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Veille juridique, statutaire, managériale et institutionnelle — Fonction publique territoriale
La veille du DRH territorial
Édition du lundi 19 octobre 2026 — La médecine préventive dans la fonction publique territoriale, entre réforme et allongement de la périodicité des visites
Le service de médecine préventive, une obligation réformée en 2022
Sources : décret n° 85-603 du 10 juin 1985 ; décret n° 2022-551 du 13 avril 2022 — le cadre du service de médecine préventive
Synthèse opérationnelle. La médecine préventive, pilier de la protection de la santé des agents et composante essentielle de la prévention, ayant fait l'objet d'une réforme en 2022 puis d'une évolution récente, il est utile de consacrer un point d'ensemble à ce dispositif. Toute collectivité territoriale est tenue de disposer d'un service de médecine préventive, dont la mission est de prévenir toute altération de la santé des agents du fait de leur travail. Le cadre de ce service figure au décret du 10 juin 1985 relatif à l'hygiène, à la sécurité et à la médecine professionnelle et préventive dans la fonction publique territoriale, profondément modifié par le décret du 13 avril 2022. Cette réforme a introduit plusieurs évolutions notables. La dénomination de « médecin du travail » s'est substituée à celle de « médecin de prévention ». Le service repose désormais sur une équipe pluridisciplinaire, animée et coordonnée par un médecin du travail, et pouvant comprendre notamment des infirmiers en santé au travail. La réforme a également ouvert la mutualisation du service entre plusieurs employeurs publics, et introduit le recours à la télémédecine. La maîtrise de ce cadre est essentielle. Pour les collectivités, maîtriser le cadre du service de médecine préventive, en connaître l'obligation et la réforme de 2022, et organiser ce service sont des éléments d'une gestion rigoureuse, ce dispositif étant appréhendé ici sous l'angle de l'organisation et non de situations individuelles.
Point d'alerte DRH. Toute collectivité doit disposer d'un service de médecine préventive, chargé de prévenir toute altération de la santé des agents du fait de leur travail (décret n° 85-603 du 10 juin 1985, modifié par le décret n° 2022-551 du 13 avril 2022). La réforme de 2022 a substitué le « médecin du travail » au « médecin de prévention », instauré une équipe pluridisciplinaire animée par un médecin du travail et comprenant notamment des infirmiers en santé au travail, ouvert la mutualisation entre plusieurs employeurs publics, et introduit la télémédecine.
Impact RH :OrangeUrgence :Orange
Ce que le DRH doit faire lundi matin : maîtriser le cadre du service de médecine préventive (obligation de disposer d'un service prévenant l'altération de la santé des agents — décret n° 85-603 du 10 juin 1985, réforme du décret n° 2022-551 du 13 avril 2022 : médecin du travail, équipe pluridisciplinaire, infirmiers en santé au travail, mutualisation, télémédecine), et vérifier l'organisation de ce service.
L'actualité : la périodicité de la visite d'information et de prévention portée de deux à cinq ans
Sources : décret n° 2025-1193 du 8 décembre 2025 ; décret n° 85-603 du 10 juin 1985 modifié — la nouvelle périodicité de la visite d'information et de prévention
Synthèse opérationnelle. Une évolution récente et très commentée de la médecine préventive concerne la périodicité des visites médicales, qu'il importe de connaître précisément car elle modifie directement le suivi des agents. Le décret du 8 décembre 2025 a modifié la périodicité de la visite d'information et de prévention, désignée par le sigle VIP, qui constitue le rendez-vous de suivi régulier des agents. Jusqu'alors, cette visite devait avoir lieu au minimum tous les deux ans. Désormais, la périodicité de droit commun est portée à cinq ans au minimum. Il importe toutefois de souligner que les agents soumis à une surveillance médicale renforcée, en raison de leurs conditions de travail ou de leur état, bénéficient d'un suivi plus fréquent : la visite auprès du médecin du travail a lieu, pour eux, au minimum tous les quatre ans, et doit être suivie d'une visite intermédiaire, réalisée par un professionnel de santé, au plus tard deux ans après. Cette mesure, qui vise à tenir compte des moyens limités de la médecine du travail, a suscité des débats. Il importe d'en intégrer les conséquences dans l'organisation du suivi. Pour les collectivités, connaître la nouvelle périodicité des visites, l'appliquer en distinguant le suivi de droit commun et le suivi renforcé, et adapter l'organisation sont des éléments d'une gestion rigoureuse.
Point d'alerte DRH. Le décret n° 2025-1193 du 8 décembre 2025 a porté la périodicité de la visite d'information et de prévention (VIP) de deux ans à cinq ans au minimum, en droit commun. Les agents soumis à une surveillance médicale renforcée bénéficient d'un suivi plus fréquent : visite auprès du médecin du travail au minimum tous les quatre ans, suivie d'une visite intermédiaire par un professionnel de santé au plus tard deux ans après. La mesure, qui tient compte des moyens limités de la médecine du travail, a suscité des débats. En intégrer les conséquences dans l'organisation du suivi des agents.
Impact RH :RougeUrgence :Orange
Ce que le DRH doit faire lundi matin : intégrer la nouvelle périodicité de la visite d'information et de prévention (de deux à cinq ans au minimum en droit commun ; quatre ans plus une visite intermédiaire à deux ans pour les agents en surveillance médicale renforcée — décret n° 2025-1193 du 8 décembre 2025), et adapter en conséquence l'organisation du suivi médical.
L'obligation d'organiser le service et la responsabilité de l'employeur
Sources : décret n° 85-603 du 10 juin 1985 ; obligation de sécurité de l'employeur — la portée de l'obligation en matière de médecine préventive
Synthèse opérationnelle. L'obligation de disposer d'un service de médecine préventive n'est pas une simple faculté, mais une obligation dont le défaut emporte des conséquences qu'il importe de mesurer. L'organisation d'un service de médecine préventive est une obligation à la charge de l'employeur territorial, qui procède de son obligation plus générale d'assurer la sécurité et de protéger la santé de ses agents. Il en résulte que la collectivité ne saurait se dispenser d'organiser ce service, que ce soit en interne ou, le plus souvent, par adhésion au service du centre de gestion. Le défaut d'organisation du service, ou l'absence de suivi médical des agents, est susceptible d'engager la responsabilité de la collectivité. En premier lieu, un agent dont la santé a été altérée, faute d'un suivi médical qui aurait permis de détecter ou de prévenir une atteinte, peut rechercher la responsabilité de la collectivité. En second lieu, le défaut de suivi peut constituer un manquement à l'obligation de sécurité, apprécié par le juge. Il importe de souligner que l'allongement de la périodicité des visites ne dispense pas la collectivité de son obligation de suivi, mais en modifie seulement la fréquence minimale. La mesure de cette responsabilité est essentielle. Pour les collectivités, organiser effectivement le service de médecine préventive, assurer le suivi médical des agents, et prévenir ainsi leur mise en cause sont des éléments d'une gestion rigoureuse et sécurisée.
Point d'alerte DRH. L'organisation d'un service de médecine préventive est une obligation de l'employeur, procédant de son obligation de sécurité. La collectivité ne peut s'en dispenser, que ce soit en interne ou par adhésion au service du centre de gestion. Le défaut d'organisation ou l'absence de suivi médical peut engager sa responsabilité : un agent dont la santé a été altérée faute de suivi peut la rechercher, et le défaut peut constituer un manquement à l'obligation de sécurité. L'allongement de la périodicité des visites ne dispense pas de l'obligation de suivi : il en modifie seulement la fréquence minimale.
Impact RH :RougeUrgence :Orange
Ce que le DRH doit faire lundi matin : organiser effectivement le service de médecine préventive (en interne ou par adhésion au centre de gestion), assurer le suivi médical des agents, et retenir que l'allongement de la périodicité ne dispense pas de l'obligation de suivi mais en modifie la fréquence minimale, le défaut pouvant engager la responsabilité de la collectivité au titre de l'obligation de sécurité.
Le médecin du travail, l'adaptation du poste et le maintien dans l'emploi
Sources : décret n° 85-603 du 10 juin 1985 modifié ; missions du médecin du travail — le rôle du médecin du travail dans l'adaptation du poste
Synthèse opérationnelle. Le médecin du travail joue un rôle déterminant dans l'adaptation des conditions de travail et le maintien dans l'emploi des agents, dimension qu'il importe d'appréhender, car elle touche directement à la carrière et à l'organisation du travail. Au-delà du suivi médical, le médecin du travail exerce une mission de conseil auprès de l'autorité territoriale et des agents, portant notamment sur l'adaptation des postes de travail, l'amélioration des conditions de travail, et l'aménagement des situations de travail en fonction de l'état de santé des agents. Le médecin du travail peut ainsi proposer des aménagements de poste, des adaptations d'horaires, ou des mesures individuelles d'organisation, afin de permettre le maintien dans l'emploi d'un agent dont l'état de santé l'exige. Il importe de souligner que ces propositions, formulées dans le respect du secret médical, lient l'autorité territoriale dans une certaine mesure : si celle-ci n'est pas tenue de les suivre, elle doit, en cas de refus, en faire connaître les motifs. Le médecin du travail concourt ainsi à la prévention de la désinsertion professionnelle et au maintien dans l'emploi. La connaissance de ce rôle est essentielle. Pour les collectivités, mobiliser le médecin du travail dans l'adaptation des postes, prendre en compte ses propositions, et favoriser le maintien dans l'emploi sont des éléments d'une gestion rigoureuse et attentive.
Point d'alerte DRH. Au-delà du suivi, le médecin du travail conseille l'autorité et les agents sur l'adaptation des postes, l'amélioration des conditions de travail, et l'aménagement des situations de travail selon l'état de santé. Il peut proposer des aménagements de poste, d'horaires, ou des mesures individuelles d'organisation permettant le maintien dans l'emploi. Ces propositions, formulées dans le respect du secret médical, encadrent l'autorité : celle-ci n'est pas tenue de les suivre, mais doit, en cas de refus, en faire connaître les motifs. Le médecin du travail concourt à la prévention de la désinsertion professionnelle et au maintien dans l'emploi.
Impact RH :OrangeUrgence :Vert
Ce que le DRH doit faire lundi matin : mobiliser le médecin du travail dans sa mission de conseil (adaptation des postes, aménagement des horaires et des situations de travail, maintien dans l'emploi), prendre en compte ses propositions formulées dans le respect du secret médical, et motiver tout refus de les suivre.
4. Santé au travail, protection sociale et absentéisme
La visite d'information et de prévention, l'infirmier en santé au travail et la télémédecine
Sources : décret n° 85-603 du 10 juin 1985 modifié ; décret n° 2022-551 du 13 avril 2022 — les modalités du suivi médical des agents
Synthèse opérationnelle. Le suivi médical des agents repose sur des modalités rénovées par la réforme de 2022, qu'il importe de connaître pour en assurer l'effectivité malgré les contraintes. La visite d'information et de prévention constitue le rendez-vous de suivi régulier : elle a remplacé l'ancien examen médical périodique, et vise à informer l'agent sur les risques liés à son poste, à l'interroger sur son état de santé, et à l'orienter si nécessaire. Une évolution importante réside dans la possibilité, pour un infirmier en santé au travail, de réaliser cette visite, dans le cadre d'un protocole établi par le médecin du travail, à charge pour l'infirmier d'orienter sans délai l'agent vers le médecin lorsque la situation le justifie. Cette intervention des infirmiers, dont la formation est encadrée, vise à démultiplier la capacité de suivi face à la pénurie de médecins. Une autre évolution réside dans l'ouverture de la télémédecine : la téléconsultation est désormais possible, sous réserve du consentement écrit de l'agent. Enfin, l'agent peut, à tout moment, solliciter une visite, sans que l'administration ait à en connaître le motif. La connaissance de ces modalités est essentielle. Pour les collectivités, organiser le suivi médical selon ces modalités, mobiliser les infirmiers et la télémédecine, et garantir l'accès des agents aux visites sont des éléments d'une gestion rigoureuse.
Point d'alerte DRH. La visite d'information et de prévention, qui a remplacé l'examen médical périodique, informe l'agent sur les risques de son poste, l'interroge sur son état de santé et l'oriente si besoin. Un infirmier en santé au travail peut la réaliser, dans le cadre d'un protocole établi par le médecin du travail, en orientant sans délai vers le médecin si nécessaire : cette intervention vise à démultiplier le suivi face à la pénurie de médecins. La télémédecine (téléconsultation) est possible, sous consentement écrit de l'agent. L'agent peut solliciter une visite à tout moment, sans que l'administration en connaisse le motif.
Impact RH :OrangeUrgence :Vert
Ce que le DRH doit faire lundi matin : organiser le suivi médical selon les modalités rénovées (visite d'information et de prévention réalisable par un infirmier en santé au travail dans le cadre d'un protocole, télémédecine sous consentement écrit, visite à la demande de l'agent sans motif connu de l'administration — décret n° 2022-551), pour en assurer l'effectivité.
Le secret médical et l'indépendance du médecin du travail
Sources : décret n° 85-603 du 10 juin 1985 modifié ; principes déontologiques de la médecine du travail — le secret médical et l'indépendance
Synthèse opérationnelle. La médecine préventive est régie par des principes déontologiques exigeants, au premier rang desquels le secret médical et l'indépendance du médecin, qu'il importe de respecter scrupuleusement. Le premier principe est le secret médical. Le médecin du travail, comme tout médecin, est tenu au secret médical : il ne communique pas à l'autorité territoriale les informations relatives à la santé des agents, dont il a connaissance dans l'exercice de ses fonctions. Il en résulte que l'autorité ne connaît ni le contenu des échanges médicaux, ni, lorsqu'un agent sollicite une visite, le motif de cette demande. Les avis du médecin du travail à l'autorité portent sur l'aptitude, les aménagements ou les mesures d'organisation, et non sur les éléments médicaux qui les fondent. Le second principe est l'indépendance technique du médecin du travail dans l'exercice de ses missions médicales : l'autorité ne saurait lui donner d'instructions sur le contenu de ses avis médicaux. Il importe de souligner que la méconnaissance du secret médical, notamment par la collecte ou la conservation irrégulière de données de santé, engagerait la responsabilité de la collectivité. Le respect de ces principes est une exigence. Pour les collectivités, respecter le secret médical, préserver l'indépendance du médecin du travail, et ne traiter que les avis et non les données médicales sont des éléments d'une gestion rigoureuse et déontologique.
Point d'alerte DRH. Deux principes déontologiques. Le secret médical : le médecin du travail ne communique pas à l'autorité les informations de santé des agents ; l'autorité ne connaît ni le contenu des échanges médicaux, ni le motif d'une visite sollicitée par un agent. Les avis à l'autorité portent sur l'aptitude, les aménagements ou l'organisation, non sur les éléments médicaux. L'indépendance technique : l'autorité ne peut donner d'instructions sur le contenu des avis médicaux. La méconnaissance du secret médical (collecte ou conservation irrégulière de données de santé) engagerait la responsabilité de la collectivité.
Impact RH :RougeUrgence :Orange
Ce que le DRH doit faire lundi matin : respecter le secret médical (ne pas chercher à connaître les données de santé des agents ni le motif des visites sollicitées, ne traiter que les avis du médecin du travail portant sur l'aptitude et les aménagements), et préserver l'indépendance technique du médecin du travail dans ses avis médicaux.
La médecine préventive dans le dialogue social et les débats sur la réforme
Sources : décret n° 2021-571 du 10 mai 2021 ; débats sur le décret n° 2025-1193 du 8 décembre 2025 — la médecine préventive et le dialogue social
Synthèse opérationnelle. Les questions de médecine préventive s'inscrivent pleinement dans le dialogue social, et les récentes évolutions ont suscité des débats qu'il est éclairant d'appréhender. En premier lieu, les questions relatives à la santé, à la sécurité et aux conditions de travail, dont relève la médecine préventive, sont de la compétence de la formation spécialisée du comité social territorial, ou, à défaut, du comité social territorial. Le médecin du travail est associé aux travaux de cette instance, à laquelle il présente notamment un rapport annuel sur son activité et sur l'état de santé des agents, sous une forme respectant le secret médical. En second lieu, il importe de souligner que l'allongement de la périodicité de la visite d'information et de prévention, de deux à cinq ans, a fait l'objet de débats nourris. Les organisations syndicales ont exprimé leur opposition à cette mesure, y voyant un recul de la prévention et du suivi de la santé des agents. Les représentants des employeurs, quant à eux, l'ont justifiée par les moyens limités de la médecine du travail et la difficulté à assurer un suivi plus fréquent. Ce débat illustre une tension de fond. Pour les collectivités, associer le médecin du travail au dialogue social, prendre en compte les débats sur la réforme, et nourrir un dialogue social de qualité sur la santé au travail sont des éléments d'une gestion rigoureuse.
Point d'alerte DRH. Les questions de santé, de sécurité et de conditions de travail, dont la médecine préventive, relèvent de la formation spécialisée du comité social territorial, ou, à défaut, du comité social territorial. Le médecin du travail y est associé et présente un rapport annuel d'activité, dans le respect du secret médical. L'allongement de la périodicité de la visite d'information et de prévention (de deux à cinq ans) a suscité des débats : opposition des organisations syndicales, y voyant un recul de la prévention ; justification des employeurs par les moyens limités de la médecine du travail. Un débat de fond à prendre en compte.
Impact RH :VertUrgence :Vert
Ce que le DRH doit faire lundi matin : associer le médecin du travail au dialogue social au sein de la formation spécialisée ou du comité social territorial (rapport annuel d'activité dans le respect du secret médical), et prendre en compte les débats suscités par l'allongement de la périodicité des visites (opposition syndicale, justification par les moyens de la médecine du travail).
La pénurie de médecins du travail et les leviers de la réforme
Sources : décret n° 2022-551 du 13 avril 2022 ; analyses sur la démographie médicale — la pénurie de médecins du travail et les réponses apportées
Synthèse opérationnelle. La médecine préventive est confrontée à une difficulté structurelle, la pénurie de médecins du travail, à laquelle la réforme s'est efforcée de répondre par plusieurs leviers qu'il importe de connaître. La démographie des médecins du travail est marquée par une pénurie, liée au faible nombre de praticiens formés et aux départs à la retraite, qui rend difficile, pour de nombreuses collectivités, l'accès à un suivi médical de leurs agents. Face à cette difficulté, la réforme a mobilisé plusieurs leviers. Le premier est le développement du rôle des infirmiers en santé au travail, qui peuvent désormais réaliser une part du suivi, et dont la formation est encadrée, afin de démultiplier la capacité de suivi. Le deuxième est l'ouverture de la mutualisation des services entre plusieurs employeurs publics, et le recours à des organismes dédiés, permettant de partager des ressources médicales rares. Le troisième est le recours à la télémédecine, qui facilite l'accès au médecin malgré l'éloignement. Le quatrième, enfin, est l'accueil d'internes en médecine du travail. L'allongement de la périodicité des visites s'inscrit lui-même dans ce contexte de moyens contraints. La connaissance de ces leviers est essentielle. Pour les collectivités, appréhender la pénurie de médecins du travail, mobiliser les leviers de la réforme, et sécuriser l'accès au suivi médical sont des éléments d'une gestion rigoureuse.
Point d'alerte DRH. La médecine préventive est confrontée à une pénurie structurelle de médecins du travail (faible nombre de praticiens, départs en retraite), qui complique l'accès au suivi. La réforme mobilise plusieurs leviers : développement du rôle des infirmiers en santé au travail (réalisation d'une part du suivi, formation encadrée) ; mutualisation des services entre plusieurs employeurs publics et recours à des organismes dédiés ; télémédecine facilitant l'accès malgré l'éloignement ; accueil d'internes en médecine du travail. L'allongement de la périodicité des visites s'inscrit dans ce contexte de moyens contraints.
Impact RH :OrangeUrgence :Vert
Ce que le DRH doit faire lundi matin : appréhender la pénurie de médecins du travail et mobiliser les leviers de la réforme (rôle accru des infirmiers en santé au travail, mutualisation des services entre employeurs publics, télémédecine, accueil d'internes — décret n° 2022-551), pour sécuriser l'accès des agents au suivi médical.
L'organisation du service : adhésion au centre de gestion, équipe pluridisciplinaire et action en milieu de travail
Sources : décret n° 85-603 du 10 juin 1985 modifié ; organisation des services de médecine préventive — les modalités d'organisation du service
Synthèse opérationnelle. L'organisation concrète du service de médecine préventive offre aux collectivités plusieurs possibilités, qu'il importe d'apprécier pour assurer un suivi effectif de leurs agents. La première modalité est le service propre à la collectivité, que seules les plus importantes sont, en pratique, en mesure d'organiser. La seconde, de loin la plus répandue, est l'adhésion au service de médecine préventive du centre de gestion, qui mutualise les moyens au profit des collectivités affiliées, moyennant une cotisation ou une participation. D'autres formes de mutualisation entre employeurs publics, ou le recours à un organisme dédié, sont également possibles. Quelle que soit la modalité retenue, le service repose sur une équipe pluridisciplinaire, animée par un médecin du travail, et comprenant, selon les cas, des infirmiers et d'autres professionnels. Il importe de souligner que l'action du service ne se limite pas aux visites médicales : le médecin du travail consacre une partie de son temps à l'action en milieu de travail, par des visites des locaux, l'étude des postes, et la participation à la démarche de prévention, dont l'évaluation des risques. L'organisation doit permettre cette double dimension. Pour les collectivités, organiser le service de médecine préventive selon la modalité appropriée, s'appuyer sur l'équipe pluridisciplinaire, et permettre l'action en milieu de travail sont des éléments d'une gestion rigoureuse.
Point d'alerte DRH. Plusieurs modalités d'organisation : un service propre (réservé en pratique aux plus grandes collectivités) ; l'adhésion au service du centre de gestion, la plus répandue, qui mutualise les moyens moyennant cotisation ou participation ; d'autres mutualisations entre employeurs publics ou le recours à un organisme dédié. Quelle que soit la modalité, le service repose sur une équipe pluridisciplinaire animée par un médecin du travail. L'action du service ne se limite pas aux visites : le médecin consacre une partie de son temps à l'action en milieu de travail (visites des locaux, étude des postes, participation à l'évaluation des risques).
Impact RH :VertUrgence :Vert
Ce que le DRH doit faire lundi matin : organiser le service de médecine préventive selon la modalité appropriée (service propre, adhésion au centre de gestion la plus répandue, ou mutualisation entre employeurs publics), s'appuyer sur l'équipe pluridisciplinaire animée par le médecin du travail, et permettre l'action en milieu de travail (visites des locaux, étude des postes, évaluation des risques).
Le coût du service et l'intérêt de la mutualisation
Sources : décret n° 85-603 du 10 juin 1985 modifié ; pratiques de cotisation aux centres de gestion — la dimension financière de la médecine préventive
Synthèse opérationnelle. Le service de médecine préventive comporte une dimension financière qu'il importe d'appréhender, tant au titre de son coût que de l'intérêt de la mutualisation. Le coût du service dépend de la modalité d'organisation retenue. Pour une collectivité disposant d'un service propre, il comprend la rémunération des médecins et des autres professionnels, ainsi que les moyens de fonctionnement, pour un coût difficilement soutenable par les collectivités de taille modeste. Pour les collectivités adhérant au service du centre de gestion, ce qui est le cas de la grande majorité, le coût prend la forme d'une cotisation ou d'une participation, souvent assise sur la masse salariale ou calculée par agent, qui mutualise la charge et la rend soutenable. Il importe de souligner que la mutualisation présente un double intérêt : elle rend le service financièrement accessible, et elle permet de partager des ressources médicales rares, dont aucune petite collectivité ne pourrait disposer seule. Au regard de la pénurie de médecins et du coût du service, la mutualisation apparaît ainsi comme la solution de référence. Pour les directions des ressources humaines et financières, appréhender le coût du service de médecine préventive, privilégier le plus souvent la mutualisation, et budgéter la cotisation correspondante sont des éléments d'une gestion financière rigoureuse.
Point d'alerte DRH. Le coût du service dépend de la modalité. Un service propre comprend la rémunération des professionnels et les moyens de fonctionnement, difficilement soutenable pour les petites collectivités. L'adhésion au service du centre de gestion, cas de la grande majorité, prend la forme d'une cotisation ou participation (souvent assise sur la masse salariale ou par agent), qui mutualise et rend la charge soutenable. La mutualisation a un double intérêt : rendre le service financièrement accessible et partager des ressources médicales rares. Au regard de la pénurie et du coût, elle est la solution de référence.
Impact RH :VertUrgence :Vert
Ce que le DRH doit faire lundi matin : appréhender le coût du service de médecine préventive selon la modalité retenue, privilégier le plus souvent la mutualisation (adhésion au service du centre de gestion, cotisation ou participation mutualisant la charge et partageant des ressources médicales rares), et budgéter la cotisation correspondante.
La tension sur la médecine du travail et l'avenir de la prévention en santé
Sources : débats sur le décret n° 2025-1193 du 8 décembre 2025 ; analyses sur la santé au travail — les enjeux de fond de la médecine préventive
Synthèse opérationnelle. Au-delà de son régime, la médecine préventive révèle un enjeu de fond qu'il est éclairant de mettre en perspective : la tension entre la raréfaction des moyens médicaux et l'exigence de prévention de la santé au travail. Un premier élément tient à la raréfaction des moyens. La pénurie de médecins du travail, qui s'inscrit dans une crise plus large de la démographie médicale, conduit à une dégradation de l'accès au suivi médical des agents, à laquelle les pouvoirs publics répondent, pour partie, par un allongement de la périodicité des visites et par le recours accru à d'autres professionnels. Un second élément, en tension avec le premier, tient à l'exigence croissante de prévention. Dans un contexte de vieillissement des agents, d'augmentation des maladies chroniques, et de montée des risques psychosociaux et de l'usure professionnelle, le besoin d'un suivi médical effectif et d'une prévention active n'a jamais été aussi fort. La question de fond est celle de la conciliation de ces deux mouvements : comment maintenir une prévention de qualité avec des moyens médicaux contraints. Les réponses esquissées, telles que la pluridisciplinarité, la priorisation du suivi renforcé, et la télésanté, dessinent un modèle en recomposition. Le signal de fond à suivre est cette recomposition de la médecine préventive. Pour les collectivités, suivre l'évolution de la médecine préventive, anticiper la raréfaction des moyens, et maintenir une prévention effective sont des éléments d'une veille prospective.
Point d'alerte DRH. Premier élément : la raréfaction des moyens. La pénurie de médecins du travail, dans une crise plus large de la démographie médicale, dégrade l'accès au suivi, à laquelle on répond en partie par l'allongement de la périodicité des visites et le recours à d'autres professionnels. Second élément, en tension : l'exigence croissante de prévention (vieillissement des agents, maladies chroniques, risques psychosociaux, usure professionnelle). Question de fond : concilier prévention de qualité et moyens contraints. Les réponses (pluridisciplinarité, priorisation du suivi renforcé, télésanté) dessinent un modèle en recomposition.
Impact RH :VertUrgence :Vert
Ce que le DRH doit faire lundi matin : suivre la recomposition de la médecine préventive (tension entre raréfaction des moyens médicaux et exigence croissante de prévention), anticiper la pénurie dans l'organisation du suivi, et maintenir une prévention effective en mobilisant la pluridisciplinarité, la priorisation du suivi renforcé et la télésanté.
11 informations analysées et retenues sur les 10 rubriques de veille, consacrées à la médecine préventive dans la fonction publique territoriale, à partir de sources officielles (décret n° 85-603 du 10 juin 1985, décret n° 2022-551 du 13 avril 2022, décret n° 2025-1193 du 8 décembre 2025) et des analyses spécialisées, sous l'angle de l'organisation et du dispositif, dans le respect du secret médical.
Les 5 informations les plus importantes du jour
Une obligation réformée : le service de médecine préventive, réformé en 2022 (médecin du travail, équipe pluridisciplinaire, infirmiers, télémédecine).
La nouvelle périodicité : la visite d'information et de prévention passe de deux à cinq ans (décret n° 2025-1193 du 8 décembre 2025).
Le suivi renforcé : quatre ans plus une visite intermédiaire à deux ans pour les agents concernés.
Le secret médical : l'autorité ne traite que les avis, non les données de santé.
La mutualisation : l'adhésion au service du centre de gestion, réponse à la pénurie et au coût.
Alertes rouges à traiter en priorité
Nouvelle périodicité des visites : adapter l'organisation du suivi médical à la périodicité de cinq ans (et quatre ans pour le suivi renforcé), sans négliger l'obligation de suivi.
Secret médical : ne traiter que les avis du médecin du travail, jamais les données de santé des agents.
Déclaration de vacance d'emploi : déclarer et publier toute vacance avant le recrutement.
Élections professionnelles : préparer le renouvellement des instances au scrutin du 10 décembre 2026.
Autorisations spéciales d'absence : anticiper la mise en conformité avant le 1er janvier 2027 (décret n° 2026-604).
Actions recommandées dans les 7 jours
Vérifier l'organisation effective du service de médecine préventive (service propre ou adhésion au centre de gestion).
Adapter le calendrier du suivi médical à la nouvelle périodicité des visites.
Identifier les agents relevant d'une surveillance médicale renforcée.
S'assurer du strict respect du secret médical dans le traitement des avis.
Mobiliser les leviers face à la pénurie (infirmiers, mutualisation, télémédecine).
Associer le médecin du travail au dialogue social et à la démarche de prévention.
Signal faible RH à surveiller
La tension de fond entre la raréfaction des moyens de la médecine du travail et l'exigence croissante de prévention de la santé au travail, dont l'allongement de la périodicité des visites est le symptôme le plus visible. La médecine préventive, dont cette édition a détaillé le régime, est révélatrice d'un enjeu de fond qui dépasse ses seuls aspects techniques : la tension, de plus en plus vive, entre la raréfaction des moyens médicaux disponibles et l'exigence toujours plus forte de prévention de la santé au travail. Un premier élément tient à la raréfaction des moyens. La pénurie de médecins du travail, qui s'inscrit dans une crise plus large et durable de la démographie médicale française, conduit à une dégradation réelle de l'accès des agents à un suivi médical régulier, dégradation à laquelle les pouvoirs publics répondent, au moins pour partie, par l'allongement de la périodicité des visites, portée de deux à cinq ans, et par le recours accru à d'autres professionnels de santé. Un second élément, en tension directe avec le premier, tient à l'exigence croissante de prévention. Dans un contexte marqué par le vieillissement des agents territoriaux, l'augmentation des maladies chroniques, et la montée des risques psychosociaux et des phénomènes d'usure professionnelle, le besoin d'un suivi médical effectif et d'une prévention active n'a sans doute jamais été aussi fort. La question de fond, proprement redoutable, est donc celle de la conciliation de ces deux mouvements contraires. Le signal de fond à suivre est cette recomposition profonde du modèle de la médecine préventive.
Tableau de synthèse final
Rubrique
Information
Date
Impact
Urgence
Action immédiate
Textes
Le service de médecine préventive, réformé en 2022
2022
â Orange
â Orange
Organiser le service
Textes
Périodicité de la visite portée à cinq ans
2025
â Rouge
â Orange
Adapter le suivi
Jurisprudence
Obligation d'organiser et responsabilité
2026
â Rouge
â Orange
Assurer le suivi
Rémunération
Adaptation du poste et maintien dans l'emploi
2026
â Orange
â Vert
Mobiliser le médecin
Santé
Visite, infirmier en santé au travail, télémédecine
2022
â Orange
â Vert
Organiser le suivi
Discipline
Secret médical et indépendance du médecin
2026
â Rouge
â Orange
Respecter le secret
Dialogue social
Dialogue social et débats sur la réforme
2025
â Vert
â Vert
Associer le médecin
Recrutement
Pénurie de médecins et leviers de la réforme
2022-2026
â Orange
â Vert
Mobiliser les leviers
Management
Organisation du service et action en milieu de travail
2026
â Vert
â Vert
Structurer le service
Finances
Coût du service et mutualisation
2026
â Vert
â Vert
Privilégier la mutualisation
Rapports
Tension sur la médecine du travail
2026
â Vert
â Vert
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