Élections professionnelles 2026
Vote électronique, gestion des candidatures, composition des CST et des F3SCT, rattachement des sapeurs-pompiers volontaires contractuels : la mise à jour du 27 juillet 2026 apporte plusieurs réponses opérationnelles attendues par les employeurs territoriaux.
À quelques mois des élections professionnelles du 10 décembre 2026, la sécurisation des opérations électorales devient une priorité immédiate pour les collectivités et établissements publics territoriaux.
La Direction générale des collectivités locales a mis à jour, le 27 juillet 2026, sa foire aux questions consacrée aux élections professionnelles dans la fonction publique territoriale. Cette nouvelle version intègre huit questions-réponses supplémentaires portant sur des situations très concrètes susceptibles de se présenter avant ou pendant le scrutin.
Ces précisions ne bouleversent pas l’architecture juridique des élections professionnelles. Elles apportent toutefois des réponses indispensables sur plusieurs points jusqu’ici insuffisamment explicités : l’assistance des électeurs en situation de handicap, les difficultés d’accès au vote électronique, les changements affectant une candidature, la variation des effectifs, l’éligibilité des agents occupant un emploi fonctionnel de direction, la composition des formations spécialisées et la compétence des commissions consultatives paritaires dans les SDIS.
Ce que cette mise à jour change réellement pour les DRH territoriaux
Elle oblige à vérifier sans attendre les procédures déjà arrêtées, les décisions relatives au vote électronique, les modalités d’assistance, les calendriers de candidatures, les délibérations fixant la composition des instances et les règles de rattachement des agents concernés.
1. Une mise à jour ciblée sur les difficultés pratiques du scrutin
Les huit nouvelles questions ajoutées par la DGCL ne portent pas sur des sujets théoriques. Elles répondent à des difficultés susceptibles de surgir dans les collectivités au cours de la préparation du scrutin ou pendant la période de vote.
Deux questions concernent directement le vote électronique. Deux autres précisent la conduite à tenir lorsque la situation personnelle ou administrative d’un candidat évolue. Les quatre dernières portent sur les effectifs servant à déterminer la composition du CST, l’éligibilité des agents occupant un emploi fonctionnel, la désignation des représentants au sein des formations spécialisées et le rattachement de certains agents contractuels des SDIS.
Cette approche confirme que l’organisation des élections professionnelles ne peut pas être traitée comme une simple succession de formalités. Chaque décision doit être juridiquement fondée, matériellement applicable et suffisamment anticipée pour éviter une contestation.
2. Vote électronique : assistance, handicap et accès au système
La première nouveauté concerne les électeurs qui ne sont pas en mesure d’utiliser seuls l’équipement informatique dédié au vote électronique.
La DGCL précise qu’il n’est pas nécessaire de bénéficier d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé pour pouvoir être assisté. La notion de handicap doit être appréciée de manière large au regard des difficultés concrètes rencontrées par l’électeur.
Cette approche peut notamment inclure certaines situations d’illectronisme lorsqu’elles placent réellement l’agent dans l’impossibilité de recourir seul au vote électronique à distance.
L’électeur peut choisir l’assistant qui l’accompagnera dans l’utilisation du poste dédié. La qualité d’électeur de cette personne doit toutefois être vérifiée.
Point de vigilance
La collectivité ne doit pas ajouter une condition que les textes ne prévoient pas. Exiger systématiquement une RQTH ou un justificatif médical particulier pourrait restreindre irrégulièrement le droit à l’assistance.
Lorsqu’un électeur ne parvient pas à accéder au système de vote électronique, il doit pouvoir contacter le centre d’assistance mis en place par l’autorité organisatrice.
Ce centre constitue le point de contact pendant toute la durée du scrutin. Il accompagne les électeurs confrontés à des difficultés de connexion ou d’utilisation de leur espace de vote.
La DGCL distingue clairement cette mission d’accompagnement de la gestion des incidents techniques. Les difficultés affectant le fonctionnement de la plateforme relèvent de la cellule de supervision technique, en lien avec le prestataire.
Les collectivités doivent donc organiser deux niveaux de réponse : une assistance facilement accessible aux électeurs et une supervision technique capable d’intervenir en cas d’incident affectant la sécurité ou la continuité du système.
Les modalités de fonctionnement et les horaires du centre d’assistance doivent être déterminés dans la décision organisant le vote électronique. Il est recommandé que ce service reste joignable sans interruption pendant toute la période de vote, y compris lorsque certains agents travaillent de nuit, le week-end ou selon des horaires atypiques.
3. Listes de candidatures : changement de genre et perte d’éligibilité
Pour apprécier la mention du sexe figurant sur les documents de candidature, l’administration doit se référer à l’état civil de la personne à la date limite de dépôt des listes.
C’est à cette date que l’autorité organisatrice contrôle la recevabilité de la liste, notamment au regard des règles de représentation équilibrée entre les femmes et les hommes.
La modification de la mention du sexe à l’état civil peut être justifiée par la décision du juge judiciaire ayant ordonné cette modification ou par un extrait d’acte de naissance rectifié.
La collectivité doit donc vérifier la situation juridique de l’intéressé au moment précis où elle exerce son contrôle. Elle ne peut se fonder sur une simple déclaration ni sur une situation qui ne serait pas encore juridiquement établie à la date limite de dépôt.
L’autorité organisatrice dispose d’un délai de huit jours francs à compter de la date limite de dépôt des listes pour contrôler l’éligibilité des candidats.
Lorsqu’une inéligibilité est constatée au cours de ce contrôle, le candidat peut être remplacé dans le délai réglementaire de rectification.
La DGCL précise également qu’un candidat qui était éligible lors du dépôt de la liste mais qui devient ensuite inéligible peut encore être remplacé jusqu’au quinzième jour précédant le scrutin.
Passé ce délai, le remplacement n’est plus possible. Si un candidat devenu inéligible est néanmoins élu, il sera mis fin à son mandat selon les règles de droit commun, puis procédé à son remplacement.
Conséquence pratique
Le contrôle des candidatures ne doit pas être considéré comme achevé dès la notification de la recevabilité de la liste. Une veille doit être maintenue jusqu’à l’expiration du délai permettant encore le remplacement d’un candidat devenu inéligible.
4. Variation des effectifs et nouvelle délibération relative au CST
Une autre précision concerne les collectivités dont les effectifs ont varié de plus de 20 % entre le 1er janvier et le 30 juin 2026.
Dans cette situation, une nouvelle délibération peut être nécessaire pour adapter le nombre de représentants du personnel au comité social territorial.
La DGCL précise que cette nouvelle délibération doit être précédée de la consultation des organisations syndicales représentées au CST ou, lorsque le CST n’est pas encore installé ou ne peut être consulté, des organisations syndicales remplissant les conditions prévues par les textes.
L’enjeu ne réside donc pas uniquement dans la constatation de la variation des effectifs. La collectivité doit également respecter la procédure préalable de consultation avant de modifier la composition de l’instance.
Une délibération prise sans consultation régulière pourrait fragiliser l’ensemble du processus électoral, notamment si elle modifie le nombre de sièges à pourvoir ou la représentation équilibrée entre les femmes et les hommes.
5. Les agents occupant un emploi fonctionnel peuvent-ils être candidats au CST ?
La FAQ apporte une réponse attendue concernant les agents occupant un emploi fonctionnel de direction.
Ces agents ne sont pas exclus par principe de l’éligibilité au comité social territorial. Ils peuvent donc se présenter aux élections des représentants du personnel dès lors qu’ils remplissent les conditions générales d’éligibilité et qu’aucune disposition particulière ne les place dans une situation d’incompatibilité.
Il convient toutefois de distinguer leur position administrative de leurs fonctions effectives. La seule circonstance qu’un agent exerce des responsabilités de direction ne suffit pas, en elle-même, à lui retirer sa qualité d’électeur ou de candidat.
Cette précision invite les employeurs à ne pas écarter automatiquement une candidature au seul motif que l’agent occupe un emploi fonctionnel.
À ne pas confondre
L’exercice de fonctions de direction ne fait pas automatiquement perdre la qualité d’électeur ou l’éligibilité. L’analyse doit être conduite au regard des conditions prévues par les textes, et non à partir d’une présomption liée au niveau de responsabilité exercé.
6. F3SCT : les représentants doivent-ils être élus au CST ?
La DGCL confirme que les représentants du personnel désignés au sein d’une formation spécialisée en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail ne doivent pas nécessairement être des membres élus du comité social territorial.
Les organisations syndicales disposent ainsi d’une marge de désignation leur permettant de choisir des agents qui ne siègent pas au CST, sous réserve que les personnes désignées remplissent les conditions requises et relèvent du périmètre concerné.
Cette règle permet notamment de mobiliser des agents disposant d’une connaissance particulière des questions de prévention, de santé au travail ou de conditions de travail.
Elle ne doit toutefois pas conduire à négliger les règles de désignation, les délais applicables et la cohérence entre la représentativité obtenue au CST et la répartition des sièges au sein de la formation spécialisée.
7. SDIS : quelle CCP pour les sapeurs-pompiers volontaires recrutés par contrat ?
La dernière question ajoutée concerne les sapeurs-pompiers volontaires recrutés par contrat à durée déterminée sur le fondement de l’article L. 333-13 du Code général de la fonction publique.
La DGCL précise que ces agents relèvent de la commission consultative paritaire instituée auprès du service départemental d’incendie et de secours.
Ils n’ont donc pas vocation à être rattachés à la commission consultative paritaire placée auprès du centre de gestion, dès lors que le SDIS dispose de sa propre instance compétente.
Cette clarification est importante pour l’établissement des listes électorales, la détermination du périmètre de la CCP et l’identification de l’autorité organisatrice compétente.
8. Les risques juridiques pour les collectivités
La plupart des nouvelles réponses de la DGCL concernent des situations pouvant affecter directement la régularité des opérations électorales.
Une assistance au vote électronique trop restrictive pourrait porter atteinte à l’égalité d’accès au scrutin. Un centre d’assistance insuffisamment organisé pourrait empêcher certains électeurs d’exercer effectivement leur droit de vote.
Une erreur dans l’appréciation de la situation d’un candidat pourrait compromettre la représentation équilibrée, entraîner l’irrégularité d’une liste ou provoquer une difficulté de remplacement après l’élection.
Une nouvelle délibération sur la composition du CST adoptée sans consultation préalable pourrait être contestée. De même, l’exclusion injustifiée d’un agent occupant un emploi fonctionnel ou le rattachement erroné d’un agent à une CCP pourraient altérer les listes électorales et les candidatures.
Le risque concret pour la collectivité
Une irrégularité affectant les électeurs, les candidatures, la composition d’une instance ou les modalités de vote peut entraîner une contestation devant le juge administratif et, selon sa gravité, compromettre la validité du scrutin.
9. Ce que le DRH doit vérifier immédiatement
Les collectivités ayant déjà arrêté leurs principales modalités d’organisation doivent désormais confronter leurs procédures à la version actualisée de la FAQ.
La vérification doit notamment porter sur les points suivants :
Vote électronique : existence d’un centre d’assistance, amplitude de ses horaires, articulation avec la cellule de supervision technique, information des électeurs et modalités d’assistance sur le poste dédié.
Candidatures : procédure de contrôle des documents, traitement des changements d’état civil, suivi de l’éligibilité des candidats et calendrier permettant leur remplacement.
Composition du CST : évolution des effectifs depuis le 1er janvier 2026, franchissement éventuel du seuil de variation de 20 %, nécessité d’une nouvelle délibération et respect de la consultation préalable.
Éligibilité : absence d’exclusion automatique des agents occupant un emploi fonctionnel de direction.
F3SCT : conformité de la procédure de désignation et vérification du périmètre des agents pouvant être désignés.
SDIS : rattachement correct des sapeurs-pompiers volontaires contractuels à la CCP compétente.
Il est également recommandé de partager ces nouvelles précisions avec les organisations syndicales dans le cadre du dialogue social préparatoire. Une information commune limite les divergences d’interprétation et permet de traiter les difficultés avant qu’elles n’affectent le déroulement du scrutin.
Une mise à jour à intégrer sans attendre
Cette nouvelle version de la FAQ constitue désormais un document de référence pour la préparation des élections professionnelles territoriales de décembre 2026.
Elle ne remplace ni le Code général de la fonction publique ni les textes réglementaires applicables. Elle apporte cependant des interprétations opérationnelles particulièrement utiles pour traiter des situations qui pourraient autrement donner lieu à des décisions divergentes entre collectivités.
À ce stade du calendrier électoral, les employeurs territoriaux ne doivent plus seulement vérifier qu’ils ont respecté les principales échéances. Ils doivent également s’assurer que leur organisation est capable de répondre aux incidents, aux évolutions individuelles et aux modifications d’effectifs susceptibles d’intervenir jusqu’au scrutin.
Ce que cette mise à jour change réellement pour les DRH territoriaux
Elle transforme plusieurs zones d’incertitude en règles de gestion directement applicables. Les collectivités doivent désormais intégrer ces réponses dans leurs décisions, leurs procédures internes, leurs supports d’information et leurs échanges avec les organisations syndicales.
Mon opinion
Cette mise à jour est particulièrement utile parce qu’elle intervient au moment où les collectivités entrent dans la phase la plus sensible de préparation des élections professionnelles. Elle ne crée pas de nouvelles obligations majeures, mais elle réduit plusieurs incertitudes susceptibles de provoquer des erreurs de procédure. Les DRH ont donc intérêt à utiliser cette FAQ comme une véritable grille de contrôle juridique et opérationnel jusqu’au 10 décembre 2026.
Par Pascal NAUD
Président fondateur de NAUDRH.COM
Expert en ressources humaines territoriales, management public et dialogue social
Contact : naudrhexpertise@gmail.com
ÉLECTIONS PROFESSIONNELLES DANS LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE - FAQS 27/07/2026
📌 Ne laissez plus l’actualité RH FPT vous surprendre.
Vous venez de lire une analyse NAUDRH.COM. Chaque jour, nous décryptons pour vous les textes officiels, jurisprudences, réformes statutaires et évolutions réglementaires qui impactent directement les employeurs publics territoriaux.
Notre veille juridique statutaire analytique RH FPT 24/7 vous permet de gagner du temps, de sécuriser vos décisions et d’anticiper les risques RH avant qu’ils ne deviennent des urgences.
✅ Ce que vous recevez :
des alertes utiles, des analyses opérationnelles, des jurisprudences commentées, des conseils pratiques et une lecture RH directement exploitable par les DRH, DGS, responsables RH et employeurs publics territoriaux.
Faites de NAUDRH.COM votre appui quotidien pour piloter vos décisions RH avec méthode, sécurité et sérénité.
commenter cet article …
/image%2F1484234%2F20210131%2Fob_9b4fbf_unnamed-4.png)

/image%2F1484234%2F20200908%2Fob_a29e39_iconenewsletter.gif)
