ICI, on décrypte pour vous toute l'actualité RH FPT 24/7
Gagnez du temps, limitez les risques
30 ans d’expérience terrain en gestion RH
dans la Fonction Publique Territoriale
Vous cherchez une information fiable, une analyse utile et un appui concret pour prendre de bonnes décisions RH dans la fonction publique territoriale ? L'association nationale NAUDRH.COM vous aide à aller plus vite, plus sûrement et avec davantage de recul grâce à une expertise opérationnelle de terrain, une veille juridique analytique et des ressources directement utiles pour votre quotidien.
Gain de temps
Accédez plus rapidement à l’essentiel sans vous disperser.
Sécurisation
Réduisez les erreurs et fiabilisez vos décisions RH sensibles.
Appui concret
Bénéficiez d’outils, de ressources et d’un regard expert. Facilitez votre quotidien.
Une difficulté d’interprétation statutaire ? Une question complexe en gestion RH territoriale ? Des professionnels de la fonction ressources humaines, en activité et spécialisés dans la fonction publique territoriale, assurent pour vous des permanences de renseignement téléphonique 24 heures sur 24.
Selon vos besoins, nous pouvons également rédiger des expertises statutaires argumentées, avec les références législatives, réglementaires et jurisprudentielles mobilisées, puis vous les commenter directement au téléphone pour faciliter leur appropriation et leur mise en œuvre.
Le Conseil d’État vient de rendre une décision majeure pour l’ensemble des employeurs publics. Saisi par la CGT Fonction publique, il a jugé illégales certaines dispositions du décret n°84-972 du 26 octobre 1984 sur les congés annuels des fonctionnaires d’État… et enjoint le Premier ministre à les modifier dans un délai de six mois.
âïž Ce que décide le Conseil d’État : -Les articles 1er et 5 du décret de 1984 ne peuvent plus prévoir l’extinction automatique des congés non pris (ou de leur indemnisation en fin de contrat) sans que l’agent ait été informé par son employeur. -Cette obligation d’information découle de la directive européenne 2003/88/CE, qui garantit quatre semaines de congés payés par an. -Concrètement, l’administration devra désormais avertir chaque agent : du nombre exact de jours de congés reportés ; et de la date limite à laquelle ces jours peuvent être pris. -En revanche, le Conseil d’État rejette l’idée d’un report des congés pour les agents placés en autorisation spéciale d’absence pour raison de santé (notamment lors du COVID), considérant qu’ils ne sont pas assimilés à un congé maladie.
đïž Impact pour la fonction publique territoriale : -Même si la décision vise la fonction publique de l’État, elle aura un effet d’entraînement pour les autres versants, notamment territorial, où les règles relatives aux congés reposent sur des décrets analogues. -Les employeurs territoriaux doivent donc anticiper une mise en conformité de leurs pratiques d’information des agents sur leurs droits à congés.
đ En résumé : Le droit à congé annuel payé ne peut disparaître sans information préalable de l’agent. Le Conseil d’État consacre ainsi une nouvelle obligation d’information pesant sur l’administration.
đŹ Aviswww.naudrh.com Cette décision est un signal fort : elle renforce la sécurité juridique des agents et responsabilise les employeurs publics. Pour la fonction publique territoriale, c’est une incitation claire à adapter sans tarder ses pratiques RH — sous peine, demain, de nouveaux contentieux.
đ Le licenciement pour insuffisance professionnelle ne suppose ni des fautes répétées, ni une invitation préalable à s’améliorer, mais peut être légalement fondé sur une évaluation objective et prolongée démontrant l’inaptitude durable de l’agent à exercer normalement ses fonctions.
Dans cette affaire, les difficultés récurrentes de l’agent — constatées sur plusieurs années malgré un accompagnement bienveillant de la collectivité (formations, rappels à l’ordre, réaffectation, réduction de missions…) — ont été jugées suffisantes pour caractériser une insuffisance professionnelle durable.
đĄ En pratique, les employeurs publics doivent veiller à documenter sur la durée les insuffisances constatées, à assurer un suivi RH rigoureux, et à privilégier les mesures d’accompagnement avant toute décision de licenciement.
Mais lorsque ces efforts échouent, la jurisprudence confirme la légalité d’une mesure fondée sur une évaluation complète et cohérente dans le temps.
đŹ Aviswww.naudrh.com Cette décision apporte une clarté bienvenue pour les employeurs publics : elle confirme qu’une évaluation approfondie et bien étayée peut suffire, sans qu’il soit nécessaire d’attendre des échecs répétés. Cependant, elle invite aussi à renforcer la culture managériale de l’accompagnement, pour que le licenciement reste vraiment l’ultime recours, et non une solution de facilité face à la complexité humaine du service public.
Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand vient de rendre une ordonnance éclairante pour tous les responsables RH de la fonction publique territoriale. Confronté au refus d’un agent de communiquer les revenus issus d’une activité privée lucrative non autorisée, un SICTOM a obtenu du juge une injonction obligeant l’agent à transmettre ses bilans comptables pour cinq exercices.
đĄ Pourquoi cette décision est-elle essentielle ? Parce qu’elle rappelle clairement que : -la règle du non-cumul lucratif (art. L.123-1 CGFP) s’impose à tous les agents ; -en cas de violation, l’administration doit pouvoir recouvrer les rémunérations indûment perçues (art. L.123-9 CGFP) ; -l’employeur territorial, démuni pour contraindre l’agent, peut solliciter le juge des référés pour obtenir les documents indispensables ; -la protection des deniers publics justifie l’urgence de la mesure.
Une jurisprudence à connaître pour toutes les équipes RH, surtout lorsque les situations de cumul illicite deviennent difficiles à instruire.
đŹ Aviswww.naudrh.com Cette décision est très utile pour les employeurs territoriaux : elle renforce leurs capacités d’action face aux refus d’agents en situation de cumul illicite et sécurise les démarches de recouvrement. Elle rappelle aussi l’importance de maîtriser les procédures de contrôle du cumul et d’agir rapidement pour protéger les deniers publics.
Un agent public ne peut obtenir réparation que s’il démontre des agissements répétés excédant les limites normales du pouvoir hiérarchique. En l’absence d’éléments probants, des décisions de management, des sanctions disciplinaires ou des relations professionnelles dégradées ne suffisent pas à caractériser un harcèlement moral.
đ Cet arrêt est un signal clair pour les employeurs territoriaux : • la traçabilité des décisions, • la cohérence des sanctions, • et l’objectivation des difficultés professionnelles constituent les meilleurs remparts contre le risque contentieux.
đ C’est aussi un rappel utile pour les agents : la charge de la preuve reste centrale et le juge apprécie toujours les faits dans leur globalité, y compris le comportement de l’intéressé.
đŹ Aviswww.naudrh.com Cet arrêt est juridiquement solide et pédagogiquement utile. Il réaffirme un équilibre indispensable entre la protection des agents et la légitimité de l’autorité hiérarchique, dans un contexte où la notion de harcèlement est parfois invoquée pour qualifier des conflits professionnels qui relèvent avant tout de difficultés relationnelles ou de manquements avérés.
CAA de VERSAILLES, 2Ăšme chambre, 03/10/2025, 24VE01481
đ Pour sécuriser vos pratiques RH FPT au quotidien
Vous souhaitez approfondir ce sujet, disposer d’analyses juridiques à jour 24/7 et bénéficier d’un accompagnement expert pour vos dossiers RH sensibles ?
NAUDRH.COM met à votre disposition plusieurs services conçus pour les responsables RH territoriaux :
đŠ Veille statutaire et juridique analytique RH FPT 24/7
Accédez à une veille actualisée en continu, des analyses claires et opérationnelles, et un suivi expert des réformes qui impactent la fonction publique territoriale.
Une question RH urgente à tout moment ? Un dossier complexe à sécuriser avant transmission à la hiérarchie ? Profitez d’un accompagnement personnalisé pour sécuriser et fiabiliser vos décisions RH.
Guides pratiques, fiches opérationnelles, podcasts courts dédiés aux réformes récentes… des outils prêts à l’emploi pour gagner du temps et fiabiliser vos pratiques RH FPT.
Le jugement rappelle un principe essentiel : la loyauté de l’agent public est au cœur du lien de confiance avec sa collectivité.
Dans cette affaire, le tribunal administratif avait annulé la sanction pour vice de procédure. Mais la CAA a rétabli l’arrêté d’exclusion temporaire de deux ans, estimant que : le délai de convocation au conseil de discipline avait bien été respecté, -la matérialité des faits de fraude était établie, et la sanction, proportionnée à la gravité des manquements.
Le Tribunal administratif de Marseille vient de rendre un jugement intéressant pour toutes les collectivités : un agent de police municipale contestait son entretien professionnel 2021, arguant de vices de procédure, d’incompétence du supérieur évaluateur et d’une mauvaise appréciation de sa manière de servir.
đ Le tribunal confirme que la directrice générale des services était parfaitement compétente pour mener l’entretien, même pour un policier municipal, dès lors qu’elle est son supérieur hiérarchique dans la gestion administrative de l’agent.
đ Les critères d’évaluation avaient bien été validés par le comité technique, et aucun texte n’impose de les communiquer avant l’entretien.
đ Enfin, aucune erreur manifeste d’appréciation n’a été démontrée.
đ Un rappel essentiel : pour contester une évaluation, la charge de la preuve repose sur l’agent, et toute critique doit être étayée. À l’inverse, les collectivités doivent sécuriser leur procédure d’entretien annuel pour éviter tout risque contentieux.
đŹ Aviswww.naudrh.com Cette décision illustre bien la frontière entre la rigueur attendue des employeurs dans le déroulement des entretiens professionnels et la nécessité, pour les agents, d’apporter des éléments concrets lorsqu’ils contestent une appréciation. Elle rappelle aussi que le rôle de la DGS dans la chaîne hiérarchique est souvent mal compris, notamment dans les services de police municipale. Une jurisprudence utile, pragmatique et clarificatrice.
đ Un représentant syndical contestait un blâme disciplinaire qui lui avait été infligé après avoir tenu des propos injurieux et sexistes à l’égard d’une supérieure hiérarchique lors d’une réunion informelle. đ Il invoquait notamment l’incompétence de l’autorité signataire, la disproportion de la sanction et une discrimination syndicale.
đ Le juge a retenu : â La délégation de signature du préfet au directeur départemental était régulière. â Les faits étaient établis : propos répétés malgré une mise en garde. â La qualité de représentant syndical n’exonère pas du respect des obligations déontologiques. â La sanction (blâme) n’était pas disproportionnée au regard de la gravité des propos.
âïž Résultat : la requête est rejetée. Un rappel fort : la liberté syndicale s’exerce avec une grande latitude, mais elle ne permet pas d’outrepasser les règles de respect et de discipline professionnelle.
đĄ Enjeu RH : cet arrêt souligne l’équilibre délicat entre protection de l’expression syndicale et préservation du cadre déontologique dans la fonction publique.
đŹ Aviswww.naudrh.com: ce jugement paraît équilibré. Il confirme que le mandat syndical confère une liberté d’expression élargie, mais ne doit jamais être utilisé comme un « bouclier » contre des comportements irrespectueux. Cela rappelle aux acteurs RH et aux représentants du personnel que la qualité du dialogue social repose aussi sur la responsabilité individuelle dans les échanges.
Le Conseil d’État (décision n° 488350 du 26 septembre 2025) vient de rappeler un principe fondamental du droit de la fonction publique territoriale : les régimes indemnitaires doivent reposer sur un fondement juridique explicite.
Une agent territoriale demandait la reconstitution de ses primes depuis 2015, mais la Haute juridiction a confirmé le rejet de sa demande, considérant qu’aucune délibération n’autorisait un tel versement rétroactif.
đ En clair : sans texte, pas de prime. Une décision importante pour les collectivités territoriales et les gestionnaires RH, qui doivent veiller à sécuriser la base juridique de tout dispositif indemnitaire.
đŹ Aviswww.naudrh.com Cette décision consolide la rigueur juridique en matière de régimes indemnitaires. Elle incite les employeurs publics à renforcer le suivi de leurs délibérations indemnitaires, souvent anciennes et parfois lacunaires, pour prévenir tout risque contentieux futur.
La Cour des comptes vient de rendre un arrêt important concernant le Centre départemental de gestion de l’Isère (CDG38). L’affaire portait sur le versement d’une prime de 13á” mois, jugée irrégulière car sans base légale solide (aucune délibération antérieure à 1984 ne permettait son maintien dérogatoire).
đ Entre 2019 et 2022, près de 855 000 € avaient été versés aux agents du CDG38 au titre de cette prime.
đ Le ministère public avait estimé qu’il s’agissait d’une infraction financière engageant la responsabilité des ordonnateurs et gestionnaires.
đ Pourtant, la Cour a décidé la relaxe des dirigeants et responsables mis en cause, considérant que : -la délibération de 1990, bien qu’illégale, avait toutes les apparences de la légalité, -elle avait été appliquée pendant plus de 30 ans sans remarque des autorités de contrôle, et elle fut abrogée dès que son illégalité fut confirmée en 2024.
đ En résumé : pas de faute grave ni de préjudice financier significatif reconnu. La régularité formelle prime, mais la bonne foi des gestionnaires publics et la tolérance administrative passée ont pesé lourd dans la balance.
đĄ Cet arrêt illustre à quel point la gestion indemnitaire dans la fonction publique territoriale reste un terrain délicat, où se croisent histoire, droit et pratiques locales. Une vigilance accrue sur la conformité juridique des primes s’impose aux employeurs publics.
đŹ Aviswww.naudrh.com: cet arrêt est un signal fort. Il rappelle que la responsabilité des gestionnaires publics ne peut être engagée à la légère, surtout lorsqu’une pratique a été tolérée pendant des décennies. Mais il souligne aussi un enjeu de fond : la nécessité de sécuriser juridiquement chaque régime indemnitaire, pour éviter d’exposer inutilement les agents et les institutions.
La CAA de Nantes vient de confirmer le 15 septembre 2025 (n°24NT01805) le refus de titularisation d’un aide-soignant stagiaire de l’EPSM du Morbihan. Une décision qui illustre parfaitement les exigences attachées à la manière de servir et à la traçabilité RH dans la fonction publique.
Dans cette affaire, le juge administratif valide totalement la position de l’employeur : -l’agent avait bénéficié d’un entretien préalable, de l’accès à son dossier, d’une prolongation de stage et d’un suivi individualisé. Les retards répétés, le manque d’implication en équipe et la désorganisation du service qu’ils entraînaient ont été considérés comme des insuffisances professionnelles caractérisées, indépendantes de l’état de santé invoqué.
-Pour les employeurs publics, cette décision rappelle plusieurs points essentiels : đ l’importance de documenter les difficultés tout au long du stage ; đ la nécessité de respecter le contradictoire et les règles de procédure ; đ le rôle déterminant des évaluations professionnelles dans l’appréciation de l’aptitude.
đŹ Aviswww.naudrh.com Cet arrêt confirme une ligne jurisprudentielle constante : la titularisation n’est jamais automatique. La manière de servir, lorsqu’elle est objectivée, documentée et partagée avec l’agent, demeure un critère déterminant. Cette décision constitue un repère clair pour les collectivités et établissements publics qui doivent sécuriser leurs pratiques tout en adoptant une démarche d’accompagnement juste et structurée.
NOUVEAU DROIT FONDAMENTAL : Un salarié placé en arrêt maladie pendant ses congés payés a désormais le droit de voir ces congés reportés, à condition d'avoir notifié l'arrêt à son employeur.
HARMONISATION EUROPÉENNE : Cette décision met le droit français en conformité avec le droit de l'Union européenne après 30 ans de jurisprudence contraire.
IMPACT IMMÉDIAT : 2,3 millions d'entreprises françaises et 16 millions de salariés concernés par cette transformation juridique majeure.
30
années de jurisprudence renversées
2,3M
entreprises impactées
16M
salariés concernés
15
mois de délai de report
đ Analyse juridique de l'arrêt
Le dispositif juridique
L'affaire oppose Mme G., médecin du travail employée depuis 1990 par l'Association Gimac santé au travail, à son employeur dans le cadre d'un litige né après son départ en retraite. Le litige porte spécifiquement sur le décompte des congés payés impactés par des arrêts maladie survenus pendant ses périodes de vacances, dûment notifiés à l'employeur.
"Il convient de juger désormais qu'il résulte de l'article L. 3141-3 du code du travail, interprété à la lumière de l'article 7, paragraphe 1, de la directive 2003/88/CE [...] que le salarié en situation d'arrêt de travail pour cause de maladie survenue durant la période de congé annuel payé a le droit de bénéficier ultérieurement des jours de congé payé coïncidant avec la période d'arrêt de travail pour maladie."
- Arrêt n°23-22.732, Cour de cassation
Conditions d'application
1
Arrêt pendant congés
L'arrêt maladie doit survenir pendant les congés payés (non avant)
2
Notification obligatoire
Le salarié doit notifier l'arrêt à l'employeur dans les délais légaux
3
Justification médicale
Certificat médical valide comme pour tout arrêt maladie
4
Report automatique
Les jours coïncidant sont automatiquement reportés (15 mois max)
đȘđș Pression européenne et conformité
2009
Arrêt Schultz-Hoff
La CJUE établit le principe du report des congés non pris en raison d'une maladie
2012
Arrêt ANGED
Consécration directe du report des congés en cas de maladie pendant les vacances
18 juin 2025
Lettre de mise en demeure
La Commission européenne met en demeure la France (procédure INFR 2024/4005)
10 septembre 2025
Arrêt de la Cour de cassation
Revirement jurisprudentiel pour éviter une condamnation européenne
Contexte de pression européenne
La lettre de mise en demeure du 18 juin 2025 accordait un délai de deux mois jusqu'au 18 août 2025. Non respecté par la France, ce délai exposait le pays à une saisine de la CJUE avec des condamnations financières potentiellement lourdes.
đ Comparaison avant/après
Aspect
Avant le 10 septembre 2025
Après le 10 septembre 2025
Principe général
Aucun report possible des congés en cas de maladie pendant les vacances
Droit au report automatique des jours coïncidant avec l'arrêt maladie
Jurisprudence de référence
Arrêt du 4 décembre 1996 - refus catégorique du report
Arrêt n°23-22.732 - consécration du droit au report
Conditions
Aucune possibilité même avec justification médicale
Notification obligatoire à l'employeur + certificat médical
Délai de report
Non applicable
15 mois maximum à compter de la fin de l'année de référence
Impact sur les entreprises
Gestion simplifiée - pas de report à prévoir
Adaptation des logiciels RH et des processus obligatoire
đŒ Impact sur les entreprises et salariés
Implications pour les employeurs
Niveaux d'impact par domaine
Gestion RH
Très élevé
Coûts administratifs
Élevé
Risque juridique
Très élevé
Organisation du travail
Élevé
Risques identifiés par le patronat
Augmentation des arrêts maladie de complaisance pendant les congés
Complexification de la gestion des plannings, particulièrement en PME
Coûts supplémentaires : adaptation des logiciels, formation des équipes
Impossibilité de prévoir définitivement les absences
Droits renforcés des salariés
Garantie de pouvoir effectivement bénéficier de leurs congés payés
Protection contre les aléas de santé pendant les vacances
Flexibilité de 15 mois pour reporter les congés concernés
Harmonisation avec les standards européens de protection sociale
âïž Réactions des partenaires sociaux
Position du patronat
Medef (Patrick Martin) : "Signal préoccupant pour notre compétitivité et la lutte contre les arrêts de travail abusifs"
CPME : Qualifie la décision d'"ubuesque", redoute un "appel d'air" vers les faux arrêts maladie
Syndicat des Indépendants : Alerte sur une "charge beaucoup trop lourde" pour les TPE
Satisfaction syndicale
CGT : "Deux victoires majeures", demande une application rétroactive immédiate
CFDT : "Quand on est malade, ce n'est pas des vacances", approche pragmatique
Consensus syndical : Demande d'inscription dans la loi pour sécuriser l'avancée
đ§ Modalités pratiques de mise en œuvre
Processus de report automatique
1
Déclaration
Arrêt maladie notifié sous 48h à l'employeur avec certificat médical
2
Exclusion automatique
Les jours coïncidant sont exclus du décompte de congés payés
3
Calcul du report
Nombre de jours = durée de l'arrêt pendant les congés initiaux
4
Information du salarié
L'employeur informe le salarié dans le mois suivant la reprise
5
Prise du report
Congés reportés à prendre dans les 15 mois maximum
Mécanismes anti-fraude
Contre-visites médicales renforcées en cas de suspicion
Suivi statistique des arrêts par salarié pour identifier les schémas suspects
Formation des managers pour détecter les signaux d'alerte
Vigilance accrue sans créer de climat de suspicion généralisée
đź Perspectives d'évolution
Nécessaire adaptation législative
Le législateur français devra intervenir pour modifier expressément le Code du travail et intégrer ces nouvelles dispositions. Cette inscription légale, réclamée par les syndicats, sécuriserait juridiquement les acquis tout en clarifiant les modalités d'application.
Évolutions potentielles
đïž Domaine législatif
Modification du Code du travail
Extension à d'autres situations
Adaptation aux spécificités sectorielles
đą Impact organisationnel
Développement des Comptes épargne-temps
Évolution des logiciels RH
Nouveaux indicateurs de gestion
đ€ Dialogue social
Négociations collectives adaptées
Accords d'entreprise spécifiques
Formation des représentants
"Comment concilier protection individuelle et soutenabilité collective ? Cette interrogation dépasse le cadre des congés payés pour toucher aux équilibres fondamentaux du pacte social français."
đ Cette délibération prévoyait de maintenir 100 % du traitement des agents en congé maladie ordinaire pendant trois mois, alors que la loi de finances 2025 a réduit ce maintien à 90 % pour tous les agents publics (État et collectivités).
đ Les points clés : -La commune invoquait la protection sociale complémentaire et le besoin de préserver l’attractivité de la fonction publique territoriale. -La préfète du Loiret contestait l’illégalité de ce régime dérogatoire, au nom du principe de parité entre les versants de la fonction publique. -Le juge a estimé qu’il existait un doute sérieux quant à la légalité de la délibération et en a prononcé la suspension en attendant le jugement au fond.
đ Enjeux : Cette décision illustre la tension entre l’autonomie des collectivités locales et la nécessité d’un cadre uniforme pour la rémunération des agents publics. Elle pose aussi la question de la capacité des communes à agir pour le bien-être de leurs agents face à des règles nationales plus restrictives.
đŹ Aviswww.naudrh.com: cette affaire reflète parfaitement le dilemme actuel. D’un côté, la volonté politique locale de soutenir les agents et d’améliorer leurs conditions de travail ; de l’autre, un État qui impose une stricte égalité de traitement au détriment, parfois, de l’attractivité locale. Je pense que l’avenir passera par une plus grande flexibilité encadrée, permettant aux communes d’innover sans contrevenir aux grands principes d’égalité.
-Présence sur son lieu de travail malgré une sanction d’exclusion en cours.
-Attitude menaçante et inappropriée envers sa supérieure hiérarchique.
-Refus de se conformer à un arrêté de suspension conservatoire.
âïž La juridiction a estimé que ces faits constituaient des manquements graves aux obligations d’obéissance hiérarchique et d’exemplarité. La sanction n’a pas été jugée disproportionnée, d’autant que l’agent avait déjà été sanctionné auparavant pour cumul d’activités non autorisé.
đĄ Enjeux RH et managériaux :
Cette décision rappelle que :
-La proportionnalité des sanctions disciplinaires est un principe central, mais -les manquements répétés et graves justifient des exclusions longues.
-La gestion des conflits hiérarchiques doit être documentée et suivie avec rigueur pour sécuriser les décisions.
-Les collectivités doivent être vigilantes à faire respecter les obligations statutaires, garantes du bon fonctionnement du service public.
đ Points essentiels à retenir : -Le télétravail dans la fonction publique n’est pas un droit automatique, mais reste soumis à l’intérêt du service. -Le refus peut être motivé par des contraintes organisationnelles, notamment la nécessité d’assurer une présence suffisante des agents. -Les accusations de discrimination liées au sexe ou à la situation familiale ont été écartées : la restriction appliquée aux agents à temps partiel a été jugée justifiée par l’intérêt du service. -Les demandes indemnitaires liées aux frais de déplacement ont également été rejetées.
đĄ En clair : même si le télétravail est reconnu par les textes, son octroi reste conditionné à une appréciation managériale et à l’équilibre entre besoins individuels et continuité du service public.
đ Ce jugement rappelle l’importance pour les collectivités territoriales et les managers publics de : -Motiver clairement les refus de télétravail, -Évaluer de manière transparente l’impact organisationnel, -Communiquer en amont les critères appliqués, -Prévenir toute suspicion de discrimination indirecte.
đŹ Aviswww.naudrh.com: ce jugement illustre bien la tension entre aspirations individuelles et contraintes collectives. Je pense qu’il met en lumière la nécessité de repenser les critères d’attribution du télétravail dans la fonction publique, afin de garantir à la fois transparence, équité et efficacité organisationnelle.
đ Les faits : une adjointe administrative territoriale de la commune de Melun contestait sa radiation. Le tribunal administratif de Melun lui avait donné raison en 2024, mais la CAA annule ce jugement.
đ L’apport essentiel de l’arrêt : -La cour rappelle que la notification régulière d’une mise en demeure envoyée par recommandé est réputée accomplie si La Poste a bien présenté le pli, déposé un avis d’instance et conservé le courrier 15 jours. -Le fait que l’agent n’ait pas réclamé le pli ("avisé et non réclamé") constitue une preuve suffisante de notification. -En l’absence de justificatifs valables (congé maladie, ASA, vulnérabilité Covid), l’administration peut considérer que le lien avec le service est rompu et prononcer une radiation pour abandon de poste.*
đ La décision : la CAA valide la radiation et condamne l’agent à verser 1 500 € à la commune au titre des frais de justice.
Pourquoi c’est important ? Cet arrêt confirme que la charge de la preuve repose autant sur l’administration (notification régulière) que sur l’agent (justification de l’absence). Il renforce la sécurité juridique des employeurs publics face à des situations d’absence prolongée et injustifiée.
đŹ Aviswww.naudrh.com: cet arrêt apporte une clarification bienvenue. Il oblige les agents comme les employeurs à une vigilance accrue. C’est une jurisprudence qui consolide la légitimité de la procédure de radiation quand l’administration a respecté scrupuleusement les règles de notification.
COURS NAUDRH.COM SUR LE SFT - CLIQUEZ SUR L'IMAGE POUR LE TELECHARGER
La CAA de Nantes (arrêt du 1er avril 2025, n°24NT01248) vient de confirmer qu’un agent public divorcé, dont les enfants résident chez l’autre parent, ne peut prétendre au SFT dès lors qu’il n’assume pas la charge effective et permanente des enfants.
đ Points clés de l’arrêt : -Le titre exécutoire émis par la commune était suffisamment motivé, car accompagné d’un tableau de calcul. -La charge effective et permanente s’entend de la direction matérielle et morale de l’enfant : un parent n’ayant pas la garde principale ne peut en bénéficier. -Le remboursement d’un trop-perçu (plus de 8 300 €) a donc été jugé légitime. -Le refus de remise gracieuse par le conseil municipal n’a pas été considéré comme entaché d’erreur de droit.
âïž Conséquence pratique : les employeurs publics doivent être vigilants dans la gestion du SFT. Les agents, quant à eux, doivent déclarer toute évolution familiale (séparation, divorce, résidence des enfants), faute de quoi ils s’exposent à une récupération d’indus plusieurs années après.
đŹ Aviswww.naudrh.com: cet arrêt illustre parfaitement la rigueur du juge administratif sur le caractère déclaratif et contrôlable du SFT. Il rappelle aussi une difficulté récurrente en gestion RH : le suivi des situations familiales. C’est un sujet sensible car il touche au pouvoir d’achat des agents, mais l’administration ne peut que s’aligner strictement sur le droit. À mon sens, cela plaide pour une meilleure pédagogie auprès des agents et des procédures internes plus systématiques de vérification annuelle.
đš đš Pour allez plus loin sur la thématique SFT,Naudrh.comvous propose un cours complet conçu pour les agents de la fonction publique. Il vous permet de tout savoir sur le supplément familial de traitement (SFT). À travers des informations détaillées, les apprenants acquerront une compréhension complète des aspects juridiques et pratiques du SFT, ce qui les aidera à mieux gérer leurs droits et obligations en tant qu'agents publics. Le cours est accessible à partir du lien suivanthttps://payhip.com/b/76Tu9
Peut-on quitter son poste de permanence « quelques minutes » ? Peut-on utiliser les moyens du service sans autorisation expresse ? Le tribunal administratif de Montpellier répond clairement : non.
Dans l'arrêt n° 2300560 du 27 août 2025 du Tribunal Administratif de Montpellier, le juge administratif valide une exclusion temporaire de fonctions de 3 jours infligée à un agent territorial ayant quitté son poste de sécurité incendie et utilisé une borne de recharge réservée aux véhicules de service pour un usage personnel.
đ Ce que cette décision rappelle aux employeurs publics : -la présence effective sur le poste est une obligation essentielle, surtout en situation de permanence ; -la bonne foi alléguée ne suffit pas à écarter le manquement ; -l’usage personnel des moyens du service constitue un manquement à la probité ; -une sanction du premier groupe peut être jugée parfaitement proportionnée si les faits sont établis et motivés.
đ Une décision précieuse pour sécuriser les procédures disciplinaires et rappeler le socle des obligations professionnelles des agents publics.
đ À lire et à méditer pour tous les DRH et managers territoriaux confrontés à des situations similaires.
đŹ Aviswww.naudrh.com Cette décision est particulièrement équilibrée et pédagogique : elle protège l’autorité territoriale dès lors que la procédure est rigoureuse et rappelle utilement que, dans la fonction publique, la confiance accordée aux agents va de pair avec des obligations strictes, notamment lorsqu’il s’agit de sécurité et d’utilisation des moyens publics.
Tribunal Administratif de Montpellier n° 2300560 27 août 2025
đ Pour sécuriser vos pratiques RH FPT au quotidien
Vous souhaitez approfondir ce sujet, disposer d’analyses juridiques à jour 24/7 et bénéficier d’un accompagnement expert pour vos dossiers RH sensibles ?
NAUDRH.COM met à votre disposition plusieurs services conçus pour les responsables RH territoriaux :
đŠ Veille statutaire et juridique analytique RH FPT 24/7
Accédez à une veille actualisée en continu, des analyses claires et opérationnelles, et un suivi expert des réformes qui impactent la fonction publique territoriale.
Une question RH urgente à tout moment ? Un dossier complexe à sécuriser avant transmission à la hiérarchie ? Profitez d’un accompagnement personnalisé pour sécuriser et fiabiliser vos décisions RH.
Guides pratiques, fiches opérationnelles, podcasts courts dédiés aux réformes récentes… des outils prêts à l’emploi pour gagner du temps et fiabiliser vos pratiques RH FPT.
Dans un arrêt du 11 juin 2025, la CAA de Marseille a confirmé la sanction d’avertissement infligée à une adjointe administrative de la commune du Lauzet-Ubaye. L’agent avait refusé de transmettre des demandes d’autorisation d’absence exigées par la maire, au motif qu’elle jugeait cette formalité inutile.
âïž Décision de la Cour :
-Le refus d’exécuter un ordre hiérarchique constitue une faute disciplinaire, sauf si l’ordre est manifestement illégal et compromet un intérêt public.
-La sanction d’avertissement est jugée proportionnée : elle est la plus légère prévue par la loi.
-Le principe Non bis in idem (pas de double sanction pour les mêmes faits) ne s’applique pas ici, car le rappel à l’ordre préalable ne constitue pas une sanction disciplinaire.
-L’argument de détournement de pouvoir n’a pas été retenu.
đ En résumé : la CAA confirme qu’un ordre hiérarchique doit être exécuté, même si l’agent estime la demande excessive ou inutile, dès lors que l’ordre n’est pas illégal.
đŹ Aviswww.naudrh.com: cet arrêt illustre bien la rigueur de l’obligation d’obéissance hiérarchique dans la fonction publique. Même une formalité perçue comme mineure (transmettre une demande d’absence pour un rendez-vous médical) peut entraîner une sanction si l’agent s’y oppose. On voit ici que la justice cherche avant tout à protéger la chaîne hiérarchique et la discipline de service, tout en rappelant que l’avertissement reste une sanction minimale.
Les articles R. 1617-1 à R. 1617-18 du code général des collectivités territoriales (CGCT) fixent l'organisation et le contrôle des régies de recettes et d'avances, instituées selon les prescriptions du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique. Conformément à l'article R. 1617-3 du CGCT, le régisseur est nommé par décision de l'ordonnateur de la collectivité ou de l'établissement, sur avis du comptable public assignataire. Cette nomination relève d'une procédure formelle qui doit être notifiée à l'intéressé. La prise de fonctions du régisseur ne peut intervenir qu'après l'acceptation expresse de sa nomination par l'intéressé. L'instruction codificatrice n° 06-031-A-B-M du 21 avril 2006 prescrit que l'agent nommé doit signer l'acte de nomination en y apposant de sa main la mention manuscrite « Vu pour acceptation ».
Cette formule obligatoire manifeste expressément la volonté du régisseur d'accepter les responsabilités personnelles et pécuniaires inhérentes à la gestion de la régie. Le régisseur est notamment chargé de la garde des fonds publics ainsi que de l'exécution des opérations de trésorerie pour le compte du comptable public, conformément aux dispositions de l'article R. 1617-4 du code général des collectivités territoriales. En contrepartie des responsabilités qui lui incombent, le régisseur peut, sous réserve du respect de certaines conditions, prétendre au bénéfice d'une indemnité de maniement des fonds, conformément aux dispositions de l'article R. 1617-5-2 du code général des collectivités territoriales.
Les responsabilités de régisseur constituent une partie substantielle des missions confiées à l'agent territorial, et elles doivent figurer dans sa fiche de poste. Si la modification de celle-ci intervient alors que l'agent est déjà en poste, il a la possibilité de refuser cette responsabilité, auquel cas une mobilité professionnelle ou un aménagement différent des tâches entre agents doit être travaillé. Si la fiche de poste comprend déjà les missions de régisseur lorsque l'agent candidate sur le poste, il n'est pas fondé à refuser de prendre cette responsabilité si sa candidature est retenue. L'agent peut alors seulement refuser de donner suite à sa candidature, ou accepter de prendre le poste avec les missions de régisseur qu'il comporte.
Le Tribunal administratif de Limoges a récemment rendu un jugement concernant la requête d'un adjoint technique au sein du département de la Haute-Vienne, visant à annuler la décision du président du conseil départemental de refuser l'attribution d'une place de stationnement. Cette décision a été prise malgré une préconisation du médecin du travail.
Les faits clés de l'affaire :
- Contexte : l'agent, exerçant des fonctions de vaguemestre, a demandé une place de stationnement au sein de l'hôtel du département, en raison de son état de santé, préconisé par le médecin du travail. Cette demande a été rejetée par l'administration, sur la base de critères de gestion des places de parking et de la réglementation en vigueur.
- Point de droit : le tribunal a examiné si la décision était illégale en raison de l'absence de consultation du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et du non-respect des préconisations médicales. Toutefois, il a jugé que ces manquements n'avaient pas influé sur la décision, rejetant ainsi la requête.
Le verdict :
Le tribunal a estimé que la décision du président du conseil départemental de la Haute-Vienne était conforme à la réglementation en vigueur et n’a pas entaché d’illégalité. Le refus d’attribution d’une place de stationnement a donc été maintenu.
đŹ Avis www.naudrh.com : ce jugement met en lumière les défis liés à la conciliation entre les besoins spécifiques des agents publics et la gestion administrative des ressources disponibles. Bien que le droit à la protection de la santé des agents soit fondamental, la gestion des ressources doit également tenir compte des critères objectifs et des contraintes organisationnelles. Ce cas soulève des questions intéressantes sur les procédures de décision administrative dans la fonction publique territoriale.
đ Le simple fait qu’un agent casse ses lunettes sur son lieu de travail ne suffit pas à engager la responsabilité de la collectivité.
Dans cette affaire, un adjoint d’animation avait vu ses lunettes se briser après qu’un ballon a roulé à ses pieds. En marchant dessus accidentellement, il les a endommagées.
âĄïž Les juges ont estimé que ce dommage ne résultait ni d’une faute de l’administration, ni de conditions de travail exceptionnelles.
đ À retenir : -L’administration n’est tenue d’indemniser que si l’accident est lié à des missions exceptionnelles ou inhabituelles, exposant l’agent à un risque particulier. -En dehors de ce cadre, les dommages matériels (comme le bris de lunettes) restent à la charge de l’agent. -La délibération de la collectivité prévoyant un remboursement forfaitaire n’était pas applicable ici.
đ Une précision jurisprudentielle utile pour les employeurs publics comme pour les agents : tous les incidents sur le lieu de travail ne relèvent pas automatiquement de la responsabilité de l’administration.
đŹ Aviswww.naudrh.com: cette décision est équilibrée. Elle protège la collectivité d’une responsabilité excessive, tout en rappelant que le droit à indemnisation existe bien lorsqu’un agent exerce dans des conditions de travail sortant de l’ordinaire. Cela met en lumière un point sensible : la frontière entre l’aléa du quotidien et la véritable exposition à un risque professionnel.
đ Lorsqu’un agent réside dans un immeuble collectif, le trajet domicile-travail commence dès la sortie de son logement, y compris dans les parties communes (escaliers, couloirs, parkings).
đ Pourquoi c’est important ?
Jusqu’ici, les juridictions administratives divergeaient : certains considéraient qu’un accident dans les espaces communs n’était pas un accident de trajet, faute d’être encore sur la voie publique. Cette incertitude créait un risque juridique pour les employeurs publics et une inégalité de traitement entre agents.
âïž Le Conseil d’État aligne désormais sa jurisprudence sur celle du juge judiciaire :
En habitat individuel, le trajet débute après avoir quitté sa propriété. En habitat collectif, il débute dès la sortie de l’appartement.
đ Conséquence pratique : un agent victime d’un accident dans le garage collectif ou les escaliers de son immeuble est désormais reconnu en accident de trajet et bénéficie de la protection prévue (prise en charge des soins, maintien de rémunération, allocation temporaire d’invalidité, etc.).
â Une avancée majeure pour la sécurité juridique et la protection sociale des agents publics.
đč Aviswww.naudrh.com: cette décision me paraît à la fois pragmatique et protectrice. Elle évite une lecture trop restrictive du “chez soi” et met fin à des divergences sources d’inégalités. Pour les DRH publics, elle clarifie enfin une zone grise et simplifie la gestion des dossiers.
đ Entre 2014 et 2021, l’agent avait signé 12 contrats successifs comme adjoint d’animation.
đ Les juges ont estimé que ces contrats ne correspondaient pas à de simples besoins temporaires, mais à des besoins permanents.
đ La commune est donc condamnée à indemniser l’agent à hauteur de 3 900 € (au lieu de 1 500 € initialement).
đ Points clés de l’arrêt :
-Le bris de lunettes de l’agent en service ne constitue pas une faute de l’administration (absence de lien avec des conditions exceptionnelles de travail).
-Le recours abusif aux CDD ouvre droit à indemnisation, calculée en fonction des avantages financiers qu’aurait générés un CDI (indemnité de licenciement).
-Le refus de l’agent de signer un nouveau CDD ne réduit pas son droit à réparation.
đ Cet arrêt rappelle aux collectivités territoriales l’importance de sécuriser leurs pratiques contractuelles et de distinguer besoin temporaire et besoin structurel.
đŹ Aviswww.naudrh.com/ cette décision est très intéressante car elle illustre une tendance de plus en plus affirmée des juges administratifs : lutter contre la précarité structurelle créée par les CDD en série. Cela renforce la sécurité juridique des agents, mais oblige les employeurs publics à repenser leur gestion des effectifs. Une décision qui pourrait avoir un impact fort sur de nombreuses collectivités.
Un outil de gestion des ressources humaines encadré
Depuis l’entrée en vigueur de la loi n°2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique, la rupture conventionnelle est ouverte, à titre expérimental jusqu'au 31 décembre 2025, aux agents titulaires et aux contractuels en CDI de la fonction publique territoriale (FPT), sous certaines conditions. Toutefois, certaines situations particulières, notamment l’existence d'un contentieux entre un agent et sa collectivité, suscitent des interrogations quant à la faisabilité de cette procédure.
1. Cadre juridique et principes fondamentaux
La rupture conventionnelle permet à un employeur public et à un agent de convenir d’un commun accord de la fin de leur relation statutaire ou contractuelle. Elle se distingue de la démission, de la radiation d’office ou du licenciement. Cette procédure donne droit au versement d'une indemnité spécifique de rupture conventionnelle (ISRC) et, sauf exception, à l’allocation de retour à l'emploi.
Le dispositif est encadré par le décret n°2019-1593du 31 décembre 2019. Il impose notamment un entretien préalable, la signature d'un accord formalisé par écrit, ainsi qu'un délai de rétractation de 15 jours calendaires. Il s'agit d'une procédure purement volontaire : aucune des deux parties ne peut l'imposer à l'autre.
2. L’existence d’un contentieux : une entrave juridique ?
Ni la loi ni son décret d’application n'interdisent formellement la conclusion d'une rupture conventionnelle lorsqu'un contentieux (gracieux ou juridictionnel) est en cours entre un agent public et son employeur. Il est donc possible, d’un point de vue juridique, d’engager une telle procédure dans un contexte conflictuel.
Cela dit, cette possibilité doit être appréhendée avec prudence, tant les enjeux juridiques, déontologiques et financiers peuvent être sensibles.
3. Risques juridiques et dérives à éviter
Dans un contexte de litige, plusieurs risques doivent être identifiés et prévenus :
-Liberté du consentement : la rupture doit être le fruit d'une volonté libre et non viciée. En cas de conflit, l'agent pourrait invoquer des pressions, un dol ou une erreur, ce qui remettrait en cause la validité de l'accord.
-Détournement de procédure : la rupture conventionnelle ne doit pas servir à échapper aux règles protectrices encadrant les procédures disciplinaires ou à obtenir le retrait d'une instance en cours. Par exemple, une collectivité qui proposerait une rupture à un agent alors qu'une procédure disciplinaire est imminente pourrait voir cette démarche requalifiée en manœuvre frauduleuse par un juge administratif.
-Risque financier : si l'indemnité accordée apparaît excessive ou injustifiée, la chambre régionale des comptes pourrait émettre une observation ou engager la responsabilité du signataire.
4. Bonnes pratiques pour une procédure sécurisée
Afin de limiter les risques juridiques et garantir la légitimité de la procédure, plusieurs recommandations peuvent être formulées :
-Tracer l’origine de la démarche : conservez la preuve de l’initiative de l’agent ou de l’employeur, ainsi que de l’acceptation libre de l’autre partie.
-Renforcer la transparence : rédiger un compte rendu détaillé de l'entretien préalable et proposer, le cas échéant, un accompagnement juridique à l’agent.
-Informer les juridictions : si une procédure contentieuse est engagée, il est prudent d’en informer le tribunal administratif et de suspendre temporairement l’instruction, si cela est envisageable. Cette transparence permet d’éviter toute interprétation malveillante de la démarche.
-Respecter une stricte équité : l’indemnité versée doit être proportionnée à la durée de service et aux conditions de départ, sans surévaluation.
Conclusion : un outil utile mais exigeant
Il est juridiquement possible pour un employeur public local de proposer une rupture conventionnelle à un agent avec lequel un contentieux est engagé, qu’il soit gracieux ou juridictionnel. Toutefois, cette procédure, dans un tel contexte, requiert une rigueur juridique accrue, une grande prudence dans la négociation et une parfaite transparence dans les intentions. Lorsqu'elle est conduite dans ces conditions, elle peut constituer une issue constructive et apaisée à un conflit. Elle doit néanmoins rester une solution exceptionnelle, adaptée à des situations bien identifiées.
Avis www.naudrh.com : lorsqu'elle est maniée avec discernement, loyauté et sens du dialogue, la rupture conventionnelle peut offrir une porte de sortie digne à une relation de travail dégradée. Mais elle ne doit jamais être utilisée pour contourner les obligations disciplinaires ou faire pression sur un agent en litige : ce serait non seulement juridiquement risqué, mais éthiquement condamnable.
Le droit de se taire, l'un des piliers des droits de la défense, trouve ses racines dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Ce principe fondamental a récemment été étendu à la procédure disciplinaire dans la fonction publique territoriale, suite à unedécision du Conseil d’État du 19 décembre 2024. Cet arrêt majeur, n°490157, a apporté un éclairage précieux sur l’application de ce droit dans le cadre des enquêtes administratives et des procédures disciplinaires. Si ce droit est désormais reconnu pour tous les agents publics, la question se pose de savoir si l’oubli de notifier ce droit par l'employeur peut entraîner l'annulation de la procédure. Cet article propose de décortiquer cette décision et ses implications pour les employeurs publics.
Le droit de se taire : un droit fondamental des droits de la défense
Le droit de se taire est intimement lié à la présomption d'innocence, qui dispose que "tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable". Ce principe, inscrit dans l’article 9 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, garantit à toute personne, y compris un agent public, la possibilité de refuser de répondre à des questions ou de fournir des éléments susceptibles de l'incriminer. Traditionnellement, ce droit était surtout limité aux procédures pénales, mais sa portée a été étendue, à la faveur de récentes évolutions jurisprudentielles, aux procédures disciplinaires administratives.
Les décisions récentes du Conseil constitutionnel, notamment les décisions n°2023-1074 QPC du 8 décembre 2023 et n°2024-1105 QPC du 4 octobre 2024, ont permis d'affirmer que le droit de ne pas s'incriminer ou de s’accuser s'étend au domaine administratif, et en particulier au domaine disciplinaire.
L'arrêt du conseil d'état du 19 Décembre 2024 : une précision cruciale
Dans son arrêt du 19 décembre 2024 (n°490157), le Conseil d’État a formellement reconnu que le droit de se taire s'applique pleinement aux procédures disciplinaires et aux enquêtes administratives menées à l’encontre des agents publics. Cette décision s'inscrit dans la lignée du respect des principes fondamentaux de la présomption d'innocence et des droits de la défense. Ainsi, même dans le cadre d'une enquête administrative ou disciplinaire, un agent public a le droit de garder le silence, sans craindre que son silence ne soit interprété comme une preuve de culpabilité.
Cependant, le Conseil d’État a également précisé que ce droit de se taire ne nécessite pas que l’agent soit informé spécifiquement de cette possibilité avant ou au début de la procédure. Cette absence de notification n'entraîne donc pas la nullité de la procédure disciplinaire. Cette clarification représente une avancée importante, mais aussi un défi pour les employeurs publics, qui doivent s’assurer que le droit de se taire puisse être exercé de manière effective tout au long du processus disciplinaire.
L'oubli de la notification du droit de se taire : une question de validité de la procédure ?
L’oubli de notifier à l'agent son droit de se taire dans le cadre d’une procédure disciplinaire soulève une question cruciale : cela suffit-il à entraîner l’annulation de la procédure disciplinaire ? La réponse apportée par le Conseil d’État est catégorique : non. L’oubli de la notification du droit de se taire n’entraîne pas, en soi, l’annulation de la procédure disciplinaire.
Ce raisonnement repose sur une distinction importante. Si la violation des droits de la défense peut entraîner l’annulation de la procédure, le droit de se taire, bien qu’il fasse partie des droits de la défense, n’impose pas une notification systématique préalable pour être valablement exercé. Le Conseil d’État considère qu'un agent peut décider de se taire à tout moment de la procédure sans que cela ne vicié la procédure elle-même. L’absence de notification de ce droit ne constitue pas une irrégularité suffisamment grave pour affecter la régularité de la procédure disciplinaire.
Cette approche permet d'éviter une rigidité excessive dans la procédure, tout en garantissant que le droit de se taire reste accessible à l’agent tout au long de l’enquête ou de la procédure disciplinaire.
Implications Pratiques pour les Employeurs Publics
Pour les employeurs publics, cette décision a plusieurs conséquences pratiques. Tout d’abord, bien qu’il ne soit pas nécessaire d’informer explicitement l’agent de son droit de se taire, les responsables RH doivent s’assurer que ce droit puisse être exercé à tout moment de la procédure. Le fait qu’une notification préalable ne soit pas requise ne doit pas conduire à une négligence de la part des employeurs quant à l’exercice de ce droit par l’agent.
Il est donc essentiel, pour garantir la transparence et l'équité des procédures, que les employeurs publics mettent en place des pratiques qui respectent l'intégralité des droits de la défense. Ce droit de se taire doit être non seulement théorique mais également effectif et accessible tout au long du processus disciplinaire.
Conclusion
L'arrêt du Conseil d’État du 19 décembre 2024, en reconnaissant explicitement le droit de se taire dans le cadre des procédures disciplinaires et administratives, marque une avancée décisive pour les droits des agents publics. Cette décision clarifie la portée de ce droit et précise que son absence de notification préalable ne suffit pas à entraîner l'annulation de la procédure disciplinaire. Toutefois, il incombe aux employeurs publics de garantir que le droit de se taire soit bien respecté tout au long de la procédure, en assurant une pratique rigoureuse et équitable des droits de la défense.
Avis www.naudrh.com
Cette décision du Conseil d’État constitue une avancée substantielle dans la reconnaissance des droits des agents publics, mais elle pose également de nouveaux défis pour les employeurs. L'absence de notification préalable du droit de se taire, tout en étant juridiquement non problématique, pourrait engendrer des ambiguïtés ou des risques de méconnaissance de ce droit par les agents. Les employeurs publics doivent donc être particulièrement vigilants à la gestion de ce droit et veiller à ce que toutes les garanties procédurales soient respectées pour assurer la transparence et la justice des procédures disciplinaires.
Le 8 juillet 2025, la Cour Administrative d'Appel de Nantes a confirmé la révocation d'un fonctionnaire de la ville d'Angers, après avoir démontré un management abusif et du harcèlement moral envers ses subordonnés. Cette décision rappelle l'importance de la gestion des ressources humaines dans les collectivités publiques et la nécessité de préserver la santé mentale des agents.
đ Les faits clés : -Une enquête administrative a recueilli des témoignages de souffrance psychologique parmi les subordonnés de Mme C..., dénonçant des pratiques managériales autoritaires et maltraitantes. -Le jugement a été rendu en dépit des arguments de la requérante concernant le non-respect de son droit de se taire. -La Cour a jugé que la révocation était une sanction proportionnée, eu égard à la gravité des faits.
đ Ce cas souligne plusieurs enjeux cruciaux : -Le respect des droits des fonctionnaires : notamment le droit de se taire pendant une procédure disciplinaire. -Le rôle de l'enquête administrative : essentielle pour établir la matérialité des faits et leur qualification. -L'impact d'un management défaillant : sur la santé des agents et le bon fonctionnement des services publics.
đ Leçon à tirer : Les collectivités doivent veiller à une gestion humaine et éthique de leurs équipes, pour prévenir le harcèlement moral et garantir des conditions de travail saines. Cette décision est un avertissement pour toutes les structures publiques, soulignant l'importance d'un encadrement respectueux et bienveillant.
Le 17 juillet 2025, la Cour administrative d'appel de Versailles a rendu une décision importante concernant les droits des fonctionnaires dans le cadre de leur affectation professionnelle. Dans l'affaire de M. B., agent de maîtrise principal de la commune de Bagneux, l'affectation à un poste de chauffeur-livreur, suite à une suspension pour harcèlement moral, a été jugée illégale.
đ La Cour a estimé que cette affectation, non conforme au grade de M. B. et incompatible avec ses missions, constituait une sanction déguisée. En annulant l'arrêté du maire de Bagneux, la Cour a rappelé l'importance de respecter les principes de régularité dans les décisions administratives concernant les fonctionnaires, notamment en termes de consultation de dossier et de justification de l'intérêt du service.
đ Cette décision souligne l'importance de garantir un environnement de travail respectueux des droits et des grades des agents publics et de veiller à la régularité des procédures disciplinaires. La commune de Bagneux devra indemniser M. B. à hauteur de 2 000 euros, conformément à l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
đŹ Aviswww.naudrh.com: ce jugement est crucial car il rappelle aux administrations publiques que la gestion des carrières des fonctionnaires doit être transparente et respecter les procédures légales. C’est aussi un avertissement concernant les affectations qui peuvent être perçues comme des sanctions injustifiées.
Dans la fonction publique territoriale (FPT), l'exercice du pouvoir disciplinaire repose sur un cadre réglementaire rigoureux garantissant les droits des agents tout en assurant le bon fonctionnement du service public. Parmi les différentes sanctions pouvant être infligées à un agent titulaire, l'avertissement est la mesure la plus légère. Dès lors, une question essentielle se pose : cette sanction doit-elle être formalisée par un arrêté ou par un courrier ? Et surtout, quelle modalité offre les meilleures garanties pour prévenir un contentieux ?
1. L'avertissement, une sanction disciplinaire du premier groupe
Conformément à l'article L533-1 du Code général de la fonction publique, l'avertissement appartient au premier groupe de sanctions disciplinaires. Il s'agit d'une remarque écrite adressée à l'agent à la suite d'un manquement professionnel. Cette mesure n'entraîne ni inscription obligatoire au dossier individuel, ni conséquence sur la carrière ou la rémunération de l'agent. Elle se distingue ainsi du blâme ou de l'exclusion temporaire de fonctions, qui impliquent un formalisme plus strict.
2. La forme de l'avertissement : ce que disent les textes et la jurisprudence
Aucune disposition réglementaire n'exige que l'avertissement soit prononcé par arrêté. Doctrine administrative et jurisprudence convergent (arrêt CE 19 juin 1989 n° 81244 notamment) : uncourrier écrit, motivé et notifié à l'agentsuffit pour conférer à la sanction une valeur juridique. Pour en assurer la traçabilité, il est impératif que ce courrier soit transmis parlettre recommandée avec accusé de réception, ou remis en main propre contre signature.
Cette précision doctrinale s'appuie sur les principes de proportionnalité et de gradation des sanctions, mais aussi sur la volonté de ne pas conférer à cette mesure une portée statutaire qu'elle ne revêt pas.
3. La pratique administrative : pourquoi le courrier recommandé s'impose
Dans les collectivités territoriales, la pratique dominante est le recours au courrier recommandé pour notifier un avertissement. Ce choix répond à plusieurs impératifs :
-Il évite un formalisme inadapté, la sanction étant mineure ;
-Il réduit les risques d'interprétation erronée sur la portée de la mesure ;
-Il permet de formaliser la décision sans surcharger la chaîne administrative ;
-Il assure une preuve claire et datée de la notification.
À l'inverse, l'émission d'un arrêté pourrait laisser entendre que l'avertissement a des conséquences statutaires, ce qui serait inexact et potentiellement source de contentieux.
4. Garanties procédurales : des obligations incontournables
Au-delà du choix du support, la procédure disciplinaire doit respecter les principes fondamentaux de la défense, consacrés par la jurisprudence administrative :
-Informer l'agentdes faits reprochés préalablement à toute décision ;
-Communiquer l'intégralité de son dossier, y compris les éléments à charge ;
-Lui permettre de présenter ses observations, par écrit ou oralement ;
-Motiver la sanction, en exposant clairement les faits et les règles violées ;
-Notifier formellement la décision, avec les voies et délais de recours.
Ces garanties sont autant de remparts contre les vices de procédure, qui restent le principal fondement des recours contentieux en matière disciplinaire.
5. Conclusion : la simplicité efficace du courrier recommandé
En matière disciplinaire, le recours aucourrier recommandé, motivé et notifié dans le respect des droits de la défense, s'impose comme la modalité la plus opportune pour formaliser un avertissement. Cette démarche équilibrée assure la conformité juridique de la sanction tout en maintenant un niveau de simplicité administrative proportionné à la légèreté de la mesure.
Avis www.naudrh.com :le courrier recommandé est, sans ambiguïté, la forme à privilégier pour notifier un avertissement. Il répond aux exigences du droit disciplinaire, évite les surqualifications et préserve l'intégrité de la procédure. Une bonne gestion disciplinaire repose sur ce juste dosage entre rigueur formelle et efficacité administrative.
Par un arrêt du 29 mai 2024 (n° 22-16.218), la chambre sociale de la Cour de cassation a validé le licenciement pour faute grave d’un cadre dirigeant n’ayant pas informé son employeur de sa relation amoureuse avec une salariée détenant des mandats syndicaux. Cette décision illustre de manière concrète comment une situation relevant de la vie personnelle peut empiéter sur les obligations professionnelles, notamment lorsque les enjeux de neutralité et d’intégrité sont au cœur des fonctions occupées.
1. Les faits à l'origine du litige
Le salarié, responsable de plusieurs sites industriels, assurait également des fonctions de direction impliquant la gestion des ressources humaines ainsi que la présidence d’instances de dialogue social. Depuis 2008, il entretenait une relation amoureuse avec une salariée investie dans la représentation du personnel, impliquée dans des grèves et des discussions relatives à des projets de réduction d’effectifs. Cette relation, bien que relevant de la sphère privée, n’a jamais été portée à la connaissance de l’employeur.
2. Position de la Cour de cassation
La haute juridiction rappelle qu’un fait tiré de la vie personnelle peut justifier une sanction disciplinaire lorsqu’il constitue un manquement aux obligations découlant du contrat de travail. En l’espèce, le silence du cadre sur cette relation a été interprété comme une rupture de son obligation de loyauté, en raison des risques de conflit d'intérêts inhérents à ses fonctions.
La Cour souligne que l'absence de préjudice effectif n'est pas un préalable nécessaire à la reconnaissance d'une faute grave. La simple existence d'un risque avéré de compromission de la neutralité dans l'exercice des missions suffit à l'établir. Comme l’affirme la Cour : « En dissimulant cette relation intime [...] le salarié a manqué à son obligation de loyauté ».
Implications pour les employeurs publics territoriaux
3. Transposition dans la Fonction publique territoriale (FPT)
Si cette jurisprudence trouve son origine dans le droit privé, elle est particulièrement instructive pour les employeurs publics territoriaux. En effet, les agents publics sont soumis à des obligations de loyauté, de neutralité et d’exemplarité, inscrites notamment à l’article 25 de la loi n° 83-634 portant droits et obligations des fonctionnaires.
Les agents exerçant des responsabilités de direction, d’encadrement ou de représentation institutionnelle (DRH, DGA, directeurs de cabinet, etc.) sont en première ligne. Une relation non déclarée avec un représentant syndical, un prestataire, un élu ou un autre agent peut, selon les circonstances, constituer un conflit d’intérêts et engager la responsabilité de l’agent.
4. Bonnes pratiques à adopter par les DRH territoriaux
-Encadrer les fonctions sensibles : inclure une clause de déclaration d’intérêts dans les fiches de poste ou les actes de nomination, en particulier pour les postes exposés.
-Adopter une charte de déontologie : expliciter les règles relatives à la loyauté, la neutralité et la transparence dans les relations de travail.
-Former les encadrants : organiser des temps d’échange autour des enjeux déontologiques, proposer des entretiens d’intégrité ou des formations ciblées.
-Favoriser un climat de confiance : permettre aux agents de signaler, de manière confidentielle, toute situation personnelle susceptible de poser difficulté.
-Illustrer par l’exemple : valoriser les collectivités ayant mis en place des dispositifs de déclaration d’intérêts ou des cellules d’éthique.
Conclusion
Oui, le silence d’un cadre territorial sur une situation personnelle susceptible de constituer un conflit d’intérêts peut être considéré comme une faute grave, même en l’absence de préjudice avéré. Cet arrêt de la Cour de cassation rappelle avec force que la loyauté professionnelle ne se résume pas à la bonne exécution technique des missions : elle suppose une posture éthique active, fondée sur la transparence, la vigilance et l’intégrité. Pour les employeurs publics, c’est une invitation à prévenir plutôt qu’à subir, en accompagnant les agents vers une culture déontologique pleinement assumée.
Jusqu’alors, les missions exercées pour faire face à une vacance temporaire de poste (art. L. 332-7 CGFP) n’étaient pas prises en compte dans le calcul des 6 années nécessaires à la CDIsation. Une exclusion désormais jugée contraire au principe d’égalité devant la loi.
â Conséquences : đ À compter d’aujourd’hui, ces périodes seront intégrées dans le décompte des 6 ans. âł L’abrogation complète de la disposition illégale interviendra le 1er octobre 2026, laissant le temps au législateur de s’adapter.
Cette décision constitue un tournant majeur pour les droits des contractuels dans la fonction publique d’État. Elle sécurise les parcours professionnels et lutte contre la précarisation injustifiée.
đ RH, juristes, élus, tenez-en compte dans vos pratiques contractuelles dès maintenant.
đ Aviswww.naudrh.com: cette décision est non seulement juste mais salutaire. Elle corrige une discrimination silencieuse dans le traitement des contractuels et rappelle que les fonctions temporaires n’en sont pas moins essentielles. Une avancée sociale subtile mais cruciale dans un contexte où la précarisation gagne du terrain.
La question de la présence de documents anonymes dans les dossiers administratifs des agents publics devient cruciale dans un contexte où les exigences de transparence, de loyauté procédurale et de respect des droits fondamentaux sont au cœur des pratiques RH. L’arrêt rendu par la Cour administrative d’appel de Paris le 17 juillet 2025 vient éclairer ce sujet avec précision et offre des repères solides pour les directeurs des ressources humaines des collectivités territoriales.
1. Les faits à l’origine du contentieux
Mme B., fonctionnaire territoriale relevant du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, a demandé le retrait d’un document administratif (numéro 133) qu’elle considérait comme irrégulier. Le document en question n’était ni daté ni signé, ne mentionnait aucun destinataire, et son auteur était inconnu. Selon Mme B., les faits relatés étaient diffamatoires et matériellement inexacts. Elle a également invoqué une atteinte à l'article 6 de la Convention européenne des droits de l’Homme, relatif au droit à un procès équitable.
2. Le jugement de première instance et sa remise en cause
Le tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie a rejeté sa demande, estimant le document non susceptible de retrait. Toutefois, la Cour administrative d'appel de Paris a constaté que les premiers juges avaient omis de répondre à l’argument fondé sur la CEDH. Ce vice de procédure a conduit à l’annulation du jugement, justifiant que la Cour statue elle-même sur le fond.
3. L’appréciation de la Cour sur le fond
La Cour administrative d’appel a examiné la légalité du document litigieux au regard de l'article 14 de la délibération n°81 du 24 juillet 1990, qui encadre la constitution des dossiers administratifs en Nouvelle-Calédonie. Elle a jugé que :
-Le document, bien qu’anonyme, était émis sur papier à en-tête officiel de la direction des affaires vétérinaires.
-Son contenu portait sur la manière de servir de l’agent, ce qui relève bien de la gestion administrative de sa carrière.
-L’absence de signature, de date ou de destinataire ne suffisait pas à rendre le document juridiquement inexistant.
-Aucun élément ne permettait d’établir que les propos étaient diffamatoires ou matériellement inexacts.
-L’atteinte alléguée à l’article 6 de la CEDH n’avait pas d’incidence sur la légalité de la décision administrative.
4. Portée de la décision pour les DRH
Cet arrêt permet de rappeler plusieurs principes essentiels :
-Pertinence des pièces : le dossier administratif ne doit contenir que des documents utiles à la gestion de la carrière de l’agent.
-Document anonyme : un document dont l’auteur n’est pas identifié n’est pas automatiquement irrégulier s’il émane d’un service identifiable et présente un contenu administratif pertinent.
-Formalisme : si la signature, la date ou le nom de l’auteur sont souhaitables, leur absence ne suffit pas, à elle seule, à invalider le document.
-Charge de la preuve : c’est à l’agent qu’il revient de démontrer le caractère diffamatoire ou erroné du contenu.
5. Recommandations pratiques pour les DRH des collectivités
Les services RH gagneraient à structurer leur gestion documentaire autour de trois axes :
-Prévention : assurer systématiquement la traçabilité des documents versés au dossier, en exigeant signature, date et identification claire de l’auteur.
-Encadrement : formaliser les notes à vocation évaluative et veiller à leur objectivité et à leur lien direct avec les missions de l’agent.
-Information : rappeler aux agents leur droit d’accès au dossier individuel et les modalités de recours en cas de désaccord.
Conclusion
Un agent public ne peut obtenir le retrait d’un document anonyme de son dossier administratif que s’il prouve son illégalité manifeste, son caractère diffamatoire ou son inutilité dans la gestion de sa carrière. Pour les DRH, cette jurisprudence souligne l’importance d’une rigueur formelle dans la constitution des dossiers, sans tomber dans un excès de formalisme. Seules les irrégularités substantielles justifient un retrait.
Avis www.naudrh.com : cet arrêt illustre une jurisprudence équilibrée entre protection des droits des agents et sécurité juridique de l’administration. Il rappelle aux DRH la nécessité d’une gestion transparente, rigoureuse et documentée des dossiers individuels.
Dans sa décision n°476311 du 18 juillet 2025, le Conseil d’État vient rappeler un principe fondamental : tout accident survenu dans le temps et le lieu du service est présumé imputable au service, sauf circonstance exceptionnelle.
â Le Conseil d’État a annulé cette analyse : l’infarctus étant survenu sur le lieu de travail et pendant le temps de service, il appartenait à l’administration de prouver qu’il était exclusivement dû à un état de santé antérieur — ce qu’elle n’a pas fait.
đ Cet arrêt constitue une clarification précieuse pour les DRH, les gestionnaires RH et les agents publics sur la portée de la présomption d’imputabilité.
đŹ Aviswww.naudrh.com: cet arrêt est une avancée importante en faveur des agents publics. Il rappelle avec clarté que l’imputabilité au service bénéficie d’une présomption protectrice, et que ce n’est pas à l’agent de prouver qu’un infarctus est lié à son travail. Cela renforce la sécurité juridique des agents, notamment face à des pathologies graves souvent mal reconnues dans le cadre professionnel. Un signal fort aux employeurs publics.
Le Conseil d’État, dans sa décision n°495253 du 17 juillet 2025, vient d’apporter une clarification majeure sur l’allocation temporaire d’invalidité (ATI) en cas de maladie professionnelle non inscrite dans les tableaux officiels.
đ En reconnaissant qu’un taux d’incapacité de 10 % suffit pour ouvrir droit à l’ATI – même en l’absence de désignation dans un tableau –, la Haute juridiction corrige une interprétation restrictive de l’administration.
â Cette décision marque une avancée importante pour les agents publics victimes d’épuisement professionnel ou de troubles psychiques liés au service.
đŹ Un signal fort : l’imputabilité au service prime sur l’inscription au tableau, à condition que le taux d’incapacité soit conforme au Code de la sécurité sociale.
đ RH, juristes publics, représentants syndicaux : cette jurisprudence est à connaître et diffuser pour mieux défendre les droits des agents.
đŹ Aviswww.naudrh.com: cette décision constitue un tournant important pour la reconnaissance des troubles psychiques en lien avec le travail dans la fonction publique. Elle souligne l’importance d’un accompagnement juridique rigoureux des agents face à l’administration, et ouvre la voie à une interprétation plus humaine du droit à réparation. Une jurisprudence à suivre de près.
-Falsification de son compte épargne-temps (CET) pour obtenir le paiement indu de 7 jours,
-Modification de son arrêté d’avancement d’échelon pour s’ajouter une année d’ancienneté,
Manquements graves aux principes de probité et d’intégrité.
âïž Le juge a rappelé que :
-L’article L.121-2 du Code général de la fonction publique impose à l’agent d’agir avec dignité, impartialité, intégrité et probité.
-Les faits reprochés justifient une sanction du 4e groupe disciplinaire : la révocation.
đĄ Enjeu : garantir la confiance des citoyens dans la fonction publique et sécuriser les procédures disciplinaires pour les employeurs publics.
đ Aviswww.naudrh.com: la révocation, bien que lourde, était ici inévitable. La falsification touche directement la confiance et l’éthique qui fondent le service public. Toute atteinte volontaire à la probité fragilise le pacte de loyauté entre l’administration et les citoyens.
Le Tribunal administratif de Toulouse vient de suspendre une délibération municipale visant à maintenir l'intégralité du traitement des agents publics durant les 3 premiers mois de congé de maladie ordinaire, en contradiction avec l’article 189 de la loi du 14 février 2025.
đ En cause : le non-respect du nouveau cadre légal imposant un taux de remplacement à 90 %.
đ Un rappel fort à l’ordre sur les limites de la libre administration des collectivités territoriales.
đ Une jurisprudence à suivre pour les DRH publics, élus locaux et juristes territoriaux.
đŹ Aviswww.naudrh.com: cette décision illustre la tension croissante entre les logiques de solidarité locale et les impératifs de maîtrise budgétaire nationale. Elle rappelle que même dans un souci d’équité, les collectivités ne peuvent s’affranchir du cadre législatif. Prudence donc, pour toute initiative locale dérogatoire !
Une agente, placée en congé pour maladie, a refusé à la directrice du syndicat mixte de gestion des associations syndicales qui l’emploie de donner son code de démarrage de son ordinateur de service, alors qu'il contenait des informations nécessaires à la poursuite de l'activité du SMGAS.
Malgré des demandes réitérées, elle a refusé expressément, en se prévalant de l'absence de charte informatique applicable et du contexte de travail au sein du syndicat. Elle soutient que les données contenues dans son ordinateur sont partagées et accessibles sur les serveurs informatiques du syndicat, mais elle ne le démontre pas. Par ailleurs, elle ne conteste pas que seul son poste de travail permet d'effectuer la mise à jour du logiciel " ASA périmètre " et d'accéder au logiciel " Vis Dgi ". En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que la communication du seul mot de passe d'ouverture de la session du système d'exploitation de son ordinateur à sa supérieure hiérarchique donnerait la possibilité à tout agent d'accéder à tous les logiciels installés et d'effectuer des actions en ses nom et place.
La requérante soutient que son mot de passe a été modifié par un prestataire informatique mandaté par la collectivité sans son accord, méconnaissant son droit à la vie privée. Toutefois, elle n'établit ni même n'allègue que son ordinateur contenait des données personnelles ni n'établit que l'employeur disposait d'une autre solution pour assurer le bon fonctionnement et la continuité du service public.
đ Une agent dépose un mémoire pour sa promotion, accompagné d’un courrier qu’elle rédige elle-même en y insérant un avis "très favorable" de ses supérieurs.
đ Ces derniers renvoient le document barré d’un simple trait de stylo, sans signature ni commentaire.
đ L’agent invoque un événement brutal et traumatisant… mais la justice rappelle que le pouvoir hiérarchique inclut le droit de corriger ou refuser un écrit, même pour une promotion.
âïž Pour être reconnu comme accident de service, un événement doit être soudain, violent, daté, lié au service, avec une lésion.
Un désaccord hiérarchique exprimé sobrement n’entre pas dans ce cadre.
đŹ Aviswww.naudrh.com: cette décision me semble équilibrée. Elle protège le bon usage du pouvoir hiérarchique sans nier les effets psychologiques que certains retours peuvent produire. Mais elle évite que tout désaccord ou frustration professionnelle ne soit requalifié juridiquement en accident, ce qui serait intenable pour la gestion publique.
La décision du Conseil d'État, dans l'affaire n°490695, annule la circulaire du 2 août 2023 concernant les chèques-vacances destinés aux agents de l'État. En effet, la circulaire excluait du bénéfice de cette prestation les fonctionnaires et agents retraités, ce qui a été jugé illégal par les syndicats requérants (FO, UNSA, FSU, etc.). Ces derniers avaient soulevé plusieurs points, dont le manque de consultation préalable du comité interministériel consultatif d'action sociale, la violation des droits des retraités et l'incompétence de l'administration pour réviser les critères d'attribution des chèques-vacances.
Le Conseil d'État a jugé que la circulaire violait le droit à la consultation des agents et ordonne son annulation. De plus, l'État est condamné à verser 1 500 euros aux syndicats requérants au titre des frais de justice.
Dans la fonction publique territoriale, la mutation interne est un outil stratégique à la disposition de l'autorité territoriale pour adapter les ressources humaines aux besoins du service. Elle vise à répondre aux impératifs d'organisation tout en tenant compte, dans la mesure du possible, des compétences et aspirations professionnelles des agents. Toutefois, certaines situations conflictuelles posent des questions sensibles. Que se passe-t-il lorsqu’un agent refuse de rejoindre son nouveau poste ? Peut-il continuer à se présenter sur son ancien lieu d’affectation, en dépit des rappels à l’ordre de l’administration et même de l’intervention des forces de l’ordre ?
Dans cette affaire, un fonctionnaire territorial a été affecté, par décision de mutation interne, à un nouveau poste au sein d’un autre service. Refusant catégoriquement cette nouvelle affectation, l’agent a continué à se rendre quotidiennement sur son ancien lieu de travail. Il a même réussi à déjouer les dispositifs de sécurité mis en place pour lui en interdire l’accès.
Malgré plusieurs mises en demeure, un accompagnement individualisé par les services RH, ainsi que des interventions d’élus et de la police municipale, l’agent a persisté dans son refus. Face à cette situation de blocage, l’autorité territoriale a engagé une procédure disciplinaire.
Le tribunal a rejeté les arguments de l’agent fondés sur le non-respect de ses préférences professionnelles. Il a rappelé que l’autorité territoriale détient le pouvoir d’organiser les services et que, dès lors que la mutation n’entraîne ni régression de carrière ni changement de résidence administrative et demeure dans le cadre d’emplois de l’agent, elle peut être imposée sans son accord.
Le comportement de l’agent, qualifié de refus d’exécution des ordres de service et de perturbation manifeste du bon fonctionnement de l’ancien service, a été jugé constitutif d’une faute disciplinaire grave.
II. Jurisprudences convergentes confirmant le pouvoir de l’employeur territorial
La position du Tribunal administratif de Melun s’inscrit dans une jurisprudence administrative bien établie. Ainsi, le Conseil d’État a jugé, dans son arrêt du 4 juillet 2007 (n° 279154), que l’autorité territoriale peut imposer une mutation interne sans le consentement de l’agent, à condition qu’il n’y ait ni changement de résidence administrative ni modification substantielle des fonctions.
De plus, dans un arrêt du 27 avril 2011 (CE, n° 312026), la haute juridiction a validé une sanction disciplinaire à l’encontre d’un agent ayant refusé de rejoindre son nouveau poste, en précisant que ce comportement constitue une violation du devoir d’obéissance hiérarchique.
Enfin, dans une décision du 26 février 2015 (TA Versailles, n° 1405396), le juge administratif a indiqué que ni l’ancienneté de l’agent ni ses préférences personnelles ne pouvaient justifier un refus de mutation, dès lors que celle-ci est motivée par les nécessités du service.
III. Recommandations pratiques pour les DRH : anticiper et sécuriser les décisions de mobilité
Dans ce contexte, les directions des ressources humaines doivent conjuguer rigueur administrative et pédagogie. Pour prévenir et gérer les cas de refus de mutation, il est recommandé d’adopter les pratiques suivantes :
-Motiver de manière circonstanciée les décisions de mutation (réorganisation, vacance de poste, montée en compétence, etc.) ;
-Organiser un dialogue avec l’agent concerné : entretien de mobilité, accompagnement personnalisé, accès à la formation ;
-Rédiger et notifier formellement la décision d’affectation, en assurant la traçabilité des échanges ;
-En cas de refus, rappeler par écrit les obligations statutaires de l’agent et envisager une mise en demeure avant toute mesure disciplinaire.
Ces recommandations doivent s’inscrire dans une stratégie globale de gestion de la mobilité. L’éventuel recours aux forces de l’ordre ne peut être envisagé qu’en dernier ressort, lorsqu’il s’agit de préserver la sécurité des agents et la sérénité des locaux.
Le refus d’un agent territorial de rejoindre son nouveau poste dans le cadre d’une mutation interne constitue une entorse à ses obligations professionnelles. La jurisprudence, ancienne comme récente, confirme que l’autorité territoriale dispose d’une légitimité à organiser la mobilité fonctionnelle, à condition de respecter les droits statutaires. Pour les DRH, l’enjeu est de conjuguer fermeté dans l’application des règles et accompagnement individualisé des agents, afin d’éviter l’escalade conflictuelle et de sécuriser les parcours professionnels.
Avis www.naudrh.com : le jugement du Tribunal administratif de Melun vient renforcer la lisibilité des règles applicables aux mutations internes. Il souligne l’importance pour les employeurs publics de s’appuyer sur une gestion rigoureuse et documentée, tout en rappelant que la mobilité ne peut se construire sans un minimum de dialogue et de préparation. C’est une décision utile pour sécuriser les démarches des DRH tout en responsabilisant les agents sur leur devoir d’obéissance hiérarchique.
Le licenciement d’un agent public contractuel pour insuffisance professionnelle ne peut se fonder sur une erreur ponctuelle, mais doit révéler une inaptitude globale à exercer les fonctions pour lesquelles l’agent a été recruté.
Dans un arrêt du 7 mai 2025 (CAA Douai, n°24DA00676), la cour valide le licenciement d’une manager culturelle, engagée en CDI, dont l’incapacité managériale persistante était caractérisée par un défaut d’implication générale et de supervision des équipes.
Ce jugement rappelle l’importance pour les employeurs publics d’objectiver les manquements professionnels dans la durée, de distinguer insuffisance ponctuelle et inaptitude structurelle et de documenter précisément les évaluations des agents en CDI.
đ Aviswww.naudrh.com: ce type de jurisprudence clarifie utilement les obligations de l’administration en matière de gestion des ressources humaines contractuelles. Elle invite à une évaluation rigoureuse et continue des compétences managériales, tout en rappelant que le licenciement ne saurait reposer sur des éléments isolés. Elle est d’un grand intérêt pour les DRH qui doivent gérer la performance sans tomber dans l’arbitraire.
Le syndicat Action et Démocratie, à l’origine du recours, contestait l’article 189 de la loi de finances 2025, qui fait passer de 100 % à 90 % le traitement versé aux agents pendant les trois premiers mois d’arrêt maladie.
La QPC soulevée est jugée non sérieuse : -Pas de violation du principe d’égalité, car les agents publics ne sont pas comparables aux salariés du privé. -Aucun manquement à la procédure législative recevable dans le cadre d’une QPC.
Cette décision marque une première validation juridique de cette réforme controversée de la fonction publique. Elle constitue un signal fort pour les employeurs publics…Et un tournant pour le dialogue social dans la fonction publique.
Le Conseil d’État (décision n° 497330, 20 juin 2025) rappelle une règle fondamentale de gestion RH dans la fonction publique territoriale : un stagiaire doit être affecté sur un poste relevant de son cadre d’emplois.
đ En l’espèce, une adjoint d’animation avait été affectée, pendant sa période probatoire, à un poste de cantinière et agent d’entretien. Problème : aucune mission d’animation ne lui avait été confiée.
âĄïž Résultat : le Conseil d’État estime qu’elle n’a pas pu prouver ses capacités pour les fonctions du cadre d’emplois visé.
âĄïž La décision de refus de titularisation est fragilisée, et l’ordonnance du juge des référés, qui n’avait pas retenu ce doute sérieux, est annulée.
đŁ Un rappel utile pour les DRH territoriaux : chaque affectation de stagiaire doit être cohérente avec les missions statutaires du cadre d’emplois concerné !
đ Aviswww.naudrh.com: cette décision met le doigt sur une erreur de gestion fréquente, souvent commise de bonne foi : affecter un stagiaire "là où il y a besoin" sans vérifier la cohérence statutaire. Cela expose la collectivité à des contentieux évitables. Une jurisprudence pédagogique, à diffuser largement auprès des services RH.
Le statut protecteur permet de garantir aux représentants du personnel l'indépendance nécessaire à l'exercice de leur mandat dans l'intérêt de l'ensemble des salariés qu'ils représentent. Il permet d'assurer l'effectivité de la démocratie sociale et du droit syndical, et le Conseil constitutionnel a considéré à plusieurs reprises qu'il ne portait pas une atteinte excessive au principe de la liberté d'entreprendre et à la liberté contractuelle. Dans le cadre de l'enquête contradictoire à laquelle il est tenu de procéder lorsqu'il est saisi d'une demande d'autorisation de licenciement pour motif disciplinaire, l'inspecteur du travail auditionne l'employeur et le salarié protégé et procède à une analyse approfondie permettant de vérifier que la procédure interne a été régulièrement mise en oeuvre, que les faits reprochés au salarié protégé ne sont pas prescrits, que leur matérialité est établie et qu'ils sont de nature à justifier un licenciement au regard de leur gravité, notamment en ce qu'ils affectent la collectivité de travail, y compris les conditions de travail des autres salariés.
Il contrôle en outre l'absence de lien entre la demande d'autorisation de licenciement et les mandats détenus par ce salarié. Une décision de refus de l'inspecteur du travail n'a pas pour effet de générer une situation de blocage ou une impossibilité pour l'employeur de répondre à ses obligations en matière de sécurité dès lors qu'il existe des voies de recours pour l'employeur. En effet, si le refus est fondé sur une irrégularité de procédure, l'employeur peut procéder à une régularisation et saisir à nouveau l'autorité administrative des mêmes faits. Si le refus de l'inspecteur du travail repose sur l'appréciation portée sur les faits reprochés, plusieurs voies de recours administratives et contentieuses sont ouvertes à l'employeur. Ainsi, la ministre chargée du travail et de l'emploi peut être saisie d'un recours hiérarchique aux fins de porter une appréciation sur la légalité de la décision de l'inspecteur du travail dans le délai de quatre mois suivant sa saisine et, le cas échéant, se prononcer à nouveau sur la demande d'autorisation de licenciement.
Un recours en référé-suspension peut être formé devant le tribunal administratif aux fins de suspendre l'exécution de la décision de l'inspecteur du travail, dès lors qu'est démontrée l'urgence ainsi qu'un doute sérieux sur la légalité de cette décision. Peut également être formé un recours en référé-liberté comme l'a spécifiquement indiqué le Conseil d'Etat dans le cas où le refus d'autoriser le licenciement d'un salarié protégé demandé à raison de faits de harcèlement moral peut par ses conséquences porter atteinte à une liberté fondamentale en lien avec le droit du travail (Conseil d'Etat, 4 octobre 2004, n° 264310 Sté Mona Lisa Investissement). Le tribunal administratif statue alors en quelques jours.
Enfin, un recours contentieux en vue d'obtenir l'annulation de la décision contestée peut être formé devant les juridictions administratives. En tout état de cause, si le juge était amené à annuler la décision litigieuse, l'employeur pourrait engager la responsabilité de l'administration et obtenir réparation de son préjudice. Au regard de ces éléments, s'il n'est pas envisagé d'évolution du cadre juridique relatif à la protection des représentants du personnel, l'employeur concerné peut saisir les voies de recours qui lui sont offertes pour contester la décision de l'inspecteur du travail de refuser le licenciement du salarié protégé en question.
â LA QUESTION d'un DRH (reçue via notre ligne de conseils statutaires RH FPT NAUDRH.COM accessible 24H/24 - 7J/7) : "J'ai découvert qu'un agent en arrêt maladie travaille dans une entreprise privée. Que puis-je faire ?"
đŻ NOTRE RÉPONSE D'EXPERT :
â Vérification légale du cumul autorisé
â Procédure de contrôle médical à engager
â Sanctions disciplinaires possibles
â Démarches administratives précises
â Modèles de courriers fournis
â±ïž Délai de réponse : 24h
đ Document réponse de 3 pages + appel téléphonique
đĄ RÉSULTAT :
âïž Situation régularisée en 1 semaine
âïž Pas de contentieux
âïž Procédure sécurisée juridiquement
đ Vous aussi, posez vos questions RH complexes aux experts de la Ligne de conseils statutaires RH FPT NAUDRH.COM accessible 24H/24 - 7J/7: pour des réponses fiables et justes à toutes vos interrogations relatives à la gestion administrative des agents publics locaux.
Le tribunal administratif rappelle un principe fondamental en matière de gestion des ressources humaines dans la fonction publique territoriale : la modification légale d’un régime indemnitaire, même défavorable à certains agents, ne constitue pas un préjudice indemnisable.
đ Dans cette affaire, un ingénieur contestait l'application uniforme du RIFSEEP, estimant y perdre par rapport à son ancien régime proportionnel plus avantageux en fin de carrière.
â Le TA rejette sa requête : les fonctionnaires, soumis à un statut réglementaire, ne peuvent revendiquer un droit acquis à une rémunération variable.
â Cette décision conforte les collectivités territoriales dans leur capacité à harmoniser les régimes indemnitaires, dès lors que les principes d'égalité et de légalité sont respectés.
Aviswww.naudrh.com: cette décision est à saluer pour sa clarté. Elle rappelle fermement que l’intérêt général prime sur les préférences individuelles en matière de rémunération. Pour les DRH territoriaux, c’est un appui précieux dans les démarches de rationalisation des politiques indemnitaires. Elle met aussi en lumière la nécessité d’un accompagnement managérial et pédagogique lors du passage au RIFSEEP. Souplesse réglementaire, oui… mais dialogue social, toujours !
Dans une décision rendue le 30 avril 2025, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a jugé qu’un agent public ayant falsifié des documents lors de son recrutement a commis une faute grave, justifiant ainsi un licenciement. En l’occurrence, Mme C, recrutée comme responsable des affaires médicales, avait produit de faux documents concernant son expérience professionnelle. Ces faux documents faisaient état d’un poste de responsabilité supérieure, d'une durée d'emploi prolongée et d'une rémunération plus élevée que celles réellement perçues.
Manquement aux devoirs de probité et de loyauté
L’établissement de faits concrets et la falsification manifeste des documents ont rompu la relation de confiance nécessaire entre l’agent et son employeur. Les manquements aux devoirs de probité, de loyauté et d’intégrité justifient pleinement la sanction disciplinaire, ici le licenciement.
Proportionnalité de la sanction
Le tribunal a estimé que la sanction prononcée, bien que sévère, était proportionnée à la gravité des faits reprochés. La falsification des documents, même en l'absence d'insuffisance professionnelle, constitue une faute majeure dans le domaine public. Ce genre d’infraction met en péril l'intégrité du processus de recrutement et remet en cause les valeurs fondamentales de la fonction publique.
Leçons à tirer pour les employeurs et recruteurs
Cette affaire rappelle l'importance d'une vigilance accrue lors des processus de recrutement, notamment en ce qui concerne la vérification des antécédents professionnels des candidats. La probité et la loyauté doivent être des valeurs primordiales pour toute relation de travail.
Avis www.naudrh.com: ce jugement renforce l’idée que la falsification de documents dans le cadre d’un recrutement est une faute grave, non seulement sur le plan éthique mais aussi sur le plan juridique. Les employeurs doivent en effet être vigilants, et cet arrêt rappelle l'importance de maintenir un lien de confiance avec les agents publics.
đ Temps de travail des fonctionnaires : les réductions de temps de travail ne peuvent être fondées sur des critères personnels tels que l'âge ou la santé des agents, mais uniquement sur des considérations liées à la pénibilité des missions.
La Cour administrative d'appel de Versailles, dans un arrêt du 13 mars 2025, a rejeté la requête de la commune de Nanterre contre l'annulation de sa délibération relative au règlement intérieur du temps de travail de ses agents. Cette décision met en lumière une règle cruciale dans l'aménagement du temps de travail dans la fonction publique territoriale.
Cette décision, qui clarifie l’application du décret du 12 juillet 2001, est essentielle pour les collectivités locales souhaitant adapter le temps de travail de leurs agents tout en respectant les principes légaux.
Cette décision est un rappel de l'importance de la révision continue de nos textes législatifs pour garantir l'égalité devant la loi et protéger les droits des fonctionnaires. L'issue de cette QPC pourrait avoir un impact significatif sur les droits des agents publics et leur sécurité financière à la retraite.
Aviswww.naudrh.com: cette question de constitutionnalité pourrait ouvrir un débat important sur l'égalité de traitement des fonctionnaires, surtout à une époque où les réformes statutaires sont fréquentes. Cela pourrait avoir des conséquences significatives sur les droits sociaux des agents publics, qui devraient être protégés de manière plus uniforme.
Le Tribunal administratif de Bordeaux vient de rappeler avec fermeté les exigences légales entourant l’entretien professionnel des agents publics. Dans une décision du 27 mars 2025 (n°2203449), une ingénieure territoriale a obtenu l'annulation de son compte rendu d’évaluation 2021 pour vice de forme (absence de signature) et erreur manifeste d’appréciation (absence d’objectivité, reproches injustifiés sur le télétravail, considérations personnelles).
đš Ce jugement est un signal fort : l’évaluation doit être rigoureuse, impartiale et conforme aux textes réglementaires (décret du 16 décembre 2014).
â À retenir : -Respect strict des procédures et signatures. -Appréciations fondées exclusivement sur des faits professionnels. -Prise en compte des préconisations médicales.
đïž Cette affaire renforce l’importance du dialogue social, du respect du droit et du professionnalisme dans le management territorial.
Dans un arrêt récent (CAA Nancy, 28/01/2025, n°22NC01744), la révocation d’un agent public au comportement managérial toxique a été jugée légale et proportionnée.
đ L’agent, chef de cuisine, adoptait depuis des années des propos agressifs et violents, entraînant stress au travail, arrêts maladie, démissions, et perturbations du service.
âĄïž Déjà sanctionné en 2017 pour des faits similaires, il avait pourtant été maintenu en poste.
đ La juridiction rappelle que les fautes répétées altérant gravement le fonctionnement d’un service peuvent justifier la sanction disciplinaire la plus lourde : la révocation.
đ Ce cas met en lumière l’importance de détecter et traiter à temps les dérives managériales au sein des collectivités territoriales pour protéger la santé mentale des agents et garantir un service public de qualité.
đ§ Aviswww.naudrh.com: cette décision est un signal fort adressé à la sphère publique. Le laxisme face à un management toxique peut avoir des conséquences lourdes, tant humaines qu’organisationnelles. Il est urgent de placer la qualité managériale au cœur de la politique RH. La fonction publique ne peut être un sanctuaire pour les comportements abusifs.