Le débat revient régulièrement dans l’actualité. Pourtant, lorsqu’on regarde les données de près, la réalité est bien plus complexe que les idées reçues.
En moyenne, un agent public travaille 1 637 heures par an, contre 1 684 heures dans le secteur privé.
Cet écart s’explique notamment par l’existence de jours de congés et de RTT plus nombreux dans certaines administrations, même si la réforme de 2019 a considérablement réduit les régimes dérogatoires et rapproché la durée effective du travail de la durée légale.
Mais l’analyse ne peut pas se limiter au seul volume d’heures travaillées.
Des situations très différentes selon les versants de la fonction publique
Les données montrent des écarts importants entre les trois versants :
- Fonction publique d’État hors enseignants : 1 701 heures annuelles ;
- Fonction publique hospitalière : 1 617 heures annuelles ;
- Fonction publique territoriale : 1 599 heures annuelles.
La fonction publique territoriale demeure ainsi le versant affichant la durée annuelle moyenne la plus faible, tout en assurant des missions de proximité essentielles auprès des citoyens.
Le temps de travail ne dit pas tout des conditions d’exercice
Autre enseignement souvent ignoré : les conditions concrètes d’exercice du travail.
Le travail en horaires atypiques est beaucoup plus fréquent dans le secteur public : 34 % des agents travaillent le dimanche, contre seulement 19 % dans le secteur privé.
L’absentéisme pour raison de santé est également légèrement supérieur : 11,1 jours d’absence par an dans la fonction publique, contre 10,6 jours dans le privé.
Enfin, contrairement à certaines perceptions, le télétravail n’est pas davantage développé dans le secteur public : 18 % des agents télétravaillent, contre 22 % des salariés du privé.
Pour les DRH territoriaux, le vrai sujet est ailleurs
La véritable question n’est donc pas de savoir qui travaille le plus ou le moins. Elle consiste plutôt à comprendre comment les contraintes spécifiques des missions publiques, l’organisation du temps de travail, les sujétions particulières et les attentes des usagers influencent les conditions d’exercice des agents.
Pour les DRH territoriaux, ces données constituent un rappel utile : les débats sur le temps de travail ne peuvent être dissociés des enjeux d’attractivité, de santé au travail, d’organisation des services et de continuité du service public.
💬 Avis www.naudrh.com
L'infographie ci-dessous montre surtout que le débat public se focalise souvent sur le nombre d’heures travaillées alors que les véritables défis RH des employeurs publics sont aujourd’hui l’attractivité, la fidélisation des compétences et la prévention de l’usure professionnelle. C’est sur ces sujets que se jouera l’avenir de la fonction publique territoriale.
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