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Le versement du traitement à la fin de chaque mois, après service fait, constitue depuis plus de soixante ans la norme dans la fonction publique. Pourtant, un sondage OpinionWay réalisé en avril 2025 révèle que 63âŻ% des salariés français, et 75âŻ% des moins de 35 ans, souhaitent bénéficier d’un versement de rémunération plus fréquent que la mensualité traditionnelle. Cette aspiration, révélatrice d’une tension croissante sur le pouvoir d’achat en période d’inflation, n’épargne pas les agents publics territoriaux, soumis eux aussi à la même temporalité de paye.
-Principe de la rémunération mensuelle et postâservice fait L’article L711â1 du Code général de la fonction publique dispose que «âŻla rémunération des agents publics exigible après service fait est liquidée selon les modalités édictées par la réglementation sur la comptabilité publique⯻ [2]. Le décret n°âŻ62â765 du 8 juillet 1962 précise que le traitement est liquidé mensuellement, à terme échu, sur la base des éléments connus à la clôture du mois.
-Spécificité territoriale Les collectivités territoriales appliquent ces règles sous le contrôle du comptable public et dans le respect de la comptabilité M57/M14. Les logiciels de paye locaux communiquent ensuite avec le Trésor pour mandatements et virements, ce qui explique le calendrier serré entre le 25 et le dernier jour du mois.
L’agent public peut obtenir une avance ou acompte sur traitement, exclusivement pour le mois en cours. Modalités pratiques :
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En pratique, la plupart des collectivités limitent les versements d’acompte à une situation d’urgence (déménagement, frais médicaux, etc.) et à un par an. Les règlements intérieurs peuvent cependant prévoir des dispositions plus ouvertes, notamment pour les contractuels.
-Pression budgétaire des ménages : la mensualisation prolongée reporte la disponibilité du revenu alors que les dépenses courantes (loyer, abonnements, alimentation) s’étalent dès le 1á”Êł jour.
-Digitalisation financière : l’émergence de solutions de «âŻsalaryâonâdemand⯻ (Stairwage, Rosaly, etc.) rend techniquement possible la libération quotidienne ou hebdomadaire d’une part du salaire.
-Comparaisons internationales : au RoyaumeâUni ou aux ÉtatsâUnis, le paiement biâmensuel ou hebdomadaire est courant dans le secteur public local.
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Calendrier possible : plusieurs parlementaires ont annoncé déposer débutâŻ2026 une proposition de loi visant à «âŻpermettre le fractionnement infraâmensuel des traitements des agents publics⯻. Une phase pilote sur volontariat pourrait voir le jour dans certaines métropoles ou départements dès 2027.
Calendrier possible : plusieurs parlementaires ont annoncé déposer débutâŻ2026 une proposition de loi visant à «âŻpermettre le fractionnement infraâmensuel des traitements des agents publics⯻. Une phase pilote sur volontariat pourrait voir le jour dans certaines métropoles ou départements dès 2027.
À moyen terme (horizon 2030), la généralisation du paiement infraâmensuel dans la fonction publique territoriale dépendra de trois facteurs :
1. Volonté politique : il faudra une réforme statutaire nationale.
2. Capacité technique : mutualisation des SIRH et bascule dans un système de paie «âŻtemps réel⯻.
3. Acceptabilité budgétaire : l’État devra compenser les charges de trésorerie induites pour les petites communes.
Si ces conditions sont réunies, le salaire unique en fin de mois pourrait devenir l’exception, à l’instar de ce qui s’annonce dans le secteur privé.
Calendrier possible : plusieurs parlementaires ont annoncé déposer débutâŻ2026 une proposition de loi visant à «âŻpermettre le fractionnement infraâmensuel des traitements des agents publics⯻. Une phase pilote sur volontariat pourrait voir le jour dans certaines métropoles ou départements dès 2027.
À moyen terme (horizon 2030), la généralisation du paiement infraâmensuel dans la fonction publique territoriale dépendra de trois facteurs :
1. Volonté politique : il faudra une réforme statutaire nationale.
2. Capacité technique : mutualisation des SIRH et bascule dans un système de paie «âŻtemps réel⯻.
3. Acceptabilité budgétaire : l’État devra compenser les charges de trésorerie induites pour les petites communes.
Si ces conditions sont réunies, le salaire unique en fin de mois pourrait devenir l’exception, à l’instar de ce qui s’annonce dans le secteur privé.
Le débat sur le calendrier de rémunération s’impose désormais dans la sphère publique, porté par les attentes des agents et des citoyens. Le régime actuel d’acompte, certes utile, montre ses limites face au coût de la vie. À court terme, l’assouplissement et la dématérialisation de cette procédure paraissent être le levier le plus réaliste. À plus longue échéance, l’expérimentation de paiements fractionnés ou à la demande pourrait redéfinir en profondeur la gestion de la masse salariale des collectivités.
Avis www.naudrh.com âŻ: la pression inflationniste et la maturité des solutions «âŻsalaryâonâdemand⯻ feront du fractionnement de paie un sujet politique incontournable d’ici 3âŻans. Toutefois, faute d’une réforme statutaire et d’une prise en charge centrale de la trésorerie, la fonction publique territoriale basculera probablement d’abord vers un acompte de droit encadré, avant d’envisager un véritable versement bimensuel.
Par Pascal NAUD
Président www.naudrh.com
Contact naudrhexpertise@gmail.com
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