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Lâarticle 37-1 de la loi n°2000-321 du 12 avril 2000, créé par la loi n°2011-1978 du 28 dĂ©cembre 2011 de finances rectificative pour 2011, est entrĂ© en vigueur le 30 dĂ©cembre 2011. Il fixe de nouvelles conditions de rĂ©cupĂ©ration des sommes indĂ»ment versĂ©es dont voici le dĂ©tail :
I - Les conditions de recouvrement du trop perçu avant le 30 décembre 2011
Avant lâentrĂ©e en vigueur des nouvelles dispositions, il fallait distinguer :
1) les sommes versĂ©es au titre de dĂ©cisions crĂ©atrices de droits lĂ©gales : ces dĂ©cisions ne pouvant ĂȘtre retirĂ©es, les sommes dĂ©jĂ versĂ©es ne pouvaient pas ĂȘtre rĂ©cupĂ©rĂ©es. Exemple : un arrĂȘtĂ© dâattribution dâune NBI est pris en faveur dâun agent remplissant les conditions requises. LâautoritĂ© territoriale ne peut pas retirer cet arrĂȘtĂ©, qui constitue une dĂ©cision crĂ©atrice de droits lĂ©gale. La NBI versĂ©e ne peut pas ĂȘtre rĂ©clamĂ©e Ă lâagent. Il y a simplement possibilitĂ© dâabroger la dĂ©cision, câest-Ă -dire dâannuler ses effets pour lâavenir, si les conditions ne sont plus remplies.
2) les sommes versĂ©es au titre de dĂ©cisions crĂ©atrices de droits illĂ©gales : ces dĂ©cisions peuvent ĂȘtre retirĂ©es uniquement si elles nâont pas Ă©tĂ© prises depuis plus de quatre mois. Les sommes dĂ©jĂ versĂ©es ne pouvaient ĂȘtre rĂ©cupĂ©rĂ©es quâĂ condition que la dĂ©cision puisse elle-mĂȘme ĂȘtre retirĂ©e. Exemple : le 1er fĂ©vrier 2011, un arrĂȘtĂ© dâattribution dâune NBI est pris en faveur dâun agent qui nâoccupe pas lâemploi y ouvrant droit.
â si lâautoritĂ© territoriale se rend compte de lâerreur au plus tard le 31 mai 2011 : elle peut retirer lâarrĂȘtĂ©, ce qui lui permet de rĂ©clamer Ă lâagent la NBI versĂ©e de janvier Ă mai.
â si lâautoritĂ© territoriale ne se rend compte de lâerreur quâĂ partir du 1er juin 2011 : elle ne peut plus quâabroger lâarrĂȘtĂ©, câest-Ă -dire annuler ses effets pour lâavenir ; la NBI versĂ©e avant lâabrogation ne peut plus ĂȘtre rĂ©clamĂ©e.
3) les sommes versĂ©es sur la base dâune erreur dans la procĂ©dure de liquidation ou de paiement, ou dâun retard dans lâexĂ©cution dâune dĂ©cision de lâordonnateur. En lâabsence de dĂ©cision crĂ©atrice de droits, les sommes pouvaient ĂȘtre rĂ©cupĂ©rĂ©es dans la limite du dĂ©lai de prescription de droit commun, qui est de cinq ans (art. L. 2224 code civil). Exemple : un agent perçoit une NBI. Le 1er fĂ©vrier 2011, il cesse dâoccuper lâemploi qui y ouvre droit ; malgrĂ© cela, la NBI lui est toujours versĂ©e, par erreur. LâautoritĂ© territoriale dispose alors dâun dĂ©lai de cinq ans pour rĂ©cupĂ©rer les mensualitĂ©s de NBI indĂ»ment versĂ©es.
II - Les conditions de recouvrement du trop perçu à partir du 30 décembre 2011
Concernant les possibilités de recouvrement des sommes indues, il faut désormais distinguer :
1) les sommes versĂ©es au titre de dĂ©cisions crĂ©atrices de droits lĂ©gales. Il nây a, les concernant, aucun changement : les sommes versĂ©es ne peuvent pas ĂȘtre rĂ©clamĂ©es.
2) les sommes versĂ©es au titre de dĂ©cisions crĂ©atrices de droits illĂ©gales, ainsi que les sommes versĂ©es au titre dâune erreur dans la procĂ©dure de liquidation ou de paiement, ou dâun retard dans lâexĂ©cution dâune dĂ©cision de lâordonnateur
La distinction qui existait auparavant est supprimĂ©e, un dĂ©lai de prescription spĂ©cifique unique est instaurĂ© : les sommes indĂ»ment versĂ©es peuvent ĂȘtre rĂ©clamĂ©es dans un dĂ©lai de deux annĂ©es Ă compter du premier jour du mois suivant celui de la date de mise en paiement du versement erronĂ© (art. 37-1 loi n°2000-321 du 12 avril 2000) Le dĂ©lai est de deux annĂ©es mĂȘme si les crĂ©ances ont pour origine une dĂ©cision crĂ©atrice de droits irrĂ©guliĂšre devenue dĂ©finitive (qui, ayant Ă©tĂ© prise depuis plus de quatre mois, ne peut plus ĂȘtre retirĂ©e).
Exemple : le 1er fĂ©vrier 2011, un arrĂȘtĂ© dâattribution dâune NBI est pris en faveur dâun agent qui nâoccupe pas lâemploi y ouvrant droit. LâautoritĂ© territoriale ne sâen aperçoit quâau mois de juin 2011. La dĂ©cision dâoctroi de la NBI est devenue dĂ©finitive, et ne peut plus ĂȘtre retirĂ©e ; pourtant, lâautoritĂ© territoriale peut rĂ©clamer Ă lâagent la NBI quâil a perçue depuis le mois de fĂ©vrier, du moment quâun dĂ©lai de deux ans ne sâest pas Ă©coulĂ©. Ainsi, la NBI versĂ©e en fĂ©vrier 2011 peut ĂȘtre rĂ©clamĂ©e jusquâau 28 fĂ©vrier 2013.
Deux cas particuliers doivent toutefois ĂȘtre signalĂ©s :
Premier cas particulier : lâadministration dispose dâun dĂ©lai de cinq ans pour rĂ©cupĂ©rer les sommes indĂ»ment versĂ©es, lorsque le paiement des sommes versĂ©es Ă tort rĂ©sulte (art. 37-1 loi n°2000-321 du 12 avril 2000) :
- du fait que lâagent nâa pas informĂ© lâadministration de modifications de sa situation familiale ou personnelle
- ou du fait que lâagent a transmis des informations inexactes sur sa situation familiale ou personnelle. Câest le dĂ©lai de prescription de droit commun, prĂ©vu par lâarticle L. 2224 du code civil, qui sâapplique ici.
Second cas particulier : les dispositions relatives aux dĂ©lais de prescription « ne sâappliquent pas aux paiements ayant pour fondement une dĂ©cision crĂ©atrice de droits prise en application d'une disposition rĂ©glementaire ayant fait l'objet d'une annulation contentieuse ou une dĂ©cision crĂ©atrice de droits irrĂ©guliĂšre relative Ă une nomination dans un grade lorsque ces paiements font pour cette raison l'objet d'une procĂ©dure de recouvrement » art. 37-1 loi n°2000-321 du 12 avril 2000)
Pour ces paiements, l'administration ne peut demander le remboursement des sommes versées que dans le délai de retrait de la décision créatrice de droits, c'est-à -dire dans un délai de quatre mois suivant la prise de décision (source : travaux parlementaires, site de l'Assemblée Nationale).
Dispositions transitoires : pour les paiements faisant lâobjet dâinstances contentieuses en cours au 29 dĂ©cembre 2011, il convient dâappliquer les rĂšgles qui Ă©taient en vigueur avant le 30 dĂ©cembre 2011.

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