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  • En responsabilité dans le domaine des Ressources Humaines (spécificité Public) depuis maintenant pratiquement 26 ans
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23 janvier 2026 5 23 /01 /janvier /2026 21:57

 

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Une ordonnance de référé du tribunal administratif de Nice (22 janvier 2026) vient rappeler avec force une règle essentielle de la gestion RH et financière des collectivités territoriales : la création d’emplois permanents ne peut jamais être dissociée d’un cadre budgétaire clair, précis et juridiquement sécurisé.

👉 Les faits
Le conseil municipal de Menton avait adopté une délibération créant 151 emplois permanents, en indiquant que les crédits nécessaires seraient inscrits aux budgets 2026 et suivants. Le préfet des Alpes-Maritimes a saisi le juge des référés pour en demander la suspension.

👉 La décision
Le juge suspend la délibération, estimant qu’il existe un doute sérieux sur sa légalité, notamment au regard:
-du principe d’annualité budgétaire,
-de l’absence de lien clair avec un acte budgétaire (budget primitif ou décision modificative),
-du non-respect des règles encadrant le débat d’orientation budgétaire (DOB), pourtant une formalité substantielle,
-et d’un manque de justification sur la régularisation massive d’agents non titulaires sur emplois permanents (près de 16 % des effectifs).

👉 Le message clé pour les DRH et DGS
Créer ou régulariser des emplois permanents n’est jamais un acte neutre. Cela suppose :
-une anticipation budgétaire rigoureuse,
-une articulation claire entre délibération RH et documents financiers,
-et une traçabilité parfaite des choix opérés, notamment lorsque la masse salariale est impactée.

📌 Cette ordonnance illustre une nouvelle fois que la sécurité juridique des décisions RH passe par une parfaite cohérence entre gestion des effectifs et gouvernance budgétaire.

🔎 Décision à lire attentivement pour tous les responsables RH territoriaux confrontés à des créations d’emplois, des régularisations ou des restructurations d’effectifs.

💬 Avis www.naudrh.com
C’est un jugement qui rappelle utilement que la RH territoriale ne peut pas être pilotée “hors sol” budgétaire. À vouloir régulariser vite, sans cadre financier bétonné, on fragilise toute la chaîne décisionnelle… et on s’expose à un arrêt brutal du juge.

 

Ordonnance du 22 janvier 2026 TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE NICE n° 2507683

 

 

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19 janvier 2026 1 19 /01 /janvier /2026 00:58
 Contentieux RH - janvier à juillet 2025

Analyse doctrinale et jurisprudentielle pour les décideurs RH de la Fonction Publique Territoriale

Axe I : Recrutement et Garanties Individuelles
Le droit à la communication des documents administratifs s'applique aux processus de recrutement. Si le secret des délibérations du jury demeure opposable pour les débats internes et les comparaisons entre candidats, les notes chiffrées ainsi que les appréciations littérales portant exclusivement sur la prestation du requérant lui sont communicables de plein droit une fois la décision de nomination signée. Le Conseil d'État a rappelé par le passé que l'absence de communication peut constituer un vice de procédure si elle fait grief.
Base légale : Art. L311-1 du CRPA ; Jurisprudence CE du 17 février 2023.
La protection fonctionnelle est due à l'agent public dès lors qu'il fait l'objet de poursuites pénales ou est entendu en qualité de témoin assisté ou en audition libre pour des faits n'ayant pas le caractère d'une faute personnelle détachable du service. La jurisprudence administrative récente confirme que la prise en charge des frais d'avocat s'impose dès cette phase d'enquête préliminaire pour garantir les droits de la défense de l'agent mis en cause professionnellement.
Base légale : Art. L134-1 du CGFP ; Jurisprudence CAA de Douai, 4 juillet 2024.
L'acte autorisant le télétravail est une décision créatrice de droits mais précaire. Toutefois, l'autorité territoriale ne peut y mettre fin brutalement sans une motivation solide reposant sur les "nécessités de service". Le juge administratif vérifie en 2025 que la collectivité a respecté le principe de confiance légitime et un délai de prévenance suffisant (généralement 1 mois), sous peine d'annulation pour erreur manifeste d'appréciation.
Base légale : Décret n° 2016-151 ; Jurisprudence TA de Paris, 12 mars 2024.
Lorsqu'une sanction disciplinaire fait l'objet d'un effacement automatique (après 3 ans pour le 1er groupe), toute trace de celle-ci doit disparaître du dossier individuel. L'expertise NAUDRH souligne que le maintien d'un rapport ou d'un avis évoquant les faits sanctionnés dans le compte-rendu d'évaluation (CREP) rend ce dernier illégal. Le juge administratif est strict : l'oubli doit être matériel et intellectuel.
Base légale : Art. L533-6 du CGFP.
Une promesse d'embauche formulée par un courriel précis (indiquant le grade, la rémunération et la date de prise de fonction) lie l'administration. Si la collectivité renonce sans motif légitime, elle commet une faute de nature à engager sa responsabilité indemnitaire. Le requérant peut alors solliciter la réparation du préjudice lié à sa perte de chance et aux frais engagés (déménagement, démission).
Axe II : Discipline et Déontologie
Une mesure d'ordre intérieur peut être requalifiée en sanction déguisée si elle remplit deux critères : une intention de réprimer un comportement et une dégradation de la situation de l'agent (perte de responsabilités, baisse de primes, mutation géographique contraignante). Le juge administratif, dans ses analyses de 2024 et 2025, censure systématiquement les mutations imposées "dans l'intérêt du service" qui ne reposent sur aucune réorganisation réelle.
Base légale : Art. L532-1 du CGFP ; Jurisprudence CE, 15 mars 2024.
Le devoir de réserve impose aux agents de faire preuve de modération dans l'expression de leurs opinions, particulièrement à l'égard de leur hiérarchie. En 2025, le juge administratif valide des sanctions pour des critiques acerbes sur Facebook ou LinkedIn, dès lors qu'elles sont publiques et portent atteinte au crédit de l'institution. La sévérité est proportionnelle au niveau de responsabilité de l'agent.
Jurisprudence : CE, 27 septembre 2023 ; CAA de Nantes, 14 juin 2024.
L'agent suspendu à titre conservatoire doit conserver l'intégralité de son traitement indiciaire brut, l'indemnité de résidence et le supplément familial de traitement. Le retrait de l'IFSE est en revanche possible si la délibération de la collectivité le prévoit. Toute retenue sur le traitement de base avant une sanction définitive est considérée comme une voie de fait.
Base légale : Art. L531-1 du CGFP.
Le délai de prescription de 3 ans commence à courir le jour où l'autorité investie du pouvoir de nomination a eu une connaissance "suffisamment précise" des faits. Si l'administration a diligenté une enquête tardivement alors qu'elle disposait déjà de rapports circonstanciés, le délai n'est pas interrompu.
Le licenciement pour insuffisance professionnelle ne doit pas être confondu avec la discipline. Pour être légal, l'employeur doit démontrer qu'il a mis en œuvre des moyens (formation, tutorat, entretiens de recadrage) pour remédier aux carences de l'agent. Le juge administratif vérifie la matérialité de cet accompagnement avant de valider la rupture.
Jurisprudence : CE, 28 juin 2024, n° 465893.
Axe III : Santé et Inaptitude Professionnelle
L'obligation de reclassement d'un agent déclaré inapte est une obligation de moyens renforcée. L'autorité territoriale doit proposer tous les postes vacants compatibles avec les restrictions médicales, y compris par voie de détachement ou dans un grade inférieur (avec accord). Le juge censure en 2025 les collectivités qui ne produisent pas de registre des recherches internes ou qui se contentent d'une réponse de principe négative.
Base légale : Art. L826-1 du CGFP.
La pathologie psychique peut être reconnue comme maladie professionnelle si elle est la conséquence directe d'un stress professionnel majeur ou d'un harcèlement. L'agent doit démontrer un lien de causalité prépondérant. Le Conseil Médical s'appuie en 2025 sur des rapports d'expertise psychiatrique croisés avec les comptes-rendus d'évaluation.
Base légale : Art. L822-20 du CGFP.
Le gestionnaire RH n'est destinataire que des conclusions administratives (aptitude, inaptitude, restrictions). Le diagnostic médical relève du secret absolu. Toute communication de données médicales par le médecin agréé à la DRH constitue une faute grave engageant la responsabilité de l'administration et du médecin.
L'octroi du temps partiel thérapeutique est désormais de droit après avis du médecin traitant, sauf si l'intérêt du service s'y oppose de manière impérieuse (nécessité de présence continue sur un poste de sécurité par exemple). Le refus doit être motivé et faire l'objet d'un examen par le Conseil Médical en cas de litige.
Base légale : Art. L823-1 du CGFP.
L'obligation de reclassement s'applique également aux agents contractuels en CDD ou CDI. Le licenciement pour inaptitude physique ne peut intervenir qu'après avoir épuisé les possibilités de reclassement interne. En cas de CDD, l'indemnité de licenciement est due si l'inaptitude résulte d'un accident de service.
Base légale : Décret n° 88-145 ; Jurisprudence CE, 30 décembre 2021.
Axe IV : Rémunération et RIFSEEP
L'IFSE peut être modulée selon l'expérience professionnelle et les fonctions. Cependant, une baisse d'IFSE non justifiée par un changement de poste ou une évaluation insuffisante est illégale. En 2025, le juge administratif annule les réductions de primes basées sur le seul critère de l'absence pour maladie (principe de non-discrimination lié à l'état de santé).
Source : Circulaire du 5 décembre 2014 ; relative à la mise en œuvre du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel.
Le Complément Indemnitaire Annuel est par nature facultatif. Néanmoins, si la délibération prévoit son versement annuel, l'absence totale de versement doit être motivée par des éléments factuels figurant dans l'évaluation. Une attribution à "0 euro" sans reproche professionnel constitue un détournement de pouvoir.
Jurisprudence : CAA de Lyon, 20 juin 2024.
Contrairement aux années précédentes, la Garantie Individuelle du Pouvoir d'Achat (GIPA) n'a pas été reconduite pour l'année 2025. En l'absence de décret publié au Journal Officiel fixant la période de référence et le taux d'inflation, les collectivités ne disposent d'aucune base légale pour procéder à sa liquidation. Le dispositif est juridiquement éteint, sauf décision gouvernementale rétroactive.
Note d'expertise : Dispositif lié au Décret n° 2008-539.
Le passage au RIFSEEP ne permet pas de maintenir indéfiniment des primes obsolètes contraires au principe de parité. Cependant, la collectivité peut instaurer une indemnité compensatrice dégressive ou un dispositif de maintien si la délibération est sécurisée juridiquement. L'analyse de 2025 montre que les recours se multiplient sur l'absence de critères objectifs dans ces transitions.
Jurisprudence : CE, 12 décembre 2022, n° 449625.
Les frais de déplacement ne sont remboursés que si l'agent quitte sa résidence administrative ou familiale pour une mission ponctuelle. En 2025, le contentieux porte sur les agents multi-sites. Le juge considère que le lieu d'affectation principal mentionné sur l'arrêté fait foi, sauf si la réalité du service impose des déplacements structurels.
Base légale : Décret n° 2006-781.
Axe V : Contractuels, Ruptures et Fin de Carrière
La rupture conventionnelle nécessite un accord mutuel "libre et éclairé". Le juge administratif de 2024 et 2025 annule les conventions signées sous la pression d'une menace de révocation disciplinaire ou d'un harcèlement moral avéré. L'annulation entraîne la réintégration rétroactive de l'agent et le remboursement par ce dernier des indemnités de rupture perçues.
Base légale : Décret n° 2019-1593 ; Jurisprudence CE, 3 mai 2023.
L'indemnité de précarité (10%) n'est pas due si le contrat est rompu par l'agent ou s'il refuse un CDI sur le même emploi avec une rémunération équivalente. Le juge précise en 2025 que la proposition de CDI doit être faite par écrit avant le terme du contrat initial pour être opposable.
Base légale : Art. L554-3 du CGFP.
La suppression de poste doit être votée par l'organe délibérant après avis du CST. Le licenciement de l'agent contractuel qui l'occupait doit être précédé d'un entretien préalable et d'une recherche de reclassement infructueuse sur des emplois similaires. Le non-respect de l'ordre de priorité dans le licenciement est une cause d'annulation fréquente.
Base légale : Art. 39-3 du Décret 88-145.
L'agent contractuel n'a aucun droit au renouvellement de son contrat. Toutefois, le refus de renouvellement doit reposer sur un motif d'intérêt général (besoin du service, insuffisance professionnelle). Une absence de réponse de l'administration dans le délai de préavis n'équivaut pas à un renouvellement tacite.
Jurisprudence : CE, 25 mars 2024, n° 470123.
La transformation du CDD en CDI est automatique après 6 ans de services effectifs auprès de la même collectivité sur des fonctions de même catégorie hiérarchique. Les interruptions de plus de 4 mois brisent la continuité du délai, sauf si elles sont justifiées par des congés légaux.
Base légale : Art. L332-8 du CGFP.
La radiation pour abandon de poste suppose une mise en demeure préalable notifiée par lettre recommandée avec AR, enjoignant l'agent de reprendre son service sous un délai fixé. Le juge de 2025 annule la radiation si la mise en demeure n'informe pas explicitement l'agent du risque de rupture du lien avec le service sans procédure disciplinaire.
Jurisprudence : CE, 15 mai 2024.
L'administration dispose d'un mois pour répondre à une demande de démission. Elle peut refuser le départ si l'intérêt du service l'exige. En cas de départ sans accord, l'agent commet une faute pouvant donner lieu à une sanction disciplinaire ou une radiation pour abandon de poste.
Base légale : Statut Général de la FPT.
La collectivité en auto-assurance doit verser les ARE sauf en cas de démission (rupture volontaire). Le contentieux porte souvent en 2025 sur la requalification de démissions en licenciements dès lors que l'agent invoque un manquement grave de l'employeur (prise d'acte).
Jurisprudence : CE, 13 février 2024.
Le contrat du collaborateur de cabinet prend fin au plus tard avec le mandat de l'élu. En 2025, le juge confirme que la perte de confiance est un motif suffisant de licenciement sans que l'administration n'ait à prouver de faute, sous réserve du respect de la procédure contradictoire.
Base légale : Art. L333-1 du CGFP.
La mise à la retraite d'office pour inaptitude définitive suppose l'avis conforme du Conseil Médical et de la CNRACL. Le juge vérifie en 2025 que l'agent a bien épuisé ses droits à congés maladie avant la bascule en retraite pour invalidité.
Règlementation : Statut CNRACL.
Axe VI : Dialogue Social et Instances
Le Comité Social Territorial doit être saisi de toute question relative à l'organisation collective des services (temps de travail, suppressions de postes, critères du RIFSEEP). En 2025, l'absence de saisine préalable ou un dossier incomplet transmis aux syndicats entache la délibération finale d'un vice de procédure substantiel entraînant son annulation.
Base légale : Art. L251-1 du CGFP.
Dans la FPT, la retenue sur rémunération doit être strictement proportionnelle à la durée d'absence. Contrairement à la Fonction Publique d'État, la règle du "trentième indivisible" est interdite dans le secteur territorial. Toute retenue forfaitaire est annulée par le juge administratif.
Jurisprudence : CE, 27 juillet 2023 ; Jurisprudence constante.
L'administration dispose d'un droit de regard sur le décompte global des heures, mais ne peut exiger de planning détaillé ou de justificatifs sur la nature des échanges syndicaux. Le contrôle excessif est qualifié de discrimination syndicale.
Base légale : Art. L214-1 du CGFP.
La collectivité doit mettre un local à disposition des organisations syndicales représentatives. Si l'effectif dépasse 50 agents, ce local doit être permanent et doté de moyens de communication basiques. Le refus injustifié est une entrave au droit syndical.
Base légale : Décret n° 85-397.
En cas de risque grave ou de projet modifiant l'organisation du travail, le CST peut solliciter une expertise agréée. Les frais sont à la charge exclusive de l'employeur. En 2025, le juge permet toutefois à la collectivité de contester le devis s'il est manifestement hors marché.
Base légale : Art. L252-1 du CGFP.

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13 janvier 2026 2 13 /01 /janvier /2026 14:17

 

 

Cour administrative d'appel de NANCY, 5ème chambre, 12 novembre 2025, 23NC01228

 

 

 

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9 janvier 2026 5 09 /01 /janvier /2026 22:35

 

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Une décision récente du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 8 janvier 2026 (n°2216941) apporte un éclairage particulièrement utile pour les DRH territoriaux sur la notion d’imputabilité au service en cas d’agression
 


Les faits

Un agent territorial d’animation est victime d’une violente agression sur son lieu et pendant son temps de travail. Les auteurs ? Le mari et le frère d’une collègue avec laquelle il entretenait un conflit. L’agent demande la reconnaissance de l’imputabilité au service de cet accident. Après un long contentieux, la commune refuse à nouveau cette reconnaissance par arrêté du 15 novembre 2023.


Le cadre juridique rappelé par le tribunal

Le tribunal se fonde sur l’article L. 822-18 du code général de la fonction publique :
Un accident survenu dans le temps et le lieu du service est présumé imputable au service… sauf s’il existe une faute personnelle ou une circonstance particulière détachant l’événement du service. En matière d’agression, le juge précise que le lien avec le service doit être direct et certain.



La position du juge
Dans cette affaire, l’agression a bien eu lieu sur le lieu de travail et pendant les heures de service.
Mais le tribunal relève que :
-le conflit trouvait son origine dans une animosité personnelle,
-des propos injurieux avaient été tenus sur un réseau social,
-une altercation avait eu lieu dans un café, en dehors du service.

Conclusion : l’agression, aussi grave et injustifiable soit-elle, était liée à un différend d’ordre privé.
👉 Elle ne peut donc pas être regardée comme se rattachant aux conditions d’exécution du service.

La commune n’a pas commis d’erreur d’appréciation en refusant l’imputabilité.



Ce qu’il faut retenir pour les employeurs territoriaux
Cette décision rappelle une réalité essentielle en gestion RH territoriale :
✔️ Le lieu et le temps du service ne suffisent pas à eux seuls.
✔️ Le juge analyse concrètement l’origine du conflit.
✔️ La frontière entre conflit professionnel et différend personnel est déterminante.

Pour les DRH et DGS, cela signifie que chaque dossier d’accident doit faire l’objet d’une analyse fine des circonstances, notamment en cas d’agression entre agents ou impliquant des tiers liés à un conflit privé. En matière d’accident de service, la sécurisation juridique repose moins sur l’émotion des faits que sur la qualification du lien avec le service.

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise Lecture du jeudi 8 janvier 2026 N° 2216941

 

 

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9 janvier 2026 5 09 /01 /janvier /2026 10:46

 

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C’est une décision importante rendue par la Cour administrative d’appel de Paris (8 janvier 2026) qui vient rappeler une réalité souvent mal comprise par les employeurs territoriaux… et les agents.



👉 Un agent contractuel enchaînait des CDD pendant plus de 4 ans.
👉 Il demandait une indemnisation pour recours abusif.


Résultat ? ❌ Refus du juge.



🔎 Pourquoi ?
Parce que le simple enchaînement de contrats ne suffit pas à caractériser un abus.

Le juge adopte une approche concrète et pragmatique :
✔ Nature des fonctions exercées
✔ Motif du recours (remplacement, besoin temporaire…)
✔ Durée et nombre de contrats
✔ Contexte global d’emploi



➡️ Dans cette affaire : remplacement continu d’un agent absent = situation régulière.



💡 Ce qu’il faut retenir pour les DRH territoriaux :
-Vous pouvez sécuriser des CDD successifs… à condition de respecter leur finalité.
-Le risque juridique existe uniquement si le recours devient détourné (besoin permanent déguisé).
-La preuve du préjudice reste indispensable pour engager la responsabilité de la collectivité.



⚠️ Attention également à un point clé :
Une requête peut être jugée recevable même si elle a été mal introduite… si elle est régularisée dans les délais.



👉 Conclusion :
La gestion des contractuels n’est pas qu’une question de durée… mais de justification.

 

 

 

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9 janvier 2026 5 09 /01 /janvier /2026 07:49

 

 

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Un jugement récent du Tribunal administratif de Nîmes apporte un éclairage précieux pour tous les employeurs publics et professionnels RH.

👉 Les faits :
Un enseignant victime d’une insulte homophobe reconnue comme accident de service développe un syndrome de stress post-traumatique. Après une consolidation médicale, une rechute survient lors de la reprise de fonctions. L’administration refuse alors la reconnaissance de cette rechute comme imputable au service et requalifie le congé en maladie ordinaire.

👉 La position du juge :
Le tribunal annule la décision administrative. Il rappelle qu’une rechute doit être reconnue dès lors qu’elle constitue une conséquence exclusive de l’accident initial, même si elle survient dans un autre établissement et en l’absence de nouvel événement déclencheur. Le juge sanctionne une appréciation trop restrictive du lien de causalité, fondée sur une expertise isolée et insuffisamment étayée.

👉 L’enseignement clé pour les RH publics :

La gestion des CITIS, en particulier pour les atteintes psychiques, impose une analyse globale et rigoureuse des pièces médicales. La consolidation ne met pas fin, par principe, aux droits de l’agent en cas de résurgence spontanée des troubles liés à l’accident de service.

👉 Pourquoi c’est stratégique ?
Parce qu’une erreur d’appréciation expose la collectivité à un contentieux coûteux, mais aussi parce que ces situations touchent directement à la protection de la santé mentale des agents et à la responsabilité de l’employeur public.

🔎 À retenir : prudence, traçabilité médicale et motivation solide des décisions sont indispensables en matière de CITIS et de rechute psychique.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision rappelle utilement que le droit de la fonction publique ne peut pas traiter les troubles psychiques comme des accidents « mineurs » ou secondaires. Pour les employeurs publics, c’est un signal clair : sécuriser juridiquement les décisions, c’est aussi reconnaître pleinement la réalité des atteintes psychologiques liées au travail.

 

Tribunal Administratif de Nîmes n° 2304526 du 8 janvier 2026

 

 

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9 janvier 2026 5 09 /01 /janvier /2026 00:08

 

 

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La réponse du juge administratif est claire… et lourde de conséquences pour les employeurs publics.

Le Tribunal administratif de Nîmes, dans un jugement du 8 janvier 2026 (n°2301310), rappelle avec force les règles applicables au dossier individuel des agents publics



🔎 Les faits
Une agente territoriale découvre dans son dossier administratif un rapport rédigé par sa supérieure hiérarchique, faisant état de comportements fautifs, d’un climat délétère et de manquements professionnels graves.
Elle demande le retrait du document.
L’administration refuse.
Elle saisit le tribunal.



⚖️ Ce que dit le juge
Le tribunal rappelle plusieurs principes essentiels issus du code général de la fonction publique et du décret du 15 juin 2011 :
✔️ Le dossier individuel doit comporter les pièces intéressant la situation administrative de l’agent
✔️ L’agent a un droit d’accès à son dossier
✔️ Il peut demander la rectification ou le retrait d’un document
✔️ Le refus de retrait est une décision faisant grief, susceptible de recours

Mais surtout :
👉 L’administration est tenue de retirer une pièce lorsque les faits relatés ne sont pas matériellement établis ou présentent un caractère injurieux, sauf nécessité d’enquête ou impératif de protection.



Dans cette affaire, les faits reprochés :
-étaient contestés,
-contredits par plusieurs attestations,
-non mentionnés dans l’entretien professionnel,
-non corroborés par des éléments objectifs produits par la collectivité.


Résultat :
❌ La décision de refus est annulée.
📌 Injonction de retirer le rapport du dossier sous deux mois.
💶 Condamnation de la collectivité à verser 1 500 € au titre des frais de justice.

 


🎯 Enseignements RH pour les collectivités territoriales
Cette décision est un rappel stratégique pour les DRH et DGS :
1️⃣ Un rapport interne n’est pas une zone de non-droit.
2️⃣ Toute appréciation défavorable doit être objectivée, étayée et traçable.
3️⃣ Un document versé au dossier individuel engage juridiquement la collectivité.
4️⃣ L’absence de preuve matérielle peut conduire à l’annulation.

En clair :
👉 Le dossier administratif n’est pas un outil de pression managériale. C’est un document juridique opposable.



📌 À retenir pour votre pratique RH FPT
Avant de verser un rapport sensible au dossier :
-Les faits sont-ils établis par des éléments objectifs ?
-Ont-ils été contradictoirement évoqués ?
-Sont-ils cohérents avec les évaluations formelles ?
-Existe-t-il une traçabilité des manquements ?

La sécurisation juridique du dossier individuel est devenue un enjeu central en matière de contentieux RH territorial.

 

Tribunal Administratif de Nîmes Lecture du jeudi 8 janvier 2026 N° 2301310

 

 

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8 janvier 2026 4 08 /01 /janvier /2026 22:21

 

 

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Une mutation d’office dans l’intérêt du service n’est ni anodine, ni automatique… mais elle n’est pas non plus une sanction déguisée par principe. C’est le message clair adressé aux employeurs publics par un arrêt important de la Cour administrative d’appel de Marseille, rendu le 7 janvier 2026.


⚖️ L’essentiel à retenir pour les RH publics

- La mutation d’office peut être contestée
Dès lors qu’elle entraîne une perte financière (ici, une indemnité liée à l’éducation prioritaire), la mutation ne constitue plus une simple mesure d’ordre intérieur et devient justiciable du juge administratif.

- Mais elle n’est pas automatiquement une sanction disciplinaire
La Cour rappelle qu’une mutation décidée pour apaiser un climat professionnel conflictuel, sans intention punitive et sans dégradation globale de la situation professionnelle, ne constitue pas une sanction déguisée.

- Aucune obligation générale de motivation
Contrairement à une sanction disciplinaire, une mutation d’office dans l’intérêt du service n’a pas à être motivée, dès lors qu’elle ne relève pas des décisions listées par le code des relations entre le public et l’administration.

- La situation familiale doit être prise en compte… raisonnablement
Oui, l’administration doit en tenir compte.
Non, elle n’est pas tenue de proposer plusieurs postes ni de solliciter formellement les contraintes familiales, surtout lorsque la mutation s’effectue dans la même commune.

- Liberté d’expression ≠ droit à la stigmatisation publique
La Cour trace une ligne nette : la mise en cause publique et diffamatoire d’un supérieur hiérarchique ne relève pas de l’exercice normal de la liberté syndicale ou d’expression.



🎯 Pourquoi cet arrêt est stratégique pour les employeurs publics ?
✔️ Il sécurise juridiquement le recours à la mutation d’office dans l’intérêt du service
✔️ Il clarifie la frontière entre gestion RH et discipline
✔️ Il rappelle l’importance d’un dossier solide et factuel, notamment en contexte conflictuel



💬 Avis www.naudrh.com
Cet arrêt est particulièrement équilibré : il protège les droits des agents sans désarmer les employeurs publics face à des situations professionnelles dégradées. Il rappelle surtout que la mutation d’office est un outil de gestion, pas une sanction déguisée… à condition d’être utilisée avec rigueur, proportionnalité et intelligence RH.

 

CAA de MARSEILLE, 6ème chambre, 07/01/2026, 25MA02422

 

 

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8 janvier 2026 4 08 /01 /janvier /2026 07:54

 

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Le 10 décembre 2025, le Conseil d’État a rendu une décision majeure (n° 494928) en matière de négociation collective et de protection sociale complémentaire (PSC) dans la fonction publique.

👉 L’essentiel à retenir pour les employeurs publics et les RH :
Un accord collectif valablement signé reste pleinement valable, même si une organisation syndicale signataire tente ensuite de retirer sa signature, dès lors que cette dénonciation ne respecte pas les conditions de majorité prévues par le Code général de la fonction publique.

🔎 Trois enseignements clés de la décision :
-La validité d’un accord s’apprécie au jour de sa signature, sur la base du seuil de 50 % des suffrages.
-Une dénonciation syndicale non majoritaire est juridiquement sans effet : elle ne remet ni en cause l’entrée en vigueur ni le contenu de l’accord.
-Certaines clauses, notamment relatives aux modalités de passation des marchés, peuvent être considérées comme de simples déclarations d’intention, sans portée juridique contraignante.

⚖️ Pourquoi cette décision est structurante ?
Elle renforce la sécurité juridique des accords collectifs, clarifie les règles de dénonciation et évite une instabilité permanente des dispositifs négociés, notamment en matière de PSC — un sujet hautement stratégique pour les employeurs publics.

📌 Une jurisprudence à intégrer sans tarder dans vos pratiques RH et dans le pilotage du dialogue social.

Avis
www.naudrh.com
Cette décision est particulièrement saine. Elle protège l’équilibre de la négociation collective dans la fonction publique et évite que des accords structurants, comme ceux sur la PSC, puissent être fragilisés a posteriori par des revirements minoritaires. Pour les DRH, c’est un signal clair : le droit sécurise enfin la parole donnée et la stabilité des accords conclus.

 

Décision n° 494928 10 décembre 2025 Conseil d'État

 

 

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7 janvier 2026 3 07 /01 /janvier /2026 22:32

 

 

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Un récent jugement du Tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 6 janvier 2026 (n°2201394) rappelle un principe fondamental du droit de la fonction publique : un congé annuel n’est jamais acquis sans accord auprés de l’autorité administrative.

Dans cette affaire, une assistante sociale hospitalière avait formulé une demande de congés du 6 au 10 septembre 2021. N’ayant reçu aucune réponse, elle a considéré sa demande comme implicitement acceptée et ne s’est pas présentée à son poste. L’établissement a alors suspendu son traitement pour absence de service fait.

Le tribunal confirme la légalité de la retenue sur traitement.

Le raisonnement est limpide : si les congés annuels constituent un droit pour les agents publics, leurs dates restent soumises à l’accord explicite de l’administration. En l’absence de validation formelle, l’agent ne peut présumer d’une acceptation tacite. L’absence est alors irrégulière et ne peut ouvrir droit à rémunération au titre du principe du service fait, désormais codifié dans le Code général de la fonction publique .

Le juge écarte également l’argument de la « sanction déguisée » : la retenue sur traitement n’a rien de disciplinaire. Elle constitue la conséquence automatique d’une absence injustifiée. L’administration était tenue de procéder à cette régularisation.

🔎 Enseignements pratiques pour les DRH de la fonction publique :
Cette décision rappelle l’importance d’un circuit clair et traçable de validation des congés. L’absence de procédure interne formalisée ne crée aucun droit implicite au profit de l’agent. Elle expose en revanche la collectivité à des tensions et à des incompréhensions.

Dans un contexte où les organisations évoluent (télétravail, flexibilité accrue, gestion dématérialisée des absences), la sécurisation juridique des pratiques RH demeure indispensable.

👉 Managers et responsables RH doivent veiller à :
– formaliser les circuits de validation ;
– rappeler aux agents qu’un silence ne vaut pas accord ;
– tracer les décisions pour prévenir tout contentieux.

💬 Avis
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Cette décision  protège la cohérence du principe du service fait et évite qu’un « silence administratif » mal interprété ne fragilise l’autorité managériale. Pour les employeurs publics, c’est un rappel utile : la rigueur procédurale est une protection autant pour l’administration que pour les agents.

 

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand n° 2201394 du mardi 6 janvier 2026

 

 

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19 décembre 2025 5 19 /12 /décembre /2025 22:27

 

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La Cour administrative d’appel de Nancy, dans un arrêt du 18 décembre 2025, rappelle avec force plusieurs principes essentiels en matière de discipline des agents publics territoriaux. Une décision à connaître absolument pour les employeurs publics comme pour les DRH.

👉 Ce qu’il faut retenir

Une collectivité ne peut pas sanctionner un agent sans une analyse rigoureuse des faits reprochés. En l’espèce, la Cour confirme l’annulation de deux sanctions disciplinaires, l’une de trois jours et l’autre de deux mois d’exclusion temporaire de fonctions.

D’abord, la juridiction rappelle qu’un comportement fautif doit être réel, établi et juridiquement qualifiable. Une simple suspicion ou une interprétation excessive des faits ne suffit pas. Conserver la clé d’une armoire pendant ses congés, sans conséquence grave ni antécédent disciplinaire, ne justifie pas la sanction la plus élevée du premier groupe.

Ensuite, la Cour insiste sur un point fondamental trop souvent négligé : la proportionnalité de la sanction. Même lorsqu’une faute est reconnue, l’autorité territoriale doit adapter la réponse disciplinaire à la gravité réelle des faits et au contexte professionnel de l’agent.

Enfin, l’arrêt est très clair sur la prescription disciplinaire. Des faits connus de l’administration depuis plusieurs années, même s’ils ont été « redécouverts » par une nouvelle équipe municipale, ne peuvent plus fonder une sanction. Le changement d’exécutif n’a aucun effet sur le délai de prescription de trois ans prévu par le code général de la fonction publique.

🎯 Pourquoi cet arrêt est stratégique pour les RH publics ?
Il rappelle que la procédure disciplinaire n’est ni un outil de gestion managériale approximatif, ni un levier de règlement de comptes. Elle doit rester juridiquement sécurisée, objectivée et mesurée, sous peine d’annulation contentieuse et de fragilisation de l’autorité hiérarchique.

💡 À retenir pour les collectivités : sécuriser les faits, respecter les délais, motiver les décisions et toujours vérifier la proportionnalité de la sanction.

💬 Avis
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Cet arrêt est salutaire. Il rappelle utilement que le droit disciplinaire n’est pas un instrument de pouvoir mais un cadre juridique exigeant, au service de l’équité, de la crédibilité managériale et de la confiance entre l’administration et ses agents.

CAA de NANCY, 5ème chambre, 18/12/2025, 23NC00262

 

 

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19 décembre 2025 5 19 /12 /décembre /2025 22:27

 

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La Cour administrative d’appel de Nancy, dans un arrêt du 18 décembre 2025, rappelle avec force plusieurs principes essentiels en matière de discipline des agents publics territoriaux. Une décision à connaître absolument pour les employeurs publics comme pour les DRH.

👉 Ce qu’il faut retenir

Une collectivité ne peut pas sanctionner un agent sans une analyse rigoureuse des faits reprochés. En l’espèce, la Cour confirme l’annulation de deux sanctions disciplinaires, l’une de trois jours et l’autre de deux mois d’exclusion temporaire de fonctions.

D’abord, la juridiction rappelle qu’un comportement fautif doit être réel, établi et juridiquement qualifiable. Une simple suspicion ou une interprétation excessive des faits ne suffit pas. Conserver la clé d’une armoire pendant ses congés, sans conséquence grave ni antécédent disciplinaire, ne justifie pas la sanction la plus élevée du premier groupe.

Ensuite, la Cour insiste sur un point fondamental trop souvent négligé : la proportionnalité de la sanction. Même lorsqu’une faute est reconnue, l’autorité territoriale doit adapter la réponse disciplinaire à la gravité réelle des faits et au contexte professionnel de l’agent.

Enfin, l’arrêt est très clair sur la prescription disciplinaire. Des faits connus de l’administration depuis plusieurs années, même s’ils ont été « redécouverts » par une nouvelle équipe municipale, ne peuvent plus fonder une sanction. Le changement d’exécutif n’a aucun effet sur le délai de prescription de trois ans prévu par le code général de la fonction publique.

🎯 Pourquoi cet arrêt est stratégique pour les RH publics ?
Il rappelle que la procédure disciplinaire n’est ni un outil de gestion managériale approximatif, ni un levier de règlement de comptes. Elle doit rester juridiquement sécurisée, objectivée et mesurée, sous peine d’annulation contentieuse et de fragilisation de l’autorité hiérarchique.

💡 À retenir pour les collectivités : sécuriser les faits, respecter les délais, motiver les décisions et toujours vérifier la proportionnalité de la sanction.

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Cet arrêt est salutaire. Il rappelle utilement que le droit disciplinaire n’est pas un instrument de pouvoir mais un cadre juridique exigeant, au service de l’équité, de la crédibilité managériale et de la confiance entre l’administration et ses agents.

CAA de NANCY, 5ème chambre, 18/12/2025, 23NC00262

 

 

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19 décembre 2025 5 19 /12 /décembre /2025 16:19

 

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Une récente décision de la CAA de NANCY, 5ème chambre, 18/12/2025, 22NC02856 vient rappeler un principe fondamental en matière de gestion RH territoriale : toutes les délibérations ne se retirent pas librement… surtout lorsqu’elles créent des droits financiers.



🔎 Les faits

Une commune avait autorisé, par délibération, la signature d’une convention fixant les modalités financières de transfert du compte épargne-temps (CET) d’une agente mutée vers une communauté de communes (6 750 € correspondant à 50 jours épargnés).

Quelques mois plus tard, la commune décide de retirer cette délibération.
Problème : ce retrait intervient au-delà du délai de 4 mois prévu par l’article L.242-1 du CRPA pour retirer une décision créatrice de droits.



⚖️ La position de la Cour
La Cour administrative d’appel juge que :
-La délibération n’était pas créatrice de droits pour l’agente, car le transfert du CET résulte directement du décret du 26 août 2004.
-En revanche, elle créait des droits financiers au profit de la collectivité d’accueil, en validant sans condition le versement de la somme convenue.
-Dès lors, cette délibération ne pouvait être retirée que dans un délai de 4 mois.
-Le retrait intervenu hors délai est donc illégal.
👉 Le jugement du tribunal administratif est confirmé.



🎯 Enseignements pour les DRH territoriaux
-Une délibération relative au transfert financier d’un CET peut constituer une décision créatrice de droits.
-Le délai de 4 mois pour retirer une telle décision est strict.
-Même si l’acte ne bénéficie pas directement à l’agent, il peut produire des effets juridiques au profit d’une autre personne morale.
-La sécurisation des conventions financières entre collectivités est essentielle.

En matière de mobilité et de gestion du CET, la vigilance juridique doit être maximale : une décision mal anticipée peut engager durablement les finances de la collectivité.



💬 Avis www.naudrh.com
Cet arrêt est particulièrement intéressante car elle rappelle que la notion de « décision créatrice de droits » ne se limite pas à l’agent : elle peut aussi concerner une autre collectivité. Pour les employeurs territoriaux, c’est un signal fort en faveur d’une sécurisation juridique systématique des délibérations financières liées aux mobilités.

 

 

 

 

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19 décembre 2025 5 19 /12 /décembre /2025 11:40

 

 

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Une récente décision de la Cour administrative d'appel de Nancy vient rappeler un principe fondamental en gestion RH territoriale : une délibération créant des droits financiers ne peut pas être retirée au-delà du délai de 4 mois, sauf illégalité constatée dans ce même délai.

Dans l’affaire jugée le 18 décembre 2025 (n° 22NC02856), une commune avait autorisé par délibération la signature d’une convention fixant les modalités financières du transfert du compte épargne-temps (CET) d’un agent muté vers une communauté de communes. Quelques mois plus tard, elle a tenté de retirer cette délibération.



La Cour valide l’analyse suivante :
✔ La délibération autorisant la signature d’une convention de transfert du CET ne crée pas de droits au profit de l’agent.
✔ En revanche, elle crée des droits financiers au profit de la collectivité d’accueil lorsqu’elle prévoit explicitement le versement d’une somme déterminée.
✔ Dès lors, en application de l’article L. 242-1 du Code des relations entre le public et l’administration, son retrait ne peut intervenir que dans les 4 mois suivant son adoption.
✔ Passé ce délai, le retrait est illégal.

En l’espèce, la délibération litigieuse avait été retirée après l’expiration du délai de 4 mois : le retrait a donc été annulé.



🎯 Enseignements pour les DRH et DGS
Cette décision est stratégique en matière de :
-Gestion des mutations intercollectivités
-Transfert financier du compte épargne-temps
-Sécurisation juridique des délibérations
-Maîtrise du délai de retrait des actes créateurs de droits

Elle rappelle que la nature juridique d’un acte ne dépend pas uniquement de son objet RH, mais aussi de ses effets financiers.



Avant de retirer une délibération, posez-vous systématiquement deux questions :
1️⃣ Crée-t-elle un droit au profit d’un tiers (agent, collectivité, prestataire) ?
2️⃣ Le délai de 4 mois est-il expiré ?
Une erreur d’analyse peut exposer la collectivité à un contentieux inutile… et coûteux.



💬 Avis www.naudrh.com
Cette décision illustre parfaitement l’importance pour les DRH territoriaux de travailler en lien étroit avec les services juridiques lors des mutations intercollectivités. Trop souvent perçues comme des opérations techniques, elles comportent en réalité un fort enjeu juridique et financier. C’est typiquement le genre de vigilance qui distingue une gestion RH sécurisée d’une gestion simplement administrative.

 

CAA de NANCY, 5ème chambre, 18/12/2025, 22NC02856

 

 

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13 décembre 2025 6 13 /12 /décembre /2025 21:54

 

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Un jugement récent du Tribunal administratif de Nantes apporte un éclairage très clair sur la gestion disciplinaire des agents publics en situation de risque grave pour la sécurité.



👉 Les faits
Un agent technique territorial, en service, provoque un accident avec un tramway alors qu’il conduisait un engin horticole. Deux éthylotests successifs révèlent une alcoolémie supérieure au taux légal. L’agent est révoqué, malgré un avis du conseil de discipline proposant une sanction moins lourde.



👉 Ce que dit le juge
✔️ Le recours à l’éthylotest est licite, dès lors qu’il est prévu par le règlement intérieur et proportionné au risque
✔️ L’absence de contre-expertise médicale n’entache pas la procédure, l’objectif étant la prévention immédiate du danger, non la preuve pénale
✔️ La conduite d’un véhicule ou d’un engin en état d’alcoolisation constitue un manquement grave aux obligations professionnelles
✔️ La révocation n’est pas disproportionnée, compte tenu :
.du danger créé pour les tiers
.des antécédents disciplinaires liés à l’alcool
.de la responsabilité renforcée de l’employeur public en matière de sécurité



👉 En pratique pour les employeurs publics

🔎 Un règlement intérieur bien rédigé est un outil clé de prévention

⚠️ La sécurité prime sur l’ancienneté ou les évaluations favorables

📌 L’autorité territoriale n’est pas liée par l’avis du conseil de discipline

💡 Une décision à connaître absolument pour sécuriser vos pratiques RH et disciplinaires dans la Fonction Publique Territoriale.



💬 Avis www.naudrh.Com
L'arrêt rappelle sans ambiguïté que, dans la FPT, la tolérance zéro s’impose dès lors que la sécurité des agents et des tiers est en jeu. Pour les DRH et les autorités territoriales, c’est un signal clair : la prévention, le règlement intérieur et le courage décisionnel sont indispensables.

 

Tribunal Administratif de Nantes n° 2318605 du 12 décembre 2025

 

 

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12 décembre 2025 5 12 /12 /décembre /2025 09:53

 

 

 

Le Tribunal administratif de Rouen vient de rappeler une règle essentielle, directement issue du droit européen :

👉
un agent public ne peut pas perdre ses congés annuels non pris lorsqu’il était en congé maladie, y compris lors de son départ à la retraite.

✔️ Les congés non pris peuvent être reportés jusqu’à 15 mois après l’année concernée
✔️ Le droit à indemnisation est limité à 20 jours par an
✔️ En cas de mauvaise application, l’employeur public s’expose à une condamnation financière, voire à une indemnisation pour préjudice moral

🎯 Message clair pour les DRH et gestionnaires :
le calcul des droits à congés en fin de carrière doit intégrer pleinement la jurisprudence européenne, sous peine de contentieux coûteux et évitables.

📌 Une décision à connaître, à diffuser… et à intégrer dans vos pratiques RH.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision est juridiquement solide et parfaitement cohérente avec la jurisprudence européenne constante. Elle rappelle surtout que les congés annuels ne sont pas un simple accessoire de gestion, mais un droit fondamental du travailleur, y compris dans la fonction publique. Pour les employeurs publics, c’est un signal clair : sécuriser les pratiques RH en matière de congés maladie n’est plus une option, mais une nécessité stratégique.

 

 

 

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12 décembre 2025 5 12 /12 /décembre /2025 09:41

 

 

 

Le tribunal administratif de Lille vient de rendre une décision très instructive pour les DRH territoriaux.


➡️ Oui, un fonctionnaire peut être licencié pour insuffisance professionnelle lorsque l’administration démontre, sur une période suffisante, une incapacité durable à exercer les fonctions correspondant à son grade.


➡️ Non, cette insuffisance ne suffit pas à elle seule à priver l’agent de son indemnité de licenciement : seule la faute lourde, impliquant une intention de nuire, le permet.

Cette décision rappelle trois points clés pour les employeurs publics :

-l’importance d’une traçabilité rigoureuse des manquements professionnels,

-la nécessité de distinguer clairement insuffisance professionnelle et faute disciplinaire,

-et le caractère non automatique du refus d’indemnisation, même en cas de dysfonctionnements graves.

Un arrêt à méditer pour sécuriser juridiquement les procédures sensibles de gestion des cadres et dirigeants territoriaux.

💬 Avis
www.naudrh.com
Ce jugement est particulièrement sain : il protège l’administration lorsqu’elle agit avec méthode et preuves, tout en évitant une dérive punitive qui consisterait à assimiler toute insuffisance professionnelle à une faute lourde. C’est un rappel utile que la rigueur juridique reste le meilleur allié d’une gestion RH responsable et sécurisée.

Tribunal Administratif de Lille N° 2311287 du 11 décembre 2025

 

 

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11 décembre 2025 4 11 /12 /décembre /2025 16:45

 

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Un arrêt récent rappelle avec force une règle essentielle du droit de la fonction publique : l’abandon de poste est caractérisé dès lors que l’agent rompt le lien avec le service, sans justification valable, même dans un contexte médical complexe.



🔎 Ce qu’il faut retenir de la décision de la Cour administrative d’appel de Lyon (10 décembre 2025)
Une agente territoriale, reconnue apte à reprendre ses fonctions sous réserve d’un aménagement de poste, a été radiée des cadres pour abandon de poste après avoir ignoré plusieurs convocations, notamment auprès du médecin de prévention.



👉 La Cour confirme la légalité de la décision et précise plusieurs points clés pour les employeurs publics:
✔️ La mise en demeure était régulière, même sans détail précis sur l’aménagement du poste, dès lors qu’elle prévoyait une visite de médecine de prévention pour le définir.
✔️ L’agent apte avec aménagement doit coopérer : refuser ou ignorer les convocations médicales prive l’argument médical de sa portée.
✔️ Un certificat médical sans élément nouveau ne fait pas obstacle à la reprise du service.
✔️ Des considérations personnelles (déménagement, projet de mobilité non abouti) ne justifient pas l’absence.



⚖️ En pratique RH
Cet arrêt conforte une jurisprudence constante : l’administration peut constater la rupture du lien avec le service lorsque l’agent, dûment informé des conséquences, ne manifeste plus aucune intention de reprendre son poste.



🎯 Message clé pour les DRH territoriaux
Sécuriser une procédure d’abandon de poste repose sur :
-des mises en demeure claires et tracées,
-une articulation rigoureuse avec la médecine de prévention,
-et une analyse factuelle de l’absence de l’agent, sans surinterprétation.



💬 Avis www.naudrh.com
Cet arrêt est particulièrement utile pour les employeurs publics. Il rappelle que l’obligation d’aménagement du poste n’est pas à sens unique : elle suppose une coopération loyale de l’agent. À défaut, la protection médicale ne peut être instrumentalisée pour bloquer durablement la gestion des ressources humaines.

 

 

 

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10 décembre 2025 3 10 /12 /décembre /2025 22:10

 

 

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La Cour administrative d’appel de Toulouse, dans un arrêt du 9 décembre 2025, rappelle avec force une règle essentielle que trop de collectivités continuent de sous-estimer : l’entretien professionnel doit impérativement être conduit par le supérieur hiérarchique direct de l’agent.

👉 Les faits
Un agent territorial conteste son compte rendu d’entretien professionnel 2021. Celui-ci avait été conduit et signé… par la directrice des ressources humaines, et non par sa supérieure hiérarchique directe.

👉 La position du juge
La Cour est très claire :
-le décret du 16 décembre 2014 impose que l’entretien soit mené, établi et signé par le supérieur hiérarchique direct ;
-des relations tendues entre l’agent et son manager ne justifient en aucun cas que l’autorité hiérarchique soit écartée ;
-la DRH, même investie d’une autorité fonctionnelle, ne peut se substituer au supérieur hiérarchique direct.

👉 Conséquences pour la collectivité
-annulation du compte rendu d’entretien professionnel ;
-obligation de recommencer l’évaluation dans un délai de deux mois ;
-condamnation financière au titre des frais de justice.

👉 En pratique pour les RH territoriaux
Cet arrêt rappelle que l’entretien professionnel n’est pas un acte RH “technique”, mais un acte managérial à forte portée juridique, qui engage la carrière de l’agent. La moindre entorse à la procédure fragilise l’ensemble du dispositif, avec un risque contentieux élevé.

📌 Message clé : sécuriser les entretiens professionnels, c’est d’abord respecter strictement la chaîne hiérarchique.

💬 Avis
www.naudrh.com
Ce arrêt rappelle utilement que la DRH ne peut pas tout faire “à la place” du management, même lorsque la situation est conflictuelle. À vouloir sécuriser en contournant les règles, certaines collectivités prennent en réalité un risque juridique majeur. La vraie sécurisation passe par le respect strict du cadre légal… et par un management assumé.

 

CAA de TOULOUSE, 2ème chambre, 09/12/2025, 24TL00353

 

 

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10 décembre 2025 3 10 /12 /décembre /2025 16:11

 

 

 

 

L'impossibilité juridique d'instituer un congé menstruel dans la Fonction Publique Territoriale.

 

La question du congé menstruel s’est progressivement invitée dans le débat public et dans les politiques de ressources humaines locales, portée par une volonté croissante de mieux prendre en compte certaines problématiques de santé spécifiques rencontrées par des agentes, notamment en cas de règles douloureuses, d’endométriose, d’adénomyose ou de dysménorrhées. Dans ce contexte, plusieurs collectivités territoriales de la Haute-Garonne ont souhaité expérimenter ou instaurer, par délibération ou par arrêté, des autorisations spéciales d’absence destinées à répondre à ces situations.

Ces initiatives locales se sont toutefois heurtées au contrôle de légalité exercé par le préfet de la Haute-Garonne, qui a saisi le tribunal administratif de Toulouse par sept déférés.  Par une série de décisions rendues les 10 et 11 décembre 2025 (2406385 / 2406596 / 2406597 / 2407938 / 2502176 / 2503208 / 2505181), le juge administratif a annulé l’ensemble des dispositifs litigieux. Ces décisions rappellent avec une particulière netteté un principe fondamental du droit de la fonction publique territoriale : les collectivités ne peuvent créer de nouveaux droits statutaires en l’absence de fondement législatif ou réglementaire national.

Le présent article propose une analyse juridique structurée de cette jurisprudence, à destination des responsables des ressources humaines de la fonction publique territoriale, afin d’en apprécier la portée et d’en tirer des enseignements concrets pour la pratique.

 

I. Les autorisations spéciales d’absence : un élément relevant du statut national des fonctionnaires

Dans chacune des affaires examinées, le tribunal administratif de Toulouse a rappelé que les autorisations spéciales d’absence constituent, au même titre que les congés, un élément du statut des fonctionnaires. En application des articles L. 1 et L. 9 du code général de la fonction publique, les agents publics sont placés dans une situation statutaire et réglementaire, dont les règles relèvent, sauf disposition expresse contraire, du niveau national.

Il en résulte qu’un régime d’autorisation spéciale d’absence ne peut être institué que par une norme de portée nationale, qu’il s’agisse d’une loi ou d’un décret en Conseil d’État. La libre administration des collectivités territoriales, garantie par l’article 72 de la Constitution, ne saurait permettre d’y déroger, cette liberté s’exerçant nécessairement « dans les conditions prévues par la loi ».

En l’état actuel du droit, le juge a constaté qu’aucune disposition législative ou réglementaire n’instaure une autorisation spéciale d’absence fondée sur les douleurs menstruelles, l’endométriose, l’adénomyose ou les dysménorrhées. Dès lors, les collectivités territoriales et leurs établissements publics ne disposent d’aucune base légale leur permettant d’instituer un tel congé, quelle que soit la terminologie retenue ou les garanties procédurales envisagées.

 

II. Des fondements juridiques invoqués à tort par les collectivités

Plusieurs collectivités ont tenté de justifier la création d’un congé menstruel en se fondant sur l’article L. 622-1 du code général de la fonction publique, relatif aux autorisations spéciales d’absence liées à la parentalité ou à certains événements familiaux. Le tribunal administratif a clairement écarté cette interprétation. Les motifs tenant aux règles douloureuses, au cycle hormonal ou aux pathologies gynécologiques ne peuvent être regardés comme relevant ni de la parentalité, ni d’événements familiaux au sens de ces dispositions.

D’autres arguments ont été avancés, tenant notamment au pouvoir réglementaire du chef de service ou à la possibilité de recourir à l’expérimentation locale sur le fondement du quatrième alinéa de l’article 72 de la Constitution. Là encore, le juge administratif a rappelé que le pouvoir d’organisation du service ne saurait permettre d’instituer un nouveau régime statutaire et que l’expérimentation locale n’est juridiquement possible que lorsqu’elle est expressément autorisée par une loi précisant son objet, sa durée et les règles auxquelles il peut être dérogé. Aucune disposition législative n’ayant ouvert une telle faculté en matière d’autorisations spéciales d’absence pour congé menstruel, ces initiatives locales ne pouvaient prospérer.

Enfin, les collectivités ont parfois invoqué la lutte contre les discriminations ou le respect des conventions internationales relatives à l’égalité entre les femmes et les hommes. Le tribunal a jugé que l’absence de congé menstruel dans le droit positif ne saurait, en elle-même, constituer une discrimination illégale. Il a rappelé qu’il appartient exclusivement au législateur de créer de nouveaux droits statutaires et d’en définir les conditions d’application.

III. Une jurisprudence structurante pour les employeurs territoriaux

Les décisions rendues à l’encontre des communes de Plaisance-du-Touch, Blagnac, Villeneuve-Tolosane, Ramonville-Saint-Agne, ainsi que de leurs centres communaux d’action sociale et de la communauté de communes du Grand Ouest Toulousain, présentent une portée claire et immédiate pour l’ensemble des employeurs territoriaux. Elles confirment qu’en l’état actuel du droit, aucune collectivité ne peut légalement instaurer un congé menstruel ou une autorisation spéciale d’absence fondée sur des douleurs menstruelles ou des pathologies associées.

Pour les responsables des ressources humaines, cette jurisprudence implique une vigilance accrue dans la conception et la sécurisation des politiques RH locales. Toute initiative visant à créer de nouveaux droits à absence, même animée d’une intention sociale ou sanitaire légitime, doit impérativement s’inscrire dans le cadre strict fixé par les textes nationaux, sous peine d’annulation contentieuse et de remise en cause des dispositifs adoptés.

Pour autant, ces décisions ne signifient pas que les employeurs territoriaux sont dépourvus de leviers d’action. Les outils existants du droit de la fonction publique demeurent pleinement mobilisables pour accompagner les agentes concernées : congés de maladie, aménagements du poste et du temps de travail, recours au télétravail, adaptation des horaires, ou encore dialogue avec la médecine du travail. Ces dispositifs permettent une prise en compte individualisée des situations, dans le respect du cadre juridique en vigueur.

Conclusion

Par ses décisions des 10 et 11 décembre 2025 (2406385 / 2406596 / 2406597 / 2407938 / 2502176 / 2503208 / 2505181), le tribunal administratif de Toulouse a posé un cadre juridique particulièrement clair : en l’absence de texte national, le congé menstruel ne peut être instauré par les collectivités territoriales. Cette jurisprudence réaffirme la place centrale du législateur et du pouvoir réglementaire dans la définition du statut des agents publics et fixe des limites précises à l’autonomie normative des employeurs locaux.

Pour les responsables des ressources humaines de la fonction publique territoriale, ces décisions constituent un repère essentiel. Elles invitent à distinguer, d’une part, les débats légitimes relatifs à l’évolution du droit et à la prise en compte des enjeux de santé au travail et, d’autre part, l’exigence impérative de sécurisation juridique des pratiques locales. Toute évolution en matière de congé menstruel ne pourra intervenir que par une réforme nationale, seule à même de créer un droit opposable et juridiquement sécurisé pour les agentes publiques.

 

Par Pascal NAUD

Président, fondateur de www.naudrh.com

Contact naudrhexpertise@gmail.com

 

 

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10 décembre 2025 3 10 /12 /décembre /2025 14:25

 

 

 

 

Le Conseil d’État vient de rappeler une évidence juridique… trop souvent oubliée : une loi sans décret d’application est une loi inachevée.

Dans sa décision du 10 décembre 2025, il sanctionne l’inaction du pouvoir réglementaire concernant l’article L. 622-1 du CGFP sur les autorisations spéciales d’absence liées à la parentalité et aux événements familiaux.

✔️ Oui, certaines ASA sont désormais directement applicables via le code du travail.
❌ Mais non, cela ne dispense pas l’État de fixer par décret la liste complète des autres ASA, leurs conditions d’octroi et celles accordées de plein droit.

➡️ Conséquence majeure :
Le Premier ministre est enjoint de publier le décret manquant dans un délai de six mois.

Pour les DRH territoriaux, cette décision est un signal clair :
📌 l’insécurité juridique actuelle doit cesser,
📌 l’égalité de traitement des agents impose un cadre national lisible,
📌 la gestion des ASA ne peut plus reposer sur des interprétations locales fragiles.

Un arrêt à suivre de très près pour sécuriser les pratiques RH dans la fonction publique territoriale.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision est salutaire. Elle remet de la rigueur juridique dans un domaine où l’empilement des textes législatifs sans traduction réglementaire claire fragilise à la fois les employeurs publics et les agents. Le Conseil d’État joue ici pleinement son rôle de garant de l’effectivité de la loi et envoie un message très net : le temps réglementaire ne peut plus être déconnecté du temps des réformes.

Conseil d'État, 7ème - 2ème chambres réunies, 10/12/2025, 503871, Inédit au recueil Lebon

 

 

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3 décembre 2025 3 03 /12 /décembre /2025 17:30

 

 

 

🔎 L’essentiel à retenir (CAA de Toulouse, 2 décembre 2025)

Un agent territorial contestait l’attribution d’un complément indemnitaire annuel (CIA) fixé à 0 €, estimant qu’il s’agissait d’une sanction disciplinaire déguisée, donc illégale.

La Cour administrative d’appel de Toulouse rejette cet argument et confirme la légalité de la décision de l’employeur public.


Pourquoi ?
Parce que le CIA, dans le cadre du RIFSEEP, est directement lié à l’engagement professionnel et à la manière de servir. Il peut donc légalement être fixé entre 0 et 100 %, dès lors que l’appréciation repose sur des éléments objectifs.

Dans cette affaire, l’autorité territoriale s’est fondée sur :
-une période de suspension,
-des rappels à l’ordre,
-un avertissement disciplinaire distinct et ultérieur.

👉 La cour rappelle un principe fondamental :
la modulation indemnitaire n’est pas une sanction disciplinaire, même lorsqu’elle entraîne une baisse de rémunération, à condition qu’elle ne vise pas à punir mais à apprécier la manière de servir.

⚖️ Message clé pour les employeurs publics
✔️ Un CIA à taux nul est juridiquement possible
✔️ Il ne constitue pas une sanction déguisée en soi
✔️ Il doit être motivé, cohérent et distinct de toute procédure disciplinaire
Cette décision sécurise les pratiques RH, mais rappelle aussi l’importance d’une traçabilité irréprochable de l’évaluation professionnelle.

💬 Avis
www.naudrh.Com
Cette décision clarifie une zone de flou fréquente en RH territoriales. Le CIA n’est pas un droit automatique mais un levier managérial, à manier avec rigueur et méthode. Bien utilisé, il protège juridiquement l’employeur ; mal documenté, il l’expose inutilement.

 

CAA de TOULOUSE, 2ème chambre, 02/12/2025, 24TL00489

 

 

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3 décembre 2025 3 03 /12 /décembre /2025 10:37

 

 

 

 

Le 2 décembre 2025, la Cour administrative d'appel de Bordeaux a rendu une décision importante concernant la suspension d'un agent de la fonction publique territoriale, dans l'affaire M. B. c/ le département de la Gironde. Le tribunal a validé la suspension prononcée en 2021, soulignant que les faits reprochés, bien que basés sur des signalements non formalisés, présentaient une vraisemblance et une gravité suffisantes pour justifier la mesure.

🔍 Les éléments clés de l'affaire :

-Suspension légale : en raison de soupçons de détournement de matériel de la collectivité mis en location, la Cour a estimé que la mesure de suspension était justifiée, même sans preuves formelles immédiates.
-Droits des fonctionnaires : l'arrêt rappelle l'importance d'une enquête administrative rigoureuse avant toute décision disciplinaire, notamment pour préserver l'intérêt du service public.


⚖️ Impact pour les employeurs publics : cette décision renforce la nécessité d'agir rapidement en cas de soupçons graves, tout en garantissant les droits de l'agent, et met en lumière l'importance des procédures administratives avant toute mesure de suspension.

🔗 À retenir : la décision de la CAA de Bordeaux nous rappelle l'équilibre délicat entre la préservation des droits des agents publics et la nécessité d'assurer la transparence et la discipline au sein des administrations publiques.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cet arrêt soulève des questions cruciales sur l'équilibre entre les procédures administratives et la protection des droits des agents. Il rappelle l'importance d'une gestion rigoureuse des suspensions, afin de maintenir à la fois l'intégrité du service public et les droits des fonctionnaires.

 

CAA de BORDEAUX, 5ème chambre, 02/12/2025, 23BX02049

 

 

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2 décembre 2025 2 02 /12 /décembre /2025 16:56

 

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Les idées essentielles à retenir

✔️ Qui peut conduire l’entretien professionnel ?
Lorsque le supérieur hiérarchique direct est absent durablement (ici, congé de maternité), l’entretien peut être régulièrement conduit par le supérieur hiérarchique de niveau immédiatement supérieur, à condition qu’il dispose d’une autorité effective sur l’agent.

✔️ Les objectifs fixés doivent être compatibles avec le statut
La Cour rappelle qu’un objectif impliquant de la rédaction, de la gestion ou de l’organisation de procédures est parfaitement compatible avec les missions d’un agent de catégorie B, même sans fonctions d’encadrement.

✔️ Le compte rendu peut évoquer la carrière et la mobilité
Un avis porté sur la poursuite d’un détachement ou une intégration n’est pas illégal : les perspectives d’évolution professionnelle font bien partie du champ de l’entretien professionnel.

✔️ Les faits reprochés doivent être étayés
Absences, non-respect des horaires, insuffisances professionnelles, difficultés relationnelles : dès lors que l’administration produit des éléments précis, concordants et documentés, le juge valide l’appréciation portée.

✔️ Pas d’erreur manifeste d’appréciation sans preuve solide
De simples contestations générales de l’agent ne suffisent pas à remettre en cause l’évaluation dès lors qu’elle repose sur des faits établis.



🎯 Pourquoi cette décision est stratégique pour les RH publics ?
Elle confirme que l’entretien professionnel est un acte managérial juridiquement structuré, à condition de :
-sécuriser la chaîne hiérarchique,
-fixer des objectifs réalistes et statutaires,
-tracer précisément les faits,
et motiver rigoureusement le compte rendu.



📌 Une jurisprudence à connaître absolument pour prévenir les contentieux et professionnaliser les pratiques d’évaluation.



💬 Avis www.naudrh.com
Cette décision protège l’administration sans affaiblir les droits des agents, à condition que le management soit rigoureux, factuel et juridiquement maîtrisé. Elle rappelle surtout une évidence trop souvent oubliée : un entretien professionnel mal préparé est un risque contentieux évitable.

 

CAA de DOUAI, 3ème chambre, 01/12/2025, 24DA01023

 

 

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1 décembre 2025 1 01 /12 /décembre /2025 17:52

 

 

 

 

Dans une récente décision du tribunal administratif de Nîmes, un principe fondamental a été rappelé : l'absence d'entretien professionnel annuel constitue un préjudice direct pour l'agent public.

M. A, agent de la commune de Montpezat, a été privé de son complément indemnitaire annuel (CIA) en raison de l'illégalité de la décision de son employeur, qui n'a pas organisé d'entretien professionnel depuis 2015. Cette carence dans l’évaluation de la valeur professionnelle de l'agent, contraire aux exigences légales, a entraîné un préjudice financier considérable pour M. A, qui n’a pas pu bénéficier du CIA auquel il avait droit.

Le tribunal a jugé que cette faute administrative a directement impacté la carrière de l’agent, et a condamné la commune à lui verser 4 000 euros en réparation. Ce cas met en lumière la nécessité pour les employeurs publics de respecter les obligations de gestion des ressources humaines, en particulier en ce qui concerne l’organisation des entretiens professionnels, essentiels pour une évaluation juste et équitable.

💡 Les entretiens professionnels ne sont pas seulement une formalité : ils sont un droit pour l’agent et une obligation pour l’administration, permettant d’assurer une gestion transparente et juste des carrières dans la fonction publique.

 

Tribunal Administratif de Nîmes n° 2203177 du 27 mars 2025

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30 novembre 2025 7 30 /11 /novembre /2025 10:31

 

 

 

 

Une nouvelle décision du Tribunal administratif de Rouen vient éclairer un point crucial : la NBI, une fois accordée, ne peut pas être retirée rétroactivement lorsque le délai de 4 mois est dépassé, même si l’agent ne remplit plus les conditions.

Dans cette affaire, une agente placée en disponibilité d’office — donc sans exercice effectif des fonctions — pouvait bien sûr voir sa NBI supprimée pour l’avenir. Mais la collectivité avait choisi d’en retirer le bénéfice avec effet rétroactif, ce qui constitue une violation directe des règles du CRPA.

👉 Le tribunal annule donc la décision uniquement pour sa portée rétroactive, rappelant l’importance de sécuriser les actes RH et de maîtriser la distinction entre :
-retrait d’un acte créateur de droit (strictement encadré) ;
-abrogation pour l’avenir (possible en cas de condition non remplie).

Une jurisprudence à connaître absolument pour éviter des contentieux évitables et sécuriser la gestion de la NBI et, plus largement, des avantages liés aux fonctions.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision illustre parfaitement la finesse juridique nécessaire en gestion statutaire : une simple confusion entre retrait et abrogation peut conduire à des annulations contentieuses. C’est typiquement le genre de problématique que beaucoup de collectivités sous-estiment alors qu’elle touche directement la sécurité juridique des pratiques RH.

 

Tribunal administratif de Rouen, 4ème Chambre, 21 novembre 2025, 2400528

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29 novembre 2025 6 29 /11 /novembre /2025 22:49

 

 

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Une décision récente de la Cour administrative d’appel de Paris vient rappeler avec force une réalité trop souvent sous-estimée : le régime indemnitaire n’est ni librement modulable, ni un simple outil budgétaire.

👉 Arrêt du 28 novembre 2025 (CAA Paris, n° 25PA00748) : les juges administratifs confirment un cadre strict dans la mise en œuvre du RIFSEEP, notamment pour les psychologues territoriaux.



🔎 Les idées essentielles à retenir:


✔️ Le RIFSEEP doit respecter sa logique fonctionnelle
L’IFSE doit être fondée sur les fonctions exercées, les sujétions et l’expertise. Une modulation reposant uniquement sur l’affectation des agents dans certains services est juridiquement fragile.


✔️ Impossible de contourner le principe d’égalité
À fonctions équivalentes, les agents d’un même cadre d’emplois doivent bénéficier d’un traitement indemnitaire comparable. L’affectation administrative ne peut, à elle seule, justifier une différence de montant.


✔️ La prime de revalorisation nationale ≠ IFSE
La Cour rappelle que la prime nationale (décret du 28 avril 2022) et l’IFSE n’ont ni la même nature, ni le même objet. Elles ne sont donc pas interchangeables.


✔️ Le CIA ne peut être vidé de sa substance
Un complément indemnitaire attribué de manière quasi inexistante ou sans lien avec l’engagement professionnel expose la collectivité à un risque contentieux réel.


✔️ Attention aux annulations à effet différé
Même lorsqu’une délibération est annulée, le juge peut en différer les effets… mais cela ne “sécurise” pas pour autant les pratiques passées.



🎯 Ce que cette décision change concrètement pour les DRH FPT
- Elle impose une relecture critique des grilles IFSE,
- Elle renforce l’exigence de traçabilité des critères,
- Elle rappelle que le RIFSEEP est un outil juridique avant d’être managérial.


📌 Une jurisprudence à connaître absolument pour sécuriser vos régimes indemnitaires et éviter des contentieux longs et coûteux.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision est salutaire. Elle rappelle que le RIFSEEP n’est pas un levier d’ajustement opportuniste mais un dispositif juridique exigeant. Pour les employeurs territoriaux, c’est un signal clair : la sécurité indemnitaire passe par la rigueur juridique, la cohérence des critères et une véritable culture RH du risque contentieux.

 

CAA de PARIS, 9ème chambre, 28/11/2025

 

 

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29 novembre 2025 6 29 /11 /novembre /2025 16:45

 

 

 

 

Il a d’abord été rappelé que le Conseil d’État juge que "sauf s'il présente un caractère fictif ou frauduleux, le contrat de recrutement d'un agent contractuel de droit public crée des droits au profit de celui-ci" (cf. CE, Section, 31 décembre 2008, n° 283256, au recueil Lebon).

Il en a été déduit que la règle selon laquelle un acte obtenu par fraude peut être retiré à tout moment, prévue à l’article L. 241-2 du code des relations entre le public et l’administration, s’appliquait bien à l’acte d’engagement contractuel d’un agent public, soit, en d’autres termes, au contrat de recrutement de cet agent (cf. CAA Paris, 25 avril 2017, n° 16PA02587 ; CAA Nancy, 16 novembre 2023, n° 20NC03776).

Or, selon l’article 2 du décret n° 2014-724 du 27 juin 2014 relatif aux conditions de recrutement et d'emploi des accompagnants des élèves en situation de handicap, à moins qu’elles détiennent un diplôme professionnel dans le domaine de l'aide à la personne ou disposent d’une expérience significative dans le domaine de l'accompagnement des personnes, élèves ou étudiants en situation de handicap dans le cadre d'un contrat unique d'insertion, les candidats au recrutement en qualité d’AESH sur le fondement de l’article L. 917-1 du code de l’éducation doivent, au minimum, détenir le baccalauréat ou un diplôme équivalent.

Le fait de produire une fausse attestation de réussite au baccalauréat aux fins d’être recruté en qualité d’AESH pouvait donc être regardé comme constituant une fraude (s’agissant d’un agent ayant été recruté en ayant faussement prétendu remplir les conditions de diplômes exigées, cf. CAA Marseille, 5 juin 2012, n° 10MA01350).

Il a toutefois été rappelé que le juge administratif se montrait strict quant à la reconnaissance du caractère frauduleux de l’acte – en jugeant notamment qu’"il appartient à l'administration qui invoque la fraude de l'établir de façon certaine et non de se fonder sur de simples présomptions" (cf. ؘCAA Versailles, 27 mars 2008, Ministre de la santé, de la jeunesse et des sports, n° 07VE02059 et n° 07VE02297).

Ainsi, il a été répondu que sous réserve que la fraude soit bien établie, il était possible, sans conditions de délai, de retirer l’acte d’engagement contractuel de l’AESH en cause.

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28 novembre 2025 5 28 /11 /novembre /2025 07:57

 

 

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Un arrêt récent de la Cour administrative d'appel de Bordeaux rappelle avec force une réalité que les employeurs publics ne peuvent pas ignorer : les propos tenus sur les réseaux sociaux, même hors service et sous pseudonyme, peuvent justifier la sanction disciplinaire la plus grave.

👉 Les faits en bref
Un greffier a été révoqué après la publication, sur Twitter, de messages à caractère haineux, antisémite, homophobe et hostile aux institutions de la République. L’agent invoquait sa liberté d’expression, le fait que les propos aient été tenus en dehors du service et l’absence de lien direct avec son activité professionnelle.

👉 La position du juge administratif
La cour confirme la révocation et rappelle plusieurs principes essentiels :
-Un agent public est tenu à une obligation de dignité, de neutralité et de réserve, y compris en dehors du service.
-La liberté d’expression des fonctionnaires existe, mais elle s’exerce dans des limites strictes, renforcées par la nature des fonctions exercées.
-Des propos publics, violents ou discriminatoires, même sans passage à l’acte et même sous pseudonyme, constituent des manquements statutaires graves.
-La sanction de révocation n’est pas jugée disproportionnée dès lors que les faits sont incompatibles avec l’exercice des fonctions.

👉 Ce qu’il faut retenir pour les DRH et managers publics
Cet arrêt sécurise juridiquement les décisions disciplinaires prises face à des comportements numériques graves. Il confirme que la frontière entre vie personnelle et obligations professionnelles n’est pas étanche lorsque sont en cause les valeurs fondamentales du service public.

📌 Un rappel utile à l’heure où les réseaux sociaux exposent davantage les agents… Et les employeurs publics.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cet arrêt protège la crédibilité du service public et donne aux employeurs territoriaux un cadre clair pour agir, sans tomber dans l’arbitraire. À mes yeux, il renforce surtout la nécessité d’un travail de prévention et de pédagogie en interne sur l’usage des réseaux sociaux par les agents.

 

CAA de BORDEAUX, 3ème chambre, 27/11/2025, 23BX02429

 

 

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27 novembre 2025 4 27 /11 /novembre /2025 21:51

 

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Un praticien hospitalier invoquait un harcèlement moral et reprochait à son établissement un manquement à l’obligation de sécurité. Dans son arrêt du 26 novembre 2024, la CAA de Toulouse opère une distinction essentielle.

 

👉 Le harcèlement moral n’est pas caractérisé.
Un climat conflictuel, des tensions internes ou des décisions hiérarchiques contestées ne suffisent pas. Le juge exige des faits répétés, précis, excédant l’exercice normal du pouvoir hiérarchique.

 

👉 En revanche, l’établissement est fautif.
 La cour retient un manquement à l’obligation de sécurité (art. L. 4121-1 du code du travail) pour avoir laissé perdurer une situation délétère sans organisation claire ni régulation effective.

 

👉 Mais responsabilité partagée.
Le comportement de l’agent (désengagement, difficultés relationnelles) atténue la responsabilité de l’employeur à 50 %. L’indemnisation est limitée à 3 000 €.

 

🎯 Ce que les DRH doivent retenir :
– Le harcèlement moral reste strictement encadré par le juge.
– L’inaction managériale face à un conflit peut constituer une faute.
– La prévention des RPS suppose organisation, traçabilité et régulation active.

 

💬 Avis www.naudrh.com : cet arrêt est précieux pour les employeurs publics. Il montre que le risque juridique naît moins du conflit lui-même que de l’absence de pilotage et de régulation. Pour un DRH, l’anticipation organisationnelle reste la meilleure protection.
 

CAA de TOULOUSE, 2ème chambre, 26/11/2024, 22TL21145

 

 

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24 novembre 2025 1 24 /11 /novembre /2025 16:50

 

 

Deux sœurs d’un agent décédé en activité se prévalaient d’un acte de notoriété, établi à leur demande, attestant l’absence de descendants, de père et mère, de conjoint survivant, d’autres frères et sœurs, vivants ou représentés ayant droit à une réserve légale dans la succession de l’agent défunt.

Cet acte de notoriété mentionnait, en outre, que les intéressées acceptaient purement et simplement la succession de l’agent défunt. À ce titre, elles estimaient avoir la qualité d’ayants droit au sens des dispositions de l’article 10-1 du décret n° 2002-634 du 29 avril 2002 portant création du compte épargne-temps dans la fonction publique de l'État et dans la magistrature.

Il peut d’abord être souligné que si les dispositions de l’article 10-1 du décret du 29 avril 2002 prévoient en effet que : "En cas de décès de l'agent, les droits acquis au titre de son compte épargne-temps bénéficient à ses ayants droit ", ni le décret précité ni la jurisprudence ne définissent les conditions d’application de cet article 10-1 et, notamment, la détermination des bénéficiaires de l’indemnisation des jours épargnés sur le CET en cas de décès de l’agent.

Dès lors, il est envisageable de se référer, par analogie, aux textes relatifs au capital décès. L’article L. 828-1 du code général de la fonction publique prévoit bien que : "Le décès en service du fonctionnaire ouvre droit au profit de ses ayants droit au paiement d'un capital décès". Mais l’article 15 du décret n° 2024-555 du 17 juin 2024 relatif aux garanties en matière de risque décès des agents publics de l'État, des militaires et des ouvriers de l'État, définit la liste des ayants droits du fonctionnaire décédé pouvant prétendre au paiement d’un capital décès, excluant les frères et sœurs du bénéfice d’un tel versement.

Sur le fondement de l'article D. 712-20 du code de la sécurité sociale, qui a été repris à l’article 15 du décret du 17 juin 2024, il a été expressément jugé que la sœur d'un fonctionnaire décédé ne constituait pas un ayant droit pouvant prétendre au versement du capital décès, d'une pension de réversion ou d'une rente d'invalidité (cf. CAA Nantes, 30 avril 2019, n° 17NT02078).

L'on doit toutefois relever que le mécanisme du capital décès et celui du compte épargne-temps répondent à des logiques, des fondements et des régimes juridiques distincts, tant dans la nature des droits qu’ils confèrent que dans les modalités de leur mise en œuvre et de leur liquidation, notamment en cas de décès du titulaire.

En effet, le capital décès étant une prestation sociale versée aux ayants droit d’un agent décédé, selon des critères strictement définis par la loi, indépendamment des règles de la dévolution successorale de droit commun et, donc, de la qualité d’héritier au sens du droit civil, la solution tendant à exclure le frère ou la sœur des ayants droit s’inscrit dans la finalité du capital décès, qui vise non à transmettre aux héritiers des droits acquis par l’agent de son vivant, mais à assurer une protection immédiate aux proches de l’agent public décédé.

À l’inverse, le compte épargne-temps est un dispositif d’épargne salariale ou statutaire qui permet au salarié ou à l’agent public d’accumuler des droits à congé ou à rémunération différés (cf. CE, 11 octobre 2010, n° 322980, Syndicat CFDT du ministère des affaires étrangères, et autres, aux tables du recueil Lebon), faisant partie du patrimoine de l’agent public et devant, donc, être compris dans la succession du défunt.

La notion d’ayant droit semble, par conséquent, en l'espèce, devoir être entendue au sens du droit civil et, ainsi, les articles 731 et suivants du code civil peuvent être utilement mobilisées s’agissant de l’indemnisation des droits acquis au titre du CET d’un agent public décédé en activité, pour en déduire que les frères et sœurs du défunt sont, en l’absence de conjoint successible, d’enfants et de descendants de ces derniers et de père et de mère, appelés à lui succéder.

Dans ces conditions, et en l’absence de texte permettant d’écarter certains héritiers, comme les frères et sœurs, de la notion d’ayants droit au sens de l’article 10-1 du décret du 29 avril 2002, il a été répondu qu’une suite favorable pouvait être donnée à une telle demande.

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22 novembre 2025 6 22 /11 /novembre /2025 22:48

 

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Une récente décision du Tribunal administratif de Lyon apporte un éclairage précieux pour les DRH territoriaux confrontés à des situations sensibles de mobilité imposée.



🔎 Les faits

Un adjoint technique territorial, opérateur vidéoprotection de nuit depuis plusieurs années, est affecté d’office sur un poste d’agent de surveillance de la voie publique.

Motif invoqué : un manque de fiabilité lié à des retards répétés et à des absences signalées tardivement, perturbant le fonctionnement du service.
Parallèlement, un blâme est prononcé quelques semaines plus tard.

L’agent conteste la décision, invoquant :
-l’absence d’intérêt du service,
-l’existence d’une sanction déguisée,
-la violation du principe non bis in idem.



⚖️ La position du juge administratif
Dans son jugement du 21 novembre 2025 (n° 2401050), le tribunal rejette la requête de l’agent

 


Le juge rappelle deux principes essentiels :


1️⃣ Une affectation d’office est légale si elle est justifiée par l’intérêt du service.
En l’espèce, les retards répétés et les absences tardivement signalées étaient incompatibles avec les contraintes d’un centre de supervision urbain fonctionnant en continu.


2️⃣ La sanction déguisée suppose une double condition :
-une intention de sanctionner,
-une dégradation objective de la situation professionnelle.

Or, ici, la décision était motivée par des nécessités de service et non par une intention disciplinaire.

De plus, le blâme étant postérieur au changement d’affectation, le principe non bis in idem n’est pas méconnu.

Résultat : la décision est validée. L’agent est même condamné à verser 1 500 € au titre des frais de justice.

 



🎯 Ce qu’il faut retenir pour les employeurs territoriaux

Cette décision rappelle une règle stratégique en gestion RH dans la fonction publique territoriale :
➡️ Un changement d’affectation n’est pas une sanction s’il repose objectivement sur l’intérêt du service.
➡️ La traçabilité des dysfonctionnements (retards, absences, impacts organisationnels) est déterminante.
➡️ La motivation factuelle et circonstanciée protège juridiquement la collectivité.

En pratique, la frontière entre mesure d’organisation et sanction disciplinaire est fine. Ce jugement confirme que la sécurisation repose d’abord sur la cohérence entre les faits reprochés et les exigences du poste occupé.

Pour les DRH, c’est un rappel salutaire : toute décision de mobilité imposée doit être pensée comme un acte stratégique, juridiquement argumenté et opérationnellement justifié.

 

Tribunal Administratif de Lyon Lecture du vendredi 21 novembre 2025 N° 2401050

 

 

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20 novembre 2025 4 20 /11 /novembre /2025 10:13

 

 

Une décision récente du Tribunal administratif de Saint-Martin vient rappeler fermement le cadre d’utilisation du Compte Personnel de Formation dans la fonction publique.

L’affaire concernait une agente souhaitant suivre une formation en anglais pour préparer un projet associatif après son départ à la retraite.

Le tribunal confirme le refus de l’administration : le CPF doit impérativement servir un projet d’évolution professionnelle, qu’il s’agisse d’une mobilité, d’une promotion ou d’une reconversion. Les projets personnels ou bénévoles, même légitimes, ne peuvent être financés via ce dispositif.

Cette décision souligne l’importance pour les employeurs publics de bien accompagner les agents dans la construction de leurs projets professionnels, notamment via l’entretien avec un conseiller en évolution professionnelle, obligatoire avant toute demande structurée.

Un rappel utile pour toutes les directions RH FPT qui instruisent chaque jour des demandes de formation et doivent sécuriser leurs décisions.

💬 Avis
www.naudrh.com
Ce jugement apporte une clarification utile pour les employeurs publics : il sécurise l’interprétation du CPF comme outil strictement professionnel et rappelle la nécessité d’un accompagnement préalable de l’agent. Pour les DRH territoriaux, c’est aussi un appui solide pour motiver les refus lorsque le projet présenté sort du champ de l’évolution professionnelle.

 

Tribunal administratif de Saint-Martin, 2ème Chambre, 20 novembre 2025, 2300123

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20 novembre 2025 4 20 /11 /novembre /2025 09:32

 

 

 

La Cour administrative d’appel de Lyon vient de suspendre un dispositif local qui instaurait un congé supplémentaire de 7 jours pour le deuxième parent après la naissance de l’enfant (ord. 20/11/2025, n°25LY02431).

Une décision importante pour toutes les collectivités engagées dans l’innovation sociale.

La Cour considère que ce “congé d’accueil de l’enfant” n’est pas une autorisation spéciale d’absence au sens du CGFP, car il prolonge un congé prévu par la loi. Résultat : la mesure porte atteinte au principe de parité et crée un doute sérieux sur sa légalité.

À l’inverse, le “congé de santé menstruelle” n’a pas été examiné, la collectivité ayant déjà suspendu sa mise en œuvre.

👉 Cette décision rappelle une règle essentielle :
-Les employeurs territoriaux disposent certes d’une marge d’adaptation, mais ne peuvent pas créer de nouveaux congés statutaires ou étendre la durée d’un congé légal.
-Un enjeu clé pour sécuriser vos pratiques RH FPT et éviter des contentieux coûteux.

💬 Avis
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Cette décision illustre parfaitement le mouvement actuel : les collectivités innovent de plus en plus en matière de QVT et de droits sociaux… Mais se heurtent vite aux limites du cadre statutaire national. Pour éviter ces zones de risque, un accompagnement juridique solide est indispensable, surtout lorsque les décisions touchent au temps de travail ou aux congés des agents.

 

CAA de LYON, Juge des référés, 20/11/2025, 25LY02431

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19 novembre 2025 3 19 /11 /novembre /2025 09:59

 

 

 

 

 

Le Tribunal administratif de Marseille vient de rappeler une règle essentielle : un agent en disponibilité ne peut être radié des cadres que si l’administration l’a préalablement informé, de manière complète et circonstanciée, des conséquences d’une absence de demande de renouvellement ou de réintégration.

Dans cette affaire, l’agent avait bénéficié d’une disponibilité pendant plus de dix ans. S’il avait bien reçu les indications habituelles sur les délais, jamais l’administration ne l’avait averti que l’absence de demande entraînerait une radiation immédiate.

Résultat : le tribunal annule la décision et ordonne sa réintégration, la reconstitution de carrière depuis 2023 et 1 500 € de frais.

👉 Une décision forte qui rappelle l’importance du droit à l’information et la nécessité, pour les employeurs publics, de sécuriser leurs procédures de disponibilité et de réintégration.

Pour les responsables RH FPT : cette décision impose une vigilance accrue dans les notifications et dans la traçabilité des informations transmises aux agents.

💬 Avis
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Cette décision illustre parfaitement la tendance jurisprudentielle actuelle : les juges exigent une information claire, complète et loyale de l’agent, même lorsque les textes semblent placer l’obligation de demande à sa charge. L’administration doit sécuriser chaque étape documentaire pour éviter l’annulation de ses actes. Une vraie piqûre de rappel pour tous les services RH.

 

Tribunal administratif de Marseille, 7ème Chambre, 19 novembre 2025, 2307744

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18 novembre 2025 2 18 /11 /novembre /2025 12:04

 

 

 

Une ordonnance du Tribunal administratif d’Orléans vient éclairer un enjeu récurrent pour les services RH territoriaux : l’impossibilité de refuser la titularisation d’un stagiaire sur la base de missions qui ne correspondent pas à son cadre d’emplois.

Dans cette affaire, une agente recrutée comme adjoint technique avait été affectée à des fonctions d’auxiliaire de puériculture. Le maire a ensuite refusé sa titularisation… en invoquant son insuffisance professionnelle.

Le juge suspend cette décision pour deux raisons majeures :
✔ L’urgence est caractérisée : perte immédiate d’emploi et de rémunération.
✔ Un doute sérieux existe : l’évaluation de la stagiaire porte sur des fonctions étrangères à son grade, ce qui pourrait révéler une erreur manifeste d’appréciation.

Cette décision rappelle un principe fondamental :
👉 Un stagiaire ne peut être évalué – ni titularisé, ni refusé – qu’au regard des missions réellement attachées à son grade.

C’est un point de vigilance important pour sécuriser vos procédures RH, éviter des contentieux et garantir une gestion statutaire conforme.


💬 Avis
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Cette décision est très pédagogique pour les collectivités : elle confirme que confier des missions hors cadre d’emplois n’est jamais neutre juridiquement. Cela fragilise toute évaluation, et donc toute décision de titularisation. C’est un rappel utile pour sécuriser les parcours des stagiaires et éviter des décisions susceptibles d’être annulées.

 

 

Tribunal administratif d'Orléans, 18 novembre 2025, 2505863

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18 novembre 2025 2 18 /11 /novembre /2025 09:49

 

 

 

 

Un jugement récent du Tribunal administratif de Nancy vient éclairer, avec force, les obligations déontologiques des agents territoriaux et les conditions strictes d’attribution du complément indemnitaire annuel (CIA).
Dans cette affaire, une secrétaire de mairie avait procédé elle-même à l’attribution de son CIA en modifiant les paramètres du logiciel de paie, sans décision préalable de l’autorité territoriale. La collectivité lui inflige un avertissement. Elle conteste.

Le tribunal confirme la sanction.
Pourquoi ? Parce que :
- le CIA est une prime annuelle variable, dépendant entièrement de l’autorité hiérarchique ;
- aucun agent ne peut s’attribuer une indemnité, même s’il estime y avoir droit ;
- la manipulation du logiciel et la préparation du bordereau de paiement sans information des élus constituent un manquement à l’intégrité et à la probité.

Résultat : sanction maintenue, requête rejetée, et 1 500 € de frais de justice à la charge de l’agent.

📌 Cette décision rappelle l’importance de sécuriser le processus indemnitaire, de tracer les décisions et de s’appuyer sur une gouvernance RH rigoureuse.

👉 Une jurisprudence à connaître pour tous les responsables RH FPT soucieux de conformité et de transparence.

💬 Avis
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Cette décision est emblématique de l’exigence croissante en matière de probité dans la fonction publique territoriale. Elle souligne la nécessité, pour les employeurs, de verrouiller les circuits de validation des primes et pour les agents, de respecter strictement la chaîne hiérarchique. Elle fera date dans la gestion du CIA au niveau local.


 

Tribunal administratif de Nancy, 1ère Chambre, 18 novembre 2025, 2303006

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14 novembre 2025 5 14 /11 /novembre /2025 10:21

 

 

 

 

La Cour administrative d’appel de Lyon vient de rendre un arrêt important pour les employeurs territoriaux et les gestionnaires RH. Une agente d’un CCAS contestait le refus de protection fonctionnelle en invoquant un harcèlement moral.

La Cour confirme le refus : les éléments produits ne permettaient pas d’établir des faits répétés, personnels et suffisamment graves pour faire présumer un harcèlement.

Cet arrêt rappelle trois exigences essentielles pour les collectivités :
🔹 L’agent doit apporter des faits précis et circonstanciés.
🔹 Les difficultés relationnelles, retards de promotion ou remarques ponctuelles ne suffisent pas.
🔹 L’institution doit analyser objectivement la situation, mais peut refuser la protection fonctionnelle lorsqu’aucun élément solide ne corrobore les accusations.

À noter : la Cour supprime néanmoins la condamnation de 1 000 € infligée à l’agente en première instance, jugeant cette charge inéquitable.

Un rappel utile : la protection fonctionnelle n’est pas automatique, et son octroi repose sur un équilibre entre protection réelle des agents et impératif d’impartialité dans l’analyse des faits.

💬 Avis
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Cet arrêt illustre parfaitement la difficulté, pour les employeurs territoriaux, de distinguer un véritable harcèlement moral de tensions professionnelles isolées. Il montre également que les juridictions administratives exigent une démonstration solide avant de reconnaître un harcèlement. Pour les collectivités, cela renforce l’importance d’enquêtes internes rigoureuses, structurées et documentées, afin de sécuriser juridiquement les décisions prises.

 

CAA de LYON, 3ème chambre, 14/11/2025, 23LY00251

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13 novembre 2025 4 13 /11 /novembre /2025 23:36

 

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La Cour administrative d’appel de Bordeaux vient de rappeler une règle essentielle pour les employeurs publics :
👉 une maladie psychique n’est reconnue imputable au service que si le lien avec les conditions de travail est direct, certain… et non rompu par un fait personnel de l’agent.

Dans un arrêt du 12 novembre 2025, la Cour valide le refus d’imputabilité d’une pathologie pourtant survenue dans un contexte professionnel conflictuel, dès lors que les expertises établissent que le comportement de l’agent, lié à un trouble de la personnalité préexistant, est la cause déterminante de la situation.

⚖️ Cette décision est un signal fort pour les DRH territoriaux :
✔️ sécuriser l’instruction des dossiers CITIS,
✔️ s’appuyer sur des expertises médicales solides,
✔️ distinguer rigoureusement conditions de travail et faits personnels.

Une jurisprudence précieuse pour prévenir les risques contentieux et rappeler que l’imputabilité au service ne se présume pas.

💬 Avis
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Cette jurisprudence est juridiquement équilibrée et salutaire. Elle protège les employeurs publics contre une automaticité dangereuse de l’imputabilité tout en rappelant que chaque situation doit faire l’objet d’une analyse individualisée, factuelle et médicalement étayée. Pour les RH territoriales, c’est une confirmation : sans méthode, sans traçabilité et sans expertise, le risque contentieux devient immédiat.

 

CAA de BORDEAUX, 5ème chambre, 12/11/2025, 23BX03016

 

 

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13 novembre 2025 4 13 /11 /novembre /2025 22:48

 

 

 

Dans un arrêt rendu le 13 novembre 2025, la Cour de Cassation a rappelé que le salarié a droit au respect de sa vie privée, notamment dans l'organisation du télétravail. L'employeur qui refuse de mettre en place un télétravail préconisé par le médecin du travail sous prétexte que le salarié a refusé une visite de son domicile commet une erreur juridique.

🛡️ Les employeurs doivent respecter les recommandations des médecins du travail et garantir la sécurité et le bien-être des salariés sans porter atteinte à leurs droits fondamentaux, y compris le droit au respect de la vie privée. Ce jugement rappelle l'importance d'adapter les conditions de travail aux besoins individuels des salariés, tout en respectant les règles légales.

💼 Vous êtes responsable RH ? Assurez-vous que vos pratiques en matière de télétravail et d'aménagements de postes respectent les obligations légales et les droits des salariés.

 

Cour de cassation - Chambre sociale — 13 novembre 2025 - n° 24-14.322, n° 24-14.322

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13 novembre 2025 4 13 /11 /novembre /2025 11:49

 

 

 

 

Le Tribunal administratif de Melun rappelle un principe essentiel : une suspension conservatoire n’est possible que si les faits sont à la fois crédibles… et suffisamment graves pour justifier l’écartement immédiat du service.

Dans une décision rendue le 13 novembre 2025, la juridiction annule la suspension d’un agent territorial, estimant que, malgré un signalement précis, la gravité des faits n’était pas avérée au niveau requis par l’article L.531-1 du Code général de la fonction publique.

➡️ Résultat :
– suspension annulée ;
– obligation pour la commune d’effacer toute trace de la décision du dossier de l’agent ;
– 1 500 € au titre de l’article L.761-1 CJA à verser à l’agent.

Cette affaire rappelle l’importance pour les employeurs publics de bien caractériser la gravité, de sécuriser la procédure disciplinaire et de maîtriser le juste usage de la suspension conservatoire — une mesure exceptionnelle, jamais automatique.

👉 Sécuriser ses décisions, c’est protéger à la fois la collectivité et l’agent.

💬 Avis
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C’est une décision pédagogique : elle montre que la suspension conservatoire, souvent utilisée dans l’urgence, doit rester une mesure strictement encadrée. Beaucoup de collectivités en font un réflexe, alors qu’elle exige une analyse fine du risque, de la gravité et de la vraisemblance. Une erreur d’appréciation expose non seulement à une annulation, mais aussi à un impact organisationnel, humain et financier.

 

Tribunal administratif de Melun, 5ème Chambre, 13 novembre 2025, 2303082

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12 novembre 2025 3 12 /11 /novembre /2025 21:56

 

 

 

 

 

La CAA de Nancy vient de confirmer l’imputabilité au service d’un syndrome d’épuisement professionnel d'une agente territoriale, soulignant un message clair : la dégradation des conditions de travail, même sans intention de nuire, engage pleinement la responsabilité de l’employeur public.



Dans cette affaire, la Cour retient des éléments forts :
• une surcharge croissante des missions,
• une hausse notable des sollicitations du public,
• des alertes répétées de l’agente restées sans réponses,
• un climat interne dégradé attesté par des tiers,
• et un avis médical solide confirmant le lien direct entre travail et burn-out.

Ce jugement rappelle la nécessité, pour les employeurs territoriaux, de prévenir l’épuisement professionnel, d’écouter les signaux faibles, et de documenter rigoureusement les conditions de travail.

Un arrêt qui s’impose comme une véritable référence pour les DRH, DGS, élus et responsables de prévention dans la FPT.



💬 Avis www.naudrh.com

Cette décision illustre avec force un enjeu majeur : l’épuisement professionnel n’est pas un “risque théorique”, mais une réalité quotidienne dans de nombreuses collectivités. Elle renforce l’exigence de vigilance, d’écoute et de prévention. Elle rappelle aussi que les juridictions administratives sont désormais pleinement attentives aux contextes organisationnels, et n’hésitent plus à reconnaître le lien entre surcharge, isolement et burn-out.

 

CAA de NANCY, 5ème chambre, 12/11/2025, 22NC01981

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12 novembre 2025 3 12 /11 /novembre /2025 21:44

 

 

Dans un arrêt du 12 novembre 2025, la CAA de Bordeaux rappelle un principe essentiel pour les RH territoriales :
➡️ les autorisations spéciales d’absence (ASA) ne s’appliquent que lorsque l’agent est en service.

Concrètement, lorsqu’un représentant du personnel est convoqué en CAP, en conseil de discipline ou en instance statutaire un jour où il ne travaille pas, il n’a :
-ni droit à ASA,
-ni droit à récupération,
-ni droit à rémunération,
-ni obligation de se rendre à la convocation.

La cour confirme également qu’aucun préjudice financier ou moral ne peut être invoqué dans ce cas, même si les convocations proviennent de l’employeur.

📌 Un rappel important pour sécuriser vos pratiques RH, notamment dans la gestion du temps de travail des représentants du personnel et la lecture des convocations envoyées par les CDG.

🧭 Une décision utile pour les DRH, gestionnaires RH et DGS souhaitant concilier juste application des textes et reconnaissance de l’engagement syndical.

💬 Avis
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Cette décision clarifie une zone grise souvent mal comprise. Elle rappelle un équilibre essentiel : garantir les droits syndicaux tout en sécurisant la gestion du temps de travail. Pour les collectivités, c’est un appui juridique précieux pour harmoniser les pratiques entre services et éviter des demandes indemnitaires infondées.

 

CAA de BORDEAUX, 5ème chambre, 12/11/2025, 23BX03122

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10 novembre 2025 1 10 /11 /novembre /2025 08:12

 

 

Une nouvelle décision du Défenseur des droits vient rappeler une règle trop souvent méconnue : aucun jour de carence ne peut être appliqué à une agente enceinte, dès lors que l’arrêt maladie intervient entre la déclaration de grossesse et le début du congé de maternité, même si l’arrêt n’est pas lié à la grossesse.



Dans la décision n°2025-198, la commune de Y avait retenu un jour de carence, au motif que le premier arrêt de travail n’était pas en lien avec la grossesse.

❌ Le Défenseur des droits écarte totalement cette justification.

➡️ Le législateur a souhaité protéger tous les arrêts maladie des femmes enceintes, sans distinction.



Pourquoi ?
Parce qu’une femme enceinte est confrontée à une fragilité physique accrue, et que la législation vise à garantir une protection renforcée, prévenir les risques et éviter une perte de rémunération injustifiée.

Conséquence : la collectivité doit rembourser immédiatement le jour retenu à tort et rendre compte sous trois mois des suites données.



👉 Pour les employeurs publics : une vigilance indispensable pour éviter des erreurs de gestion et sécuriser vos pratiques RH.

👉 Pour les agentes concernées : un droit clair, solide, et opposable.



💬 Avis www.naudrh.com
Cette décision est un rappel bienvenu : les règles protectrices liées à la grossesse sont trop souvent mal maîtrisées dans les collectivités. L’enjeu est double : sécuriser les pratiques RH et éviter des atteintes aux droits fondamentaux. Une veille juridique réellement opérationnelle est indispensable pour prévenir ce type d’erreurs, qui nuisent à la fois aux agents et à l’image de l’employeur.

 

 

Cliquez sur l'image pour télécharger le document.

 

Décision du Défenseur des droits n°2025-198

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6 novembre 2025 4 06 /11 /novembre /2025 21:47

 

 

 

La CAA de Versailles vient de rendre un arrêt important sur la portée des changements d’affectation, la protection fonctionnelle et l’obligation de sécurité des employeurs publics. Une affaire exemplaire pour mieux comprendre ce qui relève — ou non — d’une décision contestable.


Dans ce dossier, un agent territorial contestait son changement d’affectation décidé lors de son retour en mi-temps thérapeutique, invoquait un harcèlement moral et réclamait plus de 30 000 € d’indemnisation. La Cour confirme finalement qu’aucune de ses demandes n’était fondée.

👉 Le changement d’affectation, sans perte de rémunération ni de responsabilités, constitue une mesure d’ordre intérieur, donc non susceptible de recours.

👉 Les faits de harcèlement moral doivent être prouvés, ce qui suppose des éléments concrets et répétés.

👉 Le refus de protection fonctionnelle peut être confirmé lorsque l’agent n’apporte pas d’éléments suffisants.

👉 L’obligation de sécurité est respectée lorsque l’employeur suit les préconisations du médecin du travail.

Un rappel utile : dans la fonction publique territoriale, la solidité des dossiers RH et la traçabilité des décisions demeurent essentielles pour sécuriser la gestion des agents.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cet arrêt illustre parfaitement l’importance pour les employeurs publics de documenter chaque décision, surtout lors des reprises après arrêt maladie. Il rappelle aussi que la jurisprudence reste exigeante pour qualifier un harcèlement ou engager la responsabilité de la collectivité. Une décision très éclairante pour les professionnels RH.

 

CAA de VERSAILLES, 2ème chambre, 06/11/2025, 24VE01330

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5 novembre 2025 3 05 /11 /novembre /2025 21:52

 

 

 

Le Conseil d’État (17 octobre 2025, n°505325) vient de rappeler une règle essentielle pour les gestionnaires RH et les agents publics : le droit de communication du dossier administratif ne signifie pas que l’administration doit remettre une copie intégrale du dossier à l’agent.

Dans cette affaire, un praticien hospitalier contestait sa mutation dans l’intérêt du service et sa suspension de fonctions, au motif qu’il n’avait pas reçu tous les documents de son dossier. Le Conseil d’État a annulé l’ordonnance du juge des référés, estimant que l’agent avait été informé de la possibilité de consulter l’intégralité du dossier sur place — ce qui suffit à respecter les garanties prévues par l’article 65 de la loi du 22 avril 1905.

👉 Autrement dit :
L’administration n’a pas l’obligation d’envoyer une copie du dossier à l’agent.
Il lui suffit de lui offrir la possibilité de le consulter dans ses locaux.
Une garantie procédurale n’est pas méconnue dès lors que cette consultation est effectivement possible.

Cette décision conforte la position des employeurs publics : le droit d’accès au dossier ne doit pas être confondu avec un droit à communication à distance.

💬 Avis
www.naudrh.com
Cette décision clarifie utilement une confusion fréquente dans la fonction publique : l’administration doit permettre la consultation, mais non organiser la diffusion des copies. C’est un équilibre pragmatique entre les droits de la défense et la gestion interne des dossiers — un rappel bienvenu pour les services RH souvent confrontés à des demandes excessives de communication.

 

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5 novembre 2025 3 05 /11 /novembre /2025 21:45

 

 


Dans une décision importante (CE, 17 octobre 2025, n°493859), le Conseil d’État rappelle une règle fondamentale : lorsqu’une personne publique signe une rupture conventionnelle qu’elle estime ensuite illégale, elle ne peut pas en demander l’annulation au juge administratif.

👉 En l’espèce, la chambre de métiers et de l’artisanat du Val-d’Oise avait conclu une rupture conventionnelle avec un agent, assortie d’une indemnité de 105 219 € et d’une clause de renonciation à tout recours.

Estimant par la suite que l’acte était irrégulier, elle a saisi le tribunal administratif pour en obtenir l’annulation et le remboursement de la somme versée.

Le Conseil d’État a été clair : l’administration devait retirer elle-même l’acte illégal, et non en demander l’annulation au juge, car on ne peut pas demander au juge d’exercer un pouvoir que l’on détient déjà.

⚖️ À retenir :
➡️ Si une collectivité ou un établissement public considère qu’une rupture conventionnelle est entachée d’illégalité, elle doit la retirer (dans les délais de droit).
➡️ Elle n’est pas recevable à saisir le juge d’un recours pour excès de pouvoir contre sa propre décision.

💬 Avis www.naudrh.com : cette décision clarifie utilement les limites procédurales pour les employeurs publics. Elle souligne la nécessité, pour les directions RH, de sécuriser juridiquement les ruptures conventionnelles dès leur conclusion — car un mauvais cadrage initial ne peut être “rattrapé” ensuite par le juge.

 

Conseil d'État n° 493859 du 17 octobre 2025

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3 novembre 2025 1 03 /11 /novembre /2025 21:08

 

 

 

⚖️ Altercation entre agents : une phrase malvenue dans un contexte tendu peut suffire à justifier un avertissement disciplinaire dès lors qu’elle contribue à détériorer le climat de travail.

Lorsqu’un agent public adopte un comportement inadapté susceptible d’aggraver une situation de tension au travail, même sans être à l’origine directe de violences physiques, la sanction disciplinaire peut être considérée comme justifiée.

C’est ce que rappelle la Cour administrative d’appel de Lyon (6e chambre, arrêt du 9 octobre 2025, n° 25LY00103) dans une affaire opposant une manipulatrice en radiologie au centre hospitalier d’Ardèche Nord.

À la suite d’une altercation avec une collègue en état d’épuisement professionnel, l’agent avait déclaré à cette dernière de « cesser sa crise d’adolescence ».

Cette remarque jugée « méprisante et inadaptée » a provoqué une réaction violente, menant à un échange de coups.

La Cour confirme que :
-le comportement de l’agent, bien que non initiateur de la violence, a aggravé une situation identifiable de crise ;
-la sanction d’avertissement infligée par le directeur n’est ni disproportionnée ni entachée d’erreur d’appréciation ;
-cette sanction, la plus légère du régime disciplinaire, n’a pas d’incidence sur la carrière ou la rémunération de l’agent.

👉 En résumé : même une phrase malvenue dans un contexte tendu peut suffire à justifier un avertissement disciplinaire dès lors qu’elle contribue à détériorer le climat de travail.

Une décision à méditer pour les encadrants RH et les responsables de service dans la fonction publique hospitalière et territoriale.

 

Cour administrative d'appel de Lyon, 6ème Chambre, 9 octobre 2025, 25LY00103

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31 octobre 2025 5 31 /10 /octobre /2025 18:41

 

 

 

La question de la présence d’un tiers en qualité d’observateur lors d’un entretien professionnel dans la fonction publique soulève des enjeux de procédure et de respect des droits de l’agent, notamment en matière de confidentialité et de garantie d’une appréciation objective. La décision rendue par la Cour administrative d’appel de Bordeaux (3e chambre, arrêt du 7 octobre 2025, n° 23BX03179) apporte des éléments de réponse significatifs.

Le cadre réglementaire

L’entretien professionnel des fonctionnaires a pour objet d’évaluer la valeur professionnelle de l’agent, de définir ses perspectives d’évolution et ses besoins de formation. Le dispositif réglementaire impose que l’entretien soit conduit par le supérieur hiérarchique direct de l’agent, et que celui‑ci se déroule de façon « directe ». Cette exigence vise à garantir que l’échange soit confidentiel, qu’il s’attache exclusivement à l’évaluation de l’agent, sans interférence externe.

Analyse de l’arrêt (CAA Bordeaux, 7 octobre 2025, n° 23BX03179)

Dans l’affaire soumise à la cour, un fonctionnaire attaché principal d’administration (agent comptable et gestionnaire adjoint) contestait la validité de son compte‑rendu d’entretien professionnel (CREP) pour l’année scolaire 2020‑2021. Il alléguait qu’à l’occasion de l’entretien mené par son supérieur hiérarchique (le proviseur), la présence du proviseur adjoint en qualité d’observateur avait vicié la procédure. Selon lui, cette présence l’avait empêché d’échanger « en toute confiance et confidentialité » avec son supérieur direct.

La Cour rappelle que, s’il est clair que l’entretien « doit être conduit par le supérieur direct du fonctionnaire à peine d’irrégularité », la présence d’un tiers en qualité d’observateur ne constitue pas nécessairement une irrégularité de plein droit. Elle constate que, dans les faits, une situation de tension ou de conflit existait entre l’agent et son supérieur hiérarchique, ce qui justifiait la présence d’un observateur afin de garantir le bon déroulement de l’entretien. En l’espèce, la Cour a estimé que l’agent n’établissait pas que cette présence avait exercé une influence sur le contenu du CREP ni qu’elle l’avait privé d’une garantie procédurale. Elle en a donc conclu à l’absence de vice de procédure et rejeté la demande d’annulation.

Portée pratique pour la fonction publique territoriale

Cette jurisprudence est d’une importance notable pour les employeurs publics et les services RH :

-Elle autorise, dans certaines conditions, la présence d’un tiers observateur lors de l’entretien professionnel ;

-Elle pose cependant des conditions strictes : le supérieur direct doit demeurer l’animateur de l’entretien, l’observateur ne doit pas intervenir dans l’échange, ni influencer la notation ou l’évaluation de l’agent ;

-Elle précise que la situation de présence d’un observateur doit être justifiée (par exemple une relation conflictuelle entre agent et supérieur) et que l’agent doit pouvoir démontrer que cette présence a exercé une influence ou privation de garanties pour que l’entretien soit annulé.

Recommandations pratiques

Pour un manager ou service RH :

-Veiller à ce que l’entretien soit bien mené principalement par le supérieur hiérarchique direct, conformément aux textes applicables ;

-En cas de tension ou de conflictualité avérée, envisager la présence d’un observateur en précisant son rôle (observateur, sans intervention ni évaluation) et veiller à ce que l’agent en soit informé ;

-Formaliser la procédure interne : préciser dans la note de service ou règlement interne que la présence d’un observateur est exceptionnelle, justifiée, et ne change pas la responsabilité du supérieur hiérarchique direct ;

-Documenter la justification de la présence de l’observateur (par exemple, la nature du conflit, l’objet de la mesure de garantie) et conserver la traçabilité de l’entretien.

Conclusion

En conclusion, à la lumière de l’arrêt de la Cour administrative d’appel de Bordeaux (3e ch., 7 octobre 2025, n° 23BX03179), il apparaît que la présence d’un tiers en qualité d’observateur lors d’un entretien professionnel d’agent public n’est pas, en elle‑même, incompatible avec la légalité de la procédure. Toutefois, pour qu’elle ne vienne pas entacher la procédure, il est indispensable que le supérieur hiérarchique direct reste en charge de l’entretien, que l’observateur ne participe pas à l’échange ni à l’évaluation, que la présence du tiers soit justifiée par une situation particulière (ex. conflit) et que l’agent ne subisse pas de préjudice de garantie.

 

Avis www.naudrh.com : cette solution est pragmatique et favorable à une gestion apaisée des entretiens dans les situations difficiles, tout en gardant les garanties nécessaires pour l’agent.

 

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30 octobre 2025 4 30 /10 /octobre /2025 23:53

 

 

 

Dans l'arrêt n° 2303402 du 30 octobre 2025, le tribunal administratif de Nîmes précise que pour les techniciens paramédicaux territoriaux concernés par la réforme de 2022 (décrets n° 2022-625 et 2022-627 du 22 avril 2022)  l’intégration en catégorie A est automatique et de droit, dès lors que les textes prévoient l’extinction du cadre d’emplois de B et la bascule en A.

Un employeur public local (commune, CCAS, hôpital local, etc.) ne peut pas conditionner cette intégration à une appréciation subjective des missions réellement exercées.

Un agent concerné par cette réglementation doit donc être reclassée en catégorie A et voir ses droits (rémunération, avancement, etc.) reconstitués à compter du 1ᵉʳ mai 2022, date d’entrée en vigueur de la réforme.

Sur le plan statutaire, cette décision est très forte : elle verrouille l’idée que, lorsqu’un cadre d’emplois est placé en extinction et que les textes prévoient une intégration dans un nouveau cadre d’emplois de catégorie A, les collectivités n’ont aucune marge d’interprétation pour restreindre ce droit.

 

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Tribunal administratif de Nîmes, 2ème chambre, 30 octobre 2025, n° 2303402

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