Le Conseil supĂ©rieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) a adoptĂ© le 6 juillet 2016 un "livre blanc" de la fonction publique territoriale. Ce document, qui dresse un panorama des grandes questions qui se posent aujourd'hui aux agents et aux employeurs territoriaux, met particuliĂšrement en exergue la nĂ©cessitĂ© du maintien d'une fonction publique de carriĂšre. Il s'agit d'un choix significatif qui a contribuĂ© Ă l'Ă©laboration du statut des fonctionnaires. Pensez-vous toutefois qu'il doit rester figĂ© dans le temps au moment oĂč l'architecture des carriĂšres des fonctionnaires est confrontĂ©e Ă l'Ă©volution des domaines d'intervention de l'action publique ?
Cette prise de position est lâaboutissement dâune Ă©volution dont je me fĂ©licite. Le statut actuel des fonctionnaires sâagissant de la fonction publique territoriale est la consĂ©quence de la prioritĂ© donnĂ©e en 1981 par le PrĂ©sident de la RĂ©publique François Mitterrand Ă la dĂ©centralisation dont il a chargĂ© le ministre de lâIntĂ©rieur Gaston Defferre. Quelle Ă©tait alors la situation de la fonction publique territoriale ? Elle comptait alors 800 000 agents dont la qualitĂ© de fonctionnaire nâĂ©tait pas reconnue, rĂ©partis par rĂ©fĂ©rence Ă 130 emplois types et des centaines dâemplois indĂ©terminĂ©s. CâĂ©tait celle dâun grand dĂ©sordre administratif et dâune prĂ©caritĂ© pour les personnels. Olivier Schrameck, aujourdâhui prĂ©sident du Conseil supĂ©rieur de lâaudiovisuel (CSA) et alors conseiller technique du ministre, a ainsi caractĂ©risĂ© la situation de lâagent public territorial[1] : 1° quand on est reçu Ă un concours on nâest pas sĂ»r dâĂȘtre nommĂ©, 2° quand on est nommĂ© on nâest pas sĂ»r dâavoir une carriĂšre professionnelle, 3° si lâemploi de recrutement disparaĂźt lâagent peut ĂȘtre licenciĂ©. Câest ce quâon appelle le systĂšme de lâemploi opposĂ© au systĂšme de la carriĂšre qui gĂšre et protĂšge le fonctionnaire pendant toute sa vie professionnelle afin dâassurer sa neutralitĂ© dans lâexercice du service public. Ă lâorigine, le ministre de lâIntĂ©rieur nâenvisageait quâun renforcement des garanties des agents publics territoriaux codifiĂ©es dans le livra IV du code des communes. Je suis intervenu Ă lâAssemblĂ©e nationale dĂšs le 27 juillet 1981 pour demander lâapplication du systĂšme de la carriĂšre pour tous, ce quâa retenu finalement le Premier ministre Pierre Mauroy[2]. A lâĂ©poque, les syndicats territoriaux ont hĂ©sitĂ© un moment devant la nouveautĂ©, puis on soutenu la rĂ©forme. Les Ă©lus Ă©taient alors trĂšs rĂ©servĂ©s sinon hostiles car ils craignaient que ce nouveau statut ne limitĂąt leurs prĂ©rogatives par un encadrement excessif. Le Livre blanc montre donc quâĂ lâexpĂ©rience les esprits ont Ă©voluĂ© et quâl est bon pour le service public que le fonctionnaire territorial, comme celui de lâĂtat et des Ă©tablissements publics hospitaliers et de recherche soit dans une position statutaire et rĂ©glementaire.
Comment peut-on soutenir que le statut serait restĂ© figĂ© ? Il a dĂ©montrĂ© sa soliditĂ© Ă©tablie sur sa cohĂ©rence juridique, la fonction publique « Ă trois versants », et des principes rĂ©publicains ancrĂ©s dans lâhistoire : lâĂ©galitĂ© (article 6 de la DĂ©claration des droits de lâhomme et du citoyen de 1789), lâindĂ©pendance (loi sur lâĂ©tat des officiers de 1834), la responsabilitĂ© (article 15 de la DĂ©claration de 1789). Il a prouvĂ© simultanĂ©ment son adaptabilitĂ© puisque en trente ans il a connu 225 modifications lĂ©gislatives dont 84 pour la seule fonction publique territoriale !
Le "livre blanc" de la fonction publique territoriale du 6 juillet 2016 souligne que dans les dix prochaines années beaucoup d'agents auront fait valoir leur droit à retraite. Ce vieillissement constaté de la population pose des difficultés aux employeurs publics en matiÚre de démographie et de reclassement. Pensez-vous que le statut des fonctionnaires offre suffisamment de solutions pour faire face à ces problématiques ?
Ce nâest pas une question de statut mais de politique publique et de gestion prĂ©visionnelle des effectifs et des compĂ©tences. Il ne faut pas tout confondre et dĂ©placer les responsabilitĂ©s. La situation que vous dĂ©crivez sâagissant du renouvellement des gĂ©nĂ©rations est parfaitement prĂ©visible. La prĂ©vision des besoins Ă satisfaire par le moyen des services publics est de la responsabilitĂ© des autoritĂ©s publiques, les Ă©lus en lâoccurrence, avec le concours des fonctionnaires territoriaux dont câest la tĂąche, en particulier des directeurs des ressources humaines. Cela soulĂšve sans doute la question des financements nĂ©cessaires, mais alors câest celle-lĂ quâil convient de poser et non pas la question du statut ce qui serait une diversion.
A l'heure oĂč le projet de loi sur l'Ă©galitĂ© rĂ©elle ambitionne d'assouplir les conditions de recrutement dans le secteur public, oĂč il est envisagĂ© d'introduire des personnes extĂ©rieures aux collectivitĂ©s dans les jurys de recrutements, oĂč le contenu des concours doit ĂȘtre Ă nouveau rĂ©visĂ©, oĂč il est souhaitĂ© une professionnalisation des recrutements et un accompagnement Ă la prise de poste, certains employeurs publics locaux demandent le respect de la libertĂ© de recrutement dans les collectivitĂ©s. Ils envisagent mĂȘme de dĂ©poser une Question Prioritaire de ConstitutionalitĂ© sur ce sujet. Etes-vous en accord avec le constat de l'atteinte Ă la libertĂ© de recrutement dans la Fonction Publique Territoriale ?
Il faudrait ĂȘtre plus clair : qui dit quoi ? qui sont « certains » et sâagit-il dâhypothĂšses de travail ou de propositions ? LĂ encore il faut que chacun prenne ses responsabilitĂ©s pour quâil sâagisse dâun vrai dĂ©bat. Lâintroduction de personnes extĂ©rieures Ă lâadministration des collectivitĂ©s locales dans les jurys de concours ne me choque pas a priori si elles sont en nombres raisonnablement limitĂ©s et justifiĂ©s par les qualitĂ©s recherchĂ©es ; il y a dĂ©jĂ des personnes Ă©trangĂšres Ă la fonction publique dans les jurys de concours de lâENA, pourquoi ferrait-on preuve de frilositĂ© Ă cet Ă©gard dans les collectivitĂ©s locales ? Que veut-on dire en parlant dâune « professionnalisation des recrutements » ? Les concours sont faits pour recruter selon les « vertus » et les « talents » (Ă nouveau lâarticle 6 de la DĂ©claration des droits de lâhomme et du citoyen de 1789) qui peuvent Ă la fois relever de la culture gĂ©nĂ©rale et de connaissances plus spĂ©cifiques selon les fonctions considĂ©rĂ©es. Si le recrutement par voie de concours se dĂ©duit du principe dâĂ©galitĂ©, le contenu et les modalitĂ©s du concours sont Ă la discrĂ©tion de lâadministration. En ce qui concerne la libertĂ© de recrutement des employeurs locaux, constatons tout dâabord que bien des employeurs locaux se sont dĂ©jĂ arrogĂ©s des pouvoirs hors la loi en recrutant des vacataires et des contractuels dans des proportions inadmissibles. Que veut-on dire en parlant de libertĂ© de recrutement ? Des recrutements discrĂ©tionnaires, fonction des engagements politiques, philosophiques religieux ? Comment ; quand on est un serviteur du service public envisager mĂȘme de telles hypothĂšses ? La libre administration des collectivitĂ©s locales ne lĂ©gitime ni le « brun out » ni lâesclavage et je ne saurais trop encourager les intĂ©ressĂ©s Ă poser une QPC sur le sujet.
Pensez-vous que les multiples dénaturations subies par le statut des fonctionnaires en trente ans (par exemple avec la loi Galland), leur permettent toujours de pouvoir de disposer d'un statut qui leur assure un avenir convaincant, auquel ils pourront facilement adhérer dans une époque de réforme territoriale sans précédent ?
La solution est particuliĂšrement simple sâagissant des dĂ©naturations provoquĂ©es par la loi Galland de 1987 : il suffit dâabroger les dispositions qui ont dĂ©figurĂ© le statut concernant la fonction publique territoriale avec des consĂ©quences nĂ©fastes pour les autres fonctions publiques. Le changement des corps en cadres nâavait aucune justification fonctionnelle. Le retour au systĂšme des « reçus-collĂ©s » (listes dâadmis aux concours par ordre alphabĂ©tique et non par ordre de mĂ©rite) a Ă©tĂ© une atteinte au principe dâĂ©galitĂ©. Les modifications alors apportĂ©es aux centres de gestion nâont pas Ă©tĂ© rĂ©ellement convaincantes. Tout cela avait pour objet de tenter de revenir Ă une fonction publique dâemploi et a eu pour consĂ©quence de rĂ©duire la comparabilitĂ© des fonctions publiques (tableau de concordance et grille commune prĂ©vus Ă lâorigine et non créés) et par lĂ , nui Ă la garantie fondamentale de mobilitĂ© posĂ©e par le statut et dont les mĂȘmes pourfendeurs de statut se rĂ©clament par ailleurs. Cela a aussi pour effet que des candidats de valeur admis Ă un concours ne sont jamais nommĂ©s. On en revient dont par lĂ aux caractĂ©ristiques de la fonction publique dâemploi dĂ©gagĂ©es par Olivier Schrameck comme on lâa vu prĂ©cĂ©demment. Cette loi dĂ©sastreuse nâest pas un Ă©tat de nature immuable : il suffit de lâabroger comme il faut abroger nombre de « transformations souterraines » pour reprendre lâexpression de Christian Vigouroux, prĂ©sident de section du Conseil dâĂtat[4]. Mais, une nouvelle fois, il faut distinguer ce qui relĂšve du statut et ce qui est du ressort des politiques publique sinon on installe la confusion qui ne profite quâĂ ceux qui ont choisi de le contester, Ă terme de le supprimer. Outre les mesures dâassainissement immĂ©diatement rĂ©alisables que je viens dâĂ©voquer il faudrait engager des politiques structurelles de modernisation Ă moyen et long terme assorties des financements correspondants ce qui renvoie Ă©videmment au dĂ©bat de politique gĂ©nĂ©rale. Prenons, par exemple, la gestion prĂ©visionnelle des effectifs et des compĂ©tences dont jâai parĂ©. Dans les fonctions publiques il faut nĂ©cessairement sortir de lâannualitĂ© budgĂ©taire pour prendre de bonnes dĂ©cisions stratĂ©giques et envisager des programmations glissantes Ă moyen terme comme le recommande dâailleurs le rapport PĂȘcheur de 2013, voire Ă long terme (dix ou vingt ans) car tout est paramĂ©trable dans le service public qui doit faire lâobjet dâune politique volontaire et non sâabandonner aux errements de la « main invisible » du marchĂ©. Il faut Ă©galement donner un cadre juridique plus Ă©laborĂ© quâil ne lâest actuellement Ă la mobilitĂ© Ă lâintĂ©rieur et entre fonctions publiques. Lâallongement de la durĂ©e de vie professionnelle pose aussi de nouvelles exigences en matiĂšre de formation. Il faut envisager des bi ou multi-carriĂšres ce qui nâest envisageable quâavec un systĂšme de formation continue sans commune mesure avec ce qui existe actuellement. Le statut nâa pas exclu le recours Ă des personnels contractuels dans des cas bien particuliers, mais ceux-ci doivent ĂȘtre strictement circonscrit, ce qui nâest pas le cas actuellement. LâĂ©gal accĂšs des femmes et des hommes aux emplois supĂ©rieurs des fonctions publiques nâest pas respectĂ© alors quâil a un caractĂšre discrĂ©tionnaire et quâil suffit aux autoritĂ©s publiques ayant pouvoir de nomination de le vouloir, etc. On le voit, ce nâest pas le travail qui manque pour les Ă©lus et les fonctionnaires qui veulent rĂ©ellement moderniser et dĂ©mocratiser la fonction publique au niveau de lâĂtat comme dans les collectivitĂ©s territoriales ou les Ă©tablissements publics hospitaliers ou dans la recherche. Ă cet Ă©gard, jâai la conviction que la fonction publique territoriale, longtemps considĂ©rĂ©e comme le « maillon faible » de lâarchitecture statutaire mise sur pied en 1983-1984-1986 peut en constituer lâavant-garde dans les transformations Ă venir en raison de ses caractĂ©ristiques propres et de sa capacitĂ© Ă associer unitĂ© et diversitĂ©.
Au lieu de cela, on tente de convaincre les fonctionnaires, et tout spĂ©cialement les fonctionnaires chargĂ©s de la gestion des personnels comme les DRH, que le paradigme de lâentreprise privĂ©e sâimpose Ă tous en Ă©conomie libĂ©rale prĂ©sentĂ©e comme un horizon indĂ©passable, et que le Nouveau Management Public (New Public Management pour ĂȘtre plus conforme Ă la mode) est la solution enfin trouvĂ©e. AprĂšs quâaient Ă©tĂ© supprimĂ©s tous les organismes de rationalisation de la puissance publique (du Commissariat gĂ©nĂ©ral du Plan au Conseil national dâĂ©valuation), la RGPP et la LOLF ne sont que des instruments sans fondements scientifiques de diminution des dĂ©penses publiques et de rĂ©duction du champ du service public. Localement, les techniques de management que lâon sâefforce dâintroduire au niveau des services dĂ©concentrĂ©s et dĂ©centralisĂ©s ne servent quâĂ remplacer le sens de lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral par des indicateurs Ă la finalitĂ© incertaine, Ă mettre les agents en concurrence, Ă parcelliser les activitĂ©s dans une dĂ©marche bĂȘtifiante et humiliante pour les fonctionnaires, mais qui recouvre en fait un renforcement du pouvoir hiĂ©rarchique autoritaire qui avance masquĂ©.
Il demeure que les acteurs locaux du service public comme dâailleurs au niveau de lâĂtat, rencontrent de nombreux problĂšmes : temps de travail, individualisme, Ă©volution des rapports sociaux dans le travail, comportements hostiles et manque d'appropriation des valeurs de service public en particulier pour les nouvelles gĂ©nĂ©rations. Quelles perspectives peut-on leur ouvrir ?
Je relĂšve une fois encore quâil ne sâagit pas de questions statutaires mais des problĂšmes observables dans lâensemble de la sociĂ©tĂ© qui rĂ©agissent bien sĂ»r sur la fonction publique et les fonctionnaires. Pour remĂ©dier Ă ces problĂšmes il faut donc Ă©largir le champ de lâanalyse. Pour ma part, je considĂšre que nous sommes dans une crise de civilisation qui se traduit par une situation de dĂ©composition sociale profonde et de perte de repĂšres, notamment dans un pays dĂ©veloppĂ© comme la France. Cela se traduit dâune part, par un individualisme sans doute accentuĂ© mais qui doit prendre la forme dâun renforcement de la responsabilitĂ© individuelle du citoyen, dâautre part par lâaffirmation du genre humain comme sujet de droit dans une mondialisation qui concerne tous les domaines, lâĂtat-nation assurant la dialectique unissant les deux pĂŽles.
Dans cette problĂ©matique, les fonctions publiques et les fonctionnaires ont un rĂŽle Ă©minent Ă jouer puisquâils sont en charge du service de lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Ils doivent alors sâouvrir Ă lâensemble de la sociĂ©tĂ© sauf Ă ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des privilĂ©giĂ©s en raison des garanties que leur statut leur confĂšre, notamment la garantie de lâemploi. Câest en ce sens quâils Ă©taient directement concernĂ©s par le dĂ©bat qui a eu lieu sur la « loi travail » (dite loi El Khomeri) oĂč a Ă©tĂ© vivement dĂ©battue la question juridique de la hiĂ©rarchie des normes. Les fonctionnaires protĂ©gĂ©s par leur statut, câest Ă dire par la loi expression de la volontĂ© gĂ©nĂ©rale, sont ainsi dans une meilleure position que celle des salariĂ©s du secteur privĂ© dont la situation est gĂ©rĂ©e par contrat dans un rapport de forces dâautant plus inĂ©gal quâil est individualisĂ© dans une entreprise de petite dimension. Il est donc juste que les fonctionnaires se sentent solidaires des salariĂ©s du secteur privĂ© et rĂ©clament, avec eux, une meilleure protection par la loi, une sĂ©curisation des parcours professionnels, voire une sĂ©curitĂ© sociale professionnelle. Câest pourquoi jâai fait la proposition dâun statut lĂ©gislatif pour les salariĂ©s du secteur privĂ© tour en maintenant nĂ©cessairement la spĂ©cificitĂ© du statut des fonctionnaires[5].
Mais les fonctionnaires doivent aussi sâouvrir sur le monde. Un monde dans lequel vont monter les exigences dâinterdĂ©pendances, de coopĂ©rations, de solidaritĂ©s que nous appelons en France ⊠le service public. Les fonctionnaires, forts de la longue expĂ©rience des fonctions publiques dans notre pays, sont ainsi aux premiers rangs des transformations que va connaĂźtre le XXIe siĂšcle, au sein de la « mĂ©tamorphose » dont parle Edgar Morin. Cela suppose un approfondissement de la notion de citoyennetĂ© dans les conditions de notre temps. Une rĂ©flexion sur les valeurs ou principes : lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral Ă©videmment, mais aussi lâĂ©galitĂ© sociale rĂ©elle et son rapport Ă lâĂ©galitĂ© juridique, la responsabilitĂ© et son fondement la laĂŻcitĂ©. Cela suppose un exercice effectif et des moyens appropriĂ©s : des droits et obligations politiques, Ă©conomiques et sociaux, une dĂ©mocratie locale animĂ©e par des administrations dĂ©concentrĂ©es et dĂ©centralisĂ©es, des institutions modĂšles de lâorganisation des pouvoirs dĂ©mocratiques. Cela sâinscrit aujourdâhui dans une situation de crise dont il convient de travailler sur les causes et les remĂšdes.
La mondialisation opĂ©rant une globalisation des problĂšmes est un niveau dâanalyse et de proposition essentiel. DĂ©jĂ sâaffirment des valeurs universelles : la paix, la suretĂ©, la protection de lâĂ©cosystĂšme, je droit au dĂ©veloppement, la prohibition de la torture, de lâesclavage, etc. Dâautres se profilent : le service public (la question de lâeau, par exemple), la laĂŻcitĂ© dans de violents conflits, le droit dâasile aujourdâhui violemment mis en lumiĂšre, etc. Des moyens internationaux ou mondiaux sont portĂ©s Ă un niveau sans prĂ©cĂ©dent : par exemple, la circulation aĂ©rienne, internet, les tĂ©lĂ©communications, de trĂšs nombreuses conventions, des services administratifs communs, etc. Tout cela demandera compĂ©tences, sens du service public, exigences Ă©thiques dont les fonctionnaires ont vocation Ă porter tĂ©moignage. Câest donc un message dâoptimisme : le XXIe siĂšcle peut et doit ĂȘtre lâ « Ăąge dâor » du service public et les fonctionnaires des acteurs majeurs des temps Ă venir.
Pascal NAUD, président de www.naudrh.com,
membre du bureau de l'Association Nationale des DRH de Territoire,
remercie chaleureusement M. Anicet Le Pors pour cette entrevue.
Contact email
[1] O. Schrameck La fonction publique territoriale, Dalloz, 1995.
[2] Voir sur ce dĂ©bat et plus gĂ©nĂ©ralement sur lâĂ©laboration du statut gĂ©nĂ©ral : A. Le Pors et G. Aschieri, La fonction publique du XXIe siĂšcle, Ăditions de lâAtelier, 2015.
[4]. C. Vigouroux, Trente ans aprĂšs la loi du 13 juillet 1983, AJDA, 17 juin 2013.
[5] A. Le Pors, Pour un statut des travailleurs salariés du secteur privé, Revue du droit du travail, mars 2010.