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  • En responsabilité dans le domaine des Ressources Humaines (spécificité Public) depuis maintenant pratiquement 26 ans
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Fiche pratique juridique | Paie, temps partiel et droits familiaux

Supplément familial de traitement : peut-on réduire systématiquement le SFT d'un fonctionnaire travaillant à 50 % ?

Un fonctionnaire travaillant à mi-temps ne doit pas nécessairement percevoir la moitié de son supplément familial de traitement. La réduction proportionnelle prévue par les textes doit respecter une garantie minimale qui protège les droits familiaux des agents publics.

Pascal NAUD
Président fondateur de NAUDRH.COM
Expertise en ressources humaines territoriales et management public
Analyse juridique au 29 octobre 2026

1. La question réelle : un SFT divisé par deux après un congé de maternité

Une agente territoriale reprend son activité à mi-temps à l'issue de son congé de maternité. Elle a deux enfants à charge et constate, à la lecture de son bulletin de paie, que sa direction des ressources humaines a réduit de moitié son supplément familial de traitement.

Elle s'interroge sur la légalité de cette diminution. Le passage à 50 % de son temps de travail entraîne-t-il nécessairement une réduction de 50 % de son SFT ?

Cette situation, inspirée d'une question posée sur le forum RH territorial NAUDRH, révèle une difficulté qui peut concerner de nombreuses collectivités : la confusion entre le principe de rémunération proportionnelle et la garantie légale d'un montant minimal.

En matière de supplément familial de traitement, ces deux mécanismes doivent être appliqués conjointement.

La difficulté ne consiste donc pas à déterminer si le SFT peut diminuer, mais jusqu'à quel montant il peut légalement être réduit.

2. La règle juridique : une proratisation encadrée par un minimum garanti

Le principe : le SFT dépend de la quotité de rémunération

Le supplément familial de traitement constitue un élément de la rémunération des agents publics ayant des enfants à charge. Son montant dépend du nombre d'enfants ouvrant droit et du traitement indiciaire de référence, dans les limites fixées par la réglementation.

L'article 12 du décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 prévoit que, sous réserve des dérogations législatives ou réglementaires, le SFT d'un agent à temps partiel est fonction de la quotité de traitement soumis aux retenues pour pension qu'il perçoit.

Cette règle comporte une exception concernant l'élément fixe prévu pour un enfant.

Pour deux enfants à charge, le SFT comprend un élément fixe mensuel de 10,67 € et un élément proportionnel représentant 3 % du traitement indiciaire de référence, sous réserve des seuils réglementaires.

La garantie : le montant minimal du SFT doit être préservé

L'article L. 612-6 du Code général de la fonction publique prévoit une protection spécifique pour les fonctionnaires à temps partiel.

Cette garantie signifie que le passage à temps partiel ne peut conduire à verser un supplément familial inférieur au minimum réglementaire correspondant au nombre d'enfants ouvrant droit.

Il ne faut cependant pas en déduire que le fonctionnaire conserve nécessairement l'intégralité du montant précédemment perçu. Lorsque son SFT à temps plein dépassait le plancher, une diminution reste possible.

Les montants minimaux réglementaires
Nombre d'enfants à charge Minimum mensuel brut
1 enfant 2,29 €
2 enfants 77,71 €
3 enfants 194,03 €
Par enfant supplémentaire 138,66 € supplémentaires

Montants de référence consultés au 29 octobre 2026. Leur actualisation doit être vérifiée lors des évolutions indiciaires.

3. Exemple de calcul : une fonctionnaire à 50 % avec deux enfants

Prenons une fonctionnaire territoriale occupant un emploi à temps complet et autorisée, après son congé de maternité, à travailler à 50 % pour élever son enfant.

Elle a deux enfants à charge. Son supplément familial à temps plein s'élève, à titre d'exemple, à 120 € brut par mois.

Simulation pédagogique de paie

SFT avant passage à temps partiel
120,00 € brut par mois.

Calcul proportionnel à 50 %
120,00 € × 50 % = 60,00 €.

Minimum garanti pour deux enfants
77,71 € brut par mois.

Résultat

77,71 € brut par mois

Le calcul proportionnel de 60 € étant inférieur au minimum réglementaire, le montant à retenir est de 77,71 €.

Exemple simplifié pour illustrer le mécanisme de garantie. Le calcul réel doit tenir compte des éléments réglementaires de liquidation et des droits individuels de l'agent.

Dans cet exemple, la DRH aurait commis une erreur en versant automatiquement 60 € de SFT au seul motif que l'agente travaille à mi-temps.

En revanche, elle n'est pas tenue de maintenir le montant initial de 120 €, puisque la garantie légale ne porte que sur le minimum réglementaire.

La règle opérationnelle consiste à comparer systématiquement le montant calculé pour la quotité rémunérée et le minimum légal, puis à retenir le montant le plus élevé.

4. Attention à la distinction entre temps partiel et temps non complet

Dans la fonction publique territoriale, un fonctionnaire travaillant à 50 % peut relever de situations statutaires différentes. La qualification juridique de sa situation conditionne les règles de rémunération applicables.

Situation Conséquence RH
Temps partiel à 50 %
Fonctionnaire occupant un emploi à temps complet.
Application du régime du temps partiel et de la garantie minimale du SFT.
Emploi à temps non complet
Fonctionnaire nommé sur un emploi créé pour une durée de 17 h 30 par semaine.
Application des règles propres aux emplois à temps non complet, à examiner distinctement.
Temps partiel thérapeutique Dispositif statutaire distinct, nécessitant une analyse spécifique de la rémunération.

Une agente autorisée à travailler à 50 % sur un emploi normalement à temps complet ne se trouve donc pas dans la même situation qu'un fonctionnaire nommé directement sur un emploi à temps non complet.

La collectivité doit identifier le fondement statutaire de la quotité de travail avant de liquider les éléments de rémunération.

5. Quelle décision doit prendre la DRH ?

Lorsqu'une agente conteste une diminution de son SFT après une reprise à mi-temps, la direction des ressources humaines doit reprendre les éléments de liquidation et vérifier la conformité du montant effectivement versé.

La première vérification porte sur les enfants ouvrant droit au supplément familial. Il convient d'examiner la charge effective et permanente des enfants, la situation professionnelle de l'autre parent et les éventuelles règles de partage applicables.

La deuxième vérification concerne la situation statutaire de l'agente et la quotité de rémunération applicable. La DRH doit notamment s'assurer que le logiciel de paie applique le bon régime de temps partiel.

La troisième vérification consiste à calculer le SFT au regard du traitement de référence et du nombre d'enfants, puis à comparer le montant liquidé au minimum réglementaire.

Lorsque le montant versé est inférieur au minimum garanti, le paramétrage de paie doit être corrigé. La collectivité doit également rechercher depuis quand l'erreur existe afin d'examiner les rappels de rémunération dus, dans les limites des règles de prescription applicables.

Lorsque le calcul est conforme, une explication écrite des modalités de liquidation permet de répondre à l'agente et de prévenir un litige.

6. Contrôle de conformité : huit vérifications pour sécuriser la paie

Cette grille peut être utilisée lors de l'instruction d'une demande individuelle ou dans le cadre d'un contrôle interne des rémunérations.

□ Vérifier le nombre d'enfants ouvrant droit au SFT.

□ Contrôler la charge effective et permanente des enfants.

□ Vérifier la situation de l'autre parent et le bénéficiaire du SFT.

□ Identifier le régime : temps partiel, temps non complet ou temps partiel thérapeutique.

□ Contrôler la quotité de rémunération et le traitement indiciaire de référence.

□ Vérifier les éléments fixe et proportionnel du SFT.

□ Comparer le montant obtenu avec le minimum réglementaire.

□ Examiner les éventuelles erreurs antérieures et procéder aux régularisations nécessaires.

Cette grille constitue un instrument de contrôle interne, à compléter par les pièces justificatives propres à chaque situation individuelle.

7. Les erreurs les plus fréquentes

Diviser automatiquement le SFT par deux

Une réduction de 50 % du SFT, appliquée sans comparaison avec le minimum légal, peut conduire à une rémunération inférieure au montant réglementairement garanti.

Considérer que le SFT doit rester intégralement inchangé

La garantie minimale ne signifie pas que le fonctionnaire conserve automatiquement le montant intégral précédemment versé à temps plein. Une diminution demeure possible lorsque le plancher est respecté.

Négliger les changements de situation familiale

Une naissance, une séparation, une modification de résidence ou un changement dans la charge effective des enfants peuvent affecter les droits. Ces éléments doivent être actualisés.

Laisser persister une erreur de paramétrage

Une mauvaise règle de calcul intégrée au logiciel de paie peut produire des anomalies pendant plusieurs mois. Le contrôle doit donc porter aussi bien sur la situation individuelle que sur le dispositif de liquidation automatisée.

8. Conclusion : le temps partiel n'efface pas la garantie familiale

Le passage à mi-temps d'une fonctionnaire territoriale après un congé de maternité peut légalement entraîner une diminution de son supplément familial de traitement.

Mais cette diminution ne peut pas être calculée de manière automatique sans tenir compte du montant minimal réglementaire prévu pour le même nombre d'enfants à charge.

Pour deux enfants, le plancher mensuel brut applicable à la date de cette analyse est de 77,71 €.

La décision de la collectivité doit donc reposer sur une liquidation complète des droits et non sur une simple opération arithmétique appliquée à l'ancien montant.

Préconisation NAUDRH.COM

Mettre en place dans le logiciel de paie un contrôle automatique du minimum de SFT lors de chaque modification de quotité de travail. Cette mesure permet de réduire les risques de sous-paiement, de sécuriser les droits des agents et d'éviter des régularisations tardives.

Bibliothèque professionnelle NAUDRH.COM

Votre dossier RH ne s'arrête pas ici

La question de la réduction du SFT à temps partiel ouvre sur plusieurs difficultés de gestion : calcul de la rémunération, justification des droits familiaux, résidence alternée et prévention des indus.

Pour poursuivre l'analyse, NAUDRH.COM vous propose trois ressources sélectionnées selon le problème professionnel à résoudre, et non selon leur date de publication.

Problème RH n° 1 — Fiabiliser le calcul du SFT

Comment calculer correctement le supplément familial de traitement et éviter les erreurs de paie ?

Cette publication NAUDRH.COM présente les règles de calcul et les difficultés rencontrées dans les collectivités : détermination des bénéficiaires, nombre d'enfants, situation des parents et erreurs récurrentes.

Lire l'analyse : SFT, règles de calcul et erreurs à éviter

Problème RH n° 2 — Vérifier les enfants à charge

Comment déterminer si un enfant ouvre réellement droit au SFT ?

Une analyse de jurisprudence consacrée à la notion de charge effective et permanente, essentielle pour sécuriser l'attribution du supplément familial et prévenir les versements indus.

Lire l'analyse : SFT et notion d'enfant à charge

Problème RH n° 3 — Gérer les situations familiales complexes

Séparation ou résidence alternée : comment répartir le SFT entre les parents ?

Cette ressource présente un guide consacré aux modalités de calcul et de versement du supplément familial de traitement, notamment lorsque la situation professionnelle ou familiale des parents rend la liquidation plus complexe.

Consulter le guide : calcul et versement du SFT

Expertise et veille juridique RH territoriale

Une difficulté de paie ou un droit statutaire à sécuriser ?

Les erreurs de rémunération ne résultent pas toujours d'une mauvaise application volontaire des règles. Elles peuvent provenir d'un paramétrage informatique incomplet, d'une évolution réglementaire ou d'une interprétation insuffisamment sécurisée.

Avec la veille juridique RH FPT NAUDRH.COM, les employeurs territoriaux disposent d'informations, d'analyses et de ressources opérationnelles pour anticiper les difficultés, vérifier leurs pratiques et éclairer leurs décisions.

Découvrir les services NAUDRH.COM

Une veille spécialisée pour passer de l'information juridique à une gestion RH mieux sécurisée.

Sources juridiques et références

1. Article L. 612-6 du Code général de la fonction publique : garantie du minimum de SFT pour les fonctionnaires à temps partiel.

2. Article 12 du décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 : calcul du supplément familial de traitement à temps partiel.

3. Décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 : dispositions relatives au SFT, notamment les articles 10 à 12.

4. Service-Public : travail à temps partiel d'un fonctionnaire : quotités de rémunération et montants minimaux du SFT.

5. Service-Public : supplément familial de traitement dans la fonction publique : conditions d'attribution et modalités de calcul.

Cette fiche présente les principes généraux applicables au 29 octobre 2026. Chaque situation individuelle doit être examinée en fonction du régime statutaire, de la composition familiale et des conditions de rémunération de l'agent.

Pascal NAUD

Président fondateur de NAUDRH.COM
Expertise en ressources humaines territoriales et management public

naudrhexpertise@gmail.com

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29 octobre 2026 4 29 /10 /octobre /2026 22:37

 

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Fiche pratique juridique | Rémunération indiciaire et encadrement

NBI : un responsable de service peut-il bénéficier de 15 points lorsqu'il dirige une équipe de cinq personnes en se comptant lui-même ?

Une équipe de cinq personnes ne signifie pas nécessairement cinq agents encadrés. Cette distinction est déterminante pour l'attribution de la nouvelle bonification indiciaire prévue pour l'encadrement de proximité d'une équipe à vocation technique.

Par Pascal NAUD, président fondateur de NAUDRH.COM
Expertise en gestion des ressources humaines et management public
Analyse juridique au 29 octobre 2026

La réponse juridique en 30 secondes

Non : le responsable ne peut pas se compter lui-même.

Pour bénéficier des 15 points de NBI prévus au point 19 de l'annexe du décret n° 2006-779 du 3 juillet 2006, le fonctionnaire doit exercer l'encadrement de proximité d'une équipe à vocation technique comprenant au moins cinq agents distincts de lui-même.

Une équipe de cinq personnes, responsable compris, ne répond donc pas au critère numérique. Et même lorsque ce seuil est atteint, la nature technique des fonctions et la réalité de l'encadrement doivent être vérifiées.

1. La question réelle : cinq personnes, mais combien d'agents encadrés ?

Sur le forum RH territorial NAUDRH, un agent expose une situation professionnelle concrète. Son service comptera prochainement cinq personnes, lui compris. Il souhaite savoir si cette configuration lui permet de bénéficier de la nouvelle bonification indiciaire de 15 points attribuée au titre de l'encadrement d'une équipe technique d'au moins cinq agents.

La question paraît simple. Elle révèle pourtant une difficulté récurrente dans les collectivités territoriales : la confusion entre l'effectif administratif d'un service et le nombre réel de collaborateurs placés sous l'encadrement d'un responsable.

Le responsable doit-il être intégré au décompte ? Le seul nombre de personnes figurant dans l'organigramme est-il suffisant ? Une fonction de coordination peut-elle être assimilée à un encadrement de proximité ?

Ces interrogations doivent être résolues avant toute décision individuelle d'attribution de la NBI.

2. La règle juridique : une bonification liée aux fonctions réellement exercées

L'article 1er du décret n° 2006-779 du 3 juillet 2006 prévoit l'attribution mensuelle d'une nouvelle bonification indiciaire aux fonctionnaires territoriaux exerçant l'une des fonctions figurant dans son annexe.

Le point 19 de cette annexe, dans sa version en vigueur depuis le 1er juillet 2026, vise expressément l'encadrement de proximité d'une équipe à vocation technique d'au moins cinq agents. La bonification correspondante est de 15 points d'indice majoré.

Un véritable encadrement de proximité

La qualification d'encadrement de proximité suppose l'exercice effectif de responsabilités sur l'activité des agents concernés. L'organisation du travail, la planification des tâches, la conduite des opérations et le contrôle des réalisations constituent des éléments pertinents d'appréciation.

Le seul intitulé de chef d'équipe, de responsable de service ou de coordinateur ne permet pas de présumer que ces fonctions sont exercées.

Cinq agents réellement encadrés

Le seuil réglementaire vise les membres de l'équipe placés sous l'encadrement du fonctionnaire. Le responsable n'étant pas son propre subordonné, il ne peut être intégré dans ce décompte.

Un responsable accompagné de quatre collaborateurs n'encadre donc que quatre agents. Le fait que le service compte globalement cinq personnes est sans incidence sur cette conclusion.

Une équipe à vocation technique

La vocation technique de l'équipe constitue une condition distincte du seuil numérique. Il appartient à la collectivité d'examiner les activités réellement exercées et non de se limiter à la dénomination administrative du service.

Enfin, l'intéressé doit relever du champ des bénéficiaires prévu par les textes. Le décret n° 2006-779 vise les fonctionnaires territoriaux.

3. Les enseignements de la jurisprudence administrative

Le contentieux de la NBI rappelle régulièrement que les fonctions effectivement exercées doivent primer sur les indications purement formelles de l'organigramme ou de la fiche de poste.

L'encadrement doit être établi par des éléments concrets

Dans une décision du 27 juin 2013, n° 355129, le Conseil d'État a examiné la situation d'un chef de garage sollicitant une NBI au titre de l'encadrement d'une équipe technique.

Le litige concernait notamment la prise en compte d'un collaborateur supplémentaire. Les documents relatifs à l'organisation du service permettaient d'établir que cet agent relevait effectivement de l'encadrement du chef de garage.

Cette décision souligne la nécessité d'apprécier la composition effective de l'équipe au regard des pièces du dossier. L'organigramme peut constituer un élément de preuve important, mais doit être confronté à la réalité du fonctionnement du service.

Référence : Conseil d'État, 27 juin 2013, n° 355129 .

Le nombre d'agents ne suffit pas si les missions ne sont pas techniques

Dans son arrêt du 4 avril 2023, n° 21TL20369, la cour administrative d'appel de Toulouse a examiné la condition tenant à la vocation technique de l'équipe.

L'encadrement de onze agents exerçant des missions relevant du domaine social et de l'animation n'a pas permis de satisfaire cette condition.

L'enseignement est important : une équipe peut dépasser largement le seuil de cinq agents sans pour autant ouvrir droit à la NBI du point 19.

Référence : CAA de Toulouse, 4 avril 2023, n° 21TL20369 .

L'autonomie des agents ne supprime pas nécessairement l'encadrement

La cour administrative d'appel de Bordeaux, dans un arrêt du 27 avril 2018, n° 16BX02327, a retenu l'existence de fonctions d'encadrement de proximité malgré l'autonomie dont disposaient certains collaborateurs dans l'exécution de leurs tâches et l'exercice de certaines activités à temps partiel.

L'analyse doit porter sur les responsabilités concrètement assumées par le supérieur hiérarchique : organisation, planification, suivi et contrôle de l'activité.

Cette approche interdit de confondre mécaniquement le nombre de personnes encadrées avec les seuls équivalents temps plein.

Référence : CAA de Bordeaux, 27 avril 2018, n° 16BX02327 .

4. Mise en situation : deux organisations, deux réponses

Situation A — Seuil non atteint

1 responsable + 4 agents

Effectif global : 5 personnes.
Agents effectivement encadrés : 4.
Conséquence : la condition numérique n'est pas remplie.

Situation B — Seuil atteint

1 responsable + 5 agents

Effectif global : 6 personnes.
Agents effectivement encadrés : 5.
Conséquence : le seuil numérique est atteint. L'éligibilité demeure subordonnée aux autres conditions réglementaires.

Ces exemples illustrent uniquement la condition d'effectif. Ils ne dispensent pas de vérifier la qualité statutaire du bénéficiaire, l'encadrement de proximité et la vocation technique de l'équipe.

5. Quelle décision doit prendre l'employeur territorial ?

La première responsabilité de la direction des ressources humaines consiste à identifier précisément la rubrique réglementaire susceptible de justifier l'attribution de la NBI.

Si le responsable sollicite les 15 points prévus au point 19 de l'annexe, la collectivité doit vérifier qu'il encadre effectivement au moins cinq agents distincts de lui-même.

Lorsque le responsable n'encadre que quatre collaborateurs, le bénéfice de cette rubrique doit être écarté. Il convient toutefois de vérifier, selon les fonctions exercées, si une autre rubrique réglementaire pourrait être applicable.

Lorsque le seuil de cinq agents est atteint, la collectivité doit poursuivre son instruction. Elle examinera notamment le caractère direct et effectif de l'encadrement, la vocation technique de l'équipe, la situation statutaire de l'intéressé et la période pendant laquelle toutes les conditions sont satisfaites.

Si les conditions réglementaires sont réunies, la NBI constitue un droit attaché aux fonctions effectivement exercées. Elle ne peut être refusée pour de simples considérations d'opportunité.

Inversement, un changement de fonctions ou une modification de l'organisation du service doit entraîner un réexamen de l'éligibilité. La suppression d'une NBI ne saurait être décidée sur le seul fondement d'un changement de grade si les fonctions ouvrant droit à la bonification demeurent exercées.

6. Contrôle de conformité : huit vérifications avant attribution

Pour fiabiliser le traitement des demandes, les gestionnaires RH peuvent utiliser la grille de contrôle suivante avant la décision individuelle.

□ Identifier la disposition réglementaire exacte et le nombre de points correspondant.

□ Vérifier la qualité statutaire du bénéficiaire.

□ Identifier au moins cinq agents encadrés, hors responsable.

□ Vérifier la vocation technique des activités exercées.

□ Contrôler la réalité de l'encadrement de proximité et le niveau hiérarchique.

□ Faire concorder l'organigramme, les fiches de poste et le fonctionnement réel du service.

□ Vérifier la date de prise des fonctions et la période d'éligibilité.

□ Formaliser la décision et vérifier la concordance avec le paramétrage de paie.

Cette grille constitue un outil de contrôle interne. Elle doit être adaptée aux particularités de chaque organisation et accompagnée des pièces justificatives nécessaires.

7. Quatre erreurs à éviter dans la gestion de la NBI

Confondre effectif du service et agents encadrés

L'effectif global d'un service n'est pas nécessairement égal au nombre de collaborateurs effectivement placés sous l'encadrement du responsable. C'est précisément la difficulté soulevée par la situation étudiée.

Assimiler coordination et encadrement de proximité

L'animation de réunions ou la coordination d'activités ne démontre pas, à elle seule, l'exercice de responsabilités d'encadrement de proximité au sens de la rubrique considérée.

Attribuer la NBI sur le seul fondement d'un titre

Le grade, l'appellation de chef de service ou la position apparente dans un organigramme ne dispensent pas de vérifier les fonctions réellement exercées.

Oublier de réexaminer les droits après une réorganisation

Une évolution des responsabilités, des missions ou de la composition de l'équipe peut modifier les conditions d'éligibilité. La DRH doit être informée des changements afin de sécuriser les décisions individuelles et les opérations de paie.

8. Conclusion : la NBI rémunère une responsabilité réelle, pas un organigramme

Un responsable dont le service comporte cinq personnes, lui compris, ne satisfait pas à la condition d'encadrement d'une équipe technique d'au moins cinq agents prévue au point 19 de l'annexe du décret n° 2006-779 du 3 juillet 2006.

Pour atteindre le seuil requis, il doit encadrer au minimum cinq collaborateurs distincts de lui-même. Cette condition numérique ne constitue toutefois qu'une étape de l'analyse.

L'attribution des 15 points de NBI suppose également de vérifier la vocation technique de l'équipe et la réalité de l'encadrement de proximité exercé.

Pour les employeurs territoriaux, la bonne méthode consiste à instruire chaque situation à partir des fonctions réellement exercées, à conserver des éléments probants et à actualiser les décisions lorsque l'organisation du travail évolue.

Préconisation NAUDRH.COM

Profiter de chaque réorganisation pour vérifier les NBI d'encadrement. Cette démarche permet de prévenir les omissions d'attribution, les versements indus et les contestations liées à une mauvaise qualification des fonctions.

Bibliothèque professionnelle NAUDRH.COM

Votre dossier RH ne s'arrête pas ici

La question du nombre d'agents encadrés n'est souvent qu'une première difficulté. L'instruction d'un dossier NBI peut également soulever des questions relatives à la réalité des fonctions, à la qualification des responsabilités ou au maintien de la bonification après une évolution de carrière.

Pour approfondir ces problématiques, trois analyses NAUDRH.COM ont été sélectionnées selon la difficulté professionnelle qu'elles permettent de résoudre.

Problème RH n° 1 — Justifier l'éligibilité

Comment démontrer que les fonctions exercées ouvrent réellement droit à la NBI ?

Une analyse de la jurisprudence rappelant que la NBI ne dépend pas du seul grade ou de l'intitulé de poste, mais de l'exercice effectif des fonctions réglementairement éligibles. Un prolongement utile pour examiner les fiches de poste et les responsabilités confiées.

Lire l'analyse : l'attribution de la NBI dépend de l'exercice effectif des fonctions

Problème RH n° 2 — Qualifier les responsabilités

Encadrement véritable ou simple coordination : comment faire la différence ?

Cette étude consacrée à la NBI d'encadrement d'un service administratif à technicité particulière explique pourquoi l'existence de compétences techniques ne suffit pas à caractériser les responsabilités managériales exigées. Elle permet d'approfondir une difficulté proche, tout en distinguant les conditions propres à chaque rubrique réglementaire.

Lire l'analyse : NBI d'encadrement et technicité particulière

Problème RH n° 3 — Sécuriser le maintien des droits

Une promotion ou un changement de grade permet-il de supprimer une NBI ?

Une analyse consacrée au maintien de la NBI lorsque le fonctionnaire change de catégorie hiérarchique sans abandonner les fonctions ouvrant droit à la bonification. Une question importante lors des promotions et des évolutions de carrière.

Lire l'analyse : la NBI est-elle maintenue en cas de promotion ?

Expertise RH territoriale

Une attribution de NBI à sécuriser avant décision ?

Une erreur d'appréciation sur les fonctions exercées, un changement d'organigramme ou une difficulté d'interprétation d'une rubrique réglementaire peuvent avoir des conséquences sur la rémunération et entraîner des contestations.

La veille juridique RH FPT et les services d'expertise de NAUDRH.COM permettent aux responsables et gestionnaires RH de disposer d'analyses juridiques opérationnelles pour éclairer leurs décisions et limiter les risques.

Découvrir l'expertise et la veille juridique NAUDRH.COM

Une question sur une situation individuelle ? Contacter NAUDRH.COM

Sources juridiques et références

1. Décret n° 2006-779 du 3 juillet 2006 , portant attribution de la nouvelle bonification indiciaire à certains personnels de la fonction publique territoriale, notamment son article 1er et le point 19 de son annexe.

2. Conseil d'État, 27 juin 2013, n° 355129 , appréciation de l'encadrement au regard des documents d'organisation du service.

3. CAA de Bordeaux, 27 avril 2018, n° 16BX02327 , appréciation des fonctions d'encadrement effectif.

4. CAA de Toulouse, 4 avril 2023, n° 21TL20369 , condition tenant à la vocation technique de l'équipe.

5. Forum RH territorial NAUDRH, discussion « Attribution NBI » , situation professionnelle ayant inspiré cette fiche.

Cette fiche constitue une analyse juridique générale. Toute situation individuelle doit faire l'objet d'un examen tenant compte des fonctions effectivement exercées, des textes applicables et des circonstances propres à la collectivité.

Pascal NAUD

Président fondateur de NAUDRH.COM
Expertise en ressources humaines territoriales et management public

naudrhexpertise@gmail.com

www.naudrh.com

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Expertise RH territoriale | Analyse budgétaire et statutaire

Masse salariale territoriale : 67 % de la hausse du coût des agents échappe aux décisions locales.

Charges patronales, CNRACL, point d'indice, GVT, déroulement des carrières : pourquoi le coût des agents augmente-t-il et comment les employeurs territoriaux peuvent-ils retrouver des capacités de pilotage ?

Analyse NAUDRH.COM – Pascal NAUD | Octobre 2026

Les trois chiffres à retenir

67 %

Mesures nationales et réglementaires

14 %

Déroulement normal des carrières

19 %

Décisions propres aux collectivités

Source : Observatoire Adelyce, échantillon de 470 communes et intercommunalités. Contribution des facteurs à la hausse du coût unitaire des agents entre 2020 et 2025.

Les collectivités territoriales doivent maîtriser leur masse salariale. Mais maîtrisent-elles réellement les facteurs qui font augmenter le coût de leurs agents ?

Cette question est devenue centrale dans les échanges entre élus, directions générales, directions des ressources humaines et directions financières.

Les dépenses de personnel constituent un enjeu déterminant pour les budgets locaux. Pourtant, leur évolution ne résulte pas exclusivement des recrutements, des créations de postes ou des décisions indemnitaires prises par les collectivités.

Les données de l'Observatoire Adelyce apportent un éclairage utile : sur la période 2020-2025, 67 % de la hausse du coût unitaire des agents, dans l'échantillon étudié, est attribuée à des mesures nationales et réglementaires.

Ce constat ne doit conduire ni à déresponsabiliser les employeurs territoriaux ni à surestimer leur liberté de gestion. Il invite plutôt à distinguer les contraintes statutaires, les effets de carrière et les choix locaux afin de construire des politiques RH financièrement soutenables.

1. Pourquoi le coût unitaire des agents territoriaux augmente-t-il ?

L'Observatoire Adelyce distingue plusieurs facteurs contribuant à l'augmentation du coût unitaire des agents.

Facteur Contribution
Charges patronales, dont CNRACL 39 %
Augmentation de la valeur du point d'indice 16 %
GVT – mesures réglementaires 12 %
GVT – déroulement des carrières 14 %
GVT – régime indemnitaire 18 %
Autres rémunérations et heures supplémentaires 3 %
Effet noria -2 %

Le premier enseignement est la prépondérance des charges patronales. Elles représentent, à elles seules, 39 % de la hausse étudiée.

Le deuxième est l'importance des mécanismes statutaires et réglementaires, qui continuent de produire des effets budgétaires indépendamment des décisions de création de postes.

À retenir

Ces pourcentages mesurent la contribution de différents facteurs à une augmentation observée. Ils ne correspondent pas à la répartition de la masse salariale totale et ne peuvent pas être directement appliqués au budget de chaque collectivité.

2. Les mesures nationales et réglementaires expliquent 67 % de la hausse

Les cotisations patronales : le premier facteur

L'augmentation des cotisations employeurs constitue une contrainte budgétaire particulièrement significative.

La CNRACL en fournit une illustration. Le décret n° 2025-86 du 30 janvier 2025 a fixé une trajectoire pluriannuelle de relèvement du taux de cotisation vieillesse à la charge des employeurs des fonctionnaires affiliés.

Trajectoire réglementaire du taux employeur CNRACL
Année Taux prévu
2025 34,65 %
2026 37,65 %
2027 40,65 %
2028 43,65 %

Trajectoire fixée par le décret n° 2025-86 du 30 janvier 2025, sous réserve de toute modification réglementaire ultérieure.

Cette évolution se traduit par une augmentation de la charge patronale sur les rémunérations entrant dans l'assiette de cotisation, sans qu'une décision locale de revalorisation salariale soit nécessaire.

Le point d'indice et les mesures statutaires

La valeur du point d'indice détermine le traitement indiciaire brut des fonctionnaires. Toute revalorisation générale produit des conséquences financières pour les collectivités employeuses.

À ces évolutions s'ajoutent les mesures réglementaires affectant les grilles indiciaires, les classements et certaines conditions de rémunération.

Ces décisions peuvent être parfaitement justifiées du point de vue du pouvoir d'achat ou de l'attractivité de la fonction publique. Leur financement constitue néanmoins une obligation budgétaire pour les employeurs concernés.

C'est précisément cette dissociation entre le niveau de décision et le niveau de financement qui complexifie la construction des budgets locaux.

3. Le déroulement des carrières : une dynamique durable du coût des agents

Le glissement vieillesse technicité, ou GVT, traduit les effets des évolutions individuelles et statutaires sur les rémunérations.

L'avancement d'échelon intervient selon les règles statutaires applicables. Les avancements de grade et les promotions internes relèvent, quant à eux, de procédures et de décisions encadrées : ils ne sont pas tous automatiques.

Cette distinction est essentielle. Si certaines évolutions sont prévisibles et obligatoires, d'autres supposent des choix de gestion dans le respect du cadre juridique applicable.

Pour une DRH, l'enjeu est donc d'intégrer ces mécanismes dans une prospective pluriannuelle, plutôt que de découvrir leurs conséquences au moment de la préparation budgétaire.

4. Les décisions locales : 19 % de la hausse, mais des leviers de gestion plus larges

Les décisions propres aux collectivités représentent 19 % de la hausse du coût unitaire dans l'étude.

Le régime indemnitaire en constitue le principal facteur, avec une contribution de 18 %.

Cet indicateur rappelle que la politique indemnitaire est à la fois un outil de reconnaissance professionnelle, un levier d'attractivité et un déterminant des dépenses de personnel.

Il serait toutefois inexact d'en conclure que les collectivités ne disposent que de 19 % de marge de manœuvre dans le pilotage de leur masse salariale.

En effet, cette étude examine le coût unitaire des agents, et non l'ensemble des variables déterminant la masse salariale totale.

Les volumes d'effectifs, les recrutements, les remplacements, les quotités de travail, l'organisation des services et les choix de gestion des compétences restent des paramètres essentiels.

La distinction fondamentale

Une hausse du coût moyen par agent n'entraîne pas nécessairement une augmentation de même ampleur de la masse salariale globale. À l'inverse, une collectivité peut stabiliser son coût unitaire tout en augmentant sensiblement ses dépenses de personnel si ses effectifs progressent.

5. Ce que dit le cadre juridique de la fonction publique territoriale

L'autonomie des collectivités territoriales ne signifie pas qu'elles disposent d'une liberté totale dans la fixation de la rémunération de leurs agents.

Le traitement indiciaire des fonctionnaires est déterminé par des règles statutaires nationales. Les avancements, les obligations de cotisations sociales et les garanties statutaires s'imposent dans les conditions prévues par les textes.

Le régime indemnitaire relève davantage de décisions locales, mais cette compétence reste juridiquement encadrée.

L'article L. 714-4 du Code général de la fonction publique, ainsi que le décret n° 91-875 du 6 septembre 1991, participent à l'encadrement des régimes indemnitaires des fonctionnaires territoriaux, notamment au regard du principe de parité avec les corps de l'État comparables.

Une collectivité ne peut donc pas considérer les primes comme une simple variable budgétaire dont elle pourrait modifier librement les montants ou les conditions d'attribution indépendamment des délibérations applicables et des droits des agents.

6. Comment mieux piloter la masse salariale territoriale ?

L'enjeu n'est pas seulement de constater la progression des dépenses de personnel. Il est de comprendre les mécanismes qui la produisent et d'en anticiper les conséquences.

Distinguer les facteurs de hausse

Les tableaux de bord RH devraient identifier séparément les effets des cotisations patronales, des mesures réglementaires, des carrières, des régimes indemnitaires et des variations d'effectifs.

Cette ventilation permet de distinguer les dépenses juridiquement contraintes des évolutions liées aux arbitrages locaux.

Construire des projections pluriannuelles

Une prospective crédible suppose de simuler différents scénarios : maintien des effectifs, renouvellement des départs, évolution des compétences, recrutements ciblés ou réorganisations.

Elle doit intégrer les conséquences des mesures statutaires, les perspectives de carrière, la politique indemnitaire et les cotisations employeurs.

Relier les données financières aux besoins des services

Le pilotage des effectifs ne peut pas reposer uniquement sur un objectif comptable.

Les décisions doivent également tenir compte de la continuité du service public, de la charge de travail, de la prévention des risques professionnels et de l'attractivité des emplois.

Une économie immédiate peut devenir coûteuse si elle génère des désorganisations, des difficultés de recrutement ou une dégradation durable des conditions de travail.

7. Trois erreurs d'interprétation à éviter

Erreur n° 1 : considérer que 67 % de la masse salariale est imposée par l'État

Les 67 % correspondent à une contribution à la hausse du coût unitaire, et non à la part de la masse salariale globale directement déterminée par des décisions nationales.

Erreur n° 2 : considérer que les collectivités ne maîtrisent que 19 % de leurs dépenses RH

L'étude n'évalue pas l'ensemble des marges de manœuvre sur les effectifs et l'organisation. Les leviers locaux sont donc plus larges que les seuls facteurs mesurés.

Erreur n° 3 : transposer mécaniquement ces chiffres à toutes les collectivités

Les résultats portent sur un échantillon de communes et d'intercommunalités. Ils ne constituent pas une mesure individualisée des coûts pour chaque employeur territorial.

Les structures d'effectifs, les catégories d'agents, les taux d'affiliation CNRACL et les politiques indemnitaires peuvent entraîner des différences importantes.

8. La méthode opérationnelle recommandée aux DRH et aux DGS

Pour transformer ces constats en décisions utiles, NAUDRH.COM recommande de structurer le pilotage autour de cinq actions.

1. Établir une photographie fiable des effectifs, des rémunérations, des charges patronales et des dépenses annexes.

2. Identifier les évolutions réglementaires applicables et en chiffrer les effets prévisionnels.

3. Simuler le GVT et les mouvements de personnel en tenant compte des départs, des recrutements et des décisions de carrière.

4. Présenter plusieurs scénarios aux élus en précisant leurs effets financiers, organisationnels et sociaux.

5. Actualiser régulièrement les projections et expliquer les écarts entre le budget prévu et les dépenses effectivement constatées.

Cette démarche permet au DRH de ne plus être seulement le gestionnaire des conséquences financières du statut, mais de devenir un acteur de la décision stratégique.

9. L'analyse de NAUDRH.COM : maîtriser ne signifie pas simplement réduire

Ces données rappellent une difficulté structurelle de la gestion des ressources humaines territoriales : les employeurs locaux sont responsables de leurs équilibres budgétaires sans disposer de la maîtrise de tous les mécanismes qui déterminent les rémunérations.

Pour autant, les contraintes nationales ne doivent pas conduire à renoncer au pilotage local.

Elles rendent au contraire indispensable une meilleure articulation entre prospective financière, gestion des compétences, politique indemnitaire et organisation des services.

Une politique RH territoriale ne se juge pas uniquement à sa capacité à contenir la masse salariale, mais aussi à sa capacité à expliquer ses évolutions, à anticiper ses contraintes et à préserver les moyens humains nécessaires au service public.

La véritable responsabilité du décideur territorial consiste à distinguer ce qui s'impose, ce qui s'anticipe et ce qui se décide.

Source de l'étude :

Observatoire Adelyce – Contribution des facteurs à la hausse du coût unitaire des agents entre 2020 et 2025, sur un échantillon de 470 communes et intercommunalités.

Précision méthodologique : les résultats présentés décrivent la contribution de différents facteurs à l'augmentation du coût unitaire. Ils ne mesurent ni la part réglementaire de la masse salariale totale ni l'ensemble des marges de gestion propres à chaque collectivité.

© NAUDRH.COM – Pascal NAUD. Analyse professionnelle destinée aux gestionnaires, DRH, DGS, élus et employeurs territoriaux.

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NAUDRH.COM | Analyse RH et juridique

Fonction publique territoriale : pourquoi les agents gagnent-ils en moyenne 701 € de moins que ceux de l'État ?

Salaires, catégories hiérarchiques, régime indemnitaire et attractivité : ce que révèlent réellement les données de l'INSEE et les décisions que les employeurs territoriaux doivent envisager.

Analyse NAUDRH.COM | Données 2024 publiées en mai 2026

701 € de moins chaque mois. Ce chiffre interpelle. Mais il ne suffit pas à comprendre les rémunérations dans la fonction publique territoriale.

Selon les données de l'INSEE relatives à l'année 2024, un agent territorial perçoit en moyenne 2 317 € nets mensuels, contre 3 018 € pour un agent de l'État et 2 896 € dans la fonction publique hospitalière.

Faut-il en déduire que les collectivités rémunèrent moins bien leurs agents ? Que le statut territorial serait structurellement défavorable ? Ou que les employeurs territoriaux disposent de marges de manœuvre insuffisantes ?

La réponse est plus nuancée. Les écarts tiennent notamment à la composition des effectifs, à la diversité des métiers et aux caractéristiques des employeurs. Ils soulèvent néanmoins des questions essentielles concernant l'attractivité, la reconnaissance professionnelle et les politiques de rémunération.

Trois chiffres pour comprendre

2 317 €
Salaire net mensuel moyen dans la FPT
72 %
Des fonctionnaires territoriaux en catégorie C
970 €
D'écart moyen entre SDIS et communes

Source : INSEE, données 2024, salaires nets mensuels en équivalent temps plein.

1. Fonction publique : des écarts de rémunération considérables entre les trois versants

Les publications de l'INSEE de mai 2026 permettent de comparer les salaires nets mensuels moyens perçus en 2024 dans les trois versants de la fonction publique.

Secteur Salaire net moyen Écart avec la FPT
Fonction publique de l'État 3 018 € +701 €
Fonction publique hospitalière 2 896 € +579 €
Fonction publique territoriale 2 317 € Référence

La comparaison avec le secteur privé, où le salaire net moyen atteint 2 814 € dans le périmètre retenu par le document étudié, place également la fonction publique territoriale en dernière position.

Cette situation soulève une difficulté pour les collectivités confrontées à la concurrence entre employeurs publics et privés, notamment lorsqu'elles recherchent des compétences rares ou des profils expérimentés.

Il serait donc abusif de déduire de ces seuls chiffres qu'un agent territorial percevrait systématiquement 701 € de moins qu'un agent de l'État occupant un emploi comparable.

2. À catégorie hiérarchique égale, le constat change sensiblement

La comparaison des rémunérations moyennes des fonctionnaires, en distinguant les catégories hiérarchiques, apporte un éclairage indispensable.

Catégorie FPT État Écart FPT
A 3 604 € 3 543 € +61 €
B 2 562 € 2 837 € –275 €
C 2 125 € 2 266 € –141 €

Premier enseignement : les fonctionnaires territoriaux de catégorie A perçoivent, en moyenne, une rémunération légèrement supérieure à celle des fonctionnaires de l'État de la même catégorie.

À l'inverse, les écarts sont défavorables aux fonctionnaires territoriaux de catégories B et C.

Ces résultats montrent que le différentiel global entre les deux versants ne peut pas être interprété comme un écart uniforme de rémunération.

Toutefois, une catégorie hiérarchique regroupe des cadres d'emplois, des corps, des fonctions et des responsabilités très différents. La comparaison doit donc être affinée selon les métiers, les anciennetés, les niveaux de responsabilité et les composantes de rémunération.

Pour un DRH territorial, la bonne approche consiste à comparer des emplois et des profils réellement comparables, plutôt qu'à raisonner uniquement par catégorie.

3. La composition des effectifs explique une partie importante de l'écart

Le chiffre le plus révélateur concerne probablement la répartition des fonctionnaires territoriaux entre catégories hiérarchiques.

72 %

des fonctionnaires territoriaux relèvent de la catégorie C

Répartition en équivalent temps plein, INSEE, 2024

Cette situation constitue une caractéristique structurelle majeure de la fonction publique territoriale.

Les collectivités emploient de nombreux agents exerçant des fonctions d'exécution et de proximité : services techniques, entretien, restauration collective, petite enfance, interventions quotidiennes auprès de la population et autres missions essentielles au fonctionnement du service public local.

Ces emplois relèvent fréquemment de cadres d'emplois de catégorie C, associés à des grilles indiciaires globalement moins élevées.

La forte proportion de ces agents contribue donc à abaisser la moyenne globale des rémunérations territoriales.

Il s'agit d'un effet de composition des effectifs. Celui-ci peut expliquer une partie significative des écarts observés, sans permettre à lui seul de mesurer la contribution exacte de chaque facteur.

4. Les rémunérations varient fortement selon les employeurs territoriaux

Les différences ne concernent pas uniquement les trois versants de la fonction publique. Elles sont également importantes au sein même du secteur territorial.

Employeur Salaire net moyen
SDIS 3 156 €
Départements 2 528 €
Régions 2 451 €
Intercommunalités 2 356 €
Communes 2 186 €

L'écart atteint 970 € entre les SDIS et les communes.

Ces différences reflètent notamment la variété des métiers, les catégories d'agents employées, les qualifications, les sujétions professionnelles et les caractéristiques des structures.

Elles ne permettent pas d'affirmer qu'un type de collectivité serait nécessairement plus généreux qu'un autre à emploi et profil identiques.

La question mérite néanmoins d'être intégrée aux réflexions sur l'attractivité des employeurs territoriaux, particulièrement dans les bassins d'emploi où plusieurs collectivités se trouvent en concurrence pour recruter les mêmes compétences.

5. Que permet réellement le droit en matière de rémunération territoriale ?

Les rémunérations dans la fonction publique territoriale ne résultent pas d'une négociation salariale totalement libre entre l'employeur et l'agent.

Elles s'inscrivent dans un cadre statutaire et réglementaire qui distingue plusieurs composantes.

Le traitement indiciaire : un cadre principalement national

Pour les fonctionnaires, le traitement indiciaire dépend notamment du grade, de l'échelon et de l'indice de rémunération. Les collectivités ne peuvent pas modifier librement les grilles statutaires.

Les perspectives d'évolution indiciaire dépendent des règles relatives à l'avancement, à la promotion et aux évolutions de carrière.

Le régime indemnitaire : une marge d'action encadrée

Les employeurs territoriaux disposent de possibilités d'intervention en matière indemnitaire, sous réserve du respect des textes applicables, du principe de parité et des limites prévues pour les corps de référence de l'État, lorsqu'elles sont pertinentes.

Le RIFSEEP, pour les cadres d'emplois auxquels il est applicable, comprend notamment :

- L'IFSE, destinée à tenir compte des fonctions, des sujétions et de l'expertise ;

- Le CIA, lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir, dans le cadre prévu par les textes et la délibération.

L'attribution des indemnités doit reposer sur des bases juridiques et des critères compatibles avec les dispositions réglementaires et les délibérations applicables.

Les règles de compétence de l'organe délibérant, les conditions d'attribution, les plafonds et les exigences d'égalité de traitement doivent être respectés.

L'égalité de traitement : une question distincte des moyennes statistiques

Le principe d'égalité de traitement impose de prendre en considération les situations juridiques comparables et les justifications objectives des différences de rémunération.

Une différence statistique entre versants, entre employeurs ou entre catégories ne suffit pas, en elle-même, à caractériser une illégalité.

En revanche, une collectivité doit pouvoir justifier les différences indemnitaires qu'elle institue ou applique au regard des critères légalement admissibles.

Repères juridiques : Code général de la fonction publique, dispositions relatives à la rémunération et aux régimes indemnitaires ; décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 ; décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 pour le RIFSEEP, selon les cadres d'emplois concernés.

6. Rémunération et attractivité : un défi stratégique pour les collectivités

Les écarts salariaux constituent un signal que les employeurs territoriaux ne peuvent pas ignorer.

Ils interviennent dans un environnement marqué par des difficultés de recrutement dans certains métiers, le renouvellement des effectifs, les départs à la retraite et l'évolution des attentes professionnelles.

La rémunération représente un facteur important dans le choix d'un employeur. Mais elle ne constitue pas le seul critère pris en considération par les candidats et les agents.

Une politique RH attractive doit également permettre de proposer des perspectives de carrière, des conditions de travail satisfaisantes, une reconnaissance des compétences et un management de qualité.

Cette approche appelle une distinction entre deux objectifs :

- Attirer : rendre les offres d'emploi lisibles et compétitives sur les métiers en tension.

- Fidéliser : éviter que les agents expérimentés quittent la collectivité faute de reconnaissance ou de perspectives d'évolution.

La rémunération ne doit donc pas être traitée uniquement comme une dépense budgétaire ou une variable d'ajustement de la masse salariale.

Elle constitue également un instrument de gestion prévisionnelle, de reconnaissance des responsabilités et d'accompagnement des transformations du service public.

7. Quelles décisions concrètes les employeurs territoriaux doivent-ils envisager ?

Les données de l'INSEE peuvent servir de point de départ à une réflexion structurée sur la politique de rémunération d'une collectivité.

Cinq chantiers apparaissent particulièrement utiles.

Action 1 — Réaliser un diagnostic de rémunération

Analyser les rémunérations réellement versées, par métiers, cadres d'emplois, catégories, fonctions, anciennetés et composantes indemnitaires.

L'objectif est d'identifier les écarts objectivement justifiés, les éventuelles incohérences internes et les postes présentant un risque particulier d'inattractivité.

Action 2 — Réexaminer la cohérence du régime indemnitaire

Vérifier la pertinence des groupes de fonctions, les critères de modulation et la correspondance entre les responsabilités effectivement exercées et les montants attribués.

Ce réexamen doit intégrer les contraintes budgétaires et le cadre juridique propre à chaque catégorie d'agents.

Action 3 — Renforcer les parcours professionnels

Articuler les lignes directrices de gestion, l'accompagnement des carrières, la formation et les dispositifs de mobilité interne.

La progression professionnelle doit être suffisamment lisible pour que les agents puissent envisager leur avenir dans la collectivité.

Action 4 — Cibler les métiers en tension

Identifier les fonctions pour lesquelles les difficultés de recrutement ou de fidélisation sont les plus significatives.

L'analyse doit croiser les données salariales avec les délais de recrutement, les postes vacants, les départs et les compétences devenues difficiles à remplacer.

Action 5 — Inscrire les rémunérations dans une stratégie RH globale

Associer politique indemnitaire, qualité de vie et conditions de travail, management, organisation, développement des compétences et reconnaissance professionnelle.

Le dialogue social doit permettre d'expliciter les objectifs poursuivis, les critères retenus et les contraintes financières.

La grille de questionnement du DRH territorial

Avant de modifier une politique de rémunération, cinq questions méritent d'être posées :

1. Quels métiers présentent les écarts de rémunération les plus sensibles sur notre bassin d'emploi ?

2. Nos différences indemnitaires reposent-elles sur des critères juridiquement fondés et objectivables ?

3. Quels postes rencontrent des difficultés récurrentes de recrutement ou de fidélisation ?

4. Les agents disposent-ils de perspectives de progression professionnelle suffisamment lisibles ?

5. Quels ajustements peuvent être financés durablement sans fragiliser l'équilibre de la masse salariale ?

Le bon diagnostic ne consiste pas seulement à comparer des montants. Il consiste à rapprocher rémunération, compétences, responsabilités et besoins du service public.

8. L'analyse NAUDRH.COM : dépasser les chiffres pour construire une politique RH

La différence de 701 € entre la fonction publique territoriale et la fonction publique de l'État constitue un indicateur statistique significatif.

Elle ne saurait cependant résumer à elle seule la réalité des rémunérations dans les collectivités.

La composition des effectifs, la représentation importante des fonctionnaires de catégorie C et la diversité des métiers expliquent une partie des différences observées.

Pour autant, ces facteurs ne doivent pas masquer les difficultés rencontrées par certains employeurs territoriaux pour recruter, fidéliser et reconnaître les compétences.

La véritable question n'est donc pas de rechercher un alignement mécanique des rémunérations moyennes entre les trois versants.

Elle consiste à déterminer si chaque collectivité dispose d'une politique de rémunération cohérente avec les fonctions exercées, les responsabilités confiées, les exigences d'égalité de traitement et ses objectifs de gestion des ressources humaines.

« Une politique RH territoriale ne se juge pas seulement à sa conformité juridique, mais à sa capacité à rendre les organisations plus justes, les décisions plus solides, les managers plus responsables et le service public plus efficace. »

Pascal Naud — NAUDRH.COM

Dans cette perspective, la rémunération ne doit pas être abordée comme un sujet isolé. Elle doit être intégrée à une réflexion plus large sur la reconnaissance, les parcours professionnels et la qualité du service public territorial.

9. Sources et méthodologie

L'analyse repose principalement sur les données 2024 de l'INSEE, publiées en mai 2026, et sur le document de synthèse diffusé par Emploi-Collectivités.fr.

- INSEE Première n° 2101 — Les salaires dans la fonction publique territoriale en 2024.

- INSEE Première n° 2100 — Les salaires dans la fonction publique de l'État en 2024.

- INSEE Première n° 2102 — Les salaires dans la fonction publique hospitalière en 2024.

- INSEE Première n° 2079 — Salaires dans le secteur privé, publication d'octobre 2025.

Les données présentées correspondent aux salaires nets moyens mensuels en équivalent temps plein. Les comparaisons par catégorie concernent les fonctionnaires uniquement. Les autres comparaisons portent sur des périmètres plus larges. Les moyennes ne neutralisent pas l'ensemble des différences entre métiers et profils.

Bibliothèque professionnelle NAUDRH.COM

Votre dossier RH ne s'arrête pas ici

Vous avez identifié les facteurs qui expliquent les écarts de rémunération. Trois difficultés professionnelles méritent maintenant d'être approfondies : sécuriser votre politique indemnitaire, renforcer votre attractivité et analyser l'équité de vos pratiques salariales.

Problème RH n° 1 — Politique indemnitaire

Comment sécuriser et rendre plus cohérent votre régime indemnitaire ?

La comparaison salariale conduit souvent à réexaminer les IFSE, les primes et les critères de reconnaissance. Cet article présente les principaux repères pour mieux comprendre et gérer le régime indemnitaire territorial.

Lire : Comprendre et gérer le régime indemnitaire dans les collectivités territoriales →

Problème RH n° 2 — Recrutement et fidélisation

Comment attirer et fidéliser lorsque les rémunérations sont contraintes ?

La rémunération reste un élément essentiel, mais elle ne suffit pas à expliquer les difficultés de recrutement. Découvrez comment développer une politique d'attractivité durable en mobilisant les parcours professionnels, l'organisation du travail et la reconnaissance.

Lire : Attractivité des métiers territoriaux, recruter et fidéliser dans les métiers en tension →

Problème RH n° 3 — Transparence et égalité salariale

Comment analyser et justifier les écarts de rémunération ?

Après l'analyse des moyennes, une autre question se pose : comment objectiver les différences de rémunération et anticiper les exigences de transparence ? Cet article approfondit les enjeux d'égalité salariale et les travaux préparatoires nécessaires pour les services RH.

Lire : Transparence salariale dans la FPT, les enjeux pour les DRH →

Article de réflexion et d'anticipation : vérifier les textes de transposition et leur entrée en vigueur avant toute mise en application.

Notre objectif : vous accompagner d'une question RH à la suivante, en reliant les analyses statistiques aux difficultés juridiques et opérationnelles rencontrées dans les collectivités.

Pascal Naud — NAUDRH.COM
Expertise et analyse des ressources humaines dans la fonction publique territoriale.

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Cette publication constitue une analyse générale et ne se substitue pas à l'examen juridique d'une situation individuelle, d'une délibération ou d'une décision de gestion.

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2 octobre 2026 5 02 /10 /octobre /2026 13:47

 

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Le bénéfice de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) est ouvert aux travailleurs privés d'emploi, aptes au travail et en recherche d'un emploi. Les agents ayant refusé un reclassement et étant par la suite licenciés pour inaptitude peuvent bénéficier, sous réserver de leur aptitude, de l'ARE. D'une part, un fonctionnaire peut être licencié dans les conditions prévues à l'article L. 553-1 du code général de la fonction publique (CGFP), et notamment à l'issue d'une période de disponibilité et après refus de trois postes proposés en vue de sa réintégration. Le Conseil d'Etat a confirmé en ce sens, dans une décision n° 307321 du 2 septembre 2009 mentionnée aux tables du recueil Lebon, que l'employeur public a l'obligation de reclasser un agent inapte en lui proposant trois emplois compatibles avec son état de santé et correspondant à son grade. Le licenciement pour refus de reclassement nécessite, en application de l'article L. 263-2 du CGFP, l'avis préalable de la commission administrative paritaire. Ce licenciement pour inaptitude est bien considéré comme une situation de privation involontaire d'emploi ouvrant droit à l'ARE au sens du 1° de l'article 2 du décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur public, qui prévoit que sont considérés comme ayant été involontairement privés d'emploi « Les agents publics radiés d'office des cadres ou des contrôles et les personnels de droit public ou de droit privé licenciés pour tout motif [...] ». Par ailleurs, pour bénéficier de l'ARE, l'article L. 5421-1 du code du travail précise que « en complément des mesures tendant à faciliter leur reclassement ou leur conversion, les personnes aptes au travail et recherchant un emploi ont droit à un revenu de remplacement dans les conditions fixées au présent titre. ».

En outre, l'article L. 5422-1 du même code précise que les travailleurs aptes au travail ayant subi une privation d'emploi involontaire et recherchant un emploi ont droit à l'allocation d'assurance chômage. Si l'aptitude au travail est l'une des conditions exigées pour bénéficier de l'ARE, cette exigence s'apprécie au regard des règles de l'assurance chômage et non de la seule décision de l'employeur public sur l'aptitude à occuper un poste dans la fonction publique. Ainsi, le licenciement pour inaptitude correspond à une inaptitude à ses fonctions ou à tout poste dans la fonction publique, mais il ne signifie pas, par lui même, que l'agent est médicalement inapte à toute activité professionnelle au sens du régime de chômage. En conséquence, un agent licencié pour inaptitude peut être regardé comme physiquement apte à l'exercice d'un emploi au sens de l'assurance chômage, dès lors qu'il peut exercer d'autres activités professionnelles et qu'il est en recherche d'un emploi ; il peut alors, sous réserve de remplir les autres conditions (privation involontaire d'emploi, durée d'activité, etc.), bénéficier de l'ARE..

 

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30 septembre 2026 3 30 /09 /septembre /2026 21:43

 

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L'autorité territoriale peut former un cabinet dans les conditions prévues aux articles L.333-1 et suivants du code général de la fonction publique. A ce titre, elle peut engager des collaborateurs de cabinet pour occuper des emplois non permanents. L'article 7 du décret n° 87-1004 du 16 décembre 1987 prévoit que la rémunération des collaborateurs de cabinet est composée d'un traitement indiciaire, de l'indemnité de résidence et du supplément familial de traitement y afférents ainsi que, le cas échéant, d'indemnités. Le traitement et le régime indemnitaire sont déterminés par l'autorité territoriale dans la limite d'un plafond fixé à 90 % du traitement à l'indice terminal et à 90 % du montant du régime indemnitaire institué par l'assemblée délibérante et servi à l'emploi de référence. Cet emploi de référence correspond, au choix de l'autorité territoriale, soit à l'emploi administratif fonctionnel de direction le plus élevé de la collectivité occupé par un fonctionnaire, soit au grade administratif le plus élevé détenu par un fonctionnaire en activité au sein de la collectivité. Il en résulte que la détermination du régime indemnitaire des collaborateurs de cabinet doit nécessairement tenir compte du versement effectif du régime indemnitaire à l'emploi de référence.

 

 

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23 septembre 2026 3 23 /09 /septembre /2026 15:12

 

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Jurisprudence RH • Fonction publique • Septembre 2026
Congé de longue maladie refusé : un agent public peut-il devoir rembourser 22 646 € de rémunération ?

Régularisation rétroactive, disponibilité d'office et récupération d'un trop-perçu : ce que les DRH territoriaux doivent retenir d'un arrêt de la cour administrative d'appel de Toulouse.

CAA de Toulouse, 22 septembre 2026, n° 24TL02040

L'essentiel en une minute

Une décision portant sur la situation statutaire d'un fonctionnaire peut, exceptionnellement, produire des effets rétroactifs lorsqu'une telle rétroactivité est nécessaire pour assurer la continuité de sa carrière ou régulariser sa situation.

Mais cette possibilité ne dispense pas l'employeur public de justifier ses décisions, de vérifier les droits à rémunération et de sécuriser les éventuelles procédures de recouvrement.

1. Les faits : un refus de CLM suivi d'une dette de 22 646 €

Une enseignante placée en arrêt maladie depuis le 14 septembre 2020 sollicite, en avril 2021, le bénéfice d'un congé de longue maladie. L'administration refuse cette demande par un arrêté du 23 août 2021.

Une décision du 14 décembre 2021 confirme ce refus et place notamment l'intéressée en disponibilité d'office pour raison de santé du 14 septembre au 30 novembre 2021. Elle prévoit également sa reprise à temps complet à compter du 3 janvier 2022.

Le 2 février 2023, l'administration émet un titre exécutoire de 22 646,05 €, correspondant à des rémunérations considérées comme indûment versées sur plusieurs mois de 2021 et 2022.

Une mise en demeure de payer est ensuite adressée à l'agente pour un total de 24 911,05 €, majoration comprise.

L'intéressée conteste les décisions relatives à sa situation médicale et statutaire, ainsi que le titre de perception et la mise en demeure.

La question juridique centrale

L'administration peut-elle régulariser rétroactivement une situation statutaire, puis réclamer le remboursement des rémunérations dont elle estime le versement injustifié ?

2. Une décision statutaire peut exceptionnellement être rétroactive

En principe, les décisions administratives ne peuvent légalement disposer que pour l'avenir.

La cour administrative d'appel rappelle toutefois une exception applicable aux décisions relatives à la carrière des fonctionnaires.

Le principe retenu par la cour

Une décision relative à la carrière peut recevoir une portée rétroactive dans la mesure nécessaire pour assurer la continuité de la carrière de l'agent ou procéder à la régularisation de sa situation.

CAA Toulouse, 22 septembre 2026, point 20.

Dans cette affaire, le placement rétroactif de l'agente en congé de maladie ordinaire, puis en disponibilité d'office, a été jugé compatible avec le principe de non-rétroactivité.

La cour considère que ces décisions répondaient à la nécessité d'assurer la continuité de sa carrière.

Ce que cela signifie pour un service RH

Une collectivité peut être confrontée à un décalage entre la date d'effet d'une situation statutaire et la date à laquelle l'autorité territoriale est en mesure de prendre sa décision.

L'enjeu est alors de justifier juridiquement la régularisation, d'identifier précisément les périodes concernées et d'en déterminer les conséquences financières.

Attention à la portée de cette solution

L'arrêt ne reconnaît pas un pouvoir général de rétroactivité. Il admet une exception strictement liée aux nécessités de continuité de carrière ou de régularisation. En FPT, les conditions de placement en disponibilité d'office et les garanties statutaires propres à chaque situation doivent être vérifiées séparément.

3. Congé de longue maladie : une pathologie constatée ne suffit pas toujours

Le congé de longue maladie répond à des conditions statutaires qui ne se résument pas à la seule existence d'une affection médicalement diagnostiquée.

L'administration doit notamment apprécier l'impossibilité d'exercer les fonctions, la nécessité de soins prolongés, ainsi que le caractère invalidant et la gravité confirmée de l'affection.

Dans l'affaire examinée, l'agente produisait plusieurs documents médicaux faisant état notamment de difficultés psychologiques et de manifestations anxio-dépressives.

Toutefois, la cour estime que ces pièces ne suffisaient pas à démontrer le caractère invalidant requis pour bénéficier du congé de longue maladie.

Elle valide donc le refus opposé par l'administration.

L'enseignement pour les DRH territoriaux

La réalité d'une maladie et l'ouverture du droit à un congé statutaire particulier constituent deux questions distinctes.

Un dossier médical peut établir une affection sans démontrer que toutes les conditions juridiques du congé sollicité sont réunies.

Le service RH doit veiller à la qualité de l'instruction administrative, dans le respect des compétences médicales et du secret médical.

4. L'avis médical ne remplace pas la décision de l'employeur

La cour rappelle également une distinction fondamentale : l'avis de l'instance médicale et la décision de l'autorité administrative ne se confondent pas.

En l'espèce, le recteur avait examiné le dossier de l'agente et pris en considération l'avis du comité médical. La cour ne relève aucun élément démontrant qu'il se serait considéré juridiquement lié par cet avis.

Le moyen tiré de l'absence d'exercice de sa propre compétence décisionnelle est donc écarté.

Application pratique

Une décision RH doit être prise par l'autorité compétente, à partir d'une instruction régulière et d'une appréciation adaptée à la situation.

Dans la fonction publique territoriale, il convient toutefois de vérifier les cas particuliers dans lesquels l'avis du conseil médical conditionne juridiquement la décision ou la reprise des fonctions.

5. Refus de CLM : l'obligation de motivation doit être respectée

Le refus d'accorder un congé de longue maladie constitue une décision refusant un avantage dont l'attribution représente un droit pour les fonctionnaires remplissant les conditions légales.

Cette décision doit donc être motivée, conformément aux exigences du code des relations entre le public et l'administration.

Dans cette affaire, la cour juge la motivation suffisante au regard des références juridiques figurant dans l'arrêté et des indications contenues dans sa lettre d'accompagnement.

Elle rappelle que l'exigence de motivation doit être conciliée avec le respect du secret médical.

Une distinction importante

La cour considère que l'avis du comité médical ne constituait pas, en lui-même, une décision administrative individuelle défavorable soumise à l'obligation de motivation prévue à l'article L. 211-2 du CRPA.

Elle retient également, dans le cadre juridique applicable à l'espèce, que la décision de disponibilité d'office et de reprise des fonctions n'était pas soumise à cette même exigence sur le fondement invoqué.

Vigilance en FPT

Ces appréciations portent sur les décisions en litige et les textes applicables à l'époque des faits. Elles ne dispensent pas de rechercher les autres obligations de motivation éventuellement applicables aux décisions individuelles prises aujourd'hui par les collectivités.

6. Trop-perçu de rémunération : le recouvrement doit être justifié

Le litige ne portait pas uniquement sur la situation statutaire de l'agente. Il concernait également le remboursement de rémunérations que l'administration considérait comme indûment versées.

Le titre de perception émis pour 22 646,05 € était contesté, notamment au regard de sa signature, de la compétence de son auteur et des éléments permettant de comprendre le calcul de la dette.

La cour relève que le titre indiquait les périodes concernées et détaillait, pour chaque mois, les éléments de rémunération à recouvrer.

Elle juge ces informations suffisamment précises au regard des exigences applicables au titre de perception de l'État.

La conséquence pour les employeurs territoriaux

Lorsqu'une régularisation statutaire entraîne un recalcul de la paie, le service RH doit pouvoir reconstituer les droits de l'agent période par période.

La collectivité doit distinguer les rémunérations réellement indues des sommes qui demeurent légalement acquises à l'agent.

Les règles de prescription, les modalités de notification et les procédures applicables au recouvrement doivent également être contrôlées.

Un point essentiel : le maintien du demi-traitement

Certaines sommes versées pendant l'attente d'une décision après l'expiration des droits statutaires à congé de maladie peuvent rester acquises à l'agent, même lorsqu'une décision ultérieure régularise rétroactivement sa situation.

Il serait donc juridiquement dangereux de déduire du seul caractère rétroactif d'une disponibilité d'office que tous les versements intervenus pendant cette période doivent être remboursés.

Enfin, l'arrêt distingue le contentieux relatif au bien-fondé ou à l'exigibilité de la créance des contestations portant sur la régularité formelle des actes de poursuite. Ces dernières peuvent relever d'un autre juge.

7. Ce que les DRH territoriaux doivent concrètement retenir

Bien que le litige concerne une fonctionnaire de l'État, les problématiques qu'il soulève se retrouvent fréquemment dans les collectivités territoriales.

Premier enjeu : sécuriser la chronologie statutaire

Chaque période de congé, d'attente d'avis médical, de disponibilité ou de reprise doit reposer sur une situation juridiquement identifiée.

Deuxième enjeu : séparer l'instruction médicale et la décision RH

L'autorité territoriale doit respecter la procédure médicale applicable sans abandonner sa propre compétence administrative.

Troisième enjeu : maîtriser les conséquences financières

Une régularisation administrative peut modifier les droits à rémunération. Mais chaque somme réclamée doit être juridiquement et comptablement justifiée.

Quatrième enjeu : conserver les preuves

Décisions, avis, notifications, éléments de paie et décomptes doivent permettre de retracer l'ensemble du traitement du dossier.

8. La méthode RH pour sécuriser un dossier de CLM refusé

Face à un refus de congé de longue maladie susceptible de produire des conséquences statutaires et financières, une méthode en six étapes peut être retenue.

1. Reconstituer la chronologie. Identifier les congés accordés, les dates de demandes, les périodes médicalement justifiées et les décisions prises.

2. Vérifier le cadre statutaire applicable. Déterminer les droits ouverts à l'agent et les conditions juridiques d'une éventuelle disponibilité d'office.

3. Sécuriser la procédure médicale. Contrôler les saisines requises, les avis rendus, l'information de l'agent et les garanties procédurales.

4. Formaliser les décisions administratives. Vérifier leur compétence, leur fondement, leur motivation lorsqu'elle est exigée et leur notification.

5. Reconstituer les droits financiers. Examiner les traitements, indemnités et éventuels maintiens de rémunération, en tenant compte des sommes légalement acquises.

6. Sécuriser le recouvrement éventuel. Vérifier la prescription, les bases de calcul, les pièces justificatives et les procédures applicables aux collectivités territoriales.

Question à se poser avant toute émission de titre

La collectivité est-elle en mesure de démontrer, pour chaque période et chaque élément de rémunération, pourquoi la somme réclamée constitue effectivement un indu ?

Bibliothèque professionnelle RH FPT

Votre dossier RH ne s'arrête pas ici

Vous gérez une situation de congé de longue maladie, de disponibilité d'office ou de régularisation de rémunération ?

Retrouvez trois ressources NAUDRH.COM sélectionnées pour répondre aux difficultés complémentaires que soulève ce type de dossier.

Problème RH n° 1 • Décision médicale
Quelle est la portée juridique des avis du conseil médical ?

Lorsque l'avis médical est défavorable, dans quelles conditions l'autorité territoriale peut-elle ou doit-elle suivre cet avis ?

Une ressource pour identifier les situations où l'avis ne lie pas l'administration et les cas particuliers dans lesquels il conditionne la décision RH.

Consulter l'analyse sur les avis du conseil médical

Problème RH n° 2 • Secret médical et procédure
Le procès-verbal du conseil médical peut-il être communiqué à l'agent ?

Comment répondre à une demande d'accès aux documents médicaux sans porter atteinte au secret médical, aux droits des tiers ou aux garanties procédurales ?

Cette analyse prolonge la question de la communication du dossier soulevée dans l'arrêt de Toulouse.

Sécuriser la communication des documents du conseil médical

Problème RH n° 3 • Rémunération et régularisation
Maintien du demi-traitement à l'expiration des droits à congé de maladie

Une disponibilité d'office rétroactive permet-elle de récupérer les demi-traitements versés dans l'attente de la décision administrative ?

Cet article explique pourquoi certains versements restent acquis à l'agent malgré une régularisation statutaire rétroactive.

Comprendre les règles de maintien du demi-traitement

Ces ressources sont proposées par difficulté professionnelle, et non par ordre de publication. Leur lecture doit être complétée par la vérification des textes applicables à la date de la décision envisagée.

9. Analyse : la véritable portée de cette jurisprudence

L'intérêt de cet arrêt dépasse la question de l'attribution du congé de longue maladie.

Il montre comment une décision relative à l'état de santé d'un fonctionnaire peut entraîner une succession de conséquences statutaires, administratives et financières.

Une régularisation rétroactive peut être admise lorsqu'elle est nécessaire à la continuité de la carrière, mais elle n'autorise pas automatiquement la récupération de toutes les rémunérations antérieurement versées.

La sécurité juridique repose sur la cohérence de l'ensemble du dossier : instruction médicale, décision statutaire, notification, liquidation de la rémunération et éventuel recouvrement.

La cour confirme ici le refus de congé de longue maladie et la validité du titre de perception. Elle annule cependant partiellement le jugement de première instance sur une question de compétence juridictionnelle relative à la contestation formelle de la mise en demeure de payer.

À retenir

En gestion RH territoriale, une décision prise tardivement peut être légalement régularisée dans certaines conditions. Mais plus la régularisation intervient tard, plus il devient essentiel de documenter précisément ses fondements et ses conséquences financières.

Référence jurisprudentielle

Cour administrative d'appel de Toulouse, 2e chambre, 22 septembre 2026, n° 24TL02040, inédit au recueil Lebon.

Attention : le litige concerne une fonctionnaire de l'État et des décisions prises en 2021. Les applications territoriales présentées constituent des enseignements de gestion à apprécier au regard des textes propres à la FPT, notamment du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 dans sa version applicable.

Pascal NAUD
Président fondateur de NAUDRH.COM
Expertise en ressources humaines et management public territorial

naudrhexpertise@gmail.com

Article d'analyse jurisprudentielle. Les préconisations pratiques doivent être adaptées à la situation statutaire de chaque agent et à l'état du droit applicable.

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CAA de TOULOUSE, 2ème chambre, 22/09/2026, 24TL02040

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23 septembre 2026 3 23 /09 /septembre /2026 13:12

 

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Transparence salariale : les DRH territoriaux vont devoir apprendre à expliquer les écarts de rémunération.

Projet de loi du 10 septembre 2026, travail de valeur égale, RIFSEEP, contractuels, données RH et intelligence artificielle : derrière la transparence salariale se dessine surtout une nouvelle exigence d’explicabilité.

Rémunération • FPT • RIFSEEP • Égalité professionnelle • DRH
Le véritable enjeu pour les DRH territoriaux : la réforme ne conduit pas à l’identité générale des rémunérations. Elle renforce surtout la nécessité de pouvoir comprendre, documenter et expliquer les différences entre des situations comparables.
À garder à l’esprit : le texte du 10 septembre 2026 demeure un projet de loi. Son contenu peut évoluer au cours du débat parlementaire et certaines modalités dépendront de textes réglementaires ultérieurs.

Pendant longtemps, nous avons pu considérer dans la fonction publique que la transparence salariale nous concernait moins directement que les entreprises privées. Le traitement d’un fonctionnaire résulte d’un grade, d’un échelon et d’un indice. Les grilles sont publiques et les règles statutaires largement connues. Cette apparente transparence ne dit pourtant qu’une partie de la réalité des rémunérations territoriales.

Le projet de loi présenté en Conseil des ministres et déposé au Sénat le 10 septembre 2026 pour transposer la directive européenne du 10 mai 2023 relative à l’égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes oblige à regarder le sujet autrement. Pour les DRH territoriaux, son intérêt dépasse largement la création de nouvelles obligations d’information. Ce texte nous conduit surtout à nous demander si nous sommes capables d’expliquer les différences de rémunération que nos politiques RH ont progressivement produites.

C’est probablement là que se trouve le véritable changement. Publier des données est une chose. Être en mesure d’expliquer pourquoi deux agents exerçant un même travail ou un travail de valeur égale perçoivent des rémunérations différentes en est une autre.

Une grille indiciaire publique ne rend pas toute la rémunération transparente

La rémunération d’un fonctionnaire territorial semble, à première vue, particulièrement lisible. Mais chacun sait, dans une DRH, que le traitement indiciaire ne constitue qu’une partie de la rémunération réelle. Le régime indemnitaire, l’IFSE, le CIA lorsqu’il est mis en œuvre, la NBI lorsque ses conditions sont réunies, les heures supplémentaires, les astreintes et différentes sujétions peuvent produire des écarts importants. La question est encore plus sensible pour les contractuels, dont la rémunération laisse davantage de place à l’individualisation.

Ces différences ne constituent évidemment pas, par elles-mêmes, des anomalies. Deux agents appartenant à une même catégorie peuvent exercer des responsabilités différentes, être soumis à des contraintes particulières, disposer d’une expérience différente ou occuper des emplois dont la valeur n’est pas comparable.

Le sujet qui se dessine avec la transparence salariale n’est donc pas celui d’une uniformisation générale des rémunérations. Il est celui de leur explicabilité. Pour un DRH, la différence est importante. Il ne suffira progressivement plus de savoir qu’une rémunération est juridiquement possible. Il faudra également être capable de comprendre et, le cas échéant, de démontrer pourquoi elle diffère d’une autre.

La notion de « travail de valeur égale » change sensiblement notre manière de regarder les emplois

C’est probablement l’un des aspects les plus structurants de la réforme pour les collectivités. Nos politiques RH restent largement organisées autour des filières, des cadres d’emplois, des grades et, depuis le développement du RIFSEEP, des groupes de fonctions. La logique européenne invite à ajouter une autre lecture : celle du travail de valeur égale.

La comparaison ne se limite donc pas nécessairement à deux agents appartenant au même cadre d’emplois ou exerçant exactement le même métier. L’appréciation de la valeur du travail conduit à examiner objectivement les compétences mobilisées, les efforts requis, le niveau de responsabilité et les conditions dans lesquelles l’activité est exercée.

Cette approche peut conduire à rapprocher des emplois que notre organisation statutaire a historiquement séparés. Un métier administratif, social, culturel ou technique ne devrait pas être évalué uniquement au regard de son appartenance à une filière. La question devient celle de la valeur réelle du travail demandé.

Pour les DRH territoriaux, cela renvoie immédiatement à la qualité de nos méthodes de cotation des postes. Les collectivités qui disposent déjà d’une architecture de fonctions solide, reposant sur des critères documentés et régulièrement actualisés, seront naturellement mieux préparées. Celles dont le régime indemnitaire s’est construit par sédimentation successive devront probablement reprendre une partie de ce travail.

Car nos politiques de rémunération portent leur histoire. Une revalorisation décidée pour réussir un recrutement difficile, une situation individuelle préservée à l’occasion d’une mobilité, une évolution de fonctions, une négociation particulière avec un contractuel ou une ancienne organisation du régime indemnitaire peuvent parfaitement expliquer l’origine d’un écart. Cela ne signifie pas nécessairement que cet écart demeure objectivement justifiable plusieurs années plus tard.

Le droit à l’information va modifier la relation entre l’agent et la DRH

Le projet de loi prévoit pour les agents publics un droit à l’information sur leur rémunération et sur les niveaux moyens de rémunération, ventilés par sexe, correspondant à un même travail ou à un travail de valeur égale.

Il ne s’agit donc pas d’ouvrir à chacun l’accès aux bulletins de paie nominatifs de ses collègues. La logique reste celle de données comparatives et agrégées, avec les garanties nécessaires à la protection des données personnelles lorsque la faiblesse des effectifs pourrait permettre d’identifier indirectement la rémunération d’une personne.

Pour les collectivités territoriales, et notamment les plus petites d’entre elles, cette question sera loin d’être théorique. Dans certains métiers ou niveaux de responsabilité, il n’existe parfois qu’un seul agent dans la collectivité. Les modalités réglementaires qui accompagneront le texte auront donc une importance particulière.

Mais au-delà des aspects techniques, c’est la relation entre l’agent et l’employeur qui pourrait évoluer. Jusqu’à présent, un agent pouvait considérer sa rémunération insuffisante ou penser qu’un collègue était mieux rémunéré sans disposer nécessairement d’éléments permettant d’objectiver cette perception. Demain, la discussion pourra davantage s’appuyer sur des données comparatives. Cela changera probablement la nature de certains échanges avec les services RH.

Le recrutement des contractuels mérite dès maintenant une attention particulière

La transparence salariale intervient également au moment du recrutement. Le projet prévoit que le candidat dispose d’informations sur la rémunération initiale ou sa fourchette et que celle-ci repose sur des critères objectifs. Il prévoit également de ne plus fonder la discussion sur l’historique salarial du candidat.

Cette évolution mérite une attention particulière dans la fonction publique territoriale, où la rémunération antérieure constitue encore assez souvent un élément de la négociation avec un contractuel. La pratique se comprend parfaitement. Lorsqu’une collectivité souhaite recruter un profil recherché, connaître son niveau de rémunération actuel permet d’évaluer les conditions nécessaires pour rendre la proposition attractive. Mais ce raisonnement peut également avoir pour conséquence de reproduire une inégalité acquise chez l’employeur précédent.

La logique qui se dessine consiste donc à déplacer progressivement le point de départ de la négociation. Il ne s’agira plus tant de savoir combien le candidat gagnait auparavant que de déterminer combien vaut l’emploi proposé au regard de critères préalablement définis par la collectivité.

Ce changement est loin d’être anodin. Il suppose que l’employeur dispose réellement d’une politique de rémunération des contractuels. Une fourchette n’a d’intérêt que si nous sommes capables d’expliquer ce qui permet de positionner un candidat en bas, au milieu ou en haut de cette fourchette. L’expérience professionnelle, la rareté d’une compétence ou le niveau de responsabilité peuvent naturellement intervenir. Encore faut-il que ces critères soient connus, cohérents et utilisés de manière suffisamment constante.

Le RIFSEEP va devenir un élément central de l’explicabilité des rémunérations

Le RIFSEEP a théoriquement préparé les collectivités à cette évolution. L’IFSE repose précisément sur les fonctions exercées, les sujétions et le niveau d’expertise. Dans son principe, le dispositif se prête donc bien à une approche objectivée de la rémunération. La réalité est parfois plus compliquée.

Dans certaines collectivités, les groupes de fonctions reposent sur une véritable cotation des postes et la doctrine indemnitaire est régulièrement actualisée. Dans d’autres, le dispositif initial a progressivement été modifié par les recrutements difficiles, les mobilités, les changements de fonctions, les revalorisations individuelles et les négociations successives.

Après plusieurs années, deux agents occupant des fonctions proches peuvent ainsi percevoir des montants d’IFSE différents. L’écart peut avoir une histoire parfaitement compréhensible sans que sa justification actuelle soit aussi évidente. C’est probablement l’un des premiers diagnostics que les DRH territoriaux devraient engager.

Il ne s’agit pas de rechercher une égalité arithmétique des IFSE ni de remettre en cause toute différenciation. Une politique indemnitaire doit précisément pouvoir tenir compte de différences réelles entre les fonctions. Il faut en revanche s’assurer que ces différences peuvent encore être rattachées à des critères objectifs et que les situations comparables sont traitées avec une cohérence suffisante.

À cet égard, la délibération instituant le RIFSEEP ne doit pas donner un faux sentiment de sécurité. Elle fixe le cadre général du régime indemnitaire. Elle n’explique pas nécessairement toutes les décisions individuelles prises à l’intérieur de ce cadre. La question qui va progressivement devenir déterminante est celle de la doctrine de gestion : quels critères avons-nous utilisés, comment les avons-nous appliqués et pouvons-nous encore reconstituer le raisonnement ayant conduit aux écarts actuels ?

La qualité des données RH va devenir un enjeu juridique

Cette réforme met également en lumière une difficulté bien connue des DRH : la qualité de nos données sur les emplois. Les données de paie sont généralement très sécurisées parce qu’elles doivent permettre de calculer correctement la rémunération. Les données décrivant les postes sont parfois moins fiables. Une fiche de poste peut ne plus correspondre totalement aux missions réellement exercées. Un intitulé d’emploi peut recouvrir des responsabilités très différentes selon les directions. Les organigrammes, les fiches de poste et le SIRH ne sont pas toujours actualisés simultanément.

Tant que ces informations servent principalement à la gestion interne, ces imperfections peuvent être absorbées par la connaissance qu’ont les équipes RH de leur collectivité. Elles deviennent beaucoup plus problématiques lorsque l’on souhaite comparer objectivement des emplois et expliquer les écarts de rémunération.

Une rémunération n’est véritablement explicable que si l’emploi auquel elle se rattache l’est également. Cela signifie que la transparence salariale pourrait conduire les DRH à engager un travail qui dépasse très largement la paie : actualisation des fiches de poste, clarification des responsabilités, fiabilisation des groupes de fonctions, rapprochement entre les données du SIRH et la réalité organisationnelle. La donnée RH devient ainsi une donnée de sécurisation juridique.

L’intelligence artificielle peut aider, mais elle ne réglera pas une politique de rémunération mal structurée

L’intelligence artificielle est souvent présentée comme l’un des outils qui permettront de traiter la masse de données générée par les nouvelles obligations de transparence. Cette perspective est crédible, mais elle mérite d’être abordée avec mesure.

Des outils peuvent effectivement analyser de nombreuses fiches de poste, rechercher des proximités entre emplois, identifier des écarts atypiques ou aider à repérer des situations qui méritent une analyse plus approfondie. Pour une grande collectivité, ces capacités peuvent devenir particulièrement intéressantes. Mais il serait dangereux d’en déduire que l’automatisation constitue la réponse à la réforme.

Un algorithme travaillant à partir de fiches de poste obsolètes produira une analyse fondée sur des informations obsolètes. Un système entraîné sur l’historique des rémunérations peut reproduire les incohérences que l’on cherche précisément à identifier. Et aucun outil ne peut décider seul qu’une différence de rémunération est juridiquement justifiée.

L’ordre des opérations est donc essentiel. Avant d’automatiser l’analyse, il faut fiabiliser les données, définir les critères de comparaison, consolider la doctrine indemnitaire et documenter les règles de rémunération. L’IA peut accélérer un raisonnement RH. Elle ne peut pas se substituer à ce raisonnement.

Son utilisation dans les processus de recrutement, d’évaluation ou de rémunération appelle par ailleurs ses propres précautions au regard de la protection des données et du cadre européen applicable à l’intelligence artificielle. La DRH devra donc s’assurer non seulement que sa politique de rémunération est explicable, mais également que les outils utilisés pour l’analyser le sont suffisamment.

Un écart de rémunération n’est pas, par lui-même, une discrimination

Ce point me paraît particulièrement important pour éviter une lecture trop mécanique de la réforme. La directive européenne utilise notamment un seuil de 5 % dans le mécanisme d’évaluation conjointe des rémunérations. Ce chiffre risque de devenir très visible dans les commentaires consacrés au texte.

Il faut pourtant éviter d’en déduire qu’un écart statistique de 5 % entre les rémunérations des femmes et des hommes serait automatiquement illégal. Le mécanisme européen repose sur plusieurs conditions. L’écart doit notamment ne pas pouvoir être justifié par des critères objectifs et non sexistes et ne pas avoir été corrigé dans les conditions prévues.

Une différence de rémunération peut être objectivement justifiée. Des responsabilités différentes, certaines sujétions, des conditions particulières d’exercice ou d’autres critères pertinents peuvent expliquer un écart. Ce que la réforme renforce, ce n’est donc pas l’interdiction de toute différence. C’est l’exigence de pouvoir la justifier.

Pour un DRH, cela change sensiblement la manière d’aborder le sujet. Un écart statistique doit devenir un signal d’analyse et non immédiatement une conclusion.

Le principal risque contentieux pourrait être l’impossibilité de reconstituer les décisions passées

Le principe d’égalité et l’interdiction des discriminations existent évidemment déjà dans la fonction publique. La réforme ne crée pas ces exigences. Ce qui change est la possibilité pour les agents d’accéder plus facilement à des éléments permettant de comparer leur situation.

Cela peut faire émerger des écarts qui existaient depuis longtemps sans avoir jamais été réellement interrogés. La difficulté d’une DRH sera alors parfois de reconstituer l’origine d’une décision prise plusieurs années auparavant. Pourquoi telle IFSE a-t-elle été revalorisée ? Pourquoi tel contractuel a-t-il obtenu ce niveau de rémunération ? Pourquoi deux postes apparemment proches ont-ils été classés différemment ?

Lorsque la réponse repose uniquement sur la mémoire d’un gestionnaire ou sur le contexte d’un recrutement ancien, la situation devient fragile. La traçabilité de la décision salariale prend donc une importance nouvelle. Elle ne doit pas devenir une bureaucratie supplémentaire consistant à produire des notes pour chaque décision. Elle doit permettre de conserver suffisamment d’éléments pour comprendre, quelques années plus tard, la logique qui a été suivie.

Il serait risqué d’attendre la fin du parcours législatif pour commencer à travailler

Le texte déposé le 10 septembre 2026 demeure un projet de loi. Il peut évoluer au cours de la discussion parlementaire et certaines modalités dépendront de textes réglementaires ultérieurs. Il serait donc prématuré de présenter toutes ses dispositions comme des obligations déjà applicables.

Pour autant, les DRH territoriaux n’ont pas réellement intérêt à attendre. Le travail préparatoire peut commencer sans préjuger du texte définitif, car il porte pour l’essentiel sur des sujets qui devraient déjà relever d’une bonne gestion RH : qualité des données, actualisation des fiches de poste, cohérence des groupes de fonctions, doctrine de rémunération des contractuels, traçabilité des revalorisations et analyse des écarts indemnitaires.

Une collectivité qui réalise ce travail et dont certaines dispositions de la réforme évolueraient n’aura pas travaillé inutilement. Elle aura simplement rendu sa politique de rémunération plus cohérente et plus lisible. C’est pourquoi je regarderais moins cette réforme comme une nouvelle obligation réglementaire à intégrer dans un calendrier RH que comme une occasion de tester la solidité de notre système de rémunération.

La transparence salariale va probablement changer notre manière de piloter les rémunérations

Nous avons longtemps abordé la rémunération publique sous trois angles principaux : le statut, le budget et la paie. Ces trois dimensions resteront évidemment essentielles. Mais une quatrième devient progressivement incontournable : la capacité d’explication.

Pourquoi cet emploi est-il classé dans ce groupe de fonctions ? Pourquoi cette IFSE est-elle supérieure à une autre ? Pourquoi ce contractuel a-t-il été recruté à ce niveau ? Quels critères expliquent une différence entre deux emplois apparemment comparables ? Ces critères sont-ils toujours pertinents et appliqués de manière cohérente ?

Ce sont des questions que les DRH se posent déjà. La transparence salariale va simplement leur donner une importance juridique et managériale beaucoup plus forte. Une politique de rémunération que la DRH sait expliquer est généralement plus facile à défendre devant les élus, plus compréhensible pour les managers, plus solide en dialogue social et plus acceptable pour les agents.

Conclusion : demain, la bonne politique de rémunération sera celle que nous saurons expliquer

Le projet de loi du 10 septembre 2026 ne doit donc pas être réduit à une obligation supplémentaire de produire des indicateurs ou de communiquer des informations. Il pose une question beaucoup plus structurante aux employeurs territoriaux : sommes-nous capables d’expliquer les rémunérations que nous avons construites ?

Pendant longtemps, sécuriser une rémunération consistait principalement à vérifier l’existence d’un fondement statutaire, d’une délibération lorsque celle-ci était nécessaire, d’une décision individuelle régulière et des crédits correspondants. Cela restera indispensable. Mais cela pourrait ne plus suffire.

Il faudra de plus en plus être capable d’expliquer la cohérence d’ensemble : le classement des emplois, les différences indemnitaires, les niveaux de rémunération proposés aux contractuels et les écarts observés entre des emplois de valeur comparable. La transparence salariale ne signifie pas que tous les agents devront percevoir la même rémunération. Elle signifie que les différences devront pouvoir être objectivées et expliquées.

Pour un DRH territorial, le meilleur exercice préparatoire est peut-être finalement assez simple. Prenons quelques emplois comparables dans notre collectivité, regardons les rémunérations réellement versées et posons-nous la question qu’un agent pourrait demain nous adresser : pourquoi existe-t-il cet écart ?

Si nous pouvons répondre immédiatement à partir de critères connus, documentés et cohérents, notre politique de rémunération est probablement solide. Si nous devons commencer par rechercher l’histoire de chaque situation individuelle pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, le chantier de la transparence salariale a déjà commencé.

Lecture DRH territoriale : le chantier le plus utile n’est probablement pas de préparer immédiatement de nouveaux tableaux. Il consiste d’abord à tester la robustesse de la doctrine de rémunération : qualité des fiches de poste, cohérence des groupes de fonctions, critères de rémunération des contractuels, traçabilité des revalorisations et capacité à justifier les écarts.
À retenir : une rémunération juridiquement possible n’est pas nécessairement une rémunération facilement explicable plusieurs années plus tard. La transparence salariale pourrait ainsi faire de l’explicabilité une quatrième dimension du pilotage des rémunérations, aux côtés du statut, du budget et de la paie.

Pascal NAUD
Président fondateur de NAUDRH.COM
Expert en ressources humaines territoriales, droit de la fonction publique et management public
naudrhexpertise@gmail.com

 

 

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21 septembre 2026 1 21 /09 /septembre /2026 22:52

 

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Masse salariale dans la fonction publique territoriale : ce que la Cour des comptes prépare pour les collectivités

140 000 emplois territoriaux en moins d’ici 2032 ? Derrière ce chiffre spectaculaire, la note publiée en septembre 2026 par la Cour des comptes dessine surtout une transformation beaucoup plus profonde : celle du pilotage des effectifs, des rémunérations et de la masse salariale dans la fonction publique territoriale.

La maîtrise de la masse salariale de la fonction publique devient l’un des enjeux centraux du redressement des finances publiques. Dans sa note de septembre 2026, la Cour des comptes analyse les évolutions constatées depuis 2012 et présente plusieurs scénarios à l’horizon 2032.

Pour les employeurs territoriaux et leurs DRH, cette publication mérite une attention particulière. Elle ne se limite pas à proposer des économies. Elle remet en question certaines modalités traditionnelles de gestion des effectifs et envisage notamment une programmation pluriannuelle beaucoup plus structurée des emplois publics locaux.

📊 Les chiffres à retenir

5,88 millions
agents publics en 2024
362,1 Md€
de masse salariale publique
21,7 %
des dépenses publiques
+188 000
agents territoriaux depuis 2012

1. Une masse salariale publique devenue un enjeu budgétaire majeur

Au 31 décembre 2024, la fonction publique emploie 5,88 millions d’agents. Depuis 2012, les effectifs publics ont augmenté de 475 000 personnes, soit une progression de 8,8 %.

La masse salariale brute des administrations publiques atteint désormais 362,1 milliards d’euros. Elle représente 21,7 % de l’ensemble des dépenses publiques et a progressé de 89,5 milliards d’euros depuis 2012.

La Cour des comptes replace ces données dans la trajectoire de redressement des finances publiques. Selon ses calculs, si la masse salariale publique contribuait à l’effort budgétaire proportionnellement à son poids dans les dépenses publiques, environ 17,4 milliards d’euros d’économies en année pleine devraient être dégagés à l’horizon 2032.

À retenir
La Cour ne propose pas nécessairement une diminution en valeur de la masse salariale publique. L’objectif envisagé consiste avant tout à ralentir sa progression par rapport à son évolution spontanée.

2. La fonction publique territoriale particulièrement concernée

En 2024, la fonction publique territoriale représente environ 2,04 millions d’agents, soit près de 35 % des effectifs publics.

Entre 2012 et 2024, ses effectifs ont progressé de 188 000 agents, soit +10,3 %. La croissance territoriale apparaît donc supérieure à celle de la fonction publique de l’État sur la même période.

Dans le même temps, les charges de personnel des collectivités territoriales et de leurs groupements à fiscalité propre sont passées à 76,4 milliards d’euros en 2024, soit une progression de 23,4 milliards d’euros et de 42,6 % depuis 2012.

Cette progression n’est toutefois pas homogène. Selon la Cour, la hausse atteint :

Type de collectivité Évolution 2012-2024
Intercommunalités +109 %
Régions +66 %
Communes +34 %
Départements +27 %

L’analyse est particulièrement sévère concernant le bloc communal. La montée en puissance des intercommunalités s’est traduite par des transferts et extensions de compétences, mais ceux-ci n’ont pas entraîné une diminution proportionnelle des effectifs communaux.

La Cour relève ainsi que les effectifs municipaux n’ont diminué que de 0,2 %, alors même que les intercommunalités ont connu une croissance importante de leurs propres effectifs.

Un point essentiel pour l’analyse RH
La Cour estime que, dans la FPT, environ 78 % de l’augmentation de la masse salariale relève de l’effet rémunération et 22 % de l’évolution des effectifs. La maîtrise de la dépense ne peut donc pas être réduite à la seule question du nombre d’agents.

3. 54 000 ou 140 000 emplois territoriaux en moins : que dit réellement la Cour ?

C’est probablement la partie de la note qui suscitera le plus de réactions dans les collectivités territoriales.

Les 1 607 heures et l’absentéisme : une première hypothèse de 54 000 emplois

La Cour considère que l’achèvement de l’alignement du temps de travail sur la référence annuelle de 1 607 heures, combiné à une réduction de l’absentéisme, pourrait permettre une diminution progressive d’au moins 2,7 % des effectifs territoriaux.

Cela représenterait environ 54 000 agents et une économie estimée à 1,5 milliard d’euros en 2032.

La Cour nuance elle-même ce constat en rappelant les progrès déjà accomplis. Selon une enquête de la DGCL conduite fin 2024, 96 % des délibérations prises par les communes et établissements publics communaux ayant défini leurs règles de temps de travail respecteraient désormais la référence légale.

Un scénario beaucoup plus ambitieux : revenir vers les effectifs de 2014

La Cour envisage également une trajectoire plus structurelle : stabiliser les effectifs puis les rapprocher progressivement, d’ici 2032, de leur niveau de 2014.

Cette évolution représenterait une réduction pouvant atteindre 140 000 agents territoriaux, notamment dans le bloc communal, pour une économie maximale évaluée à environ 3,9 milliards d’euros.

Le vieillissement de la pyramide des âges pourrait faciliter cette stratégie. Les départs à la retraite devraient en effet augmenter dans les prochaines années et pourraient permettre de réduire certains effectifs sans nécessairement recourir à des suppressions brutales de postes.

⚠️ Attention à l’interprétation juridique

Le chiffre de 140 000 agents ne constitue ni une obligation imposée aux collectivités, ni une norme légale, ni une décision gouvernementale déjà prise.

Il s’agit d’un scénario et d’une orientation proposés par la Cour des comptes. Les collectivités territoriales demeurent, à ce jour, compétentes pour déterminer leurs emplois dans le respect des règles statutaires, budgétaires et du principe constitutionnel de libre administration.

4. Point d’indice, carrières et mesures catégorielles : les rémunérations également ciblées

La Cour des comptes ne propose pas de faire reposer l’effort budgétaire uniquement sur la diminution des effectifs. Elle estime qu’un redressement durable nécessiterait de combiner les leviers portant sur les emplois et ceux portant sur les rémunérations.

Une trajectoire pluriannuelle pour le point d’indice

La Cour critique l’alternance entre périodes de gel du point d’indice, revalorisations ponctuelles et mesures catégorielles destinées à compenser les pertes d’attractivité.

Elle préconise plutôt une trajectoire salariale pluriannuelle reposant sur une sous-indexation organisée du point d’indice, accompagnée de mesures catégorielles davantage ciblées sur les métiers connaissant des difficultés de recrutement.

Les déroulements de carrière pourraient également être concernés

Parmi les autres pistes envisagées figure un ralentissement de certains avancements de grade et d’échelon.

À titre de simulation, la Cour chiffre à environ 1,5 milliard d’euros par an, pour l’ensemble des trois versants, l’économie correspondant à un décalage de six mois des avancements et promotions par rapport à leur rythme habituel.

Limiter les mesures catégorielles

La Cour envisage également de réduire le rythme des revalorisations catégorielles. Une division par deux des volumes annuels de ces mesures entre 2026 et 2032 représenterait, selon ses simulations, une moindre dépense de 9,8 milliards d’euros en 2032 par rapport à la prolongation du rythme observé précédemment.

Les principaux leviers étudiés par la Cour :

-non-remplacement d’une partie des départs ;

-sous-indexation pluriannuelle de la valeur du point d’indice ;

-réduction des enveloppes consacrées aux mesures catégorielles ;

-désindexation éventuelle de certaines indemnités ;

-ralentissement des avancements et promotions ;

-actions sur le temps de travail et l’absentéisme.

5. Vers des plafonds et des schémas d’emplois dans les collectivités ?

C’est probablement l’une des propositions les plus structurantes du rapport pour l’avenir de la gestion des ressources humaines territoriales.

Aujourd’hui, les assemblées délibérantes votent librement les crédits consacrés aux dépenses de personnel dans le cadre de leur budget. L’état prévisionnel des effectifs figure dans les documents budgétaires, mais il conserve essentiellement une portée informative.

La Cour propose d’aller beaucoup plus loin en instaurant des plafonds et schémas d’emplois au sein des budgets des collectivités territoriales, sur un modèle inspiré de celui appliqué à l’État.

Ces outils seraient complétés par une analyse pluriannuelle des déterminants de la masse salariale, intégrant notamment :

-les créations et suppressions d’emplois ;

-les départs et recrutements prévisionnels ;

-le GVT ;

-les mesures catégorielles ;

-l’évolution globale des dépenses de personnel.

Un changement potentiel de philosophie

La politique RH territoriale ne serait plus uniquement appréciée à travers le budget annuel et le tableau des emplois. Elle pourrait être davantage encadrée par une trajectoire pluriannuelle des effectifs et de la masse salariale.

Un objectif national d’emplois pour la FPT

La Cour recommande également que la prochaine loi de programmation pluriannuelle des finances publiques définisse un objectif d’évolution des emplois pour chacun des trois versants de la fonction publique.

Pour la FPT, elle précise toutefois qu’un tel objectif serait défini globalement au niveau du versant territorial et non collectivité par collectivité. Il conserverait ainsi un caractère indicatif afin de prendre en considération le principe de libre administration consacré par l’article 72 de la Constitution.

Une nouvelle instance de concertation dès 2027 ?

La Cour propose parallèlement la création, au plus tard en 2027, d’une instance nationale réunissant les employeurs des trois versants de la fonction publique.

Cette instance aurait vocation à discuter de la politique salariale annuelle et pluriannuelle, notamment de l’évolution du point d’indice et des mesures catégorielles.

L’objectif affiché est également de permettre aux employeurs territoriaux d’anticiper davantage les conséquences financières des décisions nationales de rémunération avant le vote de leurs budgets.

6. Ce que les DRH territoriaux doivent anticiper

Il serait prématuré de transformer les préconisations de la Cour des comptes en obligations juridiques. Mais il serait tout aussi risqué de considérer cette publication comme un simple exercice prospectif sans conséquence.

Plusieurs évolutions convergent vers un même objectif : faire de la masse salariale un véritable outil de pilotage stratégique et non plus seulement une ligne budgétaire suivie annuellement.

Pour les DRH territoriaux, cinq priorités se dégagent

1. Fiabiliser les projections de départs.
La connaissance précise des départs à la retraite prévisionnels devient indispensable pour identifier les marges de non-remplacement, de redéploiement ou de transformation des postes.

2. Ne plus remplacer automatiquement chaque départ.
Chaque vacance devrait être l’occasion de réinterroger le besoin, l’organisation du service, le niveau de responsabilité et les possibilités de mutualisation.

3. Piloter réellement le GVT.
Avancements, promotions internes, revalorisations indiciaires, transformations de postes et mesures indemnitaires doivent être intégrés dans une projection financière pluriannuelle.

4. Identifier les métiers réellement en tension.
Une maîtrise globale de la masse salariale ne signifie pas nécessairement une politique uniforme de restriction salariale. Les collectivités devront conserver des marges de rémunération sur les compétences rares et les métiers difficiles à recruter.

5. Relier prospective RH et prospective financière.
La stratégie RH, le débat d’orientation budgétaire, la programmation financière et la GPEEC doivent progressivement devenir les différentes composantes d’un même pilotage.

Les principales propositions concernant directement la FPT

Levier Orientation de la Cour Impact RH potentiel
Effectifs Stabilisation puis réduction progressive Non-remplacements, redéploiements, réorganisations
Temps de travail Achever l’application des 1 607 heures Contrôle des cycles et régimes dérogatoires
Absentéisme Renforcer les actions de maîtrise Prévention, organisation, suivi des absences
Rémunérations Trajectoire salariale pluriannuelle Arbitrage entre attractivité et soutenabilité financière
Carrières Hypothèse de ralentissement du GVT Impact potentiel sur avancements et promotions
Pilotage Plafonds et schémas d’emplois Renforcement de la programmation pluriannuelle RH

Conclusion : la masse salariale devient un enjeu stratégique de politique RH territoriale

La note de la Cour des comptes ne constitue pas, en elle-même, une réforme de la fonction publique territoriale. Les scénarios présentés ne doivent donc pas être confondus avec des mesures déjà adoptées.

Elle donne néanmoins une indication particulièrement claire de la direction dans laquelle pourrait évoluer le pilotage des ressources humaines publiques.

La question ne sera probablement plus seulement de savoir combien d’agents une collectivité emploie, mais de pouvoir démontrer pourquoi elle les emploie, comment ses effectifs évolueront à moyen terme, quels gains d’organisation ont été recherchés et comment les décisions relatives aux carrières et aux rémunérations s’inscrivent dans une trajectoire financière soutenable.

Pour les employeurs territoriaux, cette évolution renforce encore la nécessité de rapprocher politique RH, GPEEC, organisation des services et stratégie financière.

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Le chiffre de 140 000 emplois territoriaux attirera naturellement l’attention, mais il ne me paraît pas constituer l’enseignement principal de cette note. La proposition la plus structurante est ailleurs : dans la volonté de faire entrer la FPT dans une logique beaucoup plus poussée de programmation pluriannuelle des emplois et de la masse salariale.

L’instauration éventuelle de plafonds et de schémas d’emplois modifierait profondément les pratiques actuelles des collectivités. Même si aucune obligation nouvelle n’existe aujourd’hui sur ce fondement, les DRH ont intérêt à anticiper cette évolution en renforçant dès maintenant leurs outils de prospective sur les départs, le GVT, les métiers en tension, les redéploiements et les coûts futurs de leurs décisions RH.

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19 septembre 2026 6 19 /09 /septembre /2026 12:50

 

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Arrêts de travail : une réforme importante entre en vigueur le 15 octobre 2026. Le décret n° 2026-867 du 16 septembre 2026 tire les conséquences de la réduction, dans certaines situations, de trois ans à un an de la durée maximale dérogatoire d'indemnisation. Mais attention : cette réforme ne doit pas être interprétée comme une réduction générale des droits statutaires à congé de maladie des fonctionnaires territoriaux.

Publié au Journal officiel du 18 septembre 2026, le décret n° 2026-867 du 16 septembre 2026 relatif à la réforme de la durée maximale dérogatoire d'indemnisation pour arrêt de travail précise les conséquences réglementaires d'une évolution significative du régime d'indemnisation des arrêts de travail.

Pour les DRH, responsables RH et gestionnaires territoriaux, sa lecture appelle toutefois une vigilance particulière : durée d'indemnisation par l'assurance maladie et durée des droits statutaires à congé de maladie ne doivent pas être confondues.

1. Ce que change le décret du 16 septembre 2026

Le décret n° 2026-867 tire les conséquences de la réforme réduisant à un an la durée maximale dérogatoire d'indemnisation pour arrêt de travail des assurés qui en bénéficient et dont la participation aux frais de santé n'est pas limitée ou supprimée dans les conditions visées par les 3° et 4° de l'article L. 160-14 du Code de la sécurité sociale.

À retenir :
Dans les situations concernées par la réforme, la durée maximale dérogatoire d'indemnisation est ramenée de 3 ans à 1 an.

Le décret procède en conséquence à plusieurs modifications réglementaires du Code de la sécurité sociale, notamment de ses articles D. 382-25-2, D. 382-25-3, D. 622-10 et D. 712-26.

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2. Le maintien d'une durée de trois ans pour certaines ALD

La réforme comporte une exception essentielle : la durée maximale d'indemnisation de trois ans est maintenue pour les assurés atteints d'une affection de longue durée relevant des 3° et 4° de l'article L. 160-14 du Code de la sécurité sociale.

⚠ Point de vigilance

Il serait donc inexact de présenter la réforme comme une réduction générale de trois ans à un an de toutes les périodes d'indemnisation liées aux arrêts de travail. Le régime dépend de la situation juridique et médicale de l'assuré.

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3. Fonction publique : attention au champ d'application

C'est probablement le point qui appelle le plus de vigilance pour les employeurs territoriaux.

La notice du décret énumère notamment parmi les publics concernés les « fonctionnaires de l'État et magistrats bénéficiant d'une durée d'indemnisation dérogatoire », en dehors des personnes atteintes des affections de longue durée expressément préservées par le dispositif.

Le décret vise également, dans ses visas, l'article L. 822-6 du Code général de la fonction publique.

Attention à une lecture trop rapide du texte

Le décret ne doit pas être présenté comme ramenant automatiquement à un an les droits statutaires à congé de maladie des fonctionnaires territoriaux. Sa notice vise expressément les fonctionnaires de l'État et les magistrats bénéficiant du régime dérogatoire concerné.

Pour une collectivité territoriale ou un établissement public local, la première étape consiste donc à identifier le régime juridique effectivement applicable à l'agent, plutôt qu'à transposer mécaniquement la nouvelle durée maximale d'indemnisation.

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4. Une entrée en vigueur au 15 octobre 2026

Le calendrier d'application constitue un autre élément important du décret.

Les nouvelles dispositions s'appliquent :

-aux arrêts de travail prescrits à compter du 15 octobre 2026 ;

-ainsi qu'aux arrêts de travail en cours au 15 octobre 2026 pour une incapacité de travail atteignant six mois à compter de cette date.

Date clé
15 OCTOBRE 2026
Entrée en application du nouveau dispositif

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5. Un régime transitoire à ne pas négliger

Le décret organise également la situation des personnes déjà engagées dans le dispositif avant l'entrée en vigueur de la réforme.

Les dispositions antérieures continuent de s'appliquer jusqu'au terme de la durée maximale de trois ans pendant laquelle l'indemnité journalière peut être servie aux assurés sociaux qui, au 15 octobre 2026, se sont vu reconnaître le bénéfice de la procédure prévue à l'article L. 324-1 du Code de la sécurité sociale et dont la participation n'est pas limitée ou supprimée au titre de l'article L. 160-14 du même code.

Conséquence pratique

La date de l'arrêt et la situation de l'assuré au 15 octobre 2026 deviennent déterminantes. Une analyse du dossier individuel est donc nécessaire avant de déterminer le régime applicable.

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6. Ce que les DRH territoriaux doivent retenir

Pour les services RH territoriaux, ce texte appelle avant tout une lecture juridiquement rigoureuse de son champ d'application.

Avant de traiter un dossier, quatre vérifications sont nécessaires :

1.Identifier le statut de l'agent et le régime dont il relève ;

2.distinguer les droits statutaires à congé des règles d'indemnisation issues du Code de la sécurité sociale ;

3.vérifier la nature de la situation médicale, notamment au regard du régime des ALD visé par le décret ;

4.examiner la date de prescription et la situation au 15 octobre 2026 afin de déterminer si les dispositions nouvelles ou transitoires sont applicables.

Cette méthode permet d'éviter une erreur classique : considérer qu'une réforme portant sur les conditions ou la durée d'indemnisation par l'assurance maladie modifie nécessairement et dans les mêmes proportions les droits statutaires attachés au congé de maladie du fonctionnaire.

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Conclusion : une réforme importante, mais à ne pas transposer trop rapidement à la FPT

Le décret n° 2026-867 du 16 septembre 2026 concrétise une évolution significative : la réduction à un an de la durée maximale dérogatoire d'indemnisation dans les situations visées par la réforme, tout en maintenant une durée de trois ans pour certaines affections de longue durée.

Pour les professionnels des ressources humaines territoriales, l'enjeu est cependant ailleurs : ne pas confondre cette évolution du régime d'indemnisation avec une modification générale des droits statutaires à congé de maladie dans la fonction publique territoriale.

Chaque situation doit donc être examinée en fonction du statut de l'agent, du régime applicable, de la nature de l'arrêt et des dispositions transitoires.

📚 Référence juridique

Décret n° 2026-867 du 16 septembre 2026 relatif à la réforme de la durée maximale dérogatoire d'indemnisation pour arrêt de travail.

Publication : Journal officiel n° 0218 du 18 septembre 2026, texte n° 25.

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Décret n° 2026-867 du 16 septembre 2026 relatif à la réforme de la durée maximale dérogatoire d'indemnisation pour arrêt de travail

 

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19 septembre 2026 6 19 /09 /septembre /2026 09:50

 

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Gel du point d’indice en 2027 : le vrai problème des DRH territoriaux n’est peut-être plus le pouvoir d’achat, mais la valeur même de la carrière

Point d’indice, tassement des grilles, indemnité différentielle, attractivité et fidélisation : derrière l’arbitrage salarial se dessine une transformation plus profonde du modèle de carrière publique.

Rémunération • FPT • DRH • Carrières • 2027
Le débat sur le gel du point d’indice est généralement présenté sous l’angle du pouvoir d’achat des agents publics. Pour un directeur des ressources humaines territorial, cette lecture est devenue insuffisante. À mesure que le SMIC progresse, que les premiers indices des grilles se rapprochent du salaire minimum et que les employeurs territoriaux utilisent davantage le régime indemnitaire pour répondre aux tensions de recrutement, c’est l’architecture même de la rémunération publique qui se déforme.
Lecture DRH : le sujet n’est plus seulement de savoir combien un agent perd en pouvoir d’achat. Il faut désormais se demander ce que signifie encore une progression de carrière lorsque plusieurs échelons produisent des écarts devenus très faibles, quelle valeur conserve une promotion lorsqu’elle est peu perceptible sur la fiche de paie et comment une collectivité peut rester attractive lorsque le principal élément de rémunération échappe à sa décision.

Pour les DRH territoriaux, le gel du point n’est donc plus seulement un sujet salarial. Il devient un sujet de politique RH.

Le gel du point produit un effet beaucoup plus profond qu’une simple stagnation salariale

Le traitement indiciaire brut repose sur une mécanique connue : l’indice majoré détenu par l’agent est multiplié par la valeur du point d’indice. Lorsque cette valeur reste inchangée, la progression de la rémunération indiciaire dépend essentiellement des évolutions de carrière, des reclassements statutaires ou de mesures générales portant sur les indices.

Le problème apparaît lorsque cette stabilité nominale se prolonge dans un environnement où les prix et le salaire minimum continuent d’évoluer. Les revalorisations de 3,5 % intervenues en juillet 2022 puis de 1,5 % en juillet 2023 avaient permis une remontée de la valeur du point. L’attribution de cinq points d’indice majoré à tous les agents au 1er janvier 2024 a ensuite constitué une mesure uniforme de soutien à la rémunération, sans modifier la valeur du point elle-même.

Pour un DRH, la conséquence ne doit pas être analysée uniquement en termes de perte individuelle. Elle doit être regardée à travers la structure de la rémunération. Plus le point reste stable, plus les mécanismes périphériques prennent de l’importance : régime indemnitaire, indemnité différentielle, mesures catégorielles, reclassements, promotions ou dispositifs propres à certains métiers.

La rémunération publique devient progressivement moins lisible. Et lorsqu’une politique de rémunération devient moins lisible, elle devient également plus difficile à expliquer, à piloter et à utiliser comme outil de management.

Le véritable signal d’alerte est le tassement des grilles

Pour les DRH territoriaux, le phénomène le plus préoccupant est probablement moins le gel lui-même que le tassement qu’il contribue à produire. Le SMIC bénéficie d’un mécanisme de revalorisation qui permet son adaptation à l’évolution des prix. Les premiers traitements indiciaires de la fonction publique ne disposent pas d’un mécanisme équivalent. Lorsque le salaire minimum progresse alors que les indices restent inchangés, les premiers échelons des grilles finissent mécaniquement par se rapprocher du SMIC, voire par lui devenir inférieurs.

Le droit apporte alors une réponse : l’indemnité différentielle. Lorsque le traitement indiciaire brut est inférieur au SMIC brut mensuel applicable, l’employeur verse la différence.

Juridiquement, le mécanisme fonctionne. Du point de vue de la politique RH, il révèle pourtant une anomalie beaucoup plus profonde. L’indemnité différentielle empêche qu’un agent public soit rémunéré sous le SMIC. Elle ne redonne pas pour autant de la profondeur à la grille. Elle ne recrée pas d’écart entre les premiers échelons et ne redonne pas automatiquement une valeur financière perceptible à l’ancienneté.

Autrement dit, l’indemnité différentielle corrige le plancher sans réparer l’escalier.

C’est probablement l’une des images les plus simples pour comprendre le problème auquel les DRH sont désormais confrontés.

Quand l’avancement d’échelon devient presque invisible, c’est la promesse de carrière qui s’affaiblit

La fonction publique s’est historiquement construite sur une promesse implicite particulièrement forte : la rémunération n’est pas seulement celle du poste occupé aujourd’hui ; elle s’inscrit dans une carrière. Un agent accepte parfois une rémunération d’entrée moins attractive que celle qu’il pourrait obtenir ailleurs parce qu’il sait qu’il progressera en ancienneté, en grade, en responsabilités et en rémunération.

Cette logique constitue l’une des contreparties essentielles du modèle statutaire. Mais que se passe-t-il lorsque la progression indiciaire devient trop faible pour être réellement perçue ? Le problème n’est pas seulement financier. Il devient psychologique et managérial.

Un changement d’échelon qui produit un gain extrêmement limité ne constitue plus véritablement un événement de carrière pour l’agent. Une promotion qui entraîne davantage de responsabilités mais seulement une faible différence de rémunération peut perdre une partie de son attractivité. Le passage d’une catégorie à une autre peut lui-même être interrogé lorsque le différentiel salarial ne paraît plus proportionné aux exigences nouvelles du poste.

Comment valoriser une carrière dont certaines étapes deviennent financièrement presque invisibles ?

Cette question dépasse largement le débat sur le point d’indice. Elle touche à la crédibilité du modèle de carrière lui-même.

La « smicisation » des débuts de carrière change la nature du problème RH

Le nombre croissant d’agents dont le traitement indiciaire se situe au niveau ou sous le seuil du SMIC avant versement de l’indemnité différentielle constitue un indicateur particulièrement révélateur. Il faut toutefois être précis sur ce que signifie ce phénomène. Il ne veut pas dire que ces agents sont nécessairement rémunérés au SMIC une fois prises en compte toutes les composantes de leur rémunération. Le régime indemnitaire, le supplément familial ou d’autres éléments peuvent modifier la rémunération globale.

Mais du point de vue statutaire, le signal est puissant : le traitement indiciaire correspondant à certains débuts de carrière ne suffit plus, à lui seul, à atteindre le salaire minimum.

Pour un DRH territorial, cette situation pose immédiatement une question d’attractivité. Comment présenter à un candidat une grille de carrière dont les premiers indices nécessitent l’intervention d’un mécanisme correcteur destiné à garantir le SMIC ? Comment expliquer la valeur de l’ancienneté si plusieurs étapes de carrière produisent des différences faibles ? Comment attirer sur certains métiers lorsque les compétences demandées sont également recherchées par des employeurs privés capables de négocier directement la rémunération ?

La difficulté devient particulièrement visible dans les métiers en tension. Et elle crée un phénomène que les DRH connaissent déjà : pour recruter, il faut de plus en plus souvent chercher ailleurs que dans la grille les moyens de rendre l’offre attractive.

Le gel du point déplace progressivement la politique salariale vers les collectivités

C’est probablement l’un des paradoxes les plus importants pour la fonction publique territoriale. La valeur du point est nationale. Les grilles indiciaires sont nationales. Une collectivité territoriale ne peut donc pas décider de revaloriser elle-même le traitement indiciaire de ses fonctionnaires.

En revanche, elle doit gérer localement les conséquences RH de cette politique nationale. Lorsqu’un métier devient difficile à recruter, c’est la collectivité qui doit trouver une réponse. Lorsqu’un agent expérimenté envisage de partir pour une collectivité voisine offrant un régime indemnitaire plus favorable, c’est la DRH locale qui doit gérer la situation. Lorsque les écarts de rémunération deviennent insuffisants entre niveaux de responsabilité, c’est encore l’employeur territorial qui doit rechercher les marges de manœuvre disponibles.

Le régime indemnitaire prend alors une place croissante. Dans les collectivités ayant mis en œuvre le RIFSEEP, l’IFSE permet notamment de différencier la rémunération selon les fonctions, les sujétions et l’expertise, dans le cadre fixé par la délibération et les règles applicables à la FPT.

Mais cette réponse possède ses propres limites. Toutes les collectivités ne disposent pas des mêmes capacités budgétaires. Toutes n’ont pas construit leur régime indemnitaire avec la même architecture. Toutes ne peuvent pas répondre de la même manière à une tension de recrutement.

Le gel national du point peut donc produire un effet territorial très concret : une différenciation croissante de l’attractivité entre employeurs publics locaux.

Le risque est de transformer progressivement le régime indemnitaire en correcteur permanent des grilles

Le régime indemnitaire a une fonction propre. Il permet de reconnaître les fonctions exercées, certaines sujétions, l’expertise et, selon les dispositifs, l’engagement professionnel. Il n’a pas été conçu pour réparer indéfiniment toutes les faiblesses de la grille indiciaire.

Pourtant, les DRH peuvent être progressivement conduits à l’utiliser de cette manière. Un recrutement échoue en raison de la rémunération : on examine l’IFSE. Un métier devient fortement concurrentiel : on revoit le groupe de fonctions ou les montants dans le respect du cadre local. Un agent expérimenté menace de partir : la question indemnitaire apparaît immédiatement. Une responsabilité supplémentaire doit être reconnue : le régime indemnitaire devient encore le principal levier disponible.

Prises séparément, chacune de ces décisions peut être parfaitement justifiée. Additionnées au fil des années, elles peuvent toutefois rendre la politique salariale difficilement lisible et créer de nouveaux écarts internes.

Le DRH doit alors gérer une tension permanente entre quatre exigences : attirer, fidéliser, reconnaître les responsabilités et préserver l’équité. C’est beaucoup demander à un dispositif indemnitaire qui ne peut pas, à lui seul, reconstruire une politique nationale de carrière.

Le gel du point pose également un problème de fidélisation

L’attractivité est souvent abordée sous l’angle du recrutement. Mais la fidélisation pourrait devenir un enjeu encore plus important. Un agent déjà en poste compare de plus en plus facilement sa rémunération avec celle proposée par d’autres collectivités, d’autres administrations ou le secteur privé. Dans les bassins d’emploi où plusieurs employeurs publics sont en concurrence, les écarts de régime indemnitaire deviennent immédiatement visibles.

Le risque est alors de voir apparaître une forme de marché interne territorial de l’emploi public. Les collectivités disposant des marges budgétaires les plus importantes peuvent proposer des niveaux indemnitaires plus attractifs, tandis que celles dont les finances sont plus contraintes rencontrent davantage de difficultés à recruter et à conserver certaines compétences.

Cette dynamique existe déjà. Mais plus la part indiciaire commune perd de sa capacité à différencier les carrières et à soutenir la progression salariale, plus la partie locale de la rémunération devient déterminante dans les arbitrages professionnels.

Pour les DRH, cela signifie que la politique indemnitaire n’est plus seulement un sujet technique ou budgétaire. Elle devient un élément de stratégie employeur.

La disparition de la GIPA modifie également l’équation

Pendant de nombreuses années, la garantie individuelle du pouvoir d’achat a constitué un mécanisme de compensation pour certains agents dont l’évolution du traitement indiciaire brut était inférieure à celle des prix sur la période de référence. Sa non-reconduction depuis 2024 a supprimé cet amortisseur.

Il faut là encore éviter un contresens : la GIPA n’empêchait pas le tassement des grilles et ne constituait pas une politique salariale générale. Elle corrigeait a posteriori certaines pertes individuelles de pouvoir d’achat.

Mais son absence change la perception du système. Lorsqu’un point d’indice est durablement gelé et qu’aucun mécanisme général de rattrapage ne vient compenser la différence pour les agents concernés, la question du pouvoir d’achat devient plus directement dépendante des évolutions de carrière et des mesures catégorielles ou indemnitaires.

Pour les employeurs territoriaux, cela augmente encore la pression exercée sur les leviers qu’ils maîtrisent.

Les mesures ciblées annoncées pour 2027 répondent à une partie du problème, pas à l’ensemble

Le rendez-vous salarial du 8 juillet 2026 a permis de présenter plusieurs orientations pour 2027 : amélioration de la reprise d’ancienneté lors du recrutement, évolution de certains ratios de promotion, réflexion sur les quotas de promotion interne et discussions autour de mesures ciblées sur les débuts de carrière.

Ces orientations sont importantes pour les DRH, mais elles doivent être lues avec prudence. Certaines nécessitent encore des concertations, des textes réglementaires ou une déclinaison dans les différents versants de la fonction publique. Elles ne doivent donc pas être anticipées comme si elles constituaient déjà un droit acquis pour les agents territoriaux.

Sur le fond, elles traduisent néanmoins une évolution intéressante. La réponse à la question salariale semble se déplacer d’une revalorisation générale vers des mesures davantage ciblées sur les parcours, les promotions et les débuts de carrière. Cette stratégie peut permettre de traiter certains points de blocage.

Peut-on durablement réparer par interventions successives une grille dont la compression résulte précisément de l’absence de mouvement de sa valeur de référence ?

Pour un DRH, la question mérite d’être posée sans présumer de la réponse.

Le sujet des retraites ne doit pas être oublié

La montée relative des primes dans la rémunération produit également des conséquences à plus long terme. Pour les fonctionnaires territoriaux affiliés à la CNRACL, la pension principale demeure fondamentalement construite à partir du traitement indiciaire selon les règles applicables au régime. Les primes relèvent principalement, dans certaines limites, de la retraite additionnelle de la fonction publique.

Une stratégie consistant à compenser durablement une faiblesse indiciaire par davantage d’indemnitaire n’est donc pas parfaitement neutre pour la structure future des droits à retraite. Cela ne signifie pas que le régime indemnitaire serait un mauvais outil. Il est indispensable à une politique RH territoriale moderne.

Mais il faut distinguer deux fonctions. Reconnaître les fonctions, les responsabilités et les sujétions relève pleinement du régime indemnitaire. Lui demander de compenser durablement la faiblesse générale des traitements indiciaires lui fait jouer un rôle différent. Pour un DRH, cette distinction est stratégique.

Le véritable enjeu devient celui de la cohérence salariale interne

Dans ce contexte, les DRH territoriaux devraient probablement regarder beaucoup plus attentivement la structure réelle des rémunérations de leur collectivité. La question n’est plus simplement de connaître le montant moyen de l’IFSE ou l’évolution annuelle de la masse salariale.

Il faut regarder les écarts entre débuts et fins de carrière, mesurer ce que produit réellement un avancement d’échelon sur la rémunération globale, analyser le gain associé à une promotion, comparer les niveaux de rémunération entre métiers de responsabilité comparable et identifier les situations dans lesquelles l’indemnitaire est progressivement devenu le principal facteur de différenciation.

Il faut également examiner les écarts entre agents historiques et nouveaux recrutés. Dans certains métiers en tension, la nécessité de recruter peut conduire à proposer aux nouveaux arrivants des conditions qui se rapprochent de celles d’agents présents depuis plusieurs années. Ce phénomène peut être rationnel du point de vue du recrutement et pourtant très difficile à accepter du point de vue de l’équité interne.

C’est alors que la politique salariale devient un sujet de management. Car une rémunération n’a jamais uniquement une valeur monétaire. Elle porte aussi un message sur la valeur que l’organisation attribue aux responsabilités, à l’expérience, à la compétence et à la fidélité.

Le risque majeur est peut-être une crise de la reconnaissance plus qu’une simple crise du pouvoir d’achat

C’est probablement ici que le gel du point d’indice prend toute sa dimension RH. Lorsque la progression salariale devient peu perceptible, l’agent ne voit pas seulement son pouvoir d’achat évoluer moins favorablement. Il peut avoir le sentiment que son expérience n’est plus réellement reconnue.

Lorsqu’une promotion apporte davantage de contraintes pour une différence financière faible, c’est la valeur de la promotion qui est interrogée. Lorsque le nouvel arrivant doit être recruté à un niveau proche de celui d’un professionnel expérimenté pour répondre aux conditions du marché du travail, c’est la fidélité qui peut sembler insuffisamment reconnue. Lorsque le régime indemnitaire devient l’instrument principal permettant de corriger ces situations, les capacités budgétaires propres à chaque employeur prennent une importance croissante.

Le risque est alors de passer progressivement d’une crise salariale à une crise de la reconnaissance professionnelle.

Et cette dernière est probablement plus difficile à traiter.

Ce que je regarderais aujourd’hui dans une DRH territoriale

Je commencerais par mesurer le tassement réel des rémunérations, non seulement à partir des grilles, mais à partir des bulletins de salaire. La question intéressante n’est pas uniquement de savoir combien vaut un échelon supplémentaire en traitement indiciaire, mais ce qu’il représente réellement dans la rémunération totale de l’agent.

J’examinerais ensuite les gains financiers associés aux promotions. Une politique de promotion interne ou d’avancement de grade perd une partie de sa capacité de reconnaissance lorsque l’écart de rémunération est trop faible au regard des responsabilités supplémentaires.

Je cartographierais également les métiers pour lesquels la collectivité est déjà obligée d’utiliser fortement le régime indemnitaire afin de rester attractive. Cette cartographie permettrait d’identifier les zones dans lesquelles la politique nationale de rémunération ne correspond plus suffisamment au marché local de l’emploi.

Je comparerais enfin la rémunération des nouveaux recrutés avec celle des agents expérimentés occupant des fonctions comparables. C’est probablement l’un des futurs points de tension majeurs pour les DRH : parvenir à recruter sans donner aux agents déjà présents le sentiment que leur ancienneté et leur fidélité n’ont plus de valeur.

Ces analyses devraient ensuite être croisées avec les départs volontaires, les difficultés de recrutement, les refus de postes, les demandes de revalorisation indemnitaire, les mobilités internes et les résultats des enquêtes d’engagement. C’est à cette condition que le débat sur le point d’indice devient réellement une analyse RH.

Le gel du point pose finalement une question beaucoup plus fondamentale aux DRH territoriaux

Le débat public continuera naturellement à opposer les contraintes budgétaires de l’État, les revendications de pouvoir d’achat des agents et les positions des organisations syndicales. Ces débats sont légitimes et relèvent des arbitrages nationaux.

Mais la responsabilité du DRH territorial se situe ailleurs. Elle consiste à anticiper les conséquences concrètes de ces choix sur son propre système RH.

Le gel du point d’indice peut être soutenable budgétairement à court terme tout en produisant progressivement des tensions sur l’attractivité, la fidélisation, les carrières et l’équité interne. À l’inverse, toute revalorisation générale possède évidemment un coût considérable pour les finances des employeurs territoriaux.

Le sujet ne peut donc pas être réduit à une opposition entre ceux qui souhaiteraient augmenter les rémunérations et ceux qui voudraient maîtriser les dépenses publiques. La question RH est plus complexe. Elle consiste à déterminer jusqu’à quel point un système de carrière peut conserver son pouvoir d’attraction et de reconnaissance lorsque sa composante indiciaire progresse moins vite que son environnement économique.

Conclusion : après le pouvoir d’achat, la question de la valeur de la carrière

Le gel du point d’indice en 2027 ne devrait pas être considéré par les DRH territoriaux comme une simple donnée supplémentaire à intégrer dans la préparation budgétaire. Il révèle une transformation plus profonde.

À mesure que les premiers indices se rapprochent du SMIC, que l’indemnité différentielle prend davantage d’importance, que les collectivités utilisent leurs régimes indemnitaires pour répondre aux tensions du marché du travail et que certaines progressions de carrière deviennent moins perceptibles financièrement, le centre de gravité de la rémunération publique se déplace.

La question n’est donc plus seulement : « Comment préserver le pouvoir d’achat des agents ? »

Elle devient : « Comment redonner de la valeur à la progression professionnelle lorsque la grille indiciaire ne suffit plus à la rendre visible ? »

C’est une question beaucoup plus difficile. Parce qu’elle touche simultanément à la rémunération, à l’attractivité, à l’équité, à la reconnaissance et à la fidélisation. Et surtout parce qu’une collectivité territoriale ne maîtrise qu’une partie des leviers permettant d’y répondre.

Le prochain grand chantier des politiques de rémunération publiques pourrait donc ne pas être seulement celui du niveau des salaires.

Il pourrait être celui de la valeur de la carrière publique elle-même.

Pascal NAUD
Président fondateur de NAUDRH.COM
Expert en ressources humaines territoriales, droit de la fonction publique et management public
naudrhexpertise@gmail.com

 

 

 

 

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18 septembre 2026 5 18 /09 /septembre /2026 12:43

 

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Veille juridique RH • Protection sociale • Arrêts de travail

Arrêts de travail : une durée d’indemnisation ramenée de 3 ans à 1 an dans certaines situations.

Le décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026 modifie les règles applicables à la durée maximale dérogatoire d’indemnisation de certains arrêts de travail. Il renforce également le dispositif permettant de sanctionner l’obtention injustifiée de prescriptions d’arrêt de travail. Pour les employeurs territoriaux, une lecture précise du texte est indispensable : cette réforme de l’indemnisation ne doit pas être confondue avec une réduction générale des droits statutaires à congé de maladie des fonctionnaires territoriaux.

À retenir

  • Une durée maximale d’indemnisation de 1 an remplace, dans certaines situations, la durée dérogatoire de 3 ans.
  • La durée maximale de 3 ans est maintenue pour les assurés relevant des situations expressément prévues par le texte.
  • Une reprise du travail pendant 1 an permet, dans le nouveau régime concerné, de faire courir une nouvelle période d’indemnisation.
  • Le décret renforce parallèlement les possibilités de sanction en cas d’obtention injustifiée d’un arrêt de travail.
  • Les principales nouvelles règles d’indemnisation s’appliquent à compter du 15 octobre 2026, sous réserve des dispositions transitoires.

1. Ce que change le décret du 16 septembre 2026

Publié au Journal officiel du 18 septembre 2026, le décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026 relatif à la durée maximale dérogatoire d'indemnisation pour arrêt de travail et à la sanction des abus intervient principalement sur deux sujets.

Le premier concerne la durée pendant laquelle les indemnités journalières peuvent être servies pour certaines affections relevant de la procédure prévue à l'article L. 324-1 du code de la sécurité sociale.

Le second concerne la lutte contre les prescriptions d'arrêts de travail injustifiés.

Point de vigilance : le décret ne supprime pas indistinctement la possibilité de bénéficier d'une indemnisation pendant trois ans. Le nouveau dispositif distingue plusieurs situations selon le régime dont relève l'assuré.

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2. Une durée maximale d’indemnisation ramenée à un an

La modification centrale concerne l'article R. 323-1 du code de la sécurité sociale.

Pour les affections donnant lieu à l'application de la procédure prévue à l'article L. 324-1, lorsque la participation de l'assuré aux frais de santé n'est pas limitée ou supprimée en application des 3° et 4° de l'article L. 160-14 du code de la sécurité sociale, la durée maximale pendant laquelle l'indemnité journalière peut être servie est désormais fixée à :

1 AN

Le décret précise également que la durée de reprise du travail au-delà de laquelle cette période d'un an peut courir à nouveau est elle-même fixée à un an.

Il s'agit donc d'une modification substantielle du régime dérogatoire d'indemnisation pour les assurés concernés.

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3. Dans quels cas les trois ans sont-ils maintenus ?

Le décret conserve cependant une durée maximale d'indemnisation de trois ans pour les affections donnant lieu à la procédure de l'article L. 324-1 lorsque la participation de l'assuré est limitée ou supprimée en application des 3° et 4° de l'article L. 160-14 du code de la sécurité sociale.

Dans cette situation :

  • la durée maximale pendant laquelle l'indemnité journalière peut être servie reste fixée à trois ans ;
  • la durée de reprise du travail permettant de faire courir à nouveau le délai de trois ans demeure fixée à un an.
En pratique : le décret instaure donc une distinction déterminante entre les assurés concernés. Toute analyse suppose de vérifier précisément la situation juridique de l'assuré avant de conclure à une durée maximale d'un an ou de trois ans.

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4. Arrêts injustifiés : le dispositif de sanction est renforcé

Le décret comporte un deuxième volet qui concerne directement la lutte contre les abus en matière d'arrêt de travail.

L'article R. 147-6 du code de la sécurité sociale est complété afin d'intégrer explicitement l'obtention d'une prescription d'arrêt de travail non justifié.

Le dispositif vise ainsi l'assuré qui abuse de sa qualité d'assuré social afin d'obtenir, de manière injustifiée, une prescription d'arrêt de travail sans lien avec son état de santé.

À ne pas confondre : cette disposition relève du dispositif de sanction prévu par le code de la sécurité sociale. Elle ne constitue pas, à elle seule, un nouveau fondement permettant à un employeur territorial de prononcer automatiquement une sanction disciplinaire contre un agent en arrêt de travail.

Pour l'employeur public, les éventuelles conséquences statutaires ou disciplinaires doivent donc toujours être appréciées au regard des règles propres à la fonction publique et des faits effectivement établis.

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5. Quelle date d’entrée en vigueur ?

Le calendrier d'entrée en vigueur mérite une attention particulière.

La disposition relative à la sanction de l'obtention d'une prescription d'arrêt de travail non justifié entre en vigueur le lendemain de la publication du décret.

Les principales dispositions modifiant le régime d'indemnisation s'appliquent, quant à elles, aux :

-arrêts de travail prescrits à compter du 15 octobre 2026 ;

-ainsi qu'aux arrêts de travail en cours au 15 octobre 2026 répondant aux conditions prévues par l'article 3 du décret.

Date à retenir 15 octobre 2026 Application des principales nouvelles règles d'indemnisation

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6. Des dispositions transitoires à ne pas négliger

L'article 3 du décret organise également le passage de l'ancien au nouveau régime.

Les anciennes dispositions des articles R. 323-1, R. 323-3, R. 323-3-1 et R. 331-2 du code de la sécurité sociale continuent notamment de s'appliquer jusqu'au terme de la durée maximale de trois ans aux assurés sociaux qui, au 15 octobre 2026, se sont déjà vu reconnaître le bénéfice de la procédure prévue à l'article L. 324-1 et répondent aux conditions précisées par le décret.

Conséquence opérationnelle : il ne suffit pas de connaître la date d'un arrêt de travail. Pour les situations en cours, il faut également vérifier si l'assuré bénéficie déjà de la procédure prévue à l'article L. 324-1 et déterminer le régime juridique qui lui demeure applicable.

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7. Fonction publique territoriale : attention à ne pas tirer une mauvaise conclusion

⚠️ Point de vigilance RH FPT

Ce décret ne doit pas être présenté comme ramenant de trois ans à un an la durée des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux.

Le décret n° 2026-866 intervient principalement dans le champ du code de la sécurité sociale et modifie les règles relatives au service des indemnités journalières pour les assurés concernés.

Or, dans la fonction publique territoriale, trois notions doivent être juridiquement distinguées :

1. Le droit au congé

Il dépend du statut de l'agent et des règles statutaires applicables.

2. La rémunération

Elle obéit aux règles propres au régime applicable à l'agent pendant son absence.

3. L'indemnisation sociale

Elle relève, pour les agents concernés, des règles de sécurité sociale modifiées par le décret.

Cette distinction est particulièrement importante dans une collectivité employant des agents relevant de situations statutaires différentes.

Les conséquences pratiques du décret doivent donc être appréciées en fonction du statut de l'agent et du régime de protection sociale effectivement applicable.

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8. Que doivent faire concrètement les services RH ?

Pour les employeurs territoriaux, l'enjeu n'est donc pas seulement de connaître la nouvelle durée d'un an. Il est surtout de déterminer quels agents et quelles situations sont effectivement concernés.

À compter du 15 octobre 2026, plusieurs vérifications apparaissent nécessaires :

1. Identifier le statut de l'agent : fonctionnaire ou agent contractuel, notamment.

2. Distinguer les droits statutaires de l'indemnisation de sécurité sociale afin d'éviter toute réduction erronée des droits à congé.

3. Identifier le régime de sécurité sociale applicable à l'agent concerné.

4. Vérifier la situation exacte au regard des articles L. 324-1 et L. 160-14 du code de la sécurité sociale avant de retenir une durée maximale d'un an ou de trois ans.

5. Examiner les situations déjà en cours au 15 octobre 2026 afin de déterminer si elles relèvent des dispositions transitoires.

6. Sécuriser les paramétrages et procédures de paie lorsque la collectivité intervient dans la gestion des prestations ou dans un mécanisme de subrogation.

7. Ne pas déduire automatiquement d'une sanction relevant de l'assurance maladie l'existence d'une faute disciplinaire : une éventuelle procédure statutaire doit reposer sur ses propres fondements et sur des faits établis.

Réflexe RH : avant toute décision individuelle, raisonner dans cet ordre :

statut de l'agent → nature de l'arrêt → régime de sécurité sociale → situation au regard de l'ALD → date de prescription → régime transitoire éventuel → conséquences en paie.

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9. Conclusion : une réforme importante, mais à appliquer avec précision

Le décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026 marque une évolution significative du régime d'indemnisation des arrêts de travail.

Pour certaines situations relevant de la procédure prévue à l'article L. 324-1 du code de la sécurité sociale, la durée maximale dérogatoire d'indemnisation est désormais limitée à un an. Le maintien d'une durée maximale de trois ans demeure cependant prévu dans les situations expressément définies par le texte.

Parallèlement, le Gouvernement renforce le dispositif de lutte contre les abus en intégrant explicitement l'obtention injustifiée d'une prescription d'arrêt de travail.

Pour les collectivités territoriales, la principale difficulté sera d'éviter les raccourcis. Une modification de la durée d'indemnisation par la sécurité sociale n'équivaut pas à une modification générale de la durée des congés statutaires des fonctionnaires territoriaux.

C'est donc l'articulation entre statut, protection sociale, rémunération et indemnisation qui devra être examinée dans chaque situation individuelle.

Référence juridique

Décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026 relatif à la durée maximale dérogatoire d'indemnisation pour arrêt de travail et à la sanction des abus.

Journal officiel de la République française du 18 septembre 2026, texte n° 24.

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Décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026 relatif à la durée maximale dérogatoire d'indemnisation pour arrêt de travail et à la sanction des abus

 

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17 septembre 2026 4 17 /09 /septembre /2026 20:42

 

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Fonction publique territoriale • Rémunération • Septembre 2026
Rémunération des agents territoriaux : le CSFPT alerte sur un système arrivé à un point critique

Tassement des grilles, perte de reconnaissance des qualifications, poids croissant des primes, difficultés de recrutement : le rapport du CSFPT du 16 septembre 2026 appelle à une refonte profonde du système de rémunération dans la fonction publique territoriale.

Le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) a consacré sa séance plénière du 16 septembre 2026 à un rapport dont le titre résume à lui seul le diagnostic : « Les rémunérations des agents territoriaux : l’urgence de l’action ! »

Le sujet dépasse largement la seule question du pouvoir d’achat. Pour le CSFPT, le niveau des rémunérations est désormais directement lié à l’attractivité des métiers territoriaux, à la fidélisation des agents, à la reconnaissance des qualifications et, finalement, à la capacité des collectivités à assurer leurs missions de service public.

À retenir

La question posée par le rapport n'est plus seulement : « les agents territoriaux sont-ils suffisamment rémunérés ? » Elle devient : le système actuel permet-il encore de reconnaître réellement la qualification, l'ancienneté et la progression professionnelle ?

1. Une situation devenue structurelle

Le diagnostic du CSFPT est particulièrement sévère. La fonction publique territoriale cumule plusieurs difficultés : recrutements plus difficiles, manque de reconnaissance des qualifications, allongement des carrières et transformation des métiers.

Dans ce contexte, la rémunération n'est plus présentée comme un sujet périphérique. Elle devient un levier stratégique d'attractivité, de fidélisation et de reconnaissance professionnelle.

Cette évolution doit être regardée avec attention par les employeurs territoriaux : une politique RH ne peut durablement dissocier rémunération, parcours professionnels, mobilité, recrutement et fidélisation.

2. Les chiffres clés de la rémunération territoriale

Les données reprises par le CSFPT permettent de mesurer la situation. En 2024, le salaire net mensuel moyen dans la FPT atteint 2 317 euros, tous statuts et catégories confondus.

Employeur territorial Salaire net moyen 2024
Communes 2 186 €
EPCI à fiscalité propre 2 356 €
Régions 2 451 €
Départements 2 528 €

Le rapport souligne également que la FPT demeure globalement le versant de la fonction publique présentant les niveaux moyens de rémunération les plus faibles, même si une partie de l'écart avec les autres versants s'explique par la structure des emplois et notamment par la répartition différente des agents entre catégories hiérarchiques.

2 317 € nets/mois
Salaire net mensuel moyen dans la FPT en 2024

3. Le tassement des grilles au cœur du problème

C'est probablement le constat le plus important du rapport.

Les revalorisations successives du SMIC, lorsqu'elles ne sont pas accompagnées d'une évolution comparable du point d'indice et des grilles, conduisent progressivement le salaire minimum à rattraper les premiers échelons de plusieurs grilles indiciaires.

Au 1er janvier 2026, selon le rapport, plus de 356 000 fonctionnaires se sont retrouvés sous le niveau du SMIC avant l'application de l'indemnité différentielle. Étaient notamment concernés les cinq premiers échelons de l'échelle C1 et les trois premiers échelons de l'échelle C2.

Le signal d'alerte

Le phénomène dépasse désormais les seuls débuts de carrière de catégorie C. Le rapport indique qu'après la nouvelle évolution du SMIC qu'il analyse, un agent de catégorie A au premier échelon ne percevrait plus que 77 euros bruts de plus que le SMIC.

La difficulté est fondamentale : lorsqu'une hausse du SMIC conduit à rapprocher plusieurs échelons les uns des autres, l'écart de rémunération censé traduire l'ancienneté, la qualification ou la progression professionnelle se réduit.

4. Quand la carrière perd une partie de sa valeur

Le tassement des grilles produit un effet qui dépasse largement la rémunération immédiate. Il affecte la logique même de la carrière statutaire.

Le CSFPT relève que plusieurs échelons, voire plusieurs grades, peuvent se retrouver rémunérés à des niveaux très proches. Les gains résultant des changements d'échelon ou de grade deviennent alors relativement faibles, notamment dans les catégories C et B.

Le rapport donne également un exemple particulièrement parlant concernant la catégorie A : un attaché territorial débutait en 2000 à un niveau compris entre environ 1,30 et 1,35 fois le SMIC. Après le PPCR, ce rapport s'est réduit, pour atteindre selon le CSFPT environ 1,06 fois le SMIC sur la période 2024-2026.

Lorsque la promotion, l'ancienneté et la qualification ne produisent plus qu'un différentiel salarial limité, c'est la valeur même du parcours professionnel qui devient plus difficile à percevoir.

5. Les inégalités de rémunération entre les femmes et les hommes persistent

Le rapport relève également la persistance des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes dans la fonction publique territoriale.

Les données reprises font apparaître un écart moyen d'environ 7 % en 2024. Le CSFPT souligne que ces différences persistent même lorsque certains effets, notamment ceux liés à la quotité de travail, sont neutralisés.

La situation s'explique notamment par les différences de déroulement de carrière, la forte présence des femmes dans les filières sociale et médico-sociale et les écarts concernant les régimes indemnitaires.

6. Le régime indemnitaire ne peut pas tout compenser

Face à la faiblesse relative du traitement indiciaire, les collectivités ont progressivement utilisé le régime indemnitaire comme un instrument essentiel de leur politique salariale.

En 2023, les primes et indemnités représentent en moyenne 25,3 % de la rémunération brute des fonctionnaires territoriaux.

Mais le CSFPT souligne les limites de cette évolution : les primes sont très partiellement prises en compte pour la retraite et les capacités indemnitaires varient fortement selon les collectivités.

Une collectivité disposant de marges budgétaires importantes peut ainsi proposer un RIFSEEP sensiblement plus attractif qu'une petite collectivité confrontée à des contraintes financières fortes.

Position du CSFPT

Le régime indemnitaire ne doit pas devenir la variable permettant de compenser durablement la faiblesse du traitement indiciaire. Le rapport préconise de réaffirmer le rôle structurant du socle indiciaire.

7. Le recours croissant aux contractuels

Le rapport établit également un lien entre les difficultés d'attractivité et l'augmentation du recours aux agents contractuels.

Dans la FPT, le nombre de contractuels a augmenté de 30 000 agents en 2023 par rapport à 2022, soit une progression de 6,2 %.

Cette évolution est nettement supérieure à la progression annuelle moyenne observée entre 2011 et 2021, évaluée à 2 %.

Pour le CSFPT, cette transformation de la structure de l'emploi territorial entraîne également des conséquences sur la stabilité des équipes, les conditions d'emploi, les rémunérations et les garanties collectives.

8. Les principales propositions du CSFPT

Le rapport ne se limite pas au diagnostic. Il formule un ensemble de propositions particulièrement ambitieuses.

Revaloriser le point d'indice

Le CSFPT demande une revalorisation de la valeur du point d'indice, accompagnée de garanties financières permettant aux collectivités territoriales d'en supporter le coût.

Refondre les grilles indiciaires

L'objectif serait de rétablir des écarts significatifs entre les échelons et les grades afin de redonner une véritable traduction salariale à la qualification, à l'ancienneté et à la progression professionnelle.

Ajouter des échelons en fin de carrière

Le CSFPT propose d'ajouter des échelons supplémentaires aux grilles actuelles afin de permettre une progression indiciaire jusqu'à la fin de la vie professionnelle.

Réexaminer le classement de certains cadres d'emplois

Le rapport propose d'étudier, dans le cadre d'une réflexion globale, le reclassement en catégorie B de certains cadres d'emplois actuellement classés en catégorie C, en citant notamment :

-les agents de maîtrise ;

-les ATSEM ;

-les policiers municipaux ;

-certains sous-officiers de sapeurs-pompiers.

Il s'agit à ce stade d'une proposition du CSFPT et non d'une réforme statutaire entrée en vigueur.

Faire évoluer plusieurs mécanismes statutaires

Parmi les autres pistes figurent notamment l'augmentation des ratios d'avancement de grade, l'amélioration de la reprise des services antérieurs lors de la nomination en qualité de stagiaire, la transformation des échelons spéciaux en échelons classiques, ou encore l'étude d'un CTI ou dispositif équivalent pour les agents du secteur social et médico-social.

Moderniser la NBI et revoir certains éléments indemnitaires

Le rapport appelle également à une modernisation de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) afin qu'elle reflète davantage les responsabilités, compétences et sujétions actuelles.

Il propose par ailleurs de réexaminer plusieurs indemnités : travail de nuit, dimanches et jours fériés, astreintes, heures complémentaires, supplément familial de traitement ou encore indemnité de résidence.

Les 5 orientations à retenir

1. Revaloriser le point d'indice.

2. Refondre les grilles indiciaires.

3. Redonner de la valeur aux progressions de carrière.

4. Rééquilibrer indiciaire et indemnitaire.

5. Donner de la visibilité aux employeurs territoriaux sur les évolutions salariales.

9. Ce que les employeurs territoriaux doivent en retenir

Les propositions du CSFPT ne constituent évidemment pas, en elles-mêmes, de nouvelles obligations juridiques pour les collectivités.

Elles constituent néanmoins un signal important sur l'évolution possible du cadre statutaire et, surtout, sur les difficultés auxquelles les politiques RH territoriales sont déjà confrontées.

Sans attendre une éventuelle réforme nationale, les employeurs peuvent utilement examiner plusieurs sujets dans leur propre politique RH :

-l'attractivité réelle des rémunérations proposées sur les métiers en tension ;

-les écarts de rémunération entre agents exerçant des fonctions comparables ;

-la cohérence interne du RIFSEEP ;

-les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes ;

-l'effet des rémunérations sur les recrutements et les départs ;

-la lisibilité des perspectives de carrière proposées aux agents ;

-la capacité financière à absorber de futures mesures nationales de revalorisation.

Pour les DRH territoriaux

La rémunération doit désormais être analysée comme une composante d'une stratégie RH globale : rémunération + carrière + recrutement + fidélisation + conditions de travail + protection sociale complémentaire + action sociale.

10. L'analyse NAUDRH.COM : derrière le salaire, c'est la logique statutaire qui est interrogée

Le point le plus important de ce rapport n'est probablement pas le niveau moyen de rémunération pris isolément.

Le véritable sujet est le rapprochement progressif du SMIC et des premiers niveaux des grilles indiciaires.

Car le statut de la fonction publique repose notamment sur une logique de carrière : la qualification initiale, l'ancienneté, l'avancement d'échelon, l'avancement de grade et la promotion doivent pouvoir produire une progression professionnelle identifiable.

Lorsque les écarts indiciaires deviennent trop faibles, cette architecture perd progressivement une partie de sa portée.

Le recours au régime indemnitaire peut améliorer la rémunération immédiate et constitue un outil indispensable de politique RH locale. Mais il ne peut, à lui seul, résoudre durablement le tassement national des grilles.

C'est pourquoi le débat ouvert par le CSFPT dépasse une simple revalorisation salariale. Il pose une question beaucoup plus structurante :

Comment redonner une véritable valeur à la carrière dans la fonction publique territoriale ?

Conclusion

Le rapport du CSFPT du 16 septembre 2026 constitue un document important pour les employeurs territoriaux parce qu'il met en relation des phénomènes souvent analysés séparément : rémunération, attractivité, recrutement, carrière, régime indemnitaire, égalité professionnelle et développement de l'emploi contractuel.

Les propositions formulées nécessiteraient, pour beaucoup, des évolutions législatives, réglementaires ou financières nationales. Elles ne doivent donc pas être confondues avec le droit positif applicable aujourd'hui.

Mais le diagnostic intéresse immédiatement les collectivités : une politique de rémunération ne peut plus être pensée indépendamment d'une stratégie globale d'attractivité et de fidélisation.

Avis www.naudrh.com

Ce rapport met le doigt sur le véritable problème : la « smicardisation » progressive des grilles finit par fragiliser la logique même de la carrière statutaire. Lorsque qualification, ancienneté, promotion et changement de catégorie produisent des écarts de rémunération trop faibles, ce n'est plus seulement le pouvoir d'achat qui est en cause : c'est la capacité du statut à reconnaître une progression professionnelle. La priorité devrait donc être une refonte cohérente des grilles indiciaires, plutôt qu'une accumulation de correctifs indemnitaires ponctuels qui traitent les conséquences sans résoudre durablement le problème.

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Les rémunérations des agents territoriaux : L’urgence de l’action !

 

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8 septembre 2026 2 08 /09 /septembre /2026 16:00

 

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Fonction publique territoriale | Rémunération | Égalité professionnelle | Transparence salariale

Transparence des rémunérations : ce que le projet de loi va changer pour les DRH territoriaux.

Le projet de loi de transposition de la directive européenne sur l’égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes pourrait profondément modifier les pratiques RH dans la fonction publique territoriale : recrutement, information des agents, indicateurs, CST, correction des écarts et sanctions.

À retenir
Ce texte ne se limite pas à faire évoluer l’actuel Index de l’égalité professionnelle. Il instaure une logique beaucoup plus exigeante de transparence, de justification et, le cas échéant, de correction des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes.

1. Pourquoi ce projet de loi est important pour la fonction publique territoriale

Le Gouvernement a présenté, le 10 septembre 2026, un projet de loi visant à transposer la directive européenne du 10 mai 2023 relative à l’égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes.

Le texte concerne expressément les trois versants de la fonction publique. Il reprend les grands principes applicables au secteur privé — droit à l’information, indicateurs sur les écarts de rémunération, procédures correctrices, sanctions et aménagement de la charge de la preuve — mais les adapte aux spécificités du statut public.

Pour les employeurs territoriaux, la réforme est loin d’être purement statistique. Elle devrait affecter directement :

-la rédaction des offres d’emploi ;

-les pratiques de recrutement ;

-l’information des candidats ;

-l’information des agents ;

-le régime indemnitaire ;

-la production et l’exploitation des données sociales ;

-le dialogue social au sein du CST ;

-la capacité de l’employeur à justifier objectivement les écarts de rémunération.

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2. Une transparence renforcée dès le recrutement

Le projet de loi prévoit plusieurs obligations nouvelles lors du recrutement dans la fonction publique.

Des offres d’emploi rédigées sans référence au sexe

Les avis de création ou de vacance d’emploi ainsi que les dénominations de postes devront être formulés sans distinction, directe ou indirecte, fondée sur le sexe.

Une information sur la rémunération dès la procédure de recrutement

L’avis de vacance ou de création d’emploi devra comporter une information sur la rémunération ou une fourchette de rémunération initiale reposant sur des critères objectifs et non fondés sur le sexe.

Cette information pourra, à défaut, être communiquée au candidat par écrit au cours de la procédure de sélection.

La fin de la question sur le salaire antérieur

L’employeur public ne pourra plus demander au candidat son niveau de rémunération actuel ou celui perçu dans ses emplois précédents.

Conséquence pratique pour les DRH
Les modèles d’offres d’emploi, les fiches de recrutement, les trames d’entretien et les pratiques des recruteurs devront être revus afin d’éviter toute question ou formulation devenue juridiquement inappropriée.

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3. Un nouveau droit à l’information pour les agents publics

Le projet de loi crée un droit annuel à l’information en matière de rémunération.

Chaque agent public pourrait demander et recevoir, par écrit :

-des informations sur son propre niveau de rémunération ;

-le niveau moyen de rémunération, ventilé par sexe, des agents accomplissant un même travail ou un travail de valeur égale.

Ce droit pourrait également être exercé par l’intermédiaire des membres du comité social compétent.

L’employeur ne serait toutefois pas tenu de communiquer des informations permettant d’identifier la rémunération d’un autre agent. Les demandes abusives ou excessivement répétitives pourraient également ne pas recevoir de suite.

Point de vigilance
Ce droit à l’information va obliger les employeurs à fiabiliser fortement leurs données de rémunération et à être capables de regrouper les agents selon des catégories de travail comparables ou de valeur égale.

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4. De nouveaux indicateurs sur les écarts de rémunération

Le projet de loi prévoit le remplacement de l’actuel Index par de nouveaux indicateurs issus de la directive européenne.

Les employeurs gérant au moins 100 agents devraient calculer de nouveaux indicateurs relatifs aux écarts de rémunération entre les femmes et les hommes.

Parmi eux figurerait un indicateur mesurant l’écart de rémunération entre agents accomplissant un même travail ou un travail de valeur égale, avec une ventilation entre :

-le traitement de base ;

-les composantes indemnitaires.

La comparaison devrait notamment prendre appui sur les corps ou cadres d’emplois, grades et échelons.

Les indicateurs relatifs aux écarts de taux de promotion de corps ou de grade entre les femmes et les hommes seraient également maintenus.

En pratique
Le régime indemnitaire devient un champ particulièrement exposé. Les écarts de primes, d’IFSE, de CIA ou d’autres compléments indemnitaires devront pouvoir être expliqués par des critères objectifs, traçables et non discriminatoires.

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5. Quels employeurs territoriaux seront concernés ?

Le projet prévoit un champ d’application large.

Les employeurs publics gérant au moins 100 agents seraient soumis au calcul des nouveaux indicateurs.

Le dispositif serait également étendu à certains employeurs publics gérant entre 50 et 99 agents, notamment :

-les collectivités territoriales de plus de 40 000 habitants ;

-les EPCI de plus de 40 000 habitants ;

-certains établissements publics concernés par le dispositif actuel.

Cette extension vise notamment à éviter une régression par rapport au champ déjà couvert par l’actuel Index de l’égalité professionnelle.

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6. Un rôle renforcé pour le CST et l’organe délibérant

Le dialogue social occupe une place centrale dans le dispositif prévu.

Les résultats des indicateurs devront être présentés au comité social compétent, accompagnés des méthodes de calcul permettant leur compréhension.

Pour les collectivités territoriales, les résultats devront également être communiqués à l’organe délibérant.

L’indicateur par catégorie d’agents ne serait pas rendu public, mais il serait communiqué au comité social compétent et mis à la disposition des agents, sauf risque d’identification d’un agent.

Les agents et les représentants du personnel pourraient en outre demander des explications complémentaires sur les résultats publiés.

Pour les collectivités
Il faudra anticiper non seulement la production des indicateurs, mais également leur présentation pédagogique au CST, leur interprétation et les réponses à apporter aux demandes des représentants du personnel.

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7. Des écarts de rémunération à justifier ou à corriger

C’est probablement l’une des principales évolutions du projet.

Lorsque l’indicateur par catégorie fera apparaître un écart supérieur à un seuil fixé ultérieurement par décret, l’employeur devra rechercher les éléments objectifs susceptibles de justifier cet écart.

À défaut de justification suffisante, l’employeur devra mettre en œuvre des mesures de correction.

Une nouvelle consultation du comité social interviendra alors sur le résultat obtenu après correction.

Si l’écart demeure supérieur au seuil prévu, une procédure d’évaluation conjointe des rémunérations pourra être engagée.

Demain, la vraie question ne sera plus seulement : « Existe-t-il un écart de rémunération ? » mais : « Sommes-nous capables d’expliquer juridiquement et objectivement pourquoi cet écart existe ? »

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8. Un risque contentieux et financier accru

Le projet de loi prévoit un régime de pénalités financières pour les employeurs publics défaillants.

Peuvent notamment être concernés les manquements relatifs :

-à l’information annuelle des agents ;

-à la transparence lors du recrutement ;

-au calcul des indicateurs ;

-à leur communication ou publication ;

-aux mesures correctrices ;

-à la procédure d’évaluation conjointe.

Un aménagement de la charge de la preuve

Le projet prévoit également un régime probatoire plus exigeant.

Lorsqu’un agent ou un candidat établit un manquement à l’une des nouvelles obligations de transparence, il appartiendrait à l’employeur de démontrer que sa décision repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination fondée sur le sexe.

Le texte prévoit toutefois une exception lorsque l’employeur démontre que le manquement est manifestement non intentionnel et présente un caractère mineur.

Risque RH et juridique
Une politique de rémunération insuffisamment formalisée ou des décisions indemnitaires reposant sur des critères peu traçables pourraient devenir beaucoup plus difficiles à défendre en cas de recours.

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9. Une entrée en vigueur progressive

Il faut rappeler un point essentiel : il s’agit, à ce stade, d’un projet de loi.

Les dispositions peuvent donc encore évoluer au cours de la procédure parlementaire.

Le calendrier annoncé prévoit :

-employeurs gérant au moins 150 agents : entrée en vigueur un an après la promulgation de la loi ;

-employeurs gérant moins de 150 agents : entrée en vigueur au 1er juin 2030.

Certaines obligations entreraient toutefois en vigueur plus rapidement, quatre mois après la promulgation :

-rédaction non genrée des offres d’emploi ;

-information des candidats sur la rémunération ;

-interdiction de demander les rémunérations antérieures ;

-principe général d’égalité des rémunérations ;

-interdiction des clauses de confidentialité salariale.

Important
Les seuils précis de déclenchement de certaines procédures, plusieurs modalités de calcul et différentes modalités de sanction devront encore être déterminés par voie réglementaire.

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10. Ce que les DRH territoriaux doivent préparer dès maintenant

Même si le texte n’est pas encore définitivement adopté, certaines actions de préparation peuvent être engagées sans attendre.

1. Auditer les pratiques de recrutement

Vérifier les modèles d’annonces, les grilles d’entretien, les pratiques des recruteurs et les modalités d’information sur la rémunération.

2. Sécuriser les critères d’attribution du régime indemnitaire

Les critères d’IFSE, de CIA et des autres éléments indemnitaires doivent être objectivables, cohérents et traçables.

3. Vérifier la qualité des données du SIRH

Les employeurs devront pouvoir expliquer leurs écarts. Cela suppose de disposer de données fiables, exploitables et suffisamment fines.

4. Cartographier les écarts existants

Une analyse anticipée des écarts de rémunération, de promotion et de régime indemnitaire entre les femmes et les hommes peut permettre d’identifier dès maintenant les zones de risque.

5. Préparer le dialogue social

Le CST sera au cœur du futur dispositif. Une présentation pédagogique des données, des méthodes de calcul et des éventuelles justifications sera indispensable.

6. Renforcer la traçabilité des décisions individuelles

Les décisions RH devront être de plus en plus explicables, documentées et fondées sur des critères objectifs indépendants du sexe.

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Avis www.naudrh.com 

Cette réforme pourrait constituer l’une des évolutions les plus importantes de ces dernières années en matière de politique de rémunération dans la fonction publique territoriale.

Le changement majeur ne réside pas seulement dans la publication de nouveaux indicateurs. Il se situe surtout dans le passage d’une logique de constat statistique à une logique de justification juridique et de correction des écarts.

Pour les DRH territoriaux, trois sujets doivent selon moi devenir prioritaires : la transparence lors du recrutement, l’objectivation du régime indemnitaire et la capacité du SIRH à expliquer les différences de rémunération.

Une collectivité qui sera capable de démontrer précisément pourquoi deux agents ne perçoivent pas la même rémunération sera beaucoup mieux sécurisée qu’une collectivité qui se contentera d’affirmer que ses pratiques sont équitables.

Projet de loi transparence salariale

 

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4 septembre 2026 5 04 /09 /septembre /2026 21:22

 

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Les agents publics territoriaux peuvent bénéficier de prestations d'action sociale visant à « améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs familles [...] ainsi qu'à les aider à faire face à des situations difficiles » conformément à l'article L. 731-1 du code général de la fonction publique (CGFP). A titre d'exemple, les arbres de Noël sont rattachés à l'action sociale des collectivités territoriales, s'ils prennent en compte des considérations sociales (CE, Ass., avis, 23 octobre 2003, n° 369315, s'agissant de la fondation Jean Moulin, gestionnaire de l'action sociale des agents du ministère de l'Intérieur). Les prestations d'action sociale peuvent être gérées par les collectivités territoriales et établissements publics eux-mêmes dans la mesure où l'organe délibérant détermine le type d'action sociale et le montant (article L. 731-3 CGFP) après avis de leur comité social territorial propre (L. 251-5, 1°) ou placé auprès de leur centre de gestion de rattachement (L.251-5, 2°) ) ou enfin par délégation, par des organismes à but non lucratif ou des associations nationales ou locales (L. 733-1 du CGFP).

 

Au sein de la fonction publique territoriale, les comités d'oeuvres sociales communales ou intercommunales sont régulièrement constitués pour remplir cette mission. En principe, en vertu de l'article L. 136-1-1 du code de la sécurité sociale (CSS) renvoyant aux contributions sociales dues par les salariés ainsi que les agents publics, les cadeaux et bons d'achat alloués par un comité d'oeuvres sociales ou, en l'absence d'une telle institution, par l'employeur public (Circ. Acoss 86-17 du 14 février 1986) constituent des avantages en nature alloués à l'occasion du travail, quelles qu'en soient leur dénomination. Ils sont assujettis aux contributions sociales (CSG et CRDS) et, le cas échéant pour les agents relevant du régime général de sécurité sociale, aux cotisations de sécurité sociale. L'exonération des contributions et cotisations sociales est par exception possible lorsque ces avantages attribués de manière personnalisée sont destinés à favoriser ou améliorer les activités extra-professionnelles, sociales ou culturelles des agents et de leur famille (lettre-circulaire Acoss n° 1986-0000017) ou qu'ils sont attribués "en considération de situations individuelles particulièrement dignes d'intérêt" (Cass. 2e civ., 12 mars. 2020, n° 19-13.341).

 

Ainsi, est admise une présomption de non assujettissement aux contributions et cotisations sociales lorsque le montant global des cadeaux et bons d'achat attribués à un agent au titre d'une même année civile n'excède pas 5% du plafond mensuel de la Sécurité sociale (soit 196 euros en 2025). Au-delà de ce montant annuel de gratification, l'exonération est également possible si, pour chaque événement ayant donné lieu à l'attribution de cadeaux, bons d'achat et gratifications, les trois conditions suivantes sont réunies (lettre-circulaire Acoss n° 1989-0000005 du 4 janvier 1989) : premièrement, l'attribution de l'avantage en nature doit être en lien avec l'un des événements listés de manière exhaustive sur le site de l'URSSAF (à titre d'exemple les fêtes de Noël). Deuxièmement, son utilisation doit être en lien avec l'événement pour lequel il est attribué. Enfin, le montant des avantages en nature pour chaque événement ne doit pas excéder 5 % du plafond mensuel par année civile (par exemple, le montant total des cadeaux en nature et des bons d'achats servis pour les fêtes de fin d'année ne devait pas excéder 196euros en 2025). Si les trois conditions ne sont pas réunies, « c'est l'intégralité du montant qui est soumis à cotisations et contributions sociales et non seulement la partie qui dépasse » selon l'URSSAF.

 

Néanmoins, il convient d'avoir à l'esprit que les circulaires ci-énoncées sont dépourvues de toute portée juridique contraignante pour les collectivités (Cass. 2e civ., 14 févr. 2019, n° 17-28.047), ce qui signifie que le respect de ces dernières ne garantit pas l'absence de redressement en cas de contentieux (Cass. 2e civ., 30 mars 2017, n° 15-25.453). En tout état de cause, le Gouvernement rappelle que l'octroi systématique des cadeaux et bons d'achat aux agents publics par l'employeur public ou le comité d'oeuvres sociales à l'occasion des fêtes de fin d'année en l'absence de considérations sociales (c'est-à-dire remis indistinctement à l'ensemble des agents d'une collectivité sans conditions tenant à leur situation personnelle économique ou familiale) risque d'être requalifié par le juge administratif en complément de rémunération au sens des dispositions de l'article L. 714-4 du CGFP (CAA de Douai, 12 juillet 2010, n° 10DA00611). Les compléments de rémunérations sont soumis au principe de parité entre la fonction publique territoriale et la fonction publique de l'État, et les collectivités territoriales ne sauraient les instaurer en l'absence de tout cadre législatif (CAA de Douai, 27 mars 2012, n° 10DA01514).

 

 

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2 septembre 2026 3 02 /09 /septembre /2026 10:23

 

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RIFSEEP : de nouveaux montants pour les ingénieurs de l’État au 1er janvier 2027 – quelles conséquences pour la FPT ?

Un arrêté publié au Journal officiel du 1er septembre 2026 fixe le nouveau cadre indemnitaire applicable aux ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts. IFSE, CIA, groupes de fonctions : les montants évoluent à compter du 1er janvier 2027. Pour les employeurs territoriaux, l'enjeu est toutefois de ne pas confondre évolution du régime indemnitaire de l'État et application automatique à la fonction publique territoriale.

Le régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP) poursuit son évolution.

Un arrêté du 23 avril 2026, publié au Journal officiel du 1er septembre 2026, porte application au corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts (IPEF) des dispositions du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 instituant le RIFSEEP dans la fonction publique de l'État.

Le texte s'inscrit dans le prolongement du décret n° 2025-822 du 12 août 2025 portant dispositions statutaires communes et particulières aux corps interministériels d'ingénieurs de l'État ayant vocation à exercer des fonctions d'encadrement supérieur.

À retenir : le texte concerne directement la fonction publique de l'État. Pour la FPT, son éventuelle incidence doit être appréciée au regard des règles propres au régime indemnitaire territorial et des mécanismes de référence avec les corps de l'État. Il ne faut donc pas transposer automatiquement les montants présentés ci-dessous aux ingénieurs territoriaux.

1. Un nouveau cadre indemnitaire pour les ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts

L'article 1er de l'arrêté prévoit que les agents relevant du corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts régi par le décret du 12 août 2025 bénéficient des dispositions du décret du 20 mai 2014 relatif au RIFSEEP.

Le dispositif repose donc sur les deux composantes désormais classiques du RIFSEEP :

-l'IFSE, indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise ;

-le CIA, complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir.

L'arrêté détermine à la fois les montants minimaux d'IFSE en fonction du grade et les plafonds d'IFSE et de CIA correspondant aux différents groupes de fonctions.

2. Les nouveaux montants minimaux annuels d'IFSE

L'article 2 fixe les montants minimaux annuels d'IFSE applicables aux différents grades du corps.

Grade Minimum annuel IFSE
Ingénieur du grade transitoire 4 900 €
Ingénieur du troisième grade 4 900 €
Ingénieur du deuxième grade 4 600 €
Ingénieur du premier grade 4 150 €

3. Des plafonds annuels d'IFSE pouvant atteindre 63 000 €

L'article 3 de l'arrêté distingue quatre groupes de fonctions et fixe, pour chacun d'eux, le plafond annuel de l'IFSE.

Groupe de fonctions Plafond annuel IFSE
Groupe 1 63 000 €
Groupe 2 57 200 €
Groupe 3 51 200 €
Groupe 4 45 400 €
Point RH : le montant de 63 000 € constitue un plafond annuel d'IFSE pour le groupe 1. Il ne doit pas être présenté comme un montant automatiquement attribué aux agents concernés.

4. Un complément indemnitaire annuel pouvant atteindre 15 750 €

L'article 4 détermine également les montants maximaux du complément indemnitaire annuel (CIA), lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir.

Groupe de fonctions CIA maximum annuel
Groupe 1 15 750 €
Groupe 2 14 300 €
Groupe 3 12 800 €
Groupe 4 11 350 €

5. Une entrée en vigueur fixée au 1er janvier 2027

Le changement n'est pas immédiatement applicable.

L'article 5 abroge l'arrêté du 14 février 2019 qui organisait jusqu'alors l'application du RIFSEEP au corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts.

Surtout, l'article 6 prévoit expressément que les nouvelles dispositions entrent en vigueur le 1er janvier 2027.

📅 Date à retenir : 1er janvier 2027
C'est à cette date que le nouveau dispositif indemnitaire prévu par l'arrêté du 23 avril 2026 entrera en vigueur.

6. Quelles conséquences pour la fonction publique territoriale ?

C'est sur ce point que la lecture du texte nécessite la plus grande prudence.

L'arrêté du 23 avril 2026 est un texte applicable à un corps de la fonction publique de l'État. Il ne constitue donc pas, à lui seul, un texte attribuant directement aux ingénieurs territoriaux les montants d'IFSE et de CIA qu'il fixe.

En matière de régime indemnitaire territorial, l'analyse doit tenir compte du cadre juridique propre à la FPT et, notamment, des mécanismes de comparaison avec les corps de l'État servant de référence aux cadres d'emplois territoriaux.

⚠️ Vigilance juridique

Il serait juridiquement imprudent de considérer que la publication de ces nouveaux plafonds suffit, par elle-même, à permettre leur application immédiate aux ingénieurs territoriaux. Avant toute modification d'une délibération RIFSEEP, il convient de vérifier précisément le cadre d'emplois concerné, le corps de référence applicable et les textes permettant juridiquement d'en tirer les conséquences dans la FPT.

C'est une distinction essentielle pour les services RH : l'évolution d'un régime indemnitaire dans la fonction publique de l'État n'emporte pas nécessairement, à la même date et dans les mêmes conditions, modification du régime indemnitaire territorial.

7. Ce que les DRH territoriaux doivent vérifier

Pour les collectivités et établissements publics territoriaux, ce texte doit avant tout déclencher une veille juridique ciblée.

Checklist RH

☑️ Identifier précisément les cadres d'emplois territoriaux susceptibles d'être concernés.

☑️ Vérifier le corps de l'État retenu comme référence pour chacun d'eux.

☑️ Examiner si l'évolution intervenue dans la FPE produit juridiquement un effet sur les plafonds applicables dans la FPT.

☑️ Ne pas modifier prématurément les délibérations RIFSEEP sur la seule base de cet arrêté.

☑️ Anticiper, le cas échéant, les conséquences budgétaires et les procédures nécessaires à une évolution du régime indemnitaire.

☑️ Intégrer l'échéance du 1er janvier 2027 dans la veille réglementaire relative aux régimes indemnitaires.

En conclusion : surveiller le texte sans transposer trop vite

L'arrêté du 23 avril 2026 constitue une évolution significative du cadre indemnitaire applicable aux ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts à compter du 1er janvier 2027.

Pour les professionnels RH territoriaux, son intérêt dépasse toutefois la simple lecture des nouveaux plafonds d'IFSE et de CIA.

La véritable question est de déterminer si, quand et dans quelles conditions cette évolution du régime indemnitaire de l'État peut produire des conséquences sur les régimes indemnitaires territoriaux concernés.

En matière de RIFSEEP, connaître le nouveau plafond ne suffit pas : encore faut-il vérifier que la collectivité dispose du fondement juridique permettant de l'utiliser.

Arrêté du 23 avril 2026 portant application au corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts des dispositions du décret no 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d’un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel dans la fonction publique de l’Etat

 

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26 août 2026 3 26 /08 /août /2026 10:09

 

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Transparence salariale : les DRH territoriaux doivent-ils déjà revoir leur politique de rémunération ?

Contractuels, RIFSEEP, CIA, travail de valeur égale et nouveaux risques contentieux : les pratiques salariales vont devoir devenir plus explicables.

Directive UE 2023/970 • RH FPT

La transparence des rémunérations est en train de changer de nature. Jusqu’à présent, dans la fonction publique territoriale, l’égalité salariale entre les femmes et les hommes était principalement appréhendée à travers des règles statutaires, des indicateurs collectifs, l’index de l’égalité professionnelle et les obligations liées aux plans d’action. La directive européenne du 10 mai 2023 ouvre une étape différente : elle renforce le droit individuel à l’information et oblige progressivement les employeurs à être capables d’expliquer les écarts de rémunération qu’ils pratiquent.

Une réforme encore en cours de transposition

La France n’a pas respecté l’échéance européenne de transposition du 7 juin 2026. Au 26 août 2026, la loi française n’est donc toujours pas adoptée. Le gouvernement a toutefois annoncé la présentation du projet de loi en Conseil des ministres le 9 septembre 2026, avant son examen parlementaire. La DGAFP confirme de son côté que la directive, actuellement en cours de transposition, renforcera les obligations de publication et le droit à l’information des agents publics.

Cette précaution juridique est essentielle pour les DRH territoriaux : il ne faut pas présenter aujourd’hui les dispositions du projet français comme des obligations définitivement entrées en vigueur. Mais il serait tout aussi imprudent d’attendre la publication de la loi et de ses textes d’application pour commencer à travailler. Le projet concerne explicitement les agents publics et pourrait profondément modifier les pratiques de recrutement, de rémunération des contractuels, d’attribution du régime indemnitaire et de justification des écarts entre fonctions comparables.

Le véritable changement

Pour les DRH territoriaux, le sujet dépasse largement la seule égalité femmes-hommes. La véritable transformation consiste à passer progressivement d’une rémunération administrée à une rémunération qui devra aussi être explicable.

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L’index égalité professionnelle ne suffira plus à résumer la politique salariale

L’index de l’égalité professionnelle a déjà conduit les employeurs publics à mesurer certains écarts entre les femmes et les hommes. Il répond toutefois à une logique essentiellement collective : l’organisation calcule des indicateurs, publie des résultats et, lorsque cela est nécessaire, engage des mesures correctrices.

La directive européenne introduit une logique complémentaire beaucoup plus individuelle. Un agent pourra davantage interroger son employeur sur son propre niveau de rémunération et sur les niveaux moyens constatés pour des agents accomplissant un même travail ou un travail de valeur égale.

Le changement est important. Une collectivité pourra parfaitement présenter de bons résultats globaux en matière d’égalité professionnelle tout en étant confrontée à une contestation individuelle portant sur le régime indemnitaire d’un agent, la rémunération d’un contractuel ou une différence entre deux fonctions considérées comme comparables.

La question que devra savoir traiter la DRH

Il ne s’agira plus seulement de savoir si la collectivité respecte globalement ses obligations en matière d’égalité, mais si elle est capable d’expliquer objectivement pourquoi un agent perçoit cette rémunération plutôt qu’une autre.

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Le recrutement des contractuels devrait être l’un des premiers chantiers

C’est probablement sur les agents contractuels que les conséquences seront les plus immédiates. Pour un fonctionnaire, une part importante de la rémunération repose sur le grade, l’échelon et des règles statutaires objectivées. Pour un contractuel, la marge de négociation est beaucoup plus importante. L’expérience professionnelle, la rareté du profil, le niveau de responsabilité, la difficulté de recrutement ou encore la rémunération souhaitée par le candidat peuvent intervenir dans la décision.

Cette souplesse n’est pas en elle-même problématique. Elle devient cependant difficile à défendre lorsque deux personnes placées dans des situations comparables obtiennent des rémunérations sensiblement différentes sans que l’employeur soit capable d’identifier précisément les critères ayant conduit à cet écart.

Le projet de transposition prévoit notamment de renforcer l’information relative à la rémunération dès le recrutement et d’interdire de demander au candidat sa rémunération actuelle ou antérieure. Pour les collectivités territoriales, cela pose une question très concrète : combien disposent aujourd’hui d’un véritable référentiel de rémunération des contractuels permettant de rattacher une proposition salariale à des critères préalablement définis ?

L’expérience utile peut être valorisée, tout comme la rareté d’une compétence, le niveau de responsabilité, l’encadrement, l’expertise technique ou les tensions du marché de l’emploi. Mais ces critères devront progressivement devenir plus cohérents, plus reproductibles et surtout plus traçables. La formule « rémunération selon profil » risque ainsi de devenir de moins en moins confortable pour les DRH.

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Le véritable sujet sensible pourrait être le régime indemnitaire

Dans la FPT, le traitement indiciaire est relativement transparent. Deux fonctionnaires placés dans le même grade et au même échelon disposent du même traitement indiciaire brut. Les écarts les plus délicats se trouvent ailleurs.

Ils peuvent apparaître dans l’IFSE, dans le CIA, dans certaines primes spécifiques, dans la manière de classer les fonctions au sein des groupes du RIFSEEP ou encore dans les pratiques héritées de l’histoire de la collectivité. Or c’est précisément dans ces espaces de marge managériale que la transparence peut produire les effets les plus importants.

Prenons deux cadres exerçant des responsabilités comparables. L’un perçoit une IFSE sensiblement supérieure à l’autre parce qu’il a négocié son recrutement il y a plusieurs années dans un contexte de pénurie. La situation peut parfaitement avoir été compréhensible au moment de l’embauche. Mais sera-t-elle toujours juridiquement facile à expliquer plusieurs années plus tard si l’écart persiste et que les deux fonctions présentent désormais une valeur comparable ?

Même difficulté avec le CIA. Si deux agents obtiennent des montants sensiblement différents, la collectivité devra être capable de rattacher cette différence à des critères professionnels identifiables. Une appréciation générale de la manière de servir insuffisamment documentée deviendra beaucoup plus fragile qu’un dispositif reposant sur des critères connus, un entretien professionnel cohérent et des éléments précis permettant de retracer la décision.

Conséquence directe

La transparence salariale va renforcer indirectement l’importance de la qualité de l’entretien professionnel et de la traçabilité des décisions indemnitaires.

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« Travail de valeur égale » : la notion qui peut réellement bouleverser les habitudes territoriales

Le concept le plus intéressant de la directive n’est peut-être pas celui de transparence, mais celui de travail de valeur égale. La comparaison ne s’arrête plus nécessairement à deux agents exerçant exactement le même métier. La directive demande d’apprécier la valeur du travail selon des critères objectifs et non discriminatoires, tels que les compétences, l’effort, les responsabilités et les conditions de travail.

Cette approche pourrait avoir des conséquences particulières dans la fonction publique territoriale, structurée autour de filières et de cadres d’emplois historiquement distincts. Pourquoi, par exemple, une fonction fortement féminisée relevant de la filière sociale ou administrative serait-elle nécessairement moins valorisée qu’une fonction technique lorsque les responsabilités, la qualification, l’autonomie, la charge mentale ou les contraintes professionnelles sont objectivement comparables ?

La question est évidemment beaucoup plus complexe qu’une comparaison mécanique entre deux intitulés de postes. Il ne s’agit pas de considérer que tous les emplois comportant un même niveau hiérarchique doivent recevoir la même rémunération. Mais l’employeur devra être capable d’expliquer pourquoi certaines fonctions présentent une valeur différente lorsqu’elles conduisent à des écarts de rémunération.

Pour les collectivités disposant d’un RIFSEEP fortement construit sur l’histoire des filières davantage que sur une véritable cotation des fonctions, cette évolution pourrait devenir un chantier important.

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Les filières féminisées pourraient se retrouver au cœur du débat

Les métiers territoriaux restent fortement genrés. Certaines fonctions sociales, médico-sociales, administratives ou liées à la petite enfance sont très majoritairement exercées par des femmes, tandis que certaines fonctions techniques demeurent plus masculines.

Or les différences de valorisation entre métiers ne résultent pas toujours uniquement de leur niveau de responsabilité. Elles peuvent aussi être héritées de classifications anciennes et de représentations sociales de la valeur des métiers. La directive européenne vise précisément à permettre la comparaison entre travaux différents mais de valeur équivalente.

Pour un DRH territorial, cette approche peut conduire à regarder différemment le régime indemnitaire. Il ne s’agira plus seulement de vérifier qu’une femme et un homme occupant exactement le même poste sont rémunérés de manière identique. Il faudra également pouvoir expliquer pourquoi des métiers différents, mais présentant des niveaux comparables de qualification, de responsabilités ou de contraintes, ne bénéficient pas des mêmes niveaux de valorisation.

L’enjeu peut devenir financier. Lorsque des écarts historiques apparaissent difficilement justifiables, leur correction suppose parfois de revaloriser certaines fonctions. Et contrairement à une modification purement procédurale, une revalorisation indemnitaire produit naturellement un effet durable sur la masse salariale.

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La transparence ne signifie pas que chacun connaîtra la rémunération nominative de ses collègues

Il faut éviter une confusion qui risque rapidement d’apparaître parmi les agents. La transparence salariale ne signifie pas que chaque fonctionnaire pourra obtenir le bulletin de paie de son collègue ou connaître précisément la rémunération nominative d’un agent déterminé.

La logique de la directive repose sur la communication d’informations permettant de comparer les niveaux de rémunération dans des catégories de travailleurs comparables, notamment sous la forme de données moyennes ventilées selon le sexe. Le respect de la protection des données personnelles continuera naturellement à s’appliquer, en particulier lorsque les effectifs sont tellement faibles que la communication d’une moyenne permettrait indirectement d’identifier une personne.

Dans une petite collectivité, ce sujet sera particulièrement sensible. Une catégorie regroupant deux ou trois agents peut rendre l’anonymisation extrêmement difficile. Les DRH devront donc trouver un équilibre entre deux obligations qui ne doivent pas être opposées : donner accès à une information salariale suffisamment utile tout en protégeant les données individuelles des agents.

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Le risque juridique ne résidera pas seulement dans l’écart mais dans l’impossibilité de l’expliquer

Deux agents peuvent parfaitement percevoir des rémunérations différentes sans qu’il y ait discrimination. L’expérience, les responsabilités, certaines contraintes professionnelles ou la performance, lorsque celle-ci constitue légalement un critère de rémunération et qu’elle est correctement évaluée, peuvent justifier une différence.

Le danger apparaît lorsque l’employeur ne sait plus reconstituer les raisons de cette différence. Un directeur recruté il y a huit ans a obtenu une indemnité supérieure parce que le poste était difficile à pourvoir, mais aucun document ne l’explique aujourd’hui. Un contractuel négocie une rémunération plus élevée parce qu’il gagnait davantage chez son précédent employeur. Un CIA est attribué selon une appréciation globale du manager sans critères suffisamment formalisés.

Ces pratiques sont encore courantes. Demain, elles pourraient devenir beaucoup plus difficiles à défendre. La transparence salariale introduit donc une exigence de mémoire organisationnelle de la décision RH. Il ne suffit plus que la différence ait été justifiée dans l’esprit du décideur au moment où elle a été accordée. Il faut que l’organisation puisse encore l’expliquer plusieurs années plus tard.

Il serait toutefois excessif d’affirmer qu’à la moindre différence de rémunération l’employeur sera automatiquement condamné ou qu’il devra justifier chaque euro versé. La directive renforce néanmoins significativement les mécanismes probatoires en matière de discrimination salariale. Pour les DRH territoriaux, la conséquence pratique reste la même : une décision documentée est beaucoup plus défendable qu’une décision simplement habituelle ou intuitive.

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Il ne faut cependant pas transformer chaque décision salariale en procédure bureaucratique

Il existe ici un risque inverse. Face à la peur du contentieux, une collectivité pourrait multiplier les formulaires, tableaux, validations et justificatifs au point de rendre toute décision de rémunération extrêmement lourde. Ce serait une mauvaise réponse.

L’objectif doit être de disposer de quelques critères robustes et compréhensibles, non de produire plusieurs pages de justification pour chaque décision. Un bon référentiel de rémunération des contractuels peut, par exemple, identifier quelques variables essentielles : niveau de responsabilité, expérience directement utile au poste, expertise rare, fonctions d’encadrement, contraintes particulières et situation du marché de l’emploi.

De la même manière, une architecture claire du RIFSEEP peut permettre de distinguer les fonctions à partir de critères préalablement déterminés et connus.

Le bon principe

La sécurité juridique ne vient pas de la quantité de documents. Elle vient de la cohérence des critères et de leur application dans le temps.

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Les managers seront beaucoup plus exposés qu’ils ne l’imaginent aujourd’hui

Le sujet ne peut pas rester cantonné à la direction des ressources humaines. Lorsque les agents disposeront de droits renforcés à l’information et comprendront mieux les niveaux de rémunération pratiqués, les premières questions ne seront pas toujours adressées au DRH. Elles arriveront fréquemment chez le supérieur hiérarchique.

Pourquoi mon CIA est-il inférieur ? Pourquoi cette fonction est-elle classée dans un groupe RIFSEEP supérieur ? Pourquoi cette personne recrutée récemment gagne-t-elle davantage ? Pourquoi mon expérience n’a-t-elle pas été valorisée de la même manière ? Un manager incapable d’expliquer les critères appliqués risque rapidement de transformer une question de rémunération en sentiment d’injustice.

Les collectivités ont donc intérêt à anticiper un véritable travail de pédagogie managériale. Les cadres devront connaître les principes de la politique indemnitaire, savoir ce qui relève de leur appréciation et ce qui relève de règles collectives, mais également apprendre à ne pas improviser des justifications susceptibles d’aggraver une situation. La transparence salariale sera donc également une réforme du management de la rémunération.

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Les petites collectivités ne doivent pas croire qu’elles sont hors du sujet

Les obligations statistiques les plus lourdes seront naturellement modulées selon la taille des employeurs et le texte français définitif reste à connaître. Mais la philosophie générale de la directive ne se limite pas aux grandes collectivités.

Les droits liés au recrutement, à l’égalité de rémunération et à l’information individuelle concernent beaucoup plus largement les travailleurs. Une commune disposant de trente agents peut donc être beaucoup moins concernée par des obligations de reporting massif qu’une métropole, tout en restant exposée à une contestation individuelle sur la rémunération d’un contractuel ou sur un écart indemnitaire.

Dans les petites structures, l’enjeu peut même être plus délicat parce que les rémunérations ont parfois été construites au fil des recrutements sans véritable référentiel global.

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Faut-il attendre la loi avant d’agir ? Certainement pas pour tout

Il serait juridiquement imprudent de modifier dès maintenant l’ensemble des procédures internes en appliquant comme définitif un projet de loi qui devra encore être adopté par le Parlement. Mais plusieurs travaux peuvent être engagés immédiatement sans aucun risque de suranticipation.

Une collectivité peut déjà examiner les rémunérations de ses contractuels et rechercher les écarts qui ne semblent reposer sur aucune justification documentée. Elle peut vérifier que ses critères d’attribution du CIA sont suffisamment précis. Elle peut analyser la cohérence de ses groupes de fonctions RIFSEEP. Elle peut regarder les écarts de rémunération entre métiers fortement féminisés et métiers majoritairement masculins. Elle peut également revoir ses annonces de recrutement et réfléchir à la manière dont elle détermine ses propositions salariales.

Aucun de ces travaux n’exige d’attendre une nouvelle loi. Ils relèvent déjà d’une politique RH saine.

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Le premier audit à conduire devrait porter sur les endroits où le DRH aurait aujourd’hui du mal à répondre

Une méthode simple peut être utilisée. Imaginez qu’un agent demande demain : « Pourquoi ma rémunération est-elle inférieure à celle d’un agent exerçant des responsabilités comparables ? »

Si la DRH peut produire immédiatement une réponse fondée sur le grade, les fonctions, l’expérience, les responsabilités ou des critères indemnitaires formalisés, le risque est maîtrisé. Si la réponse devient « cela a toujours été comme cela », « il avait mieux négocié à son arrivée », « son prédécesseur percevait déjà ce montant », « c’est une décision de l’ancien exécutif » ou encore « le manager estimait qu’il était meilleur », alors il existe probablement un chantier à ouvrir.

Un test simple mais révélateur

Si la DRH ne peut pas expliquer aujourd’hui un écart de rémunération sans recourir à l’histoire, à l’habitude ou à une négociation individuelle ancienne, cet écart mérite probablement d’être audité.

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La transparence salariale va aussi obliger les DRH à arbitrer entre équité et attractivité

C’est un angle souvent oublié. Les collectivités territoriales rencontrent de fortes difficultés de recrutement sur certains métiers. Pour attirer un profil très recherché, elles peuvent être conduites à proposer une rémunération supérieure à celle de professionnels déjà présents dans la collectivité.

Cette pratique peut être économiquement rationnelle. Mais elle crée un risque d’iniquité interne. Le futur cadre de transparence rendra simplement cette tension beaucoup plus visible.

Le DRH devra donc concilier deux logiques qui peuvent entrer en conflit : payer suffisamment pour recruter sur un marché tendu et préserver une cohérence salariale avec les agents déjà en poste. La réponse ne sera probablement pas de supprimer toute capacité de négociation. Elle consistera plutôt à définir les circonstances dans lesquelles une prime d’attractivité ou un positionnement salarial particulier peut être accordé, puis à déterminer ce qu’il advient lorsque la tension sur le métier disparaît ou lorsque les écarts deviennent difficiles à justifier.

Le nouvel arbitrage

La transparence ne supprimera pas les arbitrages salariaux. Elle obligera à mieux les assumer.

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Ce que je ferais dès maintenant dans une DRH territoriale

Je commencerais par une cartographie très ciblée des zones dans lesquelles la collectivité dispose de la plus grande marge d’appréciation : rémunération des contractuels, IFSE, CIA, primes particulières et différences de positionnement entre métiers comparables.

Je ne chercherais pas immédiatement à corriger tous les écarts. Je chercherais d’abord à distinguer trois situations : les écarts objectivement justifiables, ceux qui pourraient être justifiés mais qui ne sont pas suffisamment documentés, et ceux pour lesquels aucune justification convaincante n’apparaît.

Le deuxième travail concernerait les procédures de recrutement. Il faudrait progressivement construire des fourchettes ou des référentiels suffisamment robustes pour éviter que la rémunération d’un contractuel ne dépende principalement de ses qualités de négociateur ou du salaire qu’il percevait auparavant.

Le troisième chantier porterait sur la politique indemnitaire. Les critères du RIFSEEP et du CIA devraient pouvoir être expliqués simplement à un agent, à un manager, à une organisation syndicale et, si nécessaire, au juge administratif.

Enfin, je préparerais les managers. La transparence salariale ne doit pas être découverte par l’encadrement le jour où un agent demande pourquoi son collègue semble mieux rémunéré.

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Conclusion : demain, la bonne politique salariale sera celle que la collectivité sait expliquer

La directive européenne sur la transparence des rémunérations ne va pas supprimer les grilles indiciaires, effacer les différences statutaires ou rendre publiques toutes les fiches de paie des agents territoriaux. Son impact pourrait néanmoins être profond.

Elle va progressivement déplacer le centre de gravité de la politique salariale. Il ne suffira plus que la rémunération soit juridiquement possible. Il faudra de plus en plus être capable d’en expliquer la construction et de démontrer que les différences reposent sur des critères objectifs et étrangers au sexe.

Pour les DRH territoriaux, les principales zones d’attention sont déjà identifiables : rémunération des contractuels, RIFSEEP, CIA, valorisation des fonctions, métiers fortement féminisés et cohérence des pratiques de recrutement.

La France n’a pas encore achevé la transposition et plusieurs paramètres définitifs dépendront du texte finalement adopté. Ce délai ne doit cependant pas devenir un prétexte à l’inaction.

Car la question la plus utile à poser aujourd’hui n’est probablement pas : « Quand la réforme entrera-t-elle en vigueur ? »

Elle est plutôt : « Si un agent me demandait demain pourquoi il gagne moins qu’un autre, serais-je capable de lui répondre objectivement, précisément et documents à l’appui ? »

Si la réponse est hésitante, la transparence salariale a déjà commencé à produire son premier effet : elle révèle les endroits où notre politique de rémunération a besoin d’être clarifiée.

Mon opinion

La réforme peut être beaucoup plus structurante pour les DRH territoriaux que ne le laisse penser l’expression « transparence salariale ». Le véritable sujet est la justification des écarts. Les collectivités dont les rémunérations des contractuels, l’IFSE ou le CIA reposent encore largement sur l’histoire, la négociation individuelle ou des appréciations insuffisamment documentées sont les plus exposées. Je commencerais donc dès maintenant par ces zones de marge de manœuvre plutôt que par la production de nouveaux indicateurs. C’est là que se situe, selon moi, le véritable risque juridique et managérial.

L'auteur

Pascal NAUD
Président fondateur de NAUDRH.COM
Expert en ressources humaines territoriales, droit de la fonction publique et management public

naudrhexpertise@gmail.com

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Rémunération des collaborateurs de cabinet : une collectivité peut-elle refuser de communiquer les montants versés ?

Transparence des dépenses publiques, protection des données individuelles et droit d'accès aux documents administratifs : le tribunal administratif de Versailles précise les limites de la communication des rémunérations négociées.

Tribunal administratif de Versailles, 24 août 2026, n° 2309390

Le salaire d'un directeur de cabinet rémunéré sur fonds publics doit-il nécessairement être communiqué à toute personne qui en fait la demande ?

La réponse n'est pas aussi évidente qu'il y paraît. Si les dépenses de personnel sont financées par des deniers publics, certaines informations relatives aux rémunérations individuelles bénéficient néanmoins d'une protection juridique.

Dans un jugement du 24 août 2026, le tribunal administratif de Versailles apporte un éclairage sur cette articulation entre transparence administrative et confidentialité des rémunérations négociées.

Cette décision présente un intérêt particulier pour les directeurs généraux des services, les responsables des ressources humaines, les services financiers et les autorités territoriales confrontés à des demandes de communication de documents de paie.

1. Les faits à l'origine du litige

Un administré avait sollicité auprès de la commune de Juvisy-sur-Orge la communication des mandats exécutoires de dépenses correspondant à la rémunération du directeur de cabinet de la maire pour les mois de septembre à décembre 2021.

La commune ayant refusé de transmettre ces documents, le demandeur avait saisi la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA).

Dans son avis du 21 septembre 2023, la CADA avait émis un avis favorable à leur communication, sous réserve de l'occultation préalable des mentions protégées par la loi, notamment celles portant atteinte à la vie privée ou révélant une appréciation personnelle sur l'agent.

La commune ayant maintenu son refus, le demandeur a porté le litige devant le tribunal administratif de Versailles.

Deux questions principales étaient alors posées au juge :

- Les mandats de dépenses relatifs à une rémunération individuelle constituent-ils des documents administratifs communicables ?

- Une rémunération librement négociée peut-elle justifier une exception au droit d'accès ?

Une difficulté procédurale s'ajoutait au litige. Le tribunal avait déjà statué sur une demande antérieure portant sur un bulletin de salaire du même directeur de cabinet.

Il écarte cependant l'exception de chose jugée invoquée par la commune : la nouvelle demande portant sur des mandats de dépenses et non sur le bulletin de salaire précédemment sollicité, l'identité d'objet faisait défaut.

2. Le cadre juridique applicable

Le principe : un droit d'accès aux documents administratifs

L'article L. 311-1 du Code des relations entre le public et l'administration (CRPA) prévoit, sous réserve des exceptions légalement prévues, la communication des documents administratifs détenus par les administrations aux personnes qui en font la demande.

L'article L. 300-2 du même code définit largement les documents administratifs, notamment ceux produits ou reçus par les collectivités territoriales dans l'exercice de leurs missions de service public.

Les mandats de dépenses relatifs à la rémunération d'un agent public entrent dans cette catégorie.

L'exception : la protection de certaines informations individuelles

Le droit d'accès n'est toutefois pas absolu.

L'article L. 311-6 du CRPA protège notamment les documents qui comportent une appréciation ou un jugement de valeur sur une personne physique nommément désignée ou facilement identifiable.

Il protège également les informations dont la communication porterait atteinte à la vie privée, dans les conditions prévues par cet article.

L'article L. 311-7 organise, pour sa part, la communication des documents après occultation ou disjonction des mentions non communicables, lorsque cette opération est possible.

3. La solution retenue par le tribunal administratif de Versailles

Le tribunal confirme que les mandats exécutoires de dépenses relatifs à la rémunération d'un agent public constituent, en principe, des documents administratifs communicables.

Il opère toutefois une distinction selon les modalités de fixation de la rémunération.

Lorsque celle-ci résulte de l'application de règles régissant l'emploi concerné, la communication du montant ne révèle pas, par elle-même, une appréciation ou un jugement de valeur sur l'agent.

En revanche, lorsqu'elle a été arrêtée librement entre les parties, sans référence à des règles déterminant précisément son montant, elle peut révéler une appréciation individuelle sur la personne recrutée.

En l'espèce, la rémunération du directeur de cabinet avait été négociée avec la maire, dans les limites prévues par l'article 7 du décret n° 87-1004 du 16 décembre 1987.

Le tribunal estime que le montant ainsi négocié révèle une appréciation ou un jugement de valeur sur l'intéressé.

Il considère également que la communication des mandats, après occultation des montants, serait privée de toute portée.

Il valide donc le refus de communication opposé par la commune et rejette la demande d'annulation.

4. Rémunération réglementée ou négociée : la distinction essentielle

Pour les gestionnaires RH territoriaux, le principal enseignement du jugement réside dans la nécessité d'examiner l'origine et les modalités de fixation de la rémunération.

Situation examinée Analyse juridique Conséquence pratique
Rémunération résultant de règles applicables à l'emploi Le montant ne révèle pas, par lui-même, un jugement de valeur. Communication de principe, après examen des éventuelles mentions protégées.
Rémunération librement négociée Le montant peut révéler une appréciation individuelle sur l'agent. Examiner l'application de l'article L. 311-6 du CRPA.
Document comportant des mentions protégées L'occultation est à examiner conformément à l'article L. 311-7. Communiquer les éléments communicables si leur séparation est possible et conserve un intérêt.

Cette grille de lecture ne constitue pas un régime automatique applicable à toutes les rémunérations de la fonction publique territoriale.

Une rémunération peut comporter plusieurs composantes dont les règles de détermination et les conditions de communicabilité diffèrent. Chaque demande nécessite donc un examen précis des documents concernés.

5. Quelles conséquences pour les employeurs territoriaux ?

Première conséquence : ne pas opposer une confidentialité générale des rémunérations

Le seul fait qu'un document concerne la rémunération d'un agent public ne suffit pas à justifier un refus de communication.

La collectivité doit pouvoir identifier les informations précisément protégées par les dispositions du CRPA.

Deuxième conséquence : documenter les modalités de détermination de la rémunération

Lorsqu'une rémunération résulte d'une négociation individuelle, la collectivité doit être en mesure d'expliquer en quoi sa divulgation révélerait une appréciation personnelle sur l'agent concerné.

Cela ne signifie pas que toute rémunération individualisée échappe automatiquement à la communication.

Les conditions juridiques dans lesquelles son montant a été fixé demeurent déterminantes.

Troisième conséquence : examiner systématiquement la possibilité d'une communication partielle

L'occultation des mentions protégées doit être envisagée avant de décider de refuser la communication de l'intégralité d'un document.

Le jugement montre néanmoins que cette solution atteint ses limites lorsque le retrait des informations protégées prive le document de toute portée.

Quatrième conséquence : sécuriser les réponses administratives

Une réponse fondée exclusivement sur la confidentialité supposée des données de paie présente un risque juridique.

Les services doivent identifier le fondement légal du refus, apprécier les caractéristiques des pièces demandées et respecter les règles procédurales applicables.

6. Comment traiter concrètement une demande de communication de documents de rémunération ?

Pour les directions des ressources humaines territoriales, une méthode d'instruction en cinq étapes peut contribuer à sécuriser les décisions.

Étape 1 — Identifier précisément les documents sollicités

Déterminer si la demande concerne des bulletins de paie, des mandats de dépenses, des décisions individuelles de rémunération ou d'autres documents administratifs.

Étape 2 — Examiner les modalités de fixation de la rémunération

Distinguer les composantes déterminées par les textes des éléments résultant d'une appréciation individuelle ou d'une négociation.

Étape 3 — Identifier les informations juridiquement protégées

Vérifier notamment l'existence de données relevant de la vie privée ou révélant une appréciation ou un jugement de valeur sur une personne identifiable.

Étape 4 — Étudier la possibilité d'une occultation

Examiner si les mentions non communicables peuvent être retirées tout en permettant la transmission d'un document conservant une portée utile.

Étape 5 — Formaliser et sécuriser la réponse

Conserver la trace de l'analyse réalisée, appliquer les délais et procédures prévus par le CRPA et, en cas de refus, satisfaire aux obligations de motivation et d'information sur les voies et délais de recours.

Cette méthode constitue une préconisation de gestion RH. Elle doit être adaptée aux circonstances de la demande, au document concerné et aux éventuelles règles spéciales de communication.

7. Notre analyse : la transparence publique suppose une lecture juridique nuancée

Ce jugement présente un intérêt qui dépasse le cas particulier des collaborateurs de cabinet.

Il rappelle que deux exigences doivent être conciliées : le contrôle de l'utilisation des fonds publics et la protection des droits individuels des personnes dont les informations figurent dans les documents administratifs.

Pour les employeurs territoriaux, la difficulté consiste à déterminer à quel moment la divulgation d'un montant de rémunération dépasse la simple information financière pour révéler une appréciation personnelle protégée.

La spécificité des emplois de cabinet rend cette question particulièrement sensible.

Le recrutement de ces collaborateurs repose notamment sur une relation de confiance personnelle avec l'autorité territoriale. Leur rémunération obéit à des règles particulières, tout en laissant une marge de fixation individuelle dans les limites réglementaires.

Le tribunal a pris en considération ces caractéristiques pour apprécier le caractère communicable des mandats litigieux.

Une limite doit toutefois être soulignée : cette décision émane d'un tribunal administratif et porte sur une situation factuelle particulière.

Elle ne doit donc pas être interprétée comme consacrant une confidentialité générale des rémunérations négociées ou de celles des collaborateurs de cabinet.

Sa portée réside principalement dans le raisonnement juridique appliqué aux informations contenues dans les mandats de dépenses.

Pour les DRH et DGS, la bonne pratique consiste à adopter une démarche d'analyse individualisée et juridiquement traçable.

8. Références juridiques

- Tribunal administratif de Versailles, 24 août 2026, n° 2309390.

- Code des relations entre le public et l'administration : articles L. 300-2, L. 311-1, L. 311-6 et L. 311-7. 

- Décret n° 87-1004 du 16 décembre 1987 relatif aux collaborateurs de cabinet des autorités territoriales, notamment son article 7.

- CADA, avis n° 20234370 du 21 septembre 2023, mentionné dans le jugement.

Analyse fondée sur le jugement du 24 août 2026. Les préconisations opérationnelles présentées dans cet article ne constituent pas des prescriptions directement énoncées par le tribunal.

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Vous devez traiter une demande de communication, sécuriser un document de paie ou gérer un emploi de cabinet ?

Poursuivez votre analyse à partir de la difficulté professionnelle que vous rencontrez. Ces trois ressources complémentaires vous permettront d'approfondir les règles applicables et leurs conséquences pratiques.

Problème RH n° 1 — Confidentialité des rémunérations

Un chef de service peut-il obtenir communication de la rémunération nette des agents qu'il encadre ?

Vous devez répondre à une demande de communication d'éléments de paie ?

Cette analyse précise les distinctions à opérer entre les composantes fixes de la rémunération, les éléments individualisés et les informations protégées. Elle prolonge directement le jugement commenté en s'appuyant notamment sur la jurisprudence du Conseil d'État et la doctrine de la CADA.

Lire l'analyse sur la communicabilité des rémunérations →

Problème RH n° 2 — Transparence des dépenses publiques

Les notes de frais des agents publics sont-elles communicables ?

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Cet article examine les règles de communication de pièces justificatives de dépenses publiques et les limites tenant à la protection des informations individuelles. Il permet de comparer le traitement des mandats de rémunération à celui d'autres dépenses concernant les agents et les membres de cabinet.

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Responsabilité des collaborateurs de cabinet : quel régime juridique ?

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Par Pascal NAUD

Président-fondateur de NAUDRH.COM
Expert en ressources humaines territoriales, dialogue social et management public

naudrhexpertise@gmail.com | www.naudrh.com

Cette publication constitue une analyse juridique et professionnelle à vocation informative. L'appréciation d'une situation individuelle suppose l'examen des faits, des documents concernés et des textes applicables.

 

Tribunal Administratif de VERSAILLES lundi 24 août 2026 n° 2309390

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1 août 2026 6 01 /08 /août /2026 21:17

 

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JURISPRUDENCE RH | FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE | 8 OCTOBRE 2026

Trop-perçu de rémunération : l'employeur public s'est trompé, mais l'agent peut devoir rembourser.

Une erreur de paie commise par une administration peut-elle obliger un agent public à rembourser des sommes qu'il a perçues de bonne foi ?

La réponse est oui, lorsque ces sommes ont été indûment versées et que les conditions légales de récupération sont réunies. Dans une décision du 30 juillet 2026, le Conseil d'État apporte un éclairage important sur l'articulation entre récupération des rémunérations indues et responsabilité de l'employeur public.

Référence : Conseil d'État, 30 juillet 2026, n° 515854

1. Les faits : une agente conteste la récupération de sommes versées à tort

À l'origine du litige, une agente publique conteste un titre exécutoire émis le 8 janvier 2026 par le centre hospitalier de Château-Thierry.

Devant le tribunal administratif d'Amiens, elle soulève une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) portant sur les dispositions législatives permettant aux employeurs publics de récupérer les rémunérations indûment versées à leurs agents.

Elle invoque notamment une atteinte au droit de propriété, à la sécurité juridique, aux droits des personnes victimes d'une faute administrative et au droit à rémunération en contrepartie du travail fourni.

Le tribunal administratif transmet la question au Conseil d'État, auquel il appartient de déterminer si elle doit être renvoyée au Conseil constitutionnel.

La question juridique :

Les dispositions autorisant l'administration à récupérer une rémunération indûment versée, notamment lorsque le versement résulte d'une erreur de l'employeur, portent-elles atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution ?

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2. Quelles règles permettent de récupérer un trop-perçu de rémunération ?

Le cadre juridique repose principalement sur deux dispositions :

- L'article L. 711-6 du Code général de la fonction publique, qui prévoit le remboursement des sommes indûment perçues par un agent public en matière de rémunération ;

- L'article 37-1 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000, qui fixe les conditions et les délais de répétition de ces sommes.

Un délai de deux ans en principe

Les créances résultant de paiements indus effectués en matière de rémunération peuvent, en principe, être répétées dans un délai de deux ans à compter du premier jour du mois suivant celui de la mise en paiement du versement erroné.

Cette règle s'applique également, dans les conditions prévues par la loi, lorsque le versement trouve son origine dans une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive.

Des exceptions prévues par la loi

Le délai de deux ans ne s'applique pas aux indus résultant notamment :

- De l'absence d'information par l'agent d'une modification de sa situation personnelle ou familiale susceptible d'avoir une incidence sur sa rémunération ;

- De la transmission d'informations inexactes relatives à sa situation personnelle ou familiale.

L'article 37-1 prévoit également des exclusions spécifiques concernant certaines décisions créatrices de droits.

Attention : le délai de deux ans applicable à la répétition de l'indu ne doit pas être confondu avec la prescription de l'action en recouvrement. Ces deux mécanismes correspondent à des étapes juridiques distinctes.

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3. L'erreur de l'administration empêche-t-elle de réclamer le remboursement ?

Non. Le seul fait qu'un trop-perçu résulte d'une erreur imputable à l'employeur public ne fait pas obstacle à sa récupération.

Le Conseil d'État considère que les dispositions légales permettant cette récupération ne portent pas atteinte au droit de propriété des agents publics.

Il importe donc de distinguer l'origine du paiement erroné et son caractère juridiquement indu.

À retenir :

Une somme indûment versée ne devient pas définitivement acquise à l'agent du seul fait que l'administration a commis une erreur dans sa liquidation ou son versement.

Pour autant, le droit de récupérer cette somme reste subordonné au respect des règles applicables au dossier considéré.

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4. L'employeur public peut néanmoins engager sa responsabilité

C'est l'un des principaux enseignements de cette décision.

Le Conseil d'État souligne que les articles L. 711-6 du CGFP et 37-1 de la loi du 12 avril 2000 ne privent pas les agents ayant perçu une rémunération indue en raison d'une faute de leur employeur de la possibilité d'engager la responsabilité de l'administration.

Deux questions doivent donc être examinées séparément.

Récupération de l'indu Responsabilité administrative
La somme était-elle légalement due à l'agent ? L'employeur a-t-il commis une faute ?
Le remboursement peut-il être demandé dans les délais applicables ? Cette faute a-t-elle causé un préjudice indemnisable ?
La procédure de récupération est-elle régulière ? Existe-t-il un lien de causalité entre la faute et le préjudice ?

Il est ainsi possible qu'un agent soit légalement tenu de restituer des sommes indues tout en étant fondé à demander réparation d'un préjudice distinct résultant d'une faute de gestion de l'administration.

Cette responsabilité n'est toutefois pas automatique : ses conditions doivent être établies au regard des circonstances du dossier.

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5. Pourquoi le Conseil d'État refuse-t-il le renvoi de la QPC ?

Le Conseil d'État examine les différents griefs constitutionnels invoqués par la requérante.

Il relève notamment que les dispositions contestées :

- Ne privent pas les agents de la possibilité de rechercher la responsabilité de leur employeur en cas de faute ;

- Ne déchargent pas les gestionnaires publics de leurs propres responsabilités ;

- N'ont pas pour objet ou pour effet d'affecter la rémunération des agents contractuels ou le principe de rémunération du service fait ;

- Ne portent pas atteinte au droit de propriété des agents publics.

Le grief relatif à la sécurité juridique est, quant à lui, considéré comme insuffisamment précisé pour permettre d'en apprécier le bien-fondé.

Le Conseil d'État juge finalement que la question n'est pas nouvelle et ne présente pas un caractère sérieux.

Il décide donc de ne pas la renvoyer au Conseil constitutionnel.

Portée exacte de la décision :

Il s'agit d'une décision de non-renvoi d'une question prioritaire de constitutionnalité. Le Conseil d'État ne se prononce pas, dans cette décision, sur la régularité du titre exécutoire contesté dans le litige initial.

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6. Quelles conséquences pratiques pour les DRH territoriaux ?

Bien que le litige concerne un établissement hospitalier, les dispositions législatives examinées s'appliquent également à la fonction publique territoriale.

Les collectivités doivent donc sécuriser leurs pratiques de récupération des indus de rémunération.

Les six vérifications à effectuer

1. Identifier l'origine de l'indu : erreur de paramétrage de paie, changement de situation, erreur de calcul ou versement d'un élément de rémunération non dû.

2. Établir précisément les montants : identifier les périodes, les versements concernés et les bases de calcul utilisées.

3. Vérifier les délais : déterminer si le délai de répétition de deux ans est applicable et contrôler son point de départ, sans oublier les exceptions légales.

4. Sécuriser le titre de recettes : vérifier la justification de la créance, les mentions requises et les règles applicables à son émission et à sa notification.

5. Informer l'agent : expliquer l'origine de l'erreur, les montants réclamés et les modalités de régularisation envisageables.

6. Examiner le risque indemnitaire : rechercher si une faute de gestion a pu provoquer un préjudice distinct du seul remboursement des sommes indues.

Conseil de gestion RH :

Lorsqu'une erreur de paie est identifiée, il est recommandé de constituer un dossier retraçant les versements, les justificatifs, les calculs, les échanges avec l'agent et les décisions prises. Cette traçabilité contribue à sécuriser juridiquement la procédure.

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7. Les points de vigilance : ne pas confondre droit au remboursement et régularité de la procédure

La possibilité légale de récupérer un trop-perçu ne dispense pas l'employeur de vérifier les conditions de son action.

Plusieurs risques doivent être anticipés :

- Risque juridique : contestation du fondement de la créance, de son montant, des délais ou de la régularité du titre de recettes ;

- Risque financier : réclamations indemnitaires fondées sur une faute administrative ayant causé un préjudice ;

- Risque social : difficultés financières ou incompréhension de l'agent confronté à un remboursement imprévu ;

- Risque organisationnel : répétition des anomalies si les contrôles internes de paie ne sont pas renforcés.

Une vigilance particulière :

Une décision de récupération juridiquement justifiée ne suffit pas, à elle seule, à exclure toute responsabilité de l'employeur. Le traitement de l'indu et l'examen d'un éventuel préjudice doivent faire l'objet d'analyses distinctes.

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8. Notre analyse : sécuriser le droit sans négliger la gestion humaine

Cette décision du 30 juillet 2026 rappelle une réalité fondamentale de la gestion des ressources humaines publiques : la régularité juridique d'un remboursement ne suffit pas à apprécier la qualité de la gestion administrative qui l'a rendu nécessaire.

Les employeurs territoriaux doivent naturellement veiller à la bonne utilisation des fonds publics. La récupération des sommes versées sans fondement légal répond à cette exigence.

Mais une erreur de paie peut également placer un agent dans une situation difficile, particulièrement lorsque l'anomalie a perduré plusieurs mois et que l'intéressé a organisé ses dépenses sur la base des montants reçus.

La réponse de l'employeur doit donc conjuguer rigueur juridique, transparence et prise en compte de la situation individuelle.

CE QU'IL FAUT RETENIR

Un agent peut devoir rembourser un trop-perçu de rémunération, même lorsque celui-ci résulte d'une erreur de l'administration.

Mais cette obligation de remboursement n'exclut pas une éventuelle responsabilité de l'employeur public lorsque sa faute a causé un préjudice indemnisable.

Pour les DRH territoriaux, l'enjeu est double : sécuriser la récupération des sommes indues et prévenir les erreurs de gestion susceptibles de générer de nouveaux contentieux.

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9. Référence jurisprudentielle et textes applicables

Conseil d'État, 5e chambre, 30 juillet 2026, n° 515854

Textes principaux :

- Article L. 711-6 du Code général de la fonction publique ;

-  Article 37-1 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations.

Cette analyse présente la portée de la décision et ses implications pratiques. Elle ne constitue pas une appréciation de la régularité d'une procédure individuelle de recouvrement.

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Conseil d'État décision n° 515854

 

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Chaque actualité est analysée au regard de ses conséquences concrètes sur l’activité des services RH, la carrière des agents publics et les obligations des employeurs territoriaux. Vous disposez ainsi de préconisations opérationnelles pour savoir rapidement ce qui change, quels sont les risques et par où commencer.

En période de réforme, la ressource la plus rare n’est pas l’information : c’est le temps de décision.

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28 juillet 2026 2 28 /07 /juillet /2026 21:37

 

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Fonction publique territoriale – Rémunération

Élèves administrateurs territoriaux : le nouvel échelonnement indiciaire applicable depuis juillet 2026.

Le décret n° 2026-676 du 27 juillet 2026 corrige une omission de la réforme de l’encadrement supérieur territorial et sécurise la rémunération des élèves administrateurs territoriaux.

Une erreur matérielle dans un décret statutaire peut sembler secondaire. En matière de rémunération publique, elle peut pourtant fragiliser les actes de gestion, compliquer la paie et créer une réelle insécurité juridique.

Publié au Journal officiel du 28 juillet 2026, le décret n° 2026-676 du 27 juillet 2026 complète l’échelonnement indiciaire applicable aux administrateurs territoriaux. Son objet est précisément circonscrit : il rétablit les indices bruts correspondant aux deux échelons des élèves administrateurs territoriaux, omis lors de la publication du décret n° 2026-485 du 10 juin 2026.

Ce texte ne constitue donc pas une nouvelle réforme de fond. Il s’agit d’un décret correctif, indispensable pour assurer la cohérence juridique et financière du dispositif applicable aux futurs administrateurs territoriaux pendant leur période de formation.

1. Pourquoi un nouveau décret était-il nécessaire ?

Le décret n° 2026-485 du 10 juin 2026 avait modifié l’échelonnement indiciaire du cadre d’emplois des administrateurs territoriaux dans le cadre de la réforme de l’encadrement supérieur de la fonction publique territoriale.

Toutefois, ce texte ne mentionnait pas les indices bruts correspondant aux deux échelons applicables aux élèves administrateurs territoriaux. Cette omission constituait une erreur matérielle.

Le décret du 27 juillet 2026 vient donc compléter le tableau figurant à l’article 1er du décret n° 87-1098 du 30 décembre 1987 portant échelonnement indiciaire applicable aux administrateurs territoriaux.

Point de vigilance : en droit de la fonction publique, la rémunération indiciaire doit reposer sur une base réglementaire suffisamment précise. L’absence d’un indice applicable ne peut être compensée durablement par une simple interprétation administrative.

2. Quels sont les nouveaux indices des élèves administrateurs territoriaux ?

Le décret fixe désormais expressément l’indice brut correspondant à chacun des deux échelons d’élève du cadre d’emplois des administrateurs territoriaux.

Situation Échelon Indice brut
Élève administrateur territorial 1er échelon IB 395
Élève administrateur territorial 2e échelon IB 427

Cette clarification permet d’identifier sans ambiguïté la base indiciaire applicable pendant la période durant laquelle les lauréats du concours suivent leur formation en qualité d’élèves administrateurs territoriaux.

Le décret fixe des indices bruts. La liquidation de la rémunération suppose donc, comme habituellement, de se référer aux indices majorés correspondant à ces indices bruts et à la valeur du point d’indice applicable à la date de versement.

3. À compter de quelle date le texte s’applique-t-il ?

Le décret prévoit expressément que ses dispositions s’appliquent aux rémunérations versées à compter du mois de juillet 2026.

Cette rédaction permet de couvrir les rémunérations du mois de juillet, alors même que le décret a été publié au Journal officiel le 28 juillet 2026.

Conséquence pratique : les organismes et services chargés de la paie doivent s’assurer que la rémunération due au titre du mois de juillet 2026 a bien été calculée sur la base du nouvel échelonnement. Une régularisation peut être nécessaire lorsque la paie a été préparée avant la publication du décret.

4. Quelle est la portée juridique réelle du décret ?

Le décret n° 2026-676 ne modifie ni l’architecture du cadre d’emplois des administrateurs territoriaux, ni les conditions de recrutement, ni les modalités de formation des élèves.

Il ne crée pas davantage une nouvelle revalorisation générale. Il apporte la base réglementaire qui manquait pour déterminer la rémunération des élèves administrateurs territoriaux dans le cadre du nouveau dispositif indiciaire issu de la réforme de juin 2026.

Sa portée est donc à la fois limitée et essentielle : limitée parce qu’elle concerne seulement deux échelons, essentielle parce que la rémunération d’un agent public doit être déterminée conformément aux dispositions statutaires et indiciaires en vigueur.

Ce que beaucoup risquent de mal comprendre : il ne s’agit pas d’une nouvelle réforme indemnitaire ou d’une revalorisation autonome. Le texte répare une omission et sécurise l’application de la réforme entrée en vigueur en juillet 2026.

5. Quels risques pour les collectivités et les gestionnaires RH ?

Le nombre d’agents directement concernés demeure limité. Pour autant, les enjeux de sécurisation ne doivent pas être sous-estimés.

Une base indiciaire erronée ou incomplète peut entraîner une erreur de liquidation de la rémunération, l’édition d’un bulletin de paie inexact, la nécessité d’un rappel de traitement ou encore une contestation de l’agent concerné.

Elle peut également fragiliser les actes individuels pris sur le fondement d’un tableau indiciaire incomplet, notamment lorsque les documents administratifs mentionnent un indice qui n’était pas encore expressément prévu par le texte réglementaire applicable.

Le risque concret

Le principal risque réside moins dans le volume financier que dans la non-conformité juridique de la rémunération versée. Une erreur de quelques points d’indice peut paraître techniquement mineure, mais elle engage la responsabilité du gestionnaire public et impose une régularisation rapide.

6. Ce que les DRH doivent vérifier immédiatement

Les services de ressources humaines, les gestionnaires carrière-paie et les établissements chargés de la formation des administrateurs territoriaux doivent vérifier la correcte intégration du décret dans leurs outils de gestion.

Les contrôles prioritaires portent sur les points suivants :

✓ la mise à jour des tables indiciaires dans le logiciel de paie ;

✓ l’application de l’indice brut 395 au premier échelon d’élève ;

✓ l’application de l’indice brut 427 au deuxième échelon d’élève ;

✓ la vérification des rémunérations dues au titre du mois de juillet 2026 ;

✓ la régularisation éventuelle des bulletins déjà calculés ;

✓ la cohérence des arrêtés, décisions individuelles et documents de prise en charge financière.

Lorsque le paramétrage de la paie est assuré par un prestataire extérieur ou un centre de gestion, il est prudent de demander une confirmation écrite de la prise en compte du nouveau texte.

7. Analyse : ce que ce décret révèle de la réforme statutaire

La publication de ce texte correctif rappelle que les grandes réformes statutaires ne s’achèvent pas toujours avec la parution de leurs principaux décrets.

Les ajustements techniques, les corrections d’erreurs matérielles et les mises en cohérence réglementaires peuvent intervenir plusieurs semaines après l’entrée en vigueur annoncée de la réforme. Ces textes sont parfois peu commentés alors qu’ils conditionnent directement la fiabilité des opérations de gestion.

Pour les DRH territoriaux, l’enjeu est donc de ne pas limiter la veille juridique aux seules publications les plus visibles. La sécurisation des pratiques passe aussi par le suivi des textes correctifs, des arrêtés d’application et des modifications apportées aux grilles indiciaires.

Ce que cette décision change réellement pour les DRH territoriaux

Elle impose de sécuriser sans délai le paramétrage de la paie des élèves administrateurs territoriaux et de vérifier les rémunérations dues depuis juillet 2026. Elle confirme également que toute réforme statutaire doit faire l’objet d’un suivi opérationnel au-delà de sa date officielle d’entrée en vigueur.

À retenir

Le décret n° 2026-676 du 27 juillet 2026 corrige une erreur matérielle du décret du 10 juin 2026 relatif à l’échelonnement indiciaire des administrateurs territoriaux.

Il fixe à 395 l’indice brut du premier échelon des élèves administrateurs territoriaux et à 427 celui du deuxième échelon.

Ces dispositions s’appliquent aux rémunérations versées à compter du mois de juillet 2026.

Mon analyse

Ce décret est un texte de sécurisation juridique plus qu’un texte de revalorisation. Il ne crée pas un avantage nouveau, mais il corrige une lacune qui aurait pu compliquer la liquidation de la rémunération des élèves administrateurs territoriaux.

Il démontre surtout qu’une veille statutaire efficace ne peut pas s’arrêter à la publication initiale d’une réforme. Les textes correctifs, souvent très techniques et peu médiatisés, sont parfois ceux qui permettent réellement aux services RH de fiabiliser leurs actes et leur paie.

Par Pascal NAUD
Président fondateur de NAUDRH.COM
Expert en ressources humaines territoriales, droit de la fonction publique et management public

naudrhexpertise@gmail.com

Décret n° 2026-676 du 27 juillet 2026 précisant l'échelonnement indiciaire des élèves administrateurs territoriaux

 

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25 juillet 2026 6 25 /07 /juillet /2026 09:38

 

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Nouvelle bonification indiciaire dans la fonction publique territoriale : ce que les DRH doivent sécuriser en 2026

Cadre juridique, réforme de l’encadrement supérieur et sécurisation des pratiques RH

Analyse RH territoriale 2026

La nouvelle bonification indiciaire demeure l’un des dispositifs de rémunération les plus techniques de la fonction publique territoriale. Obligatoire lorsqu’un agent remplit les conditions réglementaires, elle dépend des fonctions réellement exercées et non d’une appréciation discrétionnaire de l’employeur. La réforme de l’encadrement supérieur entrée en vigueur le 1er juillet 2026 en a supprimé le bénéfice pour certains emplois de direction, sans remettre en cause le régime de droit commun applicable à la majorité des fonctionnaires territoriaux.

La NBI n’est pas une prime facultative

La nouvelle bonification indiciaire trouve son origine dans le protocole Durafour du 9 février 1990. Elle est aujourd’hui encadrée par le Code général de la fonction publique et par plusieurs textes réglementaires spécifiques à la fonction publique territoriale.

La NBI ne relève pas du régime indemnitaire. Elle constitue un accessoire obligatoire du traitement. Dès lors qu’un fonctionnaire remplit les conditions réglementaires d’attribution, l’autorité territoriale se trouve en situation de compétence liée. Elle ne peut ni refuser la bonification pour des raisons budgétaires, ni la conditionner à une délibération locale, ni la moduler selon la manière de servir.

La bonification prend la forme de points d’indice majoré supplémentaires. Elle s’ajoute au traitement indiciaire sans modifier l’indice brut correspondant au grade et à l’échelon de l’agent. Elle n’a donc pas d’effet direct sur l’avancement de carrière, mais elle améliore la rémunération mensuelle et ouvre droit à un supplément de pension spécifique lorsqu’elle a donné lieu aux cotisations correspondantes.

Le principe à retenir

La NBI est attachée aux fonctions effectivement exercées. Elle n’est ni attachée à la personne, ni automatiquement au poste, ni au seul intitulé de la fiche de poste. L’analyse doit toujours porter sur la réalité des missions.

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NBI, traitement et RIFSEEP : trois logiques différentes

Critère Traitement indiciaire NBI RIFSEEP
Fondement Grade et échelon Fonctions éligibles prévues par les textes Délibération locale et classement des fonctions
Caractère Obligatoire Obligatoire si les conditions sont remplies Mis en place et modulé localement dans le respect des plafonds
Mode de calcul Indice majoré détenu Nombre de points d’indice majoré attaché aux fonctions Montant indemnitaire
Retraite Pension CNRACL de base Supplément de pension spécifique Retraite additionnelle

Une collectivité ne peut pas compenser librement l’absence de NBI par une IFSE lorsque l’agent remplit les conditions réglementaires d’attribution. À l’inverse, elle ne peut pas maintenir une NBI lorsque les fonctions éligibles ont cessé, au seul motif que la rémunération globale diminuerait.

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Échelonnement indiciaire et traduction financière

Le nombre de points attribués varie selon les fonctions exercées. Les montants effectifs sont déterminés par les textes qui énumèrent précisément les emplois et responsabilités ouvrant droit à bonification.

Montant brut mensuel de la NBI = nombre de points attribués × valeur mensuelle du point d’indice

La valeur du point d’indice étant fixée nationalement, la collectivité ne dispose d’aucune marge de négociation sur le montant. Toute évolution de cette valeur produit automatiquement un effet sur la rémunération correspondant à la NBI.

La bonification peut également influer sur certains accessoires de rémunération, notamment l’indemnité de résidence, la part proportionnelle du supplément familial de traitement et le taux horaire des indemnités horaires pour travaux supplémentaires, lorsque l’agent y est éligible.

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Ce que change la réforme de l’encadrement supérieur en 2026

Les cinq décrets du 10 juin 2026 relatifs à l’encadrement supérieur territorial ont modifié le régime des administrateurs territoriaux et des emplois fonctionnels de direction. Cette réforme est entrée en vigueur le 1er juillet 2026.

Pour les emplois de direction entrant dans le champ du nouveau régime applicable aux collectivités et établissements publics de plus de 40 000 habitants, la NBI de direction et la prime de responsabilité ont été supprimées. Cette suppression accompagne la mise en place d’un régime indemnitaire rénové, structuré autour de niveaux de fonctions et de responsabilités.

Cette réforme ne signifie pas que toute NBI de direction a disparu. Les emplois fonctionnels relevant de structures de moins de 40 000 habitants continuent, lorsqu’ils remplissent les conditions prévues, à relever du dispositif antérieur. La strate démographique et la nature exacte de l’emploi doivent donc être vérifiées avant toute décision de maintien ou de suppression.

Vigilance particulière

Le passage d’un agent d’une collectivité à une autre, ou d’un emploi fonctionnel à un autre, peut entraîner un changement immédiat de régime. La NBI n’est pas portable d’un poste à l’autre. Le droit doit être réexaminé à chaque mobilité.

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Les conditions d’éligibilité de droit commun

Le régime de droit commun repose sur une approche fonctionnelle. Le juge administratif examine les missions réellement exercées, leur caractère principal et leur compatibilité avec le statut particulier de l’agent.

L’exercice effectif des fonctions

L’agent doit exercer les fonctions énumérées par les textes. Un intitulé de poste ou une mention générale dans l’organigramme ne suffit pas. La collectivité doit être en mesure de produire une fiche de poste précise, des éléments d’organisation du service et, lorsque cela est nécessaire, des données permettant de quantifier le temps consacré aux fonctions éligibles.

L’exercice à titre principal

Lorsque le texte exige un exercice à titre principal, l’activité ouvrant droit à la NBI doit représenter la part prépondérante du temps de travail. Pour les fonctions d’accueil, l’analyse porte sur le temps effectivement consacré à l’accueil physique ou téléphonique, et non uniquement sur les horaires d’ouverture du service.

La compatibilité avec le statut particulier

Un agent « faisant fonction » ne peut prétendre automatiquement à la NBI attachée à des responsabilités qui ne relèvent pas de la vocation normale de son grade ou de son cadre d’emplois. Une affectation irrégulière ne crée pas un droit à bonification.

Le bon raisonnement juridique

Il faut vérifier successivement la fonction réellement exercée, la durée d’exercice, le caractère principal de la mission, les éventuels seuils d’effectifs ou démographiques, puis la compatibilité des fonctions avec le statut de l’agent.

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Les principales fonctions concernées

Fonction Bonification indicative Condition essentielle
Secrétariat général de mairie 30 points Fonctions exercées dans les communes relevant du seuil prévu par les textes
Encadrement d’un service administratif 25 points Service comportant au moins 20 agents
Encadrement de proximité d’un service technique 15 points Équipe d’au moins 5 agents
Accueil du public à titre principal 10 points Fonction exercée principalement dans une structure éligible
Responsable d’un service de police municipale 10 à 18 points Montant lié au nombre d’agents placés sous l’autorité du responsable
Régisseur d’avances ou de recettes 15 ou 20 points Seuil déterminé par le montant de la régie
Maître d’apprentissage 20 points Exercice effectif des missions correspondantes

Ce tableau ne remplace pas l’examen du texte applicable. Certaines fonctions sont soumises à des conditions de strate démographique, de seuil d’effectifs, de nature de service ou de localisation géographique. La décision doit toujours être prise à partir de la rubrique précise figurant dans le décret concerné.

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Congés, absences et maintien de la NBI

Le maintien ou la suspension de la NBI pendant les congés constitue l’une des principales sources d’erreur en paie.

Congé de maladie ordinaire et congés familiaux

La NBI est en principe maintenue dans les mêmes proportions que le traitement pendant les congés annuels, les congés de maladie ordinaire, les congés de maternité, de paternité ou d’adoption ainsi que pendant les congés liés à un accident de service ou à une maladie professionnelle. Lorsque le traitement est réduit, la NBI suit la même proportion. Le jour de carence entraîne également son absence de versement pour la journée concernée.

Congé de longue maladie

En congé de longue maladie, la NBI peut être maintenue tant que l’agent n’est pas remplacé dans les fonctions qui justifiaient son attribution. Dès qu’un remplacement effectif est organisé, le maintien cesse. Cette règle doit être appréciée à partir de la situation réelle du service.

Congé de longue durée

Le placement en congé de longue durée entraîne la suspension de la NBI, l’agent n’exerçant plus les fonctions qui en constituaient le fondement.

CITIS

Le régime du congé pour invalidité temporaire imputable au service appelle une vigilance particulière. Les textes historiques n’ont pas toujours été réécrits pour reprendre cette terminologie. Le maintien doit donc être examiné en cohérence avec les règles applicables aux accidents de service et maladies professionnelles, sous réserve des conditions de remplacement.

Remplacement temporaire

L’agent qui assure temporairement l’intérim d’un collègue absent ne bénéficie pas automatiquement de la NBI attachée au poste. Le juge distingue l’exercice permanent des fonctions de leur simple exercice provisoire.

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Indus, rappels et prescriptions

Une erreur d’attribution ou de suppression de la NBI peut produire des conséquences financières importantes. Il faut distinguer l’acte individuel d’attribution de la liquidation mensuelle de la paie.

La fin du droit pour l’avenir

Lorsqu’un agent cesse d’exercer les fonctions éligibles, l’autorité territoriale doit prendre un arrêté mettant fin à la NBI pour l’avenir. La décision doit être motivée par la disparition des conditions d’attribution et notifiée à l’intéressé.

La récupération d’un trop-perçu

Les sommes versées à tort peuvent faire l’objet d’une récupération dans le respect de la prescription biennale applicable aux créances résultant de paiements indus effectués par les personnes publiques.

Le rappel au profit de l’agent

Lorsqu’un agent démontre qu’il exerçait des fonctions ouvrant droit à la NBI sans l’avoir perçue, il peut demander un rappel. Cette créance est soumise à la prescription quadriennale. La date de la réclamation préalable est donc déterminante pour fixer la période susceptible d’être régularisée.

Une nuance essentielle

La collectivité ne doit pas confondre l’abrogation d’un arrêté individuel pour l’avenir et la récupération de sommes indûment versées. Ces deux opérations obéissent à des règles juridiques distinctes.

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Comment sécuriser les pratiques RH

La première mesure consiste à disposer de fiches de poste précises et actualisées. Elles doivent décrire les missions réellement exercées, les responsabilités, les effectifs encadrés et, lorsque l’exercice à titre principal est exigé, la part du temps consacrée à l’activité ouvrant droit à la bonification.

La deuxième mesure consiste à organiser un audit régulier. Les effectifs d’une équipe peuvent évoluer, une régie peut changer de montant, un service peut être réorganisé ou un agent peut voir ses missions modifiées. Chacun de ces événements peut ouvrir ou fermer le droit à NBI.

La troisième mesure consiste à réexaminer systématiquement la situation lors d’une mobilité, d’un changement d’affectation, d’une nomination sur emploi fonctionnel, d’un reclassement ou d’un retour de congé. La NBI ne se conserve pas par habitude.

La quatrième mesure concerne la traçabilité. Toute attribution, modification ou suppression doit reposer sur une analyse écrite et sur un arrêté individuel. La collectivité doit pouvoir démontrer les faits qui fondent sa décision.

Enfin, la réforme de l’encadrement supérieur impose une vigilance spécifique sur les emplois de direction. Les services RH doivent distinguer les emplois relevant du nouveau régime applicable depuis le 1er juillet 2026 de ceux qui restent soumis au dispositif antérieur.

Le contrôle interne recommandé

Une revue annuelle des NBI, croisant les arrêtés, les fiches de poste, les organigrammes, les effectifs réels et les situations d’absence, permet de réduire fortement les risques d’indu et de rappel rétroactif.

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Conclusion

La nouvelle bonification indiciaire demeure un mécanisme statutaire exigeant. Son attribution repose sur des critères précis, souvent liés aux fonctions réellement exercées, à leur caractère principal et à des seuils démographiques ou d’effectifs.

La réforme de l’encadrement supérieur de 2026 a supprimé la NBI pour une partie des emplois de direction, mais elle n’a pas fait disparaître le dispositif. Pour la majorité des fonctionnaires territoriaux, les règles de droit commun continuent de s’appliquer pleinement.

La sécurité juridique repose donc sur une méthode constante : qualifier les fonctions, vérifier les seuils, documenter les missions, formaliser la décision et réexaminer le droit à chaque changement de situation.

Bien gérée, la NBI remplit sa vocation de reconnaissance de responsabilités et de technicités particulières. Mal maîtrisée, elle devient une source durable de contentieux, d’indus et de rappels coûteux.

Pascal NAUD
Président fondateur de NAUDRH.COM
Expert en ressources humaines territoriales, droit de la fonction publique et management public

naudrhexpertise@gmail.com

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15 juillet 2026 3 15 /07 /juillet /2026 20:31

 

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Rémunération des collaborateurs de cabinet territoriaux : ce que change le décret n° 2026-619 du 10 juillet 2026

Le décret n° 2026-619 du 10 juillet 2026 modifie en profondeur les modalités de rémunération des collaborateurs de cabinet des autorités territoriales. Entré en vigueur le 12 juillet 2026, ce texte adapte le régime applicable aux cabinets locaux à la nouvelle architecture de l’encadrement supérieur territorial.

La réforme instaure une distinction entre les collectivités de moins de 40 000 habitants et les collectivités ou établissements publics relevant du nouveau classement des emplois fonctionnels de direction. Elle transforme également le mode de calcul du plafond indemnitaire, désormais relié au régime indemnitaire applicable aux administrateurs territoriaux.

Pour les directions des ressources humaines, les directions générales et les services financiers, les conséquences sont immédiates : vérification du niveau de classement de la collectivité, audit des contrats existants, recalcul des plafonds, application éventuelle d’une clause de sauvegarde et sécurisation des actes de paie.

À retenir : dans les collectivités d’au moins 40 000 habitants relevant du nouveau dispositif, le plafond indiciaire des collaborateurs de cabinet n’est plus calculé à partir de la rémunération individuelle du fonctionnaire le mieux rémunéré. Il dépend désormais d’un pourcentage de l’indice brut 2074, modulé selon le niveau de l’emploi fonctionnel de référence.

1. Le cadre juridique de la réforme

Le décret n° 2026-619 du 10 juillet 2026 modifie l’article 7 du décret du 16 décembre 1987 relatif aux collaborateurs de cabinet des autorités territoriales. Il s’inscrit dans la continuité de la réforme de l’encadrement supérieur territorial mise en œuvre depuis le 1er juillet 2026.

Le texte poursuit un double objectif. Il cherche, d’une part, à adapter les plafonds de rémunération des collaborateurs de cabinet à la nouvelle classification des emplois fonctionnels de direction. Il vise, d’autre part, à rendre le calcul du régime indemnitaire moins dépendant de la situation individuelle du directeur général des services ou du fonctionnaire servant auparavant de référence.

La nouvelle architecture repose ainsi sur deux régimes. Le premier demeure applicable aux collectivités de moins de 40 000 habitants. Le second concerne notamment les régions, les départements, les communes de plus de 40 000 habitants et les établissements publics locaux assimilés.

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2. Les règles maintenues pour les collectivités de moins de 40 000 habitants

Dans les collectivités de moins de 40 000 habitants, la règle historique demeure applicable. La rémunération du collaborateur de cabinet reste calculée par référence à la situation d’un fonctionnaire de la collectivité.

Le traitement indiciaire du collaborateur ne peut excéder 90 % du traitement correspondant à l’indice terminal de l’emploi administratif fonctionnel de direction le plus élevé occupé par un fonctionnaire en activité dans la collectivité ou l’établissement.

Lorsqu’aucun emploi fonctionnel de direction n’est occupé, la référence est recherchée dans le grade administratif le plus élevé détenu par un fonctionnaire en activité au sein de la structure.

Point de vigilance : dans ce régime, la collectivité doit continuer à identifier avec précision le fonctionnaire ou l’emploi servant de référence. Une évolution de sa situation peut avoir un effet sur le plafond applicable au cabinet.

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3. Le nouveau plafonnement dans les collectivités d’au moins 40 000 habitants

Pour les collectivités et établissements publics relevant du nouveau dispositif, la rémunération indiciaire n’est plus reliée au traitement réellement détenu par un cadre dirigeant local.

Le plafond est désormais déterminé à partir de l’indice brut 2074, correspondant à l’indice majoré 1575. Un pourcentage est ensuite appliqué à cette référence en fonction du niveau auquel appartient l’emploi fonctionnel de direction le plus élevé de la collectivité.

Plafond indiciaire mensuel = indice majoré 1575 × valeur mensuelle du point d’indice × taux correspondant au niveau de l’emploi

Avec une valeur mensuelle du point d’indice fixée à 4,92278 euros, l’indice majoré 1575 correspond à un traitement indiciaire brut théorique d’environ 7 753,39 euros par mois.

Le montant maximal applicable au collaborateur de cabinet dépend donc du taux de 90 %, 80 %, 73 % ou 65 % correspondant au niveau de classement retenu.

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4. Les plafonds indiciaires applicables selon les quatre niveaux

Niveau de référence Exemples d’emplois fonctionnels concernés Taux applicable Plafond mensuel indicatif en 2026
Premier niveau DGS des plus grandes régions, départements, métropoles, EPCI et communes de plus de 400 000 habitants. 90 % Environ 6 978,05 € bruts
Deuxième niveau DGS de certaines régions, départements, EPCI de 400 000 à 800 000 habitants et communes de 150 000 à 400 000 habitants. 80 % Environ 6 202,71 € bruts
Troisième niveau DGS de départements de moins de 900 000 habitants, d’EPCI de 40 000 à 400 000 habitants, de communes de 40 000 à 150 000 habitants et certains emplois de DGA. 73 % Environ 5 659,97 € bruts
Quatrième niveau Autres emplois administratifs fonctionnels de direction relevant du nouveau classement dans les collectivités d’au moins 40 000 habitants. 65 % Environ 5 039,70 € bruts

Ces montants représentent des plafonds indiciaires. Ils ne constituent pas des rémunérations automatiquement dues. L’autorité territoriale conserve une marge d’appréciation, sous réserve des crédits inscrits au budget et du respect du cadre réglementaire.

Conséquence pratique : le premier travail du service RH consiste à déterminer avec certitude le niveau de l’emploi fonctionnel de référence. Une erreur de classement entraînerait mécaniquement une erreur sur le plafond de rémunération du collaborateur de cabinet.

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5. Le nouveau plafond du régime indemnitaire

La réforme modifie également de manière substantielle le plafond des indemnités versées aux collaborateurs de cabinet.

Avant le 12 juillet 2026, le montant des primes était déterminé par référence aux indemnités effectivement perçues par le fonctionnaire servant de référence. Cette méthode créait une dépendance forte à la situation individuelle du DGS, du DGA ou du cadre le mieux rémunéré.

Désormais, le montant des indemnités du collaborateur de cabinet ne peut excéder 90 % du montant maximal du régime indemnitaire adopté par l’assemblée délibérante pour le cadre d’emplois des administrateurs territoriaux.

Élément Avant la réforme Depuis le 12 juillet 2026
Référence indemnitaire Indemnités réellement versées au fonctionnaire servant de référence. Plafond théorique du régime indemnitaire adopté pour les administrateurs territoriaux.
Effet d’une vacance du poste de DGS Risque d’incertitude ou de modification de la référence. Maintien d’un plafond fondé sur une délibération générale.
Lisibilité budgétaire Dépendance à une situation individuelle. Référence stable et connue de l’assemblée délibérante.
Sécurisation Calcul parfois complexe ou contestable. Calcul plus homogène et plus facilement vérifiable.

Ce changement renforce la stabilité du dispositif. La rémunération du cabinet n’est plus directement affectée par une modification individuelle du régime indemnitaire du directeur général des services.

La collectivité doit toutefois avoir adopté un régime indemnitaire applicable aux administrateurs territoriaux. Lorsque le cadre d’emplois n’est pas présent dans les effectifs, la délibération doit malgré tout définir clairement le plafond servant de référence si la collectivité entend recruter ou rémunérer un collaborateur de cabinet dans le cadre du nouveau dispositif.

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6. La clause de sauvegarde des rémunérations existantes

Le décret prévoit une clause de sauvegarde destinée à éviter qu’un collaborateur déjà en poste subisse une baisse immédiate de sa rémunération du seul fait de l’entrée en vigueur des nouvelles règles.

Lorsque l’application du nouveau taux de plafonnement aboutit à un montant inférieur à la rémunération antérieurement perçue, le collaborateur peut conserver sa rémunération à titre personnel jusqu’au terme de son contrat.

Attention : la clause de sauvegarde ne constitue pas une autorisation générale de maintenir n’importe quelle rémunération. Le service RH doit vérifier que la rémunération antérieure était elle-même régulièrement établie et formaliser le maintien à titre personnel dans un acte explicite.

Cette garantie est attachée au collaborateur et au contrat en cours. Elle ne pourra pas être automatiquement invoquée pour un nouveau recrutement ou pour un nouveau contrat conclu après la fin des fonctions précédentes.

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7. L’articulation avec la réforme de l’encadrement supérieur

Le décret du 10 juillet 2026 ne doit pas être analysé isolément. Il constitue le prolongement de la réforme globale de l’encadrement supérieur territorial.

Cette réforme a modifié le statut des administrateurs territoriaux, reclassé les emplois administratifs fonctionnels de direction en quatre niveaux et créé un nouveau cadre indemnitaire pour les emplois supérieurs des collectivités de plus de 40 000 habitants.

Elle a également conduit, pour certains emplois de direction, à la suppression de dispositifs historiques tels que la nouvelle bonification indiciaire et la prime de responsabilité, remplacés par une architecture indemnitaire renouvelée.

La rémunération des collaborateurs de cabinet est donc désormais reliée à cette nouvelle hiérarchie des emplois de direction. Le niveau de responsabilité reconnu au sommet administratif de la collectivité détermine indirectement le plafond indiciaire applicable à l’entourage politique de l’exécutif.

Lecture stratégique : la réforme tend à rapprocher la rémunération des collaborateurs de cabinet du niveau institutionnel et démographique de la collectivité, plutôt que de la situation personnelle du dirigeant administratif momentanément en poste.

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8. Cas pratiques de calcul

Commune de 75 000 habitants

Dans une commune de 75 000 habitants, l’emploi de directeur général des services relève, en principe, du troisième niveau de la nouvelle classification.

Le plafond indiciaire du collaborateur de cabinet est donc fixé à 73 % de la rémunération correspondant à l’indice majoré 1575.

7 753,39 € × 73 % = 5 659,97 € bruts par mois

Si le plafond annuel du régime indemnitaire adopté pour les administrateurs territoriaux est fixé à 42 000 euros, le plafond indemnitaire annuel du collaborateur de cabinet est calculé comme suit :

42 000 € × 90 % = 37 800 € par an
Métropole de 900 000 habitants

Dans une métropole dont l’emploi de DGS relève du premier niveau, le plafond indiciaire correspond à 90 % de la référence.

7 753,39 € × 90 % = 6 978,05 € bruts par mois

Si le plafond annuel du régime indemnitaire des administrateurs territoriaux est fixé à 60 000 euros, le plafond indemnitaire annuel du directeur de cabinet s’établit à :

60 000 € × 90 % = 54 000 € par an

Ces exemples illustrent la nécessité de distinguer clairement le traitement indiciaire et le régime indemnitaire. Chacun est soumis à son propre plafond et doit être contrôlé séparément.

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9. Les plafonds d’effectifs des cabinets territoriaux

La réforme de la rémunération ne modifie pas, à elle seule, le nombre maximal de collaborateurs pouvant être recrutés. Les effectifs de cabinet demeurent encadrés selon la population de la collectivité ou le nombre d’agents employés par l’établissement public.

Type de structure Critère Nombre maximal indicatif
Commune Moins de 20 000 habitants 1 collaborateur
Commune De 20 000 à 40 000 habitants 2 collaborateurs
Commune De 40 001 à 400 000 habitants Plafond progressif selon les tranches de population
Région Moins de 500 000 habitants 5 collaborateurs
Région Plus de 500 000 habitants 5 collaborateurs, complétés selon les tranches de population
Département Entre 850 001 et 1 000 000 d’habitants 9 collaborateurs
Établissement public local Moins de 200 agents 1 collaborateur
Établissement public local 200 agents et plus 2 collaborateurs

Le recrutement ne peut intervenir que si les crédits correspondants ont été inscrits au budget. L’organe délibérant doit disposer d’une information claire sur les effectifs et les crédits affectés au cabinet.

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10. La fin des fonctions et les indemnités éventuelles

Les collaborateurs de cabinet sont des agents contractuels de droit public dont les fonctions sont directement liées au mandat de l’autorité territoriale.

Lorsque le contrat prend fin en raison de l’expiration normale du mandat ou de la fin des fonctions de l’autorité territoriale, cette échéance correspond au terme prévu de la relation contractuelle. Elle n’ouvre pas automatiquement droit à une indemnité spécifique de fin de fonctions.

Le collaborateur peut toutefois bénéficier de l’assurance chômage s’il remplit les conditions applicables aux agents publics involontairement privés d’emploi.

Lorsqu’une rupture intervient avant le terme dans des conditions pouvant être qualifiées de licenciement, l’intéressé peut, selon sa situation et sous réserve des exclusions réglementaires, bénéficier de l’indemnité de licenciement prévue pour les agents contractuels territoriaux.

Les fonctionnaires placés en détachement ou en disponibilité pour occuper un emploi de cabinet relèvent d’un régime différent. Ils ont vocation à être réintégrés dans leur corps ou cadre d’emplois d’origine et ne bénéficient pas, au titre de leur qualité de fonctionnaire, d’une indemnité de licenciement liée à la fin de leurs fonctions de cabinet.

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11. L’interdiction du recrutement familial

Le Code général de la fonction publique interdit à une autorité territoriale de recruter au sein de son cabinet certains membres de sa famille proche.

Sont notamment concernés le conjoint, le partenaire lié par un pacte civil de solidarité, le concubin, les parents et enfants de l’autorité territoriale ainsi que certains proches de son conjoint ou partenaire.

Un recrutement effectué en violation de cette interdiction entraîne la cessation de plein droit du contrat. L’autorité territoriale peut également être tenue de rembourser personnellement les rémunérations et charges supportées par la collectivité.

Risque pénal : au-delà de la nullité du recrutement, une situation de recrutement familial irrégulier peut être susceptible de caractériser une prise illégale d’intérêts. La vérification du lien familial doit donc intervenir avant la signature de tout contrat.

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12. Les actions à engager par les DRH

Déterminer le niveau exact de l’emploi fonctionnel de référence

La collectivité doit établir une cartographie précise de ses emplois fonctionnels de direction et les confronter à la classification officielle en quatre niveaux. Cette opération détermine le taux de plafonnement indiciaire applicable.

Auditer les contrats et les arrêtés existants

Les services RH doivent recenser les traitements et les indemnités versés à chaque collaborateur de cabinet. Ils doivent vérifier leur conformité avec le nouveau plafond et identifier les situations pouvant relever de la clause de sauvegarde.

Contrôler la délibération relative au régime indemnitaire

Le plafond indemnitaire du collaborateur dépend désormais du montant maximal adopté pour les administrateurs territoriaux. La délibération locale doit donc être suffisamment précise pour constituer une référence fiable et opposable.

Sécuriser les actes individuels

Les contrats, arrêtés de rémunération et décisions de maintien à titre personnel doivent mentionner les bases juridiques et les éléments de calcul utilisés. Une simple référence globale au décret ne suffit pas toujours à garantir la lisibilité du calcul.

Coordonner les services RH, finances et affaires juridiques

La réforme concerne à la fois le statut, la paie, les crédits budgétaires et le contrôle de légalité. Sa mise en œuvre doit donc être pilotée conjointement par les services RH, les finances, la direction générale et le service juridique.

Préparer les contrôles externes

Les chambres régionales des comptes et les services préfectoraux pourront vérifier la régularité des plafonds, l’inscription budgétaire des crédits, le nombre de collaborateurs recrutés et la conformité des actes individuels.

Conseil opérationnel : chaque dossier de collaborateur de cabinet devrait comporter une fiche de calcul normalisée retraçant le niveau de référence, le taux applicable, l’indice retenu, le plafond indemnitaire, la délibération correspondante et, le cas échéant, l’application de la clause de sauvegarde.

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13. Conclusion

Le décret du 10 juillet 2026 transforme sensiblement le régime de rémunération des collaborateurs de cabinet territoriaux.

Dans les collectivités d’au moins 40 000 habitants, le traitement indiciaire est désormais relié à une référence nationale modulée selon le niveau de classement de l’emploi fonctionnel de direction. Le régime indemnitaire dépend, quant à lui, du plafond adopté localement pour les administrateurs territoriaux.

Cette nouvelle architecture renforce la stabilité et la lisibilité du dispositif. Elle réduit la dépendance aux choix individuels de rémunération du DGS ou du cadre qui servait auparavant de référence.

Elle impose cependant une mise à jour rapide des pratiques locales. Les collectivités doivent sécuriser le classement de leurs emplois, auditer les contrats existants, contrôler leurs délibérations indemnitaires et formaliser les éventuelles clauses de sauvegarde.

Pour les DRH territoriaux, l’enjeu ne se limite donc pas à recalculer un plafond. Il consiste à garantir la cohérence juridique, budgétaire et politique de la rémunération des cabinets dans le nouveau paysage de l’encadrement supérieur territorial.

Par Pascal NAUD
Président fondateur de NAUDRH.COM
Expert en ressources humaines territoriales, dialogue social et management public
Contact : naudrhexpertise@gmail.com

 

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12 juillet 2026 7 12 /07 /juillet /2026 22:37

 

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Un agent public qui forme ses collègues peut-il percevoir une rémunération supplémentaire ? Pas nécessairement. Dans une décision du 10 juillet 2026, le Conseil d’État rappelle qu’une activité de formation intégrée aux fonctions et attributions normales d’un agent ne constitue pas une activité accessoire ouvrant droit, à ce titre, à une rémunération spécifique.

La décision n° 511387 du Conseil d’État apporte une clarification particulièrement utile pour les services de ressources humaines. Elle conduit à regarder moins la nature apparente de l’activité — ici une action de formation — que sa place réelle dans les missions confiées à l’agent.

Pour les employeurs territoriaux, la décision ne doit toutefois pas être transposée mécaniquement. Le litige concernait des inspecteurs divisionnaires experts de la direction générale des finances publiques et reposait notamment sur un arrêté propre aux ministères économiques et financiers. Le raisonnement retenu par le Conseil d’État sur la distinction entre missions normales et activité accessoire présente néanmoins un intérêt évident pour la gestion RH territoriale.

1. Pourquoi les agents réclamaient-ils une indemnisation ?

L’affaire concernait plusieurs inspecteurs divisionnaires experts de la direction générale des finances publiques. Ils contestaient une instruction administrative selon laquelle les actions de formation faisant partie des missions de l’agent n’avaient pas vocation à être rémunérées séparément.

L’instruction précisait notamment qu’un agent ayant, parmi les missions définies dans sa doctrine d’emploi, sa lettre de mission ou sa fiche de poste, celle d’animer des sessions de formation en lien avec ses fonctions ne pouvait pas être rémunéré pour les prestations relevant de son propre domaine d’expertise.

Les requérants estimaient, au contraire, que certaines interventions pouvaient conserver le caractère d’une activité accessoire et ouvrir ainsi droit à indemnisation.

2. Le Conseil d’État pose un principe clair

Une activité de formation qui fait partie des fonctions et attributions de l’agent ne peut pas être regardée comme une activité accessoire.

Le Conseil d’État rappelle que le régime de rémunération invoqué ne concerne que les activités de formation réalisées à titre accessoire.

Dès lors qu’une action de formation appartient aux fonctions normalement exercées par l’agent, elle ne peut plus être qualifiée d’activité accessoire au seul motif qu’elle consiste à transmettre un savoir ou une expertise à d’autres agents.

Autrement dit, la nature pédagogique de l’intervention ne suffit pas à ouvrir un droit à rémunération supplémentaire. C’est la place de cette intervention dans les missions de l’agent qui est déterminante.

3. La fiche de poste devient un élément déterminant

Le raisonnement du Conseil d’État accorde une importance particulière à la définition des missions confiées à l’agent. Dans l’affaire jugée, les inspecteurs divisionnaires experts pouvaient notamment être chargés de faire bénéficier d’autres agents de leurs savoirs professionnels au moyen d’actions de formation.

Dès lors que cette transmission de compétences relevait de leurs fonctions, les actions de formation correspondantes devaient être regardées comme exercées dans le cadre normal de leur emploi.

Point de vigilance RH

La décision renforce l’importance de la cohérence entre la fiche de poste, la lettre de mission, les fonctions réellement exercées et le régime de rémunération retenu. Une collectivité ne devrait donc pas traiter la question de la rémunération d’une formation sans examiner préalablement si cette activité appartient déjà aux missions normales de l’agent.

4. Une pratique administrative ne crée pas un droit à rémunération

Les requérants faisaient également valoir qu’ils avaient continué à percevoir pendant plusieurs années une rémunération pour certaines actions de formation.

Le Conseil d’État rejette nettement cet argument. Une pratique administrative, même prolongée dans le temps, ne permet pas à un agent de revendiquer un droit à rémunération ou à indemnité qui ne résulte pas des textes légalement applicables.

Cet aspect de la décision dépasse la seule question des formations. Il rappelle une règle classique mais essentielle en gestion publique : une habitude de gestion ne constitue pas, à elle seule, un fondement juridique permettant de maintenir un avantage indemnitaire.

5. Le principe d’égalité ne modifie pas la solution

Les agents invoquaient également une différence de traitement entre plusieurs catégories d’agents susceptibles de participer à des formations.

Là encore, le Conseil d’État écarte l’argument. Le critère déterminant n’est ni le corps d’appartenance, ni le grade, ni la filière professionnelle. Ce qui importe est de savoir si l’activité de formation est réalisée à titre accessoire ou si elle appartient déjà aux attributions normales de l’agent.

Le Conseil d’État considère ainsi que la règle s’applique indépendamment du statut ou du positionnement professionnel de l’agent dès lors que l’animation des formations fait partie de ses fonctions.

6. Quels enseignements pour les DRH territoriaux ?

Attention à la transposition à la FPT

Cette décision concerne des agents de la DGFiP et mobilise notamment un arrêté propre aux ministères économiques et financiers. Elle ne peut donc pas être transposée automatiquement, dans tous ses aspects, à la fonction publique territoriale.

Son raisonnement présente néanmoins un intérêt pratique important pour les collectivités territoriales. Dans de nombreuses structures, des agents expérimentés sont amenés à former leurs collègues, accompagner les nouveaux arrivants, intervenir dans des formations internes ou transmettre une expertise technique particulière.

La question ne doit donc pas être abordée à partir d’un raisonnement automatique selon lequel toute intervention de formation justifierait une rémunération supplémentaire. Il convient au contraire d’identifier précisément si cette activité constitue une mission normale de l’emploi ou une activité distincte exercée à titre accessoire.

Cette distinction suppose également d’examiner la réalité des fonctions. Une simple mention ajoutée à une fiche de poste ne saurait, à elle seule, régler toutes les difficultés si elle ne correspond pas aux missions réellement confiées à l’agent.

7. Ce que l’employeur territorial doit vérifier concrètement

Avant de décider qu’une intervention de formation peut ou non donner lieu à une rémunération particulière, le service RH doit d’abord identifier précisément les fonctions de l’agent. La fiche de poste, la lettre de mission et les autres documents définissant ses attributions constituent des éléments importants, mais ils doivent correspondre à la réalité du poste.

Il convient ensuite de distinguer les formations directement liées aux responsabilités professionnelles normales de l’agent des interventions réellement extérieures ou complémentaires à son activité habituelle.

Enfin, toute rémunération spécifique doit reposer sur un fondement juridique identifiable. Une pratique ancienne, un accord informel ou une habitude de service ne suffisent pas à créer un droit indemnitaire.

À retenir

Le Conseil d’État invite les employeurs publics à raisonner à partir d’une question simple : la formation constitue-t-elle une mission normale de l’agent ou une activité réellement accessoire ?

C’est cette qualification juridique, et non le seul fait d’intervenir comme formateur, qui conditionne l’analyse du droit à rémunération.

Une décision qui invite à sécuriser les pratiques RH

Cette décision ne bouleverse pas le droit applicable mais elle fournit un rappel particulièrement utile à un moment où les collectivités développent les formations internes, le tutorat, la transmission des savoirs et les dispositifs de professionnalisation entre pairs.

Pour les DRH territoriaux, l’enjeu consiste donc moins à déterminer si l’agent « fait de la formation » qu’à identifier dans quel cadre juridique cette formation est réalisée. Lorsque transmettre son expertise appartient déjà à ses fonctions, la qualification d’activité accessoire devient difficile à soutenir.

La sécurisation passe ainsi par une définition cohérente des missions, une vérification de la réalité des fonctions et l’identification du fondement juridique exact de toute rémunération supplémentaire.

Mon opinion

Cette décision est particulièrement intéressante pour les DRH parce qu’elle oblige à regarder au-delà de l’intitulé « formation ». Le véritable sujet est la frontière entre mission normale et activité accessoire rémunérable. Pour les collectivités, le risque se situe notamment dans des fiches de poste trop imprécises ou, à l’inverse, artificiellement modifiées pour intégrer une activité et éviter son indemnisation. La bonne pratique consiste donc à sécuriser simultanément les missions écrites, la réalité des fonctions exercées et le fondement juridique de toute rémunération accessoire.

L'auteur

Pascal NAUD
Président fondateur de NAUDRH.COM
Expert en ressources humaines territoriales, droit de la fonction publique et management public

naudrhexpertise@gmail.com

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Décision n° 511387 10 juillet 2026 Conseil d'État

 

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23 juin 2026 2 23 /06 /juin /2026 21:24

 

 

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La transparence salariale va-t-elle bouleverser la gestion des rémunérations dans les collectivités territoriales ?

 

Derrière cette question, de nombreux DRH, DGS, responsables RH, juristes territoriaux et élus employeurs cherchent aujourd’hui à comprendre les conséquences concrètes de la directive européenne (UE) 2023/970 sur l’égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes.

 

Cette réforme ne se limite pas à une nouvelle obligation de reporting. Elle interroge directement la cohérence des régimes indemnitaires, la justification des écarts de rémunération, les pratiques de recrutement, la cotation des postes, la qualité des données RH, le dialogue social et l’attractivité des employeurs publics territoriaux.

 

Pour les collectivités territoriales, le sujet est stratégique. Il ne s’agit pas seulement de respecter une future contrainte juridique, mais de démontrer que les différences de rémunération reposent sur des critères objectifs, transparents et non discriminatoires.

 

Les salaires des collègues vont-ils devenir publics ?

 

C’est la première inquiétude exprimée dans de nombreuses collectivités. La réponse est non. La directive européenne n’impose pas la publication nominative des rémunérations individuelles des agents publics.

 

Le RGPD continue de protéger les données personnelles. Les agents ne pourront donc pas accéder au salaire exact d’un collègue identifié. En revanche, l’employeur devra être capable de produire des données agrégées, anonymisées et ventilées par sexe afin d’identifier d’éventuels écarts de rémunération entre femmes et hommes pour des emplois comparables.

 

La transparence salariale ne signifie donc pas exposition individuelle des rémunérations. Elle signifie mise en visibilité des écarts structurels susceptibles de révéler une inégalité de traitement.

Point de vigilance

Dans les petites collectivités, l’anonymisation devra être particulièrement soignée. Lorsqu’un groupe d’emplois ne comporte qu’un très faible nombre d’agents, une donnée pourtant agrégée peut parfois permettre une identification indirecte.

Pourquoi la transparence salariale dépasse-t-elle l’égalité femmes-hommes ?

Réduire la transparence salariale à un simple sujet d’égalité professionnelle serait une erreur. La directive agit comme un révélateur de l’ensemble du système de rémunération.

 

Dans les collectivités territoriales, une part importante des différences de rémunération ne provient pas du traitement indiciaire, mais du régime indemnitaire, des groupes de fonctions, des sujétions particulières, des responsabilités exercées, des négociations de recrutement ou encore des pratiques historiques.

 

La question centrale devient donc la suivante : la collectivité est-elle capable d’expliquer objectivement pourquoi deux agents occupant des emplois comparables ne perçoivent pas le même niveau de rémunération globale ?

 

Cette interrogation concerne directement le RIFSEEP, l’IFSE, les compléments indemnitaires, les emplois fonctionnels, les agents contractuels, les filières historiquement moins valorisées et les métiers en tension.

Ce que gagne la collectivité

Une politique de rémunération lisible, documentée et objectivée renforce la sécurité juridique, améliore le dialogue social et devient un véritable levier d’attractivité dans un contexte de concurrence croissante entre employeurs publics.

Où en est la transposition française ?

La directive européenne (UE) 2023/970 fixe un cadre ambitieux, mais les textes français d’application spécifiques à la fonction publique ne sont pas encore tous publiés. Cette précision est essentielle.

 

Les principes sont connus : transparence des rémunérations, information des candidats, interdiction de demander l’historique salarial, accès à certaines données agrégées, justification des écarts et renforcement des droits en cas de discrimination salariale.

 

En revanche, les modalités précises applicables aux employeurs publics territoriaux devront être clarifiées par les textes nationaux. Les collectivités doivent donc éviter les affirmations trop définitives sur les procédures exactes, tout en engageant dès maintenant les travaux préparatoires.

À retenir

L’absence de décrets d’application complets ne doit pas conduire à l’inaction. Les collectivités qui attendront le dernier moment risquent de devoir traiter dans l’urgence des sujets lourds : données RH, cotation des postes, justification des écarts, dialogue social et impact budgétaire.

Peut-on encore demander l’historique salarial d’un candidat ?

 

La directive interdit à l’employeur de demander à un candidat son niveau de rémunération antérieur. Cette évolution est majeure pour les collectivités territoriales, notamment lors du recrutement d’agents contractuels, de cadres expérimentés ou de profils issus du secteur privé.

 

La logique est claire : une rémunération future ne doit pas reproduire une éventuelle inégalité passée. Elle doit être construite à partir du poste proposé, des responsabilités exercées, des compétences attendues, de l’expérience utile et des règles internes de rémunération.

 

La pratique consistant à demander la dernière fiche de paie comme base de négociation devra donc être abandonnée. Elle expose l’employeur à un risque juridique et entretient des écarts qui peuvent devenir difficiles à justifier.

Bonne pratique

La collectivité devrait formaliser une grille interne de détermination de la rémunération à l’embauche, notamment pour les contractuels. Cette grille doit reposer sur le niveau de responsabilité, la rareté des compétences, l’expérience utile et la cohérence avec les agents déjà en poste.

Comment définir un travail de valeur égale ?

La notion de travail de valeur égale constitue l’un des points les plus sensibles de la directive. Elle impose de dépasser les intitulés de postes, les filières et les habitudes de gestion pour analyser la réalité des responsabilités exercées.

 

Deux emplois peuvent être considérés comme de valeur comparable s’ils exigent des qualifications, des efforts, des responsabilités et des conditions de travail équivalents. Cela signifie qu’une comparaison peut être pertinente entre des métiers différents, dès lors que leur niveau de responsabilité, de contrainte ou d’expertise est comparable.

 

Dans une collectivité territoriale, cela peut conduire à rapprocher des fonctions qui, historiquement, n’étaient jamais comparées : une responsable RH, une responsable financière, une responsable de service technique, une responsable informatique ou une coordinatrice d’établissement.

 

Cette évolution va renforcer l’intérêt des démarches de cotation des postes, de cartographie des emplois et de pesée des responsabilités.

Exemple concret

Une collectivité qui attribue une IFSE nettement supérieure à un poste technique masculinisé par rapport à un poste administratif féminisé de responsabilité équivalente devra être capable d’expliquer la différence par des critères objectifs. À défaut, l’écart pourrait être contesté.

Qu’est-ce que l’inversion de la charge de la preuve ?

 

L’inversion de la charge de la preuve est l’un des changements les plus structurants pour les employeurs publics. Lorsqu’un agent met en évidence un écart de rémunération susceptible de révéler une discrimination, il appartiendra à l’employeur de démontrer que cet écart repose sur des critères objectifs, pertinents et non discriminatoires.

 

Cette évolution renforce considérablement l’exigence de traçabilité. La collectivité ne devra pas seulement avoir pris une décision juste. Elle devra être capable de prouver pourquoi cette décision a été prise, sur quels critères elle repose et en quoi elle est cohérente avec la politique de rémunération de l’organisation.

 

Les décisions relatives à l’IFSE, aux recrutements, aux promotions, aux avancements, aux changements de fonctions et aux régimes indemnitaires devront être mieux documentées.

Question que doit se poser un DRH

Si un agent ou un juge administratif demandait demain pourquoi deux postes comparables bénéficient de niveaux indemnitaires différents, la collectivité sera-t-elle capable de produire immédiatement une justification claire, objective et documentée ?

Que se passe-t-il en cas d’écart supérieur à 5 % ?

La directive prévoit qu’un écart de rémunération d’au moins 5 % entre femmes et hommes, lorsqu’il n’est pas justifié par des critères objectifs, doit conduire l’employeur à engager une démarche d’analyse et de correction.

 

Il convient toutefois de rester prudent. Les modalités précises applicables aux employeurs publics français dépendront des textes de transposition et des décrets d’application encore attendus.

 

Le principe général est néanmoins clair : un écart significatif ne pourra plus rester sans explication. Il devra être analysé, justifié ou corrigé. Pour les collectivités, cette exigence peut avoir des conséquences budgétaires importantes si des régularisations indemnitaires deviennent nécessaires.

Ce que risque la collectivité

Une collectivité qui découvre tardivement des écarts indemnitaires injustifiés peut être confrontée à un triple risque : contentieux individuel, tension sociale collective et coût budgétaire de correction non anticipé.

Quels risques pour les collectivités territoriales ?

Le premier risque est juridique. Les contentieux relatifs à l’égalité de rémunération pourraient devenir plus fréquents, en particulier lorsque les décisions indemnitaires sont insuffisamment motivées ou documentées.

 

Le deuxième risque est budgétaire. La correction d’écarts anciens peut représenter un coût significatif, surtout lorsque plusieurs groupes d’emplois sont concernés.

 

Le troisième risque est social. Plus les agents auront accès à des informations agrégées sur les rémunérations, plus ils demanderont des explications sur les différences constatées.

 

Le quatrième risque concerne l’attractivité. Une collectivité incapable d’expliquer sa politique salariale peut voir sa marque employeur fragilisée, notamment auprès des jeunes générations, très sensibles à l’équité et à la transparence.

 

Les 15 questions que les agents territoriaux vont bientôt poser à leur DRH

L’arrivée progressive des obligations de transparence salariale va modifier les attentes des agents vis-à-vis de leur employeur. Dans de nombreuses collectivités, les services RH devront répondre à des interrogations nouvelles, parfois sensibles.

 

Les agents voudront comprendre comment leur rémunération est construite, quels critères déterminent leur IFSE, pourquoi certains postes bénéficient d’un régime indemnitaire supérieur, comment évoluent les rémunérations lors des recrutements et quels écarts existent entre les femmes et les hommes.

 

Les questions les plus fréquentes porteront probablement sur le calcul de la rémunération, les critères d’attribution de l’IFSE, les différences entre postes comparables, les perspectives d’évolution salariale, l’accès à un groupe de fonctions supérieur, les écarts de rémunération entre femmes et hommes, les règles applicables aux contractuels et les recours possibles en cas de désaccord.

Ce que doit anticiper un DRH territorial

La difficulté ne résidera pas uniquement dans la production de statistiques. Elle consistera surtout à développer une capacité d’explication, de pédagogie et de dialogue. Une politique salariale comprise est toujours plus robuste qu’une politique salariale simplement conforme.

Transparence salariale : la feuille de route des collectivités territoriales entre 2026 et 2028

L’année 2026 doit être consacrée à l’état des lieux. Les collectivités ont intérêt à analyser leurs données RH, vérifier la cohérence des groupes de fonctions, identifier les écarts indemnitaires et évaluer la robustesse de leurs critères de rémunération.

 

L’année 2027 devrait permettre d’engager les ajustements nécessaires. Les chantiers prioritaires porteront sur la révision des cotations de postes, la clarification des critères d’attribution de l’IFSE, la sécurisation des recrutements et la préparation du dialogue social.

 

À partir de 2028, les employeurs publics devraient être confrontés à des exigences renforcées de reporting, de justification et de correction des écarts injustifiés.

Ce que gagne la collectivité qui anticipe

Une collectivité qui engage dès maintenant ce travail réduit son exposition au contentieux, améliore la qualité du dialogue social, sécurise sa masse salariale et renforce sa crédibilité auprès des agents comme des candidats.

Transparence salariale : les 10 erreurs qui exposent déjà les collectivités à un risque juridique

 

La première erreur consiste à croire que les grilles indiciaires suffisent à garantir l’égalité de rémunération. Dans les faits, les écarts les plus sensibles proviennent souvent du régime indemnitaire.

 

La deuxième erreur est l’absence de formalisation des critères d’attribution de l’IFSE. Lorsque les montants reposent sur des usages anciens ou des arbitrages non documentés, la justification devient fragile.

 

La troisième erreur tient à l’absence de cotation fiable des postes. Sans méthode d’évaluation des emplois, il devient difficile de démontrer qu’une différence de rémunération est objectivement fondée.

 

La quatrième erreur consiste à laisser subsister des écarts issus de négociations individuelles anciennes sans réexamen régulier.

 

La cinquième erreur est de ne pas conserver les éléments justificatifs des décisions RH. Avec l’inversion de la charge de la preuve, l’absence de traçabilité devient un risque majeur.

 

La sixième erreur est de traiter les contractuels comme un sujet à part, alors que la transparence salariale concernera l’ensemble des rémunérations.

 

La septième erreur consiste à sous-estimer les attentes des agents. Plus la transparence progressera, plus les demandes d’explication augmenteront.

 

La huitième erreur est de produire des indicateurs d’égalité professionnelle sans les exploiter réellement pour piloter la politique RH.

 

La neuvième erreur est de ne pas associer les managers, alors qu’ils seront en première ligne pour expliquer les décisions aux équipes.

 

La dixième erreur est d’attendre les décrets d’application avant d’agir. Les collectivités qui anticipent disposent toujours d’une marge de manœuvre plus importante.

Exemple concret

Une collectivité ayant mis en place le RIFSEEP depuis plusieurs années peut découvrir que certains montants d’IFSE résultent de négociations successives et non d’une véritable logique de cotation. Si ces écarts concernent des emplois comparables, l’employeur devra pouvoir en expliquer précisément les raisons.

Auto-diagnostic : votre collectivité est-elle prête pour la transparence salariale ?

La transparence salariale constitue un test de maturité RH pour les employeurs publics territoriaux. Pour évaluer votre niveau de préparation, il est utile de répondre à une série de questions simples.

 

Gouvernance et stratégie RH

Votre collectivité dispose-t-elle d’une politique de rémunération formalisée et régulièrement actualisée ? Les principes de rémunération sont-ils connus des élus, de la direction générale, des managers et du service RH ? Les critères d’attribution du régime indemnitaire sont-ils suffisamment clairs ? Les enjeux de transparence salariale ont-ils déjà été présentés en comité de direction ? Un pilote a-t-il été identifié pour préparer la mise en conformité ?

 

Cartographie des emplois et cotation des postes

Les fiches de poste sont-elles actualisées ? Les groupes de fonctions reposent-ils sur une méthode d’évaluation identifiable ? Les critères de cotation sont-ils appliqués de manière homogène ? La collectivité peut-elle expliquer pourquoi deux postes bénéficient de niveaux d’IFSE différents ? Les responsabilités réellement exercées sont-elles correctement décrites ?

 

Régime indemnitaire et rémunérations

La collectivité est-elle capable de justifier chaque niveau d’IFSE ? Les écarts indemnitaires entre postes comparables ont-ils été analysés ? Les recrutements récents ont-ils fait l’objet d’un contrôle de cohérence ? Les situations historiquement dérogatoires sont-elles identifiées ? Les modalités de révision du régime indemnitaire sont-elles formalisées ?

 

Égalité professionnelle et analyse des écarts

Les écarts de rémunération entre femmes et hommes sont-ils mesurés régulièrement ? Ces analyses sont-elles exploitées pour orienter les décisions RH ? Les écarts observés sont-ils expliqués et documentés ? Les représentants du personnel sont-ils associés aux réflexions ? Les données RH permettent-elles une analyse fiable par groupes d’emplois comparables ?

 

Recrutement et attractivité

Les offres d’emploi comportent-elles des informations suffisamment précises sur la rémunération ? Les recruteurs sont-ils sensibilisés à l’interdiction de demander l’historique salarial ? Les critères de négociation salariale sont-ils formalisés ? Les écarts entre nouveaux recrutés et agents déjà en poste sont-ils suivis ? La marque employeur intègre-t-elle les enjeux d’équité salariale ?

 

Dialogue social et communication interne

Les organisations syndicales ont-elles été informées des enjeux de transparence salariale ? Les managers savent-ils expliquer les règles de rémunération ? Les agents disposent-ils d’une information claire sur les mécanismes de progression salariale ? La collectivité est-elle prête à répondre à une augmentation des demandes d’explication ? Une stratégie de communication interne a-t-elle été définie ?

 

Sécurisation juridique

La collectivité conserve-t-elle les éléments permettant de justifier ses décisions indemnitaires ? Les critères de promotion et d’avancement sont-ils formalisés ? Les décisions de recrutement sont-elles suffisamment documentées ? Un audit des risques a-t-il déjà été réalisé ? Une méthodologie existe-t-elle pour répondre à une contestation relative à une différence de rémunération ?

 

Résultat de votre auto-diagnostic

Si la majorité des réponses est positive, votre collectivité dispose probablement d’un bon niveau de préparation. Les travaux à engager relèveront principalement de l’ajustement et de la formalisation.

 

Si les réponses positives sont partagées avec des réponses partielles, votre collectivité présente une maturité intermédiaire. Les fondations existent, mais certains chantiers doivent être engagés rapidement.

 

Si les réponses négatives sont majoritaires, il est recommandé de lancer sans attendre un diagnostic approfondi. Les risques concernent alors la sécurité juridique, la cohérence de la politique indemnitaire, le dialogue social et la maîtrise budgétaire.

Votre collectivité est-elle réellement prête pour la transparence salariale ?

NAUDRH.COM prépare un outil d’auto-évaluation complet de la maturité RH face à la transparence salariale, spécialement conçu pour les collectivités territoriales.

Cet outil permettra d’évaluer la conformité des pratiques de recrutement, la robustesse des groupes de fonctions RIFSEEP, les risques liés aux écarts indemnitaires, la qualité des données RH, le niveau de préparation du dialogue social et l’exposition potentielle aux contentieux.

Les abonnés à la veille juridique statutaire analytique RH FPT 24/7 bénéficieront d’un accès prioritaire à cet outil dès sa mise en ligne.

Ce qu’il faut retenir

La transparence salariale ne rendra pas publiques les rémunérations individuelles des agents territoriaux. En revanche, elle obligera progressivement les employeurs publics à démontrer l’équité de leurs pratiques de rémunération.

 

La notion de travail de valeur égale deviendra centrale. Elle conduira les collectivités à comparer des emplois au-delà des filières, des intitulés de poste et des habitudes historiques.

 

L’interdiction de demander l’historique salarial des candidats modifiera les pratiques de recrutement, notamment pour les contractuels et les profils en tension.

 

L’inversion de la charge de la preuve renforcera l’exigence de traçabilité. Les employeurs devront être capables de justifier les décisions de rémunération, de recrutement, de promotion et d’évolution indemnitaire.

 

Les écarts de rémunération injustifiés pourront générer des risques juridiques, budgétaires, sociaux et managériaux importants.

 

Les collectivités qui anticipent disposeront d’un avantage réel. Elles sécuriseront leurs pratiques, renforceront leur marque employeur et transformeront une contrainte réglementaire en levier de modernisation RH.

 

Le regard de NAUDRH.COM

La transparence salariale ne doit pas être abordée comme une simple obligation européenne supplémentaire. Elle annonce un changement profond dans la manière dont les employeurs publics devront piloter, expliquer et justifier leurs politiques de rémunération.

 

Dans les collectivités territoriales, la question ne sera plus seulement de savoir si une rémunération respecte les règles statutaires. Elle sera aussi de savoir si cette rémunération est cohérente, objectivable, explicable et équitable au regard des responsabilités exercées.

 

Les DRH territoriaux qui s’empareront rapidement du sujet pourront en faire un levier de professionnalisation de la fonction RH, de consolidation du dialogue social et de renforcement de l’attractivité publique.

 

À l’inverse, les collectivités qui attendront les derniers textes pour agir risquent de découvrir trop tard des fragilités anciennes, des écarts difficiles à corriger et des tensions internes évitables.

 

Mon opinion : la transparence salariale sera l’un des grands chantiers RH structurants des prochaines années dans la fonction publique territoriale. Les collectivités qui la traiteront uniquement sous l’angle réglementaire passeront à côté de l’essentiel. Celles qui l’utiliseront pour objectiver leurs rémunérations, fiabiliser leurs données RH et renforcer la confiance des agents disposeront d’un avantage durable.

 

 

Par Pascal NAUD
Président, fondateur de NAUDRH.COM
Expert en ressources humaines territoriales, dialogue social et management public
Contact : naudrhexpertise@gmail.com

 

 

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20 juin 2026 6 20 /06 /juin /2026 21:37

 

 

Transparence salariale dans la fonction publique territoriale : ce que les DRH doivent préparer avant 2028

La transparence salariale devient un enjeu majeur pour les collectivités territoriales. Sous l’effet de la directive européenne sur l’égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes, les employeurs publics devront progressivement rendre plus lisibles, plus objectives et plus justifiables leurs politiques de rémunération.

Pour les DRH territoriaux, cette évolution ne se limite pas à une obligation de publication. Elle impose une transformation profonde des pratiques de recrutement, de gestion des contractuels, d’attribution du régime indemnitaire, de dialogue social et de pilotage des données RH.

En résumé : la transparence salariale oblige les collectivités à expliquer pourquoi un agent perçoit telle rémunération, pourquoi un autre agent perçoit davantage ou moins, et sur quels critères objectifs ces écarts reposent.

1. Le cadre juridique de la transparence salariale

La directive européenne sur la transparence salariale vise à renforcer l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes pour un même travail ou un travail de valeur égale.

La France doit adapter son droit interne afin d’intégrer ces nouvelles exigences dans le secteur privé comme dans les trois versants de la fonction publique.

Dans la fonction publique territoriale, cette évolution intervient dans un contexte déjà sensible : progression des écarts indemnitaires entre filières, difficultés d’attractivité, tensions sur les métiers en pénurie, développement du recours aux agents contractuels et exigence croissante d’égalité professionnelle.

Point de vigilance : les collectivités ne pourront plus se contenter d’affirmer que les rémunérations sont conformes au statut. Elles devront démontrer que les écarts reposent sur des critères objectifs, transparents et non discriminatoires.

2. Les nouvelles obligations des employeurs territoriaux

Informer sur la rémunération dès le recrutement

Les collectivités devront communiquer la rémunération prévue ou une fourchette objective dès l’offre d’emploi ou, au plus tard, avant le premier entretien.

Cette information devra intégrer le traitement indiciaire et les composantes indemnitaires stables, notamment l’IFSE lorsque le RIFSEEP est applicable.

Ne plus demander l’historique salarial

Les recruteurs publics ne devront plus interroger un candidat sur ses rémunérations antérieures. Cette interdiction vise à éviter la reproduction des inégalités salariales au fil des mobilités.

La négociation salariale devra donc s’appuyer sur les responsabilités du poste, les compétences attendues, l’expérience utile et la grille interne de cotation de la collectivité.

Supprimer les clauses de confidentialité

Les clauses interdisant à un agent de divulguer sa rémunération n’auront plus leur place dans les contrats ou documents internes. La transparence salariale repose précisément sur la possibilité de comparer, d’interroger et de vérifier les pratiques de rémunération.

Répondre aux demandes d’information des agents

Les agents pourront demander des informations sur leur niveau de rémunération et sur les niveaux moyens de rémunération des agents exerçant un travail de valeur égale, ventilés par sexe.

Les collectivités devront donc être capables de produire des données fiables, anonymisées et juridiquement sécurisées.

3. L’index égalité professionnelle dans la fonction publique territoriale

L’index de l’égalité professionnelle constitue déjà un outil structurant pour les grandes collectivités territoriales. Il concerne notamment les régions, départements, le CNFPT, ainsi que les communes et EPCI de plus de 40 000 habitants gérant au moins 50 agents permanents.

Indicateur Objet
Écart de rémunération des fonctionnaires Mesure les écarts entre femmes et hommes à filière et catégorie équivalentes.
Écart de rémunération des contractuels Analyse les écarts entre femmes et hommes parmi les agents contractuels sur emploi permanent.
Écart de taux de promotion Mesure les différences d’accès à l’avancement de grade.
Dix plus hautes rémunérations Observe la part du sexe sous-représenté parmi les plus fortes rémunérations.

La publication de cet index ne doit pas être traitée comme une simple formalité annuelle. Elle constitue une première étape vers une obligation plus large d’explication et de justification des écarts de rémunération.

4. Les chantiers prioritaires pour les DRH

Fiabiliser les données de paie

La transparence salariale suppose des données fiables. Les DRH devront consolider les informations issues du SIRH, de la paie, du rapport social unique et des tableaux de bord internes.

L’analyse devra intégrer le traitement indiciaire, le RIFSEEP, les primes, les astreintes, les heures supplémentaires, les avantages en nature et les autres éléments récurrents de rémunération.

Cartographier les emplois de valeur égale

La comparaison ne se limitera pas aux intitulés de poste ou aux cadres d’emplois. Deux postes différents pourront être considérés comme de valeur égale s’ils exigent des compétences, des responsabilités, des efforts et des conditions de travail comparables.

Cette logique est essentielle dans les collectivités, où certaines filières fortement féminisées peuvent être moins bien indemnisées que d’autres filières plus masculinisées, alors même que les contraintes et responsabilités sont équivalentes.

Sécuriser le RIFSEEP

Le RIFSEEP sera au cœur des contrôles et des contestations potentielles. Les groupes de fonctions, les critères d’IFSE et les modalités d’attribution du CIA devront être suffisamment précis, transparents et vérifiables.

Risque juridique : une attribution indemnitaire fondée sur l’habitude, la négociation individuelle ou une appréciation insuffisamment documentée pourra être contestée plus facilement.

Moderniser les recrutements

Les offres d’emploi devront être plus claires sur les rémunérations proposées. Les trames d’entretien devront être modifiées pour supprimer toute question sur l’historique salarial du candidat.

Cette évolution peut devenir un levier d’attractivité si elle est assumée comme un élément de marque employeur.

Accompagner les managers

La transparence salariale peut générer des incompréhensions si elle n’est pas accompagnée. Les encadrants devront être formés à expliquer les composantes de la rémunération, les critères d’avancement, les règles indemnitaires et les marges de manœuvre réelles de la collectivité.

5. Les risques RH, sociaux et contentieux

La transparence salariale expose les collectivités à plusieurs risques.

Le premier est contentieux. Les agents contractuels pourront plus facilement invoquer le principe d’égalité pour contester leur rémunération, notamment lorsqu’ils exercent des fonctions comparables à celles d’autres agents mieux rémunérés.

Le deuxième est social. La publication de données ou la communication de moyennes salariales peut révéler des écarts jusqu’ici peu visibles. Sans pédagogie, ces informations peuvent alimenter un sentiment d’injustice.

Le troisième est managérial. Les managers devront pouvoir expliquer les différences de rémunération sans se réfugier derrière des réponses vagues ou purement administratives.

La vraie question n’est pas seulement : “Combien gagne chaque agent ?” La vraie question devient : “Pourquoi cet écart existe-t-il, et peut-il être juridiquement justifié ?”

6. FAQ pratique

La transparence salariale signifie-t-elle que chaque agent connaîtra le salaire nominatif de ses collègues ?

Non. Les données individuelles nominatives restent protégées. La transparence repose sur des données agrégées, anonymisées et comparables par groupes de postes de valeur égale.

Un agent contractuel pourra-t-il contester sa rémunération ?

Oui. Un agent contractuel pourra invoquer le principe d’égalité s’il estime percevoir une rémunération injustifiée au regard de fonctions comparables.

La collectivité pourra-t-elle encore négocier librement avec un contractuel ?

Oui, mais cette négociation devra être encadrée par des critères objectifs : niveau de responsabilité, diplôme, expérience utile, technicité, rareté du profil et contraintes du poste.

Faut-il afficher le salaire dans toutes les offres d’emploi ?

La logique de la directive impose d’informer le candidat sur la rémunération prévue ou la fourchette applicable dès le recrutement. Pour les collectivités, anticiper cette pratique constitue déjà un signal fort d’attractivité.

Le RIFSEEP est-il concerné ?

Oui. L’IFSE et le CIA constituent des éléments majeurs de rémunération. Leur attribution devra être objectivée, traçable et cohérente avec les fonctions réellement exercées.

7. Feuille de route opérationnelle

Lancer un audit blanc des écarts de rémunération

Les collectivités doivent analyser les écarts par sexe, catégorie, filière, cadre d’emplois, groupe de fonctions, statut et type de poste. L’objectif est d’identifier les zones de risque avant l’entrée en vigueur complète des nouvelles obligations.

Réviser la délibération RIFSEEP

Les critères de classement dans les groupes de fonctions et de modulation indemnitaire doivent être clarifiés. Une délibération imprécise fragilise la collectivité.

Créer une grille de rémunération des contractuels

Les rémunérations des agents contractuels doivent être encadrées par une grille interne transparente, tenant compte des fonctions, qualifications, responsabilités et expériences utiles.

Mettre à jour les procédures de recrutement

Les offres d’emploi, fiches de poste, trames d’entretien et documents de recrutement doivent intégrer les nouvelles exigences de transparence et supprimer toute référence à l’historique salarial.

Former les managers

Les encadrants doivent être préparés à répondre aux interrogations des agents sur la rémunération, les avancements, les primes et les critères d’évolution.

Conclusion

La transparence salariale ouvre une nouvelle étape pour la fonction publique territoriale. Les collectivités devront désormais démontrer que leurs rémunérations reposent sur des critères objectifs, cohérents et non discriminatoires.

Ce chantier peut être perçu comme une contrainte. Il peut aussi devenir une opportunité pour renforcer l’équité interne, améliorer la marque employeur et restaurer la confiance des agents dans les politiques de rémunération.

Pour les DRH territoriaux, le véritable enjeu est d’anticiper. Les collectivités qui attendront l’entrée en vigueur complète des obligations prendront du retard. Celles qui engagent dès maintenant l’audit de leurs pratiques disposeront d’un avantage décisif en matière d’attractivité et de sécurité juridique.

Par Pascal NAUD
Président, fondateur de NAUDRH.COM
Expert en ressources humaines territoriales, dialogue social et management public
Contact : naudrhexpertise@gmail.com

 

 

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20 juin 2026 6 20 /06 /juin /2026 16:51

 

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Chaque revalorisation du SMIC remet sur le devant de la scène une question devenue centrale pour les employeurs publics territoriaux : comment garantir qu’aucun agent ne soit rémunéré en dessous du salaire minimum légal tout en préservant la cohérence des carrières publiques ?

 

Pour répondre à cette obligation, l’État a instauré un mécanisme correcteur : l’indemnité différentielle. Son objectif est légitime et indispensable. Elle permet d’assurer qu’un fonctionnaire ou un agent public perçoive au minimum une rémunération équivalente au SMIC lorsque son traitement indiciaire demeure inférieur au seuil légal.

 

Pourtant, derrière cette protection nécessaire du pouvoir d’achat se cache une réalité beaucoup moins connue. Dans de nombreuses collectivités territoriales, l’indemnité différentielle produit aujourd’hui des effets pervers qui interrogent directement les politiques de rémunération, l’attractivité des métiers publics et la capacité des employeurs à donner du sens aux parcours professionnels.

 

Pour les DRH territoriaux, les DGS, les responsables RH, les gestionnaires carrière-paie et les élus locaux, cette question dépasse largement le simple sujet technique de la paie. Elle constitue désormais un véritable enjeu stratégique de gestion des ressources humaines.

 

Sommaire

1. Pourquoi l’indemnité différentielle devient-elle un sujet majeur pour les collectivités territoriales ?

2. L’écrasement des premiers échelons : un phénomène qui vide progressivement l’avancement de sa portée financière

3. Une perte de lisibilité des parcours professionnels qui fragilise l’attractivité de la fonction publique territoriale

4. Pourquoi certains avancements deviennent financièrement neutres pendant plusieurs années

5. Les conséquences managériales : un risque de démotivation souvent sous-estimé

6. L’indemnité différentielle n’améliore pas les droits à retraite

7. Ce que révèle réellement l’indemnité différentielle : une obsolescence progressive des grilles indiciaires

8. Pourquoi les DRH territoriaux doivent surveiller ce phénomène dès aujourd’hui

9. La véritable réponse n’est pas l’augmentation de l’indemnité différentielle

10. Accédez gratuitement à notre simulateur d’impact de l’indemnité différentielle

11. Ce qu’il faut retenir

12. Le regard de naudrh.com

Pourquoi l’indemnité différentielle devient-elle un sujet majeur pour les collectivités territoriales ?

 

L’augmentation régulière du SMIC depuis plusieurs années a progressivement réduit les écarts entre les premiers niveaux de rémunération de la fonction publique et le salaire minimum légal. Cette évolution touche en priorité les agents de catégorie C situés au début de leur parcours professionnel, mais elle peut également concerner certains agents contractuels rémunérés par référence aux indices les plus bas.

 

Dans certains grades, plusieurs échelons successifs peuvent se retrouver concernés par le versement de l’indemnité différentielle. À court terme, ce dispositif protège efficacement le pouvoir d’achat des agents. À moyen terme, il met toutefois en lumière une difficulté beaucoup plus profonde : l’affaiblissement progressif de la valeur financière des premiers échelons de carrière.

 

Cette évolution n’est pas anodine. Elle modifie profondément la perception que les agents peuvent avoir de leur progression professionnelle, de la reconnaissance de leur expérience et de l’attractivité réelle de leur employeur public.

À retenir : l’indemnité différentielle protège le pouvoir d’achat immédiat, mais elle ne revalorise pas la grille indiciaire. Lorsqu’elle concerne durablement plusieurs échelons d’un même grade, elle devient le symptôme d’un décrochage entre les rémunérations statutaires et l’évolution du SMIC.

L’écrasement des premiers échelons : un phénomène qui vide progressivement l’avancement de sa portée financière

 

Historiquement, la progression d’échelon constituait l’une des traductions les plus visibles de la reconnaissance professionnelle dans la fonction publique. L’agent gagnait en expérience, progressait dans son grade et constatait une augmentation de sa rémunération. Ce mécanisme simple participait à la motivation individuelle et à la lisibilité des carrières.

 

Aujourd’hui, cette logique est parfois remise en cause. Lorsqu’un agent bénéficie d’une indemnité différentielle, une hausse de traitement indiciaire peut être intégralement compensée par une baisse équivalente de cette indemnité. Dans ce cas, la rémunération globale demeure identique malgré l’avancement.

 

L’agent progresse juridiquement dans sa carrière, mais ne constate aucun effet concret sur son salaire. Pour les professionnels des ressources humaines, cette situation constitue l’un des phénomènes les plus préoccupants observés sur les bas niveaux de rémunération de la fonction publique territoriale.

Exemple concret : un adjoint administratif territorial bénéficiant d’une indemnité différentielle de 50 euros par mois accède à l’échelon supérieur. Cette progression génère une augmentation indiciaire de 22 euros mensuels. L’indemnité différentielle diminue alors de 22 euros. La rémunération totale reste donc identique. Pour l’agent, l’avancement existe sur le papier, mais disparaît totalement sur le bulletin de salaire.

Une perte de lisibilité des parcours professionnels qui fragilise l’attractivité de la fonction publique territoriale

 

Les employeurs territoriaux consacrent des moyens importants à la fidélisation des agents, au développement des compétences et à la valorisation des parcours professionnels. Or, lorsqu’un agent progresse dans sa carrière sans percevoir d’amélioration visible de sa rémunération, le message envoyé devient particulièrement difficile à comprendre.

 

Les services RH sont de plus en plus confrontés à des interrogations d’agents qui peinent à saisir pourquoi leur changement d’échelon, pourtant officiellement acté, ne produit aucun effet financier. Cette situation peut progressivement alimenter un sentiment de stagnation salariale, voire une forme de déclassement professionnel.

 

Pour les jeunes générations, particulièrement attentives aux perspectives d’évolution et à la reconnaissance de leur engagement, cette absence de visibilité constitue un facteur de fragilisation supplémentaire de l’attractivité de la fonction publique territoriale. Dans un contexte de concurrence accrue avec le secteur privé, cet enjeu devient stratégique.

 

Pourquoi certains avancements deviennent financièrement neutres pendant plusieurs années

 

L’un des effets les plus méconnus de l’indemnité différentielle réside dans le ralentissement de l’impact financier réel des avancements. Tant que l’agent demeure bénéficiaire du dispositif, les augmentations indiciaires successives servent d’abord à réduire progressivement le montant de l’indemnité versée.

 

Autrement dit, les gains liés aux premiers avancements ne se traduisent pas immédiatement par une augmentation du revenu global. Dans certaines situations, plusieurs années peuvent être nécessaires avant que les progressions indiciaires produisent enfin un effet visible sur la rémunération.

 

Cette réalité remet en question l’un des fondements historiques du système de carrière de la fonction publique : la corrélation entre progression professionnelle et progression salariale.

Point de vigilance : un avancement d’échelon ne constitue plus automatiquement un levier de reconnaissance financière pour les agents concernés par l’indemnité différentielle. Les DRH doivent donc éviter de présenter ces avancements comme des gains de pouvoir d’achat lorsqu’ils sont neutralisés par la baisse du complément différentiel.

Les conséquences managériales : un risque de démotivation souvent sous-estimé

Les impacts de l’indemnité différentielle ne sont pas uniquement financiers. Ils sont également psychologiques et managériaux. Dans les collectivités, les encadrants de proximité se retrouvent parfois confrontés à des agents qui ne comprennent plus la logique de leur évolution de carrière.

 

Lorsque plusieurs avancements successifs ne produisent aucun effet concret sur la rémunération, la progression professionnelle perd une partie de sa valeur symbolique. Cette situation peut générer une baisse de motivation, une diminution du sentiment de reconnaissance et parfois même une remise en question de l’intérêt des parcours professionnels proposés.

 

Pour les managers, il devient alors plus difficile d’utiliser l’avancement comme levier de valorisation des compétences et de l’investissement professionnel. Pour les DRH, le sujet doit être traité avec pédagogie, transparence et anticipation afin d’éviter qu’il ne devienne un facteur d’incompréhension sociale.

 

L’indemnité différentielle n’améliore pas les droits à retraite

 

Un autre aspect mérite une attention particulière. L’indemnité différentielle ne modifie pas l’indice détenu par le fonctionnaire. Pour les agents affiliés à la CNRACL, la pension demeure calculée sur le traitement indiciaire détenu durant les six derniers mois de carrière.

 

L’indemnité différentielle ne crée donc aucun droit supplémentaire à pension. Elle n’améliore pas le niveau futur de retraite et ne compense en rien les limites structurelles des grilles indiciaires. Elle constitue exclusivement un mécanisme temporaire de correction salariale destiné à respecter le niveau du SMIC.

Conséquence pratique : l’indemnité différentielle améliore la rémunération immédiate, mais elle ne transforme pas la carrière indiciaire de l’agent. Elle ne doit donc pas être confondue avec une revalorisation statutaire.

Ce que révèle réellement l’indemnité différentielle : une obsolescence progressive des grilles indiciaires

 

Le véritable enseignement de cette situation dépasse largement la seule question de la rémunération. Lorsque plusieurs échelons d’un même grade nécessitent une indemnité différentielle pour atteindre le niveau du SMIC, cela signifie que la grille indiciaire concernée ne joue plus pleinement son rôle.

 

L’indemnité différentielle devient alors le symptôme d’un problème structurel. Elle révèle un décrochage progressif entre les rémunérations statutaires et les réalités économiques contemporaines.

 

 

Ce constat explique pourquoi les pouvoirs publics sont régulièrement contraints de procéder à des opérations de reclassement et de revalorisation des premiers grades de la fonction publique. Sans ces ajustements, le phénomène d’écrasement des grilles continuerait à s’accentuer.

 

Pourquoi les DRH territoriaux doivent surveiller ce phénomène dès aujourd’hui

 

Pour les directions des ressources humaines, l’indemnité différentielle constitue désormais un indicateur particulièrement pertinent de la santé des politiques de rémunération. Les collectivités ont intérêt à identifier précisément le nombre d’agents concernés, les grades les plus exposés et les situations dans lesquelles plusieurs avancements successifs demeurent sans effet financier.

 

Cette analyse permet d’anticiper les risques sociaux, les revendications salariales futures et les difficultés potentielles de recrutement. Elle contribue également à mieux préparer le dialogue social autour des questions d’attractivité et de fidélisation.

 

Les collectivités les plus performantes sont celles qui utilisent ces données pour construire une réflexion globale sur leur marque employeur, leur politique indemnitaire, leur stratégie de recrutement et leur capacité à fidéliser les agents les plus exposés à l’écrasement des grilles indiciaires.

 

La véritable réponse n’est pas l’augmentation de l’indemnité différentielle

 

L’indemnité différentielle demeure indispensable. Sans elle, certains agents publics seraient rémunérés en dessous du SMIC, ce qui serait juridiquement impossible.

 

Cependant, elle ne constitue pas une solution durable aux difficultés rencontrées par les premiers niveaux de carrière. La véritable réponse réside dans la revalorisation structurelle des grilles indiciaires de début de carrière.

 

C’est cette évolution qui permettra de redonner du sens aux avancements, de restaurer la lisibilité des parcours professionnels et de renforcer l’attractivité de la fonction publique territoriale. Dans les prochaines années, cette question pourrait devenir l’un des principaux enjeux statutaires pour les employeurs publics confrontés à des difficultés croissantes de recrutement et de fidélisation.

 

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L’indemnité différentielle protège le pouvoir d’achat des agents publics. Mais savez-vous réellement quels effets elle produit sur les avancements d’échelon, les débuts de carrière et l’attractivité des emplois territoriaux ?

 

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Ce qu’il faut retenir

 

L’indemnité différentielle protège efficacement le pouvoir d’achat des agents publics mais elle révèle également les limites croissantes de certaines grilles indiciaires. Lorsqu’elle concerne durablement plusieurs échelons d’un même grade, elle tend à neutraliser les effets financiers des avancements, à brouiller la perception des parcours professionnels et à fragiliser l’attractivité des débuts de carrière.

 

Pour les DRH territoriaux, le sujet ne doit plus être considéré comme une simple question technique de paie. Il constitue désormais un indicateur stratégique permettant d’évaluer la capacité de la collectivité à attirer, fidéliser et engager durablement ses agents.

 

Le regard de NAUDRH.COM

 

L’indemnité différentielle est devenue le thermomètre silencieux de l’érosion des grilles indiciaires publiques. Plus son recours s’étend, plus elle révèle un décalage entre les mécanismes statutaires historiques et les réalités économiques actuelles.

 

Les collectivités qui anticiperont dès aujourd’hui ces effets seront mieux armées pour répondre aux défis majeurs de demain : pénurie de candidats, concurrence du secteur privé, vieillissement des effectifs et exigences croissantes des nouvelles générations en matière de reconnaissance professionnelle.

 

Mon opinion : l’indemnité différentielle est indispensable, mais elle ne doit pas devenir le cache-misère permanent de grilles indiciaires trop basses. Lorsqu’un agent avance dans sa carrière sans percevoir d’amélioration réelle de sa rémunération, c’est le sens même de l’avancement qui est fragilisé.

 

Par Pascal NAUD
Président, fondateur de NAUDRH.COM
Expert en ressources humaines territoriales, dialogue social et management public
Contact : naudrhexpertise@gmail.com

 

 

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20 juin 2026 6 20 /06 /juin /2026 16:38
Niveau de fiabilité :PÉDAGOGIQUE – EXPERT

Cet outil illustre les effets de l'indemnité différentielle sur les carrières territoriales à partir d'hypothèses paramétrables. Il constitue un support d'analyse RH et d'aide à la décision, mais ne remplace pas une étude statutaire, indiciaire ou de paie individualisée.

Simulateur d’impact de l’indemnité différentielle sur les carrières territoriales.

Ce simulateur permet d’objectiver l’écrasement des premiers échelons, la neutralisation partielle du gain indiciaire et le risque de perte de lisibilité de la carrière, en particulier pour les agents de catégorie C situés au début de leur parcours professionnel.

Important : les grilles C1, C2 et C3 intégrées ci-dessous sont des pré-paramétrages modifiables. Avant toute diffusion opérationnelle, les indices doivent être vérifiés au regard de la grille en vigueur dans la collectivité et de la situation individuelle de l’agent.

1. Paramètres nationaux

2. Grille territoriale

Saisir les indices majorés séparés par des virgules. Exemple : 366,367,368.

3. Projection

Saisir les durées séparées par des virgules. Si une durée manque, le simulateur reprend la dernière durée connue.

⚠️ Fiabilité et limites du simulateur

Ce simulateur est un outil d’aide à la décision RH. Il fournit une estimation indicative destinée à illustrer les effets de l’indemnité différentielle sur la progression de carrière des agents territoriaux.

Les résultats ont une vocation pédagogique et permettent notamment de visualiser l’écrasement éventuel des premiers échelons, la neutralisation du gain indiciaire et les effets du rattrapage par le SMIC.

Il ne constitue ni un bulletin de paie simulé, ni une analyse individuelle opposable. Les résultats doivent être complétés par l’étude de la situation statutaire, indiciaire et indemnitaire réelle de l’agent.

Le simulateur ne prend pas nécessairement en compte l’ensemble des paramètres pouvant influencer la rémunération : temps partiel, NBI, SFT, régime indemnitaire variable, cotisations, rappels, évolution réglementaire, situation individuelle particulière ou délibérations propres à la collectivité.

Les données utilisées doivent être régulièrement mises à jour, notamment concernant la valeur du SMIC, la valeur du point d’indice et les grilles indiciaires applicables.

 

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20 juin 2026 6 20 /06 /juin /2026 14:07

 

 

Rémunération des agents publics en 2026 : point d’indice gelé, indemnité différentielle, primes et pouvoir d’achat

L’année 2026 confirme une tension majeure sur la rémunération des agents publics. Le point d’indice reste gelé, le SMIC progresse, la GIPA disparaît et une indemnité différentielle doit désormais compenser les situations dans lesquelles le traitement indiciaire brut demeure inférieur au salaire minimum.

Pour les employeurs publics, notamment territoriaux, cette situation ne constitue pas seulement un sujet de paie. Elle interroge directement l’attractivité des métiers publics, la reconnaissance des qualifications, la fidélisation des agents et la soutenabilité des politiques indemnitaires locales.

En résumé : en 2026, la rémunération publique repose plus que jamais sur un équilibre fragile entre traitement indiciaire, indemnité différentielle, RIFSEEP, supplément familial de traitement, indemnité de résidence, prestations sociales et politiques locales d’attractivité.

1. Le point d’indice en 2026

La valeur du point d’indice de la fonction publique demeure fixée à 4,92278 € bruts par mois, soit 59,0734 € bruts par an. Cette valeur sert de base au calcul du traitement indiciaire brut des fonctionnaires.

Le traitement brut mensuel s’obtient en multipliant l’indice majoré détenu par l’agent par la valeur mensuelle du point d’indice.

Point de vigilance : le gel prolongé du point d’indice accentue le tassement des grilles, en particulier pour les catégories C et certains débuts de carrière de catégorie B.

2. Les grilles indiciaires et traitements de base

La rémunération indiciaire varie fortement selon la catégorie statutaire, le cadre d’emplois, le grade et l’échelon détenu par l’agent. Les traitements de base restent structurés par les grilles statutaires, auxquelles s’ajoutent ensuite les primes et indemnités.

Catégorie Grade de référence Indice majoré de début Indice majoré maximal Brut début de carrière Brut fin de carrière
C Adjoint administratif 366 432 1 802 € 2 126 €
C Adjoint technique principal 368 486 1 812 € 2 392 €
B Rédacteur territorial 390 576 1 920 € 2 835 €
B Technicien principal 416 614 2 048 € 3 022 €
A Attaché territorial 444 821 2 186 € 4 041 €
A Ingénieur territorial 468 830 2 304 € 4 086 €
A+ Administrateur territorial 590 1015 2 905 € 4 997 €

Ces montants correspondent au traitement indiciaire brut. Ils ne tiennent pas compte des primes, du supplément familial de traitement, de l’indemnité de résidence ou des dispositifs indemnitaires locaux.

3. L’indemnité différentielle liée au SMIC

La progression du SMIC crée une difficulté structurelle pour la fonction publique : certains traitements indiciaires bruts deviennent inférieurs au salaire minimum.

Pour éviter cette situation, une indemnité différentielle est versée aux agents concernés. Elle correspond à la différence entre le montant brut mensuel du SMIC et le traitement indiciaire brut de l’agent, hors primes et indemnités.

Enjeu RH : l’indemnité différentielle protège juridiquement le niveau minimal de rémunération, mais elle révèle aussi le tassement des grilles et l’affaiblissement de la reconnaissance indiciaire des premiers niveaux de carrière.

Ce mécanisme est indispensable pour respecter le minimum légal, mais il ne règle pas le problème de fond : lorsque de nombreux agents sont maintenus artificiellement au niveau du SMIC par une indemnité compensatrice, la lisibilité de la carrière publique s’affaiblit.

4. Primes, RIFSEEP et accessoires de rémunération

Le traitement indiciaire ne représente qu’une partie de la rémunération réelle des agents publics. Dans de nombreuses collectivités, les primes et indemnités constituent un levier essentiel de pouvoir d’achat et d’attractivité.

Le RIFSEEP

Le RIFSEEP repose sur deux composantes principales. L’IFSE tient compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et du niveau de responsabilité. Le CIA permet de valoriser l’engagement professionnel et la manière de servir.

Dans la fonction publique territoriale, le régime indemnitaire reste l’un des rares leviers dont disposent directement les employeurs locaux pour corriger partiellement les effets du gel du point d’indice.

Le supplément familial de traitement

Le supplément familial de traitement est versé aux agents publics ayant des enfants à charge. Il comprend une part fixe et, à partir de deux enfants, une part proportionnelle au traitement brut.

Nombre d’enfants à charge Part fixe brute mensuelle Part proportionnelle
1 enfant 2,29 € Aucune
2 enfants 73,79 € 3 % du traitement brut mensuel
3 enfants 183,56 € 8 % du traitement brut mensuel
Par enfant supplémentaire 130,81 € 6 % du traitement brut mensuel
L’indemnité de résidence

L’indemnité de résidence vise à compenser le coût de la vie dans certaines zones géographiques. Elle représente 3 % du traitement brut en zone 1, 1 % en zone 2 et 0 % en zone 3.

5. Les nouvelles mesures sociales de 2026

L’année 2026 voit également l’entrée en vigueur ou l’évolution de plusieurs mesures sociales intéressant directement les agents publics.

Le congé supplémentaire de naissance

Le congé supplémentaire de naissance bénéficie aux parents d’un enfant né ou accueilli au foyer. Il peut atteindre deux mois, fractionnables en deux périodes d’un mois, et doit être utilisé dans un délai de neuf mois suivant la naissance ou l’accueil de l’enfant.

La rémunération est fixée à 70 % du traitement brut le premier mois, puis 60 % le second mois, sous réserve du respect du délai de prévenance applicable.

La prise en charge des transports collectifs

La participation de l’employeur public aux frais de transports collectifs demeure un élément concret de soutien au pouvoir d’achat, notamment dans les zones urbaines où les frais de déplacement domicile-travail sont élevés.

La revalorisation temporaire des indemnités kilométriques

Les indemnités kilométriques applicables aux déplacements professionnels réalisés avec un véhicule personnel font l’objet d’une revalorisation temporaire en 2026 afin de tenir compte de l’évolution du coût des carburants.

6. La suppression de la GIPA

La Garantie individuelle du pouvoir d’achat, qui permettait de compenser les pertes de pouvoir d’achat liées à une progression indiciaire insuffisante, est supprimée en 2026.

Cette disparition fragilise particulièrement les agents dont la carrière progresse peu ou qui restent longtemps bloqués dans un échelon ou un grade.

Conséquence directe : l’absence de GIPA renforce la pression sur les politiques indemnitaires locales et sur les stratégies d’avancement de grade et de promotion interne.

7. Les leviers d’augmentation salariale individuelle

En l’absence de revalorisation générale du point d’indice, les évolutions salariales reposent principalement sur des mécanismes individuels ou locaux.

L’avancement d’échelon

Il constitue le mécanisme automatique de progression dans la carrière, mais ses effets financiers restent souvent limités.

L’avancement de grade

Il permet d’accéder à un niveau supérieur de responsabilités et de rémunération, sous réserve des conditions statutaires et des ratios définis par la collectivité.

La promotion interne

Elle constitue un levier important de reconnaissance professionnelle, notamment pour les agents expérimentés ayant acquis des compétences supérieures à leur cadre d’emplois initial.

Le concours

Le concours demeure une voie structurante d’évolution statutaire, même si son attractivité doit être réinterrogée dans un contexte de rémunérations publiques sous tension.

Le régime indemnitaire

L’IFSE et le CIA permettent aux employeurs territoriaux d’agir localement, à condition de disposer d’une délibération sécurisée, lisible et soutenable budgétairement.

8. Les enjeux stratégiques pour les employeurs publics

La situation salariale de 2026 met en lumière une difficulté de fond : la fonction publique de carrière repose sur une promesse de progression, de reconnaissance et de stabilité. Or cette promesse devient moins lisible lorsque le point d’indice reste gelé, que les débuts de carrière se rapprochent du SMIC et que les compensations deviennent essentiellement indemnitaires.

Pour les collectivités territoriales, l’enjeu n’est pas seulement financier. Il est aussi managérial. Une politique RH attractive ne peut plus se limiter à la rémunération indiciaire. Elle doit articuler rémunération, conditions de travail, télétravail, protection sociale complémentaire, qualité du management, perspectives d’évolution et reconnaissance des compétences.

Dans ce contexte, les DRH territoriaux doivent construire une stratégie de rémunération globale, capable de concilier équité interne, attractivité externe et soutenabilité budgétaire.

Conclusion

L’année 2026 confirme une tension durable sur les rémunérations publiques. Le gel du point d’indice, la suppression de la GIPA, le recours à l’indemnité différentielle et la progression du SMIC révèlent une fragilisation de la grille indiciaire.

Les employeurs publics ne peuvent pas tout corriger localement. Mais ils disposent encore de leviers : régime indemnitaire, avancement, promotion interne, qualité de vie au travail, protection sociale complémentaire et politique de fidélisation.

Pour les DRH territoriaux, la question centrale n’est plus seulement de calculer la paie. Elle est de redonner du sens à la rémunération publique dans un contexte de forte contrainte budgétaire et de concurrence accrue sur les métiers en tension.

Par Pascal NAUD
Président, fondateur de NAUDRH.COM
Expert en ressources humaines territoriales, dialogue social et management public
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12 juin 2026 5 12 /06 /juin /2026 19:57

 

🚨 Administrateurs territoriaux : une nouvelle grille indiciaire stratégique

Le décret n° 2026-485 du 10 juin 2026 aligne l’échelonnement indiciaire des administrateurs territoriaux sur celui des administrateurs de l’État.

🏛️ Une réforme discrète mais stratégique

Le décret n° 2026-485 du 10 juin 2026 refond intégralement l’échelonnement indiciaire des administrateurs territoriaux.

Derrière un texte très technique se cache une évolution majeure des perspectives de carrière et de rémunération des cadres dirigeants territoriaux.

Cette réforme accompagne la refonte globale de l’encadrement supérieur territorial et s’inscrit dans une volonté d’alignement avec la haute fonction publique de l’État.

📈 Une nouvelle architecture indiciaire

Les administrateurs territoriaux bénéficient désormais d’une grille indiciaire construite selon les mêmes principes que celle des administrateurs de l’État.

Le nouveau cadre d’emplois repose sur trois grades :

-administrateur territorial de premier grade ;

-administrateur territorial de deuxième grade ;

-administrateur territorial de troisième grade.

Un grade transitoire est également créé afin d’accompagner les opérations de reclassement liées à l’entrée en vigueur de la réforme.

💶 Des indices particulièrement élevés

La réforme porte les indices terminaux des administrateurs territoriaux à des niveaux particulièrement élevés.

-Le premier grade culmine à l’indice brut 1 336 ;

-le deuxième grade culmine à l’indice brut 1 806 ;

-le troisième grade culmine à l’indice brut 2 074 ;

-le grade transitoire atteint l’indice brut 2 000.

Ces niveaux indiciaires traduisent une revalorisation significative des perspectives de carrière des cadres dirigeants territoriaux.

🎯 Un enjeu d’attractivité pour les collectivités

Cette évolution ne constitue pas une simple modification de grille.

Elle traduit la volonté de renforcer l’attractivité des fonctions de direction territoriales dans un contexte de concurrence accrue avec la fonction publique de l’État, le secteur privé, les établissements publics nationaux et les grandes collectivités en recherche de profils stratégiques.

L’objectif est clair : reconnaître davantage les responsabilités exercées par les administrateurs territoriaux et rapprocher leur déroulement de carrière de celui des plus hauts cadres publics.

🧭 Ce que les DRH doivent anticiper

Pour les directions des ressources humaines, plusieurs points de vigilance doivent être identifiés dès maintenant.

-Les opérations de reclassement au 1er juillet 2026 ;

-l’impact budgétaire à moyen terme des nouvelles perspectives indiciaires ;

-l’adaptation des politiques de rémunération des cadres dirigeants ;

-la gestion des parcours professionnels et des mobilités ;

-l’articulation avec la réforme globale de l’encadrement supérieur territorial.

La réforme confirme que la haute fonction publique territoriale entre dans une nouvelle phase de professionnalisation, de mobilité et de valorisation des compétences de direction.

💡 Mon analyse

Ce décret est probablement l’un des leviers les plus puissants de la réforme de l’encadrement supérieur territorial.

Au-delà des indices, il envoie un signal politique fort : les collectivités doivent pouvoir attirer et fidéliser des dirigeants de haut niveau dans un environnement de plus en plus concurrentiel.

Cette revalorisation indiciaire devra toutefois être accompagnée d’une véritable stratégie RH, notamment en matière de gestion prévisionnelle des carrières, de politique de rémunération et de sécurisation des reclassements.


Par Pascal NAUD
Président, fondateur de NAUDRH.COM
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11 juin 2026 4 11 /06 /juin /2026 22:19
Gel du point d’indice, smicardisation des grilles et attractivité territoriale : le défi RH majeur de 2026

En 2026, les employeurs territoriaux sont confrontés à une équation RH particulièrement sensible : le gel prolongé du point d’indice, la progression du SMIC, l’extension de l’indemnité différentielle, le tassement des grilles et la pression budgétaire se combinent pour fragiliser l’attractivité de la fonction publique territoriale.

Pour les DRH, DGS et exécutifs locaux, le sujet n’est plus seulement salarial. Il devient stratégique, social, budgétaire et managérial.

1. Le gel du point d’indice et la perte de pouvoir d’achat

La politique salariale nationale de la fonction publique traverse une crise d’attractivité structurelle. Le gel prolongé de la valeur du point d’indice constitue le principal marqueur de cette tension.

La valeur annuelle de l’indice 100 demeure fixée à 5 907,34 €, soit une valeur mensuelle du point d’indice de 4,92278 € bruts. En 2026, aucune revalorisation générale n’est programmée, ce qui conduit à une troisième année consécutive de gel.

Point d’alerte RH : lorsque la valeur du point reste bloquée alors que l’inflation progresse, les agents dont la situation indiciaire n’évolue pas subissent mécaniquement une perte de pouvoir d’achat.

Date d’effet Évolution Contexte
1er février 2017 +0,6 % Mesure de fin de cycle du protocole PPCR
1er juillet 2022 +3,5 % Revalorisation d’urgence face au choc inflationniste
1er juillet 2023 +1,5 % Ajustement complémentaire face à la hausse des prix
2024 à 2026 0 % Gel triennal du point d’indice

La suppression de la Garantie individuelle du pouvoir d’achat, non reconduite en 2025 et 2026, renforce encore ce décrochage, notamment pour les agents de milieu et fin de carrière.

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2. La hausse du SMIC et l’indemnité différentielle

La revalorisation du SMIC au 1er juin 2026 accentue le décrochage entre le salaire minimum légal et le bas des grilles indiciaires de la fonction publique.

En l’absence de relèvement équivalent de l’indice minimum de traitement, certains agents publics se retrouvent avec un traitement indiciaire inférieur au SMIC. Les employeurs publics doivent alors verser une indemnité différentielle.

Cette indemnité est obligatoire, automatique et versée mensuellement. Elle concerne les fonctionnaires titulaires, les stagiaires et les agents contractuels de droit public.

Indice majoré Traitement brut estimé Nouvelle indemnité différentielle mensuelle brute
366 1 801,74 € 65,28 €
367 1 806,66 € 60,36 €
368 1 811,58 € 55,44 €
369 1 816,51 € 50,51 €
370 1 821,43 € 45,59 €
375 1 846,04 € 20,98 €
379 1 865,73 € 1,29 €

Attention : l’indemnité différentielle ne constitue pas du traitement indiciaire. Elle n’est donc pas prise en compte dans les mêmes conditions pour la pension principale CNRACL. Pour les agents concernés, cela peut avoir un effet défavorable à long terme sur les droits à retraite.

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3. Le tassement des grilles et la smicardisation

Le gel du point d’indice, combiné aux hausses successives du SMIC, produit un effet de tassement très marqué des grilles de rémunération.

La hiérarchie salariale entre les agents débutants, les agents expérimentés, les agents de catégorie C et certains agents de catégorie B devient de moins en moins lisible.

Cette situation alimente un sentiment d’iniquité. Un agent ayant réussi un concours, acquis de l’ancienneté ou assumant des responsabilités techniques ou d’encadrement peut percevoir une rémunération de base proche de celle d’un agent nouvellement recruté.

Enjeu managérial : la smicardisation des grilles ne produit pas seulement une difficulté financière. Elle fragilise la reconnaissance professionnelle, décourage les parcours de carrière et rend plus difficile la fidélisation des agents.

Les organisations syndicales revendiquent notamment une revalorisation du point d’indice, son indexation sur l’inflation, l’intégration de points d’indice réels dans le traitement de base et une révision des niveaux d’entrée dans les catégories C, B et A.

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4. Les leviers locaux de rémunération

Les collectivités territoriales ne disposent pas de marge de manœuvre sur la valeur du point d’indice ni sur la structure nationale des grilles. Elles peuvent toutefois agir sur plusieurs leviers RH locaux.

Levier RH Mécanisme Impact possible Décisionnaire
Avancement d’échelon Progression automatique selon l’ancienneté statutaire Hausse limitée du traitement indiciaire Automatique
Avancement de grade Inscription au tableau d’avancement ou réussite à un examen professionnel Progression significative selon la grille Collectivité
Promotion interne Accès à un cadre d’emplois supérieur Revalorisation plus importante Collectivité, sous conditions réglementaires
Concours Réussite aux épreuves et nomination Variable selon le cadre d’emplois Agent et jury de concours
RIFSEEP Modification de l’IFSE ou du CIA Variable selon les groupes de fonctions Assemblée délibérante

Le RIFSEEP demeure le principal levier local de revalorisation. L’IFSE permet une action relativement pérenne, tandis que le CIA reste lié à l’engagement professionnel et à la manière de servir.

Point de vigilance : la revalorisation indemnitaire améliore l’attractivité immédiate, mais elle ne règle pas la question de fond du traitement indiciaire et des droits à pension.

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5. Les élections professionnelles du 10 décembre 2026

Les élections professionnelles de la fonction publique territoriale se dérouleront le 10 décembre 2026. Dans un contexte de tensions salariales, la question du pouvoir d’achat sera vraisemblablement au cœur de la campagne sociale interne.

Pour les employeurs territoriaux, il est préférable d’anticiper les arbitrages financiers dès l’été plutôt que de subir les revendications dans l’urgence à l’automne.

Recommandation DRH : préparer dès l’été 2026 un scénario indemnitaire ciblé sur les bas salaires, les métiers en tension et les agents les plus exposés au tassement des grilles.

Les DRH doivent également sécuriser le calendrier réglementaire : composition du CST, création éventuelle de la F3SCT, actualisation des obligations d’information et de consultation, préparation des listes électorales et anticipation du vote électronique.

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6. Les contraintes financières et la CNRACL

La mise en œuvre de mesures locales d’attractivité se heurte à une contrainte budgétaire croissante.

La progression des cotisations patronales CNRACL représente l’un des principaux facteurs d’augmentation de la masse salariale. Le taux passe de 34,65 % en 2025 à 37,65 % en 2026, avant de poursuivre sa hausse programmée.

À cette contrainte s’ajoutent la généralisation de la protection sociale complémentaire, l’évolution naturelle du GVT et les tensions sur les ressources financières des collectivités.

Conséquence directe : les collectivités doivent arbitrer entre attractivité, reconnaissance salariale, soutenabilité budgétaire et maîtrise de la masse salariale.

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7. Les recommandations opérationnelles pour les employeurs territoriaux

1. Sécuriser les recrutements

Les offres publiées doivent être plus lisibles, plus transparentes et plus attractives. Il est recommandé d’indiquer une fourchette de rémunération globale comprenant le traitement indiciaire et l’IFSE.

2. Auditer les agents concernés par l’indemnité différentielle

Chaque collectivité doit identifier précisément les agents touchés par le basculement sous le niveau du SMIC, mesurer le coût de l’indemnité différentielle et anticiper ses effets sur la perception de l’équité interne.

3. Préparer un scénario indemnitaire ciblé

Une enveloppe IFSE ciblée peut être envisagée pour les métiers en tension, les bas salaires et les catégories dont le positionnement salarial devient difficilement soutenable.

4. Activer les parcours de carrière

Les lignes directrices de gestion doivent être utilisées comme un outil stratégique. Les avancements de grade, promotions internes, examens professionnels et concours doivent être mieux articulés avec les besoins de fidélisation et d’attractivité.

5. Intégrer les contraintes pluriannuelles

La prospective financière RH doit intégrer la hausse CNRACL, la PSC obligatoire, le GVT, les mesures indemnitaires locales et les tensions de recrutement.

Conclusion opérationnelle : en 2026, la politique salariale territoriale ne peut plus être traitée comme un simple sujet de paie. Elle devient un levier central de pilotage RH, de dialogue social, d’attractivité et de continuité du service public local.

Par Pascal NAUD

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5 juin 2026 5 05 /06 /juin /2026 20:37

 

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Derrière les revalorisations successives du SMIC, une réalité économique plus complexe se dessine : les augmentations salariales n'ont pas totalement compensé la hausse du coût de la vie.

📊 Ce qu'il faut retenir
Depuis le 1er janvier 2020 :

✅ Le SMIC mensuel brut est passé de 1 539,42 € à 1 867,71 €, soit une hausse cumulée d'environ 21,3 %.

✅ Plusieurs revalorisations automatiques sont intervenues sous l'effet de l'inflation, notamment en 2022 et 2023.

❌ Dans le même temps, les dépenses contraintes ont fortement progressé :

Électricité : +4,3 % sur la dernière période et une hausse importante depuis 2020.
Alimentation : +2,1 % sur la dernière période.
Énergie et carburants : malgré une détente récente, les niveaux restent élevés.
❌ Selon les estimations présentées, le pouvoir d'achat réel du SMIC aurait diminué d'environ 18,1 % depuis 2020.

🎯 Quels enseignements pour les employeurs publics ?
La situation interroge directement les politiques de rémunération dans la fonction publique territoriale :

➡️ Difficultés accrues de recrutement sur les métiers les moins rémunérés.

➡️ Compression des grilles indiciaires lorsque les premiers échelons sont régulièrement rattrapés par le SMIC.

➡️ Risque de démotivation et sentiment de déclassement chez certains agents.

➡️ Nécessité de renforcer les leviers complémentaires : action sociale, qualité de vie au travail, protection sociale complémentaire, parcours professionnels et politique indemnitaire.

⚖️ Un enjeu majeur pour la FPT

Lorsque le SMIC progresse plus vite que les rémunérations publiques, la question n'est plus seulement budgétaire. Elle devient un enjeu d'attractivité, de fidélisation des talents et de continuité du service public local.

Les collectivités territoriales devront continuer à adapter leurs stratégies RH dans un contexte où les tensions sur le pouvoir d'achat restent fortes.

❓ Selon vous, les mécanismes actuels de revalorisation des rémunérations dans la fonction publique permettent-ils encore de préserver durablement le pouvoir d'achat des agents territoriaux ?

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette infographie illustre parfaitement le décalage croissant entre les mécanismes de revalorisation salariale et le ressenti des agents. Pour les employeurs territoriaux, la question du pouvoir d'achat ne peut plus être abordée uniquement sous l'angle de la rémunération indiciaire ; elle doit s'inscrire dans une stratégie RH globale associant rémunération, conditions de travail, reconnaissance et perspectives professionnelles.

 

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4 juin 2026 4 04 /06 /juin /2026 21:38

 

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Une lettre circulaire de l’Urssaf du 29 mai 2026 apporte plusieurs évolutions importantes concernant le versement mobilité (VM) applicable aux employeurs publics et privés.

👉 Même si ces modifications semblent techniques, elles peuvent avoir un impact direct sur les charges patronales et nécessitent une vigilance particulière des services RH, finances et paie.

 

Ce qu'il faut retenir

 

✅ Guingamp-Paimpol Agglomération
Le taux de versement mobilité est porté à 0,60 % sur l'ensemble du territoire de l'agglomération à compter du 1er juillet 2026. Cette décision résulte d'une délibération du 3 février 2026.

 

✅ Communauté de communes Rives de Moselle
Le versement mobilité est instauré pour la première fois au taux de 0,55 % à compter du 1er juillet 2026 sur l'ensemble du territoire communautaire. Un nouveau code VM est créé à cette occasion.

 

✅ Corrections techniques
L'Urssaf procède également à plusieurs corrections concernant des codes communes figurant dans des circulaires antérieures relatives notamment à :

-Grand Besançon Métropole ;

-Chartres Métropole ;

-Communauté de communes Entre Beauce et Perche ;

-Redon Agglomération ;

-Communauté d'agglomération de Blois ;

-Syndicat mixte des transports collectifs de l'Oise.

 

Pourquoi les DRH et gestionnaires de paie doivent-ils être vigilants ?

Le versement mobilité est dû par les employeurs d'au moins 11 salariés ou agents situés dans le périmètre d'une autorité organisatrice de la mobilité.

Une évolution de taux ou de périmètre peut entraîner :

🔹 une augmentation du coût employeur ;

🔹 des ajustements nécessaires dans les logiciels de paie ;

🔹 des régularisations en cas d'application erronée ;

🔹 des impacts budgétaires parfois sous-estimés lors de la préparation des budgets RH.

 

Conseils pratiques

Avant le 1er juillet 2026, il est recommandé de :

✔ vérifier les établissements rattachés aux territoires concernés ;

✔ contrôler les paramétrages de paie ;

✔ sensibiliser les équipes RH et finances ;

✔ anticiper les incidences budgétaires pour le second semestre 2026.

Les évolutions du versement mobilité passent souvent inaperçues. Pourtant, elles constituent un sujet de conformité sociale qui peut générer des écarts financiers significatifs lorsqu'elles ne sont pas intégrées à temps.

 

Ce type de circulaire illustre parfaitement pourquoi une veille juridique et réglementaire quotidienne est devenue indispensable pour les employeurs publics. Une modification de taux apparemment mineure peut avoir des conséquences financières immédiates sur la masse salariale et passer totalement inaperçue sans dispositif de veille structuré.

LETTRE CIRCULAIRE VM LCIRC-2026-0000001

 

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3 juin 2026 3 03 /06 /juin /2026 07:00

 

 

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La revalorisation du SMIC au 1er juin 2026 remet en lumière une réalité sensible pour les employeurs territoriaux : une partie importante des agents publics reste rémunérée à un niveau indiciaire proche du salaire minimum. Derrière le mécanisme technique de l’indemnité différentielle se joue un enjeu beaucoup plus large : pouvoir d’achat, attractivité des métiers publics, lisibilité des carrières, dialogue social et soutenabilité budgétaire pour les collectivités territoriales.

 

Avec un SMIC porté à 1 867,02 € brut mensuels, les agents rémunérés sur les indices majorés les plus bas doivent bénéficier d’un complément de rémunération afin que leur traitement brut atteigne le niveau légal du SMIC. Cette situation concerne désormais non seulement les premiers échelons de la catégorie C, mais également certains débuts de carrière en catégorie B.

 

 

Qu’est-ce que l’indemnité différentielle ?

L’indemnité différentielle est un mécanisme de garantie destiné à empêcher qu’un agent public perçoive un traitement indiciaire brut inférieur au SMIC. Elle intervient lorsque le traitement indiciaire brut de l’agent devient inférieur au salaire minimum interprofessionnel de croissance.

Son principe est simple : lorsque l’indice majoré détenu par l’agent ne permet plus d’atteindre le niveau du SMIC brut mensuel, une indemnité différentielle est versée pour combler l’écart.

À retenir

Un agent peut bénéficier de l’indemnité différentielle même s’il perçoit des primes. Le calcul vise le traitement indiciaire brut, et non la rémunération globale.

Pourquoi est-elle versée au 1er juin 2026 ?

La hausse du SMIC au 1er juin 2026 entraîne un nouveau décalage entre le salaire minimum légal et les premiers niveaux de traitement indiciaire dans la fonction publique. Le minimum de traitement indiciaire ne progressant pas au même rythme, certains agents se retrouvent mécaniquement sous le seuil du SMIC.

L’indemnité différentielle vient donc corriger cette situation, sans modifier les grilles indiciaires. C’est précisément ce point qui doit retenir l’attention des DRH territoriaux : le dispositif compense, mais il ne résout pas le problème structurel de tassement des grilles.

Qui touche l’indemnité différentielle au 1er juin 2026 ?

Au 1er juin 2026, sont concernés les agents rémunérés sur un indice majoré compris entre 366 et 379 inclus.

Le dispositif peut concerner les fonctionnaires titulaires, les fonctionnaires stagiaires et les agents contractuels rémunérés par référence à ces indices. Il s’applique aux agents à temps complet, mais aussi aux agents à temps partiel ou à temps non complet, avec une proratisation adaptée à leur durée de service.

Point de vigilance

Le versement ne doit pas être analysé comme une prime de reconnaissance ou une mesure indemnitaire locale. Il s’agit d’un mécanisme légal de garantie du minimum de rémunération.

 

Les échelons de catégorie C concernés

La catégorie C demeure la principale catégorie concernée par l’indemnité différentielle. Les premiers échelons des grades situés au bas de la grille indiciaire sont directement touchés par la revalorisation du SMIC.

Pour les collectivités, cette situation concerne souvent des métiers essentiels au fonctionnement quotidien du service public local : agents d’entretien, agents techniques, adjoints administratifs, agents sociaux, agents des écoles, agents de restauration, agents polyvalents ou encore agents d’accueil.

Exemple concret

Un adjoint territorial rémunéré sur l’indice majoré 366 bénéficie du montant le plus élevé d’indemnité différentielle. Plus l’indice majoré se rapproche de 379, plus le montant du complément diminue.

 

Les échelons de catégorie B concernés

Le fait marquant du 1er juin 2026 est l’extension du phénomène à certains débuts de carrière en catégorie B. Cela traduit une évolution particulièrement préoccupante : des agents relevant d’un niveau de responsabilité supérieur peuvent désormais être rattrapés par le niveau du SMIC.

Les premiers échelons de certains grades de catégorie B peuvent ainsi être concernés lorsque leur indice majoré se situe entre 366 et 379.

Pour les DRH, le sujet dépasse la paie. Il interroge la capacité à rendre lisible une progression de carrière, à valoriser la prise de responsabilité et à maintenir une différence suffisamment perceptible entre les niveaux de qualification.

Question que doit se poser un DRH

Comment expliquer la valeur d’un concours, d’une qualification ou d’un changement de catégorie lorsque les premiers niveaux de rémunération se rapprochent fortement du SMIC ?

 

Les agents contractuels sont-ils concernés ?

Oui. Les agents contractuels peuvent également bénéficier de l’indemnité différentielle lorsqu’ils sont rémunérés par référence à un indice majoré compris entre 366 et 379.

La vigilance doit être renforcée pour les contrats anciens, les contrats à temps non complet, les recrutements sur emplois permanents de catégorie C et les contrats faisant référence à une rémunération indiciaire minimale.

Erreur fréquemment observée

Considérer que l’indemnité différentielle ne concerne que les fonctionnaires. Les contractuels rémunérés par référence à un indice insuffisant doivent également être vérifiés.

 

Quel est le montant de l’indemnité différentielle ?

Le montant de l’indemnité différentielle dépend de l’écart entre le traitement indiciaire brut de l’agent et le SMIC brut mensuel applicable.

Indice majoré Situation Effet attendu
IM 366 Niveau le plus bas concerné Montant maximal de l’indemnité différentielle
IM 367 à 378 Traitement inférieur au SMIC Indemnité dégressive
IM 379 Dernier indice concerné Complément résiduel

Le montant maximal annoncé atteint 65,28 € brut mensuels pour les agents situés au niveau indiciaire le plus bas concerné.

 

Pourquoi 862 000 fonctionnaires sont désormais concernés ?

Le chiffre de 862 000 agents publics concernés est un signal fort. Il ne révèle pas seulement une évolution ponctuelle du SMIC. Il traduit un phénomène plus profond : l’écrasement progressif des grilles indiciaires.

Lorsque le SMIC progresse plus rapidement que le point d’indice et que les bas de grilles sont corrigés par des mesures successives, les écarts entre les premiers échelons se réduisent. La progression indiciaire devient moins lisible, moins incitative et parfois moins perceptible sur le bulletin de paie.

Pour les collectivités territoriales, cette situation a des conséquences directes sur l’attractivité des métiers, la fidélisation des agents et la crédibilité des parcours professionnels.

Ce que gagne la collectivité

Une analyse précise des agents concernés permet de sécuriser la paie, d’anticiper le dialogue social et d’objectiver les difficultés d’attractivité liées aux rémunérations d’entrée de carrière.

 

Quels risques pour les collectivités territoriales ?

Un risque budgétaire

Individuellement, l’indemnité différentielle peut sembler limitée. Collectivement, elle peut représenter une charge réelle pour les collectivités comptant de nombreux agents situés en bas de grille.

Un risque RH

Lorsque plusieurs agents de grades différents perçoivent une rémunération indiciaire proche, la progression de carrière perd en lisibilité. Cette situation peut nourrir un sentiment de stagnation ou d’injustice.

Un risque managérial

Les encadrants peuvent être confrontés à des agents qui ne comprennent plus l’intérêt d’une prise de responsabilité, d’un changement de poste ou d’un concours si l’effet rémunérateur reste faible.

Un risque social

Le sujet peut devenir un point de tension dans le dialogue social. Les organisations syndicales peuvent légitimement l’utiliser pour interroger la politique salariale, l’attractivité et la reconnaissance des métiers.

Un risque pour la marque employeur

Une collectivité qui recrute massivement sur des métiers essentiels mais faiblement rémunérés doit être capable d’expliquer sa politique RH, ses perspectives de carrière, son régime indemnitaire et ses leviers de fidélisation.

Ce que risque la collectivité

Une mauvaise anticipation peut provoquer des erreurs de paie, des incompréhensions sur les bulletins de salaire, des tensions sociales et une dégradation du climat RH.

 

Ce que doivent faire les DRH territoriaux

Identifier précisément les agents concernés

La première action consiste à extraire tous les agents rémunérés entre les indices majorés 366 et 379. Cette analyse doit intégrer les titulaires, les stagiaires, les contractuels, les temps partiels et les temps non complets.

Sécuriser le paramétrage de la paie

Le paramétrage du logiciel de paie doit être vérifié avec attention. La proratisation, les situations particulières et les contrats indiciaires doivent être contrôlés.

Préparer une communication interne claire

Les agents concernés doivent comprendre pourquoi cette indemnité apparaît sur leur bulletin, comment elle est calculée et pourquoi elle ne constitue pas une revalorisation durable de leur grille.

Anticiper le dialogue social

Le sujet doit pouvoir être présenté en comité social territorial dans une approche pédagogique. Il peut être utile de produire une photographie des effectifs concernés par catégorie, filière, métier et type de contrat.

Relier le sujet à la politique d’attractivité

L’indemnité différentielle ne doit pas être traitée uniquement comme un sujet technique. Elle doit nourrir une réflexion plus large sur le régime indemnitaire, la progression de carrière, la reconnaissance des métiers en tension et la marque employeur.

Bonnes pratiques

Un tableau de bord RH peut utilement suivre le nombre d’agents concernés, leur catégorie, leur filière, leur métier, leur quotité de travail et l’évolution du coût global de l’indemnité différentielle.

 

Ce qu’il faut retenir

-Le SMIC brut mensuel est porté à 1 867,02 € au 1er juin 2026.

-L’indemnité différentielle garantit que le traitement indiciaire brut ne soit pas inférieur au SMIC.

-Les agents rémunérés entre les indices majorés 366 et 379 sont concernés.

-Les agents de catégorie C restent les principaux bénéficiaires.

-Certains débuts de carrière en catégorie B sont également concernés.

-Les agents contractuels peuvent aussi bénéficier du dispositif.

-Le montant maximal atteint 65,28 € brut mensuels.

-Le versement doit être sécurisé dans la paie.

-Le sujet doit être intégré au dialogue social.

-Cette situation révèle le tassement structurel des grilles indiciaires.

 

Le regard de naudrh.com

 

L’indemnité différentielle au 1er juin 2026 ne doit pas être regardée comme une simple ligne supplémentaire sur le bulletin de paie. Elle constitue un indicateur avancé de la fragilisation du modèle indiciaire de la fonction publique.

 

Lorsque près de 862 000 agents publics doivent bénéficier d’un complément pour atteindre le niveau du SMIC, la question posée n’est plus seulement celle du pouvoir d’achat. Elle devient celle de la cohérence des carrières, de la reconnaissance des qualifications et de l’attractivité du service public local.

 

Pour les DRH territoriaux, l’enjeu est double. Il faut d’abord sécuriser la paie et éviter toute erreur d’application. Mais il faut surtout transformer cette contrainte en signal stratégique. Les collectivités qui sauront objectiver le phénomène, en mesurer les impacts et l’intégrer à leur politique RH disposeront d’un avantage dans les discussions budgétaires, le dialogue social et la construction de leur marque employeur.

 

Mon opinion : l’indemnité différentielle est moins une solution qu’un symptôme. Elle corrige ponctuellement un écart avec le SMIC, mais elle révèle surtout l’urgence d’une réflexion plus profonde sur la rémunération, la progression de carrière et l’attractivité des métiers territoriaux.

 

 

Par Pascal NAUD

Président, fondateur de www.naudrh.com

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17 mai 2026 7 17 /05 /mai /2026 07:52

 

 

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Etude Insee « Les salaires dans la fonction publique de l’État en 2024 », Insee Première n°2100, mai 2026.

 

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2 mai 2026 6 02 /05 /mai /2026 14:42

 

Le point d’indice est au cœur de la rémunération des fonctionnaires…


Mais son évolution reste souvent mal comprise, alors même qu’elle impacte directement le pouvoir d’achat des agents publics.

 

Gel, revalorisation, décisions politiques… chaque évolution du point d’indice a des conséquences concrètes pour les collectivités et leurs agents.

 

Dans cette vidéo, nous vous proposons un décryptage clair et utile :


👉 Comment fonctionne le point d’indice et quels sont ses impacts réels sur les salaires ?

 

Vous découvrirez :

-Le rôle du point d’indice dans le calcul de la rémunération

-Les évolutions récentes et leur contexte

-Les impacts concrets sur le traitement indiciaire

-Les enjeux pour les DRH et les employeurs publics

-Les perspectives et points de vigilance

 

🎯 Une vidéo essentielle pour les DRH, gestionnaires RH, élus et agents souhaitant comprendre un levier clé de la rémunération dans la fonction publique.

 

 

 

 

 

 

 

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18 avril 2026 6 18 /04 /avril /2026 08:35

 

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🔓 NOUVEAU DANS L'E-COMMUNAUTÉ DES PRATICIENS RH FPT : un espace pensé pour vos agents, enfin clair, utile… et directement exploitable

Vous êtes nombreux à me le dire :
👉 « Les agents ont accès à l’information… mais ils ne la comprennent pas toujours. »

Entre le vocabulaire statutaire, les mécanismes de rémunération ou les règles de carrière, la réalité est simple :
➡️ trop d’informations…
➡️ pas assez de pédagogie concrète.

C’est précisément pour répondre à ce besoin que j’ouvre aujourd’hui, dans votre e-communauté des praticiens RH FPT, un nouvel espace dédié :

🎯 “Comprendre simplement sa situation dans la fonction publique”
Un espace conçu pour vous aider à mieux accompagner vos agents, sans alourdir votre charge de travail.

Concrètement, qu’y trouverez-vous ?
Des supports prêts à l’emploi :
✔️ sans jargon juridique
✔️ avec des explications simples et concrètes
✔️ directement transmissibles aux agents, sans adaptation

👉 L’objectif est clair :
vous permettre de sécuriser vos réponses RH tout en rendant l’information réellement compréhensible.

📌 Premier thème disponible : LA RÉMUNÉRATION
Parce que c’est souvent le premier sujet d’incompréhension et de tension.

Vous trouverez dès maintenant :

📊 Une infographie :
“Comprendre le calcul de votre traitement : le mécanisme du point d’indice”
➡️ Un visuel clair pour expliquer enfin ce qui se cache derrière la fiche de paie

🎥 Une vidéo pédagogique :
➡️ Pour comprendre simplement la rémunération des fonctionnaires, étape par étape

💡 Pourquoi cet espace est stratégique pour vous ?
Parce qu’il vous permet de :
-gagner du temps dans vos explications individuelles
-harmoniser vos réponses RH
-professionnaliser la relation avec les agents
réduire les incompréhensions… et donc les tensions

Et surtout :
👉 vous repositionner comme un interlocuteur RH clair, accessible et fiable

D’autres thématiques arriveront très prochainement (carrière, droits, positions administratives…).

📥 N’hésitez pas à me dire quels sujets vous rencontrez le plus sur le terrain : cet espace est aussi construit pour vous… et avec vous.

💬 Votre retour m’intéresse :
Pensez-vous que ce type de supports peut changer la qualité des échanges avec vos agents ?

🚨 Accès à l'e-communauté des praticiens RH FPT

 

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17 avril 2026 5 17 /04 /avril /2026 08:40

 

Cette vidéo détaille le mécanisme de rémunération des agents de la fonction publique française en s'appuyant sur le concept central du point d'indice. Il explique comment le salaire de base est déterminé par des grilles indiciaires structurées selon le corps, le grade et l'ancienneté de l'agent. 

 

Elle énumère également les divers compléments financiers, tels que les indemnités de résidence, les suppléments familiaux et les primes liées à la performance ou à la technicité des missions. 

 

Enfin, elle souligne l'objectif d'équité et de transparence de ce système tout en précisant les modalités de calcul concrètes pour les fonctionnaires. Elle offre ainsi une vue d'ensemble pédagogique sur la structure de la paie dans le secteur public.

 

 

 

 

 

 

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17 avril 2026 5 17 /04 /avril /2026 08:14

 

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8 avril 2026 3 08 /04 /avril /2026 20:13

 

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La vidéo ci-dessous expose les revendications des syndicats de la fonction publique pour une application rigoureuse de la directive européenne sur la transparence salariale.

L'objectif principal est d'éradiquer les inégalités de rémunération, particulièrement entre les femmes et les hommes, en imposant une clarté totale sur les critères de paie.

Les organisations réclament des mesures concrètes dès le recrutement, telles que l'interdiction de demander l'historique salarial et l'obligation d'afficher des fourchettes de rémunération précises.

En renforçant le droit à l'information des employés et le rôle des partenaires sociaux, cette réforme vise à transformer la culture d'entreprise pour favoriser l'équité.

Enfin, la vidéo souligne que cette ouverture est un levier majeur pour accroître l'attractivité des employeurs et restaurer la confiance des collaborateurs.

 


 

 

 

 

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29 mars 2026 7 29 /03 /mars /2026 21:00

 

 

Cette vidéo analyse le débat entourant le Supplément Familial de Traitement (SFT), un avantage historique de la fonction publique aujourd'hui remis en question.

Ses défenseurs le perçoivent comme un levier essentiel de soutien financier pour les bas salaires et un facteur d'attractivité du secteur public face au privé.

À l'opposé, les critiques dénoncent un mécanisme anachronique, coûteux pour les budgets locaux et source d'une inégalité de traitement injustifiée avec les salariés du privé.

La vidéo explore également une voie médiane privilégiant une modernisation réglementaire afin de mieux refléter les mutations des structures familiales contemporaines. Finalement, l'enjeu se cristallise autour d'un choix entre la préservation de l'identité statutaire des agents et une nécessaire simplification administrative.

🔔 Abonnez-vous à notre chaîne YouTube RH FPT pour ne pas manquer notre prochaine vidéo

 

 

 

 

 

 

 

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28 mars 2026 6 28 /03 /mars /2026 22:09

 

 

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Une décision récente du Tribunal administratif de Rennes (27 mars 2026) vient rappeler un principe fondamental… trop souvent mal compris sur le terrain RH.

🔎 Les faits en bref

Un agent territorial, après avoir démissionné pour mener une reconversion professionnelle, sollicite le bénéfice de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE).

Initialement accordée, cette allocation est ensuite retirée par la collectivité, au motif que l’agent n’est pas privé involontairement d’emploi.
Le juge est saisi.

⚖️ La position du juge administratif
Le raisonnement est limpide :
✔️ Le droit à l’ARE est conditionné à une privation involontaire d’emploi
✔️ Une démission ne constitue pas une privation involontaire
✔️ Par conséquent, l’agent ne peut pas bénéficier de l’ARE
➡️ Le tribunal rejette la demande de l’agent.


💡 Ce qu’il faut retenir pour les DRH territoriaux
Cette décision rappelle avec force plusieurs points clés :
👉 Les collectivités territoriales assurent elles-mêmes la charge et la gestion de l’indemnisation chômage de leurs agents
👉 Elles doivent vérifier strictement les conditions d’ouverture des droits, notamment le caractère involontaire de la perte d’emploi
👉 Une démission classique ferme le droit à indemnisation, sauf cas très spécifiques assimilés (non évoqués ici)


⚠️ Point de vigilance RH
Le cas est intéressant car :
🔸 Une première décision favorable avait été prise… puis retirée
🔸 Ce type de situation expose à des risques juridiques et financiers si l’analyse initiale est insuffisamment sécurisée
🔸 Le juge de plein contentieux ne se limite pas à la légalité de la décision : il réexamine directement les droits de l’agent


🎯 Lecture stratégique
Au-delà du cas d’espèce, cette décision souligne une réalité opérationnelle :
➡️ La gestion du chômage des agents publics n’est pas une simple formalité administrative
➡️ Elle exige une maîtrise fine du droit du travail et de ses articulations avec la fonction publique

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision remet de la clarté dans un domaine où l’on observe encore trop d’approximations. En pratique, beaucoup de collectivités sous-estiment la technicité du régime d’assurance chômage des agents publics. Or, c’est précisément sur ces sujets que se jouent aujourd’hui les risques juridiques les plus concrets.

Arrêt du Tribunal Administratif de Rennes n° 2401352 du 27 mars 2026

 

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27 mars 2026 5 27 /03 /mars /2026 10:51

 

 

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La décision est passée relativement inaperçue… et pourtant, elle impacte directement la gestion RH dans toutes les collectivités.

Le Conseil d'État vient de valider, dans sa décision du 26 mars 2026, la baisse de la rémunération des agents publics en congé de maladie ordinaire. Une décision lourde de conséquences opérationnelles.



👉 Voici ce qu’il faut retenir.

Une baisse de rémunération désormais juridiquement sécurisée
Le Conseil d’État confirme la légalité des décrets de 2025 qui alignent certaines catégories d’agents sur une règle simple :
➡️ 90 % du traitement pendant les trois premiers mois de congé maladie (contre 100 % auparavant).

Cette évolution s’inscrit dans le prolongement de la loi de finances 2025, et le juge administratif considère que les décrets contestés sont conformes au cadre légal et réglementaire.

Pas d’atteinte au principe d’égalité

Les syndicats invoquaient une rupture d’égalité avec les salariés du secteur privé.



Le Conseil d’État rejette clairement cet argument :
➡️ Les agents publics et les salariés privés ne sont pas dans une situation comparable, notamment en matière de droits sociaux.
➡️ Les décrets créent au contraire une cohérence entre différentes catégories d’agents publics.



Des arguments sanitaires et sociaux écartés
Les requérants évoquaient un risque :
👉 incitation à ne pas se mettre en arrêt maladie,
👉 aggravation de l’état de santé,
👉 impact sur les femmes enceintes.
Le Conseil d’État balaie ces arguments faute de démonstration concrète.

Ce que cela change concrètement pour les DRH territoriaux



Cette décision met fin à une incertitude juridique importante.

➡️ Les employeurs publics peuvent appliquer ces règles en toute sécurité.
➡️ Les politiques RH doivent intégrer durablement cette baisse de rémunération.
➡️ Le sujet du maintien de salaire (régime indemnitaire, prévoyance, PSC) devient encore plus stratégique.



💬 Avis www.naudrh.com
C’est une décision structurante qui sécurise juridiquement les employeurs, mais elle risque d’accentuer des tensions RH déjà fortes sur le terrain. Les collectivités qui s’en sortiront le mieux seront celles qui anticiperont les effets humains (motivation, santé, climat social) plutôt que de se limiter à une lecture purement budgétaire.

 

Décision Conseil d'Etat n°503771 du 26 mars 2026

 

 

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23 mars 2026 1 23 /03 /mars /2026 17:29

 

 

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Une question fréquente au cœur des pratiques RH territoriales

Dans de nombreuses collectivités, la gestion du jour de carence en cas d’arrêt débutant en cours de journée fait partie des situations les plus sources d’erreurs en paie et d’incompréhensions chez les agents.

Dans la gestion quotidienne des ressources humaines territoriales, la question de l’application de la journée de carence lorsque l’arrêt de maladie ordinaire débute en cours de journée suscite de nombreuses interrogations.

Comment appréhender la situation d’un agent présent le matin, puis placé en arrêt maladie à compter de l’après-midi ? Faut-il tenir compte du temps effectivement travaillé ? Une proratisation est-elle envisageable ?

Ces questions traduisent une préoccupation légitime de justice et de cohérence. Toutefois, le cadre juridique applicable repose sur des principes structurants qu’il convient de maîtriser pour garantir la sécurité des pratiques.

Une règle structurante : le principe du trentième indivisible

Ce principe trouve notamment son fondement dans les règles relatives au traitement mensuel des fonctionnaires issues du Code général de la fonction publique, qui consacrent une logique de rémunération forfaitaire mensuelle non fractionnable.

Dans la fonction publique, la rémunération repose sur un traitement mensuel calculé en trentièmes indivisibles. Ce principe, fondamental en matière de paie publique, signifie que la rémunération ne peut être fractionnée à l’échelle horaire.

La journée constitue ainsi l’unité de référence. Elle est juridiquement indivisible, tant du point de vue de la rémunération que de la position statutaire de l’agent. Dès lors, lorsqu’un agent est placé en congé de maladie ordinaire, ce placement s’apprécie à la journée et non en fonction du nombre d’heures effectivement travaillées.

L’incidence limitée de l’horaire mentionné sur le certificat médical

Cette précision est déterminante pour comprendre pourquoi, en matière de jour de carence, aucune distinction ne peut être opérée selon l’heure de début de l’arrêt.

Dans la pratique, les certificats médicaux peuvent préciser une heure de début d’arrêt. Cette indication relève exclusivement de l’appréciation médicale et ne produit pas d’effet sur le plan statutaire.

Elle permet en revanche de situer précisément le moment où l’état de santé justifie l’interruption de travail, d’assurer la continuité du suivi médical et de sécuriser la situation de l’agent en cas de contrôle ou de contestation. Elle peut également justifier une absence en cours de journée et expliquer une rupture de service.

Dès lors qu’un arrêt de travail est prescrit pour une journée donnée, l’agent est réputé être placé en congé de maladie pour l’intégralité de cette journée. La logique juridique ne repose pas sur le temps de présence réel mais sur la situation administrative de l’agent.

Les heures éventuellement accomplies avant le début de l’arrêt ne peuvent être ni assimilées à du temps de travail effectif ouvrant droit à rémunération distincte, ni faire l’objet d’une récupération.

L’application du jour de carence : une absence de proratisation

Le jour de carence, applicable en cas de congé de maladie ordinaire, correspond à la retenue d’un trentième de rémunération au titre du premier jour d’arrêt.

Lorsque l’arrêt débute en cours de journée, la règle demeure inchangée. Le premier jour d’arrêt est juridiquement considéré comme une journée complète de congé de maladie. En conséquence, le jour de carence s’applique intégralement.

La présence partielle de l’agent au cours de la journée, même avérée, est sans incidence sur le mécanisme de retenue. Aucune proratisation n’est juridiquement possible.

Une traduction opérationnelle claire pour les services RH

Sur le plan pratique, cette règle conduit à positionner l’agent en congé de maladie ordinaire pour la totalité de la journée concernée, indépendamment de l’horaire mentionné sur le certificat médical.

Le service paie applique une retenue d’un trentième au titre du jour de carence, sans procéder à un ajustement tenant compte d’une présence partielle.

À titre d’illustration, un agent présent de 8h00 à 12h00, puis placé en arrêt maladie à compter de 14h00, sera considéré comme étant en congé de maladie pour l’ensemble de la journée. Le jour de carence s’appliquera donc intégralement, sans prise en compte des heures effectuées le matin. Aucune rémunération complémentaire ni récupération ne pourra être accordée au titre de cette présence partielle.

Cette approche garantit la conformité aux règles statutaires, assure l’égalité de traitement entre les agents et sécurise les pratiques de gestion au sein de la collectivité.

Une traduction opérationnelle claire pour les services RH

Sur le plan pratique, cette règle conduit à positionner l’agent en congé de maladie ordinaire pour la totalité de la journée concernée, indépendamment de l’horaire mentionné sur le certificat médical.

Le service paie applique une retenue d’un trentième au titre du jour de carence, sans procéder à un ajustement tenant compte d’une présence partielle.

À titre d’illustration, un agent présent de 8h00 à 12h00, puis placé en arrêt maladie à compter de 14h00, sera considéré comme étant en congé de maladie pour l’ensemble de la journée. Le jour de carence s’appliquera donc intégralement, sans prise en compte des heures effectuées le matin. Aucune rémunération complémentaire ni récupération ne pourra être accordée au titre de cette présence partielle.

Cette approche garantit la conformité aux règles statutaires, assure l’égalité de traitement entre les agents et sécurise les pratiques de gestion au sein de la collectivité.

Les limites et risques d’une approche au prorata

Certaines collectivités peuvent être tentées d’adapter la règle en fonction du temps effectivement travaillé. Une telle pratique, bien qu’animée par un souci d’équité, se heurte aux principes fondamentaux de la rémunération publique.

La proratisation horaire méconnaît le principe du trentième indivisible et expose la collectivité à un risque juridique réel. Elle peut être analysée comme un avantage irrégulier en cas de contrôle, notamment par les juridictions financières, et générer des disparités de traitement entre agents.

Des fondements juridiques constants

Le raisonnement repose sur le principe du traitement mensuel des fonctionnaires, la règle du trentième indivisible et le régime du congé de maladie ordinaire. Les dispositions relatives au jour de carence s’inscrivent dans cette même logique.

La doctrine administrative ainsi que la jurisprudence confirment de manière constante l’impossibilité de fractionner la journée en matière de rémunération statutaire.

Conclusion : sécuriser sans complexifier

Au-delà de l’application stricte de la règle, le DRH territorial a un rôle central de garant d’une doctrine interne claire et harmonisée, condition indispensable pour sécuriser durablement les pratiques et prévenir les contentieux.

La gestion du jour de carence en cas d’arrêt débutant en cours de journée doit être appréhendée avec rigueur et cohérence. La mention d’un horaire sur le certificat médical n’a pas d’incidence sur la qualification statutaire de la journée.

Le principe du trentième indivisible conduit à considérer que la journée est entièrement non travaillée, justifiant l’application intégrale du jour de carence.

Pour les responsables RH territoriaux, l’enjeu réside dans la sécurisation juridique des pratiques, mais également dans la pédagogie auprès des agents, afin de rendre compréhensible une règle souvent perçue comme contre-intuitive.

Par Pascal NAUD

Président, fondateur de www.naudrh.com

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17 mars 2026 2 17 /03 /mars /2026 14:45

 

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17 mars 2026 2 17 /03 /mars /2026 01:10

 

 

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Êtes-vous prêt à justifier chaque euro de rémunération dans votre collectivité ?

Ce n’est plus une option. C’est une obligation imminente… et un chantier RH d’ampleur.

D’ici le 7 juin 2026, la France devra transposer la directive (UE) 2023/970 du 10 mai 2023 visant à renforcer l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes par la transparence. Contrairement à certaines idées reçues, la fonction publique territoriale est pleinement concernée.

Pour les DRH territoriaux, il ne s’agit pas d’un simple ajustement réglementaire, mais bien d’un changement de paradigme dans la gestion des politiques de rémunération.

 

I. Une réforme juridique structurante… aux impacts majeurs pour la FPT

La directive européenne consacre un principe renforcé : « à travail égal ou de valeur égale, rémunération égale », désormais assorti d’obligations de transparence et de justification.

Ce principe n’est pas nouveau en droit français. Il irrigue déjà le droit de la fonction publique via le principe d’égalité de traitement, consacré notamment par le Code général de la fonction publique (articles L.131-1 et suivants) et par une jurisprudence administrative constante (Conseil d’État, Ville de Toulouse, 2002 ; Conseil d’État, Mme A…, 2011).

La nouveauté est toutefois majeure : ce principe devient pleinement opposable et directement mobilisable par les agents.

Chaque agent pourra désormais demander son niveau de rémunération ainsi que des données agrégées, ventilées par sexe, concernant les agents occupant des postes équivalents. L’employeur devra répondre dans un délai contraint et être en mesure de justifier objectivement les écarts constatés.

À titre d’illustration, dans une collectivité de taille moyenne, deux chefs de service relevant de filières différentes (administrative et technique) perçoivent des IFSE sensiblement différentes, sans critères formalisés permettant d’expliquer cet écart. Dans le cadre de la nouvelle réglementation, une telle situation deviendra difficilement défendable si elle n’est pas objectivée par des éléments précis (niveau de responsabilité, encadrement, technicité, sujétions). Ce type de cas, aujourd’hui fréquent, pourrait demain constituer un risque juridique direct pour l’employeur.

Par ailleurs, le processus de recrutement évolue en profondeur. Les collectivités devront indiquer une fourchette de rémunération dès la publication des offres d’emploi et ne pourront plus interroger les candidats sur leur historique salarial. Ces obligations modifient durablement les pratiques et imposent une transparence accrue dès l’entrée dans la fonction publique territoriale.

 

II. Une transformation profonde des pratiques RH : anticiper, structurer, sécuriser

Au-delà des obligations juridiques, la transparence salariale impose une refonte des logiques de gestion RH.

Dans ce contexte, les DRH territoriaux devront être en mesure de justifier objectivement les écarts de rémunération, notamment au sein des régimes indemnitaires (RIFSEEP), en s’appuyant sur des critères clairs, formalisés, traçables et opposables.

Cette exigence conduit directement à une redéfinition des repères traditionnels. La notion de « travail de valeur égale » constitue en effet un véritable bouleversement. Elle oblige à comparer des métiers différents mais équivalents en termes de compétences, de responsabilités et de contraintes. Cette évolution implique un travail approfondi sur les référentiels métiers, les fiches de poste et les systèmes de classification interne.

Dans le prolongement, le risque contentieux est mécaniquement renforcé. En cas d’écart de rémunération injustifié, la charge de la preuve tend à s’inverser : l’employeur devra démontrer l’absence de discrimination. Si un écart supérieur à 5 % entre femmes et hommes n’est pas objectivement justifié, une évaluation conjointe avec les représentants du personnel devra être engagée.

Au final, la transparence devient à la fois un levier de sécurisation et un facteur d’exposition juridique.

 

Ce que doit faire immédiatement un DRH territorial

Dès aujourd’hui, un DRH territorial doit engager une démarche structurée et proactive.

La première étape consiste à fiabiliser les données de rémunération en intégrant l’ensemble des composantes : traitement indiciaire, régime indemnitaire (IFSE, CIA) et avantages en nature. Objectif : disposer d’une base de données fiable sous 3 mois.

La deuxième étape repose sur la réalisation d’un audit précis des écarts de rémunération, en particulier entre femmes et hommes, mais également entre agents occupant des fonctions comparables. Objectif : identifier les écarts à risque avant fin 2025.

La troisième étape consiste à formaliser et objectiver les critères d’attribution des régimes indemnitaires afin d’en garantir la transparence, la cohérence et la neutralité. Objectif : sécuriser les règles indemnitaires avant la transposition en 2026.

Il est également indispensable d’adapter les procédures de recrutement pour intégrer les nouvelles obligations de transparence dès la publication des offres. Objectif : mise en conformité progressive dès les prochains recrutements.

Enfin, le DRH doit anticiper le dialogue social en préparant des éléments d’analyse solides et des justifications argumentées face aux représentants du personnel. Objectif : être prêt à engager des échanges formalisés dès 2026.

Anticiper la réforme et sécuriser vos pratiques

Cette réforme ne constitue pas une simple évolution réglementaire. Elle transforme en profondeur les pratiques RH territoriales en touchant à la fois aux politiques indemnitaires, aux processus de recrutement, à la gestion des carrières et au dialogue social.

De nombreuses collectivités territoriales ont déjà engagé cette démarche d’anticipation et constatent un double bénéfice : une sécurisation juridique renforcée et une meilleure lisibilité des politiques de rémunération pour les agents.

Les collectivités qui anticiperont dès maintenant ces évolutions sécuriseront juridiquement leurs décisions, renforceront leur attractivité et limiteront leur exposition aux contentieux.

 

Faites-vous accompagner par NAUDRH.COM sur cette thématique (conseils et outils pratiques). 

Dans l’e-communauté RH FPT NAUDRH.COM, vous retrouvez des outils opérationnels immédiatement mobilisables : grilles d’audit des écarts de rémunération, modèles de critères indemnitaires sécurisés, guides pratiques et cas concrets issus de collectivités territoriales.

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La souscription d'un abonnement de niveau 2 à NAUDRH.COM vous permettra également d'être parfaitement accompagné en terme de conseils et de mise en œuvre sur ce dossier d'importance.

 

Conclusion

La transparence salariale dans la fonction publique territoriale n’est pas une réforme de plus. Elle constitue une transformation profonde des pratiques RH, imposant le passage d’un système partiellement implicite à un système pleinement explicable et juridiquement opposable.

Les DRH territoriaux disposent aujourd’hui d’un temps d’avance pour anticiper cette évolution. Fiabiliser les données, formaliser les règles et sécuriser les pratiques sont désormais les conditions indispensables pour aborder sereinement l’échéance de 2026.

Les collectivités qui prendront ce virage dès maintenant ne se contenteront pas d’être en conformité. Elles gagneront en crédibilité, en équité et en attractivité sur un marché de l’emploi public de plus en plus exigeant.

Par Pascal NAUD

Président, fondateur de www.naudrh.com

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15 mars 2026 7 15 /03 /mars /2026 21:34

 

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(Source : Insee, « Dataviz salaires », 2023 ; « Grilles indiciaires », 2024 ; Le Monde, « Salaire des fonctionnaires », 19 septembre 2024.)

 

 

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11 mars 2026 3 11 /03 /mars /2026 03:05

 

 

 

 

Dans de nombreuses collectivités territoriales, l’organisation des services conduit parfois à confier à un agent appartenant statutairement à un cadre d’emplois de catégorie B des missions ou des responsabilités correspondant à un niveau habituellement occupé par un agent de catégorie A. Cette configuration est relativement fréquente dans les collectivités de taille moyenne ou dans les structures où l’expérience professionnelle d’un agent conduit à lui confier des fonctions d’encadrement, d’expertise ou de pilotage dépassant le périmètre habituel de son cadre d’emplois.

 

Dans ce contexte, une question revient régulièrement dans les services ressources humaines : un fonctionnaire territorial appartenant statutairement à la catégorie B, mais occupant un poste de niveau A, peut‑il percevoir le RIFSEEP applicable à un cadre d’emplois relevant de la catégorie A ?

 

Pour répondre à cette interrogation, il convient de rappeler les principes juridiques qui encadrent le régime indemnitaire dans la fonction publique territoriale et plus particulièrement les règles applicables au RIFSEEP.

 

 

Un principe structurant : le régime indemnitaire est lié au cadre d’emplois (principe de parité – article L. 714‑4 du CGFP)

 

Le régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel (RIFSEEP) constitue aujourd’hui le régime indemnitaire de référence dans la fonction publique.

 

Dans la fonction publique territoriale, sa mise en œuvre repose sur deux principes juridiques majeurs.

 

Le premier est le principe de parité avec la fonction publique de l’État. Les collectivités territoriales ne peuvent instaurer un régime indemnitaire que dans la limite de ceux existant pour les corps équivalents de la fonction publique de l’État.

 

Le second principe tient au rattachement du régime indemnitaire au cadre d’emplois de l’agent. Autrement dit, le régime indemnitaire applicable dépend avant tout du cadre d’emplois auquel appartient statutairement l’agent.

 

Ainsi, même si les fonctions exercées sont prises en compte dans la détermination du niveau indemnitaire, elles ne permettent pas, à elles seules, de modifier le cadre indemnitaire de référence.

 

En conséquence, un agent relevant statutairement d’un cadre d’emplois de catégorie B ne peut pas bénéficier d’un régime indemnitaire réservé à un cadre d’emplois de catégorie A.

 

 

La logique du RIFSEEP : valoriser les fonctions à l’intérieur du cadre d’emplois (au moyen des groupes de fonctions)

 

Le RIFSEEP est composé de deux éléments principaux.

 

L’IFSE (indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise) vise à prendre en compte le niveau de responsabilité, la technicité des missions exercées ainsi que les contraintes particulières liées au poste.

 

Le CIA (complément indemnitaire annuel) permet, quant à lui, de valoriser l’engagement professionnel et la manière de servir de l’agent.

 

Dans le cadre du RIFSEEP, les fonctions exercées jouent donc un rôle déterminant. Toutefois, cette prise en compte des responsabilités s’opère à l’intérieur du cadre d’emplois de l’agent.

 

Chaque cadre d’emplois est en effet structuré en groupes de fonctions qui permettent de distinguer différents niveaux de responsabilités ou de technicité. Ces groupes de fonctions servent de base pour déterminer le niveau d’IFSE attribué à l’agent.

 

Ainsi, un agent de catégorie B occupant des fonctions particulièrement exigeantes pourra être positionné dans le groupe de fonctions le plus élevé de son cadre d’emplois. Pour autant, cette situation ne permet pas d’appliquer le régime indemnitaire d’un cadre d’emplois de catégorie A.

 

 

Un agent de catégorie B occupant un poste de niveau A : quelles marges de manœuvre pour la collectivité ? (exemple concret) ?

 

Lorsqu’un agent de catégorie B exerce des missions correspondant à un niveau de responsabilité habituellement confié à un agent de catégorie A, la collectivité dispose de plusieurs leviers de gestion pour reconnaître le niveau des fonctions exercées.

 

La première possibilité consiste à positionner l’agent dans le groupe de fonctions le plus élevé du cadre d’emplois de catégorie B, afin de tenir compte du niveau de responsabilité du poste.

 

La collectivité peut également ajuster le montant de l’IFSE dans la limite des plafonds indemnitaires applicables au cadre d’emplois concerné.

 

Enfin, lorsque la situation s’inscrit dans la durée et que les fonctions exercées correspondent durablement à un niveau de catégorie A, il peut être pertinent d’envisager une évolution statutaire de l’agent. Celle‑ci peut intervenir par la voie de la promotion interne, de la réussite à un concours ou d’un recrutement sur un cadre d’emplois de catégorie A.

 

Cette démarche permet d’assurer une cohérence entre les responsabilités effectivement exercées et la situation statutaire de l’agent.

 

 

Les risques juridiques d’une attribution du RIFSEEP de catégorie A

 

Attribuer à un agent de catégorie B le régime indemnitaire applicable à un cadre d’emplois de catégorie A présenterait un risque juridique réel pour la collectivité.

 

Une telle pratique pourrait être regardée comme contraire au principe de parité avec la fonction publique de l’État ainsi qu’aux règles encadrant le régime indemnitaire dans la fonction publique territoriale.

 

Dans le cadre du contrôle de légalité exercé par le préfet, une délibération instaurant une telle situation pourrait être contestée. Un contentieux pourrait également être engagé par un agent estimant subir une rupture d’égalité de traitement.

 

Plus largement, l’attribution d’un régime indemnitaire ne correspondant pas au cadre d’emplois de l’agent fragilise juridiquement les pratiques indemnitaires de la collectivité.

 

 

Une règle de gestion à retenir pour les services RH

 

En pratique, la règle peut être résumée de la manière suivante : un agent territorial ne peut percevoir que le régime indemnitaire applicable à son cadre d’emplois.

 

Les fonctions exercées permettent d’ajuster le montant du RIFSEEP à l’intérieur de ce cadre, notamment par le positionnement dans les groupes de fonctions et par la modulation de l’IFSE, mais elles ne permettent pas de modifier le cadre indemnitaire de référence.

 

Ainsi, un fonctionnaire territorial de catégorie B occupant un poste de niveau A ne peut pas percevoir le RIFSEEP applicable à un cadre d’emplois de catégorie A.

 

La collectivité peut en revanche adapter le niveau indemnitaire à l’intérieur du cadre d’emplois de catégorie B et, le cas échéant, accompagner l’évolution statutaire de l’agent afin d’assurer une cohérence entre les fonctions exercées et la situation statutaire.

 

 

Conclusion

 

La situation d’un agent de catégorie B occupant des fonctions de niveau A n’est pas rare dans les collectivités territoriales. Pour autant, le régime indemnitaire demeure juridiquement attaché au cadre d’emplois auquel appartient l’agent.

 

Dans ce contexte, la collectivité ne peut légalement attribuer à cet agent le RIFSEEP applicable à un cadre d’emplois de catégorie A. La reconnaissance des responsabilités exercées doit donc être recherchée à l’intérieur du cadre indemnitaire du cadre d’emplois de catégorie B ou par une évolution statutaire de l’agent.

 

Pour les services RH territoriaux, l’enjeu est double : sécuriser juridiquement les pratiques indemnitaires tout en veillant à maintenir une reconnaissance adaptée des responsabilités réellement exercées par les agents.

 

Point de vigilance RH : un agent territorial ne peut percevoir que le régime indemnitaire correspondant à son cadre d’emplois. Les fonctions exercées permettent uniquement d’ajuster le niveau d’IFSE à l’intérieur de ce cadre, mais ne permettent pas d’appliquer le régime indemnitaire d’un cadre d’emplois supérieur.

 

 

 

Par Pascal NAUD

Président, fondateur de www.naudrh.com

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4 mars 2026 3 04 /03 /mars /2026 07:41

 

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Et cette décision récente de la CAA de Lyon le confirme clairement.


Dans cette affaire, une aide-soignante développe un syndrome anxiodépressif après une procédure disciplinaire… finalement annulée par le juge.



👉 Résultat :
La maladie est reconnue imputable au service.


Pourquoi cette décision est-elle stratégique pour les DRH territoriaux ?


✅ Pas besoin que la pathologie figure dans les tableaux de maladies professionnelles
Contrairement aux idées reçues, ce critère est inopérant dans la fonction publique.


✅ Un seul critère clé : le lien direct avec le service
Conditions de travail, management, décisions RH… tout peut être en cause.


✅ Une procédure disciplinaire mal fondée peut coûter très cher
Ici, la sanction illégale a directement déclenché une pathologie reconnue.


✅ Un signal fort sur les risques psychosociaux
Le juge renforce la responsabilité de l’employeur public.



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👉 Évaluer systématiquement les impacts RH et psychosociaux
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💬 Avis www.naudrh.com
Cet arrêt est particulièrement marquant car il confirme une tendance lourde : le juge administratif ne se limite plus à une lecture juridique stricte, mais intègre pleinement les enjeux humains et organisationnels. Pour les DRH territoriaux, cela impose un changement de posture : chaque décision RH, notamment disciplinaire, doit désormais être pensée aussi sous l’angle du risque psychosocial et contentieux.

 

CAA de LYON, 6ème chambre, 30/12/2025, 24LY00352

 

 

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