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Le droit de grève, un droit constitutionnel reconnu aux agents territoriaux
Sources : article L. 114-1 du code général de la fonction publique ; Service Public — le cadre du droit de grève
Synthèse opérationnelle. Le droit de grève étant un droit fondamental des agents dont l'exercice soulève régulièrement des questions pratiques pour les services de ressources humaines, il est utile de consacrer un point d'ensemble à son cadre et à ses modalités dans la fonction publique territoriale. Le droit de grève est un droit constitutionnellement reconnu, garanti par le préambule de la Constitution. Il est reconnu aux agents publics territoriaux, comme le rappelle l'article L. 114-1 du code général de la fonction publique. La grève se définit comme une cessation collective et concertée du travail, ayant pour objet la défense d'intérêts professionnels. Cette définition emporte des conséquences : certaines formes de cessation du travail ne constituent pas des grèves licites, telles que la grève dite politique, non justifiée par des motifs professionnels, ou la grève tournante, organisée par roulement concerté pour désorganiser le service. Si le droit de grève est un droit fondamental, il n'est pas absolu : il fait l'objet de limitations, notamment pour préserver la continuité du service public, et emporte des conséquences, en particulier des retenues sur rémunération. La maîtrise de ce cadre est nécessaire à une gestion correcte des situations de grève. Pour les collectivités, maîtriser le cadre du droit de grève des agents territoriaux, en connaître la définition et les limites, et gérer correctement les situations de grève dans le respect de ce droit fondamental sont des éléments d'une gestion rigoureuse et respectueuse des droits.
Point d'alerte DRH. Le droit de grève est un droit constitutionnellement reconnu, garanti aux agents publics territoriaux (article L. 114-1 du code général de la fonction publique). La grève est une cessation collective et concertée du travail pour la défense d'intérêts professionnels. Certaines formes ne sont pas licites (grève politique sans motif professionnel, grève tournante). Ce droit fondamental n'est pas absolu : il connaît des limitations (continuité du service public) et emporte des conséquences (retenues sur rémunération).
Impact RH :OrangeUrgence :Vert
Ce que le DRH doit faire lundi matin : maîtriser le cadre du droit de grève des agents territoriaux (article L. 114-1 du code général de la fonction publique), en connaître la définition et les limites, et gérer correctement les situations de grève dans le respect de ce droit fondamental.
Sources : code du travail applicable aux agents publics ; code général de la fonction publique — le préavis de grève
Synthèse opérationnelle. L'exercice du droit de grève dans la fonction publique territoriale est encadré par des règles de préavis, dont il importe de connaître les modalités pour appréhender correctement les situations de grève. Dans la fonction publique, la grève doit en principe être précédée d'un préavis. Ce préavis, déposé par une organisation syndicale représentative, doit préciser les motifs de la grève, ainsi que le lieu, la date et l'heure du début, et la durée, limitée ou non, de la grève envisagée. Le préavis doit être déposé un certain délai avant le déclenchement de la grève, et parvenir à l'autorité concernée. Une précision importante mérite d'être soulignée : un préavis déposé au niveau national dispense les organisations syndicales de déposer un préavis au niveau local. Ainsi, lors d'un mouvement national, les agents territoriaux peuvent exercer leur droit de grève sous couvert du préavis national, sans qu'un préavis local soit nécessaire. Par ailleurs, les agents ne sont pas tenus, en principe, de cesser leur activité dès l'heure de début fixée dans le préavis, mais peuvent commencer la grève dès le début de leur prise de service intervenant durant la période prévue par le préavis. La connaissance de ces règles est utile à une bonne gestion. Pour les collectivités, connaître les règles de préavis de grève, prendre en compte la dispense de préavis local en cas de préavis national, et gérer les situations de grève dans le respect de ces règles sont des éléments d'une gestion éclairée.
Point d'alerte DRH. La grève doit en principe être précédée d'un préavis, déposé par une organisation syndicale représentative, précisant les motifs, le lieu, la date, l'heure et la durée de la grève. Un préavis déposé au niveau national dispense d'un préavis local : lors d'un mouvement national, les agents peuvent faire grève sous couvert du préavis national. Les agents ne sont pas tenus de cesser le travail dès l'heure de début fixée, mais peuvent commencer la grève dès leur prise de service durant la période du préavis.
Impact RH :VertUrgence :Vert
Ce que le DRH doit faire lundi matin : connaître les règles de préavis de grève (motifs, lieu, date, heure, durée), prendre en compte la dispense de préavis local en cas de préavis national, et gérer les situations de grève dans le respect de ces règles.
La conciliation du droit de grève avec la continuité du service public
Sources : Conseil constitutionnel, décision du 28 juillet 1987 ; Conseil d'État, arrêt Dehaene — la conciliation avec la continuité du service
Synthèse opérationnelle. La jurisprudence a de longue date établi que le droit de grève doit être concilié avec le principe de continuité du service public, principe fondateur qui justifie certaines limitations et qu'il importe de bien comprendre. Le droit de grève, bien que constitutionnellement reconnu, doit en effet être concilié avec d'autres principes de valeur constitutionnelle, au premier rang desquels la continuité du service public. Cette conciliation a été affirmée de longue date par la jurisprudence. Le Conseil d'État, par son arrêt Dehaene, a reconnu que le droit de grève pouvait faire l'objet de limitations afin d'en éviter un usage abusif ou contraire aux nécessités de l'ordre public ou aux besoins essentiels du pays. Le Conseil constitutionnel, dans une décision de 1987, a de même admis que des limitations pouvaient être apportées au droit de grève afin de préserver la continuité du service public, dans un souci d'adéquation et de proportionnalité. Il en résulte que le droit de grève des agents territoriaux, s'il est pleinement reconnu, peut être encadré et limité pour garantir la continuité de certains services publics essentiels. Ces limitations doivent toutefois être proportionnées et justifiées. La compréhension de cet équilibre est essentielle. Pour les collectivités, comprendre la nécessaire conciliation du droit de grève avec la continuité du service public, appréhender les limitations possibles comme devant être proportionnées et justifiées, et concilier ainsi ces principes sont des éléments d'une gestion équilibrée des situations de grève.
Point d'alerte DRH. Le droit de grève doit être concilié avec la continuité du service public, principe de valeur constitutionnelle. Le Conseil d'État (arrêt Dehaene) a reconnu que le droit de grève peut être limité pour éviter un usage abusif ou contraire aux besoins essentiels. Le Conseil constitutionnel (décision de 1987) a admis des limitations pour préserver la continuité, dans un souci de proportionnalité. Le droit de grève, pleinement reconnu, peut donc être encadré pour garantir certains services essentiels, mais ces limitations doivent être proportionnées et justifiées.
Impact RH :OrangeUrgence :Vert
Ce que le DRH doit faire lundi matin : comprendre la nécessaire conciliation du droit de grève avec la continuité du service public (Conseil d'État, arrêt Dehaene ; Conseil constitutionnel, 1987), appréhender les limitations possibles comme devant être proportionnées et justifiées, et concilier ces principes.
La retenue sur rémunération, proportionnelle à la durée de la grève
Sources : jurisprudence administrative ; principe de proportionnalité dans la fonction publique territoriale — la retenue pour absence de service fait
Synthèse opérationnelle. La participation à une grève emporte une retenue sur rémunération pour absence de service fait, dont les modalités de calcul, propres à la fonction publique territoriale, doivent être maîtrisées pour une application correcte. La grève entraînant une absence de service fait, elle donne lieu à une retenue sur la rémunération de l'agent gréviste. Dans la fonction publique territoriale, cette retenue obéit au principe de stricte proportionnalité entre la durée de l'absence et le montant de la retenue : la retenue est calculée en proportion de la durée de la grève, comparée aux obligations de service auxquelles l'agent était soumis. Ce principe distingue la fonction publique territoriale de la fonction publique de l'État, où s'applique la règle du trentième indivisible. Il importe de souligner que cette retenue ne présente pas de caractère disciplinaire : il s'agit d'une simple mesure comptable, tirant les conséquences de l'absence de service fait, qui n'est soumise à aucune procédure particulière. Par ailleurs, aucune mention de la participation à une grève ne doit figurer sur le bulletin de paie de l'agent. La retenue peut être opérée le mois de la grève ou ultérieurement, sous réserve d'être calculée sur la rémunération du mois concerné, et ne doit pas dépasser la quotité saisissable de la rémunération. La maîtrise de ces règles est essentielle. Pour les collectivités, maîtriser le principe de proportionnalité de la retenue pour absence de service fait, appliquer correctement cette mesure comptable non disciplinaire, et respecter les règles de mention et de quotité sont des éléments d'une gestion rigoureuse.
Point d'alerte DRH. La grève donne lieu à une retenue sur rémunération pour absence de service fait. Dans la fonction publique territoriale s'applique le principe de stricte proportionnalité : la retenue est proportionnelle à la durée de la grève au regard des obligations de service (à la différence du trentième indivisible de l'État). Cette retenue n'est pas disciplinaire : c'est une simple mesure comptable, sans procédure particulière. Aucune mention de grève ne doit figurer sur le bulletin de paie. La retenue ne doit pas dépasser la quotité saisissable.
Impact RH :RougeUrgence :Orange
Ce que le DRH doit faire lundi matin : maîtriser le principe de proportionnalité de la retenue pour absence de service fait (propre à la fonction publique territoriale, distinct du trentième de l'État), appliquer correctement cette mesure comptable non disciplinaire, et respecter les règles de non-mention sur le bulletin de paie et de quotité saisissable.
4. Santé au travail, protection sociale et absentéisme
La grève sans incidence sur les droits statutaires de l'agent
Sources : jurisprudence administrative ; règles statutaires — les effets de la grève sur les droits de l'agent
Synthèse opérationnelle. Si la grève emporte une retenue sur rémunération, elle demeure sans incidence sur les autres droits statutaires de l'agent, principe protecteur qu'il importe de connaître pour ne pas porter atteinte à tort à la situation de l'agent gréviste. L'exercice régulier du droit de grève, en tant que droit fondamental, ne saurait en effet préjudicier à l'agent au-delà de la seule retenue sur rémunération pour absence de service fait. Ainsi, la cessation du travail pour fait de grève est sans incidence sur les droits à l'avancement de grade et d'échelon de l'agent : la période de grève n'interrompt pas et ne retarde pas l'avancement de l'agent, qui continue de courir normalement. De même, la grève ne saurait, en principe, avoir d'incidence sur les droits à congés, sur les droits à la retraite, ou sur la situation statutaire de l'agent. L'agent qui exerce régulièrement son droit de grève ne saurait faire l'objet, du seul fait de sa participation à la grève, d'aucune mesure défavorable, discriminatoire ou de rétorsion. Toute mesure qui sanctionnerait ou pénaliserait un agent pour avoir exercé régulièrement son droit de grève serait illégale. Ce principe protecteur garantit le libre exercice du droit de grève. Il importe de le respecter scrupuleusement. Pour les collectivités, respecter le principe selon lequel la grève régulière est sans incidence sur les droits statutaires de l'agent, ne prendre aucune mesure défavorable liée à l'exercice du droit de grève, et garantir ainsi son libre exercice sont des éléments d'une gestion respectueuse des droits.
Point d'alerte DRH. L'exercice régulier du droit de grève ne peut préjudicier à l'agent au-delà de la retenue sur rémunération. La grève est sans incidence sur les droits à l'avancement de grade et d'échelon, qui continuent de courir normalement, ni, en principe, sur les congés, la retraite ou la situation statutaire. Aucune mesure défavorable, discriminatoire ou de rétorsion ne peut être prise du seul fait de la participation à la grève : une telle mesure serait illégale. Ce principe protecteur garantit le libre exercice du droit de grève.
Impact RH :OrangeUrgence :Vert
Ce que le DRH doit faire lundi matin : respecter le principe selon lequel la grève régulière est sans incidence sur les droits statutaires de l'agent (avancement de grade et d'échelon, congés, retraite), ne prendre aucune mesure défavorable liée à l'exercice du droit de grève, et garantir ainsi son libre exercice.
La distinction entre grève régulière et fautes commises à l'occasion de la grève
Sources : jurisprudence administrative ; code général de la fonction publique — l'articulation entre droit de grève et discipline
Synthèse opérationnelle. Il importe de distinguer clairement l'exercice régulier du droit de grève, qui ne peut donner lieu à sanction, des fautes éventuellement commises à l'occasion de la grève, qui peuvent, elles, être sanctionnées, distinction essentielle à une gestion juste. L'exercice régulier du droit de grève ne constitue pas une faute et ne saurait donner lieu à sanction disciplinaire : l'agent qui exerce régulièrement son droit de grève ne peut être sanctionné pour ce seul fait, ni être mis en demeure de reprendre le travail. En revanche, la grève ne confère pas une immunité pour les fautes qui pourraient être commises à son occasion. Ainsi, des agissements fautifs commis pendant la grève, tels que des violences, des entraves à la liberté du travail des non-grévistes, des dégradations, ou d'autres manquements aux obligations, peuvent, s'ils sont établis, donner lieu à des sanctions disciplinaires, non pas en raison de la participation à la grève, mais en raison de ces fautes distinctes. De même, certains manquements aux obligations spécifiques applicables en cas de service minimum peuvent être sanctionnés. Il importe donc de bien distinguer la participation régulière à la grève, protégée, des fautes distinctes, sanctionnables, et de fonder toute sanction éventuelle sur ces dernières, et non sur la grève elle-même. Pour les collectivités, distinguer clairement l'exercice régulier du droit de grève des fautes commises à son occasion, ne sanctionner que ces fautes distinctes et non la participation à la grève, et fonder correctement toute sanction sont des éléments d'une gestion juste et sécurisée.
Point d'alerte DRH. L'exercice régulier du droit de grève n'est pas une faute et ne peut donner lieu à sanction : l'agent gréviste ne peut être sanctionné pour ce seul fait ni mis en demeure de reprendre. Mais la grève ne confère pas d'immunité : des fautes commises à son occasion (violences, entraves à la liberté du travail, dégradations) peuvent être sanctionnées, non en raison de la grève, mais de ces fautes distinctes. Toute sanction doit être fondée sur ces fautes, non sur la participation à la grève.
Impact RH :OrangeUrgence :Vert
Ce que le DRH doit faire lundi matin : distinguer clairement l'exercice régulier du droit de grève (protégé) des fautes commises à son occasion (sanctionnables), ne sanctionner que ces fautes distinctes et non la participation à la grève, et fonder correctement toute sanction éventuelle.
L'accord de continuité des services publics essentiels
Sources : articles L. 114-7 à L. 114-10 du code général de la fonction publique ; loi n° 2019-828 du 6 août 2019 — l'encadrement négocié de la continuité
Synthèse opérationnelle. La loi de transformation de la fonction publique a introduit un dispositif d'encadrement négocié du droit de grève, destiné à garantir la continuité de certains services publics essentiels, qu'il importe de connaître. La loi du 6 août 2019 a en effet ouvert la possibilité, pour les collectivités, de négocier un accord visant à garantir la continuité de certains services publics en cas de grève. Ce dispositif, codifié aux articles L. 114-7 à L. 114-10 du code général de la fonction publique, concerne certains services publics limitativement énumérés, considérés comme essentiels. L'autorité territoriale et les organisations syndicales disposant d'au moins un siège dans les instances de participation peuvent engager des négociations en vue de la signature d'un accord. Cet accord détermine, pour garantir la continuité de ces services, les fonctions et le nombre d'agents indispensables, ainsi que les conditions d'organisation du travail et d'affectation des agents présents en cas de perturbation prévisible. L'accord est approuvé par l'assemblée délibérante. En l'absence d'accord conclu dans un délai de douze mois après le début des négociations, l'assemblée délibérante peut déterminer, seule, par délibération, les conditions de continuité de ces services. Ce dispositif privilégie la voie de la négociation. Pour les collectivités, connaître le dispositif d'accord de continuité des services publics essentiels, engager le cas échéant les négociations avec les organisations syndicales, et privilégier ainsi la voie négociée sont des éléments d'un encadrement concerté de la continuité.
Point d'alerte DRH. La loi du 6 août 2019 permet aux collectivités de négocier un accord garantissant la continuité de certains services publics essentiels limitativement énumérés en cas de grève (articles L. 114-7 à L. 114-10 du code général de la fonction publique). L'autorité et les organisations syndicales disposant d'au moins un siège peuvent négocier un accord déterminant les fonctions et le nombre d'agents indispensables. L'accord est approuvé par l'assemblée délibérante. À défaut d'accord sous douze mois, l'assemblée peut délibérer seule.
Impact RH :VertUrgence :Vert
Ce que le DRH doit faire lundi matin : connaître le dispositif d'accord de continuité des services publics essentiels (articles L. 114-7 à L. 114-10 du code général de la fonction publique, loi du 6 août 2019), engager le cas échéant les négociations avec les organisations syndicales, et privilégier la voie négociée.
L'organisation du service en cas de grève et la gestion des présences
Sources : principes de gestion des grèves ; jurisprudence administrative — l'organisation du service en période de grève
Synthèse opérationnelle. La gestion d'une grève suppose une organisation du service adaptée, dans le respect du droit de grève et des règles applicables, qu'il importe de préparer pour assurer, dans la mesure du possible, le fonctionnement des services. En période de grève, la collectivité doit organiser le service avec les agents non-grévistes présents, afin d'assurer, autant que possible, la continuité des missions, en particulier des services essentiels. Cette organisation doit respecter le droit de grève des agents grévistes et ne pas y porter atteinte : il n'est pas possible, par exemple, de contraindre les agents grévistes à travailler par des moyens détournés, ni de remplacer les grévistes par des agents recrutés spécialement à cette fin dans des conditions irrégulières. L'autorité territoriale peut réorganiser le travail des agents présents et les affecter en fonction des nécessités, dans le respect des règles. Il importe de noter que l'autorité territoriale ne dispose pas, en principe, du pouvoir de réquisitionner individuellement ses propres agents grévistes ; la réquisition relève, dans les conditions prévues, d'autres autorités, notamment le préfet, en cas d'atteinte grave à la continuité du service ou aux besoins de la population. Une bonne anticipation et organisation permet de gérer au mieux ces situations. Pour les collectivités, organiser le service en cas de grève avec les agents présents dans le respect du droit de grève, anticiper ces situations, et connaître les limites de leurs pouvoirs, notamment en matière de réquisition, sont des éléments d'une gestion maîtrisée des périodes de grève.
Point d'alerte DRH. En période de grève, la collectivité organise le service avec les agents non-grévistes présents, pour assurer autant que possible la continuité, dans le respect du droit de grève : sans contraindre les grévistes à travailler par des moyens détournés, ni les remplacer par des recrutements irréguliers. L'autorité peut réorganiser et affecter les agents présents. Elle ne peut, en principe, réquisitionner individuellement ses propres agents grévistes : la réquisition relève d'autres autorités, notamment le préfet, en cas d'atteinte grave.
Impact RH :VertUrgence :Vert
Ce que le DRH doit faire lundi matin : organiser le service en cas de grève avec les agents présents dans le respect du droit de grève, anticiper ces situations, et connaître les limites des pouvoirs de la collectivité, notamment l'impossibilité de réquisitionner individuellement ses propres agents grévistes.
Le décompte des grévistes et la constatation de l'absence de service fait
Sources : jurisprudence administrative ; règles de constatation du service fait — le décompte des grévistes
Synthèse opérationnelle. La gestion d'une grève suppose un décompte rigoureux des agents grévistes et une constatation exacte de l'absence de service fait, opérations qui appellent méthode et rigueur pour fonder correctement les retenues. La retenue sur rémunération étant fondée sur l'absence de service fait, il importe de constater précisément, pour chaque agent, sa participation ou non à la grève, et la durée de son absence. Cette constatation doit être opérée avec rigueur et objectivité. Plusieurs principes doivent être respectés. Un agent gréviste n'est en principe pas tenu d'informer préalablement son administration de son intention de faire grève, sauf dans le cas particulier des services soumis à un service minimum, où une obligation d'information préalable peut exister. Il en résulte que la constatation de la participation à la grève repose sur le constat de l'absence de service fait, et non sur une déclaration préalable. Par ailleurs, la jurisprudence a précisé qu'un agent bénéficiant d'une décharge totale d'activité de service n'a pas d'obligation de service, de sorte que son silence ne saurait justifier une retenue. Le décompte doit donc être établi avec soin, sur la base du constat effectif de l'absence de service fait, pour fonder régulièrement les retenues. Une méthode rigoureuse de constatation est nécessaire. Pour les collectivités, opérer un décompte rigoureux et objectif des agents grévistes, constater précisément l'absence de service fait, et respecter les règles applicables, notamment l'absence d'obligation d'information préalable hors service minimum, sont des éléments d'une gestion rigoureuse des retenues.
Point d'alerte DRH. La retenue étant fondée sur l'absence de service fait, il faut constater précisément, pour chaque agent, sa participation et la durée de son absence, avec rigueur et objectivité. Un agent gréviste n'est pas tenu, en principe, d'informer préalablement de son intention de faire grève, sauf en cas de service minimum. La constatation repose donc sur le constat de l'absence de service fait, non sur une déclaration préalable. Un agent en décharge totale d'activité n'a pas d'obligation de service : son silence ne justifie pas de retenue.
Impact RH :OrangeUrgence :Vert
Ce que le DRH doit faire lundi matin : opérer un décompte rigoureux et objectif des agents grévistes, constater précisément l'absence de service fait, et respecter les règles applicables (absence d'obligation d'information préalable hors service minimum, situation particulière des agents en décharge totale d'activité).
Le traitement des retenues et la sécurisation de la paie
Sources : règles de retenue sur rémunération ; gestion de la paie — le traitement financier des grèves
Synthèse opérationnelle. Le traitement des retenues sur rémunération liées aux grèves soulève des enjeux de gestion de la paie, qu'il importe de maîtriser pour opérer des retenues régulières et sécurisées. Les retenues pour absence de service fait doivent en effet être calculées et opérées avec rigueur, dans le respect des règles applicables. Le calcul doit reposer sur le principe de proportionnalité propre à la fonction publique territoriale, la retenue étant proportionnelle à la durée de l'absence au regard des obligations de service. La retenue est calculée sur la rémunération du mois au cours duquel la grève a eu lieu. Elle peut être opérée sur la paie de ce mois, ou ultérieurement, mais en étant alors calculée sur la rémunération du mois de la grève. Il importe de veiller à ce que la retenue ne dépasse pas la quotité saisissable de la rémunération, afin de préserver un minimum de ressources à l'agent ; le cas échéant, la retenue peut être étalée. Le service de la paie doit ainsi maîtriser ces règles pour opérer des retenues exactes et régulières, sécurisant la gestion financière des grèves. Une erreur dans le calcul ou l'application des retenues pourrait donner lieu à contestation. Pour les directions des ressources humaines et financières, maîtriser les règles de calcul et de traitement des retenues pour absence de service fait, sécuriser la paie en période de grève, et respecter la quotité saisissable sont des éléments d'une gestion financière rigoureuse des grèves.
Point d'alerte DRH. Les retenues pour absence de service fait doivent être calculées avec rigueur, selon le principe de proportionnalité propre à la fonction publique territoriale, sur la rémunération du mois de la grève. Elles peuvent être opérées ce mois ou ultérieurement, mais calculées sur la rémunération du mois concerné. La retenue ne doit pas dépasser la quotité saisissable, pour préserver un minimum de ressources ; elle peut être étalée. Une erreur de calcul ou d'application pourrait donner lieu à contestation.
Impact RH :VertUrgence :Vert
Ce que le DRH doit faire lundi matin : maîtriser les règles de calcul et de traitement des retenues pour absence de service fait (proportionnalité, rémunération du mois de la grève), sécuriser la paie en période de grève, et respecter la quotité saisissable, en étalant la retenue le cas échéant.
Le droit de grève, entre liberté fondamentale et exigence de continuité du service
Sources : analyses prospectives (2026) ; débats sur l'encadrement du droit de grève — les enjeux de fond du droit de grève
Synthèse opérationnelle. Au-delà de ses règles techniques, le droit de grève dans les services publics soulève un enjeu de fond permanent qu'il est éclairant de mettre en perspective : celui de l'équilibre entre la liberté fondamentale des agents et l'exigence de continuité du service public au bénéfice des usagers. Le droit de grève est en effet une liberté fondamentale, expression de la capacité des agents à défendre collectivement leurs intérêts professionnels. Dans le même temps, les services publics ont vocation à assurer la continuité de missions essentielles au bénéfice de la population. La conciliation de ces deux exigences, l'une et l'autre légitimes, constitue un équilibre délicat et permanent, qui traverse le droit de la fonction publique et fait régulièrement l'objet de débats. Les évolutions récentes, telles que l'introduction de la possibilité d'accords de continuité pour certains services, témoignent d'une recherche continue de cet équilibre, privilégiant la voie de la négociation. Ces questions demeurent régulièrement débattues, entre les tenants d'un encadrement renforcé au nom de la continuité et les défenseurs d'une protection pleine du droit de grève. Le signal de fond à suivre est cette recherche permanente d'équilibre entre le droit de grève et la continuité du service public, qui appelle les collectivités à gérer les situations de grève avec rigueur juridique, dans le respect des droits des agents comme des besoins des usagers. Pour les collectivités, appréhender le droit de grève dans son équilibre avec la continuité du service public, gérer les situations de grève avec rigueur et dans le respect des droits, et suivre les évolutions de cet encadrement sont des éléments d'une gestion éclairée et équilibrée.
Point d'alerte DRH. Le droit de grève soulève un enjeu de fond permanent : l'équilibre entre une liberté fondamentale des agents et l'exigence de continuité du service public au bénéfice des usagers. La conciliation de ces exigences légitimes est délicate et fait régulièrement débat. Les évolutions récentes (accords de continuité pour certains services) témoignent d'une recherche d'équilibre privilégiant la négociation. Le signal de fond est cette recherche permanente d'équilibre, appelant à gérer les grèves avec rigueur, dans le respect des droits des agents et des besoins des usagers.
Impact RH :VertUrgence :Vert
Ce que le DRH doit faire lundi matin : appréhender le droit de grève dans son équilibre avec la continuité du service public, gérer les situations de grève avec rigueur juridique et dans le respect des droits des agents comme des besoins des usagers, et suivre les évolutions de cet encadrement.
11 informations analysées et retenues sur les 10 rubriques de veille, consacrées au droit de grève dans la fonction publique territoriale, à partir de sources officielles (article L. 114-1 et articles L. 114-7 à L. 114-10 du code général de la fonction publique, loi n° 2019-828 du 6 août 2019, Service Public, jurisprudence du Conseil d'État et du Conseil constitutionnel) et des analyses spécialisées. Les questions relatives au dialogue social et aux mouvements sociaux sont traitées avec neutralité, sous le seul angle juridique et opérationnel.
Les 5 informations les plus importantes du jour
Le droit de grève, droit constitutionnel : reconnu aux agents territoriaux (article L. 114-1 du code général de la fonction publique), il n'est pas absolu.
La retenue proportionnelle : dans la fonction publique territoriale, la retenue est proportionnelle à la durée de la grève, et non soumise au trentième indivisible.
La conciliation avec la continuité du service : le droit de grève peut être encadré pour préserver les services essentiels.
L'accord de continuité : possibilité de négocier un accord de service minimum pour certains services (loi du 6 août 2019).
La protection de l'agent gréviste : la grève régulière est sans incidence sur l'avancement et les droits statutaires.
Alertes rouges à traiter en priorité
Retenues pour grève : appliquer le principe de proportionnalité propre à la fonction publique territoriale et respecter les règles (non-mention, quotité).
Arrêts de travail : les nouvelles règles s'appliquent depuis le 1er septembre 2026 (décret n° 2026-705).
Index de l'égalité professionnelle : publier l'index avant l'échéance du 30 septembre 2026.
Lignes directrices de gestion : anticiper leur renouvellement avant le 31 décembre 2026.
Élections professionnelles : poursuivre la préparation du scrutin du 10 décembre 2026.
Actions recommandées dans les 7 jours
Vérifier la maîtrise, par les services, des règles de retenue pour absence de service fait (proportionnalité).
S'assurer que les retenues respectent les règles de non-mention sur le bulletin de paie et de quotité saisissable.
Veiller à ne prendre aucune mesure défavorable liée à l'exercice régulier du droit de grève.
Examiner l'opportunité d'un accord de continuité des services publics essentiels.
Préparer l'organisation du service et le décompte des grévistes en cas de mouvement.
Poursuivre les chantiers de la rentrée (index égalité avant le 30 septembre, lignes directrices de gestion, élections professionnelles).
Signal faible RH à surveiller
La recherche permanente d'équilibre entre le droit de grève, liberté fondamentale, et la continuité du service public au bénéfice des usagers. Le droit de grève dans la fonction publique territoriale, dont cette édition a détaillé le régime sous le seul angle juridique et opérationnel, soulève un enjeu de fond permanent qui dépasse ses seules règles techniques : celui de l'équilibre, toujours délicat, entre la liberté fondamentale des agents et l'exigence de continuité du service public. Le droit de grève est en effet une liberté fondamentale, constitutionnellement reconnue, expression de la capacité des agents à défendre collectivement leurs intérêts professionnels. Dans le même temps, les services publics locaux ont vocation à assurer la continuité de missions essentielles au bénéfice de la population, qu'il s'agisse de l'état civil, des écoles, de la restauration scolaire, de la collecte des déchets ou de l'aide aux personnes. La conciliation de ces deux exigences, l'une et l'autre légitimes et de valeur constitutionnelle, constitue un équilibre délicat et permanent, qui traverse le droit de la fonction publique et fait régulièrement l'objet de débats. Les évolutions récentes, telles que l'introduction, par la loi de transformation de la fonction publique, de la possibilité de conclure des accords de continuité pour certains services publics essentiels, témoignent d'une recherche continue de cet équilibre, privilégiant la voie du dialogue et de la négociation. Le signal de fond à suivre est cette recherche permanente d'équilibre, qui appelle les collectivités à gérer les situations de grève avec une grande rigueur juridique, dans le respect scrupuleux des droits fondamentaux des agents comme des besoins légitimes des usagers du service public.
Tableau de synthèse final
Rubrique
Information
Date
Impact
Urgence
Action immédiate
Textes
Le droit de grève, un droit constitutionnel
2026
â Orange
â Vert
Maîtriser le cadre du droit de grève
Textes
Le préavis de grève et ses modalités
2026
â Vert
â Vert
Connaître les règles de préavis
Jurisprudence
La conciliation avec la continuité du service
2026
â Orange
â Vert
Concilier les principes
Rémunération
La retenue proportionnelle à la durée
2026
â Rouge
â Orange
Appliquer la proportionnalité
Santé
La grève sans incidence sur les droits statutaires
2026
â Orange
â Vert
Ne prendre aucune mesure défavorable
Discipline
Grève régulière et fautes distinctes
2026
â Orange
â Vert
Ne sanctionner que les fautes
Dialogue social
L'accord de continuité des services essentiels
2019-2026
â Vert
â Vert
Privilégier la voie négociée
Recrutement
L'organisation du service en cas de grève
2026
â Vert
â Vert
Organiser dans le respect du droit
Management
Le décompte des grévistes et le service fait
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Constater rigoureusement
Finances
Le traitement des retenues et la paie
2026
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Sécuriser la paie
Rapports
Liberté fondamentale et continuité du service
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Gérer avec rigueur et équilibre
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