Une collectivitĂ© qui nâest pas encore passĂ©e au RIFSEEP peut-elle nĂ©anmoins modifier le rĂ©gime indemnitaire des agents ?
Si la dĂ©libĂ©ration fixant le rĂ©gime indemnitaire prĂ©voyait une modulation par arrĂȘtĂ©, la collectivitĂ© peut continuer Ă faire Ă©voluer individuellement le rĂ©gime des agents par arrĂȘtĂ©. Toutefois, le passage au RIFSEEP sâimpose pour les cadres dâemplois dĂ©jĂ Ă©ligibles (ex : adjoints administratifs) ; pour les autres (ex : adjoints techniques), une dĂ©libĂ©ration est toujours possible. Cependant, le RIFSEEP devra ĂȘtre opĂ©rant au 1er janvier 2017 et il convient dâanticiper cette modification.
Une collectivitĂ© peut-elle, dĂšs Ă prĂ©sent, dĂ©libĂ©rer pour lâensemble des cadres dâemplois de la collectivitĂ© afin quâils bĂ©nĂ©ficient du RIFSEEP ?
Tous les arrĂȘtĂ©s ministĂ©riels concernant les filiĂšres nâont pas Ă©tĂ© adoptĂ©s ; la mĂ©thode consiste plutĂŽt Ă prĂ©parer le passage au RIFSEEP pour toutes les filiĂšres de la collectivitĂ© et attendre la parution de lâensemble des arrĂȘtĂ©s (sur lâannĂ©e 2016) pour le passage en comitĂ© technique et la dĂ©libĂ©ration prise par lâassemblĂ©e dĂ©libĂ©rante. Dans certaines collectivitĂ©s, des dĂ©libĂ©rations ont Ă©tĂ© prises mĂȘme pour les agents relevant dâun cadre dâemplois non concernĂ©. Les dĂ©libĂ©rations et arrĂȘtĂ©s doivent bien prĂ©voir lâapplication des mĂȘmes critĂšres et indiquer que le rĂ©gime indemnitaire sera versĂ©, Ă partir des critĂšres dĂ©finis mais via les primes actuelles. La transposition vers lâIFSE et le CIA sera obligatoire dĂšs que le cadre dâemplois sera concernĂ©.
Le montant perçu individuellement par chaque agent au titre du rĂ©gime indemnitaire prĂ©cĂ©dent doit-il ĂȘtre maintenu ?
Article 6 du dĂ©cret n°2014-513 du 20 mai 2014 : « Lors de la premiĂšre application des dispositions du prĂ©sent dĂ©cret, le montant indemnitaire mensuel perçu par l'agent au titre du ou des rĂ©gimes indemnitaires liĂ©s aux fonctions exercĂ©es ou au grade dĂ©tenu et, le cas Ă©chĂ©ant, aux rĂ©sultats, Ă l'exception de tout versement Ă caractĂšre exceptionnel, est conservĂ© au titre de l'indemnitĂ© de fonctions, de sujĂ©tions et d'expertise jusqu'Ă la date du prochain changement de fonctions de l'agent, sans prĂ©judice du rĂ©examen au vu de l'expĂ©rience acquise prĂ©vu au 2° de l'article 3. » Circulaire du 5 dĂ©cembre 2014 : « En second lieu, lâarticle 6 garantit aux personnels le montant indemnitaire quâils percevaient mensuellement avant le dĂ©ploiement du RIFSEEP. Les primes et indemnitĂ©s concernĂ©es sont celles susceptibles d'ĂȘtre versĂ©es au fonctionnaire au titre du grade dĂ©tenu, des fonctions exercĂ©es, des sujĂ©tions correspondant Ă l'emploi ainsi que de sa maniĂšre de servir. » Pour autant, lâapplication de ces dispositions reste hypothĂ©tique dans la FPT, puisque le principe de libre administration sâopposerait Ă sa transposition automatique. Ainsi, les interprĂ©tations de la rĂ©glementation sont variables, du mode indicatif au mode conditionnel.
Pour le CIG de la Grande Couronne, « Dans la fonction publique de lâĂtat est garanti « le montant indemnitaire mensuel perçu par l'agent au titre du ou des rĂ©gimes indemnitaires liĂ©s aux fonctions exercĂ©es ou au grade dĂ©tenu et, le cas Ă©chĂ©ant, aux rĂ©sultats, Ă l'exception de tout versement Ă caractĂšre exceptionnel, (âŠ) au titre de l'indemnitĂ© de fonctions, de sujĂ©tions et d'expertise jusqu'Ă la date du prochain changement de fonctions de l'agent ».
Toutefois, compte tenu du principe de libre administration, cette disposition ne sâapplique pas au sein de la fonction publique territoriale. Les collectivitĂ©s choisissent de maintenir ou non le rĂ©gime indemnitaire perçu par leurs agents.»
Pour un autre CDG, il existe un droit au maintien du montant individuel lors de la mise en place de lâIFSE. Lors de la premiĂšre application des dispositions du dĂ©cret n°2014-513 du 20/05/2014, le montant indemnitaire mensuel perçu par l'agent au titre du ou des rĂ©gimes indemnitaires liĂ©s aux fonctions exercĂ©es ou au grade dĂ©tenu et, le cas Ă©chĂ©ant, aux rĂ©sultats, Ă l'exception de tout versement Ă caractĂšre exceptionnel (garantie individuelle du pouvoir dâachat â GIPA -, indemnitĂ© de rĂ©sidence, supplĂ©ment familial de traitement, remboursements de frais ainsi que les indemnitĂ©s dâenseignement ou de jury, les primes et indemnitĂ©s liĂ©es Ă lâorganisation et au dĂ©passement du cycle de travail cumulables avec lâI.F.S.E...), est conservĂ© au titre de l'indemnitĂ© de fonctions, de sujĂ©tions et d'expertise jusqu'Ă la date du prochain changement de fonctions de l'agent.
Les dispositions de la clause de sauvegarde sur le montant perçu Ă titre individuel dans le cadre du rĂ©gime indemnitaire prĂ©cĂ©dent ne semblent applicables obligatoirement quâaux agents de lâEtat ; les collectivitĂ©s ont la facultĂ© de maintenir le montant individuel ou non.
Ainsi, sur un plan rĂ©glementaire, rien nâest vĂ©ritablement tranchĂ© et la validitĂ© des dĂ©libĂ©rations adoptĂ©es par les assemblĂ©es locales restera, le cas Ă©chĂ©ant, conditionnĂ©e au contrĂŽle du juge administratif. Il serait pour le moins singulier quâune rĂ©forme ayant notamment pour objectif dâapporter des garanties aux fonctionnaires, notamment en limitant la part fondĂ©e sur la maniĂšre de servir ne sâĂ©tende pas sur ce point Ă la FPT. Il est vrai que le doute subsiste et quâĂ ce jour, aucune circulaire ni aucune rĂ©ponse ministĂ©rielle ne donnent de certitudes.
Par ailleurs, sur un plan GRH, il nâest pas nĂ©cessairement aisĂ© de rĂ©duire des montants individuels lors du dĂ©ploiement du RIFSEEP, alors que le nouveau dispositif ouvre de larges perspectives.
LâindemnitĂ© de fonctions, de sujĂ©tion et dâexpertise (IFSE) est-elle obligatoire? Et le complĂ©ment individuel annuel (CIA) ? Peut-il ĂȘtre versĂ© mensuellement ?
Si aucun rĂ©gime indemnitaire nâexistait dans la collectivitĂ© ou pour certains cadres dâemplois, la mise en Ćuvre du RIFSEEP ne sâimpose pas.
La seule part obligatoire en cas de mise en place est lâIFSE ; le principe est que son versement est mensuel mais la collectivitĂ© peut y dĂ©roger, la pĂ©riodicitĂ© doit ĂȘtre prĂ©cisĂ©e dans la dĂ©libĂ©ration.
Le CIA nâa pas de caractĂšre obligatoire ni dans le principe ni dâune annĂ©e sur lâautre, le principe est que son versement est annuel mais la collectivitĂ© peut y dĂ©roger, la pĂ©riodicitĂ© doit ĂȘtre prĂ©cisĂ©e dans la dĂ©libĂ©ration.
La rĂ©partition entre la part IFSE (fixe) et CIA (variable) attribuĂ©e aux agents est-elle librement fixĂ©e par lâassemblĂ©e dĂ©libĂ©rante ?
La circulaire du 5 dĂ©cembre 2014 prĂ©conise pour la FPE que le montant maximal du CIA nâexcĂšde pas :
⹠15 % du plafond global du RIFSEEP pour les fonctionnaires de catégorie A
⹠12 % du plafond global du RIFSEEP pour les fonctionnaires de catégorie B
⹠10 % du plafond global du RIFSEEP pour les fonctionnaires de catégorie C.
Il est important de souligner que lâarticle 84 de la loi n° 2016-483 du 20 avril 2016 relative Ă la dĂ©ontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires prĂ©voit dĂ©sormais que les organes dĂ©libĂ©rants des collectivitĂ©s pourront rĂ©diger leur dĂ©libĂ©ration « RIFSEEP » de façon Ă respecter lâenveloppe plafond rĂ©sultant de lâaddition du montant plafond de la part IFSE et CI(A) et quâils pourront, en fonction des critĂšres dĂ©finis dans leur dĂ©libĂ©ration, librement rĂ©partir lâimportance de la part CI(A) et IFSE.
Aussi les prĂ©conisations de la circulaire RIFSEEP de la FPE stipulant que le montant maximal CI(A) nâexcĂšde pas : 15 % du plafond global du RIFSEEP pour les agents de catĂ©gorie A ; 12 % du plafond global du RIFSEEP pour les agents de catĂ©gorie B et 10 % du plafond global du RIFSEEP pour les agents de catĂ©gorie C, ne sâimposent pas Ă la fonction publique territoriale.
La rĂ©partition entre IFSE et CIA est laissĂ©e au choix de lâorgane dĂ©libĂ©rant dans la limite de la somme des plafonds de chacun.
ex : les plafonds rĂ©glementaires pour un adjoint administratif groupe 2 non logĂ© sont de 10 800⏠pour lâIFSE et 1 200⏠pour le CIA => le RIFSEEP peut varier entre IFSE et CIA dans la limite de 12 000 âŹ.
Toutefois, la mise en place du RIFSEEP ne peut pas comporter uniquement du CIA, un minimum dâattribution dâIFSE est requis.
Peut-on créer des sous-groupes de fonctions ?
Les CDG prĂ©conisent de ne pas faire une « usine Ă gaz », avec des sous-groupes de fonctions, ce qui serait bloquant Ă lâutilisation. Il nâest pas possible de tout prĂ©voir (les planchers et plafonds sont lĂ pour çà ). Il est conseillĂ© aux collectivitĂ©s dâĂȘtre pragmatiques et de crĂ©er un groupe « autres fonctions » par catĂ©gorie hiĂ©rarchique qui permettra toujours dâattribuer du rĂ©gime indemnitaire sans devoir reprendre une dĂ©libĂ©ration.
Dans le cadre de la partie IFSE du RIFSEEP, est-il possible de faire une distinction entre les agents au sein dâun mĂȘme groupe de fonctions ?
Il est possible de faire une distinction entre les agents du mĂȘme groupe car le groupe de fonctions ne sert quâĂ la dĂ©termination des plafonds ; ainsi, les fonctions exercĂ©es individuellement et/ou lâexpĂ©rience professionnelle peuvent amener des agents du mĂȘme groupe Ă bĂ©nĂ©ficier de montants dâIFSE diffĂ©rents.
Peut-on crĂ©er plus de groupes par catĂ©gorie que ne le prĂ©voit le dĂ©cret pour la fonction publique dâEtat ?
Il est possible de crĂ©er plus de groupes par cadres dâemplois, en respectant la graduation des plafonds par groupe, dans la limite du plafond du groupe « terminal » des agents de lâEtat.
Les montants précisés dans le modÚle de délibération sont-ils des forfaits ? des plafonds maximum ?
Les montants prĂ©cisĂ©s dans le modĂšle de dĂ©libĂ©ration sont des plafonds maximum ; lâorgane dĂ©libĂ©rant peut prĂ©voir des plafonds infĂ©rieurs Ă ceux-ci ; lâautoritĂ© territoriale peut attribuer individuellement un montant infĂ©rieur dans la limite du montant plafond prĂ©vu par dĂ©libĂ©ration.
Quelle forme prend lâattribution individuelle dans la limite des plafonds ? Faut-il prĂ©voir des minimums ?
Lâattribution individuelle, dans la limite des plafonds, se fait par arrĂȘtĂ© de lâautoritĂ© territoriale. Contrairement aux dispositions applicables Ă lâEtat, il nâest pas obligatoire de prĂ©voir des minimums dans la dĂ©libĂ©ration.
Est-il possible de moduler le RIFSEEP en fonction de lâabsence des agents ?
Aucune disposition n'autorise une modulation individuelle du rĂ©gime indemnitaire basĂ©e sur des motifs disciplinaires. Les sanctions disciplinaires sont exhaustivement Ă©numĂ©rĂ©es Ă l'article 89 de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984. La suppression d'une indemnitĂ© ne peut donc lĂ©galement pas constituer une sanction.NĂ©anmoins, pour Ă©valuer la valeur professionnelle de l'agent, et pour dĂ©terminer le montant du CIA, il peut notamment ĂȘtre tenu compte de comportements sanctionnĂ©s disciplinairement, parmi dâautres Ă©lĂ©ments. Aucune disposition lĂ©gislative ou rĂ©glementaire ne fixe les conditions de versement des primes et indemnitĂ©s en cas d'indisponibilitĂ© physique des fonctionnaires territoriaux. L'organe dĂ©libĂ©rant peut dĂ©cider de suspendre le versement du rĂ©gime indemnitaire en cas d'absence de l'agent notamment dans les cas suivants :
Congé de maladie ordinaire
Congé de longue maladie
Congé de longue durée
Congé pour maladie professionnelle
Congé pour accident de service
Congé de maternité, paternité, accueil de l'enfant ou adoption
Congé bonifié
La suspension de fonctions
Journée de grÚve.
La suspension du versement du rĂ©gime indemnitaire doit ĂȘtre prĂ©vue expressĂ©ment dans la dĂ©libĂ©ration.
LâIFSE Ă©tant liĂ©e Ă lâexercice des fonctions, des modulations fondĂ©es sur lâabsentĂ©isme ou des sujĂ©tions particuliĂšres sont possibles.
LâIFSE, compte tenu de sa nature, ne peut ĂȘtre liĂ©e Ă la maniĂšre de servir.
Le CIA étant lié à la maniÚre de servir, des modulations sont possibles.
Il est possible dâattribuer un taux variant entre 0 et 100 % et ne pas reconduire le CIA dâune annĂ©e Ă lâautre.
Aucune disposition nâautorise une modulation individuelle du rĂ©gime indemnitaire basĂ©e sur des motifs disciplinaires. Les sanctions disciplinaires sont exclusivement Ă©numĂ©rĂ©es Ă lâarticle 89 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 (CE, 11 juin 1993, n°105576).