En France, plus de 130 000 AESH accompagnent aujourd’hui des élèves en situation de handicap, un effectif qui a fortement augmenté au cours de la dernière décennie sous l’effet de la montée en charge des politiques d’inclusion scolaire. Cette évolution quantitative, corrélée à une hausse continue des notifications d’accompagnement par les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), met en lumière un besoin durable et structurel d’accompagnement humain au sein de l’école.
L’inclusion scolaire s’est imposée, au fil des réformes, comme un principe structurant de l’action publique éducative. Elle traduit une ambition forte : permettre à chaque élève, quelles que soient ses difficultés ou son handicap, de trouver sa place au sein de l’école de la République. Pourtant, derrière cette volonté largement partagée, une contradiction persiste et fragilise le système dans son ensemble.
Les Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap (AESH) sont aujourd’hui indispensables à la scolarisation de milliers d’enfants. Leur rôle est reconnu par tous, mais leur statut reste l’un des plus précaires de la sphère publique. L’examen, par le Sénat, le mercredi 7 janvier 2026, d’une proposition de loi visant à offrir un statut de fonctionnaire aux AESH avait remis au centre du débat une question désormais incontournable : peut-on durablement porter une politique d’inclusion ambitieuse sans offrir aux AESH un véritable statut de fonctionnaire ? Le rejet de ce texte par la Haute Assemblée constitue à cet égard un signal politique particulièrement préoccupant pour un métier précarisé, pourtant en quête insistante de reconnaissance.
Au quotidien, les AESH jouent un rôle déterminant dans le parcours scolaire des élèves en situation de handicap. Ils sécurisent les apprentissages, favorisent l’autonomie et facilitent l’intégration au sein du groupe classe, constituant souvent un repère humain stable pour l’élève et un interlocuteur clé pour les familles.
Malgré cette responsabilité majeure, le cadre d’emploi des AESH demeure marqué par une précarité structurelle. Recrutés majoritairement sous contrats de droit public à durée déterminée, fréquemment à temps incomplet, ils perçoivent des rémunérations modestes et disposent de perspectives d’évolution professionnelle très limitées. Cette situation crée un décalage profond entre l’importance des missions confiées et la reconnaissance institutionnelle accordée.
Du point de vue des ressources humaines, cette fragilité statutaire se traduit par un turn-over important, des difficultés récurrentes de recrutement et une perte régulière de compétences pourtant précieuses. Cette situation contribue directement à des ruptures d’accompagnement, alors même que près de 49 000 élèves en situation de handicap sont aujourd’hui scolarisés sans AESH, faute de personnels disponibles. À terme, cette instabilité affecte directement la qualité de l’accompagnement proposé aux élèves et fragilise l’effectivité du droit à l’éducation inclusive.
Examinée au Sénat le 7 janvier 2026, cette proposition de loi poursuivait plusieurs objectifs clairement identifiés : améliorer les conditions d’emploi des AESH, renforcer leur reconnaissance professionnelle et ouvrir la perspective d’une sécurisation statutaire durable, notamment par une intégration progressive dans la fonction publique. Son rejet par le Sénat n’efface ni la réalité des besoins ni l’urgence sociale portée par ces professionnels. Elle envisage également des leviers concrets tels que la stabilisation des contrats, l’amélioration des rémunérations et le renforcement de la formation.
L’examen par le Sénat, le 7 janvier 2026, d’une proposition de loi visant à renforcer la reconnaissance du métier d’AESH constitue un signal politique fort. Le texte met en évidence les limites du modèle actuel et ouvre clairement la voie à une reconnaissance statutaire renforcée, incluant la question de l’accès à la fonction publique.
Ce débat dépasse largement le seul champ éducatif. Il interroge la capacité de l’État et, plus largement, des employeurs publics à sécuriser des métiers de première ligne, au cœur des politiques publiques d’égalité, de solidarité et de cohésion sociale. La situation des AESH illustre de manière emblématique les tensions entre ambition sociale affichée et réalité des conditions d’emploi.
Pour les responsables RH de la fonction publique territoriale, cette réflexion fait écho à des problématiques bien connues : attractivité des métiers, fidélisation des agents, reconnaissance des compétences, professionnalisation des fonctions d’accompagnement et sécurisation des parcours professionnels. Autant d’enjeux qui traversent aujourd’hui l’ensemble des politiques de ressources humaines publiques.
L’expérience récente d’autres métiers publics ayant bénéficié d’une revalorisation statutaire – notamment dans les champs du médico-social ou de la petite enfance – montre que la sécurisation des parcours et la reconnaissance institutionnelle constituent des leviers efficaces pour améliorer l’attractivité, stabiliser les effectifs et renforcer la qualité du service rendu.
Accorder aux AESH un statut de fonctionnaire ne relèverait pas d’un simple ajustement juridique. Il s’agirait d’un véritable changement de paradigme en matière de gestion des ressources humaines. Un tel statut permettrait de sécuriser les parcours professionnels, d’offrir une rémunération plus lisible et évolutive, et d’inscrire ces agents dans une logique de carrière à part entière.
La reconnaissance statutaire favoriserait également l’investissement dans la formation initiale et continue, condition indispensable à la qualité de l’accompagnement des élèves en situation de handicap. Elle renforcerait le sentiment d’appartenance au service public et contribuerait à l’engagement durable des professionnels, aujourd’hui trop souvent fragilisé par l’incertitude contractuelle.
Pour les collectivités territoriales, fortement impliquées dans les politiques locales d’inclusion, cette évolution pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de coopération avec l’Éducation nationale. Elle permettrait notamment de mieux articuler les politiques éducatives, sociales et du handicap, dans une logique territoriale cohérente et sécurisée.
L’inclusion scolaire ne peut durablement reposer sur des personnels maintenus dans la précarité. À l’heure où les employeurs publics sont appelés à renforcer l’attractivité de leurs métiers, à sécuriser les parcours professionnels et à valoriser les compétences, le maintien des AESH dans un statut instable apparaît de plus en plus difficilement justifiable.
Doter les AESH d’un statut de fonctionnaire, c’est affirmer que l’accompagnement du handicap à l’école relève pleinement du cœur des missions du service public. C’est également adresser un message clair aux familles, aux élèves et aux professionnels : l’inclusion scolaire n’est pas un dispositif périphérique ou transitoire, mais une politique publique structurante, appelée à s’inscrire dans la durée.
La proposition de loi examinée puis rejetée par le Sénat en janvier 2026 aurait pu ouvrir une fenêtre d’opportunité majeure. Pour les responsables des ressources humaines de la fonction publique territoriale, le débat sur le statut des AESH dépasse le seul cadre éducatif. Il interroge la capacité collective des employeurs publics à aligner ambitions sociales, qualité du service rendu et reconnaissance des agents.
À moyen terme, l’accès des AESH à un statut de fonctionnaire apparaît non seulement souhaitable, mais nécessaire, afin de rendre ce métier attractif, de stabiliser les parcours professionnels et de garantir une inclusion scolaire à la hauteur des engagements de la puissance publique. Cette perspective suppose toutefois des étapes clairement identifiées : la poursuite du débat parlementaire dans le cadre du calendrier législatif à venir, la traduction réglementaire des orientations retenues et l’implication active des employeurs publics dans l’anticipation des impacts organisationnels, budgétaires et RH.
Par Pascal NAUD
Président, fondateur de www.naudrh.com
Contact naudrhexpertise@gmail.com
Les AESH ne seront pas intégrées dans la fonction publique - 100% Sénat - Public Sénat
Le 7 janvier, le Sénat a rejeté la proposition de loi du groupe socialiste visant à intégrer les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) dans la fonction publique. Les opposa...
/https%3A%2F%2Fwww.handicap.fr%2Fstatic%2Fcontenu%2Fimg3%2Fle-senat-rejette-le-statut-de-fonctionnaire-pour-les-aesh-38709.webp)
Le Sénat rejette le statut de fonctionnaire pour les AESH
La chambre haute a bloqué une proposition de loi offrant un statut de fonctionnaire aux AESH, pourtant en première ligne dans l'école inclusive. Une déception pour ces personnels précaires, so...
École inclusive : la proposition de loi pour intégrer les AESH dans la fonction publique rejetée au Sénat
/image%2F1484234%2F20251206%2Fob_8b79b2_fdata-0341919-avatar-user-1039100-tmp.gif)
🔍 Pour sécuriser vos pratiques RH FPT au quotidien
Vous souhaitez approfondir ce sujet, disposer d’analyses juridiques à jour 24/7 et bénéficier d’un accompagnement expert pour vos dossiers RH sensibles ?
NAUDRH.COM met à votre disposition plusieurs services conçus pour les responsables RH territoriaux :
🟦 Veille statutaire et juridique analytique RH FPT 24/7
Accédez à une veille actualisée en continu, des analyses claires et opérationnelles, et un suivi expert des réformes qui impactent la fonction publique territoriale.
🟩 Hotline Statutaire & Conseils RH FPT
Une question RH urgente à tout moment ? Un dossier complexe à sécuriser avant transmission à la hiérarchie ? Profitez d’un accompagnement personnalisé pour sécuriser et fiabiliser vos décisions RH.
🟧 Dossiers RH FPT clés-en-main & Podcasts Premium
Guides pratiques, fiches opérationnelles, podcasts courts dédiés aux réformes récentes… des outils prêts à l’emploi pour gagner du temps et fiabiliser vos pratiques RH FPT.
👉 Accéder aux ressources Premium
/image%2F1484234%2F20211218%2Fob_af407f_image-1484234-20200908-ob-787123-banni.png)





/image%2F1484234%2F20220804%2Fob_3774b7_003.gif)
/image%2F1484234%2F20220804%2Fob_d6be72_004.gif)
/image%2F1484234%2F20220804%2Fob_172b2b_001.gif)
/image%2F1484234%2F20220804%2Fob_35dc26_002.gif)
/image%2F1484234%2F20251116%2Fob_6c51b4_chatgpt-image-16-nov-2025-16-56-58.png)
/image%2F1484234%2F20251222%2Fob_45e2cd_chatgpt-image-22-dec-2025-14-00-35.png)
/image%2F1484234%2F20260117%2Fob_c5cd75_chatgpt-image-17-janv-2026-23-13-59.png)
/image%2F1484234%2F20250414%2Fob_34bd69_chatgpt-image-14-avr-2025-00-10-54.png)
/image%2F1484234%2F20230604%2Fob_c2c4a8_alertecs.jpg)
/image%2F1484234%2F20250421%2Fob_426de0_youtube.jpg)
/image%2F1484234%2F20200908%2Fob_a29e39_iconenewsletter.gif)
/image%2F1484234%2F20220815%2Fob_484527_newsletter2.jpg)
/image%2F1484234%2F20220815%2Fob_f35089_sc1.jpg)

/image%2F1484234%2F20210131%2Fob_9b4fbf_unnamed-4.png)

/image%2F1484234%2F20200908%2Fob_416713_images.jpg)



/image%2F1484234%2F20250421%2Fob_5cf9e4_youtube.jpg)
/image%2F1484234%2F20220115%2Fob_29ba79_button-5.png)
/image%2F1484234%2F20220115%2Fob_5e12c7_comment-reussir-entretien-en-visio-117.jpg)
/image%2F1484234%2F20241102%2Fob_d113e6_sur-mesure-copie-orig.jpg)
/image%2F1484234%2F20220115%2Fob_bcabd8_button-6.png)
/image%2F1484234%2F20220115%2Fob_250f16_etude-dossier371-0.png)
/image%2F1484234%2F20220115%2Fob_ecfbc0_button-7.png)
/image%2F1484234%2F20220115%2Fob_9a4568_solution-boutique-en-ligne-cle-en-main.jpg)
/image%2F1484234%2F20220115%2Fob_c456e4_button-8.png)
/image%2F1484234%2F20220115%2Fob_c062bb_vocation-tunisie.jpg)
/image%2F1484234%2F20220115%2Fob_8eaf31_button-3.png)
/image%2F1484234%2F20250414%2Fob_ac16ad_chatgpt-image-14-avr-2025-00-10-54.png)

/image%2F1484234%2F20241103%2Fob_cbc59e_title-humeur1.png)
/image%2F1484234%2F20241010%2Fob_9eacbb_index-1.jpg)
/image%2F1484234%2F20240407%2Fob_e6eedd_robot.jpg)


/image%2F1484234%2F20200908%2Fob_2620a8_bandeau-rejoignez-lassociation-660x330.jpeg)
/image%2F1484234%2F20200908%2Fob_65741d_logo-blanc-blanc-200.png)
/image%2F1484234%2F20250421%2Fob_02f31a_youtube.jpg)

/image%2F1484234%2F20200908%2Fob_92482e_pied-de-page.gif)