Le régime de la disponibilité évolue en profondeur. Suppression de l’obligation de réintégration pendant 18 mois, simplification des justificatifs, maintien encadré des droits à avancement : les services RH doivent sécuriser leurs pratiques.
1. Une réforme attendue du régime de la disponibilité
La disponibilité permet à un fonctionnaire d’être placé temporairement hors de son administration d’origine, tout en conservant un lien statutaire avec elle. En principe, cette position entraîne la suspension des droits à l’avancement et à la retraite.
Le régime a toutefois été progressivement assoupli afin de mieux tenir compte des mobilités professionnelles, des projets personnels et des parcours hybrides entre secteur public et secteur privé.
Le décret n° 2025-1169 du 5 décembre 2025 et l’arrêté du 20 avril 2026 marquent une nouvelle étape : ils simplifient les démarches, clarifient les conditions de maintien des droits à avancement et suppriment une contrainte importante qui pesait sur les disponibilités pour convenances personnelles.
2. Le maintien des droits à avancement : un principe confirmé
Un fonctionnaire placé en disponibilité peut conserver ses droits à avancement lorsqu’il exerce une activité professionnelle pendant cette période, dans la limite de cinq ans sur l’ensemble de sa carrière.
Cette période peut être prise en compte pour l’avancement d’échelon et pour l’appréciation de l’ancienneté requise en matière d’avancement de grade.
3. Des justificatifs désormais transmis lors de la réintégration
L’une des principales nouveautés réside dans la simplification des justificatifs. L’ancienne logique de transmission annuelle disparaît.
Désormais, l’agent doit produire les pièces permettant d’établir son activité professionnelle à la date de sa réintégration, et au plus tard dans le mois qui suit celle-ci. Cette transmission doit être effectuée par tout moyen permettant de donner date certaine.
Pour les services RH, cette évolution simplifie la gestion en cours de disponibilité, mais elle reporte l’essentiel du contrôle au moment du retour de l’agent. La réintégration devient donc un moment juridique sensible.
4. Disponibilité pour convenances personnelles : fin de l’obligation des 18 mois
Le décret du 5 décembre 2025 supprime l’obligation, auparavant imposée à l’issue d’une première période de cinq ans, de réintégrer l’administration pendant au moins dix-huit mois continus avant de pouvoir obtenir une nouvelle disponibilité pour convenances personnelles.
Cette suppression constitue un assouplissement majeur. Elle met fin à une règle difficilement compatible avec la réalité des parcours professionnels et avec les contraintes organisationnelles des employeurs publics.
La durée maximale demeure toutefois encadrée : la disponibilité pour convenances personnelles reste fixée à cinq ans, renouvelable dans la limite de dix ans sur l’ensemble de la carrière.
5. Les points de vigilance pour les DRH territoriaux
Cette réforme ne doit pas être lue comme une dérégulation. Les conditions restent précises et doivent être vérifiées avec rigueur.
L’activité salariée prise en compte doit relever du secteur privé et représenter au moins 600 heures par an. L’activité indépendante doit générer un revenu minimal soumis à cotisations sociales. Les périodes de chômage, en revanche, ne permettent pas de maintenir les droits à avancement.
Toutes les disponibilités ne sont pas concernées. Les disponibilités d’office, notamment celles prononcées à l’expiration des droits statutaires à congé de maladie, n’ouvrent pas droit au maintien des droits à avancement.
Conclusion
La réforme du régime de la disponibilité traduit une évolution importante de la fonction publique. Elle reconnaît davantage la valeur des expériences professionnelles acquises hors administration et simplifie certaines contraintes administratives.
Pour autant, cette simplification ne dispense pas les employeurs publics d’une vigilance juridique accrue. La bonne application du dispositif suppose une information claire des agents, une traçabilité des justificatifs et une sécurisation des décisions de carrière au moment de la réintégration.
En matière de disponibilité, la réforme apporte donc davantage de souplesse, mais elle exige aussi davantage de méthode.
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