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  • En responsabilité dans le domaine des Ressources Humaines (spécificité Public) depuis maintenant pratiquement 26 ans
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13 novembre 2025 4 13 /11 /novembre /2025 11:49

 

 

 

 

Le Tribunal administratif de Melun rappelle un principe essentiel : une suspension conservatoire n’est possible que si les faits sont à la fois crédibles… et suffisamment graves pour justifier l’écartement immédiat du service.

Dans une décision rendue le 13 novembre 2025, la juridiction annule la suspension d’un agent territorial, estimant que, malgré un signalement précis, la gravité des faits n’était pas avérée au niveau requis par l’article L.531-1 du Code général de la fonction publique.

âžĄïž Résultat :
– suspension annulée ;
– obligation pour la commune d’effacer toute trace de la décision du dossier de l’agent ;
– 1 500 € au titre de l’article L.761-1 CJA à verser à l’agent.

Cette affaire rappelle l’importance pour les employeurs publics de bien caractériser la gravité, de sécuriser la procédure disciplinaire et de maîtriser le juste usage de la suspension conservatoire — une mesure exceptionnelle, jamais automatique.

👉 Sécuriser ses décisions, c’est protéger à la fois la collectivité et l’agent.

💬 Avis
www.naudrh.com
C’est une décision pédagogique : elle montre que la suspension conservatoire, souvent utilisée dans l’urgence, doit rester une mesure strictement encadrée. Beaucoup de collectivités en font un réflexe, alors qu’elle exige une analyse fine du risque, de la gravité et de la vraisemblance. Une erreur d’appréciation expose non seulement à une annulation, mais aussi à un impact organisationnel, humain et financier.

 

Tribunal administratif de Melun, 5Ăšme Chambre, 13 novembre 2025, 2303082

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12 novembre 2025 3 12 /11 /novembre /2025 21:56

 

 

 

 

 

La CAA de Nancy vient de confirmer l’imputabilité au service d’un syndrome d’épuisement professionnel d'une agente territoriale, soulignant un message clair : la dégradation des conditions de travail, même sans intention de nuire, engage pleinement la responsabilité de l’employeur public.



Dans cette affaire, la Cour retient des éléments forts :
• une surcharge croissante des missions,
• une hausse notable des sollicitations du public,
• des alertes répétées de l’agente restées sans réponses,
• un climat interne dégradé attesté par des tiers,
• et un avis médical solide confirmant le lien direct entre travail et burn-out.

Ce jugement rappelle la nécessité, pour les employeurs territoriaux, de prévenir l’épuisement professionnel, d’écouter les signaux faibles, et de documenter rigoureusement les conditions de travail.

Un arrêt qui s’impose comme une véritable référence pour les DRH, DGS, élus et responsables de prévention dans la FPT.



💬 Avis www.naudrh.com

Cette décision illustre avec force un enjeu majeur : l’épuisement professionnel n’est pas un “risque théorique”, mais une réalité quotidienne dans de nombreuses collectivités. Elle renforce l’exigence de vigilance, d’écoute et de prévention. Elle rappelle aussi que les juridictions administratives sont désormais pleinement attentives aux contextes organisationnels, et n’hésitent plus à reconnaître le lien entre surcharge, isolement et burn-out.

 

CAA de NANCY, 5Ăšme chambre, 12/11/2025, 22NC01981

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12 novembre 2025 3 12 /11 /novembre /2025 21:44

 

 

Dans un arrêt du 12 novembre 2025, la CAA de Bordeaux rappelle un principe essentiel pour les RH territoriales :
âžĄïž les autorisations spéciales d’absence (ASA) ne s’appliquent que lorsque l’agent est en service.

Concrètement, lorsqu’un représentant du personnel est convoqué en CAP, en conseil de discipline ou en instance statutaire un jour où il ne travaille pas, il n’a :
-ni droit à ASA,
-ni droit à récupération,
-ni droit à rémunération,
-ni obligation de se rendre à la convocation.

La cour confirme également qu’aucun préjudice financier ou moral ne peut être invoqué dans ce cas, même si les convocations proviennent de l’employeur.

📌 Un rappel important pour sécuriser vos pratiques RH, notamment dans la gestion du temps de travail des représentants du personnel et la lecture des convocations envoyées par les CDG.

🧭 Une décision utile pour les DRH, gestionnaires RH et DGS souhaitant concilier juste application des textes et reconnaissance de l’engagement syndical.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision clarifie une zone grise souvent mal comprise. Elle rappelle un équilibre essentiel : garantir les droits syndicaux tout en sécurisant la gestion du temps de travail. Pour les collectivités, c’est un appui juridique précieux pour harmoniser les pratiques entre services et éviter des demandes indemnitaires infondées.

 

CAA de BORDEAUX, 5Ăšme chambre, 12/11/2025, 23BX03122

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10 novembre 2025 1 10 /11 /novembre /2025 08:12

 

 

Une nouvelle décision du Défenseur des droits vient rappeler une règle trop souvent méconnue : aucun jour de carence ne peut être appliqué à une agente enceinte, dès lors que l’arrêt maladie intervient entre la déclaration de grossesse et le début du congé de maternité, même si l’arrêt n’est pas lié à la grossesse.



Dans la décision n°2025-198, la commune de Y avait retenu un jour de carence, au motif que le premier arrêt de travail n’était pas en lien avec la grossesse.

❌ Le Défenseur des droits écarte totalement cette justification.

âžĄïž Le législateur a souhaité protéger tous les arrêts maladie des femmes enceintes, sans distinction.



Pourquoi ?
Parce qu’une femme enceinte est confrontée à une fragilité physique accrue, et que la législation vise à garantir une protection renforcée, prévenir les risques et éviter une perte de rémunération injustifiée.

Conséquence : la collectivité doit rembourser immédiatement le jour retenu à tort et rendre compte sous trois mois des suites données.



👉 Pour les employeurs publics : une vigilance indispensable pour éviter des erreurs de gestion et sécuriser vos pratiques RH.

👉 Pour les agentes concernées : un droit clair, solide, et opposable.



💬 Avis www.naudrh.com
Cette décision est un rappel bienvenu : les règles protectrices liées à la grossesse sont trop souvent mal maîtrisées dans les collectivités. L’enjeu est double : sécuriser les pratiques RH et éviter des atteintes aux droits fondamentaux. Une veille juridique réellement opérationnelle est indispensable pour prévenir ce type d’erreurs, qui nuisent à la fois aux agents et à l’image de l’employeur.

 

 

Cliquez sur l'image pour télécharger le document.

 

Décision du Défenseur des droits n°2025-198

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6 novembre 2025 4 06 /11 /novembre /2025 21:47

 

 

 

La CAA de Versailles vient de rendre un arrêt important sur la portée des changements d’affectation, la protection fonctionnelle et l’obligation de sécurité des employeurs publics. Une affaire exemplaire pour mieux comprendre ce qui relève — ou non — d’une décision contestable.


Dans ce dossier, un agent territorial contestait son changement d’affectation décidé lors de son retour en mi-temps thérapeutique, invoquait un harcèlement moral et réclamait plus de 30 000 € d’indemnisation. La Cour confirme finalement qu’aucune de ses demandes n’était fondée.

👉 Le changement d’affectation, sans perte de rémunération ni de responsabilités, constitue une mesure d’ordre intérieur, donc non susceptible de recours.

👉 Les faits de harcèlement moral doivent être prouvés, ce qui suppose des éléments concrets et répétés.

👉 Le refus de protection fonctionnelle peut être confirmé lorsque l’agent n’apporte pas d’éléments suffisants.

👉 L’obligation de sécurité est respectée lorsque l’employeur suit les préconisations du médecin du travail.

Un rappel utile : dans la fonction publique territoriale, la solidité des dossiers RH et la traçabilité des décisions demeurent essentielles pour sécuriser la gestion des agents.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cet arrêt illustre parfaitement l’importance pour les employeurs publics de documenter chaque décision, surtout lors des reprises après arrêt maladie. Il rappelle aussi que la jurisprudence reste exigeante pour qualifier un harcèlement ou engager la responsabilité de la collectivité. Une décision très éclairante pour les professionnels RH.

 

CAA de VERSAILLES, 2Ăšme chambre, 06/11/2025, 24VE01330

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5 novembre 2025 3 05 /11 /novembre /2025 21:52

 

 

 

Le Conseil d’État (17 octobre 2025, n°505325) vient de rappeler une règle essentielle pour les gestionnaires RH et les agents publics : le droit de communication du dossier administratif ne signifie pas que l’administration doit remettre une copie intégrale du dossier à l’agent.

Dans cette affaire, un praticien hospitalier contestait sa mutation dans l’intérêt du service et sa suspension de fonctions, au motif qu’il n’avait pas reçu tous les documents de son dossier. Le Conseil d’État a annulé l’ordonnance du juge des référés, estimant que l’agent avait été informé de la possibilité de consulter l’intégralité du dossier sur place — ce qui suffit à respecter les garanties prévues par l’article 65 de la loi du 22 avril 1905.

👉 Autrement dit :
L’administration n’a pas l’obligation d’envoyer une copie du dossier à l’agent.
Il lui suffit de lui offrir la possibilité de le consulter dans ses locaux.
Une garantie procédurale n’est pas méconnue dès lors que cette consultation est effectivement possible.

Cette décision conforte la position des employeurs publics : le droit d’accès au dossier ne doit pas être confondu avec un droit à communication à distance.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision clarifie utilement une confusion fréquente dans la fonction publique : l’administration doit permettre la consultation, mais non organiser la diffusion des copies. C’est un équilibre pragmatique entre les droits de la défense et la gestion interne des dossiers — un rappel bienvenu pour les services RH souvent confrontés à des demandes excessives de communication.

 

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5 novembre 2025 3 05 /11 /novembre /2025 21:45

 

 


Dans une décision importante (CE, 17 octobre 2025, n°493859), le Conseil d’État rappelle une règle fondamentale : lorsqu’une personne publique signe une rupture conventionnelle qu’elle estime ensuite illégale, elle ne peut pas en demander l’annulation au juge administratif.

👉 En l’espèce, la chambre de métiers et de l’artisanat du Val-d’Oise avait conclu une rupture conventionnelle avec un agent, assortie d’une indemnité de 105 219 € et d’une clause de renonciation à tout recours.

Estimant par la suite que l’acte était irrégulier, elle a saisi le tribunal administratif pour en obtenir l’annulation et le remboursement de la somme versée.

Le Conseil d’État a été clair : l’administration devait retirer elle-même l’acte illégal, et non en demander l’annulation au juge, car on ne peut pas demander au juge d’exercer un pouvoir que l’on détient déjà.

⚖ À retenir :
âžĄïž Si une collectivité ou un établissement public considère qu’une rupture conventionnelle est entachée d’illégalité, elle doit la retirer (dans les délais de droit).
âžĄïž Elle n’est pas recevable à saisir le juge d’un recours pour excès de pouvoir contre sa propre décision.

💬 Avis www.naudrh.com : cette décision clarifie utilement les limites procédurales pour les employeurs publics. Elle souligne la nécessité, pour les directions RH, de sécuriser juridiquement les ruptures conventionnelles dès leur conclusion — car un mauvais cadrage initial ne peut être “rattrapé” ensuite par le juge.

 

Conseil d'État n° 493859 du 17 octobre 2025

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3 novembre 2025 1 03 /11 /novembre /2025 21:08

 

 

 

⚖ Altercation entre agents : une phrase malvenue dans un contexte tendu peut suffire à justifier un avertissement disciplinaire dès lors qu’elle contribue à détériorer le climat de travail.

Lorsqu’un agent public adopte un comportement inadapté susceptible d’aggraver une situation de tension au travail, même sans être à l’origine directe de violences physiques, la sanction disciplinaire peut être considérée comme justifiée.

C’est ce que rappelle la Cour administrative d’appel de Lyon (6e chambre, arrêt du 9 octobre 2025, n° 25LY00103) dans une affaire opposant une manipulatrice en radiologie au centre hospitalier d’Ardèche Nord.

À la suite d’une altercation avec une collègue en état d’épuisement professionnel, l’agent avait déclaré à cette dernière de « cesser sa crise d’adolescence ».

Cette remarque jugée « méprisante et inadaptée » a provoqué une réaction violente, menant à un échange de coups.

La Cour confirme que :
-le comportement de l’agent, bien que non initiateur de la violence, a aggravé une situation identifiable de crise ;
-la sanction d’avertissement infligée par le directeur n’est ni disproportionnée ni entachée d’erreur d’appréciation ;
-cette sanction, la plus légère du régime disciplinaire, n’a pas d’incidence sur la carrière ou la rémunération de l’agent.

👉 En résumé : même une phrase malvenue dans un contexte tendu peut suffire à justifier un avertissement disciplinaire dès lors qu’elle contribue à détériorer le climat de travail.

Une décision à méditer pour les encadrants RH et les responsables de service dans la fonction publique hospitalière et territoriale.

 

Cour administrative d'appel de Lyon, 6Ăšme Chambre, 9 octobre 2025, 25LY00103

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31 octobre 2025 5 31 /10 /octobre /2025 18:41

 

 

 

La question de la présence d’un tiers en qualité d’observateur lors d’un entretien professionnel dans la fonction publique soulève des enjeux de procédure et de respect des droits de l’agent, notamment en matière de confidentialité et de garantie d’une appréciation objective. La décision rendue par la Cour administrative d’appel de Bordeaux (3e chambre, arrêt du 7 octobre 2025, n°â€Ż23BX03179) apporte des éléments de réponse significatifs.

Le cadre réglementaire

L’entretien professionnel des fonctionnaires a pour objet d’évaluer la valeur professionnelle de l’agent, de définir ses perspectives d’évolution et ses besoins de formation. Le dispositif réglementaire impose que l’entretien soit conduit par le supérieur hiérarchique direct de l’agent, et que celui‑ci se déroule de façon «â€Żdirecte ». Cette exigence vise à garantir que l’échange soit confidentiel, qu’il s’attache exclusivement à l’évaluation de l’agent, sans interférence externe.

Analyse de l’arrêt (CAA Bordeaux, 7 octobre 2025, n°â€Ż23BX03179)

Dans l’affaire soumise à la cour, un fonctionnaire attaché principal d’administration (agent comptable et gestionnaire adjoint) contestait la validité de son compte‑rendu d’entretien professionnel (CREP) pour l’année scolaire 2020‑2021. Il alléguait qu’à l’occasion de l’entretien mené par son supérieur hiérarchique (le proviseur), la présence du proviseur adjoint en qualité d’observateur avait vicié la procédure. Selon lui, cette présence l’avait empêché d’échanger «â€Żen toute confiance et confidentialité » avec son supérieur direct.

La Cour rappelle que, s’il est clair que l’entretien «â€Żdoit être conduit par le supérieur direct du fonctionnaire à peine d’irrégularité », la présence d’un tiers en qualité d’observateur ne constitue pas nécessairement une irrégularité de plein droit. Elle constate que, dans les faits, une situation de tension ou de conflit existait entre l’agent et son supérieur hiérarchique, ce qui justifiait la présence d’un observateur afin de garantir le bon déroulement de l’entretien. En l’espèce, la Cour a estimé que l’agent n’établissait pas que cette présence avait exercé une influence sur le contenu du CREP ni qu’elle l’avait privé d’une garantie procédurale. Elle en a donc conclu à l’absence de vice de procédure et rejeté la demande d’annulation.

Portée pratique pour la fonction publique territoriale

Cette jurisprudence est d’une importance notable pour les employeurs publics et les services RH :

-Elle autorise, dans certaines conditions, la présence d’un tiers observateur lors de l’entretien professionnel ;

-Elle pose cependant des conditions strictes : le supérieur direct doit demeurer l’animateur de l’entretien, l’observateur ne doit pas intervenir dans l’échange, ni influencer la notation ou l’évaluation de l’agent ;

-Elle précise que la situation de présence d’un observateur doit être justifiée (par exemple une relation conflictuelle entre agent et supérieur) et que l’agent doit pouvoir démontrer que cette présence a exercé une influence ou privation de garanties pour que l’entretien soit annulé.

Recommandations pratiques

Pour un manager ou service RH :

-Veiller à ce que l’entretien soit bien mené principalement par le supérieur hiérarchique direct, conformément aux textes applicables ;

-En cas de tension ou de conflictualité avérée, envisager la présence d’un observateur en précisant son rôle (observateur, sans intervention ni évaluation) et veiller à ce que l’agent en soit informé ;

-Formaliser la procédure interne : préciser dans la note de service ou règlement interne que la présence d’un observateur est exceptionnelle, justifiée, et ne change pas la responsabilité du supérieur hiérarchique direct ;

-Documenter la justification de la présence de l’observateur (par exemple, la nature du conflit, l’objet de la mesure de garantie) et conserver la traçabilité de l’entretien.

Conclusion

En conclusion, à la lumière de l’arrêt de la Cour administrative d’appel de Bordeaux (3e ch., 7 octobre 2025, n°â€Ż23BX03179), il apparaît que la présence d’un tiers en qualité d’observateur lors d’un entretien professionnel d’agent public n’est pas, en elle‑même, incompatible avec la légalité de la procédure. Toutefois, pour qu’elle ne vienne pas entacher la procédure, il est indispensable que le supérieur hiérarchique direct reste en charge de l’entretien, que l’observateur ne participe pas à l’échange ni à l’évaluation, que la présence du tiers soit justifiée par une situation particulière (ex. conflit) et que l’agent ne subisse pas de préjudice de garantie.

 

Avis www.naudrh.com : cette solution est pragmatique et favorable à une gestion apaisée des entretiens dans les situations difficiles, tout en gardant les garanties nécessaires pour l’agent.

 

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30 octobre 2025 4 30 /10 /octobre /2025 23:53

 

 

 

Dans l'arrêt n° 2303402 du 30 octobre 2025, le tribunal administratif de Nîmes précise que pour les techniciens paramédicaux territoriaux concernés par la réforme de 2022 (décrets n° 2022-625 et 2022-627 du 22 avril 2022)  l’intégration en catégorie A est automatique et de droit, dès lors que les textes prévoient l’extinction du cadre d’emplois de B et la bascule en A.

Un employeur public local (commune, CCAS, hôpital local, etc.) ne peut pas conditionner cette intégration à une appréciation subjective des missions réellement exercées.

Un agent concerné par cette réglementation doit donc être reclassée en catégorie A et voir ses droits (rémunération, avancement, etc.) reconstitués à compter du 1á”‰Êł mai 2022, date d’entrée en vigueur de la réforme.

Sur le plan statutaire, cette décision est très forte : elle verrouille l’idée que, lorsqu’un cadre d’emplois est placé en extinction et que les textes prévoient une intégration dans un nouveau cadre d’emplois de catégorie A, les collectivités n’ont aucune marge d’interprétation pour restreindre ce droit.

 

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Tribunal administratif de Nßmes, 2Úme chambre, 30 octobre 2025, n° 2303402

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29 octobre 2025 3 29 /10 /octobre /2025 22:12

 

 

 

Le Conseil d'État, dans sa décision du 29 octobre 2025, a confirmé le rejet d’un pourvoi concernant l’accès au dossier administratif d’un fonctionnaire qui contestait l’insertion de rapports dans son dossier, mais la juridiction a estimé que ces rapports ne comportaient aucune erreur ni élément diffamatoire, justifiant ainsi leur maintien.

 

🔑 Les points clés :

-L'accès au dossier administratif des fonctionnaires reste un droit fondamental, mais les demandes de rectification ou de retrait de documents sont strictement encadrées.

-Depuis la réforme de 2020, ce droit est désormais régulé par les articles L. 137-1 à L. 137-4 du Code général de la fonction publique.

 

📌 En résumé : Cette décision rappelle l'importance de la gestion transparente et rigoureuse des dossiers administratifs, ainsi que la nécessité de respecter les droits des fonctionnaires dans le cadre de leur évolution professionnelle.

 

DĂ©cision Conseil d'État n° 497899 du 29 octobre 2025

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29 octobre 2025 3 29 /10 /octobre /2025 21:42

 

 

 

L’arrêt rendu par la CAA de Lyon apporte une mise au point essentielle pour les DRH territoriaux confrontés à des attentes de revalorisation non formalisées.

Dans cette affaire, une agente soutenait que la commune avait manqué à ses engagements concernant l’IFSE et ses conditions de travail, justifiant une indemnisation à hauteur de plus de 80 000 €.

La Cour rappelle une règle clé : sans engagement explicite, formel et ferme, aucune promesse de revalorisation ne peut engager la responsabilité d’une collectivité.

Un simple échange, même bien intentionné, ne suffit pas à caractériser une faute.

Elle souligne également que des éléments accessoires — ici un bureau individuel — ne constituent pas un motif indemnitaire si leur absence n’a pas déterminé la prise de poste.

Pour les DRH territoriaux, cet arrêt confirme l’importance de :
âžĄïž formaliser clairement les engagements ;
âžĄïž sécuriser les communications relatives au régime indemnitaire ;
âžĄïž distinguer promesse, intention et décision formelle.

Une jurisprudence qui rappelle que la transparence et la traçabilité RH sont les meilleurs remparts contre les contentieux indemnitaires.

💬 Avis
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C’est une décision intéressante, car elle sécurise les pratiques RH en rappelant que la responsabilité d’une collectivité ne peut être engagée que sur la base d’engagements clairs et formalisés. Elle souligne aussi l’enjeu de bien cadrer les échanges informels avec les agents, notamment sur le régime indemnitaire, un terrain souvent sensible.

 

CAA de LYON, 3Ăšme chambre, 29/10/2025, 24LY00141

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28 octobre 2025 2 28 /10 /octobre /2025 09:45

 

 

 

La cour administrative d’appel de Bordeaux (arrêt du 28 octobre 2025 n°23BX02371)  vient de rendre une décision importante pour les employeurs publics territoriaux : la commune de Pessac est condamnée à reconnaître l’imputabilité au service d’un accident de trajet pour une agente victime d’une dissection aortique pendant sa pause déjeuner.

Pourquoi cette décision marque-t-elle un tournant ?
-Parce que la CAA rappelle fermement que l’imputabilité ne nécessite pas un “lien direct et certain”, mais uniquement un lien direct entre l’accident et le service.

Ici, l’hypertension ayant provoqué la dissection aortique était liée à un stress professionnel attesté, sans facteur de risque personnel.

La commune avait donc commis une erreur d’appréciation.

À cela s’ajoute un vice de procédure : l’absence de preuve que le médecin de prévention ait été informé de la réunion de la commission de réforme. Une garantie essentielle pour l’agent — et un rappel utile pour toutes les collectivités.

Résultat :
✔ Annulation de la décision du maire
✔ Reconnaissance de l’imputabilité
✔ Reconstitution de carrière, rémunération, retraite
✔ 2 000 € à verser à l’agente au titre des frais de justice
✔ Injonction sous deux mois

Un arrêt à connaître, tant pour sécuriser vos pratiques RH que pour mieux appréhender les risques contentieux autour de l’imputabilité au service.

💬 Avis
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Cette décision est emblématique : elle montre à quel point la notion d’imputabilité reste un terrain sensible où les collectivités doivent sécuriser non seulement leur analyse médicale et juridique, mais également leurs procédures internes. Elle rappelle aussi que les arrêts cardio-vasculaires ne peuvent être écartés à la légère dès lors qu’un lien professionnel, même indirect, est objectivement documenté. Une jurisprudence à intégrer rapidement dans les pratiques RH territoriales.

 

ArrĂȘt de la CAA de BORDEAUX n°23BX02371 du 28/10/2025

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27 octobre 2025 1 27 /10 /octobre /2025 08:05

 

 

 

👉 Une nouvelle décision du 1er octobre 2025 (n° 24DA01482) vient clarifier une question fréquemment soulevée dans les collectivités : les autorisations spéciales d’absence (ASA) peuvent-elles être intégrées dans le compte épargne-temps (CET) ?

đŸ”č Les faits :
-Un adjoint technique territorial de la ville de Calais, reconnu agent vulnérable pendant la crise sanitaire, avait été placé successivement en ASA puis en congés imposés. Après son départ à la retraite, il a demandé le rétablissement de six jours de congés annuels et de quatre jours d’ancienneté.

đŸ”č La décision :
La Cour administrative d’appel de Douai infirme le jugement de première instance. Elle rappelle qu’aucun texte – ni le décret du 26 août 2004 sur le CET, ni le protocole interne de la commune – ne permet de comptabiliser les ASA dans le compte épargne-temps. Ces jours ne sont pas assimilables à des congés et n’ont donc pas vocation à être placés sur un CET, y compris en cas de départ à la retraite.

📘 À retenir pour les employeurs publics :
Les ASA, même en période exceptionnelle comme la crise Covid, ne peuvent être transférées ni converties en jours épargnés sur un compte épargne-temps. Leur nature juridique reste distincte des congés annuels.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision vient rappeler la rigueur nécessaire dans la gestion des ASA, souvent confondues avec des congés lors des périodes de crise. Elle consolide la distinction entre absence autorisée et droit à congé, essentielle pour éviter des contentieux postérieurs, notamment au moment des départs en retraite. Une jurisprudence de clarification bienvenue pour les DRH territoriaux.


 

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25 octobre 2025 6 25 /10 /octobre /2025 14:16

 

 

 

Un agent de maîtrise principal de la commune de Saint-Galmier demandait le paiement de 4 412 heures supplémentaires effectuées entre 2017 et 2021, pour un montant de 88 214 €.

La commune avait refusé, estimant que ces heures n’avaient pas été réalisées à la demande expresse de la hiérarchie et qu’un protocole interne encadrait le temps de travail des cadres.

L’agent invoquait :
-l’inopposabilité du protocole de 2016 (non adopté par délibération) ;
-la réalité des heures attestée par des fiches de présence et des témoins ;
une carence fautive de la collectivité.

Le tribunal :
-admet que le protocole est inopposable, faute de délibération du conseil municipal ;
-rejette néanmoins la requête, car aucune preuve n’établit que les heures ont été demandées ou validées par la hiérarchie ;
-rappelle que la seule présence sur site ne suffit pas à justifier des heures supplémentaires ;
-condamne enfin l’agent à verser 1 500 € à la commune au titre des frais de justice (art. L.761-1 CJA).

⚖ Enseignement RH territorial

👉 Ce jugement illustre une jurisprudence constante : les heures supplémentaires ne sont indemnisables que si elles ont été expressément demandées ou validées par l’autorité hiérarchique.

👉 Les collectivités doivent formaliser leurs règles internes (délibérations, protocoles de temps de travail, procédures de validation).

👉 Les agents doivent pouvoir prouver l’ordre ou la validation de leur supérieur avant toute réclamation indemnitaire.

đŸ§© Conclusion
Ce cas rappelle aux employeurs publics l’importance de la traçabilité et de la régularité des décisions RH en matière de temps de travail. Et pour les agents, la nécessité de sécuriser toute heure supplémentaire par un ordre écrit.

💬 Avis
www.naudrh.com :
Cette décision est emblématique des dérives liées à l’absence de traçabilité dans les collectivités. Elle renforce la nécessité d’une gouvernance RH claire, où le contrôle hiérarchique et la justification des heures sont formalisés. Pour les DRH, c’est un rappel utile : tout ce qui n’est pas écrit n’existe pas.

 

Tribunal Administratif de Lyon n° 2309864 du 6 octobre 2025

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24 octobre 2025 5 24 /10 /octobre /2025 20:47

 

 

 

Le Conseil d'État a récemment rendu une décision importante concernant le calcul de la pension de retraite d'une fonctionnaire ayant poursuivi son activité après la limite d'âge. La décision n° 497247 du 17 octobre 2025 annule un jugement du tribunal administratif et enjoint à l'État de prendre en compte la période de prolongation d'activité dans le calcul des droits à pension de Mme B. Cette victoire souligne l'importance de respecter les droits des agents publics et d'assurer un calcul juste de leurs pensions de retraite, même après la limite d'âge.

👹‍⚖ Impact pour les fonctionnaires :
Cette décision pourrait avoir des répercussions significatives pour les agents publics dont la prolongation d’activité dépasse la limite d'âge et qui attendent une révision de leurs droits à la retraite.

💡 Pour les responsables RH de la fonction publique, il est essentiel de veiller à une gestion rigoureuse des prolongations d’activité et à la prise en compte des périodes exceptionnelles dans le calcul des pensions.

 

Conseil d'État DĂ©cision n° 497247 du 17 octobre 2025

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24 octobre 2025 5 24 /10 /octobre /2025 14:39

 

 

 

 

Dans un arrêt du 8 octobre 2025, la Cour administrative d'appel de Paris a rappelé un principe fondamental : l'administration a le droit de procéder aux vérifications qu'elle souhaite durant les heures de service des agents placés sous sa responsabilité. Ce jugement s'inscrit dans le cadre d'une plainte de harcèlement moral et discrimination, où l'agent se plaignait de la vérification de sa présence lors d’une formation. La Cour a souligné que ces actions étaient parfaitement légales et ne constituaient en aucun cas un manquement.



🧐 Les enseignements clés :

-Droit de l'administration à vérifier : l'administration peut valablement vérifier la présence de ses agents durant leurs horaires de service.

 

-Garantie des droits de défense : les agents ont droit à la défense de leurs droits, mais l’administration peut mener des contrôles dans le cadre de ses obligations.

Ce jugement est un rappel que l'administration doit gérer les vérifications avec rigueur tout en respectant les droits de ses agents.

 

CAA de PARIS, 2Ăšme chambre, 08/10/2025, 24PA02591

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23 octobre 2025 4 23 /10 /octobre /2025 20:53

 

 

 

 

👉 29 ans d’ancienneté… et pourtant, la Cour administrative d’appel de Lyon confirme le licenciement d’un agent territorial pour insuffisance professionnelle.

Cette décision rappelle qu’une longue carrière ne suffit pas à écarter la démonstration d’une inaptitude durable à exercer ses fonctions.

🔍 L’affaire en bref :
Un adjoint technique principal de 2e classe de la commune de Valence, titularisé après près de vingt ans de service, contestait son licenciement pour insuffisance professionnelle. Il soutenait que la collectivité n’apportait pas la preuve de ses manquements et réclamait une indemnisation.

La Cour relève que :
-des difficultés persistantes (manque de rigueur, d’autonomie, d’adaptation) étaient constatées depuis 2014;
-malgré un changement de poste, plusieurs formations et des rappels à l’ordre, la situation ne s’est pas améliorée ;
-ces éléments démontrent une incapacité à remplir normalement les fonctions correspondant à son grade.

Résultat :
âžĄïž La CAA de Lyon confirme la légalité du licenciement pour insuffisance professionnelle, rejetant la demande d’annulation et les conclusions indemnitaires.
âžĄïž Le jugement du TA de Grenoble est seulement annulé pour vice de procédure sur un point formel, mais la sanction est jugée fondée sur le fond.


📘 À retenir pour les employeurs publics :
Le licenciement pour insuffisance professionnelle ne nécessite pas la répétition d’échecs tout au long de la carrière, mais une évaluation objective sur une période suffisante révélant une inaptitude réelle à exercer les fonctions.

👉 La collectivité doit toutefois documenter précisément les faits, les évaluations et les accompagnements proposés à l’agent.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision conforte la légitimité du licenciement pour insuffisance professionnelle lorsqu’il repose sur une évaluation continue, structurée et factuelle. Elle rappelle aussi la responsabilité managériale des collectivités : l’accompagnement, la formation et la traçabilité des difficultés restent les meilleurs garde-fous face à tout contentieux.

 

CAA de LYON, 3Ăšme chambre, 08/10/2025, 23LY03800

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22 octobre 2025 3 22 /10 /octobre /2025 10:00

 

 

âžĄïž Arrêt CAA de Bordeaux, 30 septembre 2025, n°23BX01418

Un sapeur-pompier professionnel de La Réunion avait été écarté du tableau d’avancement au grade d’adjudant au motif qu’il était en congé maladie depuis plusieurs mois. La Cour administrative d’appel de Bordeaux vient de rappeler fermement qu’un congé de maladie ne peut, à lui seul, justifier un refus d’avancement.

📌 Les faits :
Le SDIS de La Réunion avait refusé la promotion d’un sergent-chef en se fondant uniquement sur l’absence d’entretien professionnel récent liée à son arrêt maladie. Le tribunal administratif avait validé cette décision.

Mais la CAA de Bordeaux annule le jugement et l’arrêté d’avancement : le SDIS aurait dû apprécier la valeur professionnelle de l’agent à partir des éléments déjà disponibles (entretiens antérieurs, propositions du chef de service…).

⚖ Ce qu’il faut retenir :
-Le congé maladie ne prive pas un agent de son droit à être inscrit au tableau d’avancement (article 30 du décret du 30 juillet 1987).
-L’administration doit fonder sa décision sur la valeur professionnelle réelle et non sur une absence temporaire.
-En conséquence, la Cour enjoint le SDIS à réexaminer la situation de l’agent sous deux mois.

💡 En pratique RH FPT :
-Cette décision rappelle aux employeurs publics qu’un congé pour raison de santé ne peut constituer un frein à la carrière, sauf à démontrer objectivement une insuffisance professionnelle.
-Les directions RH doivent donc veiller à documenter la valeur professionnelle sur la base d’éléments existants, même en cas d’absence prolongée.


💬 Avis www.naudrh.com
Cet arrêt est un signal fort adressé aux employeurs publics: l’absence ne doit pas devenir une sanction déguisée. En période où l’égalité de traitement et la prévention des discriminations sont au cœur des politiques RH, cette décision rappelle que la gestion des carrières doit toujours s’appuyer sur des critères objectifs et équitables.

 

CAA de BORDEAUX, 5Ăšme chambre, 30/09/2025, 23BX01418

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20 octobre 2025 1 20 /10 /octobre /2025 21:22

 

 

 

 

La Cour administrative d’appel de Lyon (arrêt du 9 octobre 2025, n°24LY01770) vient de confirmer une décision importante pour les employeurs publics :

âžĄïž oui, un agent qui enregistre ses collègues ou supérieurs sans leur accord commet une faute disciplinaire ;
âžĄïž mais non, une rétrogradation n’est pas toujours justifiée.

đŸ‘©‍⚖ Les faits :
Un ingénieur hospitalier avait enregistré, sans autorisation, plusieurs réunions et entretiens de travail avec des collègues et sa hiérarchie.
L’administration l’avait sanctionné d’une rétrogradation.
Le tribunal administratif a annulé la sanction, et la cour d’appel confirme.

🔔 La motivation de la cour :
-Les faits sont avérés et constituent une faute.
-Mais l’agent n’a fait aucun usage malveillant des enregistrements : il ne les a ni diffusés, ni utilisés contre ses collègues.
-Il les avait conservés pour mémoire, dans le cadre de ses fonctions.

👉 Dès lors, la rétrogradation était disproportionnée au regard des circonstances.

📚 À retenir pour les DRH publics :
-
L’usage d’enregistrements non autorisés constitue une faute disciplinaire.
-La proportionnalité de la sanction reste un principe clé : les juges examinent le contexte, l’intention et la gravité.
-La décision rappelle l’importance d’une procédure disciplinaire mesurée et respectueuse des droits de la défense.

💬 Avis
www.naudrh.com: Cette décision illustre avec finesse la ligne d’équilibre entre la nécessaire discipline dans la fonction publique et la protection des agents contre les sanctions excessives. Elle invite les directions RH à toujours articuler fermeté et discernement dans l’échelle des sanctions.

 

CAA de LYON, 6Ăšme chambre, 09/10/2025, 24LY01770

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19 octobre 2025 7 19 /10 /octobre /2025 10:08

 

 

La Cour administrative d’appel de Lyon vient de rappeler un principe essentiel pour tous les employeurs publics : les obligations de dignité, de probité et d’intégrité s’imposent à l’agent, y compris en dehors du service. 

Dans cette affaire, un agent communal de Clermont-Ferrand, condamné pour des faits de violences graves commis dans sa vie privée, contestait sa révocation disciplinaire.

La CAA de Lyon confirme la légalité de la sanction :
👉 Les condamnations pénales, devenues définitives, suffisent à établir la matérialité des faits.
👉 Même commis hors service, ces actes portent atteinte à l’image et à la crédibilité de la collectivité.
👉 La révocation, au regard de la gravité, de la réitération et du caractère récent des faits, n’est pas disproportionnée.

đŸ§© Une décision importante pour les DRH territoriaux : elle rappelle que l’exemplarité des agents publics ne s’arrête pas aux portes du service. La probité et l’intégrité constituent des piliers du statut de la fonction publique.

💬 Avis
www.naudrh.com : cette décision illustre parfaitement la frontière ténue entre la sphère privée et les obligations statutaires. Dans un contexte où les collectivités cherchent à préserver la confiance du public, elle réaffirme avec force que l’exemplarité n’est pas une option mais un devoir fondamental du service public.

 

CAA de LYON, 3Ăšme chambre, 24/09/2025, 23LY03730

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19 octobre 2025 7 19 /10 /octobre /2025 09:53

 

 

 

Le Tribunal administratif d’Orléans (ordonnance du 30 septembre 2025, n°2505110) vient de rappeler que le rapprochement de conjoints – pourtant reconnu par le Code général de la fonction publique (article L.512-19) – ne garantit pas automatiquement une suspension de décision lorsqu’un fonctionnaire conteste la nomination d’un contractuel.

 

👉 En l’espèce, un agent réclamait la suspension de l’attribution d’un poste à un contractuel, estimant que cette décision violait son droit à priorité et les règles de publicité des emplois.

 

Mais la juge a estimé que l’urgence n’était pas démontrée, le maintien temporaire de la situation de « célibat géographique » ne constituant pas une atteinte suffisamment grave.

 

Cette ordonnance confirme une ligne claire :
 âžĄïž Le juge administratif se montre exigeant sur la preuve de l’urgence.
 âžĄïž Les droits statutaires doivent être soutenus par des éléments concrets de préjudice.

 

🔗 Une décision à méditer pour tous les services RH publics confrontés aux tensions entre recrutement contractuel et priorités statutaires.

 

💬 Avis www.naudrh.com: cette décision, bien que rigoureuse, illustre un équilibre fragile entre souplesse de gestion et respect du statut. Elle confirme la montée en puissance du contrat dans la fonction publique, au détriment parfois de la logique statutaire, et interroge sur la réelle portée du droit au rapprochement de conjoints dans un contexte de mobilité contrainte.

Tribunal administratif d’OrlĂ©ans (ordonnance du 30 septembre 2025, n°2505110)

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19 octobre 2025 7 19 /10 /octobre /2025 09:43

 

 

La Cour administrative d’appel de Paris a confirmé le rejet, par le tribunal administratif de Melun, des demandes d’une agente contractuelle de la commune de Fontenay-sous-Bois, qui invoquait un harcèlement moral, une discrimination liée à son état de santé, et la faute de la collectivité pour non-renouvellement de son contrat et refus de protection fonctionnelle.

👉 Les faits :
Recrutée en 2008 et renouvelée jusqu’en 2018, l’agente contestait la décision du maire refusant la protection fonctionnelle et la suppression de son poste, estimant avoir été écartée pour des raisons discriminatoires liées à sa santé.

👉 La décision :
La Cour confirme le raisonnement du tribunal :
-La suppression du poste s’inscrivait dans une réorganisation du service d’intérêt général, sans intention de nuire.
-Les faits invoqués ne permettent pas de présumer une situation de harcèlement moral ou de discrimination.
-Le refus de protection fonctionnelle est donc légalement justifié.
-Les conclusions indemnitaires sont rejetées faute de preuve de faute imputable à la commune.

👉 Ce qu’il faut retenir :
-Le harcèlement moral ne se présume pas : l’agent doit apporter des éléments de fait précis et concordants.
-Une réorganisation de service, même si elle affecte un agent malade, n’est pas illégale dès lors qu’elle répond à l’intérêt du service.
-Le juge administratif exige une preuve rigoureuse avant de retenir la responsabilité de la collectivité en matière de gestion contractuelle.

💡 En synthèse
Cette décision illustre la ligne jurisprudentielle constante : la protection fonctionnelle n’est pas automatique et ne peut être accordée qu’en cas de faits établis de harcèlement ou d’agression. Les collectivités doivent toutefois veiller à la traçabilité de leurs décisions et à la neutralité de leurs enquêtes internes, gages d’une gestion RH juridiquement solide.

💬 Avis
www.naudrh.com : cet arrêt illustre avec force la rigueur du juge administratif en matière de harcèlement moral. Les collectivités sont confortées dans leur droit à réorganiser leurs services, mais la prudence reste de mise : un dossier RH bien documenté et une enquête impartiale demeurent les meilleurs remparts contre un contentieux futur.

 

CAA de PARIS, 9Ăšme chambre, 03/10/2025, 23PA02795

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16 octobre 2025 4 16 /10 /octobre /2025 07:43

 

 

 

📅 Décision du 17 octobre 2025 — n°495899

Le Conseil d’État vient de rendre une décision majeure pour l’ensemble des employeurs publics. Saisi par la CGT Fonction publique, il a jugé illégales certaines dispositions du décret n°84-972 du 26 octobre 1984 sur les congés annuels des fonctionnaires d’État… et enjoint le Premier ministre à les modifier dans un délai de six mois.

⚖ Ce que décide le Conseil d’État :
-Les articles 1er et 5 du décret de 1984 ne peuvent plus prévoir l’extinction automatique des congés non pris (ou de leur indemnisation en fin de contrat) sans que l’agent ait été informé par son employeur.
-Cette obligation d’information découle de la directive européenne 2003/88/CE, qui garantit quatre semaines de congés payés par an.
-Concrètement, l’administration devra désormais avertir chaque agent :
du nombre exact de jours de congés reportés ;
et de la date limite à laquelle ces jours peuvent être pris.
-En revanche, le Conseil d’État rejette l’idée d’un report des congés pour les agents placés en autorisation spéciale d’absence pour raison de santé (notamment lors du COVID), considérant qu’ils ne sont pas assimilés à un congé maladie.

đŸ›ïž Impact pour la fonction publique territoriale :
-Même si la décision vise la fonction publique de l’État, elle aura un effet d’entraînement pour les autres versants, notamment territorial, où les règles relatives aux congés reposent sur des décrets analogues.
-Les employeurs territoriaux doivent donc anticiper une mise en conformité de leurs pratiques d’information des agents sur leurs droits à congés.

🔔 En résumé :
Le droit à congé annuel payé ne peut disparaître sans information préalable de l’agent.
Le Conseil d’État consacre ainsi une nouvelle obligation d’information pesant sur l’administration.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision est un signal fort : elle renforce la sécurité juridique des agents et responsabilise les employeurs publics. Pour la fonction publique territoriale, c’est une incitation claire à adapter sans tarder ses pratiques RH — sous peine, demain, de nouveaux contentieux.

Conseil d’État n°495899 du 17 octobre 2025

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8 octobre 2025 3 08 /10 /octobre /2025 09:47

 

 

 

 

La Cour administrative d’appel de Lyon (8 octobre 2025, n° 23LY03800) vient de rappeler un principe essentiel en matière de gestion des carrières dans la fonction publique :

👉 Le licenciement pour insuffisance professionnelle ne suppose ni des fautes répétées, ni une invitation préalable à s’améliorer, mais peut être légalement fondé sur une évaluation objective et prolongée démontrant l’inaptitude durable de l’agent à exercer normalement ses fonctions.

Dans cette affaire, les difficultés récurrentes de l’agent — constatées sur plusieurs années malgré un accompagnement bienveillant de la collectivité (formations, rappels à l’ordre, réaffectation, réduction de missions…) — ont été jugées suffisantes pour caractériser une insuffisance professionnelle durable.

💡 En pratique, les employeurs publics doivent veiller à documenter sur la durée les insuffisances constatées, à assurer un suivi RH rigoureux, et à privilégier les mesures d’accompagnement avant toute décision de licenciement.

Mais lorsque ces efforts échouent, la jurisprudence confirme la légalité d’une mesure fondée sur une évaluation complète et cohérente dans le temps.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision apporte une clarté bienvenue pour les employeurs publics : elle confirme qu’une évaluation approfondie et bien étayée peut suffire, sans qu’il soit nécessaire d’attendre des échecs répétés. Cependant, elle invite aussi à renforcer la culture managériale de l’accompagnement, pour que le licenciement reste vraiment l’ultime recours, et non une solution de facilité face à la complexité humaine du service public.

 

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5 octobre 2025 7 05 /10 /octobre /2025 08:38

 

 

 

Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand vient de rendre une ordonnance éclairante pour tous les responsables RH de la fonction publique territoriale. Confronté au refus d’un agent de communiquer les revenus issus d’une activité privée lucrative non autorisée, un SICTOM a obtenu du juge une injonction obligeant l’agent à transmettre ses bilans comptables pour cinq exercices.

💡 Pourquoi cette décision est-elle essentielle ?
Parce qu’elle rappelle clairement que :
-la règle du non-cumul lucratif (art. L.123-1 CGFP) s’impose à tous les agents ;
-en cas de violation, l’administration doit pouvoir recouvrer les rémunérations indûment perçues (art. L.123-9 CGFP) ;
-l’employeur territorial, démuni pour contraindre l’agent, peut solliciter le juge des référés pour obtenir les documents indispensables ;
-la protection des deniers publics justifie l’urgence de la mesure.

Une jurisprudence à connaître pour toutes les équipes RH, surtout lorsque les situations de cumul illicite deviennent difficiles à instruire.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision est très utile pour les employeurs territoriaux : elle renforce leurs capacités d’action face aux refus d’agents en situation de cumul illicite et sécurise les démarches de recouvrement. Elle rappelle aussi l’importance de maîtriser les procédures de contrôle du cumul et d’agir rapidement pour protéger les deniers publics.

 

Tribunal administratif de Clermont-Ferrand, 3 octobre 2025, 2502595

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3 octobre 2025 5 03 /10 /octobre /2025 07:37

 

 

 

 

Harcèlement moral dans la fonction publique territoriale : tout conflit n’est pas un harcèlement. La CAA de Versailles vient de le rappeler avec netteté dans un arrêt du 3 octobre 2025.

Un agent public ne peut obtenir réparation que s’il démontre des agissements répétés excédant les limites normales du pouvoir hiérarchique. En l’absence d’éléments probants, des décisions de management, des sanctions disciplinaires ou des relations professionnelles dégradées ne suffisent pas à caractériser un harcèlement moral.

👉 Cet arrêt est un signal clair pour les employeurs territoriaux :
• la traçabilité des décisions,
• la cohérence des sanctions,
• et l’objectivation des difficultés professionnelles constituent les meilleurs remparts contre le risque contentieux.

👉 C’est aussi un rappel utile pour les agents : la charge de la preuve reste centrale et le juge apprécie toujours les faits dans leur globalité, y compris le comportement de l’intéressé.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cet arrêt est juridiquement solide et pédagogiquement utile. Il réaffirme un équilibre indispensable entre la protection des agents et la légitimité de l’autorité hiérarchique, dans un contexte où la notion de harcèlement est parfois invoquée pour qualifier des conflits professionnels qui relèvent avant tout de difficultés relationnelles ou de manquements avérés.

 

CAA de VERSAILLES, 2Ăšme chambre, 03/10/2025, 24VE01481

 

 

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2 octobre 2025 4 02 /10 /octobre /2025 18:53

 

 

 

 

La Cour administrative d’appel de Bordeaux (16 septembre 2025, n°23BX02008) vient de rendre une décision marquante : une adjointe technique territoriale ayant frauduleusement déclaré un accident de service voit sa sanction disciplinaire confirmée.

Le jugement rappelle un principe essentiel : la loyauté de l’agent public est au cœur du lien de confiance avec sa collectivité.

Dans cette affaire, le tribunal administratif avait annulé la sanction pour vice de procédure. Mais la CAA a rétabli l’arrêté d’exclusion temporaire de deux ans, estimant que :
le délai de convocation au conseil de discipline avait bien été respecté,
-la matérialité des faits de fraude était établie,
et la sanction, proportionnée à la gravité des manquements.

 

CAA de BORDEAUX, 5Ăšme chambre, 16/09/2025, 23BX02008

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2 octobre 2025 4 02 /10 /octobre /2025 09:07

 

 

 

 

Le Tribunal administratif de Marseille vient de rendre un jugement intéressant pour toutes les collectivités : un agent de police municipale contestait son entretien professionnel 2021, arguant de vices de procédure, d’incompétence du supérieur évaluateur et d’une mauvaise appréciation de sa manière de servir.

👉 Le tribunal confirme que la directrice générale des services était parfaitement compétente pour mener l’entretien, même pour un policier municipal, dès lors qu’elle est son supérieur hiérarchique dans la gestion administrative de l’agent.

👉 Les critères d’évaluation avaient bien été validés par le comité technique, et aucun texte n’impose de les communiquer avant l’entretien.

👉 Enfin, aucune erreur manifeste d’appréciation n’a été démontrée.

🔍 Un rappel essentiel : pour contester une évaluation, la charge de la preuve repose sur l’agent, et toute critique doit être étayée. À l’inverse, les collectivités doivent sécuriser leur procédure d’entretien annuel pour éviter tout risque contentieux.


💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision illustre bien la frontière entre la rigueur attendue des employeurs dans le déroulement des entretiens professionnels et la nécessité, pour les agents, d’apporter des éléments concrets lorsqu’ils contestent une appréciation. Elle rappelle aussi que le rôle de la DGS dans la chaîne hiérarchique est souvent mal compris, notamment dans les services de police municipale. Une jurisprudence utile, pragmatique et clarificatrice.

 

Tribunal administratif de Marseille, 1Ăšre Chambre, 2 octobre 2025, 2205455

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1 octobre 2025 3 01 /10 /octobre /2025 19:07

 

 

 

 

Le Tribunal administratif d’Orléans (3 juillet 2025) vient de rendre une décision importante :

👉 Un représentant syndical contestait un blâme disciplinaire qui lui avait été infligé après avoir tenu des propos injurieux et sexistes à l’égard d’une supérieure hiérarchique lors d’une réunion informelle.
👉 Il invoquait notamment l’incompétence de l’autorité signataire, la disproportion de la sanction et une discrimination syndicale.

🔎 Le juge a retenu :
✅ La délégation de signature du préfet au directeur départemental était régulière.
✅ Les faits étaient établis : propos répétés malgré une mise en garde.
✅ La qualité de représentant syndical n’exonère pas du respect des obligations déontologiques.
✅ La sanction (blâme) n’était pas disproportionnée au regard de la gravité des propos.

⚖ Résultat : la requête est rejetée.
Un rappel fort : la liberté syndicale s’exerce avec une grande latitude, mais elle ne permet pas d’outrepasser les règles de respect et de discipline professionnelle.

💡 Enjeu RH : cet arrêt souligne l’équilibre délicat entre protection de l’expression syndicale et préservation du cadre déontologique dans la fonction publique.

💬 Avis
www.naudrh.com : ce jugement paraît équilibré. Il confirme que le mandat syndical confère une liberté d’expression élargie, mais ne doit jamais être utilisé comme un « bouclier » contre des comportements irrespectueux. Cela rappelle aux acteurs RH et aux représentants du personnel que la qualité du dialogue social repose aussi sur la responsabilité individuelle dans les échanges.

 

Tribunal Administratif d'Orléans 3 juillet 2025 n° 2304740

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26 septembre 2025 5 26 /09 /septembre /2025 10:27

 

 

 

 

Le Conseil d’État (décision n° 488350 du 26 septembre 2025) vient de rappeler un principe fondamental du droit de la fonction publique territoriale : les régimes indemnitaires doivent reposer sur un fondement juridique explicite.

Une agent territoriale demandait la reconstitution de ses primes depuis 2015, mais la Haute juridiction a confirmé le rejet de sa demande, considérant qu’aucune délibération n’autorisait un tel versement rétroactif.

👉 En clair : sans texte, pas de prime.
Une décision importante pour les collectivités territoriales et les gestionnaires RH, qui doivent veiller à sécuriser la base juridique de tout dispositif indemnitaire.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision consolide la rigueur juridique en matière de régimes indemnitaires. Elle incite les employeurs publics à renforcer le suivi de leurs délibérations indemnitaires, souvent anciennes et parfois lacunaires, pour prévenir tout risque contentieux futur.

 

CAA de BORDEAUX, 4Ăšme chambre, 26/09/2025, 23BX02212

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24 septembre 2025 3 24 /09 /septembre /2025 09:52

 

 

 

 

La Cour des comptes vient de rendre un arrêt important concernant le Centre départemental de gestion de l’Isère (CDG38). L’affaire portait sur le versement d’une prime de 13ᔉ mois, jugée irrégulière car sans base légale solide (aucune délibération antérieure à 1984 ne permettait son maintien dérogatoire).

👉 Entre 2019 et 2022, près de 855 000 € avaient été versés aux agents du CDG38 au titre de cette prime.

👉 Le ministère public avait estimé qu’il s’agissait d’une infraction financière engageant la responsabilité des ordonnateurs et gestionnaires.

👉 Pourtant, la Cour a décidé la relaxe des dirigeants et responsables mis en cause, considérant que :
-la délibération de 1990, bien qu’illégale, avait toutes les apparences de la légalité,
-elle avait été appliquée pendant plus de 30 ans sans remarque des autorités de contrôle, et elle fut abrogée dès que son illégalité fut confirmée en 2024.

🔎 En résumé : pas de faute grave ni de préjudice financier significatif reconnu. La régularité formelle prime, mais la bonne foi des gestionnaires publics et la tolérance administrative passée ont pesé lourd dans la balance.

💡 Cet arrêt illustre à quel point la gestion indemnitaire dans la fonction publique territoriale reste un terrain délicat, où se croisent histoire, droit et pratiques locales. Une vigilance accrue sur la conformité juridique des primes s’impose aux employeurs publics.


💬 Avis
www.naudrh.com: cet arrêt est un signal fort. Il rappelle que la responsabilité des gestionnaires publics ne peut être engagée à la légère, surtout lorsqu’une pratique a été tolérée pendant des décennies. Mais il souligne aussi un enjeu de fond : la nécessité de sécuriser juridiquement chaque régime indemnitaire, pour éviter d’exposer inutilement les agents et les institutions.

 

ArrĂȘt n° S-2025-1360

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19 septembre 2025 5 19 /09 /septembre /2025 21:03

 

 

 

 

La CAA de Nantes vient de confirmer le 15 septembre 2025 (n°24NT01805) le refus de titularisation d’un aide-soignant stagiaire de l’EPSM du Morbihan. Une décision qui illustre parfaitement les exigences attachées à la manière de servir et à la traçabilité RH dans la fonction publique.



Dans cette affaire, le juge administratif valide totalement la position de l’employeur :
-l’agent avait bénéficié d’un entretien préalable, de l’accès à son dossier, d’une prolongation de stage et d’un suivi individualisé. Les retards répétés, le manque d’implication en équipe et la désorganisation du service qu’ils entraînaient ont été considérés comme des insuffisances professionnelles caractérisées, indépendantes de l’état de santé invoqué.

-Pour les employeurs publics, cette décision rappelle plusieurs points essentiels :
👉 l’importance de documenter les difficultés tout au long du stage ;
👉 la nécessité de respecter le contradictoire et les règles de procédure ;
👉 le rôle déterminant des évaluations professionnelles dans l’appréciation de l’aptitude.



💬 Avis www.naudrh.com
Cet arrêt confirme une ligne jurisprudentielle constante : la titularisation n’est jamais automatique. La manière de servir, lorsqu’elle est objectivée, documentée et partagée avec l’agent, demeure un critère déterminant. Cette décision constitue un repère clair pour les collectivités et établissements publics qui doivent sécuriser leurs pratiques tout en adoptant une démarche d’accompagnement juste et structurée.

 

CAA de NANTES, 3Ăšme chambre, 15/09/2025, 24NT01805

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12 septembre 2025 5 12 /09 /septembre /2025 16:26

 

 

Revirement historique sur les congés payés

Cour de cassation française

Principe juridique consacré

NOUVEAU DROIT FONDAMENTAL : Un salarié placé en arrêt maladie pendant ses congés payés a désormais le droit de voir ces congés reportés, à condition d'avoir notifié l'arrêt à son employeur.
HARMONISATION EUROPÉENNE : Cette décision met le droit français en conformité avec le droit de l'Union européenne après 30 ans de jurisprudence contraire.
IMPACT IMMÉDIAT : 2,3 millions d'entreprises françaises et 16 millions de salariés concernés par cette transformation juridique majeure.
30
années de jurisprudence renversées
2,3M
entreprises impactées
16M
salariés concernés
15
mois de délai de report
📋 Analyse juridique de l'arrêt
Le dispositif juridique

L'affaire oppose Mme G., médecin du travail employée depuis 1990 par l'Association Gimac santé au travail, à son employeur dans le cadre d'un litige né après son départ en retraite. Le litige porte spécifiquement sur le décompte des congés payés impactés par des arrêts maladie survenus pendant ses périodes de vacances, dûment notifiés à l'employeur.

"Il convient de juger désormais qu'il résulte de l'article L. 3141-3 du code du travail, interprété à la lumière de l'article 7, paragraphe 1, de la directive 2003/88/CE [...] que le salarié en situation d'arrêt de travail pour cause de maladie survenue durant la période de congé annuel payé a le droit de bénéficier ultérieurement des jours de congé payé coïncidant avec la période d'arrêt de travail pour maladie."
- Arrêt n°23-22.732, Cour de cassation
Conditions d'application
1
Arrêt pendant congés

L'arrêt maladie doit survenir pendant les congés payés (non avant)

2
Notification obligatoire

Le salarié doit notifier l'arrêt à l'employeur dans les délais légaux

3
Justification médicale

Certificat médical valide comme pour tout arrêt maladie

4
Report automatique

Les jours coïncidant sont automatiquement reportés (15 mois max)

đŸ‡ȘđŸ‡ș Pression européenne et conformité
2009
Arrêt Schultz-Hoff

La CJUE établit le principe du report des congés non pris en raison d'une maladie

2012
Arrêt ANGED

Consécration directe du report des congés en cas de maladie pendant les vacances

18 juin 2025
Lettre de mise en demeure

La Commission européenne met en demeure la France (procédure INFR 2024/4005)

10 septembre 2025
Arrêt de la Cour de cassation

Revirement jurisprudentiel pour éviter une condamnation européenne

Contexte de pression européenne

La lettre de mise en demeure du 18 juin 2025 accordait un délai de deux mois jusqu'au 18 août 2025. Non respecté par la France, ce délai exposait le pays à une saisine de la CJUE avec des condamnations financières potentiellement lourdes.

📊 Comparaison avant/après
Aspect Avant le 10 septembre 2025 Après le 10 septembre 2025
Principe général Aucun report possible des congés en cas de maladie pendant les vacances Droit au report automatique des jours coïncidant avec l'arrêt maladie
Jurisprudence de référence Arrêt du 4 décembre 1996 - refus catégorique du report Arrêt n°23-22.732 - consécration du droit au report
Conditions Aucune possibilité même avec justification médicale Notification obligatoire à l'employeur + certificat médical
Délai de report Non applicable 15 mois maximum à compter de la fin de l'année de référence
Impact sur les entreprises Gestion simplifiée - pas de report à prévoir Adaptation des logiciels RH et des processus obligatoire
đŸ’Œ Impact sur les entreprises et salariés
Implications pour les employeurs
Niveaux d'impact par domaine
Gestion RH
Très élevé
Coûts administratifs
Élevé
Risque juridique
Très élevé
Organisation du travail
Élevé
Risques identifiés par le patronat
  • Augmentation des arrêts maladie de complaisance pendant les congés
  • Complexification de la gestion des plannings, particulièrement en PME
  • Coûts supplémentaires : adaptation des logiciels, formation des équipes
  • Impossibilité de prévoir définitivement les absences
Droits renforcés des salariés
  • Garantie de pouvoir effectivement bénéficier de leurs congés payés
  • Protection contre les aléas de santé pendant les vacances
  • Flexibilité de 15 mois pour reporter les congés concernés
  • Harmonisation avec les standards européens de protection sociale
⚖ Réactions des partenaires sociaux
Position du patronat

Medef (Patrick Martin) : "Signal préoccupant pour notre compétitivité et la lutte contre les arrêts de travail abusifs"

CPME : Qualifie la décision d'"ubuesque", redoute un "appel d'air" vers les faux arrêts maladie

Syndicat des Indépendants : Alerte sur une "charge beaucoup trop lourde" pour les TPE

Satisfaction syndicale

CGT : "Deux victoires majeures", demande une application rétroactive immédiate

CFDT : "Quand on est malade, ce n'est pas des vacances", approche pragmatique

Consensus syndical : Demande d'inscription dans la loi pour sécuriser l'avancée

🔧 Modalités pratiques de mise en œuvre
Processus de report automatique
1
Déclaration

Arrêt maladie notifié sous 48h à l'employeur avec certificat médical

2
Exclusion automatique

Les jours coïncidant sont exclus du décompte de congés payés

3
Calcul du report

Nombre de jours = durée de l'arrêt pendant les congés initiaux

4
Information du salarié

L'employeur informe le salarié dans le mois suivant la reprise

5
Prise du report

Congés reportés à prendre dans les 15 mois maximum

Mécanismes anti-fraude
  • Contre-visites médicales renforcées en cas de suspicion
  • Suivi statistique des arrêts par salarié pour identifier les schémas suspects
  • Formation des managers pour détecter les signaux d'alerte
  • Vigilance accrue sans créer de climat de suspicion généralisée
🔼 Perspectives d'évolution
Nécessaire adaptation législative

Le législateur français devra intervenir pour modifier expressément le Code du travail et intégrer ces nouvelles dispositions. Cette inscription légale, réclamée par les syndicats, sécuriserait juridiquement les acquis tout en clarifiant les modalités d'application.

Évolutions potentielles
đŸ›ïž Domaine législatif
  • Modification du Code du travail
  • Extension à d'autres situations
  • Adaptation aux spécificités sectorielles
🏱 Impact organisationnel
  • Développement des Comptes épargne-temps
  • Évolution des logiciels RH
  • Nouveaux indicateurs de gestion
đŸ€ Dialogue social
  • Négociations collectives adaptées
  • Accords d'entreprise spécifiques
  • Formation des représentants
"Comment concilier protection individuelle et soutenabilité collective ? Cette interrogation dépasse le cadre des congés payés pour toucher aux équilibres fondamentaux du pacte social français."
- Caroline Diard, enseignant-chercheur
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10 septembre 2025 3 10 /09 /septembre /2025 09:00

 

 

 

 

Le 10 septembre 2025, le tribunal administratif d’Orléans a suspendu une délibération du conseil municipal de Saran.

👉 Cette délibération prévoyait de maintenir 100 % du traitement des agents en congé maladie ordinaire pendant trois mois, alors que la loi de finances 2025 a réduit ce maintien à 90 % pour tous les agents publics (État et collectivités).

🔎 Les points clés :
-La commune invoquait la protection sociale complémentaire et le besoin de préserver l’attractivité de la fonction publique territoriale.
-La préfète du Loiret contestait l’illégalité de ce régime dérogatoire, au nom du principe de parité entre les versants de la fonction publique.
-Le juge a estimé qu’il existait un doute sérieux quant à la légalité de la délibération et en a prononcé la suspension en attendant le jugement au fond.

👉 Enjeux :
Cette décision illustre la tension entre l’autonomie des collectivités locales et la nécessité d’un cadre uniforme pour la rémunération des agents publics. Elle pose aussi la question de la ca
pacité des communes à agir pour le bien-être de leurs agents face à des règles nationales plus restrictives.


💬 Avis www.naudrh.com : cette affaire reflète parfaitement le dilemme actuel. D’un côté, la volonté politique locale de soutenir les agents et d’améliorer leurs conditions de travail ; de l’autre, un État qui impose une stricte égalité de traitement au détriment, parfois, de l’attractivité locale. Je pense que l’avenir passera par une plus grande flexibilité encadrée, permettant aux communes d’innover sans contrevenir aux grands principes d’égalité.

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9 septembre 2025 2 09 /09 /septembre /2025 17:12

 

 

 

 

L'arrêt n° 22NC01386 du 13 mai 2025 de la Cour administrative d’appel de Nancy a confirmé la décision du maire de Longwy prononçant une exclusion temporaire de deux ans à l’encontre d’un adjoint technique territorial



👉 Les griefs retenus :


-Présence sur son lieu de travail malgré une sanction d’exclusion en cours.


-Attitude menaçante et inappropriée envers sa supérieure hiérarchique.


-Refus de se conformer à un arrêté de suspension conservatoire.

 



⚖ La juridiction a estimé que ces faits constituaient des manquements graves aux obligations d’obéissance hiérarchique et d’exemplarité. La sanction n’a pas été jugée disproportionnée, d’autant que l’agent avait déjà été sanctionné auparavant pour cumul d’activités non autorisé.

 



💡 Enjeux RH et managériaux :


Cette décision rappelle que :


-La proportionnalité des sanctions disciplinaires est un principe central, mais -les manquements répétés et graves justifient des exclusions longues.


-La gestion des conflits hiérarchiques doit être documentée et suivie avec rigueur pour sécuriser les décisions.


-Les collectivités doivent être vigilantes à faire respecter les obligations statutaires, garantes du bon fonctionnement du service public.

 

 

CAA de NANCY, 5Ăšme chambre, 13/05/2025, 22NC01386

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6 septembre 2025 6 06 /09 /septembre /2025 15:13

 

 

 

 

Le Tribunal administratif de Nantes (25 juillet 2025) vient de rejeter les requêtes d’une agente du département de la Vendée qui contestait le refus réitéré de télétravail sur plusieurs années



👉 Points essentiels à retenir :
-Le télétravail dans la fonction publique n’est pas un droit automatique, mais reste soumis à l’intérêt du service.
-Le refus peut être motivé par des contraintes organisationnelles, notamment la nécessité d’assurer une présence suffisante des agents.
-Les accusations de discrimination liées au sexe ou à la situation familiale ont été écartées : la restriction appliquée aux agents à temps partiel a été jugée justifiée par l’intérêt du service.
-Les demandes indemnitaires liées aux frais de déplacement ont également été rejetées.



💡 En clair : même si le télétravail est reconnu par les textes, son octroi reste conditionné à une appréciation managériale et à l’équilibre entre besoins individuels et continuité du service public.



🔎 Ce jugement rappelle l’importance pour les collectivités territoriales et les managers publics de :
-Motiver clairement les refus de télétravail,
-Évaluer de manière transparente l’impact organisationnel,
-Communiquer en amont les critères appliqués,
-Prévenir toute suspicion de discrimination indirecte.



💬 Avis www.naudrh.com: ce jugement illustre bien la tension entre aspirations individuelles et contraintes collectives. Je pense qu’il met en lumière la nécessité de repenser les critères d’attribution du télétravail dans la fonction publique, afin de garantir à la fois transparence, équité et efficacité organisationnelle.

 

Tribunal Administratif de Nantes N° 2104130 du 25 juillet 2025

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1 septembre 2025 1 01 /09 /septembre /2025 19:02

 

 

 

 

La Cour administrative d’appel de Paris (30 avril 2025, n°24PA03848) vient de rendre une décision majeure en matière de radiation pour abandon de poste.



👉 Les faits : une adjointe administrative territoriale de la commune de Melun contestait sa radiation. Le tribunal administratif de Melun lui avait donné raison en 2024, mais la CAA annule ce jugement.

👉 L’apport essentiel de l’arrêt :
-La cour rappelle que la notification régulière d’une mise en demeure envoyée par recommandé est réputée accomplie si La Poste a bien présenté le pli, déposé un avis d’instance et conservé le courrier 15 jours.
-Le fait que l’agent n’ait pas réclamé le pli ("avisé et non réclamé") constitue une preuve suffisante de notification.
-En l’absence de justificatifs valables (congé maladie, ASA, vulnérabilité Covid), l’administration peut considérer que le lien avec le service est rompu et prononcer une radiation pour abandon de poste.*

👉 La décision : la CAA valide la radiation et condamne l’agent à verser 1 500 € à la commune au titre des frais de justice.



Pourquoi c’est important ?
Cet arrêt confirme que la charge de la preuve repose autant sur l’administration (notification régulière) que sur l’agent (justification de l’absence). Il renforce la sécurité juridique des employeurs publics face à des situations d’absence prolongée et injustifiée.



💬 Avis www.naudrh.com : cet arrêt apporte une clarification bienvenue. Il oblige les agents comme les employeurs à une vigilance accrue. C’est une jurisprudence qui consolide la légitimité de la procédure de radiation quand l’administration a respecté scrupuleusement les règles de notification.

 

CAA de PARIS, 5Ăšme chambre, 30/04/2025, 24PA03848

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27 août 2025 3 27 /08 /août /2025 15:00

 

 

COURS NAUDRH.COM SUR LE SFT - CLIQUEZ SUR L'IMAGE POUR LE TELECHARGER

 

 

La CAA de Nantes (arrêt du 1er avril 2025, n°24NT01248) vient de confirmer qu’un agent public divorcé, dont les enfants résident chez l’autre parent, ne peut prétendre au SFT dès lors qu’il n’assume pas la charge effective et permanente des enfants.



👉 Points clés de l’arrêt :
-Le titre exécutoire émis par la commune était suffisamment motivé, car accompagné d’un tableau de calcul.
-La charge effective et permanente s’entend de la direction matérielle et morale de l’enfant : un parent n’ayant pas la garde principale ne peut en bénéficier.
-Le remboursement d’un trop-perçu (plus de 8 300 €) a donc été jugé légitime.
-Le refus de remise gracieuse par le conseil municipal n’a pas été considéré comme entaché d’erreur de droit.



⚖ Conséquence pratique : les employeurs publics doivent être vigilants dans la gestion du SFT. Les agents, quant à eux, doivent déclarer toute évolution familiale (séparation, divorce, résidence des enfants), faute de quoi ils s’exposent à une récupération d’indus plusieurs années après.



💬 Avis www.naudrh.com : cet arrêt illustre parfaitement la rigueur du juge administratif sur le caractère déclaratif et contrôlable du SFT. Il rappelle aussi une difficulté récurrente en gestion RH : le suivi des situations familiales. C’est un sujet sensible car il touche au pouvoir d’achat des agents, mais l’administration ne peut que s’aligner strictement sur le droit. À mon sens, cela plaide pour une meilleure pédagogie auprès des agents et des procédures internes plus systématiques de vérification annuelle.



🚹 🚹 Pour allez plus loin sur la thématique SFT, Naudrh.com vous propose un cours complet conçu pour les agents de la fonction publique. Il vous permet de tout savoir sur le supplément familial de traitement (SFT). À travers des informations détaillées, les apprenants acquerront une compréhension complète des aspects juridiques et pratiques du SFT, ce qui les aidera à mieux gérer leurs droits et obligations en tant qu'agents publics. Le cours est accessible à partir du lien suivant https://payhip.com/b/76Tu9

 

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26 août 2025 2 26 /08 /août /2025 08:59

 

 

 

 

Peut-on quitter son poste de permanence « quelques minutes » ? Peut-on utiliser les moyens du service sans autorisation expresse ? Le tribunal administratif de Montpellier répond clairement : non.

Dans l'arrêt n° 2300560 du 27 août 2025 du  Tribunal Administratif de Montpellier, le juge administratif valide une exclusion temporaire de fonctions de 3 jours infligée à un agent territorial ayant quitté son poste de sécurité incendie et utilisé une borne de recharge réservée aux véhicules de service pour un usage personnel.

📌 Ce que cette décision rappelle aux employeurs publics :
-la présence effective sur le poste est une obligation essentielle, surtout en situation de permanence ;
-la bonne foi alléguée ne suffit pas à écarter le manquement ;
-l’usage personnel des moyens du service constitue un manquement à la probité ;
-une sanction du premier groupe peut être jugée parfaitement proportionnée si les faits sont établis et motivés.

🔎 Une décision précieuse pour sécuriser les procédures disciplinaires et rappeler le socle des obligations professionnelles des agents publics.

👉 À lire et à méditer pour tous les DRH et managers territoriaux confrontés à des situations similaires.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision est particulièrement équilibrée et pédagogique : elle protège l’autorité territoriale dès lors que la procédure est rigoureuse et rappelle utilement que, dans la fonction publique, la confiance accordée aux agents va de pair avec des obligations strictes, notamment lorsqu’il s’agit de sécurité et d’utilisation des moyens publics.

Tribunal Administratif de Montpellier n° 2300560 27 août 2025

 

 

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24 août 2025 7 24 /08 /août /2025 14:58

 

 

 

 

📌 Contexte :


Dans un arrêt du 11 juin 2025, la CAA de Marseille a confirmé la sanction d’avertissement infligée à une adjointe administrative de la commune du Lauzet-Ubaye. L’agent avait refusé de transmettre des demandes d’autorisation d’absence exigées par la maire, au motif qu’elle jugeait cette formalité inutile.



⚖ Décision de la Cour :


-Le refus d’exécuter un ordre hiérarchique constitue une faute disciplinaire, sauf si l’ordre est manifestement illégal et compromet un intérêt public.


-La sanction d’avertissement est jugée proportionnée : elle est la plus légère prévue par la loi.


-Le principe Non bis in idem (pas de double sanction pour les mêmes faits) ne s’applique pas ici, car le rappel à l’ordre préalable ne constitue pas une sanction disciplinaire.


-L’argument de détournement de pouvoir n’a pas été retenu.

 



👉 En résumé : la CAA confirme qu’un ordre hiérarchique doit être exécuté, même si l’agent estime la demande excessive ou inutile, dès lors que l’ordre n’est pas illégal.

 



💬 Avis www.naudrh.com: cet arrêt illustre bien la rigueur de l’obligation d’obéissance hiérarchique dans la fonction publique. Même une formalité perçue comme mineure (transmettre une demande d’absence pour un rendez-vous médical) peut entraîner une sanction si l’agent s’y oppose. On voit ici que la justice cherche avant tout à protéger la chaîne hiérarchique et la discipline de service, tout en rappelant que l’avertissement reste une sanction minimale.
 

 

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21 août 2025 4 21 /08 /août /2025 15:29

 

 

 

 

 

Les articles R. 1617-1 à R. 1617-18 du code général des collectivités territoriales (CGCT) fixent l'organisation et le contrôle des régies de recettes et d'avances, instituées selon les prescriptions du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique. Conformément à l'article R. 1617-3 du CGCT, le régisseur est nommé par décision de l'ordonnateur de la collectivité ou de l'établissement, sur avis du comptable public assignataire. Cette nomination relève d'une procédure formelle qui doit être notifiée à l'intéressé. La prise de fonctions du régisseur ne peut intervenir qu'après l'acceptation expresse de sa nomination par l'intéressé. L'instruction codificatrice n° 06-031-A-B-M du 21 avril 2006 prescrit que l'agent nommé doit signer l'acte de nomination en y apposant de sa main la mention manuscrite « Vu pour acceptation ».

 

Cette formule obligatoire manifeste expressément la volonté du régisseur d'accepter les responsabilités personnelles et pécuniaires inhérentes à la gestion de la régie. Le régisseur est notamment chargé de la garde des fonds publics ainsi que de l'exécution des opérations de trésorerie pour le compte du comptable public, conformément aux dispositions de l'article R. 1617-4 du code général des collectivités territoriales. En contrepartie des responsabilités qui lui incombent, le régisseur peut, sous réserve du respect de certaines conditions, prétendre au bénéfice d'une indemnité de maniement des fonds, conformément aux dispositions de l'article R. 1617-5-2 du code général des collectivités territoriales.

 

Les responsabilités de régisseur constituent une partie substantielle des missions confiées à l'agent territorial, et elles doivent figurer dans sa fiche de poste. Si la modification de celle-ci intervient alors que l'agent est déjà en poste, il a la possibilité de refuser cette responsabilité, auquel cas une mobilité professionnelle ou un aménagement différent des tâches entre agents doit être travaillé. Si la fiche de poste comprend déjà les missions de régisseur lorsque l'agent candidate sur le poste, il n'est pas fondé à refuser de prendre cette responsabilité si sa candidature est retenue. L'agent peut alors seulement refuser de donner suite à sa candidature, ou accepter de prendre le poste avec les missions de régisseur qu'il comporte.

 

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19 août 2025 2 19 /08 /août /2025 21:27

 

 

 

 

Le Tribunal administratif de Limoges a récemment rendu un jugement concernant la requête d'un adjoint technique au sein du département de la Haute-Vienne, visant à annuler la décision du président du conseil départemental de refuser l'attribution d'une place de stationnement. Cette décision a été prise malgré une préconisation du médecin du travail.

Les faits clés de l'affaire :

- Contexte : l'agent, exerçant des fonctions de vaguemestre, a demandé une place de stationnement au sein de l'hôtel du département, en raison de son état de santé, préconisé par le médecin du travail. Cette demande a été rejetée par l'administration, sur la base de critères de gestion des places de parking et de la réglementation en vigueur.

- Point de droit : le tribunal a examiné si la décision était illégale en raison de l'absence de consultation du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et du non-respect des préconisations médicales. Toutefois, il a jugé que ces manquements n'avaient pas influé sur la décision, rejetant ainsi la requête.

Le verdict :

Le tribunal a estimé que la décision du président du conseil départemental de la Haute-Vienne était conforme à la réglementation en vigueur et n’a pas entaché d’illégalité. Le refus d’attribution d’une place de stationnement a donc été maintenu.

 


💬 Avis www.naudrh.com : ce jugement met en lumière les défis liés à la conciliation entre les besoins spécifiques des agents publics et la gestion administrative des ressources disponibles. Bien que le droit à la protection de la santé des agents soit fondamental, la gestion des ressources doit également tenir compte des critères objectifs et des contraintes organisationnelles. Ce cas soulève des questions intéressantes sur les procédures de décision administrative dans la fonction publique territoriale.

 

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18 août 2025 1 18 /08 /août /2025 08:34

 

 

 

 

La CAA de Douai -  arrêt n° 24DA00616 du 2 juillet 2025 - vient de rappeler une règle importante :


👉 Le simple fait qu’un agent casse ses lunettes sur son lieu de travail ne suffit pas à engager la responsabilité de la collectivité.

Dans cette affaire, un adjoint d’animation avait vu ses lunettes se briser après qu’un ballon a roulé à ses pieds. En marchant dessus accidentellement, il les a endommagées.

âžĄïž Les juges ont estimé que ce dommage ne résultait ni d’une faute de l’administration, ni de conditions de travail exceptionnelles.

🔎 À retenir :
-L’administration n’est tenue d’indemniser que si l’accident est lié à des missions exceptionnelles ou inhabituelles, exposant l’agent à un risque particulier.
-En dehors de ce cadre, les dommages matériels (comme le bris de lunettes) restent à la charge de l’agent.
-La délibération de la collectivité prévoyant un remboursement forfaitaire n’était pas applicable ici.

📌 Une précision jurisprudentielle utile pour les employeurs publics comme pour les agents : tous les incidents sur le lieu de travail ne relèvent pas automatiquement de la responsabilité de l’administration.

💬 Avis
www.naudrh.com : cette décision est équilibrée. Elle protège la collectivité d’une responsabilité excessive, tout en rappelant que le droit à indemnisation existe bien lorsqu’un agent exerce dans des conditions de travail sortant de l’ordinaire. Cela met en lumière un point sensible : la frontière entre l’aléa du quotidien et la véritable exposition à un risque professionnel.

 

CAA de DOUAI, 3Úme chambre, 02/07/2025, 24DA00616, Inédit au recueil Lebon

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17 août 2025 7 17 /08 /août /2025 16:57

 

 

 

 

Le Conseil d’État dans sa décision n° 494081 du 27 juin 2025 vient de clarifier cette question cruciale pour la fonction publique.

👉 Lorsqu’un agent réside dans un immeuble collectif, le trajet domicile-travail commence dès la sortie de son logement, y compris dans les parties communes (escaliers, couloirs, parkings).



🔎 Pourquoi c’est important ?


Jusqu’ici, les juridictions administratives divergeaient : certains considéraient qu’un accident dans les espaces communs n’était pas un accident de trajet, faute d’être encore sur la voie publique. Cette incertitude créait un risque juridique pour les employeurs publics et une inégalité de traitement entre agents.



⚖ Le Conseil d’État aligne désormais sa jurisprudence sur celle du juge judiciaire :


En habitat individuel, le trajet débute après avoir quitté sa propriété.
En habitat collectif, il débute dès la sortie de l’appartement.

👉 Conséquence pratique : un agent victime d’un accident dans le garage collectif ou les escaliers de son immeuble est désormais reconnu en accident de trajet et bénéficie de la protection prévue (prise en charge des soins, maintien de rémunération, allocation temporaire d’invalidité, etc.).



✅ Une avancée majeure pour la sécurité juridique et la protection sociale des agents publics.



đŸ”č Avis www.naudrh.com : cette décision me paraît à la fois pragmatique et protectrice. Elle évite une lecture trop restrictive du “chez soi” et met fin à des divergences sources d’inégalités. Pour les DRH publics, elle clarifie enfin une zone grise et simplifie la gestion des dossiers.

 

CE n° 494081 du 27 juin 2025

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15 août 2025 5 15 /08 /août /2025 09:08

 

 

 

 

La Cour administrative d’appel de Douai - arrêt n° 24DA00616 du 2 juillet 2025 -  a confirmé le caractère abusif du recours répété à des CDD par la commune du Havre pour un agent non titulaire.

👉 Entre 2014 et 2021, l’agent avait signé 12 contrats successifs comme adjoint d’animation.

👉 Les juges ont estimé que ces contrats ne correspondaient pas à de simples besoins temporaires, mais à des besoins permanents.

👉 La commune est donc condamnée à indemniser l’agent à hauteur de 3 900 € (au lieu de 1 500 € initialement).



🔎 Points clés de l’arrêt :


-Le bris de lunettes de l’agent en service ne constitue pas une faute de l’administration (absence de lien avec des conditions exceptionnelles de travail).

-Le recours abusif aux CDD ouvre droit à indemnisation, calculée en fonction des avantages financiers qu’aurait générés un CDI (indemnité de licenciement).

-Le refus de l’agent de signer un nouveau CDD ne réduit pas son droit à réparation.

📌 Cet arrêt rappelle aux collectivités territoriales l’importance de sécuriser leurs pratiques contractuelles et de distinguer besoin temporaire et besoin structurel.


💬 Avis
www.naudrh.com / cette décision est très intéressante car elle illustre une tendance de plus en plus affirmée des juges administratifs : lutter contre la précarité structurelle créée par les CDD en série. Cela renforce la sécurité juridique des agents, mais oblige les employeurs publics à repenser leur gestion des effectifs. Une décision qui pourrait avoir un impact fort sur de nombreuses collectivités.

 

Cour administrative d’appel de Douai - arrĂȘt n° 24DA00616 du 2 juillet 2025 - 

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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 06:18

 

 

 

 

Un outil de gestion des ressources humaines encadré

Depuis l’entrée en vigueur de la loi n°2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique, la rupture conventionnelle est ouverte, à titre expérimental jusqu'au 31 décembre 2025, aux agents titulaires et aux contractuels en CDI de la fonction publique territoriale (FPT), sous certaines conditions. Toutefois, certaines situations particulières, notamment l’existence d'un contentieux entre un agent et sa collectivité, suscitent des interrogations quant à la faisabilité de cette procédure.

 

1. Cadre juridique et principes fondamentaux

La rupture conventionnelle permet à un employeur public et à un agent de convenir d’un commun accord de la fin de leur relation statutaire ou contractuelle. Elle se distingue de la démission, de la radiation d’office ou du licenciement. Cette procédure donne droit au versement d'une indemnité spécifique de rupture conventionnelle (ISRC) et, sauf exception, à l’allocation de retour à l'emploi.

 

Le dispositif est encadré par le décret n°2019-1593du 31 décembre 2019. Il impose notamment un entretien préalable, la signature d'un accord formalisé par écrit, ainsi qu'un délai de rétractation de 15 jours calendaires. Il s'agit d'une procédure purement volontaire : aucune des deux parties ne peut l'imposer à l'autre.

 

2. L’existence d’un contentieux : une entrave juridique ?

Ni la loi ni son décret d’application n'interdisent formellement la conclusion d'une rupture conventionnelle lorsqu'un contentieux (gracieux ou juridictionnel) est en cours entre un agent public et son employeur. Il est donc possible, d’un point de vue juridique, d’engager une telle procédure dans un contexte conflictuel.

Cela dit, cette possibilité doit être appréhendée avec prudence, tant les enjeux juridiques, déontologiques et financiers peuvent être sensibles.

 

3. Risques juridiques et dérives à éviter

 

Dans un contexte de litige, plusieurs risques doivent être identifiés et prévenus :

 

-Liberté du consentement : la rupture doit être le fruit d'une volonté libre et non viciée. En cas de conflit, l'agent pourrait invoquer des pressions, un dol ou une erreur, ce qui remettrait en cause la validité de l'accord.

 

-Détournement de procédure : la rupture conventionnelle ne doit pas servir à échapper aux règles protectrices encadrant les procédures disciplinaires ou à obtenir le retrait d'une instance en cours. Par exemple, une collectivité qui proposerait une rupture à un agent alors qu'une procédure disciplinaire est imminente pourrait voir cette démarche requalifiée en manœuvre frauduleuse par un juge administratif.

 

-Risque financier : si l'indemnité accordée apparaît excessive ou injustifiée, la chambre régionale des comptes pourrait émettre une observation ou engager la responsabilité du signataire.

 

4. Bonnes pratiques pour une procédure sécurisée

Afin de limiter les risques juridiques et garantir la légitimité de la procédure, plusieurs recommandations peuvent être formulées :

 

-Tracer l’origine de la démarche : conservez la preuve de l’initiative de l’agent ou de l’employeur, ainsi que de l’acceptation libre de l’autre partie.

 

-Renforcer la transparence : rédiger un compte rendu détaillé de l'entretien préalable et proposer, le cas échéant, un accompagnement juridique à l’agent.

 

-Informer les juridictions : si une procédure contentieuse est engagée, il est prudent d’en informer le tribunal administratif et de suspendre temporairement l’instruction, si cela est envisageable. Cette transparence permet d’éviter toute interprétation malveillante de la démarche.

 

-Respecter une stricte équité : l’indemnité versée doit être proportionnée à la durée de service et aux conditions de départ, sans surévaluation.

 

Conclusion : un outil utile mais exigeant

Il est juridiquement possible pour un employeur public local de proposer une rupture conventionnelle à un agent avec lequel un contentieux est engagé, qu’il soit gracieux ou juridictionnel. Toutefois, cette procédure, dans un tel contexte, requiert une rigueur juridique accrue, une grande prudence dans la négociation et une parfaite transparence dans les intentions. Lorsqu'elle est conduite dans ces conditions, elle peut constituer une issue constructive et apaisée à un conflit. Elle doit néanmoins rester une solution exceptionnelle, adaptée à des situations bien identifiées.

 

 

Avis www.naudrh.com : lorsqu'elle est maniée avec discernement, loyauté et sens du dialogue, la rupture conventionnelle peut offrir une porte de sortie digne à une relation de travail dégradée. Mais elle ne doit jamais être utilisée pour contourner les obligations disciplinaires ou faire pression sur un agent en litige : ce serait non seulement juridiquement risqué, mais éthiquement condamnable.

 

 

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

Contact naudrhexpertise@gmail.com

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8 août 2025 5 08 /08 /août /2025 02:11

 

 

 

 

Le droit de se taire, l'un des piliers des droits de la défense, trouve ses racines dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Ce principe fondamental a récemment été étendu à la procédure disciplinaire dans la fonction publique territoriale, suite à une décision du Conseil d’État du 19 décembre 2024. Cet arrêt majeur, n°490157, a apporté un éclairage précieux sur l’application de ce droit dans le cadre des enquêtes administratives et des procédures disciplinaires. Si ce droit est désormais reconnu pour tous les agents publics, la question se pose de savoir si l’oubli de notifier ce droit par l'employeur peut entraîner l'annulation de la procédure. Cet article propose de décortiquer cette décision et ses implications pour les employeurs publics.

Le droit de se taire : un droit fondamental des droits de la défense

Le droit de se taire est intimement lié à la présomption d'innocence, qui dispose que "tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable". Ce principe, inscrit dans l’article 9 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, garantit à toute personne, y compris un agent public, la possibilité de refuser de répondre à des questions ou de fournir des éléments susceptibles de l'incriminer. Traditionnellement, ce droit était surtout limité aux procédures pénales, mais sa portée a été étendue, à la faveur de récentes évolutions jurisprudentielles, aux procédures disciplinaires administratives.

Les décisions récentes du Conseil constitutionnel, notamment les décisions n°2023-1074 QPC du 8 décembre 2023 et n°2024-1105 QPC du 4 octobre 2024, ont permis d'affirmer que le droit de ne pas s'incriminer ou de s’accuser s'étend au domaine administratif, et en particulier au domaine disciplinaire.

L'arrêt du conseil d'état du 19 Décembre 2024 : une précision cruciale

Dans son arrêt du 19 décembre 2024 (n°490157), le Conseil d’État a formellement reconnu que le droit de se taire s'applique pleinement aux procédures disciplinaires et aux enquêtes administratives menées à l’encontre des agents publics. Cette décision s'inscrit dans la lignée du respect des principes fondamentaux de la présomption d'innocence et des droits de la défense. Ainsi, même dans le cadre d'une enquête administrative ou disciplinaire, un agent public a le droit de garder le silence, sans craindre que son silence ne soit interprété comme une preuve de culpabilité.

Cependant, le Conseil d’État a également précisé que ce droit de se taire ne nécessite pas que l’agent soit informé spécifiquement de cette possibilité avant ou au début de la procédure. Cette absence de notification n'entraîne donc pas la nullité de la procédure disciplinaire. Cette clarification représente une avancée importante, mais aussi un défi pour les employeurs publics, qui doivent s’assurer que le droit de se taire puisse être exercé de manière effective tout au long du processus disciplinaire.

L'oubli de la notification du droit de se taire : une question de validité de la procédure ?

L’oubli de notifier à l'agent son droit de se taire dans le cadre d’une procédure disciplinaire soulève une question cruciale : cela suffit-il à entraîner l’annulation de la procédure disciplinaire ? La réponse apportée par le Conseil d’État est catégorique : non. L’oubli de la notification du droit de se taire n’entraîne pas, en soi, l’annulation de la procédure disciplinaire.

Ce raisonnement repose sur une distinction importante. Si la violation des droits de la défense peut entraîner l’annulation de la procédure, le droit de se taire, bien qu’il fasse partie des droits de la défense, n’impose pas une notification systématique préalable pour être valablement exercé. Le Conseil d’État considère qu'un agent peut décider de se taire à tout moment de la procédure sans que cela ne vicié la procédure elle-même. L’absence de notification de ce droit ne constitue pas une irrégularité suffisamment grave pour affecter la régularité de la procédure disciplinaire.

Cette approche permet d'éviter une rigidité excessive dans la procédure, tout en garantissant que le droit de se taire reste accessible à l’agent tout au long de l’enquête ou de la procédure disciplinaire.

Implications Pratiques pour les Employeurs Publics

Pour les employeurs publics, cette décision a plusieurs conséquences pratiques. Tout d’abord, bien qu’il ne soit pas nécessaire d’informer explicitement l’agent de son droit de se taire, les responsables RH doivent s’assurer que ce droit puisse être exercé à tout moment de la procédure. Le fait qu’une notification préalable ne soit pas requise ne doit pas conduire à une négligence de la part des employeurs quant à l’exercice de ce droit par l’agent.

Il est donc essentiel, pour garantir la transparence et l'équité des procédures, que les employeurs publics mettent en place des pratiques qui respectent l'intégralité des droits de la défense. Ce droit de se taire doit être non seulement théorique mais également effectif et accessible tout au long du processus disciplinaire.

Conclusion

L'arrêt du Conseil d’État du 19 décembre 2024, en reconnaissant explicitement le droit de se taire dans le cadre des procédures disciplinaires et administratives, marque une avancée décisive pour les droits des agents publics. Cette décision clarifie la portée de ce droit et précise que son absence de notification préalable ne suffit pas à entraîner l'annulation de la procédure disciplinaire. Toutefois, il incombe aux employeurs publics de garantir que le droit de se taire soit bien respecté tout au long de la procédure, en assurant une pratique rigoureuse et équitable des droits de la défense.

Avis www.naudrh.com

Cette décision du Conseil d’État constitue une avancée substantielle dans la reconnaissance des droits des agents publics, mais elle pose également de nouveaux défis pour les employeurs. L'absence de notification préalable du droit de se taire, tout en étant juridiquement non problématique, pourrait engendrer des ambiguïtés ou des risques de méconnaissance de ce droit par les agents. Les employeurs publics doivent donc être particulièrement vigilants à la gestion de ce droit et veiller à ce que toutes les garanties procédurales soient respectées pour assurer la transparence et la justice des procédures disciplinaires.

Par Pascal NAUD

Président www.naudrh.com

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7 août 2025 4 07 /08 /août /2025 09:22

 

 

 

 

Le 8 juillet 2025, la Cour Administrative d'Appel de Nantes a confirmé la révocation d'un fonctionnaire de la ville d'Angers, après avoir démontré un management abusif et du harcèlement moral envers ses subordonnés. Cette décision rappelle l'importance de la gestion des ressources humaines dans les collectivités publiques et la nécessité de préserver la santé mentale des agents.

🔍 Les faits clés :
-Une enquête administrative a recueilli des témoignages de souffrance psychologique parmi les subordonnés de Mme C..., dénonçant des pratiques managériales autoritaires et maltraitantes.
-Le jugement a été rendu en dépit des arguments de la requérante concernant le non-respect de son droit de se taire.
-La Cour a jugé que la révocation était une sanction proportionnée, eu égard à la gravité des faits.

📌 Ce cas souligne plusieurs enjeux cruciaux :
-Le respect des droits des fonctionnaires : notamment le droit de se taire pendant une procédure disciplinaire.
-Le rôle de l'enquête administrative : essentielle pour établir la matérialité des faits et leur qualification.
-L'impact d'un management défaillant : sur la santé des agents et le bon fonctionnement des services publics.

🔑 Leçon à tirer :
Les collectivités doivent veiller à une gestion humaine et éthique de leurs équipes, pour prévenir le harcèlement moral et garantir des conditions de travail saines. Cette décision est un avertissement pour toutes les structures publiques, soulignant l'importance d'un encadrement respectueux et bienveillant.

 

CAA de NANTES, 6Úme chambre, 08/07/2025, 24NT03310, Inédit au recueil Lebon

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3 août 2025 7 03 /08 /août /2025 21:24

 

 

 

 

 

Le 17 juillet 2025, la Cour administrative d'appel de Versailles a rendu une décision importante concernant les droits des fonctionnaires dans le cadre de leur affectation professionnelle. Dans l'affaire de M. B., agent de maîtrise principal de la commune de Bagneux, l'affectation à un poste de chauffeur-livreur, suite à une suspension pour harcèlement moral, a été jugée illégale.

👉 La Cour a estimé que cette affectation, non conforme au grade de M. B. et incompatible avec ses missions, constituait une sanction déguisée. En annulant l'arrêté du maire de Bagneux, la Cour a rappelé l'importance de respecter les principes de régularité dans les décisions administratives concernant les fonctionnaires, notamment en termes de consultation de dossier et de justification de l'intérêt du service.

🔔 Cette décision souligne l'importance de garantir un environnement de travail respectueux des droits et des grades des agents publics et de veiller à la régularité des procédures disciplinaires. La commune de Bagneux devra indemniser M. B. à hauteur de 2 000 euros, conformément à l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

💬 Avis
www.naudrh.com: ce jugement est crucial car il rappelle aux administrations publiques que la gestion des carrières des fonctionnaires doit être transparente et respecter les procédures légales. C’est aussi un avertissement concernant les affectations qui peuvent être perçues comme des sanctions injustifiées.

 

CAA de VERSAILLES, 5Úme chambre, 17/07/2025, 23VE01238, Inédit au recueil Lebon

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