/image%2F1484234%2F20251207%2Fob_753886_image-1484234-20250124-ob-de7fc3-17376.png)
Les responsables des ressources humaines (RRH), qu’ils exercent dans la fonction publique territoriale ou dans d'autres secteurs, sont confrontés à des défis de plus en plus complexes et émotionnellement exigeants. En effet, l’accompagnement des agents — souvent confrontés à des difficultés personnelles ou professionnelles — impose une écoute constante, une gestion des conflits, et parfois un soutien face à des situations de souffrance psychologique. Mais que se passe-t-il lorsque le poids de cette charge émotionnelle se fait trop lourd pour les RRH eux-mêmes ?
Les études récentes sur la santé mentale des professionnels RH* révèlent un phénomène préoccupant : bien que leur rôle soit souvent perçu comme un « soutien » pour les agents, leur propre santé mentale est fréquemment mise à mal par cette dynamique. Ce phénomène est particulièrement vrai dans la fonction publique territoriale, où les RRH sont exposés à des situations de plus en plus tendues et complexes, entre exigences administratives, pressions budgétaires, et accompagnement d'agents fragilisés.
Les responsables RH ne sont pas seulement des gestionnaires administratifs ou des conseillers techniques : ils jouent aussi un rôle de médiateur, de confident, parfois même de thérapeute pour des agents souvent en souffrance. Mais cette proximité avec la douleur d’autrui peut générer des effets pervers. En écoutant quotidiennement des agents confrontés à des difficultés de toutes sortes — que ce soit des malaises professionnels, des burnouts, des problèmes familiaux ou des conflits internes — les RRH se retrouvent souvent eux-mêmes affectés. L’impact psychologique devient réel, car à force de gérer des crises, ils s’exposent eux-mêmes à un épuisement émotionnel.
Il ne s’agit pas seulement de gestion administrative, mais bien de gestion de la souffrance, parfois exacerbée. Cette proximité avec des situations difficiles peut engendrer des effets secondaires, comme du stress, de l’anxiété, ou des symptômes de burnout. Cette situation n'est pas simplement due à une surcharge de travail, mais aussi à l'intensité des émotions rencontrées au quotidien dans l’exercice de leurs fonctions.
Lorsque le contact quotidien avec la souffrance des agents devient trop intense, il peut se produire un phénomène de « déshumanisation » défensive. Ce mécanisme de protection psychologique est souvent inconscient, mais il amène certains responsables RH à prendre de la distance émotionnelle avec les situations des agents. Cette distanciation peut, à terme, se traduire par un cynisme involontaire ou une indifférence face à la souffrance des autres. Ce processus ne se limite pas à une « déconnexion émotionnelle », il peut également impacter la qualité de l’accompagnement des agents, en dégradant la relation de confiance essentielle au bon fonctionnement des services.
À long terme, cette déshumanisation risque d’entraver l’engagement des responsables RH et de diminuer leur capacité à accompagner de manière humaine et efficace les agents en difficulté. Certains responsables peuvent alors se retrouver dans une situation où leur moralité et leur éthique de travail sont en conflit avec la réalité de leur fonction, ce qui engendre un désengagement progressif.
Les responsables RH peuvent également ressentir une forte pression interne, tiraillés entre les exigences des élus, les obligations administratives, et la souffrance des agents. Cette triple tension peut altérer leur propre vision de leur rôle et de leur mission, et conduire à un sentiment d'impuissance ou d'isolement. Dans certains cas, cela peut même pousser certains à envisager une reconversion ou un départ, car le poids psychologique devient trop lourd à porter.
Lorsqu’un responsable RH quitte ses fonctions en raison de ce type de pression, les conséquences pour l'organisation peuvent être profondes. Non seulement la collectivité perd un professionnel compétent et expérimenté, mais il en résulte aussi une perte de la qualité du service rendu. La gestion des ressources humaines, déjà complexe dans le cadre de la fonction publique territoriale, se retrouve fragilisée. Le départ d’un RRH entraîne souvent une rupture dans le suivi personnalisé des agents, dans la gestion des carrières, des formations et des situations de conflits ou de souffrance au travail.
Le turnover des responsables RH, qui peut paraître anecdotique dans certaines structures, reste néanmoins un indicateur clé de la fragilité organisationnelle. À long terme, ce phénomène contribue à un appauvrissement de l’expertise RH au sein de l’institution, ce qui nuit à la performance globale du service public.
Il est donc crucial d'intégrer la question de la santé mentale des responsables RH dans la stratégie de gestion des ressources humaines. La fonction publique territoriale doit prendre conscience que la santé mentale de ses responsables RH impacte non seulement leur bien-être, mais aussi la qualité des services publics. Il est impératif de mettre en place des dispositifs de prévention du burnout, d’offrir un accès à un soutien psychologique, et de promouvoir une meilleure gestion des émotions au sein des équipes RH.
La reconnaissance du rôle des RRH comme des acteurs clés de la santé mentale au travail est une première étape. L’instauration de formations adaptées à la gestion de la souffrance au travail, l’intégration de ressources humaines supplémentaires pour alléger la charge émotionnelle, ou encore la création de groupes de supervision et d’échanges entre pairs, sont autant de pistes à explorer. Ces initiatives permettraient de prévenir l’épuisement des responsables RH et d’assurer une meilleure gestion des crises humaines et administratives.
La santé mentale des responsables RH dans la fonction publique territoriale est un enjeu majeur, trop souvent ignoré. Exposés à des situations émotionnellement et psychologiquement intenses, ces professionnels risquent de se déshumaniser s’ils n’ont pas les ressources et le soutien nécessaires. Pour assurer la pérennité du service public et préserver la qualité de l’accompagnement des agents, il est essentiel de reconnaître ces risques et de mettre en place des mesures de prévention et de soutien adaptées. En protégeant les responsables RH, c’est l’ensemble de l’institution publique qui bénéficie d’une meilleure organisation, plus humaine et plus efficace.
Avis www.naudrh.com : l’oubli de la santé mentale des responsables RH peut entraîner une usure progressive du système, avec des conséquences tant humaines qu’organisationnelles. Il est impératif de repenser la gestion de ces acteurs, non seulement pour préserver leur bien-être, mais aussi pour garantir la pérennité et la qualité des services publics. La fonction publique doit adopter une vision plus holistique de son management, intégrant la prise en charge des agents, y compris ceux qui sont au cœur de leur accompagnement.
Par Pascal NAUD
Président, fondateur de www.naudrh.com
Contact naudrhexpertise@gmail.com
*Voici quelques-unes des études, enquêtes et articles récents qui documentent la fragilité de la santé mentale des professionnels des ressources humaines — et donc appuient le propos selon lequel les RH peuvent être euxâmêmes mis à mal, notamment lorsqu’ils accompagnent des agents en difficulté :
-Le baromètre Teale — « Santé mentale des professionnels RH » — montre que, sur un échantillon large, la santé mentale des RH apparaît « fragile », avec un score de 50/100 sur l’indice WHOâ5.
-Une étude de 2024 intitulée « Human Resources' Burnout » met en lumière les causes, conséquences et méthodes d’évaluation du burnout chez les professionnels RH, montrant que la charge de travail, l’accumulation d’exigences, la pression constante d’information et de médiation sont des facteurs responsables d’un état d’épuisement réel
-Une autre étude très récente qualifie le travail des RH comme « extrême », avec une intensité temporelle et émotionnelle élevée, associée à un risque accru de stress, d’épuisement, de burnout et de dégradation de la santé mentale.
-Enfin, un article paru en 2025 indique que 38âŻ% des DRH (équivalent de responsables RH) envisagent de quitter leur poste pour préserver leur santé mentale — un signe fort de l’usure psychique parmi les professionnels de la gestion des ressources humaines.
Ces références montrent que l’usure psychique des professionnels RH n’est pas une hypothèse abstraite, mais un risque bien réel, documenté et mesurable.
Avis www.naudrh.com : ces études confirment ce que beaucoup pressentait — le rôle des RH n’est pas neutre sur la santé mentale de ceux qui l’exercent. Sans reconnaissance institutionnelle et sans soutien, le métier de RRH dans la fonction publique territoriale court le risque d’épuiser ceux qui sont censés soutenir les autres.
/image%2F1484234%2F20251206%2Fob_8b79b2_fdata-0341919-avatar-user-1039100-tmp.gif)
đ Pour sécuriser vos pratiques RH FPT au quotidien
Vous souhaitez approfondir ce sujet, disposer d’analyses juridiques à jour 24/7 et bénéficier d’un accompagnement expert pour vos dossiers RH sensibles ?
NAUDRH.COM met à votre disposition plusieurs services conçus pour les responsables RH territoriaux :
đŠ Veille statutaire et juridique analytique RH FPT 24/7
Accédez à une veille actualisée en continu, des analyses claires et opérationnelles, et un suivi expert des réformes qui impactent la fonction publique territoriale.
đ© Hotline Statutaire & Conseils RH FPT
Une question RH urgente à tout moment ? Un dossier complexe à sécuriser avant transmission à la hiérarchie ? Profitez d’un accompagnement personnalisé pour sécuriser et fiabiliser vos décisions RH.
đ En savoir plus
đ§ Dossiers RH FPT clés-en-main & Podcasts Premium
Guides pratiques, fiches opérationnelles, podcasts courts dédiés aux réformes récentes… des outils prêts à l’emploi pour gagner du temps et fiabiliser vos pratiques RH FPT.
đ Accéder aux ressources Premium
đ Accéder aux podcasts courts
/image%2F1484234%2F20211218%2Fob_af407f_image-1484234-20200908-ob-787123-banni.png)





/image%2F1484234%2F20220804%2Fob_3774b7_003.gif)
/image%2F1484234%2F20220804%2Fob_d6be72_004.gif)
/image%2F1484234%2F20220804%2Fob_172b2b_001.gif)
/image%2F1484234%2F20220804%2Fob_35dc26_002.gif)
/image%2F1484234%2F20251116%2Fob_6c51b4_chatgpt-image-16-nov-2025-16-56-58.png)
/image%2F1484234%2F20251222%2Fob_45e2cd_chatgpt-image-22-dec-2025-14-00-35.png)
/image%2F1484234%2F20260117%2Fob_c5cd75_chatgpt-image-17-janv-2026-23-13-59.png)
/image%2F1484234%2F20250414%2Fob_34bd69_chatgpt-image-14-avr-2025-00-10-54.png)
/image%2F1484234%2F20230604%2Fob_c2c4a8_alertecs.jpg)
/image%2F1484234%2F20250421%2Fob_426de0_youtube.jpg)
/image%2F1484234%2F20200908%2Fob_a29e39_iconenewsletter.gif)
/image%2F1484234%2F20220815%2Fob_484527_newsletter2.jpg)
/image%2F1484234%2F20220815%2Fob_f35089_sc1.jpg)

/image%2F1484234%2F20210131%2Fob_9b4fbf_unnamed-4.png)

/image%2F1484234%2F20200908%2Fob_416713_images.jpg)



/image%2F1484234%2F20250421%2Fob_5cf9e4_youtube.jpg)
/image%2F1484234%2F20220115%2Fob_29ba79_button-5.png)
/image%2F1484234%2F20220115%2Fob_5e12c7_comment-reussir-entretien-en-visio-117.jpg)
/image%2F1484234%2F20241102%2Fob_d113e6_sur-mesure-copie-orig.jpg)
/image%2F1484234%2F20220115%2Fob_bcabd8_button-6.png)
/image%2F1484234%2F20220115%2Fob_250f16_etude-dossier371-0.png)
/image%2F1484234%2F20220115%2Fob_ecfbc0_button-7.png)
/image%2F1484234%2F20220115%2Fob_9a4568_solution-boutique-en-ligne-cle-en-main.jpg)
/image%2F1484234%2F20220115%2Fob_c456e4_button-8.png)
/image%2F1484234%2F20220115%2Fob_c062bb_vocation-tunisie.jpg)
/image%2F1484234%2F20220115%2Fob_8eaf31_button-3.png)
/image%2F1484234%2F20250414%2Fob_ac16ad_chatgpt-image-14-avr-2025-00-10-54.png)

/image%2F1484234%2F20241103%2Fob_cbc59e_title-humeur1.png)
/image%2F1484234%2F20241010%2Fob_9eacbb_index-1.jpg)
/image%2F1484234%2F20240407%2Fob_e6eedd_robot.jpg)


/image%2F1484234%2F20200908%2Fob_2620a8_bandeau-rejoignez-lassociation-660x330.jpeg)
/image%2F1484234%2F20200908%2Fob_65741d_logo-blanc-blanc-200.png)
/image%2F1484234%2F20250421%2Fob_02f31a_youtube.jpg)

/image%2F1484234%2F20200908%2Fob_92482e_pied-de-page.gif)