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23 juin 2026 2 23 /06 /juin /2026 21:24

 

 

Veille juridique statutaire analytique RH FPT 24/7: cliquez sur l'image pour vous abonner.

 

 

 

La transparence salariale va-t-elle bouleverser la gestion des rémunérations dans les collectivités territoriales ?

 

Derrière cette question, de nombreux DRH, DGS, responsables RH, juristes territoriaux et élus employeurs cherchent aujourd’hui à comprendre les conséquences concrètes de la directive européenne (UE) 2023/970 sur l’égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes.

 

Cette réforme ne se limite pas à une nouvelle obligation de reporting. Elle interroge directement la cohérence des régimes indemnitaires, la justification des écarts de rémunération, les pratiques de recrutement, la cotation des postes, la qualité des données RH, le dialogue social et l’attractivité des employeurs publics territoriaux.

 

Pour les collectivités territoriales, le sujet est stratégique. Il ne s’agit pas seulement de respecter une future contrainte juridique, mais de démontrer que les différences de rémunération reposent sur des critères objectifs, transparents et non discriminatoires.

 

Les salaires des collègues vont-ils devenir publics ?

 

C’est la première inquiétude exprimée dans de nombreuses collectivités. La réponse est non. La directive européenne n’impose pas la publication nominative des rémunérations individuelles des agents publics.

 

Le RGPD continue de protéger les données personnelles. Les agents ne pourront donc pas accéder au salaire exact d’un collègue identifié. En revanche, l’employeur devra être capable de produire des données agrégées, anonymisées et ventilées par sexe afin d’identifier d’éventuels écarts de rémunération entre femmes et hommes pour des emplois comparables.

 

La transparence salariale ne signifie donc pas exposition individuelle des rémunérations. Elle signifie mise en visibilité des écarts structurels susceptibles de révéler une inégalité de traitement.

Point de vigilance

Dans les petites collectivités, l’anonymisation devra être particulièrement soignée. Lorsqu’un groupe d’emplois ne comporte qu’un très faible nombre d’agents, une donnée pourtant agrégée peut parfois permettre une identification indirecte.

Pourquoi la transparence salariale dépasse-t-elle l’égalité femmes-hommes ?

Réduire la transparence salariale à un simple sujet d’égalité professionnelle serait une erreur. La directive agit comme un révélateur de l’ensemble du système de rémunération.

 

Dans les collectivités territoriales, une part importante des différences de rémunération ne provient pas du traitement indiciaire, mais du régime indemnitaire, des groupes de fonctions, des sujétions particulières, des responsabilités exercées, des négociations de recrutement ou encore des pratiques historiques.

 

La question centrale devient donc la suivante : la collectivité est-elle capable d’expliquer objectivement pourquoi deux agents occupant des emplois comparables ne perçoivent pas le même niveau de rémunération globale ?

 

Cette interrogation concerne directement le RIFSEEP, l’IFSE, les compléments indemnitaires, les emplois fonctionnels, les agents contractuels, les filières historiquement moins valorisées et les métiers en tension.

Ce que gagne la collectivité

Une politique de rémunération lisible, documentée et objectivée renforce la sécurité juridique, améliore le dialogue social et devient un véritable levier d’attractivité dans un contexte de concurrence croissante entre employeurs publics.

Où en est la transposition française ?

La directive européenne (UE) 2023/970 fixe un cadre ambitieux, mais les textes français d’application spécifiques à la fonction publique ne sont pas encore tous publiés. Cette précision est essentielle.

 

Les principes sont connus : transparence des rémunérations, information des candidats, interdiction de demander l’historique salarial, accès à certaines données agrégées, justification des écarts et renforcement des droits en cas de discrimination salariale.

 

En revanche, les modalités précises applicables aux employeurs publics territoriaux devront être clarifiées par les textes nationaux. Les collectivités doivent donc éviter les affirmations trop définitives sur les procédures exactes, tout en engageant dès maintenant les travaux préparatoires.

À retenir

L’absence de décrets d’application complets ne doit pas conduire à l’inaction. Les collectivités qui attendront le dernier moment risquent de devoir traiter dans l’urgence des sujets lourds : données RH, cotation des postes, justification des écarts, dialogue social et impact budgétaire.

Peut-on encore demander l’historique salarial d’un candidat ?

 

La directive interdit à l’employeur de demander à un candidat son niveau de rémunération antérieur. Cette évolution est majeure pour les collectivités territoriales, notamment lors du recrutement d’agents contractuels, de cadres expérimentés ou de profils issus du secteur privé.

 

La logique est claire : une rémunération future ne doit pas reproduire une éventuelle inégalité passée. Elle doit être construite à partir du poste proposé, des responsabilités exercées, des compétences attendues, de l’expérience utile et des règles internes de rémunération.

 

La pratique consistant à demander la dernière fiche de paie comme base de négociation devra donc être abandonnée. Elle expose l’employeur à un risque juridique et entretient des écarts qui peuvent devenir difficiles à justifier.

Bonne pratique

La collectivité devrait formaliser une grille interne de détermination de la rémunération à l’embauche, notamment pour les contractuels. Cette grille doit reposer sur le niveau de responsabilité, la rareté des compétences, l’expérience utile et la cohérence avec les agents déjà en poste.

Comment définir un travail de valeur égale ?

La notion de travail de valeur égale constitue l’un des points les plus sensibles de la directive. Elle impose de dépasser les intitulés de postes, les filières et les habitudes de gestion pour analyser la réalité des responsabilités exercées.

 

Deux emplois peuvent être considérés comme de valeur comparable s’ils exigent des qualifications, des efforts, des responsabilités et des conditions de travail équivalents. Cela signifie qu’une comparaison peut être pertinente entre des métiers différents, dès lors que leur niveau de responsabilité, de contrainte ou d’expertise est comparable.

 

Dans une collectivité territoriale, cela peut conduire à rapprocher des fonctions qui, historiquement, n’étaient jamais comparées : une responsable RH, une responsable financière, une responsable de service technique, une responsable informatique ou une coordinatrice d’établissement.

 

Cette évolution va renforcer l’intérêt des démarches de cotation des postes, de cartographie des emplois et de pesée des responsabilités.

Exemple concret

Une collectivité qui attribue une IFSE nettement supérieure à un poste technique masculinisé par rapport à un poste administratif féminisé de responsabilité équivalente devra être capable d’expliquer la différence par des critères objectifs. À défaut, l’écart pourrait être contesté.

Qu’est-ce que l’inversion de la charge de la preuve ?

 

L’inversion de la charge de la preuve est l’un des changements les plus structurants pour les employeurs publics. Lorsqu’un agent met en évidence un écart de rémunération susceptible de révéler une discrimination, il appartiendra à l’employeur de démontrer que cet écart repose sur des critères objectifs, pertinents et non discriminatoires.

 

Cette évolution renforce considérablement l’exigence de traçabilité. La collectivité ne devra pas seulement avoir pris une décision juste. Elle devra être capable de prouver pourquoi cette décision a été prise, sur quels critères elle repose et en quoi elle est cohérente avec la politique de rémunération de l’organisation.

 

Les décisions relatives à l’IFSE, aux recrutements, aux promotions, aux avancements, aux changements de fonctions et aux régimes indemnitaires devront être mieux documentées.

Question que doit se poser un DRH

Si un agent ou un juge administratif demandait demain pourquoi deux postes comparables bénéficient de niveaux indemnitaires différents, la collectivité sera-t-elle capable de produire immédiatement une justification claire, objective et documentée ?

Que se passe-t-il en cas d’écart supérieur à 5 % ?

La directive prévoit qu’un écart de rémunération d’au moins 5 % entre femmes et hommes, lorsqu’il n’est pas justifié par des critères objectifs, doit conduire l’employeur à engager une démarche d’analyse et de correction.

 

Il convient toutefois de rester prudent. Les modalités précises applicables aux employeurs publics français dépendront des textes de transposition et des décrets d’application encore attendus.

 

Le principe général est néanmoins clair : un écart significatif ne pourra plus rester sans explication. Il devra être analysé, justifié ou corrigé. Pour les collectivités, cette exigence peut avoir des conséquences budgétaires importantes si des régularisations indemnitaires deviennent nécessaires.

Ce que risque la collectivité

Une collectivité qui découvre tardivement des écarts indemnitaires injustifiés peut être confrontée à un triple risque : contentieux individuel, tension sociale collective et coût budgétaire de correction non anticipé.

Quels risques pour les collectivités territoriales ?

Le premier risque est juridique. Les contentieux relatifs à l’égalité de rémunération pourraient devenir plus fréquents, en particulier lorsque les décisions indemnitaires sont insuffisamment motivées ou documentées.

 

Le deuxième risque est budgétaire. La correction d’écarts anciens peut représenter un coût significatif, surtout lorsque plusieurs groupes d’emplois sont concernés.

 

Le troisième risque est social. Plus les agents auront accès à des informations agrégées sur les rémunérations, plus ils demanderont des explications sur les différences constatées.

 

Le quatrième risque concerne l’attractivité. Une collectivité incapable d’expliquer sa politique salariale peut voir sa marque employeur fragilisée, notamment auprès des jeunes générations, très sensibles à l’équité et à la transparence.

 

Les 15 questions que les agents territoriaux vont bientôt poser à leur DRH

L’arrivée progressive des obligations de transparence salariale va modifier les attentes des agents vis-à-vis de leur employeur. Dans de nombreuses collectivités, les services RH devront répondre à des interrogations nouvelles, parfois sensibles.

 

Les agents voudront comprendre comment leur rémunération est construite, quels critères déterminent leur IFSE, pourquoi certains postes bénéficient d’un régime indemnitaire supérieur, comment évoluent les rémunérations lors des recrutements et quels écarts existent entre les femmes et les hommes.

 

Les questions les plus fréquentes porteront probablement sur le calcul de la rémunération, les critères d’attribution de l’IFSE, les différences entre postes comparables, les perspectives d’évolution salariale, l’accès à un groupe de fonctions supérieur, les écarts de rémunération entre femmes et hommes, les règles applicables aux contractuels et les recours possibles en cas de désaccord.

Ce que doit anticiper un DRH territorial

La difficulté ne résidera pas uniquement dans la production de statistiques. Elle consistera surtout à développer une capacité d’explication, de pédagogie et de dialogue. Une politique salariale comprise est toujours plus robuste qu’une politique salariale simplement conforme.

Transparence salariale : la feuille de route des collectivités territoriales entre 2026 et 2028

L’année 2026 doit être consacrée à l’état des lieux. Les collectivités ont intérêt à analyser leurs données RH, vérifier la cohérence des groupes de fonctions, identifier les écarts indemnitaires et évaluer la robustesse de leurs critères de rémunération.

 

L’année 2027 devrait permettre d’engager les ajustements nécessaires. Les chantiers prioritaires porteront sur la révision des cotations de postes, la clarification des critères d’attribution de l’IFSE, la sécurisation des recrutements et la préparation du dialogue social.

 

À partir de 2028, les employeurs publics devraient être confrontés à des exigences renforcées de reporting, de justification et de correction des écarts injustifiés.

Ce que gagne la collectivité qui anticipe

Une collectivité qui engage dès maintenant ce travail réduit son exposition au contentieux, améliore la qualité du dialogue social, sécurise sa masse salariale et renforce sa crédibilité auprès des agents comme des candidats.

Transparence salariale : les 10 erreurs qui exposent déjà les collectivités à un risque juridique

 

La première erreur consiste à croire que les grilles indiciaires suffisent à garantir l’égalité de rémunération. Dans les faits, les écarts les plus sensibles proviennent souvent du régime indemnitaire.

 

La deuxième erreur est l’absence de formalisation des critères d’attribution de l’IFSE. Lorsque les montants reposent sur des usages anciens ou des arbitrages non documentés, la justification devient fragile.

 

La troisième erreur tient à l’absence de cotation fiable des postes. Sans méthode d’évaluation des emplois, il devient difficile de démontrer qu’une différence de rémunération est objectivement fondée.

 

La quatrième erreur consiste à laisser subsister des écarts issus de négociations individuelles anciennes sans réexamen régulier.

 

La cinquième erreur est de ne pas conserver les éléments justificatifs des décisions RH. Avec l’inversion de la charge de la preuve, l’absence de traçabilité devient un risque majeur.

 

La sixième erreur est de traiter les contractuels comme un sujet à part, alors que la transparence salariale concernera l’ensemble des rémunérations.

 

La septième erreur consiste à sous-estimer les attentes des agents. Plus la transparence progressera, plus les demandes d’explication augmenteront.

 

La huitième erreur est de produire des indicateurs d’égalité professionnelle sans les exploiter réellement pour piloter la politique RH.

 

La neuvième erreur est de ne pas associer les managers, alors qu’ils seront en première ligne pour expliquer les décisions aux équipes.

 

La dixième erreur est d’attendre les décrets d’application avant d’agir. Les collectivités qui anticipent disposent toujours d’une marge de manœuvre plus importante.

Exemple concret

Une collectivité ayant mis en place le RIFSEEP depuis plusieurs années peut découvrir que certains montants d’IFSE résultent de négociations successives et non d’une véritable logique de cotation. Si ces écarts concernent des emplois comparables, l’employeur devra pouvoir en expliquer précisément les raisons.

Auto-diagnostic : votre collectivité est-elle prête pour la transparence salariale ?

La transparence salariale constitue un test de maturité RH pour les employeurs publics territoriaux. Pour évaluer votre niveau de préparation, il est utile de répondre à une série de questions simples.

 

Gouvernance et stratégie RH

Votre collectivité dispose-t-elle d’une politique de rémunération formalisée et régulièrement actualisée ? Les principes de rémunération sont-ils connus des élus, de la direction générale, des managers et du service RH ? Les critères d’attribution du régime indemnitaire sont-ils suffisamment clairs ? Les enjeux de transparence salariale ont-ils déjà été présentés en comité de direction ? Un pilote a-t-il été identifié pour préparer la mise en conformité ?

 

Cartographie des emplois et cotation des postes

Les fiches de poste sont-elles actualisées ? Les groupes de fonctions reposent-ils sur une méthode d’évaluation identifiable ? Les critères de cotation sont-ils appliqués de manière homogène ? La collectivité peut-elle expliquer pourquoi deux postes bénéficient de niveaux d’IFSE différents ? Les responsabilités réellement exercées sont-elles correctement décrites ?

 

Régime indemnitaire et rémunérations

La collectivité est-elle capable de justifier chaque niveau d’IFSE ? Les écarts indemnitaires entre postes comparables ont-ils été analysés ? Les recrutements récents ont-ils fait l’objet d’un contrôle de cohérence ? Les situations historiquement dérogatoires sont-elles identifiées ? Les modalités de révision du régime indemnitaire sont-elles formalisées ?

 

Égalité professionnelle et analyse des écarts

Les écarts de rémunération entre femmes et hommes sont-ils mesurés régulièrement ? Ces analyses sont-elles exploitées pour orienter les décisions RH ? Les écarts observés sont-ils expliqués et documentés ? Les représentants du personnel sont-ils associés aux réflexions ? Les données RH permettent-elles une analyse fiable par groupes d’emplois comparables ?

 

Recrutement et attractivité

Les offres d’emploi comportent-elles des informations suffisamment précises sur la rémunération ? Les recruteurs sont-ils sensibilisés à l’interdiction de demander l’historique salarial ? Les critères de négociation salariale sont-ils formalisés ? Les écarts entre nouveaux recrutés et agents déjà en poste sont-ils suivis ? La marque employeur intègre-t-elle les enjeux d’équité salariale ?

 

Dialogue social et communication interne

Les organisations syndicales ont-elles été informées des enjeux de transparence salariale ? Les managers savent-ils expliquer les règles de rémunération ? Les agents disposent-ils d’une information claire sur les mécanismes de progression salariale ? La collectivité est-elle prête à répondre à une augmentation des demandes d’explication ? Une stratégie de communication interne a-t-elle été définie ?

 

Sécurisation juridique

La collectivité conserve-t-elle les éléments permettant de justifier ses décisions indemnitaires ? Les critères de promotion et d’avancement sont-ils formalisés ? Les décisions de recrutement sont-elles suffisamment documentées ? Un audit des risques a-t-il déjà été réalisé ? Une méthodologie existe-t-elle pour répondre à une contestation relative à une différence de rémunération ?

 

Résultat de votre auto-diagnostic

Si la majorité des réponses est positive, votre collectivité dispose probablement d’un bon niveau de préparation. Les travaux à engager relèveront principalement de l’ajustement et de la formalisation.

 

Si les réponses positives sont partagées avec des réponses partielles, votre collectivité présente une maturité intermédiaire. Les fondations existent, mais certains chantiers doivent être engagés rapidement.

 

Si les réponses négatives sont majoritaires, il est recommandé de lancer sans attendre un diagnostic approfondi. Les risques concernent alors la sécurité juridique, la cohérence de la politique indemnitaire, le dialogue social et la maîtrise budgétaire.

Votre collectivité est-elle réellement prête pour la transparence salariale ?

NAUDRH.COM prépare un outil d’auto-évaluation complet de la maturité RH face à la transparence salariale, spécialement conçu pour les collectivités territoriales.

Cet outil permettra d’évaluer la conformité des pratiques de recrutement, la robustesse des groupes de fonctions RIFSEEP, les risques liés aux écarts indemnitaires, la qualité des données RH, le niveau de préparation du dialogue social et l’exposition potentielle aux contentieux.

Les abonnés à la veille juridique statutaire analytique RH FPT 24/7 bénéficieront d’un accès prioritaire à cet outil dès sa mise en ligne.

Ce qu’il faut retenir

La transparence salariale ne rendra pas publiques les rémunérations individuelles des agents territoriaux. En revanche, elle obligera progressivement les employeurs publics à démontrer l’équité de leurs pratiques de rémunération.

 

La notion de travail de valeur égale deviendra centrale. Elle conduira les collectivités à comparer des emplois au-delà des filières, des intitulés de poste et des habitudes historiques.

 

L’interdiction de demander l’historique salarial des candidats modifiera les pratiques de recrutement, notamment pour les contractuels et les profils en tension.

 

L’inversion de la charge de la preuve renforcera l’exigence de traçabilité. Les employeurs devront être capables de justifier les décisions de rémunération, de recrutement, de promotion et d’évolution indemnitaire.

 

Les écarts de rémunération injustifiés pourront générer des risques juridiques, budgétaires, sociaux et managériaux importants.

 

Les collectivités qui anticipent disposeront d’un avantage réel. Elles sécuriseront leurs pratiques, renforceront leur marque employeur et transformeront une contrainte réglementaire en levier de modernisation RH.

 

Le regard de NAUDRH.COM

La transparence salariale ne doit pas être abordée comme une simple obligation européenne supplémentaire. Elle annonce un changement profond dans la manière dont les employeurs publics devront piloter, expliquer et justifier leurs politiques de rémunération.

 

Dans les collectivités territoriales, la question ne sera plus seulement de savoir si une rémunération respecte les règles statutaires. Elle sera aussi de savoir si cette rémunération est cohérente, objectivable, explicable et équitable au regard des responsabilités exercées.

 

Les DRH territoriaux qui s’empareront rapidement du sujet pourront en faire un levier de professionnalisation de la fonction RH, de consolidation du dialogue social et de renforcement de l’attractivité publique.

 

À l’inverse, les collectivités qui attendront les derniers textes pour agir risquent de découvrir trop tard des fragilités anciennes, des écarts difficiles à corriger et des tensions internes évitables.

 

Mon opinion : la transparence salariale sera l’un des grands chantiers RH structurants des prochaines années dans la fonction publique territoriale. Les collectivités qui la traiteront uniquement sous l’angle réglementaire passeront à côté de l’essentiel. Celles qui l’utiliseront pour objectiver leurs rémunérations, fiabiliser leurs données RH et renforcer la confiance des agents disposeront d’un avantage durable.

 

 

Par Pascal NAUD
Président, fondateur de NAUDRH.COM
Expert en ressources humaines territoriales, dialogue social et management public
Contact : naudrhexpertise@gmail.com

 

 

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