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  • En responsabilité dans le domaine des Ressources Humaines (spécificité Public) depuis maintenant pratiquement 26 ans
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14 juillet 2026 2 14 /07 /juillet /2026 22:59

Veille juridique, statutaire, managériale et institutionnelle — Fonction publique territoriale

La veille du DRH territorial

Édition du mardi 14 juillet 2026 — Arrêts maladie : le durcissement s'étend aux agents publics

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1. Textes législatifs et réglementaires

ÉVÉNEMENT — Un projet de décret étendrait aux agents publics la limitation de la durée des arrêts maladie au 1er septembre.

Sources : Banque des Territoires (juillet 2026), instance de concertation de la fonction publique — projet de décret étendant à la fonction publique les mesures de la LFSS 2026 sur les arrêts de travail

Synthèse opérationnelle. Un projet de décret, examiné en instance de concertation de la fonction publique, vise à étendre aux agents publics les mesures de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 encadrant les prescriptions d'arrêts de travail. Les nouvelles modalités de limitation de la durée des arrêts — trente et un jours pour un premier arrêt, soixante-deux jours pour une prolongation, déjà prévues pour le secteur privé par le décret n° 2026-498 du 12 juin 2026 — s'appliqueraient au secteur public à compter du 1er septembre. Il ne s'agit pas d'une durée maximale totale d'arrêt maladie ni d'une interdiction des arrêts longs, mais d'un encadrement de la durée de chaque prescription, imposant des points de réévaluation médicale plus fréquents. Le texte est également présenté par le gouvernement comme l'occasion de faire évoluer d'autres mesures relatives aux congés pour raisons de santé des agents publics. Point essentiel de méthode : à ce stade, il s'agit d'un projet de décret, rejeté en concertation, et non d'un texte publié. Sa portée exacte et son calendrier définitif restent donc suspendus à sa publication au Journal officiel, que les collectivités doivent surveiller de près dans les semaines qui viennent.

Point d'alerte DRH. Il s'agit d'un projet de décret, non d'un texte paru : se garder d'anticiper une application au 1er septembre comme acquise, mais surveiller étroitement la publication au JO pendant l'été. Si le texte paraît en l'état, l'échéance du 1er septembre laisserait un délai très court aux services pour adapter les procédures de gestion des absences et informer les agents dès la rentrée.

Impact RH : Rouge Urgence : Orange

Ce que le DRH doit faire lundi matin : mettre sous surveillance la publication au Journal officiel du décret étendant à la fonction publique la limitation de la durée des arrêts maladie, et préparer un scénario d'adaptation des procédures en cas de parution avec effet au 1er septembre.

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Égalité et transparence des rémunérations : la transposition de la directive européenne de 2023 concerne largement la fonction publique

Sources : Banque des Territoires (juillet 2026), instance de concertation de la fonction publique — projet de loi de transposition de la directive européenne de 2023 sur l'égalité et la transparence des rémunérations

Synthèse opérationnelle. La même instance de concertation a examiné les dispositions du projet de loi transposant la directive européenne de 2023 en matière d'égalité et de transparence des rémunérations entre les femmes et les hommes. Fait notable pour les employeurs publics : quatorze des vingt-deux articles du projet de texte concernent la fonction publique. La transparence des rémunérations constitue un levier central du droit européen pour réduire les écarts salariaux entre femmes et hommes, en donnant aux agents des droits d'information sur les niveaux de rémunération et en imposant aux employeurs des obligations de publication et de justification des écarts. Les positions exprimées ont été contrastées : certaines organisations ont jugé la transposition raisonnable et correcte, tandis que d'autres ont dénoncé une transposition au rabais, vidée de sa portée par un renvoi massif aux décrets d'application. Les représentants des employeurs territoriaux ont voté pour, mais sans enthousiasme. Pour les DRH, ce chantier prolonge et approfondit la dynamique déjà engagée avec l'index de l'égalité professionnelle, dont l'échéance de publication au 30 septembre approche.

Point d'alerte DRH. La transposition de la directive européenne sur la transparence des rémunérations, dont quatorze articles sur vingt-deux concernent la fonction publique, annonce de nouvelles obligations d'information et de publication. Elle s'articulera avec l'index de l'égalité professionnelle (échéance du 30 septembre). Suivre ce chantier permet d'anticiper des exigences appelées à se renforcer, largement renvoyées à des décrets d'application encore à paraître.

Impact RH : Orange Urgence : Vert

Ce que le DRH doit faire lundi matin : intégrer à la veille le projet de loi de transposition de la directive européenne sur l'égalité et la transparence des rémunérations, dont quatorze articles concernent la fonction publique, en lien avec la préparation de l'index égalité.

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2. Jurisprudence statutaire

Congés annuels et arrêt maladie : le Conseil d'État rappelle l'obligation d'informer l'agent sous peine de non-extinction des droits

Sources : Conseil d'État, 16 juin 2026, n° 506127, relais professionnels (2026) — report des congés annuels et censure partielle du décret n° 2025-564 du 21 juin 2025

Synthèse opérationnelle. À l'heure où l'encadrement des arrêts de travail se durcit, la décision du Conseil d'État du 16 juin 2026 conserve toute son actualité sur l'articulation entre congés annuels et absences pour raison de santé. En censurant partiellement le décret n° 2025-564 du 21 juin 2025, le juge a rappelé deux exigences majeures. D'une part, le droit au report des quatre premières semaines de congés annuels lorsque l'agent a été empêché de les prendre, notamment pour des nécessités de service. D'autre part, et surtout, l'obligation pour l'employeur d'informer l'agent de ses droits à congés et des conséquences de leur non-prise : à défaut d'une telle information, les droits ne peuvent s'éteindre. Cette exigence d'information active, d'inspiration européenne, renverse la logique antérieure selon laquelle il appartenait à l'agent de solliciter ses congés. Dans un contexte où les absences pour raison de santé pourraient se fragmenter en prescriptions plus courtes et en prolongations successives, la gestion des compteurs de congés des agents absents devient un point de vigilance : l'employeur doit tracer l'information délivrée, faute de quoi les droits perdurent et s'accumulent.

Point d'alerte DRH. Sans information tracée de l'agent sur ses droits à congés et les conséquences de leur non-prise, ces droits ne s'éteignent pas et s'accumulent. Pour les agents absents pour raison de santé, souvent les plus exposés à ce risque, formaliser et tracer cette information est impératif. La charge de la preuve pèse sur l'employeur, avec un coût potentiel en cas de contentieux ou de départ.

Impact RH : Orange Urgence : Vert

Ce que le DRH doit faire lundi matin : vérifier que l'information des agents sur leurs droits à congés et les conséquences de leur non-prise est formalisée et tracée, en particulier pour les agents absents pour raison de santé.

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3. Rémunération, carrière et temps de travail

Temps partiel thérapeutique : un délai de trente jours et un passage par le médecin agréé qui changeraient la donne dès le 1er août

Sources : Banque des Territoires (juillet 2026), projet de décret relatif aux congés pour raisons de santé des agents publics — évolution des règles du temps partiel thérapeutique

Synthèse opérationnelle. Parmi les mesures les moins commentées du projet de décret figure une évolution substantielle du temps partiel thérapeutique, dont l'application est annoncée dès le 1er août. Aujourd'hui, un agent peut être placé en temps partiel thérapeutique immédiatement, sur prescription de son médecin. Le projet de texte prévoit qu'une collectivité disposerait désormais d'un délai de trente jours pour faire procéder à l'examen de la demande par un médecin agréé, et pourrait contester devant le conseil médical les conclusions rendues par ce médecin. Le changement est loin d'être technique : il introduit un temps d'instruction là où existait une décision immédiate, et ouvre une possibilité de contestation. Or le temps partiel thérapeutique est précisément l'un des outils les plus efficaces de maintien dans l'emploi et de prévention de l'usure professionnelle, permettant souvent d'éviter une dégradation de l'état de santé et des arrêts de longue durée. Restreindre ou ralentir son accès interroge donc au regard de l'objectif affiché de maintien dans l'emploi. Pour les collectivités, il faudra, si le texte paraît, organiser une chaîne d'instruction en trente jours avec les médecins agréés, dont la disponibilité est déjà un point de tension dans de nombreux territoires.

Point d'alerte DRH. Le passage d'un placement immédiat en temps partiel thérapeutique sur prescription à une instruction en trente jours par un médecin agréé, si le texte paraît, suppose d'organiser une chaîne d'instruction dans des délais contraints, alors que la disponibilité des médecins agréés est déjà tendue. Le risque : ralentir un outil clé du maintien dans l'emploi et de la prévention de l'usure professionnelle.

Impact RH : Rouge Urgence : Orange

Ce que le DRH doit faire lundi matin : anticiper, en lien avec le centre de gestion, la capacité à faire examiner les demandes de temps partiel thérapeutique par un médecin agréé dans un délai de trente jours, si le projet de décret entre en vigueur au 1er août.

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4. Santé au travail, protection sociale et absentéisme

Contractuels territoriaux : premiers agents publics touchés par le plafonnement des prescriptions, avec un risque direct sur la paie

Sources : Weka (juillet 2026), UNSA Territoriaux (2026), décret n° 2026-498 du 12 juin 2026 — effets du plafonnement des arrêts sur les agents contractuels

Synthèse opérationnelle. Une distinction essentielle doit être faite entre les catégories d'agents. Les fonctionnaires territoriaux ne perçoivent pas d'indemnités journalières de sécurité sociale pendant leurs congés de maladie ordinaire, de longue maladie ou de longue durée : ils relèvent du régime statutaire prévu par le CGFP, et le décret n° 2026-498 du 12 juin ne modifie ni leurs droits statutaires à congé de maladie ni leurs règles de rémunération. Les agents contractuels, en revanche, même recrutés sous contrat de droit public, relèvent du régime général de la sécurité sociale pour le versement des indemnités journalières : ils sont donc directement concernés par les nouvelles limites de prescription. La conséquence est très concrète : si un agent contractuel transmet un arrêt initial dépassant trente et un jours sans justification médicale conforme, la caisse primaire pourra refuser d'indemniser la période excédentaire. Lorsque la collectivité pratique la subrogation, l'effet est immédiat sur la paie. Les effets attendus sont une multiplication des renouvellements, des formalités administratives supplémentaires et un risque accru de rupture dans l'indemnisation.

Point d'alerte DRH. Pour les contractuels, une prescription non conforme peut entraîner un blocage ou une réduction des indemnités journalières versées par la caisse primaire, avec un impact immédiat sur la paie en cas de subrogation. Identifier les agents concernés, informer sur les nouvelles règles de prescription et sécuriser le circuit de transmission des arrêts limite ce risque financier pour l'agent comme pour la collectivité.

Impact RH : Rouge Urgence : Orange

Ce que le DRH doit faire lundi matin : recenser les agents contractuels en arrêt ou susceptibles de l'être, vérifier les modalités de subrogation pratiquées et préparer une information sur les nouvelles limites de prescription applicables au régime général.

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5. Discipline, déontologie et responsabilité

Contrôle administratif du domicile : une absence injustifiée entraînerait l'interruption de la rémunération jusqu'à la fin de l'arrêt

Sources : Banque des Territoires (juillet 2026), projet de décret relatif aux congés pour raisons de santé des agents publics — contrôle administratif des agents en congé pour raison de santé

Synthèse opérationnelle. Le projet de décret comporte un volet de contrôle qui mérite l'attention des employeurs. L'autorité territoriale pourrait faire procéder au contrôle administratif des horaires pendant lesquels les agents en congé pour raison de santé sont tenus de rester à leur domicile. En cas d'absence injustifiée constatée, l'agent verrait le versement de sa rémunération interrompu jusqu'à la date de fin de cet arrêt. La mesure est lourde de conséquences financières pour l'agent, puisque la sanction ne se limiterait pas au jour du contrôle mais couvrirait toute la période restante de l'arrêt. Si un tel dispositif est adopté, il appellera de la part des collectivités une rigueur procédurale particulière : information préalable des agents sur les obligations de présence et leurs horaires, encadrement strict des modalités de contrôle, respect du contradictoire, caractérisation précise de l'absence injustifiée (par opposition aux sorties autorisées ou aux motifs légitimes), et traçabilité de l'ensemble. La jurisprudence récente, exigeante sur l'objectivation et la motivation des décisions défavorables, invite à la plus grande prudence dans le maniement d'un outil aux effets financiers aussi marqués.

Point d'alerte DRH. Une interruption de rémunération jusqu'à la fin de l'arrêt est une mesure aux effets financiers considérables, qui exigerait un formalisme irréprochable : information préalable, encadrement du contrôle, contradictoire, caractérisation précise de l'absence injustifiée, traçabilité. Au vu de l'exigence probatoire croissante du juge, une mise en œuvre approximative serait juridiquement très fragile.

Impact RH : Rouge Urgence : Orange

Ce que le DRH doit faire lundi matin : ne pas engager de contrôle du domicile sur la base d'un texte non paru, mais préparer, en cas de publication, un cadre procédural rigoureux (information préalable, modalités, contradictoire, traçabilité) avant toute mise en œuvre.

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6. Dialogue social et instances

Un rejet unanime : syndicats et employeurs territoriaux ont voté contre le projet de décret

Sources : Banque des Territoires (juillet 2026), instance de concertation de la fonction publique — vote sur le projet de décret relatif aux congés pour raisons de santé

Synthèse opérationnelle. Le fait marquant de l'examen de ce projet de décret tient moins à son contenu qu'à l'unanimité du rejet qu'il a suscité. Les représentants syndicaux membres de l'instance ont rejeté en bloc le projet de réforme, et — fait notable — les représentants des employeurs territoriaux ont également voté contre. Cette convergence est rare et politiquement significative : elle montre que le durcissement des règles relatives aux congés pour raison de santé ne rencontre pas davantage l'adhésion du côté des employeurs que de celui des organisations syndicales. Plusieurs raisons peuvent l'expliquer : la complexité de gestion induite, le caractère contraint des délais d'entrée en vigueur, les difficultés opérationnelles (disponibilité des médecins agréés), et le risque social d'un texte perçu comme une mise en cause de la confiance envers les agents. Ce vote négatif unanime intervient dans un climat social déjà tendu, après l'échec du rendez-vous salarial du 8 juillet et à l'approche de la mobilisation du 29 septembre. Il ne bloque pas juridiquement la publication du décret, l'avis de l'instance étant consultatif, mais il constitue un signal politique fort dont il faudra observer les effets.

Point d'alerte DRH. Le rejet unanime, syndicats et employeurs territoriaux confondus, est un signal politique fort mais ne bloque pas juridiquement la publication du décret, l'avis étant consultatif. Anticiper une possible parution malgré ce vote, tout en mesurant l'impact d'un tel texte sur un climat social déjà tendu à l'approche du 29 septembre, relève de la lucidité.

Impact RH : Orange Urgence : Orange

Ce que le DRH doit faire lundi matin : intégrer le rejet unanime du projet de décret à l'analyse du climat social local, en anticipant que l'avis consultatif de l'instance ne fait pas obstacle à une publication, et préparer la communication interne correspondante.

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7. Recrutement, attractivité et compétences

Réformes successives des congés maladie : un effet cumulé qui pèse sur l'attractivité du service public territorial

Sources : analyses RH (2026), UNSA Territoriaux (2026) — effet cumulé des réformes des congés pour raison de santé sur l'attractivité

Synthèse opérationnelle. Prises isolément, chacune des évolutions récentes en matière de congés maladie peut se défendre par un argument technique ou budgétaire. Prises ensemble, elles dessinent une trajectoire dont l'effet cumulé sur l'attractivité mérite d'être posé. Depuis le 1er mars 2025, l'agent public en congé de maladie ordinaire perçoit 90 % de son traitement pendant les trois premiers mois, contre 100 % auparavant, la règle des 50 % sur les neuf mois suivants demeurant inchangée ; les congés de longue maladie, de longue durée et les arrêts pour accident de service ou maladie professionnelle ne sont pas concernés par cette baisse. À cela s'ajouteraient désormais le plafonnement des durées de prescription, l'encadrement du temps partiel thérapeutique et le contrôle du domicile. Dans un contexte où le point d'indice reste gelé et où les collectivités peinent déjà à recruter, l'accumulation de mesures perçues comme restrictives sur la protection en cas de maladie fragilise l'un des arguments traditionnels de l'emploi public : la sécurité. Pour les DRH, l'enjeu est double : expliquer honnêtement les règles applicables sans les dramatiser, et compenser par les leviers sur lesquels la collectivité garde la main — conditions de travail, prévention, qualité de vie au travail, maintien dans l'emploi.

Point d'alerte DRH. L'effet cumulé des réformes (traitement à 90 % depuis mars 2025, plafonnement des prescriptions, encadrement du temps partiel thérapeutique, contrôle du domicile) érode un argument traditionnel de l'emploi public : la protection en cas de maladie. Expliquer les règles sans les dramatiser et investir sur les leviers locaux (prévention, conditions de travail, maintien dans l'emploi) devient déterminant.

Impact RH : Orange Urgence : Vert

Ce que le DRH doit faire lundi matin : préparer une information factuelle et pédagogique des agents sur les règles applicables aux congés pour raison de santé, et renforcer les leviers locaux de prévention et de maintien dans l'emploi sur lesquels la collectivité garde la main.

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8. Management public et organisation des services

Prévention de l'usure professionnelle : agir sur les causes plutôt que sur les symptômes de l'absentéisme

Sources : analyses RH (2026), UNSA Territoriaux (2026) — prévention de l'usure professionnelle et maintien dans l'emploi

Synthèse opérationnelle. Le débat ouvert par le durcissement des règles relatives aux arrêts maladie remet en lumière une question managériale de fond : la lutte contre les abus peut-elle constituer l'unique réponse aux difficultés rencontrées par les employeurs publics ? Derrière chaque arrêt maladie se trouvent des situations de santé parfois complexes, des conditions de travail dégradées ou des parcours professionnels fragilisés. Les leviers réellement structurants relèvent d'une autre logique : prévention de l'usure professionnelle, amélioration des conditions de travail, accompagnement des agents fragilisés, développement du maintien dans l'emploi. La fonction publique territoriale y est particulièrement exposée, avec une part importante d'agents de catégorie C exerçant des métiers physiquement exigeants (entretien, restauration, espaces verts, collecte, petite enfance, aide à domicile), où l'usure est un facteur majeur d'absentéisme. Pour les DRH et les managers, l'enjeu est d'investir sur l'analyse des causes réelles de l'absentéisme dans leur collectivité — pénibilité, organisation, management, sens — plutôt que de se reposer sur les seuls outils de contrôle, dont l'effet sur les causes profondes est nul. Un plan d'action absentéisme fondé sur un diagnostic sérieux produit des résultats plus durables qu'une politique de contrôle.

Point d'alerte DRH. Le contrôle ne traite pas les causes de l'absentéisme. Investir dans un diagnostic sérieux (pénibilité, organisation, management, sens) et un plan d'action de prévention de l'usure professionnelle produit des effets plus durables, particulièrement dans la FPT où les métiers physiquement exigeants sont surreprésentés. Le temps partiel thérapeutique reste un outil clé du maintien dans l'emploi.

Impact RH : Vert Urgence : Vert

Ce que le DRH doit faire lundi matin : engager ou actualiser un diagnostic des causes réelles de l'absentéisme dans la collectivité (pénibilité, organisation, management) et construire un plan de prévention de l'usure professionnelle, plutôt que de miser sur les seuls outils de contrôle.

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9. Finances locales avec impact RH

Subrogation et gestion de la paie : le risque financier caché du plafonnement des prescriptions

Sources : Weka (juillet 2026), décret n° 2026-498 du 12 juin 2026 — subrogation, indemnités journalières et gestion de la paie

Synthèse opérationnelle. Le plafonnement des durées de prescription comporte un enjeu financier souvent sous-estimé, lié aux mécanismes de subrogation. Lorsqu'une collectivité pratique la subrogation pour ses agents contractuels, elle maintient le traitement et perçoit à sa place les indemnités journalières versées par la caisse primaire. Si une prescription non conforme conduit la caisse à refuser d'indemniser la période excédant trente et un jours, la collectivité se retrouve à avoir avancé une rémunération sans percevoir la contrepartie attendue, avec un risque de récupération auprès de l'agent — opération toujours délicate, humainement comme juridiquement. Ce risque, individuellement modeste, peut devenir significatif dans les collectivités employant de nombreux contractuels. Il appelle une vigilance particulière de la chaîne paie : contrôle de la conformité des arrêts transmis, alerte précoce en cas de prescription dépassant les plafonds, information de l'agent avant que la difficulté ne se matérialise sur son bulletin. Une bonne articulation entre gestionnaires RH, service paie et agents concernés est la meilleure prévention de ces situations, qui combinent perte financière pour la collectivité et détresse pour l'agent.

Point d'alerte DRH. En subrogation, un refus d'indemnisation de la caisse primaire pour prescription non conforme laisse la collectivité avoir avancé une rémunération sans contrepartie, avec une récupération délicate auprès de l'agent. Outiller la chaîne paie (contrôle de conformité des arrêts, alerte précoce, information de l'agent en amont) prévient une perte financière et une situation humainement difficile.

Impact RH : Orange Urgence : Orange

Ce que le DRH doit faire lundi matin : vérifier avec le service paie les modalités de subrogation pratiquées pour les contractuels et mettre en place un contrôle de conformité des arrêts transmis, avec alerte précoce en cas de dépassement des plafonds de prescription.

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10. Rapports publics, études et signaux faibles

Neuf associations de dirigeants territoriaux écrivent au Premier ministre : oui à la réforme de l'encadrement supérieur, non à son calendrier

Sources : Weka (2026), courrier commun de neuf associations de dirigeants territoriaux au Premier ministre — calendrier d'application de la réforme de l'encadrement supérieur

Synthèse opérationnelle. Neuf associations de dirigeants territoriaux — le SNDGCT, l'AATF, l'ANDRHGCT, l'ANDRHDT, l'ADT Inet, IngeChef, l'AITF, l'ADGCF et l'ANDCDG — ont cosigné un courrier commun adressé au Premier ministre, au ministre de l'Action et des Comptes publics et à la ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation. Elles saluent la publication des cinq décrets du 10 juin relatifs à l'évolution du statut des administrateurs territoriaux, qualifiés de textes tant attendus et nécessaires pour harmoniser les trois versants de la fonction publique. Mais elles alertent d'une même voix sur les difficultés matérielles et temporelles de leur entrée en vigueur, dénonçant une date de mise en application au 1er juillet qu'elles jugent irréaliste, et pointant des obstacles techniques ainsi qu'un calendrier intenable. Cette prise de position collective est doublement intéressante : elle illustre la structuration croissante de la parole des dirigeants territoriaux comme acteur du débat statutaire, et elle rejoint une critique récurrente de la période — non pas le contenu des réformes, mais le rythme et les délais dans lesquels elles sont imposées aux collectivités chargées de les appliquer.

Point d'alerte DRH. La critique portée par neuf associations de dirigeants ne vise pas le contenu de la réforme mais son calendrier, jugé irréaliste. Ce constat vaut au-delà de l'encadrement supérieur : la brièveté des délais d'application est devenue le principal facteur de risque de la mise en œuvre des réformes. Documenter localement les difficultés rencontrées nourrit utilement ce plaidoyer collectif.

Impact RH : Vert Urgence : Vert

Ce que le DRH doit faire lundi matin : faire remonter, via les associations professionnelles et le centre de gestion, les difficultés concrètes rencontrées dans l'application des réformes récentes, en documentant les obstacles matériels et les délais intenables.

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Bilan du jour

Nombre total d'informations traitées

11 informations analysées et retenues sur les 10 rubriques de veille, à partir de sources officielles (Légifrance, Conseil d'État) et de la presse professionnelle spécialisée (Banque des Territoires, Weka, La Gazette des communes) ainsi que des positions des organisations représentatives.

Les 5 informations les plus importantes du jour
  • Projet de décret arrêts maladie : limitation à 31 jours (premier arrêt) et 62 jours (prolongation) étendue aux agents publics au 1er septembre — texte non paru à ce jour.
  • Temps partiel thérapeutique : instruction en 30 jours par un médecin agréé annoncée dès le 1er août, contre un placement immédiat aujourd'hui.
  • Contractuels : premiers agents publics touchés, avec un risque de refus d'indemnisation par la caisse primaire et un impact direct sur la paie en subrogation.
  • Contrôle du domicile : une absence injustifiée entraînerait l'interruption de la rémunération jusqu'à la fin de l'arrêt.
  • Rejet unanime : syndicats et employeurs territoriaux ont voté contre le projet de décret.
Alertes rouges à traiter en priorité
  • Veille sur la publication du décret arrêts maladie : échéance annoncée au 1er septembre, délai très court en cas de parution estivale.
  • Temps partiel thérapeutique : anticiper la chaîne d'instruction en 30 jours avec les médecins agréés, dont la disponibilité est déjà tendue.
  • Contractuels et subrogation : sécuriser le contrôle de conformité des arrêts pour éviter les ruptures d'indemnisation.
  • Index égalité (30 septembre) : sécuriser calcul, publication et preuve au préfet avant les congés.
Actions recommandées dans les 7 jours
  • Mettre sous surveillance la publication au JO du décret étendant à la fonction publique la limitation des arrêts.
  • Anticiper avec le centre de gestion la capacité d'instruction des demandes de temps partiel thérapeutique en 30 jours.
  • Recenser les contractuels concernés et vérifier les modalités de subrogation avec le service paie.
  • Tracer l'information des agents sur leurs droits à congés (CE 16 juin 2026).
  • Engager un diagnostic des causes réelles de l'absentéisme.
  • Sécuriser la publication de l'index égalité avant le 30 septembre.
Signal faible RH à surveiller

La convergence silencieuse du régime statutaire de santé vers le régime général. Ce qui se joue derrière le projet de décret sur les arrêts maladie dépasse largement la question technique de la durée des prescriptions. Depuis plusieurs années, un mouvement de fond s'opère : les règles applicables aux congés pour raison de santé des agents publics s'alignent progressivement, mesure après mesure, sur celles du régime général de la sécurité sociale. La baisse du traitement à 90 % pendant les trois premiers mois de congé de maladie ordinaire au 1er mars 2025 en fut une première étape, avec un raisonnement explicitement importé de la logique du privé. L'extension aux agents publics du plafonnement des durées de prescription en constituerait une deuxième. L'encadrement du temps partiel thérapeutique et le contrôle administratif du domicile en seraient une troisième. Chaque mesure, prise isolément, se présente comme un ajustement technique justifié par la maîtrise des dépenses ou la lutte contre les abus. Mais leur accumulation produit un effet que nul n'a formellement décidé : l'érosion progressive de la spécificité statutaire en matière de protection de la santé. Or cette spécificité n'était pas un privilège accidentel : elle avait été construite pour tenir compte de la nature des missions exercées, des obligations de service public et du statut des agents, qui acceptent des sujétions particulières en contrepartie de garanties particulières. Le mouvement actuel avance ainsi sans débat de principe, par voie réglementaire successive, là où une telle transformation mériterait d'être assumée et discutée pour elle-même. Pour les DRH territoriaux, ce signal faible mérite une attention soutenue à plusieurs titres : il annonce d'autres convergences probables sur d'autres pans du statut ; il fragilise l'un des arguments d'attractivité de l'emploi public au moment précis où le levier salarial est bloqué ; et il déplace la charge de la protection des agents vers les employeurs locaux, seuls désormais en capacité d'agir par la prévention, les conditions de travail et le maintien dans l'emploi. Le rejet unanime du projet — syndicats et employeurs territoriaux confondus — suggère que cette dynamique commence à être perçue comme telle. La question à suivre est de savoir si cette convergence poursuivra sa progression silencieuse, ou si elle finira par susciter le débat de fond qu'elle appelle.

Tableau de synthèse final

Rubrique Information Date Impact Urgence Action immédiate
Textes Projet de décret : arrêts maladie plafonnés (31/62 j) étendus aux agents publics au 1er septembre projet, juillet Rouge Orange Surveiller la publication au JO
Textes Transposition de la directive UE égalité et transparence des rémunérations (14 art. sur 22 FP) projet, juillet Orange Vert Intégrer le chantier à la veille
Jurisprudence Congés annuels : informer l'agent sous peine de non-extinction (CE 16 juin) 16 juin Orange Vert Tracer l'information sur les droits à congés
Rémunération Temps partiel thérapeutique : instruction en 30 jours par médecin agréé au 1er août projet, 1er août Rouge Orange Anticiper la chaîne d'instruction
Santé Contractuels : premiers touchés, risque de refus d'indemnisation par la CPAM 12 juin Rouge Orange Recenser les agents, informer, sécuriser
Discipline Contrôle du domicile : rémunération interrompue jusqu'à la fin de l'arrêt projet, juillet Rouge Orange Préparer un cadre procédural rigoureux
Dialogue social Rejet unanime : syndicats et employeurs territoriaux votent contre juillet Orange Orange Intégrer à l'analyse du climat social
Recrutement Effet cumulé des réformes des congés maladie sur l'attractivité relais juillet Orange Vert Informer sans dramatiser, agir localement
Management Prévention de l'usure : agir sur les causes plutôt que sur les symptômes relais juillet Vert Vert Diagnostic des causes de l'absentéisme
Finances Subrogation : risque financier caché du plafonnement des prescriptions 12 juin Orange Orange Contrôle de conformité avec la paie
Rapports Neuf associations de dirigeants : oui à la réforme, non à son calendrier relais 2026 Vert Vert Faire remonter les difficultés concrètes
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Veille établie le mardi 14 juillet 2026 à partir de sources publiques officielles et de la presse professionnelle spécialisée. Les niveaux d'impact et d'urgence sont des appréciations opérationnelles destinées à hiérarchiser l'action des DRH, DGS et exécutifs locaux ; ils ne se substituent pas à une analyse juridique propre à chaque situation. Les liens renvoient directement aux sources de référence citées.

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