, sans réévaluation intermédiaire de l’état de santé du patient.

Ce choix traduit une volonté affirmée de renforcer le suivi médical des personnes en arrêt de travail, en instaurant des points de réexamen réguliers. Il s’agit moins de réduire mécaniquement la durée globale des arrêts que de favoriser une appréciation plus dynamique de la situation médicale et des capacités de reprise.

1.2. Une mesure de régulation plus que de sanction

Contrairement à d’autres dispositifs envisagés lors des débats budgétaires, ce plafonnement ne repose pas sur une logique punitive ou financière. Il ne modifie ni les taux d’indemnisation ni les conditions d’ouverture des droits, mais agit sur le rythme de prescription. Le Gouvernement a ainsi privilégié un outil de régulation médicale, présenté comme plus équilibré et plus acceptable socialement.

Pour les employeurs territoriaux, cette approche peut être perçue comme un levier indirect de sécurisation des parcours d’absence, en limitant les situations d’éloignement prolongé du service sans contact médical intermédiaire.

 

2. Des mesures d’économies abandonnées : un signal politique fort

2.1. Le renoncement au doublement des franchises médicales

Parallèlement à l’encadrement des arrêts de travail, plusieurs mesures d’économies initialement envisagées ont été retirées du texte final. La plus emblématique est le doublement des franchises médicales, qui devait être opéré par voie réglementaire. Cette disposition, fortement contestée, aurait eu un impact direct sur le reste à charge des assurés.

Son abandon traduit la volonté de ne pas alourdir la charge financière pesant sur les patients, dans un contexte marqué par des préoccupations fortes en matière de pouvoir d’achat et d’accès aux soins.

2.2. Un recentrage sur les outils de pilotage plutôt que sur les prélèvements

Le choix opéré dans le PLFSS 2026 est révélateur d’une orientation stratégique : agir sur les comportements et les pratiques plutôt que sur les niveaux de remboursement. Cette logique rejoint les préoccupations des employeurs publics, qui cherchent à concilier maîtrise des absences, continuité du service public et respect des droits des agents.

Pour la fonction publique territoriale, ce positionnement est particulièrement sensible, les collectivités étant déjà confrontées à des marges budgétaires contraintes et à des difficultés de recrutement et de fidélisation.

 

3. Quelles conséquences opérationnelles pour la fonction publique territoriale ?

3.1. Une vigilance accrue dans le suivi des arrêts maladie

Même si les règles statutaires de congé de maladie des agents territoriaux ne sont pas directement modifiées par le PLFSS 2026, le nouveau cadre de prescription impose une attention renforcée au suivi administratif et médical des absences. Les services RH devront veiller à la conformité des arrêts transmis, notamment en cas de renouvellements successifs.

Cette évolution peut également renforcer l’intérêt d’un dialogue structuré avec les médecins de prévention et, le cas échéant, avec les services de contrôle médical, afin d’anticiper les situations de reprise ou d’aménagement du poste.

3.2. Un impact potentiel sur la gestion des effectifs et l’organisation des services

En favorisant des prescriptions plus courtes et plus régulièrement réévaluées, le législateur entend limiter les absences de très longue durée non accompagnées. À terme, cette dynamique pourrait faciliter une meilleure anticipation des retours, un recours plus ciblé aux remplacements et une gestion plus fine des effectifs.

Pour autant, ces effets ne seront pas automatiques. Ils dépendront largement de la capacité des collectivités à intégrer ces nouvelles règles dans une politique globale de prévention de l’absentéisme, incluant la qualité de vie au travail, la prévention des risques professionnels et l’accompagnement des agents fragilisés.

 

4. Entrée en vigueur et sécurisation juridique du dispositif

Le PLFSS 2026 doit encore être examiné par le Conseil constitutionnel. Ce contrôle est déterminant, tant sur le fond que sur la procédure d’adoption, compte tenu du contexte politique ayant conduit à l’ultime lecture.

L’entrée en vigueur effective des nouvelles règles interviendra après la publication de la loi au Journal officiel, sous réserve de sa conformité à la Constitution. Les employeurs territoriaux devront donc rester attentifs au calendrier de publication et aux éventuelles réserves ou censures qui pourraient être formulées.

 

Conclusion : un encadrement à intégrer dans une stratégie RH globale

Avec le plafonnement de la durée des arrêts de travail, le PLFSS 2026 introduit un outil de régulation inédit, fondé sur un suivi médical plus étroit plutôt que sur des restrictions financières. Pour la fonction publique territoriale, cette évolution ne bouleverse pas les droits statutaires, mais elle modifie le cadre opérationnel dans lequel s’inscrit la gestion des absences.

Les responsables RH ont tout intérêt à anticiper ces changements, en renforçant leurs procédures internes et en inscrivant cette réforme dans une approche globale de prévention, de dialogue et de sécurisation des parcours professionnels des agents.

 

Par Pascal NAUD

Président, fondateur de www.naudrh.com

Contact naudrhexpertise@gmail.com

 

 

 

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12 décembre 2025 5 12 /12 /décembre /2025 09:53

 

 

 

Le Tribunal administratif de Rouen vient de rappeler une règle essentielle, directement issue du droit européen :

👉
un agent public ne peut pas perdre ses congés annuels non pris lorsqu’il était en congé maladie, y compris lors de son départ à la retraite.

✔ Les congés non pris peuvent être reportés jusqu’à 15 mois après l’année concernée
✔ Le droit à indemnisation est limité à 20 jours par an
✔ En cas de mauvaise application, l’employeur public s’expose à une condamnation financière, voire à une indemnisation pour préjudice moral

🎯 Message clair pour les DRH et gestionnaires :
le calcul des droits à congés en fin de carrière doit intégrer pleinement la jurisprudence européenne, sous peine de contentieux coûteux et évitables.

📌 Une décision à connaître, à diffuser… et à intégrer dans vos pratiques RH.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision est juridiquement solide et parfaitement cohérente avec la jurisprudence européenne constante. Elle rappelle surtout que les congés annuels ne sont pas un simple accessoire de gestion, mais un droit fondamental du travailleur, y compris dans la fonction publique. Pour les employeurs publics, c’est un signal clair : sécuriser les pratiques RH en matière de congés maladie n’est plus une option, mais une nécessité stratégique.

 

 

 

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16 novembre 2025 7 16 /11 /novembre /2025 16:25

 

 

 

 

Dans beaucoup de collectivités, le retour d’un agent après plusieurs mois d’arrêt se résume encore à une simple reprise administrative.

Résultat : malaise, désorganisation… et parfois nouvelle rechute.

Pour aider les services RH de la fonction publique territoriale à sécuriser ces situations sensibles,
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-Des repères juridiques à jour (CGFP, visites de reprise et de pré-reprise)
-Des outils concrets pour les entretiens de ré-accueil, l’aménagement du poste et le suivi post-reprise
-Une vision très opérationnelle pour réduire l’absentéisme de longue durée et améliorer la qualité de vie au travail


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10 novembre 2025 1 10 /11 /novembre /2025 08:12

 

 

Une nouvelle décision du Défenseur des droits vient rappeler une règle trop souvent méconnue : aucun jour de carence ne peut être appliqué à une agente enceinte, dès lors que l’arrêt maladie intervient entre la déclaration de grossesse et le début du congé de maternité, même si l’arrêt n’est pas lié à la grossesse.



Dans la décision n°2025-198, la commune de Y avait retenu un jour de carence, au motif que le premier arrêt de travail n’était pas en lien avec la grossesse.

❌ Le Défenseur des droits écarte totalement cette justification.

âžĄïž Le législateur a souhaité protéger tous les arrêts maladie des femmes enceintes, sans distinction.



Pourquoi ?
Parce qu’une femme enceinte est confrontée à une fragilité physique accrue, et que la législation vise à garantir une protection renforcée, prévenir les risques et éviter une perte de rémunération injustifiée.

Conséquence : la collectivité doit rembourser immédiatement le jour retenu à tort et rendre compte sous trois mois des suites données.



👉 Pour les employeurs publics : une vigilance indispensable pour éviter des erreurs de gestion et sécuriser vos pratiques RH.

👉 Pour les agentes concernées : un droit clair, solide, et opposable.



💬 Avis www.naudrh.com
Cette décision est un rappel bienvenu : les règles protectrices liées à la grossesse sont trop souvent mal maîtrisées dans les collectivités. L’enjeu est double : sécuriser les pratiques RH et éviter des atteintes aux droits fondamentaux. Une veille juridique réellement opérationnelle est indispensable pour prévenir ce type d’erreurs, qui nuisent à la fois aux agents et à l’image de l’employeur.

 

 

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Décision du Défenseur des droits n°2025-198

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26 octobre 2025 7 26 /10 /octobre /2025 17:15

 

 

 

 

Un projet controversé du PLFSS 2026

Chaque année, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) s’inscrit dans une stratégie plus large de maîtrise des dépenses publiques, notamment de santé. Le PLFSS 2026 s’inscrit dans cette continuité, cherchant à freiner la progression des dépenses liées aux arrêts maladie, à contenir le déficit de la Sécurité sociale et à responsabiliser l’ensemble des acteurs du système. C’est dans ce cadre global qu’intervient la mesure la plus commentée de ce texte : la limitation à quinze jours des arrêts de travail initiaux.

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 propose une mesure qui alimente un vif débat : limiter à 15 jours la durée des arrêts de travail initiaux prescrits par les médecins. Présentée comme un moyen de contenir la hausse des dépenses de santé, cette disposition s’appuie sur un constat chiffré : selon la DREES, les indemnités journalières ont augmenté de 27,9 % entre 2019 et 2023. Si l’objectif de maîtrise budgétaire est explicite, la mesure soulève de sérieuses interrogations quant à sa pertinence et ses impacts sur les actifs, les médecins et les employeurs publics.

1. Un objectif clair : freiner l’augmentation des dépenses de santé

Les dépenses liées aux indemnités journalières ont atteint un niveau record, passant de 11,7 milliards d’euros en 2019 à près de 15 milliards en 2023. Cette hausse, alimentée par le vieillissement de la population active, la dégradation des conditions de travail et la progression des troubles psychiques, illustre une dynamique structurelle. En fixant à quinze jours la durée maximale d’un arrêt initial, le gouvernement espère renforcer le contrôle médical et responsabiliser les prescripteurs tout en garantissant un suivi régulier. La mesure vise donc à encadrer les arrêts longs jugés excessifs et à rationaliser la dépense publique, sans remettre en cause le droit à la protection de la santé.

Les dépenses liées aux indemnités journalières ont atteint un niveau record, passant de 11,7 milliards d’euros en 2019 à près de 15 milliards en 2023. Cette hausse résulte de facteurs multiples : vieillissement de la population active, dégradation des conditions de travail, progression des troubles psychiques, et effets persistants de la crise sanitaire. En imposant une durée maximale de 15 jours pour un arrêt initial, le gouvernement espère encourager un contrôle médical renforcé et responsabiliser les prescripteurs.

Cette mesure viserait aussi à limiter les arrêts de longue durée, jugés parfois excessifs, et à garantir un suivi médical régulier. Elle s’inscrit dans une volonté de rationaliser la dépense publique tout en maintenant un droit à la protection de la santé.

2. Des professionnels de santé et des salariés inquiets

Selon le syndicat MG France, « cette réforme fait peser une suspicion injustifiée sur les médecins généralistes, alors même qu’ils sont déjà soumis à un contrôle strict de leurs prescriptions ». De son côté, la Fédération hospitalière de France (FHF) alerte sur un risque de surcharge des consultations et une perte de confiance des patients. Ces témoignages illustrent la tension entre les impératifs budgétaires de l’État et la réalité quotidienne du soin. et des salariés inquiets

Les réactions du corps médical sont largement critiques. Pour de nombreux praticiens, la mesure est déconnectée du terrain et risque de créer une surcharge inutile. En effet, la plupart des arrêts initiaux n’excèdent déjà pas deux semaines, sauf en cas d’intervention chirurgicale ou de maladie chronique. Imposer une réévaluation systématique au quinzième jour reviendrait à multiplier les rendez-vous, allongeant les délais d’attente et complexifiant les parcours de soins.

Du côté des salariés et des agents publics, cette réforme est perçue comme une source d’instabilité. Elle pourrait contraindre des personnes encore fragiles à reprendre leur poste prématurément ou à enchaîner les démarches pour prolonger leur arrêt. Les associations de patients alertent sur un risque de précarisation accrue des actifs les plus exposés – notamment ceux confrontés à des troubles psychologiques, à des douleurs chroniques ou à des pathologies invalidantes.

2. Des conséquences opérationnelles pour les employeurs publics

Dans la fonction publique territoriale, l’impact d’une telle mesure serait significatif. Les services RH devraient gérer une multiplication des reprises anticipées, des rechutes et des réarrêts, rendant la planification du travail plus complexe. Le remplacement temporaire des agents, déjà difficile à organiser, deviendrait encore plus incertain.

Cette réforme renforcerait aussi la nécessité d’une coordination étroite entre le médecin traitant, le médecin de prévention et les responsables RH. Pour prévenir les ruptures de parcours, les employeurs devront promouvoir des solutions alternatives : télétravail ponctuel, aménagements temporaires de poste ou temps partiel thérapeutique. Ces dispositifs, déjà éprouvés, pourraient atténuer les effets d’une réforme perçue comme rigide.

4. Entre maîtrise des coûts et santé au travail : trouver l’équilibre

Si la logique budgétaire est compréhensible, elle ne peut s’affranchir de l’exigence de santé publique. En se focalisant sur la durée des arrêts plutôt que sur leurs causes – surcharge de travail, perte de sens, conditions physiques ou psychologiques dégradées –, la mesure risque de passer à côté de l’enjeu essentiel : prévenir l’absentéisme à la source.

Pour les employeurs publics, la priorité doit rester la qualité de vie au travail, la prévention des risques professionnels et la réinsertion progressive des agents. Réduire la durée des arrêts sans agir sur les causes reviendrait à traiter le symptôme sans soigner la maladie.

Conclusion

Les responsables des ressources humaines du secteur public ont un rôle stratégique à jouer dans cette réforme : accompagner les agents, anticiper les impacts organisationnels et préserver la santé au travail tout en respectant les objectifs de maîtrise budgétaire.

La limitation des arrêts initiaux à 15 jours traduit une volonté de maîtrise financière légitime, mais elle interroge sur la cohérence d’ensemble du système. En cherchant à réguler par le contrôle plutôt que par la prévention, le risque est grand de déplacer le problème plutôt que de le résoudre. Cette réforme, si elle est adoptée, exigera un accompagnement fort des employeurs publics pour éviter qu’une mesure comptable ne se transforme en un facteur d’épuisement supplémentaire pour les agents.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

Contact naudrhexpertise@gmail.com

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26 octobre 2025 7 26 /10 /octobre /2025 14:29

 

On entend souvent dire que la fonction publique souffrirait d’un absentéisme chronique. Pourtant, les dernières données de la DGAFP, de l’Insee et de la Dares montrent que, à profil équivalent, les écarts entre public et privé deviennent marginaux.

Les agents publics sont plus âgés, plus féminisés et plus exposés à des métiers à forte pénibilité — autant de facteurs qui expliquent la différence apparente des chiffres. Mais une fois ces éléments corrigés, les comportements d’absence se rejoignent.

âžĄïž L’enjeu n’est donc pas de comparer des taux, mais de comprendre les causes :
-Qualité de vie au travail et prévention,
-Dialogue social et management bienveillant,
- Adaptation des postes et accompagnement au retour à l’emploi.

L’absentéisme n’est pas le signe d’un relâchement, mais souvent celui d’un engagement professionnel intense dans des métiers exigeants.

Pour les collectivités, c’est un signal fort : investir dans la santé au travail, c’est investir dans la performance du service public.



đŸŽ„ 👇 Découvrez ci-dessous notre vidéo et notre article qui traitent de ce sujet.

 

 

 

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26 octobre 2025 7 26 /10 /octobre /2025 09:11

 

📊 81 % des agents publics se disent en “bonne” ou “très bonne” santé, un niveau proche du privé (82 %). Mais derrière cette stabilité apparente se cachent des disparités fortes selon l’âge, le sexe et les métiers.

đŸ‘©‍🩰 Les femmes et les agents plus âgés déclarent plus souvent souffrir d’une maladie chronique ou d’une limitation d’activité :
-30 % des agents territoriaux signalent un problème de santé durable,
-contre 26 % dans la fonction publique d’État.
Ces écarts tiennent à la féminisation et au vieillissement des emplois de la FPT.

🧍‍♀ Les métiers les plus exposés ?
Les agents de service, employés administratifs et aides-soignants affichent les indicateurs de santé les plus fragiles. À l’inverse, cadres techniques, policiers, pompiers ou militaires bénéficient d’une meilleure condition physique, liée aussi à un effet de sélection.

🧘‍♂ Côté bien-être psychologique, les résultats de 2023 (enquête Dares) révèlent un équilibre fragile :
-54 % des agents présentent un bien-être “satisfaisant”,
-19 % sont exposés à un risque de symptômes dépressifs,
-et seuls 28 % se disent véritablement “épanouis”.

Les femmes restent plus exposées aux risques dépressifs (21 %) que les hommes (16 %), surtout dans les métiers administratifs et éducatifs.

💬 En clair : la santé physique et mentale des agents publics se maintient, mais la pression organisationnelle, le vieillissement et les inégalités de genre pèsent sur le moral et la vitalité du service public.

👉 Plus que jamais, le pilotage RH doit intégrer le facteur santé comme un levier stratégique du management territorial.

💬 Avis
www.naudrh.com
Ce rapport confirme une tendance préoccupante : la santé des agents territoriaux reste globalement “bonne”, mais la dégradation lente du bien-être psychologique appelle une réponse managériale forte. Il est urgent que les collectivités fassent du bien-être au travail un axe stratégique de leur politique RH, au même titre que la formation ou la mobilité.


 

Cliquez sur l'image pour télécharger le document.

 

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22 octobre 2025 3 22 /10 /octobre /2025 10:00

 

 

âžĄïž Arrêt CAA de Bordeaux, 30 septembre 2025, n°23BX01418

Un sapeur-pompier professionnel de La Réunion avait été écarté du tableau d’avancement au grade d’adjudant au motif qu’il était en congé maladie depuis plusieurs mois. La Cour administrative d’appel de Bordeaux vient de rappeler fermement qu’un congé de maladie ne peut, à lui seul, justifier un refus d’avancement.

📌 Les faits :
Le SDIS de La Réunion avait refusé la promotion d’un sergent-chef en se fondant uniquement sur l’absence d’entretien professionnel récent liée à son arrêt maladie. Le tribunal administratif avait validé cette décision.

Mais la CAA de Bordeaux annule le jugement et l’arrêté d’avancement : le SDIS aurait dû apprécier la valeur professionnelle de l’agent à partir des éléments déjà disponibles (entretiens antérieurs, propositions du chef de service…).

⚖ Ce qu’il faut retenir :
-Le congé maladie ne prive pas un agent de son droit à être inscrit au tableau d’avancement (article 30 du décret du 30 juillet 1987).
-L’administration doit fonder sa décision sur la valeur professionnelle réelle et non sur une absence temporaire.
-En conséquence, la Cour enjoint le SDIS à réexaminer la situation de l’agent sous deux mois.

💡 En pratique RH FPT :
-Cette décision rappelle aux employeurs publics qu’un congé pour raison de santé ne peut constituer un frein à la carrière, sauf à démontrer objectivement une insuffisance professionnelle.
-Les directions RH doivent donc veiller à documenter la valeur professionnelle sur la base d’éléments existants, même en cas d’absence prolongée.


💬 Avis www.naudrh.com
Cet arrêt est un signal fort adressé aux employeurs publics: l’absence ne doit pas devenir une sanction déguisée. En période où l’égalité de traitement et la prévention des discriminations sont au cœur des politiques RH, cette décision rappelle que la gestion des carrières doit toujours s’appuyer sur des critères objectifs et équitables.

 

CAA de BORDEAUX, 5Ăšme chambre, 30/09/2025, 23BX01418

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16 octobre 2025 4 16 /10 /octobre /2025 14:55

 

 

 

 

Contrôle administratif de l’arrêt maladie

La réglementation de la fonction publique territoriale prévoit qu’un fonctionnaire en congé de maladie ordinaire peut faire l’objet d’un contrôle médical pendant son arrêt. En effet, l’autorité territoriale est en droit de le soumettre à tout moment à une visite de contrôle par un médecin agréé. Cette contre-visite médicale vise à vérifier si l’arrêt de travail est médicalement justifié et si l’agent est apte à reprendre ses fonctions. Elle est obligatoire au moins une fois lorsque l’arrêt maladie se prolonge au-delà de six mois consécutifs (conformément à l’article 15 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 modifié par le décret n° 2022-350, codifié aux articles L.822-1 et suivants du Code général de la fonction publique).

L’agent a l’obligation de se soumettre à ces examens médicaux. En cas de refus de sa part de répondre à une convocation du médecin agréé, sa rémunération est suspendue jusqu’à ce qu’il s’y conforme. Cette sanction est prévue par les textes statutaires (par exemple l’article L.822-28 du Code général de la fonction publique) afin de garantir la coopération de l’agent au contrôle de son état de santé pendant un congé maladie. Autrement dit, si l’employeur territorial organise une contre-visite médicale durant le congé maladie ordinaire, le fonctionnaire doit s’y présenter, sous peine de perdre le bénéfice de son traitement pendant la période de refus.

Il convient de noter que le plus souvent ce contrôle médical est effectué par un médecin agréé extérieur (désigné sur une liste préfectorale), et non directement par le médecin du travail habituel de la collectivité, afin d’assurer une évaluation neutre de l’état de santé de l’agent. Néanmoins, rien n’empêche que le médecin du travail (médecin de prévention de la collectivité) soit informé du résultat de cette contre-visite ou donne un avis complémentaire, notamment s’il s’agit d’envisager les conditions de la reprise du travail. D’ailleurs, si le médecin agréé conclut à l’aptitude de l’agent à reprendre son poste avant la fin de l’arrêt, le médecin du travail pourra être sollicité pour proposer d’éventuels aménagements du poste ou des conditions de travail lors du retour de l’agent, conformément à l’article 24 du décret n° 85-603 du 10 juin 1985 relatif à la médecine professionnelle et préventive.

 

Visite de pré-reprise ou de reprise avant la fin de l’arrêt

En plus du contrôle administratif de l’arrêt maladie, il est possible d’organiser une visite médicale de pré-reprise ou de reprise avec le médecin du travail de la collectivité quelques jours avant la fin du congé maladie, en vue de préparer la reprise d’activité. Aucun texte statutaire n’impose obligatoirement une telle visite de reprise dans la fonction publique territoriale pour les congés de maladie ordinaires (contrairement au secteur privé où elle est obligatoire au-delà de 30 jours d’absence). Cependant, “non obligatoire ne signifie pas interdit”. L’employeur territorial est tout à fait légitime à convoquer l’agent avant sa reprise afin de s’assurer que son état de santé est compatible avec les fonctions qu’il va reprendre.

En pratique, les centres de gestion et le service de médecine préventive recommandent fortement d’organiser une visite de reprise après une absence relativement longue (généralement lorsqu’un arrêt dépasse 30 jours). Cette visite, effectuée par le médecin du travail (médecin de prévention), permet d’évaluer l’aptitude de l’agent à reprendre son poste et de déterminer si des restrictions d’aptitudes ou des aménagements de poste sont nécessaires en vue de sa réintégration. Par exemple, si le médecin traitant de l’agent a émis des recommandations (restrictions de tâches, poste allégé, temps partiel thérapeutique, etc.), le médecin du travail devra confirmer ces préconisations ou proposer des solutions alternatives, car il est le seul habilité à formuler des aménagements de poste pour raison médicale dans la fonction publique territoriale (article 24 du décret n° 85-603 du 10 juin 1985).

En résumé, un fonctionnaire territorial peut tout à fait être convoqué pour une visite médicale pendant son arrêt maladie ordinaire, soit dans le cadre d’un contrôle médical statutaire (contre-visite par un médecin agréé) pendant l’arrêt, soit dans le cadre d’une visite de pré-reprise organisée avec le médecin du travail en amont de la reprise. Ces démarches sont légalement prévues et visent à protéger tant l’agent (en vérifiant son aptitude et en adaptant son poste si besoin) que la collectivité (en s’assurant de la capacité de l’agent à reprendre ses fonctions dans de bonnes conditions). Les références juridiques applicables incluent notamment le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 (articles relatifs au contrôle des congés maladie) et le Code général de la fonction publique (articles L.822-1 à L.822-30) pour le régime des congés pour raison de santé, ainsi que le décret n° 85-603 du 10 juin 1985 pour ce qui concerne le rôle du médecin du travail en matière de prévention et de reprise du travail. Toutes ces dispositions sont centrées sur la fonction publique territoriale et confirment la légitimité de convoquer un agent en arrêt maladie à une visite médicale de contrôle ou de reprise d’activité, dans l’intérêt du service et de l’agent.

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27 septembre 2025 6 27 /09 /septembre /2025 09:36

 

 

 

 

 

La possibilité, pour les élus locaux en arrêt maladie, de déroger au droit commun en continuant à exercer leur mandat est encore parfois mal connue des acteurs en présence. En effet, les élus locaux peuvent continuer à exercer leurs fonctions électives durant leur arrêt maladie dans le cadre de la législation actuelle.

 

Ainsi, afin de sensibiliser ces derniers à ce sujet, le Gouvernement a élaboré une fiche explicative relative aux congés de maladie des élus locaux, transmise à l'ensemble des associations d'élus aux fins d'information de leurs adhérents. Cette fiche a également été intégrée dans le guide de l'élu local mis en ligne par l'association des maires de France.

 

Par ailleurs, la caisse nationale d'assurance maladie a actualisé sa communication en rappelant sur la page internet du site ameli.fr dédiée à ces derniers quelle protection sociale leur est accordée, notamment concernant leur droit aux indemnités journalières en cas de maladie. La rubrique dédiée distingue la situation des élus locaux selon qu'ils exercent une activité professionnelle et poursuivent leur fonction élective pendant leur arrêt maladie, ou qu'ils ont interrompu leur fonction élective au cours de leur arrêt ou bien qu'ils n'ont pas d'autre activité professionnelle.

 

Dans le premier cas, il est bien indiqué que l'élu en arrêt maladie peut continuer à percevoir ses indemnités journalières au titre de son incapacité de travailler s'il continue à exercer son mandat local. Enfin, afin d'assurer une bonne application de ces dispositions spécifiques aux élus locaux, le formulaire cerfa d'arrêt de travail mis à la disposition des médecins prescripteurs a été révisé pour mieux renseigner ce cas spécifique. Outre une case permettant d'indiquer la situation d'élu local de l'assuré, il contient désormais une notice explicative sur l'autorisation pour l'élu de continuer à exercer ses fonctions électives pendant l'arrêt de travail.

 

Les caisses primaires d'assurance maladie ont été associées aux travaux relatifs à l'actualisation du cerfa et ont mis à jour leurs informations à destination des assurés et des professionnels de santé sur le site ameli.fr, afin de permettre la diffusion de la nouvelle réglementation et des évolutions du cerfa. Ainsi, l'ensemble de ces actions engagées par le Gouvernement sont de nature à assurer la bonne application de la législation permettant aux élus locaux de continuer à exercer leur mandat lors d'arrêts maladie si leur état de santé le leur permet.

 

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14 septembre 2025 7 14 /09 /septembre /2025 21:47

 

 

 

 

L'étude proposée par www.naudrh.com et accessible à partir de ce lien  https://payhip.com/b/dtSoF vous propose une analyse détaillée pour savoir si un employeur public local doit obligatoirement délibérer pour maintenir le régime indemnitaire à 100 % durant une période de Temps partiel thérapeutique (TPT) ?

Elle a une portée opérationnelle pour votre gestion quotidienne RH grâce aux explications des règles applicables, à sa synthèse jurisprudentielle et à ses recommandations de gestion. Elle permet aux collectivités de gagner du temps sur cette question et de sécuriser leurs pratiques.

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12 septembre 2025 5 12 /09 /septembre /2025 16:26

 

 

Revirement historique sur les congés payés

Cour de cassation française

Principe juridique consacré

NOUVEAU DROIT FONDAMENTAL : Un salarié placé en arrêt maladie pendant ses congés payés a désormais le droit de voir ces congés reportés, à condition d'avoir notifié l'arrêt à son employeur.
HARMONISATION EUROPÉENNE : Cette décision met le droit français en conformité avec le droit de l'Union européenne après 30 ans de jurisprudence contraire.
IMPACT IMMÉDIAT : 2,3 millions d'entreprises françaises et 16 millions de salariés concernés par cette transformation juridique majeure.
30
années de jurisprudence renversées
2,3M
entreprises impactées
16M
salariés concernés
15
mois de délai de report
📋 Analyse juridique de l'arrêt
Le dispositif juridique

L'affaire oppose Mme G., médecin du travail employée depuis 1990 par l'Association Gimac santé au travail, à son employeur dans le cadre d'un litige né après son départ en retraite. Le litige porte spécifiquement sur le décompte des congés payés impactés par des arrêts maladie survenus pendant ses périodes de vacances, dûment notifiés à l'employeur.

"Il convient de juger désormais qu'il résulte de l'article L. 3141-3 du code du travail, interprété à la lumière de l'article 7, paragraphe 1, de la directive 2003/88/CE [...] que le salarié en situation d'arrêt de travail pour cause de maladie survenue durant la période de congé annuel payé a le droit de bénéficier ultérieurement des jours de congé payé coïncidant avec la période d'arrêt de travail pour maladie."
- Arrêt n°23-22.732, Cour de cassation
Conditions d'application
1
Arrêt pendant congés

L'arrêt maladie doit survenir pendant les congés payés (non avant)

2
Notification obligatoire

Le salarié doit notifier l'arrêt à l'employeur dans les délais légaux

3
Justification médicale

Certificat médical valide comme pour tout arrêt maladie

4
Report automatique

Les jours coïncidant sont automatiquement reportés (15 mois max)

đŸ‡ȘđŸ‡ș Pression européenne et conformité
2009
Arrêt Schultz-Hoff

La CJUE établit le principe du report des congés non pris en raison d'une maladie

2012
Arrêt ANGED

Consécration directe du report des congés en cas de maladie pendant les vacances

18 juin 2025
Lettre de mise en demeure

La Commission européenne met en demeure la France (procédure INFR 2024/4005)

10 septembre 2025
Arrêt de la Cour de cassation

Revirement jurisprudentiel pour éviter une condamnation européenne

Contexte de pression européenne

La lettre de mise en demeure du 18 juin 2025 accordait un délai de deux mois jusqu'au 18 août 2025. Non respecté par la France, ce délai exposait le pays à une saisine de la CJUE avec des condamnations financières potentiellement lourdes.

📊 Comparaison avant/après
Aspect Avant le 10 septembre 2025 Après le 10 septembre 2025
Principe général Aucun report possible des congés en cas de maladie pendant les vacances Droit au report automatique des jours coïncidant avec l'arrêt maladie
Jurisprudence de référence Arrêt du 4 décembre 1996 - refus catégorique du report Arrêt n°23-22.732 - consécration du droit au report
Conditions Aucune possibilité même avec justification médicale Notification obligatoire à l'employeur + certificat médical
Délai de report Non applicable 15 mois maximum à compter de la fin de l'année de référence
Impact sur les entreprises Gestion simplifiée - pas de report à prévoir Adaptation des logiciels RH et des processus obligatoire
đŸ’Œ Impact sur les entreprises et salariés
Implications pour les employeurs
Niveaux d'impact par domaine
Gestion RH
Très élevé
Coûts administratifs
Élevé
Risque juridique
Très élevé
Organisation du travail
Élevé
Risques identifiés par le patronat
  • Augmentation des arrêts maladie de complaisance pendant les congés
  • Complexification de la gestion des plannings, particulièrement en PME
  • Coûts supplémentaires : adaptation des logiciels, formation des équipes
  • Impossibilité de prévoir définitivement les absences
Droits renforcés des salariés
  • Garantie de pouvoir effectivement bénéficier de leurs congés payés
  • Protection contre les aléas de santé pendant les vacances
  • Flexibilité de 15 mois pour reporter les congés concernés
  • Harmonisation avec les standards européens de protection sociale
⚖ Réactions des partenaires sociaux
Position du patronat

Medef (Patrick Martin) : "Signal préoccupant pour notre compétitivité et la lutte contre les arrêts de travail abusifs"

CPME : Qualifie la décision d'"ubuesque", redoute un "appel d'air" vers les faux arrêts maladie

Syndicat des Indépendants : Alerte sur une "charge beaucoup trop lourde" pour les TPE

Satisfaction syndicale

CGT : "Deux victoires majeures", demande une application rétroactive immédiate

CFDT : "Quand on est malade, ce n'est pas des vacances", approche pragmatique

Consensus syndical : Demande d'inscription dans la loi pour sécuriser l'avancée

🔧 Modalités pratiques de mise en œuvre
Processus de report automatique
1
Déclaration

Arrêt maladie notifié sous 48h à l'employeur avec certificat médical

2
Exclusion automatique

Les jours coïncidant sont exclus du décompte de congés payés

3
Calcul du report

Nombre de jours = durée de l'arrêt pendant les congés initiaux

4
Information du salarié

L'employeur informe le salarié dans le mois suivant la reprise

5
Prise du report

Congés reportés à prendre dans les 15 mois maximum

Mécanismes anti-fraude
  • Contre-visites médicales renforcées en cas de suspicion
  • Suivi statistique des arrêts par salarié pour identifier les schémas suspects
  • Formation des managers pour détecter les signaux d'alerte
  • Vigilance accrue sans créer de climat de suspicion généralisée
🔼 Perspectives d'évolution
Nécessaire adaptation législative

Le législateur français devra intervenir pour modifier expressément le Code du travail et intégrer ces nouvelles dispositions. Cette inscription légale, réclamée par les syndicats, sécuriserait juridiquement les acquis tout en clarifiant les modalités d'application.

Évolutions potentielles
đŸ›ïž Domaine législatif
  • Modification du Code du travail
  • Extension à d'autres situations
  • Adaptation aux spécificités sectorielles
🏱 Impact organisationnel
  • Développement des Comptes épargne-temps
  • Évolution des logiciels RH
  • Nouveaux indicateurs de gestion
đŸ€ Dialogue social
  • Négociations collectives adaptées
  • Accords d'entreprise spécifiques
  • Formation des représentants
"Comment concilier protection individuelle et soutenabilité collective ? Cette interrogation dépasse le cadre des congés payés pour toucher aux équilibres fondamentaux du pacte social français."
- Caroline Diard, enseignant-chercheur
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10 septembre 2025 3 10 /09 /septembre /2025 09:00

 

 

 

 

Le 10 septembre 2025, le tribunal administratif d’Orléans a suspendu une délibération du conseil municipal de Saran.

👉 Cette délibération prévoyait de maintenir 100 % du traitement des agents en congé maladie ordinaire pendant trois mois, alors que la loi de finances 2025 a réduit ce maintien à 90 % pour tous les agents publics (État et collectivités).

🔎 Les points clés :
-La commune invoquait la protection sociale complémentaire et le besoin de préserver l’attractivité de la fonction publique territoriale.
-La préfète du Loiret contestait l’illégalité de ce régime dérogatoire, au nom du principe de parité entre les versants de la fonction publique.
-Le juge a estimé qu’il existait un doute sérieux quant à la légalité de la délibération et en a prononcé la suspension en attendant le jugement au fond.

👉 Enjeux :
Cette décision illustre la tension entre l’autonomie des collectivités locales et la nécessité d’un cadre uniforme pour la rémunération des agents publics. Elle pose aussi la question de la ca
pacité des communes à agir pour le bien-être de leurs agents face à des règles nationales plus restrictives.


💬 Avis www.naudrh.com : cette affaire reflète parfaitement le dilemme actuel. D’un côté, la volonté politique locale de soutenir les agents et d’améliorer leurs conditions de travail ; de l’autre, un État qui impose une stricte égalité de traitement au détriment, parfois, de l’attractivité locale. Je pense que l’avenir passera par une plus grande flexibilité encadrée, permettant aux communes d’innover sans contrevenir aux grands principes d’égalité.

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25 août 2025 1 25 /08 /août /2025 08:12

 

 

Dans la Fonction Publique Territoriale, la gestion des arrêts pour raison de santé peut vite devenir un casse-tête : CMO, CLM, CGM, CITIS, inaptitude physique, ATI… Chaque situation a ses règles, ses délais et ses procédures.

 

 

👉 Le document ci-dessous met à disposition des schémas clairs et opérationnels qui permettent aux DRH, responsables RH et gestionnaires :

- de visualiser en un coup d’œil la procédure à suivre (accident, maladie, rechute, invalidité…),

- d’identifier les délais critiques (déclaration de 15 jours pour un accident, 2 ans pour une maladie professionnelle, etc.),

- de sécuriser la transmission des dossiers auprès du Conseil médical, de la CDC ou des médecins agréés,

- de gagner du temps dans le traitement administratif en disposant de check-lists implicites à chaque étape,

- d’anticiper les conséquences statutaires (reclassement, retraite pour invalidité, disponibilité d’office).

 

 

✅ Pour les collectivités, ces outils graphiques sont de véritables guides de navigation : ils réduisent le risque d’erreur, harmonisent les pratiques RH et facilitent l’accompagnement des agents dans des moments souvent sensibles.

 

 

 

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12 juillet 2025 6 12 /07 /juillet /2025 13:32

 

 

 

 

Le Tribunal administratif de Toulouse vient de suspendre une délibération municipale visant à maintenir l'intégralité du traitement des agents publics durant les 3 premiers mois de congé de maladie ordinaire, en contradiction avec l’article 189 de la loi du 14 février 2025.

👉 En cause : le non-respect du nouveau cadre légal imposant un taux de remplacement à 90 %.

👉 Un rappel fort à l’ordre sur les limites de la libre administration des collectivités territoriales.

👉 Une jurisprudence à suivre pour les DRH publics, élus locaux et juristes territoriaux.

💬 Avis
www.naudrh.com : cette décision illustre la tension croissante entre les logiques de solidarité locale et les impératifs de maîtrise budgétaire nationale. Elle rappelle que même dans un souci d’équité, les collectivités ne peuvent s’affranchir du cadre législatif. Prudence donc, pour toute initiative locale dérogatoire !

 

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3 juillet 2025 4 03 /07 /juillet /2025 09:07

 

 

 

đŸ—“ïž À partir du 1er juillet 2025, un formulaire papier sécurisé et homologué devient obligatoire pour tout arrêt de travail prescrit sans outil numérique. Ce document, fourni par la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), devra être transmis dans un délai de 48 heures sous peine de sanctions.



👉 Objectif : lutter contre la fraude, améliorer la traçabilité et renforcer la fiabilité des données de l’assurance maladie.



📌 Médecins, sages-femmes, DRH et assurés : ce changement impacte directement vos pratiques.



📘 Le décret n°2025-587 encadre cette mesure dans le cadre des articles L.161-35 et L.321-2 du Code de la sécurité sociale.



âžĄïž Une étape supplémentaire vers la modernisation du système de santé… même si le papier reste encore d’actualité !



💬 Avis www.naudrh.com : ce décret marque une volonté claire de sécuriser les procédures encore basées sur le papier, tout en préparant le terrain à une dématérialisation généralisée. Il impose toutefois des contraintes supplémentaires aux assurés comme aux professionnels de santé. Un effort de pédagogie sera nécessaire pour accompagner ce virage réglementaire.

 

DĂ©cret n° 2025-587 du 28 juin 2025 relatif Ă  la transmission des avis d'arrĂȘt de travail

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27 juin 2025 5 27 /06 /juin /2025 11:38

 

 

 

 

 

 

Depuis le 1er mars 2025, la rémunération des agents de la fonction publique territoriale placés en congé de maladie ordinaire (CMO) a été modifiée. Désormais, durant les trois premiers mois d’un arrêt, les agents publics, qu’ils soient titulaires ou contractuels de droit public, ne perçoivent plus leur traitement à 100 %, mais à hauteur de 90 %. L’objectif de cette réforme est de contenir l’impact financier de l’absentéisme tout en maintenant un soutien partiel aux agents. Le dispositif conserve cependant le jour de carence déjà en vigueur pour le premier jour d’arrêt, et laisse inchangée la rémunération à demi-traitement au-delà des trois mois.

 

Des conséquences imprévues dues aux retards informatiques

Toutefois, la mise en œuvre technique de cette réforme par les prestataires des logiciels de paie a pris du retard. Conséquence directe : de nombreux agents ont continué à percevoir 100 % de leur traitement durant les trois premiers mois de leur arrêt, contrairement aux nouvelles dispositions. Une fois les logiciels mis à jour, ces agents ont été sommés de rembourser le trop-perçu, ce qui, pour un traitement mensuel net de 2 000 euros, représente environ 600 euros par mois pendant trois mois, soit un total de 1 800 euros à restituer, représentant parfois plusieurs centaines ou milliers d’euros.

 

Un risque financier injuste pour les agents

Ce risque est d’autant plus préoccupant qu’il est totalement imprévisible pour l’agent. N’ayant ni la main sur les paramétrages informatiques ni la visibilité sur les délais d’application des réformes, il lui est impossible d’anticiper ou de corriger lui-même l’erreur. Les sommes perçues sont souvent déjà engagées dans les dépenses courantes du foyer. Le remboursement postérieur peut donc provoquer une véritable détresse financière, voire un risque de surendettement.

Ce sentiment d’injustice est renforcé par le fait que la responsabilité de l’application correcte de la réforme incombe exclusivement à l’administration et à ses prestataires. Faire supporter aux agents les conséquences d’un dysfonctionnement administratif revient à introduire une insécurité financière incompatible avec les principes de protection des agents publics.

 

Quelles réponses pour les employeurs publics ?

Face à cette problématique, les employeurs territoriaux disposent de deux leviers d’action principaux :

1. L’exonération de la dette

Il est possible de renoncer à recouvrer le trop-perçu, notamment lorsque l’erreur résulte uniquement de l’administration et que l’agent pouvait légitimement croire à la régularité de sa paie. Cette option s’appuie sur les principes d’équité et sur une jurisprudence qui tolère l’annulation de créances dans certains cas exceptionnels, notamment lorsqu’aucune faute n’est imputable à l’agent. À ce titre, on peut se référer à la circulaire du 21 février 2011 relative au recouvrement des trop-perçus dans la fonction publique  , ainsi qu’à l’avis du Conseil d’État n° 387763 du 27 mars 2015, qui porte sur la récupération d’un indu dans le cas d’une erreur non imputable à l’agent, sans manœuvre frauduleuse de sa part. Toutefois, elle exige une instruction individualisée et une décision explicite de l’employeur.

 

2. L’étalement des remboursements

Si l’exonération n’est pas envisageable, il convient au minimum de proposer un échéancier souple permettant de lisser la charge financière. Cette solution limite l’impact immédiat sur le budget de l’agent. En pratique, l’échelonnement du remboursement peut s’étendre sur plusieurs mois, généralement entre trois et douze mois selon le montant dû et la situation personnelle de l’agent. Un dialogue individualisé avec le service RH est indispensable pour adapter la durée et le rythme des retenues à la capacité de remboursement de l’agent. En revanche, elle peut fausser les déclarations de revenus transmises à l’administration fiscale, ce qui peut entraîner des régularisations futures complexes et pénalisantes.

Anticiper, expliquer et protéger

Dans tous les cas, la transparence est une exigence. Les directions des ressources humaines doivent anticiper ces situations en informant en amont les agents, en assurant un accompagnement humain et financier individualisé, et en adaptant les processus de traitement des anomalies. Il est également fondamental d’alerter les élus sur la nécessité de contraindre les prestataires de paie à des calendriers réalistes et fermes. À cet effet, les employeurs publics peuvent s’appuyer sur des clauses contractuelles précises relatives aux délais de mise en œuvre des évolutions réglementaires, assorties de pénalités en cas de retard. Des audits réguliers de conformité logicielle ou l’intégration d’indicateurs de performance dans les contrats de prestation peuvent également renforcer l’exigence de réactivité.

Si cette réforme poursuit un objectif de rationalisation budgétaire, elle ne doit pas générer de déséquilibres personnels pour les agents, surtout lorsque ceux-ci ne sont pas responsables des dysfonctionnements rencontrés. Il est du devoir de l’administration territoriale de garantir une mise en œuvre technique fiable et rapide des réformes qu’elle porte, sous peine de compromettre la confiance des agents envers leur employeur public.

 

Avis www.naudrh.com : cette situation illustre une faiblesse structurelle récurrente de la fonction publique territoriale, il s'agit de l’insuffisante articulation entre réglementation et outils informatiques. Il est urgent que les DRH, en lien avec les élus, exigent des engagements fermes de la part des prestataires en matière de délais et de qualité. Faute de quoi, les agents continueront de subir les contrecoups d’un système qui ne leur laisse ni marge de manœuvre ni possibilité de contestation immédiate.

 

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

Contact naudrhexpertise@gmail.com

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20 juin 2025 5 20 /06 /juin /2025 20:19

 

 

 

 

Afin d'améliorer la prise en charge des agents malades et de faciliter leur maintien dans l'emploi ou leur retour à l'emploi, le décret n° 2022-353 du 11 mars 2022 relatif aux conseils médicaux dans la fonction publique de l'État a réformé l'organisation des instances médicales de la fonction publique de l'État et le recours aux conseils médicaux qui ne sont désormais plus systématiquement saisis pour tout renouvellement de congé de maladie, de longue maladie ou de longue durée. Concernant les fonctionnaires en attente d'un passage devant le conseil médical en vue de l'octroi ou du renouvellement d'un congé de longue maladie (CLM) et congé de longue durée (CLD), ceux-ci peuvent se trouver dans deux types de situations. S'il n'a pas épuisé ses droits à congé de maladie, le fonctionnaire continue de percevoir l'intégralité ou une quotité allant de 50 % à 60% de son traitement, selon la nature du congé dont il bénéficie et selon le temps écoulé depuis le début de ce congé.

 

Dans l'hypothèse où l'agent est en CLM depuis un an et qu'il a donc épuisé ses droits à plein traitement mais pas ses droits à CLM, l'agent peut obtenir un renouvellement après avis du conseil médical. Or, l'article 37 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires prévoit qu'à l'issue d'une période de CLM, tout ou partie du traitement continue de lui être payé à condition qu'il ait demandé et obtenu le renouvellement de son congé.

 

Cette disposition fait donc reposer sur l'agent l'obligation de saisir en temps et en heure le conseil médical. Si la demande a été faite mais que la décision de l'administration n'est pas encore intervenue à l'expiration de cette première année, une lecture stricte de cet article 37 implique que la rémunération ne puisse être maintenue tant que l'avis du conseil médical n'aura pas été rendu. Toutefois, en pratique, il est d'usage de maintenir la rémunération afin d'éviter de mettre en oeuvre une procédure de suspension qui sera suivie, en cas d'avis favorable, d'une procédure de rétablissement de la rémunération avec, le cas échéant, un rattrapage correspondant à la période de suspension, dans la mesure où le retard pris dans la décision de renouvellement du congé ne dépend pas de l'agent. En termes statutaires, l'agent reste en position d'activité, comme pour tout congé de maladie. S'il a épuisé ses droits à congé de maladie et s'il est dans l'attente de l'avis d'un conseil médical sur sa situation, il convient de faire application des dispositions des articles 27 et 47 du décret du 14 mars 1986 qui ont été modifiées précisément sur ce point par le décret n° 2024-641 du 27 juin 2024 relatif au régime de certains congés pour raison de santé des fonctionnaires et des agents contractuels de l'État. Ces deux articles imposent désormais à l'administration de placer l'agent en position de disponibilité pour raison de santé et de maintenir le versement d'une indemnité égale au montant du traitement et des primes et indemnités qu'il percevait à l'expiration de son congé de maladie.

 

Dans ces situations, le versement de cette indemnité et primes éventuelles est maintenu jusqu'à ce que l'administration prenne une décision définitive prononçant la reprise d'activité, le reclassement, la mise en disponibilité ou l'admission à la retraite du fonctionnaire. Ce dispositif a été créé afin de répondre aux situations où la décision de réintégration, de reclassement, de mise en disponibilité ou de radiation des cadres pour invalidité ne peut être prise par l'administration compétente, dans les délais impartis, à l'expiration des droits statutaires à congés du fonctionnaire. La décision d'attribution de l'indemnité constitue une décision favorable créatrice de droit.

 

En l'absence d'illégalité, ce type de décision ne peut être retiré qu'à la demande du bénéficiaire et sous réserve de la remplacer par une décision plus favorable. Par conséquent, le fonctionnaire ayant bénéficié de cette indemnité conserve le montant des sommes qui lui ont été versées quel que soit l'issue de la procédure requérant l'avis des instances médicales (CE, 9 novembre 2018, n° 412684, mentionné aux tables du recueil Lebon). Néanmoins, étant donné que cette situation temporaire de disponibilité a vocation à disparaître rétroactivement lorsque l'administration a rendu sa décision, le montant de l'indemnité inférieur ou égal à la rémunération ou à la pension finalement accordées est récupéré par l'employeur ; autrement dit les montants ne se cumulent pas entre eux.

 

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7 juin 2025 6 07 /06 /juin /2025 21:23

 

 

 

 

Dans un courrier adressé le 6 juin 2025 à François Bayrou, Premier ministre, ainsi qu'aux ministres Aurore Bergé et Laurent Marcangeli, les syndicats de la fonction publique expriment une ferme opposition à une mesure qui risque d’impacter gravement les femmes enceintes au sein de la fonction publique. Depuis le 1er mars 2025, les fonctionnaires enceintes en congé maladie ordinaire (hors congé maternité ou grossesse pathologique) verront leur rémunération réduite de 10 % dès le premier jour d'arrêt. Cette décision, jugée discriminatoire et rétrograde, soulève une vague d'indignation et est perçue comme une régression inacceptable dans la lutte pour l'égalité des sexes.

Une mesure discriminatoire et sexiste

Cette réduction salariale, qui frappe directement les femmes enceintes, constitue une injustice manifeste. Les syndicats dénoncent cette politique comme une forme de discrimination sexiste, pénalisant les femmes déjà confrontées aux défis physiques et émotionnels de la grossesse. En effet, si une femme enceinte est contrainte de s'arrêter quelques jours pour des raisons médicales, elle subira une réduction immédiate de son salaire, et ce dès le premier jour d’arrêt maladie. Une telle mesure constitue un fardeau financier supplémentaire, rendant plus difficile la gestion de cette période de vulnérabilité.

Il est important de souligner que la grossesse est un événement médical naturel. Pourtant, cette décision traite la grossesse comme une sorte de « faute professionnelle », en obligeant les femmes à rester « productives » même pendant cette période délicate. Les syndicats soulignent que cette décision revient à ignorer les réalités de la maternité et à réduire les droits des femmes à une question de rentabilité économique, un choix totalement inacceptable dans un État qui se dit attaché à l'égalité.

Un retour inquiétant sur les avancées législatives

Les syndicats rappellent qu’en 2018, suite à une forte mobilisation, le Parlement avait décidé de supprimer le jour de carence pour les femmes enceintes, une mesure qui avait été perçue comme un progrès majeur en matière d'égalité professionnelle. Or, avec cette nouvelle réforme, le gouvernement semble non seulement revenir sur cette avancée, mais aussi encourager une forme de stigmatisation des femmes enceintes dans la fonction publique. Ce retour en arrière est d’autant plus préoccupant qu’il survient dans un secteur où existent déjà de nombreuses inégalités : salaires inégaux, carrières fragilisées par la précarité contractuelle, ou encore temps partiels imposés.

Les syndicats mettent en lumière l’aspect contre-productif de cette politique : au lieu d’améliorer la qualité du travail dans la fonction publique en soutenant les agents, ce genre de décision risque de décourager les femmes, et de renforcer la discrimination indirecte envers elles.

Pourquoi cette mesure est contre-productive pour la fonction publique

Au-delà de la question de l’égalité des sexes, cette mesure porte atteinte à la solidarité qui est censée régner au sein de la fonction publique. En introduisant une réduction salariale immédiate pour les femmes enceintes, elle risque de créer un climat de méfiance et de culpabilisation parmi les fonctionnaires. Les syndicats estiment que, loin d'encourager l'efficacité et la productivité, cette politique pourrait au contraire entraîner une démotivation des agents.

De plus, cette réforme risque de nuire à la cohésion de la fonction publique, qui repose sur des valeurs de solidarité et de soutien aux agents en difficulté, qu’ils soient malades, en congé parental ou en grossesse. En pénalisant les femmes enceintes de manière injustifiée, cette mesure contribue à renforcer les inégalités structurelles existantes.

L’appel à l’action des syndicats : Unité et mobilisation

Face à cette mesure, les syndicats appellent à une mobilisation générale des fonctionnaires pour revendiquer le retrait immédiat de cette décision. Ils demandent également un engagement fort du gouvernement pour garantir le maintien de la rémunération pour toutes les femmes enceintes, sans distinction, quelle que soit la nature de l’arrêt maladie. Il est essentiel que des politiques de santé au travail spécifiques soient mises en place, afin de prendre en compte les réalités de la maternité et du parcours professionnel des femmes.

Les syndicats insistent : cette mesure n'est ni une réponse aux impératifs budgétaires, ni une avancée en matière de réformes. Il s’agit d’une régression dans la reconnaissance des droits des femmes et de l'ensemble des agents publics. Le gouvernement doit impérativement retirer cette mesure et proposer des solutions plus respectueuses des droits des femmes et des agents de la fonction publique.

Une fonction publique égalitaire et inclusive

L’enjeu de cette réforme va bien au-delà des simples aspects financiers. Elle touche directement les fondements de la fonction publique, un modèle censé incarner des valeurs d’égalité et de solidarité. Pénaliser les femmes enceintes en réduisant leur rémunération est une décision qui fragilise encore davantage les agents publics, notamment les femmes, dans un environnement déjà marqué par des inégalités structurelles.

Les syndicats restent fermement opposés à cette mesure et appellent à son retrait immédiat. Il est impératif que le gouvernement adopte une politique plus respectueuse des droits des femmes et des agents publics, et qu’il soutienne véritablement les parcours professionnels des femmes, en particulier en ce qui concerne la grossesse et la maternité.

Avis www.naudrh.com : cette mesure est non seulement injuste, mais également contre-productive, tant sur le plan social qu'économique. Elle pénalise des fonctionnaires déjà fragilisées par des conditions de travail précaires. Plutôt que de chercher à économiser sur le dos des agents, il serait plus judicieux de renforcer les politiques de soutien et de solidarité au sein de la fonction publique, pour garantir l'égalité des chances pour tous, et notamment pour les femmes.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

Contact naudrhexpertise@gmail.com

Courrier syndicats fonction publique du 6 juin 2025

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5 juin 2025 4 05 /06 /juin /2025 18:21

 

 

La loi de finances pour 2025  a introduit une nouvelle mesure concernant le maintien du régime indemnitaire pendant les congés de maladie ordinaire (CMO). À partir de cette année, durant les trois premiers mois de CMO, les fonctionnaires ne toucheront plus la totalité de leur traitement, mais seulement 90 % après application de la journée de carence. Cette mesure s'applique aussi aux agents contractuels.

 

Cependant, le supplément familial de traitement (SFT) et l’indemnité de résidence (IR) restent maintenus en intégralité durant la période de CMO.

 

Pour les fonctionnaires territoriaux, la réduction à 90 % du traitement a un impact différent selon l’application du principe de parité. Pour ceux soumis à ce principe, le régime indemnitaire est également réduit à 90 %. En revanche, pour ceux non soumis à cette parité, comme les policiers municipaux, gardes champêtres ou les sapeurs-pompiers professionnels, le régime indemnitaire peut rester intégral, sans nécessiter une nouvelle délibération de l'organe délibérant de la collectivité.

 

 

Cliquez sur l'image pour télécharger le document.

 

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29 mai 2025 4 29 /05 /mai /2025 14:23

 

 

 

 

Dans le secteur privé, la lutte contre les abus d'arrêts maladie s'appuie aujourd'hui sur un arsenal diversifié comprenant les contre-visites médicales traditionnelles mais aussi, de manière croissante, le recours à des professionnels de l'enquête privée. Cette évolution répond à une réalité économique préoccupante : selon l'Assurance maladie, les fraudes aux arrêts de travail ont augmenté de 50% en 2023, représentant près de 7,9 millions d'euros de préjudices détectés.

Cette situation soulève une question légitime pour les employeurs publics territoriaux : disposant-ils des mêmes outils et peuvent-ils utiliser aux mêmes procédures que leurs homologues du secteur privé ? Cette interrogation prend une dimension particulière dans un contexte budgétaire contraint où chaque collectivité doit optimiser la gestion de ses ressources humaines tout en respectant les principes déontologiques qui régissent le service public.

Le cadre juridique du contrôle médical dans la fonction publique territoriale

Les fondements réglementaires

Le contrôle des arrêts maladie dans la fonction publique territoriale repose sur des bases juridiques solides établies depuis plusieurs décennies. Les articles L. 822-1 à L. 822-5 du Code général de la fonction publique (CGFP) constituant désormais le socle de ce dispositif, complétés par les dispositions du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 concernant l'agrément des médecins contrôleurs.

Ces textes établissent le principe fondamental selon lequel l'autorité territoriale peut, à tout moment pendant un congé maladie, faire procéder au contrôle médical d'un agent par un médecin agréé. Cette prérogative s'exerce dans un double objectif : vérifier la justification médicale du congé accordé et s'assurer du respect des obligations qui incombent à l'agent en arrêt.

Les modalités du contrôle médical traditionnel

Le contrôle médical s'organise selon une procédure impliquant des médecins généralistes et spécialistes inscrits sur une liste préfectorale (médecins agrées). Cette contre-visite peut prendre deux formes : une convocation au cabinet du médecin contrôleur ou un déplacement au domicile de l'agent. L'objectif consiste à vérifier l'incapacité physique réelle d'exercer les fonctions et le respect des conditions d'autorisation de sortie.

Le décret n° 2011-1359 du 25 octobre 2011 a par ailleurs une expérimentation du contrôle des arrêts maladie, témoignant de la volonté du législateur d'adapter les dispositifs aux évolutions des pratiques d'absentéisme.

Les limites du système traditionnel et l'émergence de nouveaux besoins

Les défis du contrôle médical classique

Bien que le contrôle médical reste l'outil principal à disposition des employeurs publics, il présente certaines limites qui peuvent nuire à son efficacité. La convocation préalable permet parfois à l'agent de "se mettre en condition" pour la visite, entraînant la portée du contrôle. Par ailleurs, ce dispositif se concentre essentiellement sur l'aspect médical sans permettre de détecter d'autres formes d'abus comme l'exercice d'une activité professionnelle parallèle.

Ces constats expliquent pourquoi le secteur privé s'oriente de plus en plus vers des méthodes d'investigation complémentaires, notamment le recours à des détectives privés pour effectuer des surveillances discrètes et documenter les comportements frauduleux.

L'évolution des pratiques frauduleuses

L'évolution des technologies et des modes de communication a également transformé la nature des fraudes potentielles. Les réseaux sociaux, par exemple, peuvent révéler des activités incompatibles avec un arrêt maladie, nécessitant des compétences d'investigation spécialisées pour être détectées et documentées de manière juridiquement recevable.

Le recours aux enquêtes privées dans la fonction publique : cadre juridique et pratique

L'arrêt fondateur du Conseil d'État

Une décision majeure du Conseil d'État en date du 16 juillet 2014 (arrêt M. Ganem) a marqué un tournant dans l'approche du contrôle des agents publics. Cette jurisprudence a reconnu la possibilité pour un employeur public de recourir à un détective privé pour établir la preuve d'une faute commise par ses agents.

Dans cette affaire, la commune de Jouy-en-Josas avait mandaté des détectives privés pour vérifier si un agent en congé de longue durée exerçait une activité privée lucrative. Le Conseil d'État a validé cette démarche en précisant que l'employeur public peut "apporter au juge la preuve d'une faute commise par un de ses agents par tout moyen", tout en démontrant l'obligation de loyauté qui s'impose à l'administration.

Les conditions de licence de l'enquête privée

Cette jurisprudence établit un cadre précis pour le recours aux enquêtes privées dans le secteur public. L'employeur territorial peut légalement mandater un détective privé, mais cette démarche doit respecter certaines conditions essentielles :

L'obligation de loyauté implique que l'administration ne peut utiliser à des procédés déloyaux ou disproportionnés dans ses enquêtes. Le respect de la vie privée de l'agent demeure un principe intangible, limitant les moyens d'enquête aux éléments accessibles dans l'espace public ou professionnel.

La proportionnalité entre les moyens et les enjeux doit également être respectée. Le recours à une enquête privée doit être justifié par des éléments sérieux laissant présumer une fraude ou un manquement aux obligations de service.

Les organismes spécialisés : une alternative structurée

L'émergence de prestataires dédiés au secteur public

Parallèlement au développement des enquêtes privées classiques, des organismes spécialisés proposent désormais des services de contrôle médical adaptés aux spécificités de la fonction publique. Ces prestataires offrent une approche intermédiaire entre le contrôle médical traditionnel et l'enquête privée pure.

Ces services permettent d'organiser des contre-visites médicales dans des délais courts (24 à 48 heures) tout en proposant un accompagnement dans la gestion des suites à donner selon les conclusions du contrôle. Cette approche présente l'avantage de rester dans un cadre strictement médical tout en offrant une réactivité comparable à celle du secteur privé.

 

Les avantages de cette approche hybride

Cette méthode présente plusieurs atouts pour les employeurs territoriaux. Elle permet de maintenir une approche avant tout préventive et dissuasive, conformément à l'éthique du service public, tout en renforçant l'efficacité du contrôle. L'intervention de prestataires spécialisés apporte également une expertise technique et juridique précieuse pour les services RH des collectivités.

Le contrôle administratif : un outil complémentaire souvent sous-exploité

Les modalités du contrôle administratif

Parallèlement au contrôle médical, les employeurs territoriaux disposent d'un outil souvent méconnu : le contrôle administratif. Cette procédure vise à vérifier le respect par l'agent de ses obligations pendant son arrêt maladie, notamment sa présence à domicile pendant les heures où les sorties sont interdites.

Ce contrôle, organisé directement par l'administration, peut prendre la forme de visites inopinées au domicile de l'agent ou de vérifications téléphoniques. Il constitue un moyen terme entre l'inaction et le recours à des méthodes d'investigation plus poussées.

L'articulation avec les autres dispositifs

Le contrôle administratif s'articule naturellement avec le contrôle médical pour offrir une approche globale de la vérification des arrêts maladie. Cette complémentarité permet d'optimiser l'utilisation des ressources tout en respectant les principes déontologiques propres au service public.

Analyse comparative : secteur public versus secteur privé

Les outils disponibles dans chaque secteur

La comparaison entre les moyens de contrôle disponibles dans les secteurs public et privé révèle à la fois des similitudes et des spécificités importantes. Dans les deux cas, le contrôle médical constitue l'outil de base, avec toutefois des modalités d'organisation différentes.

Le secteur privé bénéficie d'une plus grande liberté dans le choix de ses méthodes de contrôle, notamment concernant le recours aux enquêtes privées. Cependant, la jurisprudence du Conseil d'État a considérablement rapproché les possibilités offertes au secteur public, sous réserve du respect des principes de loyauté et de proportionnalité.

Les contraintes spécifiques du secteur public

Les employeurs territoriaux doivent néanmoins composer avec des contraintes particulières liées aux principes du service public. L'obligation de loyauté est plus strictement encadrée que dans le secteur privé, et la notion d'intérêt général doit toujours primer sur les considérations purement économiques.

Ces spécificités n'empêchent pas le recours à des méthodes de contrôle efficaces, mais elles imposent une approche plus réfléchie et proportionnée dans le choix des moyens d'enquête.

Recommandations pratiques pour les DRH territoriaux

Construire une stratégie de contrôle adaptée

Pour optimiser la lutte contre les abus d'arrêts maladie, les DRH territoriales doivent développer une approche stratégique combinant plusieurs outils. Cette stratégie doit s'appuyer sur une analyse des risques propres à chaque collectivité et tenir compte des ressources disponibles.

L'articulation entre contrôle médical, contrôle administratif et, le cas échéant, enquêtes complémentaires doit être pensée de manière cohérente. Il convient également de développer des indicateurs de suivi permettant d'évaluer l'efficacité des dispositifs mis en place.

La formation des équipes RH

La complexité croissante des dispositifs de contrôle nécessite une montée en compétences des équipes RH territoriales. Cette formation doit porter sur les aspects juridiques, mais aussi sur les méthodes d'analyse des situations suspectes et la gestion des procédures de contrôle.

Le développement d'une culture de la vigilance, tout en préservant les relations sociales, constitue un enjeu majeur pour les services RH. Cette approche nécessite de trouver le bon équilibre entre fermeté et bienveillance, conformément aux valeurs du service public.

Les enjeux déontologiques et managériaux

Préserver la confiance tout en luttant contre les abus

La mise en place de dispositifs de contrôle renforcés soulève des questions déontologiques importantes. Comment maintenir un climat de confiance avec les agents tout en développant des outils de surveillance plus désignés ? Cette interrogation est au cœur des préoccupations des gestionnaires territoriaux.

La réponse réside dans une approche transparente et proportionnée, où les dispositifs de contrôle s'inscrivent dans une démarche globale de prévention et d'accompagnement. La communication sur les enjeux et les méthodes employées contribue à légitimer ces dispositifs auprès des agents.

L'impact sur le management des équipes

L'évolution des méthodes de contrôle modifie également les pratiques managériales. Les encadrants doivent être sensibilisés aux signaux d'alerte et formés aux procédures à suivre en cas de suspicion d'abus. Cette évolution nécessite un accompagnement spécifique pour éviter les dérives et maintenir l'équilibre des relations de travail.

Perspectives d'évolution et d'innovations

Les apports du numérique

L'évolution technologique ouvre de nouvelles possibilités pour le contrôle des arrêts maladie. Les outils d'analyse de données permettent désormais d'identifier des motifs suspects dans l'absentéisme et d'orienter les contrôles de manière plus ciblée.

Ces innovations doivent cependant être encadrées par des règles strictes de protection des données personnelles, particulièrement sensibles dans le contexte du service public. L'enjeu consiste à tirer parti des opportunités technologiques tout en préservant les droits fondamentaux des agents.

Vers une approche plus préventive

L'avenir de la lutte contre les abus d'arrêts maladie semble s'orienter vers une approche plus préventive, combinant des conditions de travail, un accompagnement des agents en difficulté et un renforcement ciblé des contrôles. Cette évolution correspond aux attentes sociétales d'un service public moderne et responsable.

 

Vers un équilibre entre efficacité et déontologie

L'analyse des pratiques de contrôle des arrêts maladie dans la fonction publique territoriale révèle une évolution significative des moyens disponibles. Si les employeurs publics ne disposent pas exactement des mêmes outils que leurs homologues du secteur privé, ils bénéficient néanmoins d'un arsenal juridique et pratique qui s'est considérablement enrichi ces dernières années.

La jurisprudence du Conseil d'État a ouvert la voie au recours aux enquêtes privées, sous réserve du respect de conditions strictes de loyauté et de proportionnalité. Parallèlement, le développement d'organismes spécialisés et l'amélioration des dispositifs de contrôle médical offrent des alternatives adaptées aux spécificités du service public.

L'enjeu pour les DRH territoriaux consiste désormais à construire une stratégie de contrôle cohérente, combinant ces différents outils tout en préservant les valeurs fondamentales du service public. Cette approche nécessite une montée en compétences des équipes, une communication transparente avec les agents et une vigilance constante quant au respect des principes déontologiques.

L'évolution vers des méthodes de contrôle plus sophistiquées ne doit pas masquer l'importance d'une approche globale de la prévention de l'absentéisme, intégrant des conditions de travail, l'accompagnement des agents et le renforcement du dialogue social. C'est dans cette perspective d'équilibre que les employeurs territoriaux pourront lutter efficacement contre les abus tout en préservant la confiance indispensable au bon fonctionnement du service public.

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

Contact naudrhexpertise@gmail.com

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